- il y a 12 heures
Après les violences liées à la victoire du PSG, Sébastien Lecornu a dénoncé une "inversion des valeurs", manifesté sa "colère" et répété son soutien aux forces de l'ordre. Ce mercredi il a ouvert la voie à un loi obligeant les auteurs à payer les dommages notamment via les prestations sociales. Les policiers, eux, s'inquiètent d'une "haine anti-flics" et interpellent les pouvoirs publics. Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d'Alliance police nationale, premier syndicat de la profession, est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 04 juin 2026.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 04 juin 2026.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est le secrétaire général d'Alliance Police Nationale, premier syndicat de la profession,
00:06Fabien Van Damelryk est l'invité d'RTL Matin.
00:08Bonjour et bienvenue sur RTL, Fabien Van Damelryk.
00:10Bonjour.
00:11Vous publiez ce matin une tribune dont les premiers mots sont
00:13« La France agonise, notre pays s'enfonce dans une spirale de violence alimentée par l'impunité,
00:19le narcotrafic, une justice devenue incapable depuis longtemps de dissuader
00:22et un pouvoir politique qui banalise constamment l'inacceptable ».
00:27Ce texte-là, c'est quoi ? C'est la conséquence des événements post-finales de Ligue des Champions ?
00:30C'est exactement malheureusement ça.
00:32Et à chaque grand événement, on se retrouve dans une situation de plus en plus difficile
00:36où on est proche du chaos et de l'insurrection.
00:38Et là, on est proche du chaos et de l'insurrection ?
00:41En étant optimiste, on va dire qu'on y est presque dedans.
00:45Encore faut-il qu'on se relève un jour et qu'on s'y mette.
00:48Mais aujourd'hui, il y a un déni de réalité, notamment du ministre de l'Intérieur,
00:50avec les premiers propos qu'il a tenus à l'époque, dès le début, en disant que...
00:54Quand il dit que ça a globalement fonctionné ?
00:56Globalement fonctionné ? Excusez-moi, il se fout de la gueule du monde.
01:00Quand il dit que c'était maîtrisé, il ne peut pas dire ça.
01:02Il n'a pas le droit.
01:03Et quand il dit que les débordements étaient contenus, il n'a pas le droit.
01:05Et enfin, quatre jours après, à l'Assemblée nationale, il dit ou il parle d'émeute.
01:09C'est là, notre situation.
01:11Alors, il y a une guerre des chiffres, il y a une guerre politique,
01:13parce que bientôt, il y a des échéances importantes.
01:15Mais nous, on est dans un constat de citoyens et de citoyens policiers.
01:18La situation est gravissime.
01:20On se retrouve dans une situation qu'on n'arrive plus à gérer.
01:22Vous avez 890 interpellations et vous avez quand même 233 policiers blessés
01:28pour un match du PSG où tout le monde aurait dû faire la fête
01:31et tout le monde aurait dû profiter de la victoire.
01:34On va y revenir, mais vous trouvez que Laurent Nouniès a fauté avec sa première déclaration ?
01:38C'est une erreur ? C'est un mensonge ? C'est quoi ?
01:40C'est un manque d'information ? C'est quoi ?
01:41Non, avec tout le respect qu'on doit au ministre, je pense que c'est soit un problème idéologique
01:45où il a un déni, c'est-à-dire qu'il n'ose pas dire les choses de peur
01:49que peut-être ça prenne une proportion différente à ce qu'elle prend aujourd'hui.
01:53Mais le fait de mentir, parce que c'est un peu le terme, le fait de mentir...
01:56Il a menti ?
01:57Ah oui, il a menti.
01:58Quand on dit que ça a été contenu, on ne peut pas dire que ça a été contenu
02:01avec 233 policiers blessés et 890 interpellations.
02:04Donc oui, il a menti.
02:05Et au bout de 4 jours, il s'est dit, bon, je vais arrêter de mentir
02:07parce que le problème, c'est que ça ne fonctionne pas
02:10et je dois un petit peu de transparence aux Français.
02:12Parce que le Français, il a vu, comme vous et moi, à la télé, tout ce qui se passait
02:15et on a vu les exactions des uns et des autres.
02:17Est-ce qu'un ministre de l'Intérieur qui a menti peut rester ministre de l'Intérieur ?
02:21Eh bien, écoutez, ça, ce n'est pas en moi de en juger.
02:23Moi, je suis là pour défendre les policiers.
02:24Vous n'êtes pas le syndicat policier, vous êtes un interlocuteur important.
02:27Moi, je pense qu'il devrait revoir un petit peu sa vision des choses
02:32et peut-être, idéologiquement, s'imprégner de ce qui se passe réellement
02:36parce qu'il connaît et donc il a deux discours, monsieur le ministre.
02:39C'est-à-dire qu'il connaît la situation, il la connaît par cœur.
02:41C'est un flic, quasiment, il a toujours été dans la police.
02:44Oui, mais il s'est toujours inspiré des policiers.
02:46Il a été à la DGSI, il a été préfet de police de Paris.
02:48Donc, il connaît la délinquance, il connaît la situation
02:51et il connaît l'évolution de la situation.
02:53Donc là, il faut qu'il arrête de faire son politique,
02:54il faut qu'il défendre les Français, il faut qu'il défendre les policiers et les citoyens
02:57et il faut qu'il assure la sécurité des personnes et des biens.
02:59Et là, aujourd'hui, il le fait mal.
03:00Vous demandez quoi ? Être reçu ? Vous demandez qu'il démissionne ?
03:03Vous lui demandez quoi à Laurent Nunez ?
03:04Alors, à Laurent Nunez, malheureusement, il n'est pas tout seul.
03:06Donc, lui, on lui demande juste de dire la vérité et de soutenir les policiers,
03:09chose qu'il fait, mais malheureusement...
03:11Il le fait, le soutien aux policiers, il le fait.
03:12C'est ce que je viens de dire.
03:12Sébastien Cornu l'a fait aussi hier.
03:14Il le fait, oui, mais ce n'est pas le tout.
03:14Et M. le Président de la République, lui, il a dit qu'on sera intraitable face à une telle situation.
03:19Moi, quand je vois les résultats de la justice
03:21et des passages en justice des uns et des autres,
03:23on s'aperçoit qu'il n'y a pas grand monde de sanctionner la justice.
03:27Mais juste, en termes policiers,
03:29vous dites que vos collègues policiers sur le terrain ont eu l'impression d'avoir été de la chair à
03:33canon.
03:33Mais aller sur le terrain quand ça chauffe, est-ce que ce n'est pas le cœur de votre métier
03:36?
03:37Mais rétablir l'ordre public, c'est notre métier.
03:40Par contre, être de la chair à canon, là, non, évidemment, on ne peut pas l'admettre.
03:43Je vous prends des exemples.
03:44Aujourd'hui, vous avez, on en parlait tout à l'heure,
03:46vous avez des artifices, donc des mortiers,
03:48c'est des mitraillettes, c'est des bazookas,
03:50ça part à 100 mètres de distance,
03:51et à quelques dizaines de mètres, ça transperce un individu.
03:55Nous, en face, nous avons des LBD qui ne tirent pas plus de 50 mètres.
03:57Encore, 50 mètres, c'est compliqué en termes de visée précise.
04:01On n'est pas équipé pour.
04:03On se retrouve avec une délinquance de plus en plus violente,
04:06suréquipée, de mieux en mieux organisée.
04:08Le match était à 18h, les exactions ont commencé à 18h15.
04:11Donc, ce n'était pas des supporters du PSG.
04:13Qu'est-ce qu'on peut faire ?
04:14Qu'est-ce que vous pourriez faire ?
04:15Qu'est-ce qu'il aurait fallu faire de différent ?
04:17Parce qu'on se dit, finalement, on vous écoute,
04:18on entend ce que vous dites,
04:19et on se dit, s'il y avait un autre match demain,
04:21les mêmes causes produiraient les mêmes conséquences.
04:23Qu'est-ce qu'il faut faire ?
04:25Qu'est-ce qu'il aurait fallu ?
04:25Il aurait fallu faire une fanzone ?
04:26Il faut arrêter le consensus mou.
04:30La loi anticasseur, par exemple,
04:31le Conseil constitutionnel l'a chuté,
04:33notamment l'article 3,
04:34où il y avait, pour résumer,
04:36des assignations à résidence, administrative en tout cas.
04:38Donc, on aurait pu anticiper les choses,
04:40parce qu'on connaît les individus,
04:41et on ne l'a pas fait,
04:42au même titre que quand on les interpelle.
04:43Donc, ceux qui sont ciblés comme dangereux
04:45et interdits de sortir de chez eux,
04:47déjà, les empêcher de venir.
04:48Ça nous permettrait peut-être d'en avoir moins sur le terrain.
04:50Et ensuite, ceux qu'on chope en flagrant délit,
04:53la parole du policier, elle est ce qu'elle est,
04:55et elle existe,
04:56et donc, dans ces cas-là,
04:57ils doivent être réellement sanctionnés.
04:58Pas comme le tweet de M. Darmanin,
04:59ce matin, aujourd'hui, garde des Sceaux,
05:01comme quoi les discours changent selon la situation où nous sommes,
05:04où il dit que la justice fait son travail
05:06et il y a des individus sanctionnés, non ?
05:07Il y a eu 112 personnes jugées,
05:10il y a eu des peines de prison.
05:11Alors, personne n'est allé en prison
05:12sur ceux qui ont été jugés pour l'instant,
05:14ce sont des peines aménageables.
05:15Les cas les plus lourds seront traités plus tard,
05:17parce qu'il se demande plus d'enquêtes,
05:18ça vous le savez parfaitement.
05:19La justice, elle fait son job, quand même, non ?
05:21Eh ben non.
05:22Moi, j'assume,
05:22et on l'a dit déjà il y a 4 ans,
05:24malheureusement,
05:24on avait dit le problème de la police, c'est la justice,
05:26mais je peux dire que le problème du citoyen,
05:28c'est la justice, aujourd'hui.
05:29Moi, je vais vous donner quelques exemples très précis
05:30pour que l'auditeur puisse comprendre.
05:33Vous violentez un policier,
05:34un fonctionnaire de police en exercice,
05:36vous avez une identité,
05:38le fonctionnaire de police est blessé,
05:39vous avez une interruption temporaire de travail
05:40de supérieur à 8 jours,
05:41vous risquez environ 7 ans de prison.
05:43Vous avez certains individus qui sont passés,
05:45on demandait 12 mois de prison.
05:47Donc déjà, de 7 ans, on passe à 12 mois.
05:49Et au final, ces individus ont été relaxés.
05:51Parce que ce qui se passe au sein de la justice,
05:53et ça, malheureusement, personne ne le sait,
05:54c'est qu'il y a une dissonance,
05:55parfois, entre le procureur,
05:57et d'ailleurs, la procureure de Paris l'a dit,
05:59elles se sont visées.
06:00Non, le procureur, des fois,
06:02et régulièrement, demande une sorte de confort.
06:04Vous savez bien qu'on ne peut pas condamner
06:05en bloc, en lot,
06:07il y a énormément de primo-délinquants,
06:09ce qui a même surpris les magistrats,
06:10sans doute vous aussi,
06:10vous êtes surpris de voir ça,
06:11de gens qui n'avaient pas de casier,
06:12primo-délinquants,
06:13le principe de la justice,
06:15c'est d'adapter, de jauger,
06:16c'est de faire dans la mesure.
06:18Est-ce que ce n'est pas un peu facile,
06:19un peu démago, de dire
06:19la justice ne fait pas son boulot ?
06:20Je vous lis dans la tribune,
06:22tous les voyants sont au rouge,
06:23et force est de constater
06:24que le laxisme latent
06:25de la justice pénale des mineurs
06:27fabrique des criminels de demain.
06:28Mais c'est exactement ça.
06:30Prenez par exemple
06:32les deux mandats du président de la République,
06:34jugeons ce qui se passe aujourd'hui,
06:35sur les 9 ans,
06:36tentative d'homicide,
06:37plus 99,2%.
06:39Ce n'est pas mes chiffres à moi,
06:40c'est les chiffres officiels.
06:41Et dans les 99,2%,
06:43vous avez 13% de mineurs.
06:45Aujourd'hui,
06:45vous interpellez de plus en plus de mineurs,
06:47et on se retrouve dans des situations
06:48très compliquées,
06:49où demain, malheureusement,
06:51ça sera des criminels.
06:52Vous les mettez où ?
06:53Imaginez qu'ils aillent tous en prison.
06:54Vous les mettez où ?
06:55Ah mais nous,
06:56on ne demande pas
06:56que tout le monde aille en prison.
06:57On demande déjà
06:58l'immédiateté de la peine.
06:59C'est-à-dire que quand vous faites
07:00une chose grave,
07:01vous êtes sanctionné immédiatement.
07:03Et vous n'attendez pas
07:03qu'il y ait des mois,
07:05des années qui se passent.
07:05Le travail d'intérêt général,
07:06ce n'est pas satisfaisant pour vous,
07:07par exemple ?
07:08Il y a eu des condamnations
07:09à des tiges ?
07:10Mais oui, mais là,
07:10c'est pareil,
07:10c'est un mensonge.
07:11Et tous les collectivités territoriales
07:12vous le diront,
07:13notamment,
07:13elles n'existent pas,
07:14les fameuses TIG,
07:15c'est-à-dire qu'elles sont inapplicables.
07:17Parce que souvent,
07:18vous prenez des peines alternatives,
07:20ça s'appelle,
07:20et donc vous faites
07:21des travaux d'intérêt général.
07:22Vous vous déplacez ou vous ne vous déplacez pas,
07:24vous vous retrouvez dans une situation
07:25qui ne change rien.
07:26Parce que même si vous n'y allez pas,
07:27on ne va pas vous chercher pour les faire.
07:29Et en plus,
07:29vous avez de moins en moins de volontaires
07:30pour les faire mettre en place.
07:32C'est-à-dire qu'il faut surveiller l'individu
07:33et l'individu,
07:34comme il s'en fout,
07:35malheureusement,
07:35elles ne sont jamais faites.
07:36Hier, le Premier ministre
07:37a demandé à ses ministres
07:38de préparer les textes
07:39pour que les prestations sociales
07:40puissent financer
07:41les dégradations commises samedi soir.
07:42En clair,
07:42il s'agirait de faire payer
07:43ceux qui ont cassé
07:44en tapant notamment
07:45dans les allocations,
07:46les aides.
07:47Vous y êtes favorable ou pas ?
07:48Oui, bien sûr.
07:48Mais tout ce qui pourra faire en sorte
07:50d'éradiquer le fléau...
07:52Vous pensez que ça serviait ?
07:53Parce qu'il y en a qui disent
07:54souvent,
07:55on ne va pas faire de portrait robot
07:56du délinquant
07:57parce que visiblement,
07:58particulièrement samedi,
07:59ça ne rentrait pas dans toutes les cases.
08:00Mais souvent,
08:02ce sont des familles
08:03ou des mères isolées
08:04avec des enfants
08:04qui leur échappent complètement.
08:05Et si en plus,
08:06vous leur coupez les allocs
08:06ou vous les réduisez,
08:07vous renforcez encore,
08:09vous aggravez encore
08:09la précarité,
08:10non pas du délinquant
08:11qui s'en fout,
08:12mais de la famille
08:12et de la mère isolée.
08:13Alors moi,
08:14je n'y crois pas une seconde.
08:15Je fais partie des citoyens
08:18qui sont issus
08:18des quartiers sensibles.
08:19Je suis issu de Seine-Saint-Denis,
08:21du 93.
08:22Mes parents y habitent toujours
08:22dans des cités HLM.
08:24Et croyez-moi
08:25qu'il y a aussi des gens
08:26très bien dans ces cités HLM.
08:27Il y a des gens
08:28où il y a une éducation derrière.
08:29Et il y a un moment
08:30où il y a un devoir
08:31en tant que parent,
08:32c'est l'éducation.
08:33Nous, on demande
08:33une complémentarité
08:35police, justice, éducation.
08:36Et aujourd'hui,
08:36elle n'existe pas.
08:37Parmi les personnes condamnées,
08:3914 mois de prison ferme,
08:40il y a un policier
08:41qui n'était pas en service
08:42qui a braqué un automobiliste
08:43avec son arme.
08:44Il avait bu, visiblement.
08:46Il avait le droit
08:46de porter son arme
08:47comme ça ou pas ?
08:48Alors, on a le droit
08:48de porter son arme
08:49en tout temps et en tout lieu.
08:50On a le port de l'arme H24.
08:52Donc oui,
08:53il avait le droit
08:53de porter son arme.
08:54Mais est-ce que cet homme
08:59se le dira ?
09:00Et puis, l'enquête administrative,
09:02pour le coup,
09:02là, elle a été très sévère
09:03et mon collègue
09:04a été directement incarcéré.
09:06Moi, je ne veux pas juger
09:07les faits.
09:07En effet, vous n'avez pas
09:08à sortir votre arme
09:09et vous n'avez pas
09:10à alcooliser à sortir votre arme.
09:11Donc, ce n'est pas le débat.
09:12Bon, il sera sûrement sanctionné.
09:13Il faut savoir que dans la police,
09:15nous sommes le métier
09:16le plus surveillé,
09:16le plus sanctionné.
09:17Vous avez des conseils
09:18de discipline toutes les semaines
09:19et on fait en sorte
09:20d'enlever, évidemment,
09:22toutes les situations compliquées.
09:23Est-ce que vous en savez
09:24un peu plus
09:25sur les deux enquêtes
09:25ouvertes par l'IGPN,
09:26la police des polices
09:27concernant les circonstances
09:28dans lesquelles deux jeunes
09:29de 13 et 14 ans
09:30ont été blessés à l'œil
09:31suite peut-être
09:31à des tirs de LBD ?
09:32Alors, évidemment,
09:33moi, c'est toujours regrettable
09:35qu'il y ait des jeunes blessés
09:35et qu'ils aient 13, 14 ans
09:36et quel que soit le jeune
09:37et quel que soit l'individu
09:38et quel que soit ce qu'il a fait.
09:40Maintenant,
09:40ce qui m'agace un peu,
09:41c'est qu'on parle
09:42de ces deux jeunes
09:42de 13, 14 ans.
09:43Moi, je préférerais
09:43qu'on parle des 233 policiers
09:45qui ont été aussi gravement blessés
09:47pour certains
09:48où il n'y aura pas d'enquête
09:49parce que malheureusement...
09:50Il n'y a pas de concurrence
09:50et on va en parler
09:51pendant 8 minutes.
09:52Il n'y a pas de concurrence
09:52entre les victimes,
09:53en l'occurrence.
09:53Oui, mais enfin,
09:54il y en a deux d'un côté
09:54et 233 de l'autre.
09:56Oui, mais il a perdu son œil.
09:57Oui, oui, mais moi,
09:58je vais vous trouver aussi
10:00des policiers gravement blessés,
10:02handicapés à vie.
10:03Vous en avez tous les jours
10:04et malheureusement,
10:05vous avez...
10:05Oui, mais pardon,
10:06mais on peut parler des uns
10:07sans minorer
10:08ce qui est arrivé aux autres.
10:09Non, mais il ne faut pas...
10:10On n'est pas obligé
10:11d'être dans un camp.
10:11Le problème politique,
10:12mais je ne suis pas dans un camp,
10:13moi, je suis citoyen avant tout,
10:14mais le problème politique,
10:16il est là.
10:17C'est qu'on met toujours
10:17les uns contre les autres
10:18et on essaye de trouver
10:19un couvre-feu
10:20ou un contre-feu
10:22pour éviter de parler
10:23d'une situation gravissime
10:24où les gens,
10:26malheureusement normaux
10:26comme vous et moi,
10:27ne peuvent plus aller
10:28se promener dans la rue,
10:29ne peuvent plus aller
10:29manifester tranquillement
10:30et ne peuvent plus
10:31exprimer leur joie.
10:32Merci beaucoup,
10:32Fabien Van Damelrich,
10:33d'être venu.
Commentaires