00:01Inflation, consommation, trésorerie des entreprises, recrutement, investissement.
00:05La Banque de France est aux premières loges pour observer la santé économique du territoire.
00:09Et dans la Marne, c'est Olivier Simon qui dirige l'antenne départementale,
00:13qui échange, je suppose, régulièrement avec les chefs d'entreprise pour prendre le pouls de l'économie locale.
00:18Bienvenue, M. Simon.
00:19Bonjour, Yannick Cusy.
00:21Merci d'être parmi nous dans l'écho d'ici.
00:23Est-ce que vous rencontrez, j'imagine, régulièrement ces dirigeants ?
00:25Quel est leur état d'esprit aujourd'hui ?
00:27Est-ce que la confiance est revenue ou c'est encore une période de fortes incertitudes ?
00:31Alors, je les rencontre fréquemment, effectivement.
00:35Hier, j'étais encore avec une quinzaine de chefs d'entreprise,
00:38puisque vous savez que dans chaque succursale de la Banque de France,
00:41on a un comité consultatif qui regroupe une quinzaine de chefs d'entreprise
00:45et on les réunit tous les six mois.
00:46Et puis, au-delà de ça, on a aussi l'enquête mensuelle de conjoncture,
00:50où là, on appelle au téléphone des entreprises tous les mois.
00:53Donc, c'est plus d'une centaine dans la Marne.
00:55Et puis, 8000 au niveau français, ce qui nous permet de faire notre enquête mensuelle de conjoncture
00:59au niveau de la Banque de France.
01:00C'est une vraie idée de leur état d'esprit.
01:01Donc, on a une vraie idée de leur état d'esprit.
01:03Alors, aujourd'hui, l'état d'esprit, c'est l'attentisme qui prédomine dans tous les secteurs.
01:11Bon, l'attentisme, il est lié à l'incertitude qu'on a au niveau international.
01:15On a eu, depuis le Covid, plusieurs années d'incertitude qui se sont ajoutées les unes aux autres.
01:24On a eu le Covid, on a eu la crise liée à l'inflation,
01:28on a eu les crises liées aux atermoiements politiques et aux élections qui ont eu lieu.
01:38Donc, on enchaîne un petit peu.
01:40Donc, on a un attentisme des chefs d'entreprise qui se lie à la voix au niveau français dans sa
01:46globalité,
01:47mais aussi au niveau du Grand Est et de la Champagne-Ardenne.
01:50Ça, c'est sûr.
01:51Quand on dit attentisme, on ne veut pas dire pessimisme ?
01:54Non, parce qu'aujourd'hui, on va dire que les entreprises, quand on regarde sur 15 ans,
02:01se sont plutôt recapitalisées, avaient de la trésorerie.
02:06Donc, aujourd'hui, il y aurait les moyens d'avoir une croissance un peu plus forte.
02:10Mais c'est vrai que le climat international ne milite pas vers des investissements ou vers de la consommation.
02:18Donc, on a aussi chez les ménages un peu d'attentisme.
02:21La consommation est réduite parce qu'on a un niveau, quand on regarde le niveau d'épargne des ménages,
02:27il est très, très élevé.
02:28Ce qui montre bien qu'il y a aussi un attentisme au niveau des ménages.
02:31Quel poids réel de la santé en Champagne ?
02:35Je pense évidemment à tout ce qui est industrie du Champagne, production du Champagne.
02:39On disait tout à l'heure que Pomerie était en difficulté.
02:42Est-ce que ça, ça pèse énormément ou c'est un des secteurs ?
02:47Il est évident que le secteur du Champagne a un poids plus important dans l'économie de la Marne
02:52que le reste du secteur industriel.
02:55Notamment parce qu'il a un effet d'entraînement très fort,
02:58à la fois par les salaires qu'il distribue, mais aussi par l'investissement.
03:01Aujourd'hui, quand on discute avec les chefs d'entreprise,
03:04que ce soit dans le BTP ou dans l'industrie du Champagne,
03:07on voit que les investissements sont limités à la gestion de l'appareil productif
03:14qui est en désuétude ou qui nécessite des investissements pour la protection des salariés
03:19ou le maintien en condition opérationnelle.
03:23Donc on voit qu'il y a aussi dans ce secteur de l'attentisme
03:28qui est lié aussi à plusieurs années difficiles pour le secteur du Champagne
03:32avec des ventes qui n'ont pas atteint les 300 millions de bouteilles,
03:36donc avec des niveaux de stock qui sont élevés,
03:38avec des taux d'intérêt liés au portage de ces stocks qui sont plus élevés.
03:43Donc il y a un peu d'attentisme aussi dans ce secteur.
03:45On finit avec une note positive quand même.
03:47Il y a un atout, quelque chose qui permet de nous réjouir en quelques secondes ?
03:51Alors il y a un atout, oui, c'est que pour l'instant l'emploi résiste.
03:55Et ça, c'est quelque chose qu'il faut noter.
03:58On a certes une petite hausse du taux de chômage,
04:01mais on reste quand même sur un niveau de chômage qui est relativement bas
04:06quand on regarde d'un point de vue historique au niveau français,
04:09mais dans la Marne également.
04:11Donc ça, c'est une note positive.
04:13C'est-à-dire que les entreprises, du fait qu'elles se sont recapitalisées,
04:18maintiennent quand même aujourd'hui l'emploi.
04:20Et ça, c'est plutôt une note, on va dire, positive pour la consommation.
04:23C'est bien pour terminer.
04:24Merci beaucoup Olivier Sillon, directeur départemental de la Banque de France,
04:27présente, je le disais, depuis 190 ans.
04:30Et première implantation française dans la Marne, c'est une petite fierté.
04:33Merci d'avoir été avec nous et vous reviendrez, bien entendu, dans l'éco-édition.
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