00:00On peut être en colère de voir les images lamentables telles qu'elles nous sont évidemment parues samedi soir
00:06et je veux redémarrer par là où vous avez commencé.
00:09Nous devons ici soutenir, quoi qu'il arrive, les forces de sécurité intérieure, policiers, gendarmes,
00:18pour une simple et bonne raison, mesdames et messieurs les députés,
00:21car leur mission est d'appliquer les lois de la République que vous avez votées.
00:25Et là-dessus, on ne peut pas être dans une schizophrénie pire que cela,
00:28comme une parlementaire l'a fait avant même ces images samedi,
00:32laissant à entendre que ce sont les forces de l'ordre qui créeraient le désordre.
00:36L'inversion du récit, l'inversion des valeurs et le début du combat politique et culturel qu'il nous faut
00:43mener.
00:43Sans quoi, comment voulez-vous demander à une jeunesse de respecter des règles
00:47si les élites politiques elles-mêmes introduisent un doute ou un quiproquo dans les lois de la République que vous
00:54avez votées ?
00:57Deuxième des choses, nous sommes dans une société de responsabilité qui croit en la responsabilité individuelle et à l'état
01:05de droit.
01:06Pratiquement 900 interpellations, monsieur le ministre.
01:09900 interpellations lesquelles donnent lieu à de nombreuses gardes à vue,
01:13lesquelles en ce moment même sont en train de donner lieu à nos nombreux déferments,
01:17lesquelles, l'autorité judiciaire le dira, donnera lieu à nos nombreuses sanctions.
01:20Donc la justice passera en appliquant là aussi les lois de la République que vous avez votées.
01:28Mais en écoutant les questions au gouvernement depuis tout à l'heure,
01:31ministre de l'Intérieur que je salue et que je remercie,
01:34ainsi que derrière lui l'ensemble des préfets et des chefs de notre police et de nos gendarmeries,
01:39en écoutant les réponses et les questions,
01:41je note quand même qu'on ne peut pas faire l'économie de quelques réalités d'analyse
01:47des profils des personnes interpellées.
01:4998% de garçons, 2% de femmes, un tiers de mineurs,
01:57l'essentiel du reste des jeunes majeurs,
02:0685% de Français et surtout, monsieur le ministre,
02:12des récidivistes extraordinairement minoritaires.
02:16Et de là, on ne peut pas faire l'économie d'une analyse et de prendre quelques instants quand même
02:21pour mieux adapter notre droit à la suite de ce constat.
02:25Ça n'a rien à voir avec les questions de violence des supporters.
02:30C'est un phénomène de délinquance beaucoup plus global qu'il nous faut analyser avec beaucoup plus de recul.
02:36Deuxième des choses, on ne peut pas en rester là, monsieur le ministre.
02:39Et on ne peut pas en rester là, ça pose évidemment la question de l'adaptation de notre droit,
02:43notamment à la question des tirs de mortier,
02:46notamment sur la question de la vidéo algorithmique,
02:49notamment sur les questions d'interdiction de stade.
02:52En l'espèce, cela n'aurait pas servi à grand chose,
02:53mais enfin, on a bientôt des compétitions sportives devant nous,
02:56il nous faut évidemment y répondre.
02:58Et évidemment, la question de l'usage de stupéfiants,
03:00l'usage du protoxyde d'azote,
03:02parce que là aussi, l'autorité judiciaire le dira,
03:04mais l'ensemble de ces violences se font parfois malheureusement,
03:08on le vérifiera, mais sur fond d'addiction.
03:10On n'a pas attendu, c'est cette fameuse loi Riposte
03:12que le ministre de l'Intérieur a présentée au Conseil des ministres,
03:15elle a été votée par le Sénat.
03:17Je crois désormais qu'il y a urgence à ce que la représentation nationale l'examine et la vote.
03:22Et donc, en lien avec la présidente de l'Assemblée nationale
03:24et l'ensemble des présidents de groupe,
03:26je proposerai au Président de la République une session extraordinaire
03:29au début de ce mois de juillet
03:31pour inscrire le texte Riposte ici même,
03:34la semaine du 6 juillet,
03:36pour nous permettre justement de faire entrer notre droit
03:38le plus rapidement possible,
03:40une réponse d'adaptation à l'ensemble de ce droit,
03:43à l'ensemble de ces délinquances.
03:45Dernier point,
03:47je pense qu'il nous faut quand même aller plus loin.
03:51Ça pose la question des courtes peines.
03:54Garde des Sceaux, Gérald Darmanin,
03:55et à travailler dans le cadre de ce qu'on appelle le texte sur deux,
03:58des peines très courtes,
04:00aujourd'hui non possible,
04:0215 jours, 1 mois,
04:03donner plus de souplesse au magistrat
04:05pour adapter justement notre procédure pénale
04:09et notre droit pénal
04:10à une délinquance au fond un peu nouvelle
04:12au regard des critères que je décrivais tout à l'heure.
04:14Mais je pense qu'il faut encore aller plus loin.
04:16On a un système qui, essentiellement,
04:19s'est fondé sur une réponse pénale.
04:21Or, on est sur des dégradations
04:23qui sont des dégradations matérielles
04:26qui coûtent extraordinairement cher à la société.
04:29À la société par les polices d'assurance
04:32que chaque citoyenne et chaque citoyen paie,
04:35ou à la société par les impôts
04:37et par les contributions que chaque Française et Français,
04:40évidemment, s'acquitte chaque année.
04:41Ça pose la question de la réparation civile.
04:44Ça pose la question d'un système
04:46dans lequel, aujourd'hui,
04:48les victimes sont correctement indemnisées.
04:50C'est la force de notre système.
04:51Mais malheureusement, le système, notre système,
04:54ne se retourne pas suffisamment
04:56vers les hauteurs de cette dégradation
04:58pour recouvrer aux civils
05:00les sommes qui correspondent
05:02aux réparations imputées à la société.
05:04Et je pense que cette question
05:06va être regardée désormais rapidement,
05:08sans tabou,
05:09dans notre capacité à recouvrer
05:11justement réellement ces sommes,
05:13à intervenir de manière beaucoup plus coercitive.
05:16Et je vais demander au ministre
05:17de faire des propositions assez rapidement.
05:19Je ne suis pas favorable
05:20aux suspensions des prestations sociales.
05:22Néanmoins, je crois qu'il y a un chemin de bon sens.
05:24C'est de permettre à ces prestations sociales,
05:26en dehors du reste à vivre,
05:28de financer justement ces réparations
05:30sur des solutions adaptées.
05:32On doit avancer.
05:33La responsabilité individuelle
05:35d'un auteur d'un acte de violence
05:38par définition de dégradation
05:40doit pouvoir réparer.
05:42Merci beaucoup,
05:44Monsieur le Premier ministre.
05:45Merci.
05:46Merci.
05:46Merci.
05:48Sous-titrage Société Radio-Canada
05:50Sous-titrage Société Radio-Canada
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