00:00Bonjour Gilles Artigues. Bonjour. Et merci de répondre à nos questions ce matin, puisque dans une heure à peu près
00:05vous serez au tribunal à la cour d'appel de Lyon.
00:08Comment vous vous sentez là, ce lundi matin ?
00:11Je ne vous cache pas que je suis angoissé. Je suis fatigué aussi de toutes ces semaines d'attente.
00:19J'ai bien préparé ce procès en appel qui débute ce matin avec mon avocat André Buffard.
00:28J'espérais après le premier procès, en première instance, qu'on s'en arrêterait là.
00:35Mais comme vous le savez, Gaël Perdriot a souhaité faire appel.
00:40Donc il faut passer encore par cette semaine.
00:45Samy Kéfi-Jérôme aussi, Gilles Rassari-Langlais aussi. Ils sont trois à faire appel.
00:49Il n'y a que Pierre Gauthierry qui n'a pas fait appel.
00:51Qu'est-ce que vous appréhendez le plus dans ce nouveau procès ?
00:56C'est de ressasser à nouveau les mêmes choses ? C'est d'entendre à nouveau leurs arguments à eux
00:59?
01:00Oui, c'est ça. C'était très pénible au mois de septembre, lorsque des versions fausses étaient présentées.
01:12Heureusement, le verdict qui a été rendu public lors du délibéré le 1er décembre a dit les choses en vérité.
01:20Et ça, ça a été un soulagement pour ma famille et moi-même.
01:25D'être reconnu comme victime ?
01:28Officiellement comme victime, oui.
01:30Avec des peines qui sont lourdes, certes, mais qui, je pense, sont à la mesure de la gravité des faits.
01:39Oui, cinq ans, dont un avec sursis pour Gaël Perdriot, si on ne parle que de lui.
01:43Vous attendez une peine encore plus lourde là, cette fois, justement. Qu'est-ce que vous attendez de la justice
01:49?
01:49Moi, je n'attends rien de particulier. Je fais confiance à la justice.
01:53Je n'ai pas à dire ce que valent toutes ces années de souffrance.
02:00C'est vraiment à la juge de le déterminer.
02:04Moi, je souhaite qu'effectivement, il y ait une confirmation de ce qui a été dit en première instance.
02:11Après, je n'espère pas des choses particulières.
02:16Je fais confiance à la justice et je pense que je serai amené aussi, peut-être demain, mardi ou après
02:24-demain, mercredi,
02:25à répondre aussi aux questions comme je l'ai fait au mois de septembre.
02:31Donc, ce sera une épreuve, une nouvelle épreuve pour moi et pour mes proches.
02:36Gaël Perdriot n'est plus maire.
02:38Cette fois, il n'est pas jugé en tant que maire.
02:41Est-ce que ça change quelque chose pour vous ?
02:44Ou l'image de ce procès n'est pas la même, du coup ?
02:49Est-ce que ça change quelque chose, à votre avis ?
02:51Est-ce que vous attendez aussi qu'il ait peut-être une posture différente ?
02:54Bien sûr que j'aimerais qu'il dise les choses en vérité.
02:58Je n'ai pas l'impression que ce soit la défense qui l'ait choisie.
03:02Il a plutôt envie de continuer à tout nier et à faire porter la responsabilité de tous les faits sur
03:11ses proches,
03:12sur son directeur de cabinet en particulier.
03:15Pierre Gauthierry ?
03:16Je serais espéré, oui, peut-être, qu'il y ait un sursaut de sa part,
03:23qu'il reconnaisse ce qu'il a fait réellement.
03:27Même si les responsabilités sont partagées, il en a tout de même.
03:31Voilà, donc je vais voir comment les choses vont se passer.
03:36Mais je ne vous cache pas, il y a quand même une grande lassitude
03:39et une envie vraiment d'en finir avec toute cette histoire.
03:42Et je crois que c'est bien partagé aussi par les Stéphanois
03:45qui ont envie qu'on tourne la page.
03:48On a parlé de la peine à laquelle a été condamné Gaël Perdrieux.
03:52Il y a aussi l'aspect financier.
03:53Les quatre condamnés ont été condamnés à vous verser 200 000 euros de dommages et intérêts.
03:57À ce jour, est-ce que vous avez obtenu quelque chose et est-ce que vous en espérez plus ?
04:02Encore une fois, là, ce n'est pas à moi de le décider.
04:06Que ce soit des peines de prison, des amendes ou un montant d'indemnisation,
04:11c'est à la justice de le faire.
04:14Par contre, pour répondre précisément à votre question,
04:16non, je n'ai pas touché un centime.
04:19Rien du tout pour le moment.
04:19Rien du tout.
04:20Alors que normalement, la sanction, la peine, elle était exécutoire
04:25et qu'elle aurait dû avoir une concrétisation sans attendre l'appel.
04:32Vous avez beaucoup évoqué votre famille dans cet entretien.
04:37Ils seront à nouveau à vos côtés.
04:39C'était l'une des images de ce premier procès.
04:42Vous arriviez tous les matins avec votre épouse, vos enfants qui étaient là, très soudés.
04:46C'était l'image que vous aviez envie de renvoyer.
04:48Ce sera encore le cas ?
04:49Ce n'est pas qu'une image.
04:50C'est une réalité.
04:53Ma famille a beaucoup souffert,
04:55puisqu'elle a tout appris lorsque l'affaire a été médiatisée.
05:00Mes enfants, mon épouse ne savaient rien.
05:03Ça a été vraiment un choc.
05:04Peut-être que d'autres auraient agi différemment.
05:07On m'auraient peut-être reproché de m'être mis dans cette histoire
05:12et de ne pas avoir compris qu'il s'agissait d'un piège.
05:18Mais au contraire, dès le début, mon épouse m'a dit
05:20« On va se battre à tes côtés. »
05:23Et bien sûr, ils étaient présents.
05:25Mon épouse a même témoigné en première instance.
05:28Et ça a été, pour moi, un grand réconfort.
05:32Et un des moments forts de ce premier procès, d'ailleurs.
05:35Gilles Lartic, quelle est votre vie aujourd'hui ?
05:37Vous avez déménagé de Saint-Etienne.
05:39Vous êtes à Albi.
05:39Oui, absolument.
05:40Quelle est votre vie aujourd'hui ?
05:42Écoutez, j'essaye de me reconstruire.
05:44C'est un peu dur d'avoir quitté Saint-Etienne,
05:47cette ville où je suis né, où j'ai grandi,
05:51où je me suis investi aussi en tant qu'élu.
05:54La politique me manque incontestablement.
05:57C'est la question que j'allais vous poser.
05:58Ça vous manque, oui ?
05:59Oui, oui.
05:59Parce que j'ai toujours vécu mes mandats
06:01avec le souci d'être très proche des habitants.
06:04J'ai toujours eu des délégations de proximité,
06:08jusqu'au dernier instant d'ailleurs.
06:11Bon, voilà.
06:11J'ai été contraint de partir.
06:14Aujourd'hui, bon, même si c'est difficile
06:18d'être loin des amis, loin de la ville,
06:21je suis heureux là où je suis.
06:23Albi est une ville agréable.
06:24Je fais un travail qui me plaît aussi
06:27en tant que directeur diocésain de l'enseignement catholique.
06:30Mais, bon, mon cœur est toujours ici, à Saint-Etienne.
06:34Vous avez gardé des liens, j'imagine, avec la ville.
06:36Beaucoup, beaucoup.
06:36Puis bon, je rencontre mon avocat régulièrement,
06:40André Buffard, qui m'a toujours beaucoup accompagné,
06:42beaucoup conseillé, tout au long de cette affaire.
06:45Et puis, je suis, bien sûr, les affaires de Saint-Etienne.
06:47J'ai pu voir ce qui s'était passé aux élections municipales,
06:52me réjouir qu'on ait pu tourner la page aussi.
06:55Je pense que Régis Joannico sera un maire
06:58qui permettra à Saint-Etienne d'aller de l'avant,
07:00même si on n'a pas toujours été d'accord,
07:02même si nous avons été adversaires.
07:04Et puis, je me réjouis aussi que Lionel Boucher
07:07soit resté dans cette équipe municipale,
07:10qui est l'un de mes proches,
07:11qui a toujours été très clair, d'ailleurs, dans cette affaire,
07:13qui s'est mis en danger, d'ailleurs, lui, personnellement,
07:16pour défendre la vérité.
07:19Et de cet épisode Perdriot,
07:22finalement, c'est le seul rescapé.
07:24C'est, je pense, celui qui mérite le plus
07:26de continuer l'aventure politique à Saint-Etienne.
07:29Merci beaucoup, Gilles Artig.
07:31Merci à vous.
07:31Merci d'avoir répondu à nos questions,
07:32donc juste avant ce procès en appel
07:34de Gaël Perdriot, Gilles Rossary-Langlais,
07:36Samy Kéfi-Jérôme.
07:37Bonne journée à vous.
07:38Bonne journée. Au revoir.
07:46Sous-titrage ST' 501.
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