00:007h53, La Politique avec vous, Paul Sugy. Bonjour Paul.
00:03Bonjour Romain.
00:03Journaliste au Figaro.
00:05Comme on pouvait, hélas, s'y attendre, la fête des supporters du Paris Saint-Germain a une nouvelle fois été
00:10gâchée.
00:10Samedi soir, on s'attendrait à une pluie de condamnations unanimes dans les réactions politiques,
00:16mais ils ne sont pas nombreux à gauche à avoir condamné les violences.
00:19Non, pas très nombreux. En fait, j'ai noté une exception, alors qu'il faut la saluer.
00:23C'est Emmanuel Grégoire, le maire socialiste de Paris, qui écrivait hier
00:26« Je ne peux pas passer sous silence les violences et les dégradations commises cette nuit dans plusieurs secteurs de
00:31la capitale. »
00:32C'est inacceptable.
00:33Et à travers lui, on salue bien sûr aussi tout le travail des agents de la ville,
00:36qui dès le petit matin, certains même en fait dès le milieu de la nuit,
00:39s'affairaient à nettoyer les stigmates des affrontements et des débordements de la veille.
00:43Mais en dehors de lui, ils sont bien peu nombreux à avoir su reconnaître la réalité que pourtant nous avons
00:47tous vue.
00:47La fête a de nouveau été gâchée.
00:49Les premières victimes en sont les supporters eux-mêmes,
00:51qui ont été pris parfois dans les lacrymogènes ou la spirale de la violence.
00:55Certains ont même agressé ou violenté par ceux qui étaient venus pour autre chose que le football.
00:59Vous voyez par exemple, on lit le député Antoine Léaumont de la France Insoumise,
01:03qui retweet ce message.
01:05« À ceux qui habitent en dehors de Paris, ne vous laissez pas avoir par les images de chaos et
01:10le blabla des haineux. »
01:11La très grande majorité des supporters étaient irréprochables.
01:13C'est-à-dire que maintenant qu'il y a les images,
01:14on accuse les images elles-mêmes de mentir ou de ne présenter qu'une vision partielle ou partiale de la
01:19réalité.
01:21C'est doublement idiot parce que tout le monde a vu que c'était le chaos à Paris.
01:24Et surtout aussi, même ceux qui n'habitent pas à Paris ont vu le chaos sous leurs fenêtres,
01:28puisque Laurent Nunez a recensé plus de 70 vies dans lesquelles des incidents étaient à déplorer samedi soir.
01:32Alors, vous citez Emmanuel Grégoire,
01:35effectivement, qui constate que c'est inacceptable.
01:36J'ai envie de dire, heureusement qu'il le dit.
01:38En revanche, il ne pointe pas la responsabilité.
01:41Il ne nomme pas ceux qui ont fait ça.
01:44Et parce qu'à 7h30, j'avais noté une phrase d'Emmanuel Grégoire,
01:47qui, quand on le dit, il y a eu des violences, qui dit
01:49« les bouteilles en verre sont un vrai problème ».
01:51Oui, il faudra revenir sur les bouteilles en verre parce qu'elles sont utilisées comme projectiles.
01:54Ce n'est pas les bouteilles en verre le problème.
01:56C'est ceux qui les jettent.
01:57C'est ce qu'on a dit à 7h30 et je me permets d'ajouter ça.
02:01Le pire, c'est que pour certains élus de gauche, Paul Sujit,
02:03c'est la police qui est responsable de ces scènes d'émeute.
02:06Oui, en fait, cette réaction de la gauche surprend tout le monde.
02:08J'ai même lu ce matin le billet de Laurent Joffrin
02:11qui s'indignait que la gauche ne puisse pas reconnaître les choses.
02:13Parce qu'après la mécanique du déni vient celle de l'inversion accusatoire.
02:17C'est la grande nouveauté apportée depuis que des médias,
02:19de plus en plus nombreux, dont votre antenne bien sûr,
02:21documentent en temps réel les violences urbaines,
02:23montrent les images de la réalité, empêchent de la nier.
02:26Comme on ne peut plus réfuter ce que tout le monde a vu
02:28au risque de passer pour un imbécile,
02:29alors on rejette la faute sur le pouvoir.
02:31Je lis par exemple sous la plume de Clémence Guettet,
02:33une autre députée insoumise sur le réseau social X.
02:36Des dizaines de milliers de personnes ont été empêchées de célébrer.
02:39La police a chargé des gens qui ne commettaient aucun débordement.
02:41Ils ont tiré des grenades sur des familles, sur des jeunes gens,
02:44simplement parce qu'ils étaient rassemblés.
02:45Donc là, une inversion accusatoire totale,
02:47ce serait la police, les forces de l'ordre,
02:49M. Nunez, le préfet de police de Paris,
02:50qui seraient tous responsables de la violence dans les rues,
02:54alors qu'évidemment, le dispositif du maintien de l'ordre
02:56a en partie, et là sans partie seulement,
02:59permis de contenir des violences qui auraient été commises plus nombreuses,
03:02des saccages ou des pillages dont on a vu que
03:04les forces de l'ordre essayaient de vraiment les empêcher
03:06au plus possible chaque fois qu'ils étaient à proximité des émeutiers.
03:09Donc, la doctrine du maintien de l'ordre attaquée ici
03:12par la France insoumise, à Bondot,
03:13on voit bien ici qu'il s'agit de protéger les émeutiers.
03:16Ces gens refusent de voir qu'il y a une frange de la population qui est violente.
03:20Oui, ils refusent de nommer les choses,
03:21de nommer le réel et d'attribuer la violence.
03:23Ils nomment les choses, ils ne nomment pas les gens,
03:25ils nomenment pas les responsables.
03:27Ils nomenment pas toujours la violence.
03:28Certains nomment ce qui se passe,
03:30mais ne nomment pas les responsables.
03:32C'est là le problème.
03:33Ce qui se passe, c'est évidemment le fait
03:34qu'il y a une frange de la population
03:36qui sont pour partie leurs électeurs,
03:38qui sont d'une incroyable violence.
03:40On entendait les mêmes slogans dans ces violences,
03:42du peu que j'en ai vus quand je suis passé dans les rues de Paris à cette heure-ci,
03:45que dans des meetings ou dans des rassemblements de la France insoumise.
03:48Tout le monde déteste la police,
03:50ou même des slogans en faveur de l'Algérie.
03:52Ils protègent la racaille,
03:53car ils savent que la racaille, c'est leur intérêt électoral.
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