00:017h48, c'est le mois des fiertés depuis hier, chaque année en juin, pour rappeler le combat des personnes LGBT,
00:08QIA+,
00:08gays, lesbiennes, trans et encore queers pour leurs droits.
00:13Votre invité ce matin, Bastien Thomas, est le président d'une association à Limoges qui accompagne ces personnes au quotidien.
00:19Bonjour Nicolas Gilles.
00:20Bonjour.
00:21Vous êtes le président de Limbo, cette association.
00:24Le ministère de l'Intérieur parle de 5% d'augmentation des actes homophobes anti-LGBT en France entre 2024
00:30et 2025.
00:30Est-ce que c'est aussi le cas à Limoges ?
00:33D'une façon générale, les actes et les agressions ont augmenté.
00:37On peut même encore parler d'une agression récente qui a lieu fin mai, puisqu'elle a laissé un jeune
00:41homme de 19 ans en état de mort cérébrale, c'était il y a quelques jours.
00:45Sur Limoges ?
00:46Sur Limoges, tout à fait.
00:48Et de toute façon, la plupart du temps, beaucoup de victimes ne déclarent pas les agressions.
00:54Donc de toute façon, nous sommes très en dessous des réalités.
00:57Depuis quelques années, tout de même, il y a eu une meilleure reconnaissance de ces personnes.
01:01Est-ce qu'il reste encore beaucoup de choses à faire, quand même ?
01:03Oui, il reste encore beaucoup de choses à faire, parce que de toute façon, la classe politique ne condamne pas
01:10vraiment suffisamment fortement ce genre d'actes criminels.
01:16Donc, tant que les politiques n'auront pas des positions vraiment claires et tranchées, je pense qu'on aura toujours
01:22du mal à...
01:22Il y aura toujours une parole, et il y a une parole décomplexée, anti-LGBT.
01:26On le voit à l'approche des élections législatives l'année dernière, déjà il y a deux ans, et ça
01:33continue.
01:34Votre sentiment, quand vous entendez par exemple le maire de Limoges, Guillaume Higrin, dire, je cite,
01:40« Dans la société dans laquelle nous vivons, qui connaît bien des turbulences, faire un enfant, pour faire un enfant,
01:44il faut un papa et une maman ».
01:46On est quand même plus de dix ans après le mariage pour tous.
01:49Je me permettrais de ne pas être d'accord avec lui.
01:50Il l'a dit notamment samedi, devant la communauté musulmane, il y a quand même du progrès, Nicolas Gilles, de
01:56l'organisation par exemple,
01:57samedi, d'une toute première marche des fiertés à Tulle, en Corrèze.
02:01C'est un bon signal ?
02:03C'est un bon signal, c'est plaisant, ça me rappelle moi-même la première marche des fiertés de Limoges,
02:08c'était il y a cinq ans.
02:11Et c'est dans ce moment-là où je crois que ça réveille aussi des envies d'être présent, d
02:18'être vraiment actif.
02:20Tulle, c'est chouette, en plus on y sera, on y sera en plus avec Limbo.
02:26Donc, pourvu que ça continue, le monde idéal ce serait qu'il n'ait pas, mais bon, pour l'instant...
02:32Il y a aussi une marche des fiertés rurale qui est organisée ce week-end à Marval, entre la Haute
02:37-Vienne et la Dordogne, c'est en Haute-Vienne.
02:40C'est plus difficile d'être gay, lesbienne ou autre en milieu rural ?
02:46Je pense qu'il y a une vraie difficulté.
02:49Plus d'isolement ?
02:50Il y a de l'isolement, il y a de l'isolement.
02:53Il y a la différence, il y a une différence réelle entre évoluer en tant que personne LGBT en milieu
03:00urbain ou en milieu rural.
03:02Ça, ça fait depuis des décennies.
03:03J'ai notamment entendu le parcours d'une personne trans qui avait...
03:08Bon, alors c'était effectivement, il y a très très longtemps, et ce monde dans la période d'après-guerre,
03:13une personne trans qui avait évolué en milieu rural, qui avait subi une thérapie de conversion forcée.
03:21Il y a moins de surveillance là-bas.
03:24On ne voit pas forcément ce qui se passe.
03:26On est plus caché.
03:28On se cache.
03:29On peut très bien se cacher en ville aussi.
03:31Ce n'est pas pareil.
03:33En ville, il y a plus de...
03:35Je pense qu'il y a plus d'acceptation en ville.
03:38Il y a aussi plus de...
03:40On a plus de liberté.
03:41On se montre plus facilement quand on est en ville.
03:43En milieu rural, on est plus facilement jugé et peut-être plus facilement agressé aussi.
03:47Pour l'association Limbo, combien de personnes vous prenez en charge, vous vous accueillez sur Limoges ?
03:53Et pour quelles raisons on vient vous voir ?
03:55Les gens viennent nous voir quand ils ont besoin de conseils,
03:57quand ils ont un proche qui veut entamer une transition pour qu'on les écoute.
04:04Bien sûr, les personnes en transition elles-mêmes qui viennent pour avoir des indications sur le début de parcours.
04:10On peut avoir des personnes qui ont besoin d'une oreille parce qu'ils ont été insultés,
04:20parce qu'ils ont juste besoin qu'on les écoute.
04:25Parce qu'ils n'ont peut-être pas aussi cette oreille au sein de leur famille ?
04:28Non, pas forcément.
04:29Bien sûr que non.
04:31Je connais des personnes qui sont justement en début de transition.
04:36Des fois, on peut avoir des parents formidables qui vont être capables de passer outre.
04:42Et des fois, il y a des parents qui vont très mal réagir.
04:47Une personne en transition, ils font peut-être le deuil d'une fille ou d'un fils,
04:52mais ils ne sont pas capables de réaliser qu'en fait, de toute façon, leur enfant est toujours là.
04:56Et du coup, les propos peuvent être durs.
05:00Je connais une personne qui n'est même pas de il ou de elle.
05:04C'est ça.
05:06C'est violent de recevoir.
05:08Ça sort, c'est encore là.
05:11Ce qui prouve qu'il y a donc encore beaucoup de combats à mener.
05:14Merci beaucoup Nicolas Gilles, président de l'IMBO Association d'aide et d'accompagnement
05:18des personnes LGBTQIA+, à Limoges.
05:21A l'occasion, on le rappelle aussi, de ce mois des Fiertis
05:24qui a débuté hier tout le mois de juin pour défendre les droits de ces personnes.
05:27Merci à vous et bonne journée.
05:28Merci.
05:28Merci.
05:29C'est une interview retrouvée sur l'appli ici, le site internet ici.fr, 7h53.
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