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Regardez C'est notre époque avec Olivier Boy du 02 juin 2026.
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00:00Le vélo, 7h, 9h30, RTL Matin, Olivier Bois.
00:04RTL Matin, on est ensemble jusqu'à 9h30, c'est notre époque, comme chaque matin.
00:08On va parler déjà de la rentrée, c'est dans trois mois seulement,
00:11mais il y a déjà, il y a encore ce débat, ce débat toujours pour les parents,
00:15école privée ou école publique, comment faire son choix pour son enfant ?
00:19On va en parler avec nos deux invités, Sophie de Tarlet, bonjour.
00:23Bonjour.
00:23Vous êtes rédactrice en chef du Figaro, au Figaro étudiant,
00:27et puis Harold de Cobert, bonjour.
00:28Bonjour.
00:28Vous êtes, vous, professeur de français dans le privé, au lycée Passy-Saint-Honoré à Paris,
00:34et vous êtes auteur également d'un ouvrage qui s'appelle « Fois de prof », aux éditions du Rocher.
00:39Sophie de Tarlet, je commence avec vous, peut-être pour bien comprendre,
00:43j'allais dire l'état des forces en présence, public, privé, dans le pays.
00:48Il y a combien d'établissements dans l'une ou l'autre des catégories ?
00:51Alors, il y a environ 7500 établissements privés sous contrat, aujourd'hui en France.
00:56Ils scolarisent 2 millions d'élèves, donc c'est beaucoup.
01:00Par comparaison, il existe 37500 établissements publics, donc écoles, collèges et lycées.
01:08Il faut savoir que les établissements privés sous contrat,
01:11souvent sont des cités scolaires qui vont de la maternelle jusqu'au bac, voire jusqu'en prépa.
01:17C'était l'ancien système en France, on a encore le collège Henri IV, par exemple collège-lycée Henri IV,
01:23mais dans la plupart des établissements publics, écoles, collèges, lycées sont séparés en fait.
01:29On peut potentiellement faire toute sa vie scolaire dans le même établissement.
01:33Exactement, on peut commencer à 3 ans et terminer en classe préparatoire.
01:36Harold Cobert, vous êtes enseignant, vous dans le privé, qu'est-ce que vous diriez ?
01:40Qu'est-ce que vous percevez comme différence ?
01:43La première que vous nous donneriez entre le privé et le public ?
01:45La première, c'est une différence philosophique, voire eschatologique,
01:49qui sans doute tient sans qu'on monte jusqu'à la question de Dieu ou de la croyance,
01:54qui est que l'on considère l'être humain et par conséquent les élèves dans une dimension spirituelle,
01:59pas nécessairement religieuse, mais spirituelle.
02:01Et la philosophie de l'éducation catholique, par rapport à cela, considère plutôt les élèves,
02:07non pas comme des personnes devant plus tard avoir une fonction ou un emploi,
02:12mais il y a dans le projet de l'éducation catholique en France cette idée,
02:15et qui est écrite, que notre but à nous, professeurs,
02:19c'est de faire en sorte que les élèves trouvent leur voix dans la joie.
02:22Vous êtes professeur de quoi, vous ?
02:23Français.
02:23Professeur de français.
02:24En quoi est-ce que cette philosophie que vous venez de décrire impacte-vous
02:28quand vous faites des cours sur la littérature française ou sur les règles de l'orthographe ?
02:32Alors c'est surtout concernant les règles de l'orthographe qu'en ce qui me concerne.
02:35En seconde, on a une certaine liberté pédagogique,
02:38et si on est en accord, si le chef d'établissement est en accord avec nous,
02:42moi je sais qu'on me laisse depuis deux ans, en seconde, à partir de janvier,
02:46sanctionner les fautes de grammaire, qui pour moi sont les fautes profondes,
02:52sont les structures profondes de notre langue,
02:53parce que normalement c'est plus ou moins...
02:55Il n'y a pas de texte qui l'interdit, mais dans la coutume on ne le fait pas,
02:58et c'est précisément parce qu'il y a Parcoursup ensuite en première
03:01que toutes les notes comptent,
03:01que si jamais on enlève des points pour la grammaire et l'orthographe,
03:04chaque note devient un stress terrible pour les élèves et pour les familles,
03:08et donc on ne peut plus le faire.
03:09Mais il semblerait que notre ministre ait donc changé de braquer ces derniers temps.
03:12Mais alors justement, par rapport à ce que vous venez de dire,
03:14on a eu un message de Pascal sur ce sujet-là.
03:16Sophie Letarlay, je vous pose la question.
03:18Pascal, il demande, est-ce que les écoles privées sont plus exigeantes avec les élèves ?
03:23Est-ce qu'on a des études là-dessus ?
03:26Globalement, oui.
03:27puisque le niveau globalement, je dirais parce qu'il y a toujours des exceptions bien sûr,
03:33le niveau est quand même plus élevé.
03:35Je vais vous donner un exemple sur l'ensemble des collèges, publics et privés.
03:41Il existe, il y a trois établissements, trois collèges publics en France
03:46qui ont obtenu 15 aux écrits du brevet et plus,
03:50trois seulement, je vais vous donner lesquels.
03:52C'est le collège de Buc, donc dans les Yvelines,
03:57le collège de Saint-Germain en Lais et le collège de Noisy, un collège international.
04:02Dans le privé, ils sont 30.
04:04Région parisienne également, les trois.
04:05En région parisienne, dans le privé, ils sont 30.
04:10Mais alors, est-ce que justement, c'est parce qu'on sélectionne les élèves qu'on a des si bons
04:13résultats ?
04:14C'est-à-dire, vu que la sélection se fait année après année et qu'on n'accepte pas tous
04:17les candidats,
04:18à la fin, on a les meilleurs dans les établissements privés
04:21et c'est pour ça qu'on a les meilleurs résultats.
04:22C'est une réalité ça, Harold Cobert ?
04:25En tout cas, ce n'est pas ce que j'observe dans l'établissement dans lequel je suis
04:27qui est un peu la dernière bouée de sauvetage pour tous les élèves qui sont refusés partout.
04:30Donc moi, j'ai vraiment des élèves, bien qu'ils viennent de milieux sociaux souvent favorisés,
04:35sont en grande difficulté scolaire.
04:37Mais comme ce sont...
04:38Par contre, vous avez combien de pourcentages de fils d'ouvriers ?
04:41Comme on dit, c'est souvent un critère qui...
04:43Malheureusement, je n'ai pas les chiffres, moi je n'ai que la réalité de ma classe.
04:46Mais très peu, le fait est que c'est...
04:46Vous ouvriez, non, mais des fils et des filles de petits artisans, de petits commerçants,
04:50oui, on en a et donc les parents font le sacrifice d'eux
04:53pour que leurs enfants aient une bonne instruction.
04:57Rappelez-moi votre question parce que nous avons des...
04:59Si c'était plus sévère ?
05:00Si c'était plus sévère, non, mais je pense surtout que les familles sont beaucoup plus impliquées,
05:03suivent beaucoup plus leurs enfants précisément
05:05parce qu'ils ont des frais de scolarité, ça leur coûte quelque chose
05:08et les élèves se comportent bien, ils adhèrent à un règlement intérieur
05:12qui fait qu'en classe, ils sont plus calmes et quand on est plus calme, on apprend mieux.
05:15Sophie Letarlay, l'école privée, justement parce qu'il y a une sélection aussi par l'argent,
05:21c'est aussi un facteur de reproduction sociale
05:24et ce sont les écoles des classes favorisées, c'est la réalité que vous percevez ?
05:29Oui, bien sûr, les élèves sont généralement issus de milieux plus favorisés de manière globale.
05:35Après, c'est vrai que la situation est très variable selon les départements.
05:39Il y a des départements où, de toute façon, la moitié des élèves est scolarisé dans le privé.
05:44Je parle en Bretagne, en Vendée, à Paris, c'est 25% des élèves dans le primaire
05:51qui sont scolarisés dans le privé.
05:52Oui, bien sûr, le niveau social est plus élevé, ce sont des écoles payantes.
05:56Je vais peut-être donner les prix.
06:00Au primaire, c'est de l'ordre de 400 euros par an à l'école primaire.
06:07Au collège, il faut compter 1 000 euros par an.
06:09Et au lycée, environ 2 000 euros par an.
06:13Est-ce qu'on fait plus de sorties scolaires dans le privé par rapport au public, par exemple ?
06:16Les culturelles, les sorties, les classes de mer, les classes de neige, des choses comme ça ?
06:19On fait plus de sorties, en général, dans le public, souvent, parce qu'ils ont plus de moyens.
06:24Souvent, ils sont beaucoup plus aidés par la mairie qui leur donne accès aux bus pour faire des sorties,
06:30pour faire des voyages scolaires.
06:31Souvent, la mairie, parce que les écoles primaires dépendent des mairies,
06:35parfois, dans des mairies riches, certaines mairies ont des centres de vacances
06:40où ils peuvent envoyer les enfants.
06:42Donc, souvent, je constate, et c'est l'effet,
06:46qu'il y a davantage de sorties et de voyages scolaires dans le public.
06:51« Fois de prof », c'est le titre de votre ouvrage à Harold Cobert.
06:55« Fois de prof », c'est aussi...
06:56Pourquoi vous avez fait votre carrière dans le privé, plutôt que dans le public,
06:59en se disant « je vais m'adresser à tout le monde, à toutes les classes ? »
07:02Et c'est ma mission d'enseignant, d'accompagner,
07:06y compris ceux qui ne sont pas nés, forcément, avec les conditions sociales les plus favorisées.
07:10Alors, il faut savoir que je suis un jeune professeur.
07:12Moi, je suis en plus un professeur suppléant.
07:14Donc, je suis ce qu'on appelle un contractuel.
07:16Je suis le prolétariat du professorat.
07:18J'ai commencé il y a seulement deux ans.
07:20Et c'est une conséquence de l'assassinat de Samuel Paty qui m'a donné envie de m'engager.
07:24Pour moi, c'est un engagement citoyen de le faire.
07:26Et lorsque j'ai candidaté, j'ai candidaté le même jour, au même moment,
07:29à la fois dans le public et dans le privé.
07:31Donc, ce n'était pas un critère pour vous ?
07:32Du tout.
07:33Moi, j'étais ouvert à tout.
07:34Tout ce que je voulais, c'était enseigner, transmettre.
07:37Et il se trouve que le privé m'a répondu très vite.
07:38J'ai eu des réunions d'information, des pots de dossiers,
07:41entretiens d'audition pour voir si j'étais apte ou non.
07:43Et le public ne m'a répondu que six mois après.
07:46Et j'ai subi d'ailleurs un entretien au rectorat assez surréaliste.
07:49Et ils ne m'ont jamais rappelé.
07:51Moi, j'ai entendu des responsables d'établissement dire public,
07:56dire nous, en l'occurrence, on est obligé de garder tout le monde.
07:58Quand on faisait le comparatif des niveaux,
08:00effectivement, le responsable d'un établissement privé,
08:03il peut y avoir un système de points.
08:04Si un élève perd des points,
08:07on n'autorise pas ses parents à le réinscrire et d'après.
08:09Ils ont cette marge de manœuvre-là.
08:10Ce qui n'est pas le cas dans le public.
08:12Le public, il garde, c'est que l'école est obligatoire en France.
08:15C'est pour ça que la différence de niveau,
08:16moi, je trouve très importante au niveau du collège,
08:19parce qu'au collège, ce sont des collèges publics,
08:21ce sont des collèges uniques dans le public.
08:24Le collège ne peut pas refuser un élève.
08:26On est dans son secteur, on envoie un enfant.
08:30Donc là, évidemment, il n'y a aucune possibilité
08:33pour l'établissement, à moins d'être renvoyé
08:35pour des gros problèmes de discipline.
08:38Mais sinon, en effet, l'établissement
08:41ne peut pas sélectionner les élèves.
08:42La grosse différence, outre, bien sûr,
08:45l'aspect état d'esprit, liberté,
08:49de transmettre autre chose que l'école,
08:51avec vraiment, vous appeliez ça l'esprit philosophique,
08:54mais l'esprit propre d'un établissement,
08:56y compris religieux, il y a le prix.
08:59Bien sûr, je parlais du prix.
09:00Souvent, ça peut paraître pas cher.
09:01400 euros par an en primaire.
09:03Mais il faut savoir ce qui coûte très cher
09:05dans les écoles privées.
09:06Je m'adresse aux familles qui réfléchissent.
09:09C'est la cantine.
09:11Parce que la cantine n'est pas subventionnée.
09:13Il faut savoir que la cantine,
09:14ça peut coûter, en fonction des revenus,
09:17entre 5 et 8 euros par jour.
09:20Et ça peut doubler les frais de scolarité.
09:22Et on mange bio dans les écoles publiques.
09:25C'est souvent la nourriture de bonne qualité.
09:28Sur les critères qui peuvent servir aux parents à faire leur choix,
09:33est-ce que les parents sont plus absents dans le public ou dans le privé ?
09:35Est-ce que vous avez des statistiques là-dessus ?
09:37Oui, j'ai des statistiques.
09:40Les professeurs sont plus absents dans le public que dans le privé.
09:45Ils ont 46,7% à avoir pris un congé maladie,
09:50contre 40% dans le privé.
09:51Est-ce qu'il y a moins d'élèves par classe dans le privé ?
09:54Pas du tout.
09:54Il y en a autant, ou peut-être à 2, 3, voire 4, voire 5.
09:57Mais moi, j'ai des classes à 29, 30.
09:59Et d'ailleurs, on sait que cette année,
10:01suite à l'évolution démographique,
10:03on supprime un nombre incalculable de classes et de professeurs.
10:06Ce qui est totalement absurde,
10:07parce qu'en réalité, ça aurait été l'occasion
10:10de pouvoir faire des classes plus petites.
10:11Et je ne comprends pas pourquoi est-ce que l'on peut faire.
10:13Merci beaucoup à tous les deux.
10:14Débat passionnant avec vous.
10:15La différence entre l'école privée et l'école publique.
10:18Merci Sophie de Tarlet d'avoir été avec nous.
10:20Je rappelle que vous êtes rédactrice en chef au Figaro.
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