- il y a 18 heures
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Plongez au cœur d'une réflexion essentielle sur la représentation des femmes noires dans l'espace public français avec la journaliste Rokhaya Diallo. Invitée d'honneur du festival Fanm sé Flanm, qui s'est tenu du 25 au 27 mai à Petit-Canal, elle partage des perspectives clés sur ce sujet crucial.
Découvrez une analyse approfondie des défis et des opportunités auxquels sont confrontées les femmes noires dans les sphères médiatiques, politiques et culturelles. Leurs voix, souvent marginalisées, sont ici mises en lumière pour une meilleure compréhension de la société contemporaine.
Cette intervention s'inscrit dans la continuité des réflexions sur l'égalité et la diversité en France. Elle offre une occasion unique de saisir les enjeux de visibilité et de reconnaissance pour une partie importante de la population française.
#FemmesNoires #EspacePublic #RokhayaDiallo #FanmSeFlamm
Découvrez une analyse approfondie des défis et des opportunités auxquels sont confrontées les femmes noires dans les sphères médiatiques, politiques et culturelles. Leurs voix, souvent marginalisées, sont ici mises en lumière pour une meilleure compréhension de la société contemporaine.
Cette intervention s'inscrit dans la continuité des réflexions sur l'égalité et la diversité en France. Elle offre une occasion unique de saisir les enjeux de visibilité et de reconnaissance pour une partie importante de la population française.
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NewsTranscription
00:00Donc bonjour Rokhaya Diallo, qui es-tu ?
00:02Alors je m'appelle Rokhaya Diallo, je suis journaliste, autrice et réalisatrice
00:05et très engagée dans les questions d'antiracisme et de féminisme.
00:08Tu es ici dans le cadre de Femmes et Flammes,
00:11qui a ouvert, qui a eu une guerre hier à Petit Canal.
00:15La première question que j'ai envie de te poser, c'est que
00:19hier soir, il y a eu la projection du documentaire d'Amandine Gay,
00:23Ouvrir la Voix, qui est quand même un documentaire phare.
00:26Je suis l'avoir vu quand il est sorti.
00:29Kivtara, ça a commencé peu après...
00:32Voilà exactement, ça s'inscrit un peu dans la même lignée.
00:35Est-ce qu'à ce moment-là, pour toi, il y a eu quelque chose,
00:37enfin selon toi, il y a eu quelque chose qui s'est un peu amorcé, en fait, à ce moment
00:41-là ?
00:42Ce que je pense, c'est que dans les années 2000, en fait,
00:43il y a énormément d'initiatives créatives, d'expressions publiques,
00:49de blogs, d'expressions sur les réseaux sociaux,
00:51de personnes qui voulaient questionner l'antiracisme,
00:54mais spécifiquement, l'Afrique n'était noire,
00:56par les minorités, par les peaux, les minorités asiatiques.
00:59Et je crois que ça s'est un peu cristallisé par des productions qui ont fini par voir le jour.
01:03Dans la deuxième moitié des années 2010,
01:06moi, j'avais rencontré Amandine Gay pendant qu'elle tournait Ouvrir la Voix,
01:09parce que j'étais en train de faire un livre sur les cheveux afro.
01:12Donc j'ai dû la rencontrer vers 2014,
01:13et je l'ai interviewé dans le cadre de ce livre qui s'appelle Afro,
01:16que j'ai réalisé avec Brigitte Sombier,
01:18et elle était en plein dans ce documentaire.
01:20Et je pense qu'il y avait un moment d'effervescence autour de ces questions.
01:23Moi, ça faisait quelques années que j'écrivais sur le sujet,
01:26mais l'espace médiatique, en fait,
01:27n'avait pas forcément énormément d'ouverture pour ces sujets.
01:31Et avec Grassley, on s'est saisie de l'existence des podcasts
01:34pour pouvoir faire une émission,
01:37en fait, qui n'aurait jamais pu voir le jour sur une radio classique,
01:40parce que c'était beaucoup trop pointu.
01:42Et nous, à vrai dire, quand on a commencé le podcast,
01:44on l'a fait de manière un peu égoïste pour nous,
01:47pour créer un espace et y dire ce qu'on aurait aimé entendre.
01:50Et on ne se rendait pas compte à quel point
01:53ils pouvaient trouver un écho auprès d'autres personnes.
01:55Ça, ça avait vraiment été notre grande surprise,
01:57c'est de voir à quel point de nombreuses personnes se retrouvaient
02:00dans ce qu'on disait,
02:01et qu'il y avait un besoin qui était beaucoup plus important
02:03que celui qu'on pouvait ressentir l'un et l'autre.
02:05Il y avait une attente, en fait, à ce moment-là.
02:07Exactement.
02:08Mandine Gay, en fait, il n'y a pas très longtemps,
02:10je l'ai interviewée à propos de son dernier ouvrage,
02:14et elle me disait que, selon elle,
02:15les choses ont quand même évolué un peu en France,
02:17notamment dans le discours, dans le discours public,
02:20il y a des concepts qu'on entend plus, en tout cas.
02:25Je te l'admets que j'étais en fait étonnée,
02:27je n'ai pas le sentiment forcément qu'il y a ça,
02:29mais est-ce que, selon toi, on admet,
02:33en tout cas davantage les concepts d'intersectionnalité,
02:36de racisme systémique ?
02:38Moi, je pense qu'effectivement,
02:40les choses ont beaucoup changé dans l'expression publique
02:41et dans la manière d'appréhender publiquement
02:43la question du racisme.
02:44Moi, j'ai commencé à prendre la parole sur ces sujets-là
02:47à la télévision, notamment, en 2009.
02:49J'ai le souvenir d'avoir fait des plateaux
02:52où je dénonçais les violences policières en 2012-13,
02:56et je peux te dire qu'on me regardait avec des grands yeux.
02:59J'avais déjà des chiffres, et ce n'était pas du tout compris,
03:01comme une réalité réelle.
03:04Oui, c'est ça.
03:05Il y avait un peu une surprise de ce qu'elle raconte, etc.,
03:07de quoi elle parle.
03:08Et puis, ça n'avait pas l'air forcément si tangible que ça.
03:11Je pense qu'il y a eu un accélérateur en 2020,
03:14malheureusement, après la mort de George Floyd.
03:16On a commencé à parler de racisme systémique,
03:18de violences policières racistes,
03:19parce qu'on avait commencé à parler de violences policières,
03:21mais pas de leur dimension raciste,
03:23et notamment avec le mouvement des Gilets jaunes,
03:25où on a compris que la police pouvait frapper des gens
03:27complètement gratuitement,
03:28ce qui était accepté tant que ça se déroulait en banlieue
03:30et dans les Outre-mer.
03:32Je pense que c'était une pratique qui était invisibilisée,
03:34pas du tout acceptée.
03:35Donc oui, moi je le vois parce qu'en fait,
03:37ce que je dis est compris différemment,
03:39est reçu différemment aujourd'hui.
03:40C'est-à-dire qu'en 17 ans de présence médiatique,
03:44je vois bien que je peux dire des choses,
03:45et ce n'est pas seulement sur le plan de mon antiracisme,
03:47sur le plan du féminisme.
03:48Moi je me souviens, j'étais déjà journaliste
03:50à l'époque de l'affaire DSK,
03:51ce n'était pas du tout la même chose.
03:52Je veux dire, DSK, Patrice Bruelle,
03:54ce n'est pas le même traitement.
03:55Ça n'a rien à voir.
03:56C'est-à-dire que là où il y avait des gens
03:57qui osaient lui trouver des excuses en 2011,
04:01aujourd'hui sur Patrice Bruelle,
04:02c'est ça, des femmes.
04:03Moi j'avais des concerts qui...
04:05Voilà, qui met des justifications,
04:07des choses assez infâmes,
04:07y compris sur sa victime, la vie s'attout des allos.
04:10Là aujourd'hui, que ce soit Patrice Bruelle ou d'autres,
04:12les féministes sont organisées.
04:14Il y a une réponse.
04:15Il y a des médias aussi qui sont capables
04:18de vraiment mener les enquêtes.
04:21Je pense à Mediapart, France Inter,
04:23le magazine Elle,
04:24qui a vraiment fait un travail formidable sur ça
04:25et qui recueille le travail,
04:27le témoignage des victimes
04:28et qui font des enquêtes en fait sur des années.
04:30Patrice Bruelle, ça n'a pas commencé aujourd'hui.
04:32Donc ça, c'était impensable.
04:35Et sur les questions raciales, c'est la même chose.
04:36Je dirais que le racisme,
04:39clairement, il est décuplé dans son expression publique.
04:41Mais on va voir davantage de journaux,
04:45y compris mainstream,
04:46parler de questions dont on ne parlait pas.
04:47Il y a Le Monde, par exemple,
04:48qui va parler du racisme dans le domaine de la santé.
04:50C'était inimaginable de rappeler
04:53qu'y compris la santé publique
04:54pouvait être discriminante
04:55à l'égard à la fois des personnes étrangères,
04:58mais aussi des Français qui ne sont pas Blancs.
05:00Voilà, dont on imagine qu'ils simulent,
05:02etc., etc., quand ils ont mal.
05:04On ne les croit pas.
05:05Le syndrome méditerranéen,
05:06ce préjugé raciste selon lequel
05:09les gens non-Blancs,
05:10donc initialement, on pense aux gens d'Afrique du Nord,
05:12mais ça s'est élargi aux personnes non-Branches,
05:14non-Blanches qu'elles simuleraient, en fait.
05:16Quand elles ont mal, elles exagèrent,
05:17et donc ce n'est pas grave.
05:17Et ça a donné lieu à des morts.
05:19Et je trouve que, quand même,
05:21moi, les articles que je lis dans les journaux,
05:22je sais que je n'aurais pas pu les lire...
05:23Il y a 10-15 ans.
05:24Non, clairement.
05:25Et y compris dans Le Monde,
05:26où je vois les contenus en ligne...
05:28Mainstream, en fait, dans ce genre de médias.
05:29Oui, voilà.
05:30Où c'est beaucoup plus pointu.
05:33Le vocabulaire est un vocabulaire qui est plus admis.
05:35Je ne dirais pas que c'est...
05:37Voilà, l'éducation moyenne des gens
05:39par rapport à la question raciale,
05:40elle est quand même très, très faible en France.
05:41Et c'est lié à la manière dont on...
05:43Voilà, la scolarité.
05:44Mais quand même, je sais qu'il y a des choses
05:47que je peux exprimer beaucoup plus sereinement.
05:48Mais en même temps,
05:49tu restes quand même victime
05:52de beaucoup de nombreuses attaques,
05:54autant sexistes que racistes.
05:56Je ne sais pas s'il y a tellement de femmes noires françaises
05:59qui suscitent autant de véhémence.
06:02Peut-être à Yannakamura, j'ai envie de dire,
06:03dans un autre domaine.
06:06Selon toi, justement, est-ce que...
06:09Il y a plusieurs facteurs.
06:10S'il y a une chose qui a régressé,
06:13je dirais que moi,
06:13quand j'ai commencé la télévision en 2009,
06:15on était quelques années après les révoltes
06:17suite à la mort de Ziad Bena et Buna Traoré
06:20à Cachy-Soubois.
06:21Il y avait un peu une...
06:22Comment dire ?
06:23Jacques Chirac avait fait ce discours
06:24sur le fait que tous les jeunes
06:26étaient les enfants de la République
06:27et qu'il avait convoqué les responsables de médias
06:29et de visuel et du cinéma
06:30pour qu'il y ait une meilleure représentation
06:32de ce qu'on appelait la diversité à l'époque.
06:33Et donc, moi, en 2009,
06:35j'arrive dans un contexte
06:36où on essaye de faire en sorte
06:38que les gens soient plus visibles.
06:40Harry Roselbach est arrivé sur TF1,
06:41les chaînes, voilà, info, etc.
06:45Colore un petit peu leurs antennes, etc.
06:46Et moi, je pensais que j'étais
06:49dans un mouvement d'amélioration.
06:51Et j'imaginais que j'arrivais,
06:52que d'autres arriveraient après moi, etc.
06:54Et ce dont je me suis rendue compte
06:55à ma grande surprise,
06:56c'est qu'en fait,
06:58on n'est pas...
06:59Ça n'est pas multiplié.
07:00J'ai pas été la seule,
07:03mais ma longévité, déjà,
07:04je trouve qu'elle est vraiment surprenante
07:06au regard de ce que je dis.
07:08Et malheureusement,
07:09il y a des carrières
07:09qui auraient dû se faire
07:10qui ne se sont pas faites.
07:11Des journalistes non-blancs,
07:12il y en a plein, je pense.
07:13Il y en a plein.
07:13Alors moi, je suis éditorialiste,
07:15c'est particulier.
07:16Ce sont des journalistes
07:17qui donnent des opinions
07:18et qui analysent l'actualité.
07:19Mais des journalistes,
07:20des reporters, des présentateurs,
07:21il y en a énormément.
07:22Et des gens qui sont susceptibles
07:23d'être éditorialistes,
07:24il y en a aussi beaucoup.
07:25Malheureusement,
07:26on est très peu.
07:27Et c'est vrai
07:28que je n'imaginais pas...
07:29Déjà, je n'imaginais pas
07:30que j'allais rester aussi longtemps
07:31dans le paysage médiatique.
07:32Mais je n'imaginais pas
07:33que je serais dans un contexte
07:34où encore,
07:35après 10, 15 ans de pratique,
07:37je serais la seule.
07:38Et je ne suis pas
07:38la seule noire uniquement.
07:40Je suis la seule personne
07:41non-blanche systématiquement
07:42quand je fais des plateaux,
07:42quasiment.
07:43Pas tout le temps,
07:44pas à 100%,
07:45mais vraiment dans 90% des cas.
07:47Il n'y a pas de personnes noires,
07:48pas de personnes asiatiques,
07:50pas de personnes d'origine nord-africaine.
07:51C'est assez catastrophique
07:52de ce point de vue-là.
07:54Donc, c'est un peu ça
07:55qui m'étonne.
07:56C'est le fait que finalement,
07:57j'ai l'impression
07:58que ma présence
07:58est presque accidentelle.
08:00C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
08:00il n'y a plus de volonté
08:01de la part des chaînes de télévision,
08:04de la part des antennes de radio,
08:05de vraiment faire en sorte
08:06de recruter des personnes
08:08d'horizons divers,
08:10des personnes qui ont
08:11des origines non-blanches,
08:12qui ont des origines extra-européennes.
08:14Je crois que ce n'est plus une volonté.
08:15Alors qu'à l'époque
08:16où j'ai commencé,
08:17on était un peu dans cette écartescence,
08:19dans cette volonté
08:19de représenter la France mieux.
08:20Et ça, je trouve
08:21que c'est un peu déplorable.
08:22Je trouve que vraiment,
08:23aujourd'hui,
08:23ce n'est plus du tout...
08:24Ce n'est plus un sujet.
08:26Ce n'est plus un sujet.
08:26Mais justement,
08:27tu as fait un documentaire
08:28sur le cinéma,
08:29enfin sur les acteurs noirs français
08:31dans le cinéma.
08:34Dans ma mémoire,
08:35je le recoupe toujours
08:35avec celui de Daïssa Maïga.
08:37Oui, c'était à voir.
08:38Il est sorti la même année.
08:38Voilà, exactement.
08:39Et je me demande
08:40si toi, tu fais
08:41le distinguo quand même
08:43entre le cinéma français
08:44et la télévision française
08:45ou est-ce qu'il y a...
08:46ou est-ce que c'est vraiment
08:47le même mouvement ?
08:48Alors, ce qui est amusant,
08:49c'est que quand j'ai fait
08:50mon documentaire
08:51Où sont les noirs ?
08:52C'était tout début 2020.
08:54Et à l'époque,
08:56Ladjli,
08:57Mathi Diop
08:58avaient été récompensés
08:59à Cannes,
09:01au César, je pense.
09:04Mais Alice Diop
09:05n'avait pas encore
09:05reçu de récompense.
09:07Emma Imouna Dukouré
09:07qui avait aussi reçu
09:08plusieurs prix à Ascendence.
09:09Mais à l'époque,
09:10Alice Diop n'avait pas encore...
09:11Enfin, elle avait déjà reçu
09:12un César,
09:12mais son long-métrage
09:13n'était pas encore sorti.
09:15Jean-Pascal Zaddy
09:16n'avait pas encore sorti son film.
09:17Donc, il y a quand même...
09:18Même après mon documentaire,
09:19il y a quand même
09:19eu quelques évolutions.
09:21Mais ça reste...
09:23Et c'est intéressant
09:23parce qu'effectivement,
09:25moi, j'interviens
09:25dans le documentaire
09:25d'Aïssa Maïga
09:26qui se focalise
09:27sur les femmes noires
09:27et elle intervient
09:28dans le mien
09:28qui parle davantage
09:29de l'industrie.
09:30Donc, les acteurs,
09:30les actrices,
09:31les producteurs,
09:32les directeurs de casting,
09:33les producteurs,
09:34les productrices,
09:34etc., etc.
09:37Et je dirais
09:38que ça a quand même
09:39évolué,
09:39le fait que
09:40Aïe Aïdara
09:42a été la maîtresse
09:43de cérémonie
09:44du Festival de Cannes
09:44et l'a fait
09:45avec une majesté
09:47extraordinaire.
09:47C'est quand même
09:48une sacrée évolution
09:48parce que Aïe Aïdara
09:50faisait partie
09:51de ce collectif
09:51qui avait été monté
09:52par Aïssa Maïga
09:52Noir n'est pas mon métier
09:53en 2018.
09:54Elles avaient monté
09:55les marches
09:55pour dénoncer
09:56une forme d'invisibilité.
09:57Donc là,
09:57en termes de visibilité,
09:59c'est le festival de cinéma
10:00le plus prestigieux du monde
10:01et c'est une actrice française
10:02qui travaille énormément,
10:03qui a fait beaucoup,
10:04beaucoup de théâtre
10:05avant d'être au cinéma
10:06mais qui a vraiment
10:06une activité artistique
10:08très, très intense.
10:09Donc il y a des modifications
10:10et en même temps,
10:12on a un cinéma français
10:14et même des séries
10:15qui sont capables
10:16d'être tellement blanches
10:17et tellement blancs.
10:18Moi, je vois des choses,
10:19je me dis,
10:20mais c'est...
10:20D'un autre temps limite.
10:21Exactement.
10:22Je me dis,
10:22mais en fait,
10:22ces gens,
10:23quand je vois des films
10:24qui se passent à Paris,
10:25je me dis,
10:25mais en fait,
10:25ils habitent dans quel Paris ?
10:27Moi, je suis née
10:27et j'ai grandi à Paris.
10:29Je me dis,
10:29mais en fait,
10:30ce n'est pas possible.
10:30C'est-à-dire que
10:32mathématiquement,
10:32ce n'est pas possible
10:33que cette configuration
10:34n'existe pas.
10:35Et puis,
10:36la difficulté aussi
10:37de réception des films
10:38historiques
10:38qui racontent l'histoire
10:39de l'esclavage et du racisme.
10:41C'est-à-dire que
10:41j'ai eu l'occasion
10:42pour Kif Taras
10:43avec Grassley,
10:43nous avons eu l'occasion
10:44d'interviewer Simon Mutaïrou
10:46qui avait fait le film
10:47Ni chaîne ni maître
10:48et qui est un film
10:49qui a bien marché,
10:50qui est un très, très beau film
10:51sur le marronnage
10:51dans l'océan indien,
10:53donc dans les colonies françaises
10:54de l'océan indien.
10:55Et en fait,
10:57il disait qu'il avait
10:58quand même un super casting
11:00et notamment parmi
11:01les acteurs connus,
11:02il y avait Camille Cotin
11:03et Benoît Magimel
11:04et donc on se dit
11:05qu'avec ces têtes d'affiche-là,
11:07normalement,
11:07la médiatisation
11:08se fait automatiquement.
11:09Et en fait,
11:09il s'est rendu compte
11:09que le film a fait l'objet
11:10d'une couverture médiatique
11:12absolument déplorable.
11:13Presque nul.
11:14Il y a eu cet avou.
11:15Donc, ça montre quand même
11:16que même quand les films
11:18se font,
11:18il y a quand même
11:19une difficulté
11:20à vraiment les défendre
11:22parce que les médias
11:22sont rétifs.
11:24Ou en tout cas,
11:25quand il s'agit
11:25de l'esclavage
11:26dans les colonies françaises
11:27parce que les films américains
11:29sur l'esclavage,
11:30étrangement,
11:31sont beaucoup plus...
11:32Est-ce que ça questionne pas
11:33la France
11:33et ça questionne pas
11:34l'héritage actuel
11:35et les bénéficiaires ?
11:36Là, cette semaine,
11:37Télérama a fait un post
11:38sur Instagram
11:40parlant de la difficulté
11:41pour les films
11:41qui parlent notamment
11:42d'esclavage de se monter
11:43ou qui parlent des...
11:44Non, même pas seulement
11:44de l'esclavage.
11:45Parlant de la difficulté
11:46des films
11:47avec des protagonistes
11:48non-blancs
11:49de se monter,
11:49d'exister,
11:50d'être...
11:50Des films français ?
11:51Des films français.
11:52D'accord.
11:53Et en fait,
11:55Télérama avait défoncé Zion,
11:57le film Zion.
11:59Donc, je me dis,
12:00en fait,
12:01il y a un très bon film
12:02guadeloupéen
12:02qui se fait
12:02sur des réalités
12:03qu'on n'a pas l'habitude
12:04de voir
12:04par un réalisateur
12:05guadeloupéen,
12:06par une productrice
12:07Laurence Lascari
12:07d'origine guadeloupéenne.
12:09Et en fait,
12:10ils ne le voient pas
12:10tel qu'il était
12:11et plus tard,
12:13ils expliquent,
12:13ils se demandent pourquoi.
12:14Donc, je pense
12:14qu'il y a des biais
12:15aussi en termes de critique.
12:16Et d'ailleurs,
12:17Laurence Lascari
12:18a fait un super commentaire
12:19sous le post de Télérama
12:21sans parler du film
12:22qu'elle a produit
12:22spécifiquement,
12:23mais de manière générale,
12:28ceux qui ont du pouvoir
12:28sont des gens
12:30qui ne sont pas forcément
12:32capables
12:34d'accepter
12:36la création.
12:37Il y en a très peu.
12:37Je crois qu'il y a
12:38une journaliste à Libération
12:39qui est ciné,
12:40qui est afrodescendante.
12:42Son nom m'échappe,
12:43mais il me semble
12:43super intéressante d'ailleurs.
12:45J'aime beaucoup ses papiers.
12:47Mais c'est très rare.
12:48C'est encore très, très rare.
12:49Donc, voilà,
12:50une fois que les films se font,
12:50quel regard est porté,
12:51quelle est leur médiatisation,
12:52c'est très compliqué.
12:53C'est ça qui est difficile,
12:54c'est que la circulation
12:55des films, en fait,
12:56est confrontée
12:57à plein d'étapes.
12:58Et en fait,
12:58dans toutes ces étapes,
12:59il y a la suprématie blanche
13:00qui analyse, regarde,
13:03appréhende sous ce prisme
13:04et donc qui n'arrive pas
13:05forcément à comprendre
13:06des narrations alternatives.
13:09Oui, je me souviens d'ailleurs
13:10de l'interview que tu avais fait
13:12de Simon Goutaïrou
13:13où justement,
13:14il y avait cette question
13:15de,
13:16est-ce qu'il manque encore
13:17peut-être encore aujourd'hui
13:18un grand film français
13:20sur l'esclavage ?
13:21C'est...
13:21En fait, le pire,
13:22c'est qu'en fait,
13:23ces films existent.
13:24Alors évidemment,
13:24il y a des films
13:25qui notamment,
13:26n'ont pas eu de circulation
13:29nationale suffisamment conséquente.
13:30Je pense au film
13:30de Christian Lara
13:30qui a fait,
13:32voilà,
13:32qui a beaucoup travaillé
13:32sur ça.
13:33Mais c'est vrai
13:34qu'il y a le film
13:34de Simon Goutaïrou
13:35qui pour moi
13:35est ce grand film
13:36plus sur le marronnage
13:37mais qui raconte
13:37quand même en creux
13:38l'esclavage
13:39et la domination
13:41coloniale.
13:41Il y a le film
13:42de Abdelmalik
13:43qui est sorti
13:43il n'y a pas longtemps
13:43sur Ciné Libre.
13:45Mais je ne sais pas
13:46comment dire,
13:46c'est vrai que ces films-là
13:47ne sont pas traités
13:48comme des films
13:49qui devraient imprégner
13:50l'imaginaire collectif
13:50qui sont des grands films
13:54des films comme La rafle
13:55qui vont raconter
13:56La rafle du Veldiv
13:57qui racontent
13:58l'histoire de France
13:58et qui racontent
13:59La vie est belle
14:00de Roberto Benigni
14:01qui est un film italien
14:02incroyable
14:03mais qui racontent
14:04des moments charnières
14:06de l'histoire de France
14:06et qui doivent
14:08normalement
14:08appartenir
14:09à la mémoire collective
14:10et on n'en est pas
14:11encore là je trouve
14:11même si les films
14:12qui existent
14:13sont de grande qualité.
14:14Tu as parlé
14:15à un moment
14:16de la question
14:16de Paris
14:18et du Paris
14:19dans l'image
14:20ça m'a rappelé
14:20ton documentaire
14:21sur la parisienne
14:23démystifiée
14:23et justement
14:25je me dis
14:25tiens
14:26est-ce que c'est
14:27ce qui te donne
14:28l'impression peut-être
14:29d'être en France
14:30et de vivre en France
14:32mais d'être en même temps
14:33dans une espèce
14:34de vitrine en fait
14:35ou derrière une vitrine
14:36d'être toujours en marge
14:37en fait
14:37et tu regardes un truc
14:38C'est ce que je dis souvent
14:39c'est qu'en fait
14:41les personnes non-blanches
14:43en France
14:43sont un peu traitées
14:44comme les cousins gênants
14:46qu'on met sur la table
14:46du coin au mariage
14:47mais qui ne sont pas
14:49du tout visibles
14:49en fait
14:49si on rentre dans la pièce
14:50par la grande porte
14:51et c'est le sentiment
14:52que j'ai
14:52c'est qu'on existe
14:53on fait tourner la machine
14:54comme tout le monde
14:55mais en fait
14:56on nous met toujours de côté
14:57et pour les rares
14:58qui parviennent à accéder
14:58à des positions de visibilité
15:00les conséquences
15:01sont hyper violentes
15:02tu me posais la question
15:02de pourquoi j'étais attaquée
15:03ben pourquoi je suis attaquée
15:04parce que je suis
15:05une des rares têtes
15:05qui dépasse
15:06c'est en fait
15:07c'est pas moi
15:08en tant qu'individu
15:09avec mes qualités individuelles
15:11mais des fois individuelles
15:12c'est en fait
15:13un message qui est envoyé
15:14à toute personne
15:15non blanche
15:16un rappel à l'ordre
15:17exactement
15:18parce qu'elle est
15:19ou parce qu'elle dit
15:20d'une certaine manière
15:21met en danger
15:21la suprématie blanche
15:22donc moi
15:23parce que je dis
15:24et de la manière
15:25dont je le dis
15:25parce que je ne me contente pas
15:26d'être visible
15:27effectivement
15:28j'ai à coeur
15:29de dénoncer patriarcat
15:30et l'antiracisme
15:30et donc ça évidemment
15:31c'est très dur
15:32dans un pays
15:32qui est dans le déni
15:33par rapport à l'existence
15:34du racisme
15:36mais existait
15:36je pense à ce qui s'est passé
15:37récemment
15:38avec tous les maires noirs
15:39qui ont été élus
15:41en CN Saint-Denis
15:42dans le 94
15:44notamment Bali Bagayou
15:45qui a vraiment pris
15:46qui a vraiment pris
15:47voilà
15:47mais je pense aussi
15:48à Demba Traoré
15:49au Braménil
15:49on a prétendu
15:50qu'il y avait limite
15:51des émeutes
15:52lors de son élection
15:53alors c'était vraiment
15:54des cris de liesse populaire
15:55que voilà
15:56on a dit que le maire
15:57son prédécesseur
15:58avait été sifflé
15:59mais déjà
15:59il faut rappeler quand même
16:00le système de corruption
16:01qu'il avait mis en place
16:02qui a été dénoncé
16:03par la journaliste
16:03Nassira El Mouadem
16:04qui aujourd'hui en plus
16:06oui
16:07qui a été menacé de mort
16:08elle a été menacée de mort
16:09par cet ancien maire
16:10donc je veux dire
16:10la sauvagerie
16:11de quel côté elle est
16:12pardon
16:12est-ce que c'est un ancien élu
16:13qui menace de mort
16:14et d'ailleurs toujours élu
16:15je crois au conseil régional
16:16qui menace de mort
16:16une journaliste
16:17enfin je veux dire
16:18sur le plan démocratique
16:18c'est incroyable
16:19donc est-ce que c'est lui
16:20le sauvage
16:20ou est-ce que c'est les gens
16:21qui crient leur joie
16:22de voir un maire légitime
16:23être élu
16:24par ailleurs
16:25Rachida Dati
16:26après sa défaite
16:26elle a été sifflée par des Blancs
16:28à Paris
16:28alors il se trouve
16:29qu'elle a été sifflée
16:29par des Blancs
16:30donc là tout de suite
16:31c'est pas une note
16:32c'est sûr
16:33mais je veux dire
16:34des élus
16:35qui se sont sifflés
16:36je veux dire
16:36Emmanuel Macron
16:37a été sifflé
16:37plein de fois dans sa vie
16:39giflé
16:39voilà
16:40oui il a été giflé
16:41donc ça évidemment
16:41c'est autre chose
16:43mais huer des élus
16:44qui déçoivent
16:45c'est pas
16:46en tout cas
16:46c'est pas quelque chose
16:47de spécifique
16:47à la Seine-Saint-Denis
16:49donc Demba Traoré
16:49il est élu du Blanc-Ménie
16:50je sais pas si je l'ai dit
16:51et Bali Bagayoko
16:52en fait
16:53le fait qu'il soit
16:54un homme noir
16:55élu de la deuxième ville
16:58c'est pas n'importe quelle
17:00élu au premier tour
17:00c'est un des rares
17:02qui a été élu au premier tour
17:03dans une ville
17:03de plus de 150 000 habitants
17:04c'est le seul
17:05me semble-t-il
17:06au lieu de saluer ça
17:07et donc de dire
17:08c'est une victoire nette
17:10c'est ça
17:10on lui cherche des coups
17:11dans la tête
17:11et en fait on l'accuse
17:12d'être à la fois
17:13le candidat d'un arc-africain
17:14de dire c'est bizarre
17:15les gens ont beaucoup voté
17:16peut-être qu'en fait
17:16ils ont beaucoup voté
17:17parce qu'ils se reconnaissent
17:17dans leur maire
17:18et qu'ils ont envie
17:19d'être soutenus par quelqu'un
17:20qui a toujours vécu à Saint-Denis
17:22qui a été élu
17:23de 2001 à 2020
17:25enfin voilà
17:25qui a toujours été là
17:27quoi
17:27qui est aussi
17:28coach sportif
17:29qui est cadre
17:30enfin qui a plein de casquettes
17:31mais des casquettes aussi locales
17:32il a une reconnaissance locale
17:33donc oui
17:34je pense que
17:37si je suis insultée
17:38c'est le fruit
17:40de cette même mécanique
17:42qui consiste
17:42à nous rappeler
17:43notre place
17:45et à nous indiquer
17:46qu'il ne faut pas non plus
17:47qu'on exagère
17:48qu'on ne soit pas trop content
17:49qu'on ne fasse pas trop les fiers
17:50parce qu'en fait
17:51on est accusé
17:53déjà on t'invite
17:54c'est déjà bien
17:54oui c'est ça
17:55tu devrais être contente
17:56et en fait
17:56quand on n'exprime pas
17:57suffisamment de gratitude
17:58généralement
17:58on a un contre-coup
17:59moi je suis attaquée
18:00mais c'est symbolique
18:01en fait
18:01c'est pas moi
18:02c'est juste
18:02les personnes noires
18:04qui ne sont pas
18:05à des endroits
18:05où elles se devraient être
18:07mais est-ce qu'il y a
18:08quand même un prix
18:09j'ai envie de dire
18:10intime
18:11en fait
18:11que tu payes
18:13pour ça
18:14évidemment
18:14tu payes
18:15nécessairement
18:16en tout cas
18:16moi je l'ai payé
18:17professionnellement
18:18c'est à dire
18:18j'ai perdu des boulots
18:19et donc évidemment
18:20ça a des conséquences
18:21sur les finances
18:22ça c'est sûr que
18:22oui j'en ai perdu
18:23j'ai perdu énormément de boulot
18:25et c'est une des raisons
18:26pour lesquelles
18:27et après il y a des censures
18:28qui sont
18:30pas des censures directes
18:31mais je sais qu'il y a des endroits
18:32où je ne serai jamais invitée
18:33des émissions
18:34où on ne va jamais m'inviter
18:36je sais que globalement
18:37j'ai une visibilité médiatique
18:38assez importante
18:39mais c'est plutôt
18:40une visibilité
18:41dans le débat
18:43c'est à dire
18:43qu'on m'invite beaucoup
18:44dans des espaces
18:45où il y a de la contradiction
18:46où ma parole
18:48elle est confrontée
18:50à des avis contraires
18:51ce qui est un exercice
18:52que j'apprécie énormément
18:53etc
18:53mais je suis beaucoup moins présente
18:55pour reproduire des analyses
18:58invité comme experte
19:00où on va me demander mon avis
19:01mon analyse
19:02etc
19:02sans contradiction
19:03ça c'est beaucoup moins le cas
19:04c'est à dire qu'on va beaucoup moins m'inviter
19:07en vertu de mon travail
19:08c'est à dire
19:09parler de mes bouquins
19:09par exemple sur mon dernier livre
19:11le dictionnaire amoureux du féminisme
19:12j'ai reçu très peu d'invitation
19:14dans les médias
19:15j'ai été invité par
19:17Guillaume Herner
19:18dans la matinale de France Culture
19:19j'ai été invité par Ali Rebi
19:21sur France Inter
19:23dans son émission
19:23Quand bien vous fassent
19:24donc il a monté autour du féminisme
19:26mais j'ai pas eu de promo
19:27vraiment
19:28dans les médias mainstream
19:29alors que parallèlement
19:31j'étais super présente
19:31médiatiquement
19:32donc dans l'émission
19:32où je travaillais
19:33on a présenté mon bouquin
19:34quand il est sorti
19:34etc
19:35mais voilà
19:36je vois bien en fait
19:36quel rôle je joue
19:37c'est à dire que je suis quand même
19:38malgré tout assez limitée
19:39dans mon expression
19:39donc c'est un peu comme
19:40ce que disait
19:42Maboula Soumaoro
19:42c'est à dire quand on la présente
19:44on t'invite
19:45mais quand on te présente
19:46mais c'est d'abord en tant que militante
19:48surtout en tant que militante
19:49même quand je suis invitée
19:50en tant que journaliste
19:50c'est quand même édité réaliste
19:51pour donner mon opinion
19:52sur des actualités diverses
19:54mais je suis pas invitée
19:55dans une émission de divertissement
19:55par exemple
19:56dans des endroits
19:57où je peux avoir l'air cool
19:58tu vois ce que je veux dire
19:59où je peux avoir vraiment l'air sympa
20:01et où je peux parler de mon boulot
20:02de manière cool
20:03et détendue
20:03où je vais pas être
20:05c'est une posture aussi
20:06qu'on va te donner
20:07un peu
20:07à part effectivement
20:08la matinale de France Culture
20:09où là
20:09on peut vraiment
20:10je peux vraiment venir
20:11proposer une analyse
20:12etc etc
20:14je suis pas invitée
20:15dans des
20:15voilà c'est très rare
20:16en fait que je sois
20:16enfin pour le coup
20:17il y a que dans cette matinale
20:18que je suis invitée
20:19et effectivement
20:20l'émission de
20:21Ali Rebelli
20:22où on m'a invité
20:22sur du féminisme
20:23sur de l'antiracisme
20:23mais tu vois
20:25je vais pas être invitée
20:26dans des émissions de divertissement
20:27des talks un peu sympathiques
20:29mainstream
20:29parce qu'après
20:30il y a plein de gens
20:30qui m'invitent dans leur podcast
20:31et c'est vraiment super cool
20:32mais sur les grandes émissions
20:33etc
20:33où je vais venir
20:34tu vois être un peu détente
20:35tu vois juste parler
20:36de mon boulot à la cool
20:37avec des gens
20:38qui vont me recevoir
20:38on va faire des petits blagues
20:39et tout ça
20:40voilà
20:40ou sinon ça va être
20:42les dîners de Kelly
20:42sur Martinique première
20:43tu vois voilà
20:44dans un endroit
20:46où effectivement
20:46c'est un contexte différent
20:47voilà c'est ça
20:48pas forcément un contexte
20:49d'émission nationale
20:49voilà
20:50donc voilà
20:51non c'est très rare
20:52c'est très très rare
20:53qu'est-ce que ça dit
20:54selon toi
20:54de l'image des femmes noires
20:56dans la société française
20:57ce qu'il n'y a pas
20:58un côté où on peut les garder
20:59aussi un peu dans
21:01cette caricature
21:01de la angry black woman
21:03je pense que
21:05je pense qu'il y a des endroits
21:06où on a besoin
21:06d'avoir une forme
21:07de contradiction
21:08des personnes de gauche
21:09parce que c'est ça aussi
21:11je pense que
21:11si j'étais droite
21:13je serais comme d'autres personnes
21:14sur CNews
21:15tu vois voilà
21:16je vois très bien
21:17voilà
21:17donc bon après
21:19je suis sur des chaînes d'info
21:21et je suis très contente
21:22d'être là
21:22mais je pense que
21:23j'incarne aussi
21:23une mouvance politique
21:24une mouvance idéologique
21:25on va dire
21:26parce que je ne suis pas
21:26affiliée à un parti
21:27mais
21:28donc il y a ce besoin
21:29d'avoir une contradiction
21:30d'une journaliste
21:31qui va comme ça
21:32un peu représenter
21:32le progressisme
21:33l'antiracisme
21:34le féminine
21:34etc
21:34donc ça je suis très contente
21:35d'endosser ce rôle
21:36et je ne me sens pas forcément
21:37enfermée
21:37mais je pense que ça dit
21:38plus de choses
21:38sur le fait que
21:41c'est
21:42dans un système démocratique
21:43il faut quand même
21:43que tous les avis
21:44soient représentés
21:44toutes les opinions
21:45et je participe
21:46à cette représentation
21:47mais c'est tout
21:48en fait
21:49pas beaucoup plus que ça
21:50donc après
21:52encore une fois
21:52je ne dis pas ça
21:52pour me plaindre
21:53parce que j'ai conscience
21:54d'avoir une visibilité
21:54médiatique énorme
21:55mais je sais bien
21:57tu vois là
21:58ça c'est code
21:59et ça c'est
21:59je ne vais pas aller
22:00dans quotidien par exemple
22:01tu vois ce que je veux dire
22:01je n'ai jamais mis
22:04un pied dans cette émission
22:05et je sais que ça n'arrivera pas
22:06d'accord
22:07tu vois
22:08et c'est aussi une émission
22:09très suivie
22:09exactement
22:10et où on est
22:11on identifie
22:12quand on arrive dans quotidien
22:13c'est pas la même posture
22:13c'est vrai
22:14on est très bien reçu
22:15il n'y a pas de question piège
22:16on n'est pas contesté
22:17enfin voilà
22:17c'est pas du tout la même chose
22:18ou même
22:19enfin
22:19l'émission de tout à l'époque
22:21de Léa Salamé
22:21je ne pense pas
22:22qu'on invitera un jour
22:23je ne pense pas
22:24d'accord
22:26alors je reviens
22:27sur le
22:29sur Fancy Flamme
22:30le sous-titre déjà
22:31qu'est-ce que ça t'évoque ?
22:32je trouve que c'est beau
22:33parce que ça
22:34ça salue
22:36la puissance féminine noire
22:38et l'importance
22:39des contributions
22:40des femmes noires
22:40tout au long de l'histoire
22:42et c'est une manière
22:43un peu de réparer
22:44symboliquement
22:44une forme d'invisibilisation
22:45de très longue date
22:47donc je trouve
22:48que c'est magnifique
22:49je me demande
22:50si les femmes noires
22:51sont invisibilisées
22:53dans la société française
22:54ou est-ce qu'elles sont
22:55parce qu'on fait toujours
22:56beaucoup référence
22:57à Joséphine Baker
22:58un peu moins
22:59à la Vénus autentante
23:00mais j'ai le sentiment
23:01qu'il y a quand même
23:02quelque chose
23:02qui s'inscrit
23:03qui découle de ça
23:04une lignée
23:05et je me demande
23:06si en fait
23:06la vision des femmes noires
23:07dans la société française
23:08elle n'est pas d'abord
23:09née de là
23:10peut-être même de la Vénus
23:11d'ailleurs
23:12je pense que
23:15la représentation
23:17des corps
23:17des femmes noires
23:18elle s'inscrit
23:19dans la lignée
23:20de l'esclavagisme
23:21colonial
23:22c'est-à-dire que
23:22c'était des corps
23:23qui étaient à disposition
23:24il faut rappeler
23:25que dans les conquêtes
23:25coloniales
23:26l'idée selon laquelle
23:28il faut qu'on conquiert
23:29des territoires
23:30et on conquiert aussi
23:30les corps féminins
23:31ça fait partie
23:32de la logique coloniale
23:34de la logique esclavagiste
23:35sachant que dans
23:35l'esclavagisme
23:36il y a aussi la dépossession
23:38du corps
23:38la déshumanisation
23:39et évidemment
23:41l'exploitation sexuelle
23:42des femmes
23:43donc
23:44les femmes noires
23:46dans l'histoire de France
23:47ont beaucoup existé
23:48dans une hypersexualisation
23:49évidemment
23:50il y a Sarah Bartman
23:51qui a été surnommée
23:52la Vénus autentote
23:53qui est née d'Afrique du Sud
23:54qui a été exploitée
23:55en fait
23:56dans des maisons
23:57de sexe
23:58en fait
23:59au Royaume-Uni
24:00enfin c'était pas
24:01le Royaume-Uni à l'époque
24:02mais en tout cas
24:02en Angleterre
24:04en France
24:05voilà
24:05elle en est morte
24:06de maladie
24:07enfin elle est morte
24:07très jeune
24:07à 25 ans
24:10et elle a été disséquée
24:11enfin son corps
24:11a vraiment fait l'objet
24:12d'une forme de fascination
24:13et d'ailleurs
24:14les Sud-Africains
24:15ont dû militer
24:15batailler pour récupérer
24:17après la libération
24:17de l'Église Mandela
24:18il y a une bataille
24:19d'une décennie
24:19pour que son corps
24:20revienne en Afrique du Sud
24:21en 2002
24:22en 2002
24:23sachant que ses restes
24:24en fait étaient exposés
24:25au musée de l'homme
24:26à Paris jusqu'au début
24:27des années 70
24:27et en fait
24:29ils les ont gardés
24:29dans la cave
24:29et sachant qu'aujourd'hui
24:31au musée de l'homme
24:32il y a encore beaucoup
24:33de crânes
24:33des crânes
24:34notamment d'Algériens
24:35beaucoup de restes humains
24:36et c'est incroyable
24:37en termes de violence
24:39c'est complètement fou
24:40que ces restes
24:41soient encore stockés
24:42et n'aient jamais retrouvé
24:43leur terre d'origine
24:45donc ce que je pense
24:46c'est que
24:46il y a quand même
24:47une invisibilisation
24:48des femmes noires
24:48dans le sens où
24:49malgré tout
24:51oui Ayanna Kamoura existe
24:52mais ça fait pas
24:53mille ans qu'elle existe
24:54je veux dire
24:54des chanteuses noires
24:55il y en a depuis très longtemps
24:56il y en a depuis
24:56enfin je veux dire
24:57Joséphine Méga
24:58et sans doute avant
24:59donc
25:00après le truc aussi
25:01avec Ayanna Kamoura
25:02je pense c'est aussi
25:03parce qu'elle est
25:04dark skin
25:05comme on dit
25:05à peau foncée
25:06oui et qu'elle est
25:07je pense que
25:08ce qu'on ne pardonne pas
25:09Ayanna Kamoura
25:09c'est qu'elle
25:10elle cherche pas
25:11à être non plus
25:12oui et ça se voit
25:12qu'elle se trouve belle
25:13en fait
25:13et je pense qu'elle est belle
25:15mais voilà
25:17parce qu'elle se trouve belle
25:18dans un contexte
25:19où en fait
25:19tout est fait
25:20pour qu'on ne se sente pas belle
25:21et le fait qu'elle l'assume
25:22comme ça
25:23en étant une femme grande
25:25athlétique
25:25à la peau foncée
25:27dont le prénom est Aya
25:28c'est tellement en contradiction
25:30avec à la fois
25:31les standards de beauté
25:32toutes les injonctions
25:32qu'on fait
25:33que c'est trop pour les gens
25:34c'est ça qu'on essaie de lui faire payer
25:36en fait en la rabaissant
25:37en essayant de
25:38à la fois de l'intimider
25:39et de la complexer
25:40et je pense que c'est insupportable
25:41de voir une femme
25:42qui finalement existe
25:43dans l'espace public
25:43selon ses propres canons
25:45Josephine Baker
25:45quand elle est arrivée
25:46sur la scène parisienne
25:47elle n'avait que 19 ans
25:48et en fait
25:48elle s'est exprimée
25:51dans des canons
25:51qui avaient été déterminés
25:53par d'autres personnes
25:54c'était pas son idée
25:55la ceinture de banane
25:55elle ne voulait pas danser nue
25:56à la base
25:57elle en a même pleuré
25:58elle a failli repartir
25:59quand on lui a dit
26:00qu'elle allait danser
26:00à moitié nue
26:01donc elle a réussi
26:02à suvertir un petit peu
26:04cette représentation
26:05avec des postures
26:06un peu clonesques
26:06etc
26:07mais c'est pas
26:08les codes
26:09qu'elle avait décidés
26:10au départ
26:10alors qu'Aya Nakamura
26:12elle est toujours venue
26:13selon ses propres critères
26:14avec ses textes
26:15etc
26:16et en réalité
26:16moi je trouve que des femmes
26:18non il n'y en a pas
26:18tant que ça
26:18dans l'espèce médiatique
26:20je veux dire
26:20on a toute une scène
26:21à R&B
26:21dans les années
26:222000
26:2290
26:24la première scène
26:25de R&B
26:25c'était Ophelia Winter
26:27il y avait Karine
26:28déjà à l'époque
26:28oui ça il y avait déjà
26:29Karine
26:29voilà
26:31avant évidemment
26:31il y a eu des groupes
26:32comme Natives
26:33il y a eu plein de groupes
26:34il y a eu plein de femmes
26:35enfin ça c'est réqué
26:36encore plus tôt
26:36c'était pas du R&B
26:37mais voilà
26:37c'était plus reggae
26:40mais après
26:40elle était dans plein de styles
26:41et tout
26:42mais je trouve que
26:43finalement il y a eu plein
26:44de chanteuses noires
26:44qui n'ont
26:45enfin c'est vrai que
26:46c'était une méga star
26:47Marne Latif
26:47ça avait cartonné
26:48mais Karine
26:49je trouve qu'elle n'a pas eu
26:50la reconnaissance
26:50qu'elle aurait dû avoir
26:52et dans les années 2000
26:53il y a énormément
26:54qui ont suivi
26:55bien sûr
26:55mais finalement
26:56je trouve que les femmes noires
26:57dans le R&B français
26:58elles n'ont pas autant
26:59été célébrées
27:00qu'elles auraient dû l'être
27:01qu'elles auraient dû l'être
27:03donc Ayana Kamoura
27:05c'est arrivé quand ?
27:05en 2016
27:07très récemment
27:08comportement
27:08c'était 2017
27:09donc ça fait même pas 10 ans
27:11en fait
27:11et donc il y a Ayana Kamoura
27:147 ans plus tard
27:15il y a Théodora
27:15c'est à dire
27:16enfin voilà
27:17c'est quand même pas non plus
27:18je veux dire
27:19pour un espace artistique
27:22où quand même
27:22les noires sont
27:24surperformes
27:24je trouve que
27:25alors que des hommes noirs
27:26dans la musique
27:27il y en a plein
27:28notamment là
27:29sur les 10 dernières années
27:3010-15 dernières années
27:31il y en a plein
27:32plein plein plein plein
27:33donc ouais
27:34je trouve que ça reste
27:34quand même assez compliqué
27:35ça reste compliqué
27:36et puis après
27:36il y a cette mémoire aussi
27:39qui efface
27:40et qui invisibilise
27:41celles qui ont
27:41il y a eu Bibi aussi
27:42dans les années 80
27:43voilà
27:43des femmes comme ça
27:45qui sont un peu
27:45c'est très complexe
27:46je trouve que c'est pas
27:48c'est pas encore à la hauteur
27:49de ce qu'elles font réellement
27:50dans la musique
27:50qui ont fait aussi peut-être
27:52en sorte de toujours
27:52les isoler
27:53isoler l'une des autres
27:54exactement
27:55en tout cas
27:55ouais
27:57alors de cela
27:58ce sera ma dernière question
27:59Femmes et Flames
28:00ça survient
28:02avec la commémoration
28:03de l'abolition de l'esclavage
28:04en Guadeloupe
28:05mais en même temps aussi
28:06avec les 25 ans
28:07de la loi Taubira
28:08et en même temps
28:09avec le vote
28:11ni oui ni non
28:12on va dire
28:12de la France
28:13à l'ONU
28:13qu'est-ce que
28:15ça t'évoque
28:16toute cette
28:17bah évidemment
28:18si on parle
28:19des femmes
28:19qui se sont battues
28:20pour permettre
28:22aux questions
28:23de se poser
28:23dans ces termes là
28:24aujourd'hui
28:25notamment sur la commémoration
28:25de l'esclavage
28:26je ne peux que penser
28:27à Christiane Taubira
28:27qui s'est fait
28:28à l'époque
28:29en tant que députée
28:30de Guyane
28:30l'écho de tous les mouvements
28:32qui avaient lieu
28:32sur le terrain
28:33de la grande marche
28:34de 1998
28:36et c'est vrai que cette loi
28:36a 25 ans
28:37parce qu'elle a vraiment
28:38tenu bon
28:38et qu'elle a réussi
28:39à mettre
28:39l'Assemblée nationale
28:40d'accord sur le vote
28:41de cette loi
28:41même si le chapitre
28:42sur les réparations
28:42a été évacué
28:43donc ça reste quand même
28:45une loi qui a été
28:46en partie visée
28:46de sa substance
28:47et donc voilà
28:48évidemment
28:49moi à parler des femmes
28:50moi ça me fait
28:50évidemment penser à elle
28:53et en même temps
28:54dans un contexte
28:55très complexe
28:56où la France
28:57aux Nations Unies
28:58s'est vraiment illustrée
28:59par un vote catastrophique
29:01où malgré tout
29:04la représentation
29:04de l'esclavage colonial
29:05reste très très faible
29:07la plupart des Français
29:08et des Françaises
29:09ne connaissent pas
29:10vraiment les histoires
29:11des territoires français
29:13des Caraïbes
29:14de l'océan Indien
29:15enfin cette histoire
29:15de l'esclavage là
29:16elle est quand même
29:16très très peu connue
29:17et pas tellement considérée
29:19comme l'histoire de France
29:20non plus
29:20et plus l'histoire
29:21des anciennes colonies
29:22c'est ça
29:23et puis les gens
29:23ont plus de connaissances
29:24sur ce qui s'est passé
29:24aux Etats-Unis
29:25qu'est-ce qui s'est passé
29:26en France
29:26s'il faut citer des femmes
29:29voilà
29:29de Solitude
29:31à Jartier-Archimètre
29:32enfin voilà
29:33des femmes
29:34de la région
29:35d'ici
29:36elles ne sont pas connues
29:37en fait
29:37du grand public
29:38les Américaines
29:39sont même plus connues
29:40j'ai envie de dire
29:40mais bien sûr
29:40les Américains
29:41les gens connaissent
29:42beaucoup plus
29:43Angela Davis
29:44voilà oui
29:45enfin voilà
29:46Rosa Parks
29:47et d'ailleurs
29:48il y a une gare
29:48à Paris
29:48qui s'appelle Rosa Parks
29:49bien sûr
29:50donc il y a
29:51voilà des collèges
29:52Angela Davis
29:54donc c'est aussi
29:54cette difficulté là
29:55à faire émerger
29:56ces noms féminins
29:57sachant qu'à Paris
29:58je crois qu'il n'y a
29:58que 6%
29:59de noms de rues
30:00qui sont
30:00qui portent des noms
30:01de femmes
30:02et qu'il y a énormément
30:05de généraux
30:06de militaires
30:07qui ont participé
30:09aux massacres coloniaux
30:09qui portent encore
30:10aujourd'hui
30:11des noms de rues
30:12des stations de métro
30:13etc etc
30:13donc en termes de réparation
30:15il y a énormément à faire
30:17il y a un travail
30:17énorme à faire
30:18et donc ce festival
30:19est important
30:20parce qu'il met à l'honneur
30:20justement les contributions
30:21des femmes noires
30:22sachant qu'elles ont
30:23toujours été là
30:23en fait
30:24je veux dire
30:25on parle de Delgresse
30:26on parle pas de Rostoto
30:27on parle de
30:27voilà
30:28les femmes ont toujours
30:29été là
30:31elles ont contribué
30:33à la logistique
30:33et à l'architecture
30:34qui a permis
30:35la révolte ici en Guadeloupe
30:36en 1802
30:37qui a permis aussi
30:38voilà
30:39de toute façon
30:39les révoltes
30:40toutes les révoltes
30:40toutes les révolutions
30:41qui ont éclos
30:42les contestations
30:43contre les colons
30:44etc etc
30:45elles étaient l'objet
30:46elles étaient le fait
30:47de femmes
30:48qui étaient aussi
30:48très très présentes
30:49donc laisser les brés
30:50aujourd'hui
30:50reconnaître cette contribution
30:51et reconnaître que
30:52encore aujourd'hui
30:53dans le mouvement antiraciste
30:54les femmes sont toujours
30:55aux avant-postes
30:56c'est extrêmement important
30:57et je pense que
30:57ce qu'il faut faire aussi
30:58c'est rappeler leur nom
30:59les nommer
31:00les célébrer
31:00les honorer
31:01je pense que c'est
31:01c'est la difficulté
31:03c'est que les jeunes générations
31:04n'ont pas forcément conscience
31:05de ce qui s'est passé
31:06avant elles
31:07avant qu'elles ne surviennent
31:08ces générations
31:09et donc
31:10il y a un vrai travail
31:11d'archivage
31:12de mémoire en fait
31:13et de transmission
31:15vraiment
31:15de transmission
31:16et je trouve ça génial
31:17en fait
31:19que cette loi
31:19Taubira
31:21ait 25 ans
31:22et qu'on puisse
31:22la célébrer
31:23avec la députée
31:24qui porte
31:25voilà
31:25qui a porté cette loi
31:26avec une extrême dignité
31:27et qui a poussé
31:29à ce que la France
31:29ait une date nationale
31:30de commémoration
31:31qui est le 10 mai
31:32ça c'est vraiment incroyable
31:33ça c'est incroyable
31:34et c'est une très grande figure
31:35de la vie politique
31:36qui a fait aussi
31:37d'autres très belles choses
31:39donc oui
31:40je pense que
31:40en tout cas
31:41moi être là
31:42à ce moment là
31:43pour moi c'est un très grand honneur
31:45parce que je sais
31:45combien cette date est importante
31:46ici en Guadeloupe
31:47et en même temps
31:48c'est l'occasion de rappeler
31:49que même en n'étant pas
31:51issue
31:52de cet esclavage colonial
31:53je suis originaire
31:54d'un pays
31:54qui a été colonisé
31:55par la France
31:55et je sais qu'en étant
31:56une personne noire
31:57j'ai été exposée
31:58à tous les clichés
31:58qui ont été forgés
31:59pour dominer les esclaves
32:01donc ça me concerne
32:02indirectement
32:03donc il y a toujours
32:03cette idée de cousinage
32:06dans le spectre
32:08de la colonisation française
32:09en fait on a une expérience
32:10qui s'est rencontrée
32:11si on se connaît
32:12et si on se rencontre
32:13et si on partage
32:13la même nationalité
32:14c'est parce que la France
32:16a déporté
32:17a envahi
32:17a massacré
32:18a colonisé
32:19et dominé
32:20nos ancêtres
32:20donc ouais
32:23je suis contente
32:24de pouvoir aussi
32:24représenter ça
32:25très très modestement
32:27ici
32:27dans le cas du festival
32:28d'accord
32:29merci beaucoup
32:30Rokaya
32:30merci beaucoup
32:31merci
32:31merci beaucoup
32:33merci à vous
32:33merci à vous
32:35merci à vous
32:35merci à vous
32:35merci à vous
32:37merci à vous
32:37merci à vous
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