00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est le secrétaire général d'Alliance Police Nationale, premier syndicat de la profession,
00:06Fabien Van Damelryk est l'invité d'RTL Matin.
00:08Bonjour et bienvenue sur RTL, Fabien Van Damelryk.
00:10Bonjour.
00:11Vous publiez ce matin une tribune dont les premiers mots sont
00:13« La France agonise, notre pays s'enfonce dans une spirale de violence alimentée par l'impunité,
00:19le narcotrafic, une justice devenue incapable depuis longtemps de dissuader
00:22et un pouvoir politique qui banalise constamment l'inacceptable ».
00:27Ce texte-là, c'est quoi ? C'est la conséquence des événements post-finales de Ligue des Champions ?
00:30C'est exactement malheureusement ça.
00:32Et à chaque grand événement, on se retrouve dans une situation de plus en plus difficile
00:36où on est proche du chaos et de l'insurrection.
00:38Et là, on est proche du chaos et de l'insurrection ?
00:41En étant optimiste, on va dire qu'on y est presque dedans.
00:45Encore faut-il qu'on se relève un jour et qu'on s'y mette.
00:48Mais aujourd'hui, il y a un déni de réalité, notamment du ministre de l'Intérieur,
00:50avec les premiers propos qu'il a tenus à l'époque, dès le début, en disant que...
00:54Quand il dit que ça a globalement fonctionné ?
00:56Globalement fonctionné ? Excusez-moi, il se fout de la gueule du monde.
01:00Quand il dit que c'était maîtrisé, il ne peut pas dire ça.
01:02Il n'a pas le droit.
01:03Et quand il dit que les débordements étaient contenus, il n'a pas le droit.
01:05Et enfin, quatre jours après, à l'Assemblée nationale, il dit ou il parle d'émeute.
01:09C'est là, notre situation.
01:11Alors, il y a une guerre des chiffres, il y a une guerre politique,
01:13parce que bientôt, il y a des échéances importantes.
01:15Mais nous, on est dans un constat de citoyens et de citoyens policiers.
01:18La situation est gravissime.
01:20On se retrouve dans une situation qu'on n'arrive plus à gérer.
01:22Vous avez 890 interpellations et vous avez quand même 233 policiers blessés
01:28pour un match du PSG où tout le monde aurait dû faire la fête
01:31et tout le monde aurait dû profiter de la victoire.
01:34On va y revenir, mais vous trouvez que Laurent Nouniès a fauté avec sa première déclaration ?
01:38C'est une erreur ? C'est un mensonge ? C'est quoi ?
01:40C'est un manque d'information ? C'est quoi ?
01:41Non, avec tout le respect qu'on doit au ministre, je pense que c'est soit un problème idéologique
01:45où il a un déni, c'est-à-dire qu'il n'ose pas dire les choses de peur
01:49que peut-être ça prenne une proportion différente à ce qu'elle prend aujourd'hui.
01:53Mais le fait de mentir, parce que c'est un peu le terme, le fait de mentir...
01:56Il a menti ?
01:57Ah oui, il a menti.
01:58Quand on dit que ça a été contenu, on ne peut pas dire que ça a été contenu
02:01avec 233 policiers blessés et 890 interpellations.
02:04Donc oui, il a menti.
02:05Et au bout de 4 jours, il s'est dit, bon, je vais arrêter de mentir
02:07parce que le problème, c'est que ça ne fonctionne pas
02:10et je dois un petit peu de transparence aux Français.
02:12Parce que le Français, il a vu, comme vous et moi, à la télé, tout ce qui se passait
02:15et on a vu les exactions des uns et des autres.
02:17Est-ce qu'un ministre de l'Intérieur qui a menti peut rester ministre de l'Intérieur ?
02:21Eh bien, écoutez, ça, ce n'est pas en moi de en juger.
02:23Moi, je suis là pour défendre les policiers.
02:24Vous n'êtes pas le syndicat policier, vous êtes un interlocuteur important.
02:27Moi, je pense qu'il devrait revoir un petit peu sa vision des choses
02:32et peut-être, idéologiquement, s'imprégner de ce qui se passe réellement
02:36parce qu'il connaît et donc il a deux discours, monsieur le ministre.
02:39C'est-à-dire qu'il connaît la situation, il la connaît par cœur.
02:41C'est un flic, quasiment, il a toujours été dans la police.
02:44Oui, mais il s'est toujours inspiré des policiers.
02:46Il a été à la DGSI, il a été préfet de police de Paris.
02:48Donc, il connaît la délinquance, il connaît la situation
02:51et il connaît l'évolution de la situation.
02:53Donc là, il faut qu'il arrête de faire son politique,
02:54il faut qu'il défendre les Français, il faut qu'il défendre les policiers et les citoyens
02:57et il faut qu'il assure la sécurité des personnes et des biens.
02:59Et là, aujourd'hui, il le fait mal.
03:00Vous demandez quoi ? Être reçu ? Vous demandez qu'il démissionne ?
03:03Vous lui demandez quoi à Laurent Nunez ?
03:04Alors, à Laurent Nunez, malheureusement, il n'est pas tout seul.
03:06Donc, lui, on lui demande juste de dire la vérité et de soutenir les policiers,
03:09chose qu'il fait, mais malheureusement...
03:11Il le fait, le soutien aux policiers, il le fait.
03:12C'est ce que je viens de dire.
03:12Sébastien Cornu l'a fait aussi hier.
03:14Il le fait, oui, mais ce n'est pas le tout.
03:14Et M. le Président de la République, lui, il a dit qu'on sera intraitable face à une telle situation.
03:19Moi, quand je vois les résultats de la justice
03:21et des passages en justice des uns et des autres,
03:23on s'aperçoit qu'il n'y a pas grand monde de sanctionner la justice.
03:27Mais juste, en termes policiers,
03:29vous dites que vos collègues policiers sur le terrain ont eu l'impression d'avoir été de la chair à
03:33canon.
03:33Mais aller sur le terrain quand ça chauffe, est-ce que ce n'est pas le cœur de votre métier
03:36?
03:37Mais rétablir l'ordre public, c'est notre métier.
03:40Par contre, être de la chair à canon, là, non, évidemment, on ne peut pas l'admettre.
03:43Je vous prends des exemples.
03:44Aujourd'hui, vous avez, on en parlait tout à l'heure,
03:46vous avez des artifices, donc des mortiers,
03:48c'est des mitraillettes, c'est des bazookas,
03:50ça part à 100 mètres de distance,
03:51et à quelques dizaines de mètres, ça transperce un individu.
03:55Nous, en face, nous avons des LBD qui ne tirent pas plus de 50 mètres.
03:57Encore, 50 mètres, c'est compliqué en termes de visée précise.
04:01On n'est pas équipé pour.
04:03On se retrouve avec une délinquance de plus en plus violente,
04:06suréquipée, de mieux en mieux organisée.
04:08Le match était à 18h, les exactions ont commencé à 18h15.
04:11Donc, ce n'était pas des supporters du PSG.
04:13Qu'est-ce qu'on peut faire ?
04:14Qu'est-ce que vous pourriez faire ?
04:15Qu'est-ce qu'il aurait fallu faire de différent ?
04:17Parce qu'on se dit, finalement, on vous écoute,
04:18on entend ce que vous dites,
04:19et on se dit, s'il y avait un autre match demain,
04:21les mêmes causes produiraient les mêmes conséquences.
04:23Qu'est-ce qu'il faut faire ?
04:25Qu'est-ce qu'il aurait fallu ?
04:25Il aurait fallu faire une fanzone ?
04:26Il faut arrêter le consensus mou.
04:30La loi anticasseur, par exemple,
04:31le Conseil constitutionnel l'a chuté,
04:33notamment l'article 3,
04:34où il y avait, pour résumer,
04:36des assignations à résidence, administrative en tout cas.
04:38Donc, on aurait pu anticiper les choses,
04:40parce qu'on connaît les individus,
04:41et on ne l'a pas fait,
04:42au même titre que quand on les interpelle.
04:43Donc, ceux qui sont ciblés comme dangereux
04:45et interdits de sortir de chez eux,
04:47déjà, les empêcher de venir.
04:48Ça nous permettrait peut-être d'en avoir moins sur le terrain.
04:50Et ensuite, ceux qu'on chope en flagrant délit,
04:53la parole du policier, elle est ce qu'elle est,
04:55et elle existe,
04:56et donc, dans ces cas-là,
04:57ils doivent être réellement sanctionnés.
04:58Pas comme le tweet de M. Darmanin,
04:59ce matin, aujourd'hui, garde des Sceaux,
05:01comme quoi les discours changent selon la situation où nous sommes,
05:04où il dit que la justice fait son travail
05:06et il y a des individus sanctionnés, non ?
05:07Il y a eu 112 personnes jugées,
05:10il y a eu des peines de prison.
05:11Alors, personne n'est allé en prison
05:12sur ceux qui ont été jugés pour l'instant,
05:14ce sont des peines aménageables.
05:15Les cas les plus lourds seront traités plus tard,
05:17parce qu'il se demande plus d'enquêtes,
05:18ça vous le savez parfaitement.
05:19La justice, elle fait son job, quand même, non ?
05:21Eh ben non.
05:22Moi, j'assume,
05:22et on l'a dit déjà il y a 4 ans,
05:24malheureusement,
05:24on avait dit le problème de la police, c'est la justice,
05:26mais je peux dire que le problème du citoyen,
05:28c'est la justice, aujourd'hui.
05:29Moi, je vais vous donner quelques exemples très précis
05:30pour que l'auditeur puisse comprendre.
05:33Vous violentez un policier,
05:34un fonctionnaire de police en exercice,
05:36vous avez une identité,
05:38le fonctionnaire de police est blessé,
05:39vous avez une interruption temporaire de travail
05:40de supérieur à 8 jours,
05:41vous risquez environ 7 ans de prison.
05:43Vous avez certains individus qui sont passés,
05:45on demandait 12 mois de prison.
05:47Donc déjà, de 7 ans, on passe à 12 mois.
05:49Et au final, ces individus ont été relaxés.
05:51Parce que ce qui se passe au sein de la justice,
05:53et ça, malheureusement, personne ne le sait,
05:54c'est qu'il y a une dissonance,
05:55parfois, entre le procureur,
05:57et d'ailleurs, la procureure de Paris l'a dit,
05:59elles se sont visées.
06:00Non, le procureur, des fois,
06:02et régulièrement, demande une sorte de confort.
06:04Vous savez bien qu'on ne peut pas condamner
06:05en bloc, en lot,
06:07il y a énormément de primo-délinquants,
06:09ce qui a même surpris les magistrats,
06:10sans doute vous aussi,
06:10vous êtes surpris de voir ça,
06:11de gens qui n'avaient pas de casier,
06:12primo-délinquants,
06:13le principe de la justice,
06:15c'est d'adapter, de jauger,
06:16c'est de faire dans la mesure.
06:18Est-ce que ce n'est pas un peu facile,
06:19un peu démago, de dire
06:19la justice ne fait pas son boulot ?
06:20Je vous lis dans la tribune,
06:22tous les voyants sont au rouge,
06:23et force est de constater
06:24que le laxisme latent
06:25de la justice pénale des mineurs
06:27fabrique des criminels de demain.
06:28Mais c'est exactement ça.
06:30Prenez par exemple
06:32les deux mandats du président de la République,
06:34jugeons ce qui se passe aujourd'hui,
06:35sur les 9 ans,
06:36tentative d'homicide,
06:37plus 99,2%.
06:39Ce n'est pas mes chiffres à moi,
06:40c'est les chiffres officiels.
06:41Et dans les 99,2%,
06:43vous avez 13% de mineurs.
06:45Aujourd'hui,
06:45vous interpellez de plus en plus de mineurs,
06:47et on se retrouve dans des situations
06:48très compliquées,
06:49où demain, malheureusement,
06:51ça sera des criminels.
06:52Vous les mettez où ?
06:53Imaginez qu'ils aillent tous en prison.
06:54Vous les mettez où ?
06:55Ah mais nous,
06:56on ne demande pas
06:56que tout le monde aille en prison.
06:57On demande déjà
06:58l'immédiateté de la peine.
06:59C'est-à-dire que quand vous faites
07:00une chose grave,
07:01vous êtes sanctionné immédiatement.
07:03Et vous n'attendez pas
07:03qu'il y ait des mois,
07:05des années qui se passent.
07:05Le travail d'intérêt général,
07:06ce n'est pas satisfaisant pour vous,
07:07par exemple ?
07:08Il y a eu des condamnations
07:09à des tiges ?
07:10Mais oui, mais là,
07:10c'est pareil,
07:10c'est un mensonge.
07:11Et tous les collectivités territoriales
07:12vous le diront,
07:13notamment,
07:13elles n'existent pas,
07:14les fameuses TIG,
07:15c'est-à-dire qu'elles sont inapplicables.
07:17Parce que souvent,
07:18vous prenez des peines alternatives,
07:20ça s'appelle,
07:20et donc vous faites
07:21des travaux d'intérêt général.
07:22Vous vous déplacez ou vous ne vous déplacez pas,
07:24vous vous retrouvez dans une situation
07:25qui ne change rien.
07:26Parce que même si vous n'y allez pas,
07:27on ne va pas vous chercher pour les faire.
07:29Et en plus,
07:29vous avez de moins en moins de volontaires
07:30pour les faire mettre en place.
07:32C'est-à-dire qu'il faut surveiller l'individu
07:33et l'individu,
07:34comme il s'en fout,
07:35malheureusement,
07:35elles ne sont jamais faites.
07:36Hier, le Premier ministre
07:37a demandé à ses ministres
07:38de préparer les textes
07:39pour que les prestations sociales
07:40puissent financer
07:41les dégradations commises samedi soir.
07:42En clair,
07:42il s'agirait de faire payer
07:43ceux qui ont cassé
07:44en tapant notamment
07:45dans les allocations,
07:46les aides.
07:47Vous y êtes favorable ou pas ?
07:48Oui, bien sûr.
07:48Mais tout ce qui pourra faire en sorte
07:50d'éradiquer le fléau...
07:52Vous pensez que ça serviait ?
07:53Parce qu'il y en a qui disent
07:54souvent,
07:55on ne va pas faire de portrait robot
07:56du délinquant
07:57parce que visiblement,
07:58particulièrement samedi,
07:59ça ne rentrait pas dans toutes les cases.
08:00Mais souvent,
08:02ce sont des familles
08:03ou des mères isolées
08:04avec des enfants
08:04qui leur échappent complètement.
08:05Et si en plus,
08:06vous leur coupez les allocs
08:06ou vous les réduisez,
08:07vous renforcez encore,
08:09vous aggravez encore
08:09la précarité,
08:10non pas du délinquant
08:11qui s'en fout,
08:12mais de la famille
08:12et de la mère isolée.
08:13Alors moi,
08:14je n'y crois pas une seconde.
08:15Je fais partie des citoyens
08:18qui sont issus
08:18des quartiers sensibles.
08:19Je suis issu de Seine-Saint-Denis,
08:21du 93.
08:22Mes parents y habitent toujours
08:22dans des cités HLM.
08:24Et croyez-moi
08:25qu'il y a aussi des gens
08:26très bien dans ces cités HLM.
08:27Il y a des gens
08:28où il y a une éducation derrière.
08:29Et il y a un moment
08:30où il y a un devoir
08:31en tant que parent,
08:32c'est l'éducation.
08:33Nous, on demande
08:33une complémentarité
08:35police, justice, éducation.
08:36Et aujourd'hui,
08:36elle n'existe pas.
08:37Parmi les personnes condamnées,
08:3914 mois de prison ferme,
08:40il y a un policier
08:41qui n'était pas en service
08:42qui a braqué un automobiliste
08:43avec son arme.
08:44Il avait bu, visiblement.
08:46Il avait le droit
08:46de porter son arme
08:47comme ça ou pas ?
08:48Alors, on a le droit
08:48de porter son arme
08:49en tout temps et en tout lieu.
08:50On a le port de l'arme H24.
08:52Donc oui,
08:53il avait le droit
08:53de porter son arme.
08:54Mais est-ce que cet homme
08:59se le dira ?
09:00Et puis, l'enquête administrative,
09:02pour le coup,
09:02là, elle a été très sévère
09:03et mon collègue
09:04a été directement incarcéré.
09:06Moi, je ne veux pas juger
09:07les faits.
09:07En effet, vous n'avez pas
09:08à sortir votre arme
09:09et vous n'avez pas
09:10à alcooliser à sortir votre arme.
09:11Donc, ce n'est pas le débat.
09:12Bon, il sera sûrement sanctionné.
09:13Il faut savoir que dans la police,
09:15nous sommes le métier
09:16le plus surveillé,
09:16le plus sanctionné.
09:17Vous avez des conseils
09:18de discipline toutes les semaines
09:19et on fait en sorte
09:20d'enlever, évidemment,
09:22toutes les situations compliquées.
09:23Est-ce que vous en savez
09:24un peu plus
09:25sur les deux enquêtes
09:25ouvertes par l'IGPN,
09:26la police des polices
09:27concernant les circonstances
09:28dans lesquelles deux jeunes
09:29de 13 et 14 ans
09:30ont été blessés à l'œil
09:31suite peut-être
09:31à des tirs de LBD ?
09:32Alors, évidemment,
09:33moi, c'est toujours regrettable
09:35qu'il y ait des jeunes blessés
09:35et qu'ils aient 13, 14 ans
09:36et quel que soit le jeune
09:37et quel que soit l'individu
09:38et quel que soit ce qu'il a fait.
09:40Maintenant,
09:40ce qui m'agace un peu,
09:41c'est qu'on parle
09:42de ces deux jeunes
09:42de 13, 14 ans.
09:43Moi, je préférerais
09:43qu'on parle des 233 policiers
09:45qui ont été aussi gravement blessés
09:47pour certains
09:48où il n'y aura pas d'enquête
09:49parce que malheureusement...
09:50Il n'y a pas de concurrence
09:50et on va en parler
09:51pendant 8 minutes.
09:52Il n'y a pas de concurrence
09:52entre les victimes,
09:53en l'occurrence.
09:53Oui, mais enfin,
09:54il y en a deux d'un côté
09:54et 233 de l'autre.
09:56Oui, mais il a perdu son œil.
09:57Oui, oui, mais moi,
09:58je vais vous trouver aussi
10:00des policiers gravement blessés,
10:02handicapés à vie.
10:03Vous en avez tous les jours
10:04et malheureusement,
10:05vous avez...
10:05Oui, mais pardon,
10:06mais on peut parler des uns
10:07sans minorer
10:08ce qui est arrivé aux autres.
10:09Non, mais il ne faut pas...
10:10On n'est pas obligé
10:11d'être dans un camp.
10:11Le problème politique,
10:12mais je ne suis pas dans un camp,
10:13moi, je suis citoyen avant tout,
10:14mais le problème politique,
10:16il est là.
10:17C'est qu'on met toujours
10:17les uns contre les autres
10:18et on essaye de trouver
10:19un couvre-feu
10:20ou un contre-feu
10:22pour éviter de parler
10:23d'une situation gravissime
10:24où les gens,
10:26malheureusement normaux
10:26comme vous et moi,
10:27ne peuvent plus aller
10:28se promener dans la rue,
10:29ne peuvent plus aller
10:29manifester tranquillement
10:30et ne peuvent plus
10:31exprimer leur joie.
10:32Merci beaucoup,
10:32Fabien Van Damelrich,
10:33d'être venu.
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