- il y a 11 mois
À LA UNE / « Bloquons tout » : Sébastien Lecornu à l'épreuve de la rue
Mercredi 10 septembre 2025, au moment même où Sébastien Lecornu prenait ses fonctions à Matignon, CRS et manifestants se faisaient face aux abords de la gare du Nord, après une tentative de blocage de la gare parisienne. Répondant à l'appel du mouvement « Bloquons Tout », 175 000 manifestants se sont rassemblés dans les villes comme dans les zones rurales. Ce mouvement, proche de l'extrême gauche, et soutenu par près de la moitié de la population selon un sondage Ipsos-BVA-CESI pour « La Tribune Dimanche », a ainsi mené au moins 8 000 marseillais dans les rues, selon la préfecture. Plusieurs milliers de citoyens étaient également mobilisés à Rennes, Brest, Nantes, Bordeaux, Paris, Lyon ou Lille. Le Ministère de l'Intérieur a recensé 812 actions sur le territoire, donnant lieu à plus de 470 interpellations. Au cours de la journée, 260 incendies sur la voie publique ont été signalés. Dans ce contexte de tensions et de colère sociale, quelle marge de manoeuvre pour le gouvernement piloté par Sébastien Lecornu ? Comment analyser la sociologie de ce mouvement qui s'est organisé dans l'ombre pendant des semaines ?
Invités :
- Michel Picon, Président de l'U2P (Union des Entreprises de Proximité),
- Denis Maillard, expert en relations sociales associé à la Fondation Jean-Jaurès,
- Nadège Abomangoli, députée « La France Insoumise » de Seine-Saint-Denis, vice-présidente de l'Assemblée nationale.
Les chroniques :
« Le chiffre du jour » : 40% par Fanny Guinochet
« Quelle histoire ! » : Sébastien Lecornu, la stratégie de l'écoute par Laurent Guimier
LA QUESTION QUI FÂCHE / Sébastien Lecornu peut-il gagner la bataille budgétaire ?
« Il va falloir des ruptures sur la méthode comme sur le fond », a promis Sébastien Lecornu dans son discours de passation de pouvoir. Après 9 mois à la tête du gouvernement, François Bayrou avait fait de la réduction de la dette française (à ce jour de 3 345,8 milliards d'euros) son grand combat. Il n'est pas parvenu à obtenir la confiance des députés sur ce sujet, causant ainsi sa démission. Sébastien Lecornu fait son arrivée à Matignon dans une nouvelle période d'incertitude, avec pour « baptême du feu » la question brûlante du budget. Bâtir un budget d'ici le 7 octobre 2025 en évitant la censure constitue l'une de ses principales missions. Devant une Assemblée nationale fragmentée, l'ancien ministre des Armées a-t-il les armes pour mener la bataille budgétaire ?
Invités :
- Charles Sitzenstuhl, député « Ensemble Pour la République » du Bas-Rhin,
- Philippe Juvin, député « Droite Républicaine » des Hauts-de-Seine,
- Ayda Hadizadeh, députée socialiste du Val-d'Oise.
C'est le nouveau grand rendez-vous d'actualité quotidien et citoyen de LCP
Parce que chaque voix compte, LCP donne toute sa place à la parole du citoyen. Les téléspectateurs interviennent chaque jour dans l'émission, tournée au coeur du Palais Bourbon.
Parce que chaque voix compte, l'
Mercredi 10 septembre 2025, au moment même où Sébastien Lecornu prenait ses fonctions à Matignon, CRS et manifestants se faisaient face aux abords de la gare du Nord, après une tentative de blocage de la gare parisienne. Répondant à l'appel du mouvement « Bloquons Tout », 175 000 manifestants se sont rassemblés dans les villes comme dans les zones rurales. Ce mouvement, proche de l'extrême gauche, et soutenu par près de la moitié de la population selon un sondage Ipsos-BVA-CESI pour « La Tribune Dimanche », a ainsi mené au moins 8 000 marseillais dans les rues, selon la préfecture. Plusieurs milliers de citoyens étaient également mobilisés à Rennes, Brest, Nantes, Bordeaux, Paris, Lyon ou Lille. Le Ministère de l'Intérieur a recensé 812 actions sur le territoire, donnant lieu à plus de 470 interpellations. Au cours de la journée, 260 incendies sur la voie publique ont été signalés. Dans ce contexte de tensions et de colère sociale, quelle marge de manoeuvre pour le gouvernement piloté par Sébastien Lecornu ? Comment analyser la sociologie de ce mouvement qui s'est organisé dans l'ombre pendant des semaines ?
Invités :
- Michel Picon, Président de l'U2P (Union des Entreprises de Proximité),
- Denis Maillard, expert en relations sociales associé à la Fondation Jean-Jaurès,
- Nadège Abomangoli, députée « La France Insoumise » de Seine-Saint-Denis, vice-présidente de l'Assemblée nationale.
Les chroniques :
« Le chiffre du jour » : 40% par Fanny Guinochet
« Quelle histoire ! » : Sébastien Lecornu, la stratégie de l'écoute par Laurent Guimier
LA QUESTION QUI FÂCHE / Sébastien Lecornu peut-il gagner la bataille budgétaire ?
« Il va falloir des ruptures sur la méthode comme sur le fond », a promis Sébastien Lecornu dans son discours de passation de pouvoir. Après 9 mois à la tête du gouvernement, François Bayrou avait fait de la réduction de la dette française (à ce jour de 3 345,8 milliards d'euros) son grand combat. Il n'est pas parvenu à obtenir la confiance des députés sur ce sujet, causant ainsi sa démission. Sébastien Lecornu fait son arrivée à Matignon dans une nouvelle période d'incertitude, avec pour « baptême du feu » la question brûlante du budget. Bâtir un budget d'ici le 7 octobre 2025 en évitant la censure constitue l'une de ses principales missions. Devant une Assemblée nationale fragmentée, l'ancien ministre des Armées a-t-il les armes pour mener la bataille budgétaire ?
Invités :
- Charles Sitzenstuhl, député « Ensemble Pour la République » du Bas-Rhin,
- Philippe Juvin, député « Droite Républicaine » des Hauts-de-Seine,
- Ayda Hadizadeh, députée socialiste du Val-d'Oise.
C'est le nouveau grand rendez-vous d'actualité quotidien et citoyen de LCP
Parce que chaque voix compte, LCP donne toute sa place à la parole du citoyen. Les téléspectateurs interviennent chaque jour dans l'émission, tournée au coeur du Palais Bourbon.
Parce que chaque voix compte, l'
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Générique
00:01...
00:10Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte,
00:26votre nouveau rendez-vous quotidien sur LCP.
00:29Chaque soir à 19h30, Chaque Voix Compte,
00:32c'est l'émission qui donne la parole à tous,
00:34dans le respect des opinions de chacun et dans la nuance.
00:37Avec moi ce soir, Fanny Guinochet et Laurent Guimier.
00:40Bonsoir à tous les deux.
00:42Merci d'être avec moi, vous allez bien ?
00:43Très bien.
00:44C'est parti pour le sommaire de cette deuxième de Chaque Voix Compte,
00:47avec à la une ce soir, le pouvoir à l'épreuve de la rue.
00:51Ce sont les deux images du jour qui se sont entrechoquées.
00:54D'un côté, la passation de pouvoir entre François Bayrou et Sébastien Lecornet,
00:59est venue à Matignon.
01:00De l'autre au même moment, le mouvement bloquant tout,
01:02avec des milliers de personnes dans les rues.
01:05Quel premier bilan tiré de cette journée de mobilisation,
01:08émaillée de tensions et de violences ?
01:10On va en parler avec nos trois premiers invités ce soir.
01:13Denis Maillard, de la Fondation Jean Jaurès,
01:15Michel Picon, président de l'U2P, l'Union des entreprises de proximité,
01:20et Nadej Aboumangoli, député LFI de Seine-Saint-Denis,
01:23vice-présidente de l'Assemblée nationale.
01:25Merci à tous les trois d'être là ce soir.
01:28À suivre aussi dans Chaque Voix Compte,
01:30quelle histoire chaque soir ?
01:31Laurent Guimier décrypte, décortique pour nous son image du jour.
01:35Ce soir, Laurent ?
01:36Ce soir, c'est l'image d'un Premier ministre dont on connaît le visage,
01:40mais pas encore la voix,
01:42et c'est peut-être une tactique mûrement réfléchie.
01:44Dans la deuxième partie de Chaque Voix Compte,
01:46la question qui fâche.
01:47Sébastien Lecornu peut-il gagner la bataille budgétaire ?
01:50Vous pouvez poser vos questions à nos trois députés du soir
01:54en flashant le QR code qui est en ce moment sur votre écran.
01:57Avec nous, il y aura ce soir Aïda Adizadeh,
02:00député socialiste du Val-d'Oise,
02:02Charles Zidson-Stoul, député ensemble pour la République du Barin,
02:06et Philippe Juvin, député LR des Hauts-de-Seine.
02:09Voilà pour le menu de ce soir.
02:11Installez-vous confortablement.
02:12Chaque Voix Compte, c'est parti.
02:22Il y a des premiers jours où rien ne se passe comme prévu.
02:25Je ne parle pas, évidemment, de la première de Chaque Voix Compte hier.
02:29Non, je veux parler de la première journée de Sébastien Lecornu à Matignon.
02:33Passation de pouvoir en pleine mobilisation,
02:35bloquant tout.
02:37Il y avait comme un léger décalage
02:39qui n'a pas semblé doucher l'optimisme du nouveau chef du gouvernement.
02:42Écoutez.
02:43La deuxième des choses, c'est dire aux Françaises et aux Français
02:46qu'on va y arriver.
02:47Parce qu'au fond, vous venez de le dire,
02:50il n'y a pas de chemin impossible.
02:52Il faut qu'on arrive à mettre fin, au fond,
02:53à ce double décalage.
02:55Le décalage entre la situation politique
02:57et le décalage avec ce qu'attendent légitimement nos concitoyens et nos concitoyens
03:02pour leur vie quotidienne, pour la situation économique et sociale, leur sécurité.
03:07Bref, ce pour quoi, évidemment, nous sommes missionnés.
03:09Vie politique et vie réelle.
03:12Avant de dresser un premier bilan des manifestations du jour,
03:14je vais vous demander à chacun l'image que vous retenez, vous, de cette journée.
03:18Qu'est-ce qui vous a marqué, Nadège Abomangoli ?
03:21Aujourd'hui, j'étais sur le terrain à plusieurs endroits.
03:24D'abord, sur ma circonscription à Bondy,
03:26puis je me suis rendu à l'Assemblée Générale à la Gare du Nord.
03:29Et surtout, l'image que j'ai retenue,
03:31c'est cette image prise par un drôme
03:33de la place des fêtes dans le 19ème arrondissement de Paris,
03:36pleine,
03:37un rassemblement qui précédait une Assemblée Générale.
03:39Et je trouvais que c'était vraiment très beau à voir.
03:41Et nous y serons d'ailleurs tout à l'heure, place des fêtes,
03:43parce qu'il y a un bal populaire qui se prépare
03:44pour clôturer cette journée bloquant tout.
03:46On y rejoindra tout à l'heure nos reporters.
03:49Michel Picon, vous retenez quelle image de cette journée ?
03:52L'image d'une mobilisation sociale tout à fait légitime
03:56sur le pouvoir d'achat,
03:58sur les difficultés qu'un certain nombre de nos concitoyens ressentent.
04:02Aussi, l'image de casseur qui est insupportable.
04:05Moi, ça me rappelle les difficultés terribles
04:08qu'ont subi les commerces et les petites entreprises
04:11de ces mouvements sociaux qui n'étaient plus contrôlés.
04:15Et à la fois aussi une image d'optimisme
04:17parce que, enfin, un Premier ministre, assez rapidement,
04:21et nous, nous espérons une stabilité
04:23et un peu de sérénité dans le débat politique français.
04:27Et vous, Denis Maillard, de la Fondation Jean Jaurès,
04:29qui avez tenté de dresser un portrait robot
04:31de ce mouvement bloquant tout, finalement, de cette journée,
04:33vous retenez quoi ?
04:34Une image que j'ai vue dans Paris, cet après-midi,
04:37d'une manifestation, 200 personnes arrivant dans une rue,
04:40à un carrefour, et ne sachant pas où aller,
04:43se demandant s'ils allaient à droite, à gauche,
04:45et finalement, c'est l'arrivée de la police derrière eux
04:46qui a fait qu'ils ont continué tout droit.
04:48Je crois que cette image, elle est assez parlante
04:50de ce mouvement qu'on attendait,
04:54qui s'est largement mobilisé sur les réseaux sociaux
04:57selon des modalités diverses, selon les plateformes,
05:00et qui, une fois qu'il cherche à se traduire dans la rue,
05:04ne sait pas vraiment comment faire, quoi faire.
05:07Et je crois que c'est, pour moi, l'image du mouvement.
05:10J'ai cru que vous alliez faire un parallèle avec Emmanuel Macron
05:11qui n'aurait pas su s'il fallait aller à droite ou à gauche
05:14pour nommer son nouveau Premier ministre.
05:16On garderait bien.
05:17Merci, en tout cas, pour ces images que vous avez retenues de cette journée.
05:19Le mouvement Bloquons-Tout promettait de paralyser le pays.
05:22Y est-il parvenu ?
05:24Premier bilan chiffré de cette journée avec Dario Borgogno.
05:32Une journée entière pour bloquer la France.
05:34C'était l'objectif de ces 812 actions,
05:36aujourd'hui sur tout le territoire,
05:38avec des opérations coup de poing,
05:40comme cette tentative d'infiltration à la gare du Nord,
05:42ou encore ce bus brûlé à Rennes,
05:44en plein milieu de la rocade.
05:46Des actions menées par 175 000 participants, selon l'État.
05:50Mais face aux forces de l'ordre mobilisées,
05:5280 000 gendarmes et policiers,
05:54en fin de journée,
05:55le ministère de l'Intérieur comptait au moins 473 interpellations.
05:59Bruno Retailleau souhaitait ne rien laisser passer.
06:01Les choses sont désormais très claires.
06:03La mobilisation n'a rien d'une mobilisation citoyenne.
06:07Elle a été détournée, confisquée,
06:09captée par la mouvance de l'extrême-gauche, de l'ultra-gauche.
06:14La CGT donne ce soir le chiffre de 250 000 manifestants.
06:18Mais la mobilisation semble être loin de celle espérée
06:20depuis des semaines sur les réseaux sociaux.
06:23Un mercredi certes agité,
06:24pour une France cependant loin d'être paralysée.
06:29Denis Maillard, vous êtes notamment l'auteur de ce livre
06:32« Une colère française, ce qui a rendu possible les gilets jaunes ».
06:35Vous diriez ce soir que les mêmes causes sont en train de provoquer les mêmes effets
06:39ou finalement cette journée n'a pas été à la hauteur
06:42des espérances qu'avaient les membres du mouvement Blocontour ?
06:45Je crois qu'il y a deux choses.
06:48La première, c'est que le mouvement, me semble-t-il,
06:53avait déjà eu lieu.
06:55Et qu'aujourd'hui, on attendait qu'il se passe quelque chose dans la rue
06:58alors qu'il s'est passé quelque chose sur les réseaux sociaux.
07:00une forte mobilisation, des millions d'engagements,
07:03de gens qui se sont exprimés.
07:05La question, c'était de savoir,
07:07est-ce qu'on peut passer de l'expression d'une colère,
07:11d'une frustration, d'un mécontentement sur les réseaux sociaux
07:14à une colère, à quelque chose qui s'exprime dans la rue ?
07:17Et vous dites quoi ce soir ?
07:18Vous vous dites que ça ne s'est pas concrétisé finalement ?
07:19Ça ne s'est pas concrétisé.
07:20Le mouvement avait déjà eu lieu et ça ne s'est pas concrétisé.
07:22Et la deuxième chose, c'est que je crois qu'on a tous les gilets jaunes en tête
07:26alors qu'il y a une loi des rapports sociaux, on va dire,
07:29il y a une loi physique des rapports sociaux
07:31qui est qu'un mouvement social est toujours structuré par celui qui l'a précédé.
07:35Alors le mouvement social qui a précédé cette journée,
07:38c'est la mobilisation contre la réforme des retraites
07:41qui a été un échec du mouvement,
07:43puisque le gouvernement n'a pas reculé.
07:47Et que je crois que les gens qui s'exprimaient aujourd'hui,
07:50finalement exprimaient la longue traîne de ce mouvement-là
07:54dans un patchwork de revendications, de colères.
08:01Et que je dirais, c'était aujourd'hui,
08:03on était plus dans la journée nationale des colères
08:05que dans quelque chose qui rappelle les gilets jaunes.
08:08Nadège Abomangoli, vous êtes d'accord avec l'analyse que fait Denis Maillard ?
08:11Il y a sans doute une forme de déception
08:13pour ceux qui s'étaient fortement mobilisés sur les réseaux sociaux
08:16et puis finalement qui n'ont peut-être pas osé aller dans la rue
08:19par peur des violences éventuellement ?
08:22D'abord, non, je ne fais pas la même analyse.
08:24Tout d'abord parce que je ne réduis pas l'expression de la colère
08:27concernant la journée bloquant tout
08:30à une expression sur les réseaux sociaux.
08:33Ça a commencé...
08:34C'est quand même l'accès né.
08:35Évidemment, c'est l'accès né.
08:36Aujourd'hui, ce sont des nouvelles formes d'organisation.
08:38D'ailleurs, les journées sont organisées dans des boucles télégrammes
08:42avec, en fait, de manière dématérialisée,
08:45donc des gens qui ne se connectaient pas forcément d'abord physiquement.
08:49Donc c'est une spécificité.
08:51Ensuite, tout à l'heure, Denis Maillard a expliqué qu'il y a parfois des gens
08:54qui ne savaient pas où aller.
08:55Figurez-vous que parfois, nous-mêmes, militants politiques,
08:59on avait les affronts en dernière minute.
09:01Et pourquoi ? Parce qu'évidemment, il y a eu des annonces
09:05qui ont précédé cette journée,
09:07des annonces combinatoires,
09:08territoires, martiales...
09:10Vous faites référence à l'annonce du dispositif policier, par exemple ?
09:13Voilà, le dispositif policier.
09:14Les chiffres que vous donnez, qui, à mon avis, doivent être revus,
09:18si on en croit, ce que vous dites, c'est un policier pour deux manifestants.
09:24Donc voilà, ça aussi, c'est quand même un évident structurant.
09:27175 000 manifestants au dernier décompte officiel
09:31et 80 000 policiers mobilisés.
09:35Oui, mais enfin, rien qu'à Paris, ce qu'on a vu à Paris,
09:38si on prend seulement Paris, ça ne peut pas correspondre à la réalité.
09:42Et ensuite, la colère qui a été exprimée par rapport à ce mouvement,
09:46c'est enclenché au moment des annonces budgétaires de François Bayrou.
09:50On est quand même dans une situation sociale explosive.
09:54C'est ce qui motive les manifestantes et les manifestants.
09:57Et on est dans une situation sociale
09:58où les gens ont décidé de s'organiser différemment,
10:01justement parce qu'ils ont vu que les actions classiques,
10:03aujourd'hui, ne portaient pas leur puits.
10:05Les gens se sont exprimés dans les urnes,
10:08les résultats n'ont pas été respectés,
10:10les gens ont exprimé leur opposition à la réforme de la retraite,
10:13leurs choix n'ont pas été respectés.
10:15Eh bien, aujourd'hui, il y a des personnes
10:17qui décident de se mobiliser différemment,
10:19en bloquant des grandes surfaces,
10:21en bloquant des ronds-points.
10:23Et alors, évidemment, en prenant des éléments de mobilisation des gilets jaunes,
10:25mais en essayant d'inventer autre chose.
10:27Et c'est le début.
10:28Michel Picon, vous avez, vous, ce soir,
10:30des remontées de vos petits patrons sur l'impact de cette journée ?
10:33Oui, oui.
10:34Partout où les cortèges sont passés,
10:38oui, j'ai des commerces qui n'ont pas pu travailler,
10:40certains qui ont vu leur établissement endommagé.
10:45Il y a un chiffre d'affaires qui ne s'est pas fait.
10:46Enfin, on traverse Paris aujourd'hui,
10:49ce que vous disiez à l'instant,
10:51où les gens ont eu peur et ne viennent pas.
10:53Il y a une contestation sociale.
10:55Je ne suis pas sûr que la politisation de ce mouvement,
10:59qui est un mouvement de gens qui ont des difficultés,
11:02la façon dont les choses ont tenté d'être récupérées.
11:05C'est de la politique ?
11:06Oui, c'est de la politique,
11:07mais les gens n'ont pas envie de ça.
11:10Vous savez, dans les petites entreprises,
11:12on est au contact, on discute avec nos salariés.
11:15Les rapports, d'ailleurs, ne sont pas ceux que l'on dépeigne parfois.
11:19Et souvent, même, trop souvent.
11:21Et les gens n'ont pas envie.
11:23Ils ont envie de dire, non, ça ne va pas.
11:25Notre pouvoir d'achat, ça ne va pas.
11:26Le coût de notre logement est devenu prohibitif.
11:29Enfin, tout ce qui frappe les ménagers et les Français,
11:32mais ils n'ont pas envie d'être récupérés politiquement.
11:35Et je pense qu'au fond,
11:37ils n'ont pas envie non plus d'être dans une manifestation
11:41où apparaissent partout des drapeaux sur la Palestine
11:43alors qu'eux sont venus discuter de leur pouvoir d'achat.
11:47Je pense que c'est un tort que la politique
11:49ne laisse pas s'exprimer la revendication légitime
11:54de tous les gens qui ont des difficultés.
11:56Parce que moi, je les comprends.
11:57Je les comprends parce que les petites entreprises,
11:5968 000 petites entreprises,
12:00sont parties au tapis l'année dernière
12:02avec leurs 200 000 salariés.
12:04Donc oui, il y a des difficultés dans le pays.
12:07Ensuite, après, pour les résoudre,
12:08c'est à la classe politique.
12:09Mais là, quand elles s'expriment,
12:11il ne faut pas essayer de récupérer
12:12parce qu'au fond, on voit bien que ça ne marche pas.
12:15Alors justement, Michel Picon,
12:17avant d'aller sur l'aspect politique,
12:19on va les écouter, ces Français
12:20qui voulaient manifester leur ras-le-bol aujourd'hui
12:23parce que c'est vrai qu'il y a eu beaucoup de tensions.
12:25Il y a eu des tentatives de blocage
12:26contrées par les forces de l'ordre.
12:27Il y a eu des images qui ont effacé
12:29d'une certaine façon l'esprit du mouvement Bloquantou.
12:32Les équipes de LCP ont tendu leur micro
12:34toute la journée à ces Français
12:35qui ont arrêté de travailler pour dire leur ras-le-bol
12:37parce que chaque voix compte.
12:39Clément Perrault avec nos équipes en région.
12:415h du matin, l'heure du réveil des Gilets jaunes.
12:53Rond-Point-des-Vaches, aux portes de Rouen,
12:55un site historique de leur mobilisation.
12:58Accompagnés de délégués syndicaux de l'usine Renault voisine,
13:01ils organisent un barrage filtrant.
13:03Leur colère n'a pas disparu.
13:04C'est le gouvernement qui décide, c'est plus nul.
13:07C'est pas ça qu'il faut bouger encore plus.
13:09Il faut bouger, c'est tous les jours, c'est tous les jours.
13:11Après, le corps nul, qu'est-ce qu'il y a ?
13:13Qu'est-ce qui lui reste ?
13:14La démission de Macron, moi je me place dans ce mouvement-là.
13:16Il faut que Macron démissionne.
13:17A Montreuil, aux portes de Paris,
13:23un groupe d'étudiants tente de dresser une barricade.
13:27Objectif, bloquer le périphérique.
13:29Mais les CRS interviennent en nombre.
13:31Un jeu de chat et de la souris s'engagent.
13:33Quelques cases lacrymogènes sont jetées.
13:36On ne faisait absolument rien.
13:37C'est un niveau de répression abusif.
13:41Sachant que là, objectivement, il n'y avait absolument rien.
13:43Les manifestants se réfugient au siège voisin de la CGT.
13:48Plus tard, ils rejoindront les cortèges parisiens.
13:53Autoroute A20, au sud de Limoges.
13:56Des agriculteurs ont sorti les tracteurs
13:59pour bloquer la circulation
14:00à l'appel de la Confédération Paysanne.
14:03Ici en Limousin, ça ne se passe pas à l'autre bout de la planète.
14:06On est en souffrance.
14:08On a besoin d'être soutenus et reconnus
14:10pour cette souffrance et tout le travail qu'on fait
14:12pour nourrir nos concitoyens les plus proches.
14:16Quelques militants de gauche ont rejoint le mouvement.
14:18Ici, pas de tension avec la police ou les automobilistes.
14:24Sur ce rond-point de Besançon,
14:27ces militants se sont organisés via le réseau Bloquons-Tout,
14:30lancé sur les réseaux sociaux.
14:32Leur tentative de blocage est vite avortée
14:34par l'intervention policière.
14:36Le groupe se rabat alors sur un centre commercial.
14:39La cour, on est, on est, on est, on est, on est, on est.
14:44Plus tard, les différents cortèges de la ville se regroupent.
14:47On est là !
14:48L'influence est importante.
14:51Il flotte dans l'air un parfum d'euphorie.
14:536 300 personnes selon Patrick Lecompteur.
14:56C'est exceptionnel.
14:58Il faut que ça continue, évidemment.
15:00On ne peut pas que ça soit bâti.
15:01Ça ne va pas se terminer ce soir.
15:03Ce n'est pas possible.
15:03La nomination de Sébastien Lecornu ne semble avoir eu aucune influence sur la mobilisation.
15:09La cible des manifestants aujourd'hui, c'est le président de la République.
15:14Et on l'a vu aussi, c'était aussi Sébastien Lecornu, on l'a vu sur certains panneaux.
15:17Sachez que LCP diffusera dimanche soir à 22h un magazine spécialement consacré à cette journée Blocontou
15:23avec les images de tous nos reporters mobilisés aujourd'hui.
15:26Denis Maillard, vous voyez regarder le reportage avec intérêt notamment au moment où on voyait des gilets jaunes.
15:31Finalement, en quoi les Blocontou sont différents des gilets jaunes ?
15:37Je crois que d'abord sociologiquement, c'est-à-dire que ce qu'on a vu aujourd'hui, et le reportage le montre bien,
15:45c'est à la fois des jeunes, alors lycéens ou étudiants qui se mobilisent dans les grandes villes,
15:51des gens qui bloquent un rond-point à la manière des gilets jaunes, une autoroute bloquée,
15:54des gens qui s'en prennent à ce moment-là à une zone commerciale ou des supermarchés.
16:00On voit bien qu'il y a des modes d'organisation, d'action qui sont très disparates,
16:07des publics qui sont très différents.
16:09Le moment des gilets jaunes était un moment où toutes les catégories populaires,
16:18souvent dans un périurbain plutôt subi, lointain,
16:22s'est constitué et a vu que sur les ronds-points, par exemple, les gens se reconnaissaient,
16:29c'est-à-dire qu'ils reconnaissaient des modes de vie semblables.
16:32C'est ce qu'on a appelé dans l'étude d'affluence sur Jean Gerais, c'était un mouvement creuset,
16:36c'est-à-dire qu'il se passait quelque chose et ça coagulait et ça faisait un peuple.
16:40Je crois que là, ce qu'on a vu aujourd'hui, c'est des colères différentes,
16:43c'est un patchwork qui est intéressant, qui effectivement montre que derrière, sous-jacent,
16:51il y a bien quelque chose de l'ordre du mécontentement, de la frustration, de colère.
16:55Mais c'est pour ça que tout à l'heure je disais que c'est une journée nationale des colères.
16:58Mais ça ne fait pas un mouvement.
16:59Est-ce qu'il ne leur a pas manqué un symbole ?
17:00Parce qu'on connaissait les bonnets rouges, on a eu les gilets jaunes,
17:02et là, les bloquons tout, ils n'ont pas de symbole.
17:05Sans doute. On avait une unité de temps, mais on n'avait pas d'unité de lieu.
17:09C'était un peu partout, chacun faisait ce qu'il voulait.
17:12Et ça a été de bon enfant, moi je suis assez d'accord, place des fêtes c'est sympa,
17:15il y a eu plein de choses intéressantes, mais ça ne fait pas masse,
17:20et puis pas d'unité d'action.
17:22Et je crois que c'est ça le problème du gilet jaune.
17:25Il y avait quand même au départ un problème, un rencré, le carburant.
17:30Oui, tout à fait.
17:31Quand même pendant des semaines à fédérer la population.
17:34Là, on est dans l'addition de colères qui sont très très disparates.
17:38Absolument.
17:39Nadège Abomangoli ?
17:40Effectivement, il y a beaucoup de revendications légitimes, comme vous le disiez.
17:45Mais quand même, votre reportage montre des noms qui sont prononcés.
17:50C'est Macron, c'est le président de la République qui coagule toutes ces colères.
17:55Et qui coagule toutes ces colères, parce qu'ils donnent le sentiment de ne pas écouter,
17:59de continuer la même politique, de ne pas trouver de solution.
18:03Et donc c'est pour ça que je suis un peu en désaccord avec ce que disait mon contradicteur tout à l'heure.
18:07C'est que, oui, c'est politique.
18:09C'est politique, ce qu'expriment les gens, c'est éminemment politique.
18:12Ils ont compris une séquence, une séquence budgétaire au cours desquelles on leur promet quand même un peu du sang et des larmes.
18:18Quand on s'attaque aux services publics de la santé, lorsqu'on parle d'affection de longue durée, de franchise médicale, c'est très concret.
18:25Et donc il y a eu une séquence parlementaire, on va dire institutionnelle, avec le départ du Premier ministre.
18:32Et là, très clairement, le fait que, d'ailleurs même, que la passation de pouvoir entre l'ancien et le Premier ministre se passe aujourd'hui,
18:39avec ces images complètement de décalage entre eux, d'ailleurs une passation très rapide, je ne vais pas dire en catimini, mais quasiment,
18:46et puis d'autres images comme ça, le décalage continue, le décalage se creuse.
18:50Et d'ailleurs, je tiens à dire que c'est, pour la plupart des personnes mobilisées, le début d'une mobilisation.
18:55Parce qu'effectivement, on n'est pas du tout dans la même chose que la question des gilets jaunes.
19:00Vous disiez que les gilets jaunes, c'était, il y avait un moment déclencheur, qui était la question de l'essence.
19:05Là, il y en a plusieurs, et donc il y a plusieurs types de mobilisation, plusieurs endroits aussi, c'est pas pareil partout.
19:10Le périurbain, les villes, moi tout à l'heure, j'ai un camarade qui m'a expliqué qu'à Brioude, en Haute-Loire, une âgée de 150 personnes,
19:18ce sont des endroits où ce genre de choses arrivent quand même très rarement.
19:22Et donc je pense qu'il faut tenir compte de tout cela.
19:24Ce qu'on a beaucoup entendu aussi aujourd'hui dans les manifestations, c'est ce ras-le-bol face aux fins de mois.
19:29Enfin, Fanny Guinochet, et ça, il y a un chiffre qui documente très bien ce ras-le-bol des fins de mois.
19:34C'est 40% des Français qui se disent fréquemment à découvert.
19:38Des Français qui n'y arrivent pas. Tout à l'heure, on entendait Sébastien Lecornu dire qu'on va y arriver.
19:43Ils n'arrivent pas à boucler leur fin de mois et ils ont un découvert mensuel en moyenne de 411 euros.
19:51Alors, c'est le baromètre Cofidis qui est sorti le 3 septembre dernier, c'est pas vieux, qui le montre.
19:56Et surtout, ce baromètre montre aussi que c'est beaucoup plus que l'année dernière, puisque c'est 85 euros de plus que l'an dernier.
20:03Alors, un gros tiers des Français se tournent vers le crédit à la consommation.
20:06La majorité d'entre eux coupe dans les dépenses, notamment les dépenses essentielles.
20:11Et puis, il y a ceux qui vraiment n'y arrivent pas et qui se retrouvent en dossier de surendettement.
20:14La Banque de France montre qu'il y a plus de 10% des dossiers de surendettement cette année.
20:20C'est la France qui a du mal à finir les fins de mois, celle qui s'exprime, alors qui exprime de la colère, de l'agacement, de la lassitude.
20:27Alors, il y a peut-être un petit paradoxe, c'est que dans le même temps, l'inflation a beaucoup baissé ces derniers mois.
20:31Vous avez raison, Adeline.
20:32Aujourd'hui, l'inflation, c'est autour de 1% seulement, alors que 2022-2023, on était autour de 5%.
20:40Donc, vous voyez, le différentiel est très, très important.
20:43Par exemple, les tarifs de l'énergie, on parlait du carburant, ont beaucoup baissé ces derniers mois.
20:47Mais ce qui a baissé aussi en face, c'est la fin du quoi qu'il en coûte.
20:50On a coupé le robinet budgétaire, entre guillemets, ce qui veut dire moins de soutien, moins d'aide pour les petites entreprises, mais aussi pour les ménages.
20:58L'autre paradoxe, c'est qu'on dit beaucoup que les salaires augmentent.
21:01Alors, quand les Français ont du mal à boucler les fins de mois, les salaires augmentent ?
21:03Les salaires augmentent, mais c'est 2,5%, ce qui n'est pas non plus énorme.
21:07Et il n'empêche, les patrons, comme les salariés, se plaignent aujourd'hui de leur fiche de paye, du différentiel entre ce fameux brut et ce fameux net.
21:15Ça va vous parler, Michel Picon.
21:17Mais c'est vrai qu'on a entendu beaucoup de patrons dire, quand je veux augmenter mon salarié de 100 euros, il faut que je débourse le double.
21:25Et ça touche tout le monde, les fonctionnaires, les indépendants, parce qu'en fait, tous les travailleurs, c'est vrai qu'il faut financer ce fameux modèle social dont les dépenses augmentent, parce qu'on vieillit, on reste plus de temps à la retraite, les arrêts maladifs augmentent, etc.
21:40– Concrètement, ça veut dire, Fanny, que le travail ne paie plus ?
21:44– Oui, et il y a quelqu'un, Antoine Fouché, qui s'est penché sur le sujet, puisqu'elle a publié un livre qui s'appelle « Sortir du travail qui ne paie plus ».
21:53Alors, il faut dire que c'est aujourd'hui un spécialiste des questions sociales, mais aussi c'est l'ancien directeur de cabinet de Muriel Pénicaud, qui avait été ministre du Travail.
22:00Il a pris un peu de recul avec la Macronie depuis. Et il montre quand même dans son livre que quand on gagne 100 euros aujourd'hui en travaillant, on en garde 54 euros en moyenne,
22:08une fois qu'il y a eu les cotisations sociales, les impôts. Et il fait le parallèle avec les années 90, où là, on en gardait 60 euros.
22:15Et alors, quand on remonte beaucoup plus en amont, dans les années 60, on en gardait presque 70 euros.
22:22Donc, c'est vrai que la promesse d'améliorer son niveau de vie en travaillant, elle est rompue.
22:27C'est ce qui crée de la souffrance, du déclassement, du ressentiment, auquel d'ailleurs tous les politiques, gauche comme droite, sont confrontés.
22:35Et c'est forcément un des dossiers qui attend Sébastien Lecoran.
22:37Ah oui, il va falloir, parce que le financement de notre modèle social, c'est effectivement ce qui va composer le budget.
22:44Où est-ce qu'on trouve l'argent, les recettes ? Où est-ce qu'on coupe dans la dépense ? Comment on fait ça ?
22:49Alors, c'est vrai que François Bayrou alertait, on n'arrive plus à le financer, du coup, on emprunte.
22:53Alors, ça va se traduire dans le budget. Et pour Sébastien Lecornu, ça risque d'être son Himalaya.
23:00Merci Fanny. Michel Picon, je vous voyais opiné du chef pendant toute l'explication de Fanny.
23:06Vos petits patrons, ils attendent quoi du prochain gouvernement et du prochain budget ?
23:11Que peut faire Sébastien Lecornu pour franchir l'Himalaya sans les fâcher ?
23:15Non, mais les petits patrons, ce qu'ils ont besoin, c'est qu'on les libère, qu'on mette moins de normes, moins de charges sur eux.
23:22Ils sont, au fond, dans la même situation. Ils travaillent beaucoup. Ils sont à 50 heures pour beaucoup.
23:30Et à la fin, un reste pour eux, une rémunération qui est bousillée par des cotisations sociales
23:38qu'ils payent, eux, au même titre que les salariés, trop importantes.
23:43Donc, ce qu'on attend, un, c'est un peu d'apaisement du pays.
23:47J'entends que la politique veut précipiter les échéances, faire partir le président, à tort, à raison.
23:55Moi, ce n'est pas mon job de donner un jugement là-dessus.
23:59Ce que je pense, c'est que le sort qui sera fait au président actuel, celui qui viendra derrière, le subira aussi.
24:06Parce qu'il y aura toujours une majorité de gens qui ne seront pas contents de celui qui les gouverne.
24:11Et au bout de deux ans, ils diront, il ne me plaît pas, il faut qu'ils partent, démission, etc.
24:15Donc, je pense qu'il faut être extrêmement prudent.
24:18Les échéances, me semble-t-il, doivent être respectées.
24:20Nous, ce que nous attendons, c'est vraiment un big bang du financement de la protection sociale.
24:25Moi, en aucune manière, à l'UDP, nous pensons qu'il faut diminuer la protection sociale,
24:32même si des économies, ici ou là, doivent être faites,
24:35même si des gens qui se sont un peu confortablement installés dans le fait que ça ne valait pas le coup de travailler
24:41par rapport aux prestations sociales que l'on me donne, on ne peut pas nier que cela existe.
24:46Et quand vous êtes employeur et que vous recrutez, vous êtes régulièrement confronté à cette situation,
24:51même si jamais qu'elle n'est pas majoritaire.
24:53Donc, il faut absolument qu'on trouve une méthodologie pour que le financement de la protection sociale
24:58ne pèse plus sur le travail.
25:01Oui, il doit peser davantage sur les dividendes.
25:03Il n'est pas normal que le travail soit plus taxé que la rémunération de profits financiers ou fonciers.
25:10Il faut certainement taxer un peu plus l'héritage.
25:13Le patrimoine des Français s'est figé sur trop peu de gens aujourd'hui.
25:17Il faut taxer peut-être un petit peu les retraités au-delà de 2300 euros
25:21parce qu'on a un déclin démographique qui fait qu'il n'y aura pas assez d'actifs demain pour supporter le poids.
25:28Et le poids, ce sont nos parents, donc il faut en prendre soin.
25:31Mais faut-il qu'économiquement, on puisse le faire ?
25:33Voilà, ce sont toutes ces réformes de fonds qui remettent le travail au cœur du sujet de la société
25:39et pas simplement sur une idée famille-patrie, non.
25:43Parce que le travail, c'est un outil d'émancipation.
25:46Tous ceux qui ont la chance de travailler et de gagner leur vie avec leur travail,
25:50eh bien, c'est du bonheur dans la société.
25:54Et malheureusement, il y a trop...
25:56Voyez-vous, je terminerai par là, si vous me le permettez.
25:58Moi, je fais partie d'une génération où cette appellation de travailleurs pauvres, ça n'existait pas.
26:04Quel que soit le niveau d'instruction qui était le vôtre, CAP, BEP, BAC, études, etc.,
26:10vous aviez un travail, vous n'étiez plus à la charge de vos parents.
26:13Vous pouviez avoir une copine, vous installer, louer un appartement, acheter une voiture, avoir un crédit.
26:21C'est fini, ça.
26:22L'appellation de travailleurs pauvres, mais c'est un constat terrible.
26:29Moi, je pense à tous ces gens qui ne s'en sortent pas, qui se lèvent tôt le matin
26:32et à qui l'État, pour financer un modèle social, prélève la moitié de ce qu'il gagne.
26:38Ça, c'est plus supportable.
26:40Là, on est dans la vie réelle, ce matin.
26:42Il y a un certain nombre de constats que vous faites avec lesquels je suis absolument d'accord.
26:47Lorsque vous parlez...
26:48Non, mais lorsque vous parlez de la taxation des dividendes
26:51et qu'il est absolument anormal que le travail soit davantage taxé,
26:56moi, je suis évidemment d'accord.
26:58Vous savez ce que nous défendons, nous, en termes de taxation et de fiscalité.
27:03Notamment, on pense qu'elle pèse...
27:05Là, aujourd'hui, par exemple, si on prend les mesures de restriction,
27:08d'austérité budgétaire du budget initialement proposé par François Bayrou,
27:14on avait quand même toutes ces restrictions qui pesaient sur 90% de la population
27:19qui représentaient les classes populaires et moyennes.
27:23Et 9% sur, à peu près, sur le reste, sur les très revenus.
27:28Donc il y a quand même aussi ces injustices fiscales
27:32qui pèsent aussi sur le fait que, à un moment donné,
27:35les travailleurs soient pauvres.
27:37En revanche, là où j'ai quand même une forte divergence,
27:41c'est sur la question des cotisations.
27:44Évidemment, les cotisations, écoutez, sans ça, c'est pas possible.
27:50Enfin, je suis désolée.
27:50Et la réalité, c'est que le manque à gagner de l'État, c'est un manque à gagner.
27:56En fait, le problème, ce sont les recettes.
27:58Ce sont les recettes.
27:59Et le financement de nos politiques sociales
28:01peuvent être totalement réalisées si on change de modèle.
28:05En 2025, lors du budget, on a bien réussi à démontrer
28:12qu'il était possible d'avoir 75 milliards de recettes
28:16en étant même, alors ça, ça pourrait faire peut-être plaisir
28:19à celles et ceux qui considèrent que la gauche est irresponsable
28:21du point de vue budgétaire, en dessous du déficit.
28:24Donc aujourd'hui, le problème, en réalité, c'est un problème de recettes.
28:28Et nous avons totalement la possibilité de financer nos dépenses sociales.
28:32Et puis, à un moment donné, quand le budget des familles est au plus bas,
28:37quand on a des étudiants qui ne peuvent pas être formés,
28:40quand on a des travailleurs qui ne peuvent pas être soignés correctement,
28:43c'est préjudiciable aussi pour les entreprises,
28:46pour les carnets de commandes, pour le recrutement des entreprises.
28:50Donc tout ça est un tout très cohérent.
28:52L'impact des politiques austéritaires, c'est aussi un impact
28:55sur les petites et moyennes entreprises.
28:56Denis Maillard, ce mouvement bloquant tout, c'était juste une journée
29:00où ça va continuer, vous pensez ?
29:01Quelle peut être la suite ?
29:03Je n'ai pas de boule de cristal pour vous le dire,
29:05donc il faudra qu'on voit.
29:07Moi, spontanément, on peut émettre des hypothèses.
29:11J'entendais tout à l'heure dire que c'est le début, ça va continuer.
29:14J'ai quelques doutes.
29:15J'ai quelques doutes, vu ce qui s'est passé aujourd'hui,
29:18que les gens qui étaient mobilisés aujourd'hui,
29:19qu'ils veuillent continuer à se mobiliser, ça, je n'en doute pas.
29:22Mais j'ai quelques doutes sur le fait qu'ils le fassent.
29:24Qu'ils le fassent dans la durée, demain, plusieurs...
29:27Après, il faudra voir, les organisations syndicales
29:30ont appelé à une journée de mobilisation la semaine prochaine, le 18.
29:35Il faudra voir si effectivement...
29:36Mais je crains que les formes de mobilisation un peu spontanées
29:41qu'il y avait aujourd'hui partout en France
29:44ne correspondent pas exactement aux formes d'action des syndicats.
29:50Est-ce que les deux vont se réunir ?
29:51Je ne sais pas.
29:52Vous en doutez, Nadège, à bon moment donné ?
29:54Mais au moins...
29:54Je pense que là, Denis Maillard se situe peut-être du point de vue des centrales,
29:59mais en réalité, dans les cortèges aujourd'hui,
30:02il y avait quand même pas mal de syndicalistes,
30:04d'union départementale qui participaient à ces mouvements.
30:08Et puis, sans forcément porter les couleurs de leurs syndicats,
30:12un certain nombre de personnes mobilisées sont dans ce type d'action.
30:15Et justement, le 18, c'est la continuation.
30:18À ce moment-là, le 18 peut-être, peut-être la continuation.
30:22On verra, on verra le 18.
30:24Mais par contre, je retiens quelque chose sur, notamment,
30:26l'exemple de Briou, de 150 personnes.
30:28Je crois qu'on a un moment de politisation rampante.
30:32Elle ne prend pas la forme d'adhésion à des partis politiques,
30:36de choses comme ça, mais il y a une politisation de la société.
30:38Comment elle va déboucher ?
30:40Ça, c'est un peu tôt pour le savoir.
30:42Généralement, en France, la politique vient régler les problèmes
30:46et ça règle par des élections.
30:48À quel moment cela va-t-il avoir lieu ?
30:50Je crois que c'est quand même le débouché naturel
30:52de toute cette fermentation.
30:54On va aller prendre le pouls du terrain
30:56avec Marco Pommier, qui se trouve ce soir aux abords
30:59d'un bal populaire organisé par ce mouvement Bloquantou.
31:03On est place des fêtes dans le 19e arrondissement de Paris.
31:07Marco, stop où encore ce soir ?
31:09Eh bien, écoutez, ce n'est pas vraiment un bal populaire
31:13qui s'organise ce soir, place des fêtes,
31:15dans le 19e arrondissement de Paris,
31:17mais on est au beau milieu du nager, en fait.
31:19Adeline, vous voyez, il y a encore plusieurs milliers de personnes,
31:23malgré la pluie battante qui s'abat sur Paris,
31:27des manifestants qui veulent que les blocages
31:30prennent de l'ampleur dans les prochains jours.
31:32Il faut dire que la nomination de Sébastien Lecornu à Matignon
31:36n'a rien arrangé.
31:37elle a été vécue comme une provocation
31:40par de nombreux Français que nous avons rencontrés aujourd'hui
31:43avec Juliette Prunier.
31:45Je vous propose de les écouter.
31:49On les écoute.
31:53Alors, on ne les écoute pas, semble-t-il.
31:55En tout cas, on a bien compris, Marco Pommier,
31:56que les manifestants derrière vous
31:58avaient l'intention de continuer à manifester.
32:00Tiens, ça y est, on les écoute.
32:05On les écoute.
32:07On ne les écoute pas.
32:08Marco Pommier, merci.
32:10Sous la pluie, ce soir, place des fêtes,
32:12dans le 19e arrondissement de Paris,
32:14vous nous disiez, donc, pas de balle populaire,
32:16une volonté de poursuivre le mouvement
32:19au-delà de cette journée du 10.
32:22Rendez-vous est pris pour le 18 septembre,
32:24semble-t-il, avec les syndicats qui reprennent la main,
32:27quand même, aussi, Denis Maillard ?
32:29Oui, enfin, est-ce qu'ils allaient rejoindre
32:33la journée du 10,
32:34mis à part la CGT, pour une part, et Sud,
32:37le reste de l'intersyndicale,
32:39et le reste de l'intersyndicale
32:41a donné rendez-vous le 18.
32:42Est-ce que ça peut être un débouché ?
32:44On le verra.
32:46Eh bien, merci à tous les trois
32:47d'avoir été avec nous ce soir
32:50dans cette première partie
32:51de Chaque Voix Compte,
32:53pour évoquer ce mouvement
32:55Bloquons Tout, dont on ne sait
32:56s'il va se poursuivre.
32:58En tout cas, on voit ce soir
32:59que les manifestants semblent prendre date
33:01pour le 18 septembre.
33:03Dans un instant, on va poser la question
33:04qui fâche après l'arrivée
33:06de Sébastien Lecornu à Matignon.
33:08Peut-il gagner la bataille du budget ?
33:11Cette question, on va la poser
33:13à nos trois députés du soir
33:15qui vont arriver sur ce plateau.
33:17Philippe Juvin, Charles Zidsten-Schul
33:20et Aïda Adizadeh,
33:22qui s'installent sur le plateau
33:23de Chaque Voix Compte,
33:25pour la question qui fâche dans un instant,
33:27avant de les entendre,
33:28c'est « Quelle histoire ? »
33:29et c'est Laurent Guimier.
33:39Voilà, on dit bonsoir à nos trois députés.
33:41Vous vous installez, bonsoir
33:42et merci d'être là.
33:42« Quelle histoire ? » chaque soir.
33:44Laurent Guimier, vous décortiquez pour nous
33:46l'image du jour.
33:48« Quelle histoire ? »
33:48On veut nous raconter ce soir
33:49une image de Sébastien Lecornu.
33:51Oui, qui s'entretient
33:52avec le président de la République.
33:54Alors je précise,
33:54ce n'est pas une image captée aujourd'hui.
33:56C'est une image qui a été prise
33:57d'une photo le 15 août 2024
33:59à l'occasion des célébrations officielles
34:01des 80 ans du débarquement de Provence
34:02dans le sud de la France.
34:04Donc, vous voyez,
34:05le président parle,
34:06le ministre écoute
34:07et cette composition des deux hommes
34:09qui se parlent en toute confidentialité,
34:11on l'a beaucoup vu aujourd'hui
34:12dans la presse,
34:13dans les journaux,
34:13mais aussi sur les réseaux sociaux
34:14et Internet.
34:17Regardez,
34:18il y a d'autres images
34:19que vous allez voir.
34:21Regardez cet exemple
34:22encore plus parlant,
34:23si je puis dire.
34:24Hanoï,
34:25Vietnam,
34:26c'était le 26 mai dernier.
34:27Alors là,
34:27on inverse les rôles.
34:29Conciliabule,
34:30discret, secret
34:30entre président et ministre.
34:32Et vous remarquez que
34:32Sébastien Lecornu
34:34masque ses lèvres
34:35pour éviter
34:36qu'on ne lise sur celle-ci.
34:38Oui, parce que forcément,
34:38ce sont des conversations
34:39classées secret défense, Laurent.
34:41Oui,
34:41et c'est crucial
34:42et ça a été majeur
34:43dans la construction
34:44de l'image actuelle
34:46du nouveau Premier ministre.
34:48La majeure partie
34:48de l'empreinte médiatique
34:49de ce Premier ministre,
34:51nouvellement nommé,
34:53c'est évidemment
34:53ministre de la Défense
34:54pour le grand public.
34:55Une preuve en passant,
34:57une grande partie
34:57de la presse régionale
34:58ce matin
34:58file la métaphore militaire,
35:01le galon,
35:02le soldat,
35:03le pactage.
35:05Le barda est prêt.
35:07Là,
35:07de ce côté-là,
35:08tout va bien.
35:08Mais ça a eu
35:09une conséquence majeure
35:10jusqu'à présent
35:11et qui est en rupture
35:11avec tous les précédents
35:13prédécesseurs récents
35:15de Sébastien Lecornu,
35:17qui était plus connu
35:17et parfois plus prolixe.
35:19Pour le très grand public,
35:20Lecornu,
35:21c'est un homme silencieux
35:22et l'homme d'un dossier
35:23et très rarement une voix
35:25parce qu'un ministre
35:25de la Défense,
35:26il sort très très peu
35:27de ses dossiers,
35:29surtout depuis que la France
35:29est engagée
35:30dans le conflit ukrainien
35:32où évidemment,
35:32il a été très très mobilisé
35:33sur cette question.
35:34Mais Laurent,
35:34vous voulez dire
35:35que le nouveau premier ministre
35:36va devoir rattraper
35:37ce qui peut s'apparenter
35:39à un retard ?
35:40Il va devoir multiplier
35:41très vite
35:42les interventions
35:42dans les médias ?
35:44Alors,
35:44je n'en sais rien.
35:45Je ne suis pas son conseiller.
35:46Je ne connais pas encore
35:48et ils n'ont pas encore
35:48fixé le cap.
35:49Mais ça n'est pas certain
35:50parce que ce silence,
35:53cette façon
35:55de ne pas beaucoup parler,
35:57ça colle avec
35:58les éléments de langage
35:59et le grand élément
36:00de langage
36:00qui, ce matin,
36:01sur les radios,
36:02les télévisions,
36:02a commencé à être distillé
36:04par les représentants
36:06du socle commun,
36:08c'est être à l'écoute.
36:09Être à l'écoute
36:10des territoires,
36:11être à l'écoute
36:11des Français,
36:12être à l'écoute
36:12de ceux qui souffrent,
36:13être à l'écoute
36:14des forces politiques.
36:16Ça veut dire
36:16quand on est à l'écoute
36:17qu'on est, par définition,
36:18économe de ces mots.
36:20On écoute davantage
36:21qu'on ne parle.
36:23Et comme pour renforcer
36:23cette impression,
36:24on en parlait tout à l'heure,
36:26on a tous été très marqués
36:27par la brièveté
36:28de la passation de pouvoir
36:29tout à l'heure
36:30à Matignon
36:31entre François Bayrou
36:32et son successeur.
36:33C'est vrai que pour tout dire,
36:34on s'attendait
36:34à y passer la pause déjeuner
36:35et puis ça n'a pas été le cas.
36:37Ça n'a pas été le cas
36:38et regardez,
36:39pour en avoir la preuve
36:40et objectiver un petit peu
36:41cette question,
36:42j'ai revisionné
36:43les six précédentes
36:44passations de pouvoir
36:45et donc toutes celles
36:47qui ont eu lieu
36:47sous la présidence
36:48d'Emmanuel Macron.
36:49Et vous le voyez,
36:50c'est le record de rapidité
36:51des deux quinquennats.
36:52Jusqu'à présent,
36:53la passation de pouvoir
36:54la plus brève,
36:54c'était Cazeneuve-Philippe
36:56en mai 2017,
36:5714 minutes,
36:59ce matin,
37:007 minutes,
37:01record battu.
37:02J'ai décortiqué
37:03chaque passation aussi.
37:04Michel Barnier,
37:05qui a été le plus long
37:05dans son discours,
37:06avait prononcé
37:071511 mots
37:08dans son discours.
37:10Sébastien Lecornu,
37:11seulement 395.
37:13Alors,
37:13je ne sais pas
37:14ce que sera le budget.
37:15Fanny est beaucoup plus
37:17experte que moi
37:18sur la question,
37:18mais notre nouveau
37:19Premier ministre
37:20a choisi pour l'instant
37:21d'être économe,
37:22économe de ces mots.
37:23Et on verra pour la suite.
37:24Il faut qu'il soit économe
37:26aussi en matière budgétaire.
37:28Merci, Laurent.
37:29Voilà qui nous amène
37:30à la question
37:30qui fâche ce soir
37:32avec ce mouvement
37:33bloquons-tout.
37:34Et puis,
37:34il y a en quelque sorte
37:35ce débloquons-tout
37:36que semble vouloir
37:37initier Sébastien Lecornu,
37:39si l'on en croit
37:40les premiers mots
37:40de sa passation de pouvoir.
37:42Le nouveau Premier ministre
37:43s'est donc brièvement
37:44exprimé à Matignon
37:44pour promettre
37:45des ruptures
37:47sur le fond
37:47et pas que sur la forme.
37:49On va y arriver,
37:50a-t-il dit.
37:51Et c'est peu dire ce soir
37:52que ce n'est pas gagné.
37:53La question qui fâche
37:54est préparée ce soir
37:55par Baptiste Garry-Chartier.
38:01Un nouveau visage à Matignon
38:03met toujours
38:04cette même interrogation.
38:05Existe-t-il une voie de passage
38:07pour gouverner
38:07et doter la France
38:09d'un budget
38:09à la mi-journée
38:10qu'a fixé par l'intéressé ?
38:13Il va falloir des ruptures
38:14et pas que sur la forme
38:16et pas que dans la méthode,
38:19des ruptures aussi
38:19sur le fond.
38:22Ce macroniste
38:22de la première heure
38:23connaît bien
38:24les rouages du pouvoir.
38:25Ministre dans
38:26les six gouvernements précédents,
38:28oui, on a bien conscience,
38:29sans majorité à l'Assemblée,
38:30les marges de manœuvre
38:31sont faibles.
38:32Alors,
38:32avec qui dialoguer
38:33et gouverner ?
38:35Nouer un pacte
38:36des Républicains
38:36au PS ?
38:37Ce matin,
38:38Olivier Fauret
38:38dicte ses lignes rouges.
38:40Bien, j'ai eu le demande
38:40de renoncer au 49-3,
38:41évidemment,
38:42parce que ce serait là
38:42une démonstration
38:44que la méthode change.
38:46Je ne veux pas donner
38:47un chèque en blanc
38:47à un gouvernement
38:48dont je ne sais rien.
38:49Sans les voix
38:50des socialistes,
38:51équation plus complexe
38:52pour dégager une majorité.
38:54Dans les rangs
38:54du Rassemblement National,
38:56les élus précisent
38:57leur position.
38:59On va écouter
39:00ce que Sébastien Lecornu
39:01a à proposer,
39:02sans beaucoup d'illusions
39:03toutefois.
39:04Je crains
39:04qu'Emmanuel Macron
39:05ait encore une fois
39:06fait le choix
39:07de l'instabilité.
39:10Sébastien Lecornu
39:11marche sur un fil
39:12et s'il lui veut
39:13un changement de méthode,
39:14la question qui fâche
39:15ce soir la voici.
39:17Peut-il vraiment
39:17gagner la bataille budgétaire
39:19à l'automne prochain ?
39:22Et cette question qui fâche,
39:23nous la posons donc
39:24ce soir à nos trois députés.
39:26Bonsoir Aïda Adizadeh,
39:27merci d'être là,
39:28député socialiste
39:29du Val d'Oise.
39:30À vos côtés,
39:31Charles Zitzenstuhl,
39:32vous êtes député ensemble
39:33pour la République du Barin
39:34et Philippe Juvin,
39:36député droite républicaine
39:37des Hauts-de-Seine.
39:37Bonsoir à tous les trois.
39:39On va y arriver,
39:41disait à midi
39:42Sébastien Lecornu.
39:43On va y arriver ?
39:45Ça sera difficile,
39:46mais on peut y arriver
39:48et je pense que
39:49le Premier ministre
39:50est optimiste.
39:52Il est conscient
39:52de la difficulté
39:54de la situation
39:55qui n'est honnêtement
39:56jamais vue
39:57sous la Ve République.
39:58Je pense d'où aussi
39:59l'intervention extrêmement courte
40:01parce qu'il y a
40:01un seul sujet
40:02qui va nous intéresser
40:03pendant trois mois,
40:03c'est le budget.
40:04C'est le seul sujet politique
40:05du pays
40:06pour les trois prochains mois.
40:07Le budget,
40:08passer un budget,
40:09avoir un budget.
40:10Tout ça nécessitera
40:11des ruptures sur le fond,
40:12comme il l'a dit,
40:14et pour que ces ruptures
40:15sur le fond puissent advenir,
40:17il faudra passer,
40:19non pas simplement écouter,
40:20mais passer des accords
40:22et faire des compromis
40:24et faire des compromis
40:24avec des gens
40:25qui sont aussi
40:26nos opposants.
40:27Avec qui alors ?
40:28En particulier,
40:30la gauche de gouvernement.
40:32Les socialistes,
40:32je pense,
40:33pourraient être très clairs.
40:35Il est évident
40:36que de façon mathématique,
40:38pour que la France
40:38puisse avoir un budget
40:39en 2026,
40:40il faudra travailler
40:41avec la gauche de gouvernement.
40:43Maïda,
40:43vous la prenez,
40:44cette main tendue ?
40:45On verra concrètement
40:47ce qu'il y aura
40:47dans la main tendue.
40:49Nous,
40:49nous avons toujours été
40:50dans la même disposition d'esprit
40:52depuis le début
40:54et puis,
40:54si on remonte à plus loin,
40:55depuis très longtemps.
40:56Nous sommes pour le dialogue,
40:58la construction d'accords,
40:59nous sommes pour la recherche
41:00de la justice
41:01dans la stabilité.
41:03Mais la justice d'abord.
41:04La stabilité ne peut pas venir
41:05couronner le tout
41:06s'il y a de l'injustice.
41:08Et donc,
41:08si dans la main tendue,
41:09il y a la promesse
41:10de plus de justice
41:11pour les Français,
41:12eh bien,
41:12nous saisirons cette main
41:13parce que les Français l'attendent.
41:15On voit la colère qui monte
41:16et il faut être au rendez-vous.
41:18Mais le Parti Socialiste
41:19a fait savoir dès hier
41:20qu'il ne participerait pas
41:21au gouvernement.
41:22Pour autant,
41:23on voit que vous ne fermez pas la porte,
41:24vous allez aller au rendez-vous
41:26avec Sébastien Lecornu
41:27qui a entamé ses consultations aujourd'hui ?
41:28Comme toujours.
41:29Nous avons toujours été
41:30à la disposition
41:30des différents premiers ministres,
41:32à la disposition,
41:33c'est-à-dire prêts
41:33à aller autour de la table.
41:36Nous avons été un peu surpris
41:37que M. Bayrou reste silencieux cet été.
41:39Nous, nous avons travaillé.
41:41Nous venons avec des bases
41:41de propositions solides.
41:43Nous pensons que la charge
41:45de la dette
41:45ne doit pas reposer
41:46sur ceux qui souffrent déjà.
41:48J'ai écouté votre émission
41:49dans les coulisses
41:5040% des Français
41:52qui n'arrivent pas
41:52à boucler leur fin de mois.
41:53Elle est là, la colère.
41:54Elle est là, l'écoute.
41:55Et donc, après l'écoute,
41:56il doit y avoir de l'action
41:57dans ce sens-là.
41:58Et nous sommes prêts
41:59à y travailler,
42:01mais avec prudence
42:02et avec une grande vigilance.
42:03Alors, on va revenir
42:04dans un instant sur le fond,
42:06parce que là,
42:06on attaque vraiment le fond,
42:08c'est-à-dire le sujet du budget.
42:09Mais sur la forme,
42:10une rupture sur la forme,
42:11Philippe Juvin.
42:12Sébastien Lecornu
42:13a d'abord choisi
42:13de recevoir le socle commun,
42:16même si on ne sait plus
42:16si c'est un socle
42:17et s'il est encore commun,
42:18mais il a d'abord choisi
42:19de recevoir
42:19les parties du socle commun,
42:22dont LR.
42:24Pour se dire quoi ?
42:25Qu'est-ce qui s'est dit
42:26dans ces consultations
42:27qui ont eu lieu
42:28cet après-midi ?
42:28Il y avait notamment
42:29dans le bureau
42:30Laurent Wauquiez,
42:32Bruno Retailleau ?
42:33Écoutez, de toute façon,
42:34la situation,
42:35vous la connaissez,
42:35elle n'est pas grave,
42:36elle est très grave.
42:37Donc, il y a ensuite
42:38deux possibilités.
42:40Soit nous vivons tous
42:41dans la nostalgie
42:43que nous avons pu connaître
42:45chacun à notre tour
42:46dans la vie politique
42:46une majorité,
42:48et on fait comme si
42:48rien ne s'était passé,
42:49soit on prend la réalité
42:50telle qu'elle est,
42:51c'est que personne
42:52n'a une majorité.
42:54Et quand personne
42:54n'a une majorité,
42:55qu'est-ce qu'on fait ?
42:56On se met autour de la table,
42:57malgré nos différences,
42:59et on se dit deux choses,
43:00qu'est-ce qu'on peut
43:01faire ensemble,
43:01mais aussi,
43:02et c'est aussi important,
43:03quelles sont nos lignes rouges
43:05les uns et les autres,
43:06en veillant à ne pas
43:07trop les multiplier,
43:07sinon on bloque le système,
43:09et les gens qui acceptent
43:10de travailler ensemble
43:11dans un gouvernement
43:11de coalition,
43:12puisque c'est comme ça,
43:13malgré leurs différences,
43:14évidemment prennent
43:15l'engagement de ne pas
43:16tous les matins
43:16franchir la ligne rouge
43:17du petit camarade,
43:18parce que ça ne peut pas
43:18marcher.
43:19Moi, il se trouve
43:20que j'ai eu l'honneur
43:21d'être député européen
43:22avant d'être député
43:23à l'Assemblée nationale.
43:25La situation que nous vivons
43:26en France,
43:26elle est d'une grande banalité
43:28chez la plupart
43:29de nos voisins.
43:29Comment font-ils ?
43:30Ils se mettent autour de la table,
43:31ce sont des gens sérieux,
43:32et ils ne s'envoient pas
43:33des invectives à la tête.
43:34De toute façon,
43:34les Français,
43:35qu'est-ce qu'ils veulent ?
43:36Ils veulent de la stabilité.
43:38Qu'est-ce qu'il faut
43:39pour de la stabilité ?
43:40Il y a une première condition,
43:41il faut un budget.
43:42Ce budget,
43:42il ne se fera pas tout seul,
43:44il se fera si des gens
43:45qui ne pensent pas
43:45la même chose,
43:46nous tous,
43:47nous avons des visions
43:47différentes des choses,
43:49arrivent à se mettre
43:50d'accord sur un programme
43:51minimum.
43:52C'est ça qu'il faut,
43:53il faut se mettre d'accord
43:54sur un programme minimum.
43:55Alors, par exemple,
43:56les LR,
43:56c'est quoi vos lignes rouges ?
43:57C'est quoi les lignes rouges
43:58que vous dites ce soir
43:59à Sébastien Le Corbus ?
43:59Encore une fois,
43:59si je commence par les lignes rouges,
44:01je bloque aussi le système.
44:02Nous, ce que nous pensons,
44:04c'est que,
44:04parlons du budget bien entendu,
44:06la question du budget,
44:07c'est qu'en France,
44:08on dépense probablement trop,
44:10mais surtout mal,
44:12il faut qu'on mette fin
44:12à une certaine gabegie.
44:14Ça, c'est un constat
44:14qu'on fait depuis...
44:15D'accord,
44:15mais mettons-nous d'accord
44:17sur les pistes
44:18pour régler
44:19ou commencer à régler
44:20la gabegie.
44:21Deuxième élément,
44:22parce que vous avez raison
44:22de dire,
44:23ah, mais on le dit
44:23depuis des années,
44:24c'est vrai,
44:25c'est un peu vrai pour tout,
44:26soyons humbles,
44:27on ne va pas régler
44:28tous les problèmes
44:29entre maintenant
44:30et l'élection présidentielle.
44:32Les grands bouleversements
44:33de société,
44:34c'est l'élection présidentielle
44:35qui les dictera.
44:36Il faut qu'on se mette
44:37autour de la table
44:37et qu'on fasse
44:38de petites choses,
44:39mais faire de petites choses,
44:39c'est déjà faire des choses.
44:41Et puis,
44:42dépenser moins,
44:43dépenser mieux,
44:44et puis probablement
44:45qu'un certain nombre
44:46de gens qui ne travaillent pas
44:47aujourd'hui,
44:48en France,
44:49il y a des gens
44:49qui ne travaillent pas du tout,
44:50eh bien,
44:50on puisse les aider
44:51à retravailler.
44:52Et enfin,
44:52simplifier,
44:53moi, je crois que la question
44:53de la décentralisation,
44:55c'est-à-dire en fait
44:56que l'argent public
44:57est probablement mieux dépensé
44:58quand il est dépensé
44:59à l'échelon décentralisé
45:00est une réalité
45:01qu'il faut avoir en tête.
45:02Fanny Guinochet.
45:03Avant d'avoir
45:03les mesures budgétaires,
45:04il va y avoir
45:05une première discussion,
45:06me semble-t-il,
45:07on voit celle d'extérieur,
45:08mais sur le niveau
45:09de l'effort
45:10à demander,
45:11parce qu'on voit bien
45:12qu'on a tous eu...
45:13On est à 44 milliards,
45:14on est au-dessus
45:14ou on est en dessous ?
45:15De l'autre côté,
45:16du côté des socialistes,
45:17si je me réfère
45:18à votre contrebuté,
45:19c'est moitié moins.
45:20Donc déjà,
45:21entre les deux,
45:23où est-ce que...
45:23On précise que l'Europe
45:25valide notre trajectoire,
45:27et d'ailleurs,
45:27en disant que sur 5 ans,
45:28vous engagez à 20 milliards
45:29de réduction de la dépense,
45:30Oui, parce qu'il faut
45:31que ce soit validé,
45:32effectivement,
45:33par le pacte de stabilité
45:34en Europe.
45:36Mais c'est vrai que déjà,
45:37la première discussion,
45:38ça va être
45:38quel gâteau,
45:40quel va être l'effort
45:41qu'on va demander
45:42aux Français,
45:43et ensuite,
45:43ce sera...
45:43Oui, et ensuite,
45:45ce sera comment on y arrive,
45:46c'est-à-dire quelles recettes,
45:48où est-ce qu'on taxe,
45:49où est-ce qu'on augmente
45:50les recettes,
45:51et dans quelles dépenses
45:52on coupe.
45:53Mais déjà,
45:54rien que les grandes masses
45:55budgétaires,
45:55il va falloir que...
45:56Ce qui ne va pas être
45:57une mince affaire,
45:58que tous les protagonistes
45:59autour de la table
46:00se mettent d'accord.
46:01Il y a des lignes rouges
46:02au Parti socialiste,
46:03vous allez tout de suite
46:04les édicter à Sébastien Lecornu ?
46:06Bien nous, je pense qu'il les connaît,
46:07puisqu'on y a travaillé,
46:09notre plan est sur la table.
46:11Ce contre quoi on luttera,
46:13c'est le fait que
46:15cette réduction,
46:16cet effort
46:17qu'on doit tous faire
46:18repose toujours sur les mêmes.
46:20Les classes populaires
46:20et les classes moyennes.
46:21Ça, c'est hors de question.
46:22L'année blanche,
46:23c'est fini,
46:24on ne veut plus jamais
46:24en entendre parler.
46:25Ça, c'était une véritable honte,
46:27c'est pas un scandale.
46:28On l'entend,
46:28si on veut calmer la colère
46:29qu'il y a dans la rue,
46:30il faut aussi faire des efforts
46:32dans ce sens-là.
46:33Ensuite,
46:34il y a des vieilles lunes
46:35à droite
46:35et puis à l'extrême droite
46:36sur l'aide médicale d'État,
46:38parce qu'on stigmatise
46:39une population.
46:40Un milliard d'euros,
46:40c'est pas ça.
46:41Et puis,
46:42non seulement c'est un milliard d'euros,
46:44mais ça serait bien
46:44qu'on le dise une bonne fois pour toutes,
46:46c'est un milliard d'euros
46:47qui protègent les Français nationaux.
46:49Parce que,
46:50et c'est à l'homme de santé
46:51que je m'adresse aussi,
46:52si on laisse une population
46:53dans notre pays,
46:54sur notre sol,
46:54tomber malade sans la soigner,
46:56c'est toute la population
46:56qu'on menace.
46:57Donc ça, terminé.
46:59Et puis,
46:59on verra dans la discussion,
47:01nous,
47:01on veut aussi des efforts
47:02faits dans le sens
47:03d'un renforcement
47:05de nos services publics.
47:06Il y a des gabegis d'argent,
47:07mais il y a des rapports.
47:09Les 211 milliards d'euros
47:11d'aides de l'État
47:12mis en lumière
47:13dans un rapport
47:14de notre collègue parlementaire sénateur,
47:17là, oui,
47:18il y a des gabegis d'argent.
47:19Nous,
47:19on avait soulevé
47:19un autre lièvre.
47:20D'aide aux entreprises.
47:21D'aide aux entreprises,
47:22tout à fait.
47:22200 milliards de gabegis,
47:23non pas.
47:24Oui,
47:24vous avez raison.
47:25Mais ça pourrait tout à fait
47:26mieux contrôler.
47:26Il y a des subventions,
47:27des soutiens,
47:28des aides.
47:28Mais regardons là-dedans.
47:30Regardons aussi
47:30les aides aux universités,
47:33j'allais dire aux entreprises,
47:34que certaines d'entre elles,
47:36pardon,
47:36pas aux universités,
47:36mais aux établissements
47:37d'enseignement supérieur,
47:38certaines d'entre elles
47:39se comportent comme des entreprises
47:41avec les dents longues
47:42et on sait qu'on les subventionne
47:43beaucoup trop
47:44avec de l'argent public.
47:45Nous,
47:45on n'est pas pour dire
47:47que tout l'argent public
47:47est bien dépensé.
47:49Évidemment qu'il y a
47:49des choses à regarder
47:51de ce côté-là,
47:51mais vraiment,
47:52il est hors de question
47:53qu'on fasse la poche
47:54des plus modestes
47:55dans ce moment-là.
47:58Charles Hidtsenstuhl,
47:59je lisais ce matin
47:59l'opinion dans laquelle
48:00vous disiez
48:00qu'il est désormais acté,
48:02que l'on n'échappera pas
48:03à de nouveaux impôts
48:04sur les très hauts revenus.
48:06Vous,
48:06vous êtes déjà
48:07dans une rupture
48:07par rapport à ce que
48:08vous pensiez auparavant
48:09où on disait
48:10non,
48:10pas de hausse d'impôts,
48:11vous tempérez aujourd'hui.
48:12Mais de fait,
48:13on y est depuis un an
48:14parce que dans le budget
48:16Barnier-Bérou,
48:18il y avait déjà
48:19des hausses d'impôts
48:20sur les très hauts revenus,
48:22il faut le redire
48:22parce que beaucoup
48:23nous...
48:23À l'époque,
48:23vous aviez dénoncé
48:24la polyfiscale.
48:25Bien sûr,
48:26on avait été
48:26un certain nombre
48:27à le combattre.
48:31D'ailleurs,
48:31moi,
48:32c'était plutôt
48:32sur la surtaxe,
48:33l'impôt sur les sociétés
48:36qui, moi,
48:36avait vraiment été
48:37mon cheval de bataille
48:38l'année dernière.
48:39Mais après,
48:40en un an,
48:41il s'est passé
48:42beaucoup de choses
48:42et nous sommes aussi
48:44des députés,
48:45nous sommes au contact
48:46de nos électeurs,
48:48de nos concitoyens
48:49et nous entendons aussi
48:50ce qui nous remonte
48:51du terrain.
48:52Et moi,
48:53le sentiment majoritaire
48:55que je ressens
48:55chez moi en Alsace,
48:56c'est l'Alsace,
48:58c'est que la volonté,
49:01c'est la stabilité
49:02et donc,
49:04pour qu'il y ait
49:04une stabilité
49:05pendant un an
49:06et dans un an,
49:07la campagne présidentielle
49:07commencera.
49:08Il faut que le budget passe.
49:10C'est ça,
49:11le seul objectif.
49:12Et pour qu'il y ait
49:12un budget,
49:13il va falloir,
49:14oui,
49:14faire des pas
49:15les uns vers les autres.
49:16Et donc,
49:16pour être concret
49:17sur le sujet
49:17de la fiscalité,
49:19je pense qu'aujourd'hui,
49:21beaucoup plus
49:21que l'année dernière,
49:23nous sommes un certain nombre
49:24à être prêts
49:24à discuter
49:25de ces sujets-là.
49:27On parle beaucoup
49:27de la taxe Zuckman,
49:29je termine par là.
49:31Sur le sujet
49:32de la taxe Zuckman,
49:32je pense qu'il faut
49:33ouvrir une discussion,
49:35mais il faut que la discussion
49:35ait aussi lieu
49:36de l'autre côté,
49:39notamment du côté
49:39de la gauche,
49:40parce que moi,
49:40j'ai lu de façon
49:41très attentive,
49:42j'ai lu de façon
49:43très attentive
49:44une tribune parue
49:46hier dans Le Monde,
49:46signée par de brillants
49:48économistes,
49:49qui nous explique
49:50qu'à date,
49:50le dispositif
49:51ne fonctionne pas.
49:53Et que notamment,
49:56les rendements
49:56qui sont escomptés
49:57et qui sont annoncés
49:58par un certain nombre
49:59de collègues de gauche
50:00devraient être ramenés
50:02de façon beaucoup
50:03plus prudente,
50:03notamment autour
50:04de 5 milliards d'euros.
50:06Donc on peut discuter
50:06de ce sujet,
50:07mais il va falloir
50:08qu'on rentre dans la technique,
50:09qu'on soit précis
50:10et que chacun aille
50:13l'un vers l'autre
50:13pour qu'on ait un budget
50:14qui ne sera pas parfait,
50:16mais qui sera un budget
50:16parce que la France
50:17a besoin d'un budget.
50:18La tribune en question
50:19dit que ça ne sera pas
50:2020 milliards,
50:21ça sera 5 milliards.
50:22Écoutez, déjà...
50:23C'est déjà beaucoup.
50:24C'est beaucoup d'argent.
50:25Et je pense que
50:26les électeurs
50:26de votre circonscription,
50:27tout comme les électeurs
50:28de la mienne,
50:29seraient heureux de savoir
50:30que les ultra-riches,
50:31on parle de cette catégorie-là
50:33de la population,
50:34vont être taxés
50:34pour un total
50:35de 5 milliards d'euros.
50:36Je tiens quand même
50:37à rappeler que la suppression
50:38de l'ISF en 2017
50:39a privé les recettes
50:41de l'État
50:41de 4,5 milliards d'euros
50:43par an.
50:44C'est les chiffres de Bercy.
50:454,5 milliards fois 8,
50:47ça fait beaucoup d'argent
50:48qui manque dans les caisses.
50:49C'est cette injustice-là
50:50auquel il faut mettre un terme,
50:52l'instabilité,
50:52bien évidemment,
50:53mais l'ensemble des électeurs,
50:55ceux qui étaient
50:55dans la rue aujourd'hui,
50:56demandent plus de justice.
50:58Fanny,
50:58si on veut être précis,
51:00Emmanuel Macron a supprimé
51:01l'ISF,
51:02l'impôt sur la fortune,
51:03mais il a créé aussi
51:04l'IFI,
51:05l'impôt sur la fortune immobilière.
51:07C'est pas autant que l'ISF,
51:08c'est moitié moins,
51:09effectivement.
51:10Beaucoup moins.
51:10Après, la question
51:11qui va se poser,
51:13il y a la question
51:14des hauts revenus
51:15des ménages,
51:17mais ce que vous disiez
51:18sur la fiscalité
51:19des grandes entreprises,
51:20cette année,
51:20dans le budget qui est passé,
51:21il y a eu cette contribution
51:22exceptionnelle
51:23des grandes entreprises
51:24sur les grands groupes,
51:25c'était 8 milliards d'euros.
51:27Donc là, vous voyez,
51:28et on nous a présenté ça,
51:29François Bayrou disait
51:30que c'est une contribution
51:31exceptionnelle
51:32qui ne sera pas reconduite.
51:33Le sujet va certainement
51:34revenir sur ces grands groupes
51:38qui, par ailleurs,
51:38ont versé pas mal
51:39de dividendes.
51:40Donc, effectivement,
51:41et vous voyez,
51:41c'est pour vous donner
51:42juste le ratio
51:43des grands ans.
51:44Si vous me permettez,
51:45sur les ratios,
51:46parce qu'on peut aussi
51:47toujours avoir
51:48une grande imagination
51:49sur la création
51:50de taxes et impôts nouvelles.
51:51Sauf que nos marges
51:52de manœuvre réelles,
51:55elles sont plus
51:55sur les dépenses
51:56que sur les recettes.
51:58Nous avons un taux
51:59d'imposition en France
52:00qui est parmi les plus importants,
52:01le deuxième d'ailleurs,
52:02de l'Union européenne.
52:03Donc, ne croyez pas
52:06qu'il y a une cagnotte cachée
52:08qui va résoudre le problème.
52:09Ce n'est pas vrai.
52:10Ce n'est pas seulement
52:1027% d'impôt sur le revenu.
52:12Je termine, je termine.
52:13Deux fois moins que leur secrétaire.
52:14Quand on parle
52:15des ultra-riches
52:15de qui on parle,
52:16il y a une étude
52:16qui le montre très bien,
52:17c'est, tenez-vous bien,
52:180,0002%
52:22des contribuables,
52:25c'est-à-dire quand même
52:25on est sur une toute petite partie
52:27qui, effectivement,
52:28par des effets
52:29d'échappement fiscal,
52:31arrive à payer
52:31moins d'impôts
52:32que ce qu'ils devraient payer.
52:33Vous comprenez
52:34que même si c'est infime,
52:35c'est ce qui crée
52:36un sentiment d'injustice.
52:37Oui, mais je vais vous dire,
52:38il faut aussi un moment...
52:39C'est infime, mais les recettes
52:39ne le seraient pas.
52:40Non, non, les recettes
52:41seraient probablement infimes.
52:42Mais il faut sortir du symbole.
52:435 milliards d'euros.
52:44Parce que nous sommes
52:45en train de nous bercer.
52:46Oui, mais les symboles,
52:47c'est important
52:47dans le sentiment des Français.
52:48Bien sûr, bien sûr.
52:49Ce n'est pas des symboles,
52:50c'est des signales,
52:51M. Juzin.
52:52Des signales.
52:53Je me permets de terminer.
52:55Je pense qu'il ne faut pas
52:56se bercer d'illusions.
52:58Si on veut rétablir
53:00les finances publiques,
53:00et pourquoi il faut les rétablir,
53:02c'est parce qu'il y a un moment
53:02où on ne financera plus
53:03les services publics.
53:04Moi, je suis médecin hospitalier,
53:05je peux vous assurer
53:06qu'autant j'ai la chance
53:07d'être dans un hôpital
53:08qui est bien doté,
53:09autant j'ai des collègues
53:09qui travaillent dans des services
53:10publics qui se dégradent.
53:12Pourquoi ils se dégradent ?
53:13Parce que nous avons
53:14de moins en moins
53:14de marge de manœuvre.
53:15Donc il faut que nous arrivions
53:16à faire en sorte,
53:17encore une fois,
53:18je le répète,
53:18que la dépense baisse,
53:19mais surtout qu'elle soit efficace.
53:22Nous avons de l'argent public,
53:23c'est-à-dire de l'argent
53:24pris dans la poche
53:25des Français
53:25et des entreprises françaises,
53:27qui aujourd'hui
53:27n'est pas utilisé à plein.
53:29Enfin, pardon,
53:30mais il y a eu plus
53:30de 20 000 fonctionnaires
53:31l'année dernière.
53:32Vous avez l'impression
53:32que les services publics
53:33fonctionnent mieux.
53:34Quel fonctionnaire
53:34vous allez supprimer alors ?
53:36Donnez-nous la liste.
53:37À l'hôpital public...
53:39C'est toujours la même chose.
53:41Écoutez-moi,
53:41à l'hôpital public,
53:42quand vous regardez
53:43le nombre d'équivalents
53:44en plein sur toute la France,
53:46il y a autant
53:46d'équivalents en plein administratifs
53:48que d'équivalents
53:48en plein médecin.
53:50Je ne dis pas
53:50qu'il faut supprimer
53:51les ministres administratifs.
53:52Il faut un peu vider
53:52les bureaux des hôpitaux
53:53pour remettre
53:54les médecins aux urgences.
53:54Excusez-moi,
53:55il y a un élément
53:55qui devrait quand même
53:58nous intéresser.
53:59Nous avons, je crois,
54:02des marges de manœuvre.
54:03Heureusement, d'ailleurs,
54:04parce que sinon,
54:04je ne sais pas
54:05comment nous ferions.
54:06Enfin, sur le pouvoir
54:07d'achat des Français,
54:08c'est très important,
54:08le pouvoir d'achat des Français.
54:10Pourquoi le pouvoir
54:11d'achat des Français
54:11est-il désormais
54:13insatisfaisant, trop bas ?
54:15C'est parce que, en fait,
54:16c'est l'État
54:16et la Sécurité sociale
54:17qui leur prend le plus.
54:18C'est l'État
54:19qui prend le plus
54:20aux Français.
54:21La première dépense
54:22contrainte des Français,
54:23c'est le logement.
54:23Mais non,
54:24pardon, ce sont les impôts.
54:25Ce sont les impôts.
54:26Madame, désolée,
54:27ce sont les impôts,
54:28c'est plus de 50%.
54:28Si demain,
54:29nous augmentons le...
54:30Pardon,
54:30vous avez beaucoup parlé,
54:31M. Juvin,
54:31permettez-moi de compléter.
54:32Pardon,
54:32je termine.
54:34Vous avez aussi des Français
54:35qui ne payent pas d'impôts
54:35mais qui doivent payer leur loyer.
54:36Les Français payent
54:37en moyenne plus de 50%
54:38de ce qu'ils gagnent.
54:39Les Français payent des taxes.
54:40Il y a des dépenses contraintes
54:41dans le budget des Français,
54:43le logement.
54:44On n'en parle jamais
54:45mais par rapport
54:46à d'autres pays européens,
54:47je prends l'exemple
54:48de l'Allemagne
54:48ou de l'Autriche,
54:4940% du budget des Français
54:51part dans le logement
54:51avec parfois des phénomènes
54:53de bulles spéculatives
54:54qui encore,
54:56à Paris,
54:56c'est vraiment tout à fait le cas,
54:58on ne peut plus se loger
54:59à Paris
54:59si on n'a pas hérité,
55:00en tout cas,
55:01on ne peut plus acheter.
55:02Et ces phénomènes-là
55:04sont réels
55:04et pour l'instant,
55:06depuis 2024,
55:06depuis que je suis à l'Assemblée,
55:07on n'en parle trop peu.
55:09Nous, les socialistes,
55:09on a déposé une proposition de loi
55:10pour lutter contre le phénomène Airbnb,
55:12on va aller plus loin
55:13mais il faut être aussi
55:14au rendez-vous
55:14de ces phénomènes-là.
55:16Si demain,
55:16on augmente les salaires des Français
55:17mais qu'on n'a eu aucune action
55:18sur le logement,
55:19il n'y aura aucune amélioration
55:21de leur niveau de vie
55:22et ils verront toujours
55:23leur fin de mois
55:24se boucler difficilement.
55:25Je vous écoute tous les trois
55:26et je me dis
55:26qu'il y a peut-être
55:27un chemin possible, non ?
55:29Moi, je le souhaite
55:31parce que c'est l'intérêt du pays
55:33et c'est aussi l'intérêt du pays,
55:35on ne l'a pas encore dit ce soir,
55:37dans un contexte européen difficile.
55:40La guerre en Ukraine,
55:41nous n'en connaissons
55:41toujours pas l'issue.
55:43Depuis plusieurs semaines,
55:44nous avons la Russie
55:45qui fait des démonstrations
55:48d'intimidation très fortes.
55:49Il y a quelques heures encore
55:50en Pologne,
55:52dont nous sommes l'allié,
55:53à travers l'Union européenne
55:54et à travers l'Alliance atlantique.
55:57Il y a aussi cet élément,
55:59je pense,
55:59que l'ensemble des parlementaires
56:01doit avoir en tête.
56:02La France est la première puissance
56:04militaire continentale de l'Europe.
56:06Nous sommes le seul pays
56:07de l'Europe continentale
56:08à avoir la force
56:09de dissuasion nucléaire.
56:10Dans une situation compliquée,
56:11on a besoin d'un État
56:13qui fonctionne
56:14et donc d'un budget.
56:15Ça veut dire qu'il ne va pas falloir
56:16que le ministère des Armées
56:18reste trop longtemps vacant.
56:19Peut-être que vous nous donnez
56:20une information.
56:21Ça veut dire que la composition
56:22du gouvernement,
56:22on va la savoir vite.
56:24Vous ne savez pas ?
56:24Ça, je n'en sais rien,
56:24mais on a mis des armées sortants
56:26qui est Premier ministre.
56:27Donc, sur ces sujets-là...
56:28Oui, mais il n'occupe pas
56:28les deux postes.
56:29La continuité de l'État est assurée.
56:30Il y a une continuité de l'État.
56:31Non, mais vous avez compris le message.
56:32Et en tout cas,
56:33moi, j'ai rencontré il y a quelques jours
56:35des parlementaires
56:36d'autres pays européens.
56:38Ils nous disent tous
56:38nous avons besoin
56:40d'une France qui fonctionne.
56:42L'Europe a besoin de la France.
56:44D'ailleurs, ce sera peut-être
56:45un point d'accord,
56:46un erreur,
56:47parce que le budget des armées,
56:48a priori, en tout cas,
56:50l'enveloppe consacrée aux armées,
56:51risque d'être maintenue,
56:53surtout avec un Sébastien Lecornu
56:55à Matignon.
56:55J'ajoute que si nous n'avons pas
56:56de budget et que nous montrons
56:58une image d'instabilité
56:59à l'extérieur,
57:00ce sera encore plus difficile
57:01de nous financer.
57:02Bien sûr.
57:02Parce que je vous rappelle
57:03qu'une partie des retraites
57:04et une partie des salaires
57:05des fonctionnaires
57:06sont payés aujourd'hui
57:07par de l'emprunt.
57:08Donc, il faut qu'on puisse
57:09nous prêter
57:09à des taux satisfaisants.
57:11Et aujourd'hui,
57:11les taux augmentent.
57:12Je vois que mes deux voisins
57:13martèlent le mot stabilité.
57:15Nous sommes évidemment
57:16pour la stabilité,
57:17mais dans la justice.
57:18Il n'y a pas de stabilité
57:19possible dans l'injustice.
57:20Un pays,
57:21il est fort quand il est juste.
57:22Il n'est pas fort
57:23quand sa dette est réduite.
57:25Si sa dette est réduite
57:26au prix de sacrifices,
57:27de milliers de vies,
57:27de millions de vies,
57:29ça ne marche pas.
57:29Donc, nous sommes là
57:30pour rappeler que la justice
57:31permettra cette stabilité.
57:34Sébastien Lecornu
57:34va poursuivre demain
57:35ses consultations
57:36en recevant notamment
57:37Yael Brunpivet
57:38dès demain matin.
57:39On suivra évidemment ça
57:40avec beaucoup d'intérêt
57:41sur LCP.
57:42Il est 20h30,
57:43c'est la fin de Chaque Voix Compte.
57:45À suivre sur la 8,
57:47le débat doc dans un instant.
57:49Je vous souhaite
57:49une excellente soirée.
57:51Merci Fanny et Laurent.
57:52Nous, on se retrouve demain,
57:5319h30,
57:54pour Chaque Voix Compte.
57:55Bonne soirée.
57:56À demain.
57:56Merci.
57:56Merci.
57:57Merci.
57:57Merci.
57:57Merci.
57:57Sous-titrage Société Radio-Canada
58:14– Sous-titrage Société Radio-Canada
58:16– Sous-titrage Société Radio-Canada
58:16– Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires