00:01RMC, le choix de la rédaction.
00:03Déjà tous filmés mais serons-nous bientôt tous fliqués.
00:07Bonjour Maxime Clieruza.
00:08Bonjour à tous.
00:09Vous êtes le journaliste police-justice d'RMC.
00:11C'est une des dispositions du projet de loi Riposte du ministre de l'Intérieur Laurent Nunes.
00:16L'expérimentation de l'intelligence artificielle dans les caméras de vidéosurveillance.
00:21Le vote solennel a lieu aujourd'hui au Sénat.
00:25Maxime, une expérimentation a déjà eu lieu.
00:26C'était en 2024, on s'en souvient, pour les Jeux Olympiques de Paris.
00:30Le gouvernement souhaite la reconduire et même s'appuyer sur les progrès réalisés dans l'intelligence artificielle
00:35pour qu'elle soit encore plus efficace.
00:38Oui, rappelez-vous, à l'époque, le gouvernement voulait éviter tout mouvement de fou,
00:41les risques d'attentats autour des sites olympiques.
00:43Rebellote cette fois-ci à une différence près.
00:45Cette vidéosurveillance algorithmique concernera les grands événements de type concert, match,
00:50mais aussi les lieux ouverts au public comme les centres commerciaux ou encore les transports en commun
00:54comme nous l'explique le commandant Vincent, responsable du centre de coordination opérationnelle de sécurité
00:59à la préfecture de police de Paris.
01:00Alors au quotidien, on pourrait anticiper une remontée d'alerte.
01:04Je prendrais comme exemple une personne qui menace sur les quais d'une station, d'une gare,
01:10qui menace avec un couteau d'autres voyageurs.
01:12Cette agression, déjà on aurait une arme exhibée, elle aurait pu être détectée par l'intelligence artificielle.
01:18Une arme exhibée sur un quai, ça va générer généralement un mouvement de foule,
01:21lequel aurait pu être aussi détecté par l'intelligence artificielle.
01:24Le mouvement de foule peut générer des chutes sur les quais, sur les voies,
01:27ça pourrait être aussi détecté par l'intelligence artificielle.
01:30Et tout ça avant que l'alerte ne soit remontée par un appel classique 17 ou 112.
01:35Mais concrètement Maxime, cette technologie, elle est amenée à remplacer les policiers ?
01:39Les autorités assurent que non.
01:40L'objectif, c'est surtout que chaque caméra puisse être utile.
01:43Je vous donne l'exemple de Paris.
01:45Entre les caméras de la capitale, des villes périphériques et celles des transports en commun,
01:48ce sont 30 000 appareils qu'il faudrait surveiller, un défi humainement impossible,
01:52nous explique Anne-Florence Canton, l'ex-directrice de l'innovation et des technologies à la préfecture de police.
01:57C'est elle qui a supervisé cette expérimentation pendant les Jeux.
02:00Et selon elle, lorsque l'IA détecte une situation suspecte,
02:03elle sert simplement à donner l'alerte aux policiers derrière l'écran.
02:05Ça va tout de suite générer une alerte qui va s'afficher automatiquement
02:09sur l'écran de l'opérateur vidéo qui aura été formé à l'IA.
02:13Et donc comme ça, l'opérateur sait que l'algorithme lui dit
02:16« Il se passe quelque chose sur cette caméra, donc il va prendre la main sur cette caméra
02:20et il va traiter l'événement, c'est-à-dire qu'il va lever le doute.
02:24Aussi bien l'algorithme peut avoir détecté quelque chose,
02:27alors il peut s'être trompé, ça, ça arrive,
02:29ou bien le quelque chose détecté peut être normal dans le contexte.
02:32Donc ça, c'est l'opérateur qui prend la main et qui décide
02:35s'il y a quelque chose d'anormal ou pas. »
02:39Bon, alors c'est sûr qu'expliqué comme ça,
02:41on a un peu l'impression qu'il n'y a que des avantages à utiliser cette technologie.
02:44Cela dit, il y a débat et il y a plusieurs associations qui s'inquiètent de futures dérives.
02:49Oui, mais le gouvernement se veut rassurant.
02:52Il n'y aura pas de rapprochement automatique avec des fichiers,
02:54personnes recherchées ou auteurs d'infractions,
02:56ni reconnaissance faciale.
02:58Des promesses que Bala et Noémie Levin,
03:00juriste pour l'association La Quadrature du Net.
03:02« La vidéosurveillance algorithmique, c'est la reconnaissance de comportement,
03:05de silhouettes selon une norme qui aura été définie par l'État.
03:09Donc si vous, parce que vous faites trois fois le tour du pâté de maison,
03:12ça a été défini comme suspect par la vidéosurveillance algorithmique,
03:14ça va générer une alerte.
03:16Et on voit bien ici qu'on parle de normes sociales,
03:19de contrôle social même, en fait, avec cette technologie
03:21qui va générer une alerte quand l'État aura décidé
03:24que quelqu'un est bizarre ou ne l'est pas.
03:25Et si les critères, c'est avoir un jogging,
03:28avoir un gilet jaune, avoir une certaine démarche, etc.,
03:31c'est possible.
03:32Donc on voit bien que cet outil peut potentiellement discriminer
03:35certaines personnes, certains comportements.
03:37Car ce n'est pas le projet de loi Riposte qui inquiète l'association,
03:39mais plutôt les velléités de certains politiques allaient plus loin,
03:42selon la juriste.
03:42Il y a vraiment une stratégie des petits pas.
03:44Donc d'abord, on expérimente pour un certain usage,
03:46ce qui a été le cas avec les Jeux de 2024.
03:48La loi Riposte veut étendre les usages et les bâtiments et les lieux.
03:51Et ensuite, on sait qu'ils veulent faire une expérimentation de reconnaissance faciale.
03:54Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin,
03:57et l'ancien ministre de l'Intérieur, Retailleau,
03:58l'avaient dit, vous voulez faire un groupe de travail.
04:00Donc en fait, il y a cette stratégie.
04:01Et en minimisant chaque loi,
04:03en fait, à la fin, c'est un édifice global de surveillance qui se crée.
04:06Et donc, c'est pour ça que nous, les garanties du gouvernement,
04:08on les balaye, puisqu'on connaît, on suit le projet politique
04:13et l'agenda de long terme.
04:14Cette fois, l'expérimentation est prévue pour durer jusqu'à la fin 2030
04:17et ainsi être opérationnelle pour les Jeux olympiques d'hiver
04:20dans les Alpes françaises.
04:21Vous en pensez quoi ?
04:22Dites-le nous, au 32-16, sincèrement.
04:24Est-ce que ça vous rassure de savoir qu'on met de la technologie,
04:27qu'on met de l'innovation comme ça dans la surveillance ?
04:30Évidemment qu'on n'a pas envie de connaître une situation de type attentat
04:34ou une situation dangereuse dans un mouvement de foule,
04:37dans un rassemblement, etc.
04:38Et en même temps, vous avez entendu la juriste s'interroger par Maxime Clier-Usa.
04:42Qui va programmer cette intelligence artificielle ?
04:45Et sur quels critères ?
04:46Est-ce que ça, ça vous inquiète aussi ?
04:47Vous prenez la parole ce matin au 32-16.
04:49N'hésitez pas.
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