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  • il y a 2 jours
Paris n’est pas une grande ville. Pourtant, on y trouve très exactement 8 521 bancs répartis dans l’espace public. A quoi servent-ils ? Régulièrement décriés, déplacés, supprimés voire grillagés, les bancs publics sont – de loin – le mobilier urbain le plus clivant. Mais alors pourquoi ?

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Transcription
00:00Paris n'est pas une grande ville et pourtant on y trouve très exactement 8 521 bancs répartis dans l
00:05'espace public.
00:06Et je parle pas de ceux qui sont dans les parcs et jardins, mais bien de ceux des rues, des
00:10boulevards, des avenues, bref.
00:12Les bancs publics, bancs publics, bancs publics.
00:15Accusés de favoriser les regroupements, les rapprochements, voire même d'offrir un lit au sans-abri pour la nuit,
00:21les bancs sont le membre le plus clivant du club très sélect du mobilier urbain parisien.
00:26Seul mobilier urbain sans autre fonction que celle de la pause,
00:30le banc public a aussi une géographie particulière.
00:33Le cartographier, c'est se plonger dans l'histoire de la ville et de ses transformations.
00:38Et si le nombre de bancs est resté relativement stable depuis le 19e siècle,
00:42leur apparence, leur fonction et leur réputation ont elles bien évolué.
00:47Alors pourquoi un objet aussi simple suscite-t-il autant de passion et de débats ?
00:51En bref, pourquoi le banc public divise ?
00:54Cette semaine d'emplancarte, on s'assoit à l'ombre d'un platane,
00:57on regarde passer les gens et on se plonge dans la géographie des bancs publics à Paris.
01:01Et après les ronds-points, les kebabs ou les péages,
01:04on va voir ensemble comment un élément en apparence anodin peut en fait raconter beaucoup.
01:11Avant de se lancer, il faut qu'on définisse les termes du sujet.
01:13Et pour ça, il faut qu'on se pose la question qui fâche,
01:16qu'est-ce qu'un banc public ?
01:18Un banc, c'est déjà deux choses.
01:20D'une part, c'est un objet et ensuite, c'est une fonction.
01:22Et cette fonction, c'est celle de la pose en ville.
01:25Mais le banc public est aussi un élément très important de la grammaire visuelle parisienne,
01:30un ensemble de mobiliers qui forment en quelque sorte la charte graphique de la ville.
01:34Le banc participe d'une grammaire visuelle, urbaine et paysagère de Paris,
01:38au même titre que beaucoup d'éléments de mobilier.
01:41Ah au fait, vous ne pensiez pas qu'on allait partir à la chasse au banc public tout seul ?
01:44Ce serait bien trop dangereux.
01:46Non, on va être accompagné par Stéphane Malek,
01:48qui est urbaniste et spécialiste des mobilités urbaines.
01:51Les plus assidus d'entre vous se souviennent peut-être qu'on l'avait déjà croisé
01:54dans l'épisode sur les ronds-points.
01:55Et son vrai truc à Stéphane, ce sont les bancs.
01:57Un mobilier qui est cohérent à la fois dans son implantation,
02:01dans ses matériaux, dans ses couleurs et surtout dans sa permanence en fait.
02:05Donc un banc public à Paris, ce n'est pas n'importe quel banc.
02:07Aujourd'hui, il y a en gros une quinzaine de modèles,
02:09mais dès le départ, tout a été très standardisé.
02:12Et le banc public parisien, il est vert, en bois, avec un pied en fonte.
02:17Le modèle le plus emblématique existe depuis les années 1850
02:20et s'appelle le banc Daviou, du nom de son inventeur, l'architecte Gabriel Daviou.
02:27C'est un banc double qui mesure 1 mètre de haut et 2 mètres 25 de large
02:31et qui permet à 6 personnes de s'asseoir en même temps.
02:34Il est constitué du double assise de lattes de bois peintes en verre
02:37de 2,25 mètres de longueur chacune, 14 cm de largeur et 54 mm d'épaisseur.
02:43Bands qui sont assez larges pour permettre le confort et l'assise,
02:46mais suffisamment fines pour permettre l'évacuation de l'appui.
02:48Dans les parcs et jardins parisiens, on trouve aussi le banc gondole
02:52qui est tout en courbe, mais c'est bien le modèle Daviou
02:55qui a été généralisé à l'ensemble de la ville.
02:57Et vous allez voir qu'à chaque fois qu'on a essayé de changer ce design,
03:00soit ça fonctionne moins bien, soit ça énerve les gens, soit les deux.
03:06Figurez-vous qu'il y a de ça à peine 16 ans,
03:08j'avais déjà cartographié les bancs publics en compagnie de Stéphane Malek
03:11et à l'époque, tout ça était très facile.
03:14Le jeu de données était en accès libre sur le site de l'Open Data de Paris.
03:18Sauf qu'aujourd'hui, tout est mélangé dans un seul jeu de données
03:21qui concerne l'ensemble du mobilier urbain
03:22et on ne peut pas distinguer une colonne Maurice d'un banc public.
03:25Bref, rien ne va plus.
03:27Je ne vous félicite pas l'Open Data de Paris.
03:28Mais heureusement pour nous, il y a L'Apure.
03:31L'Apure, c'est l'atelier parisien d'urbanisme
03:33et il propose tout un tas d'études et de données en accès libre sur leur site.
03:37Et ce qui nous intéresse aujourd'hui,
03:39c'est une publication de 2022 qui s'appelle
03:41L'Atlas du mobilier parisien.
03:43En explorant la carte interactive qui accompagne la publication,
03:46on trouve ce bouton.
03:48Il affiche tous les bancs publics de la capitale.
03:50Quelques petites manipses plus tard,
03:51on peut ouvrir dans QGIS le fichier
03:53qui contient les 12 528 bancs de la capitale.
03:57Les gars, je vous entends, vous vous dites déjà
03:58comment ça 12 528 bancs ?
04:00En introduction, le mec a parlé de 8 500 bancs à peine.
04:02Je m'en souviens très bien.
04:03Et vous savez quoi ?
04:04Vous avez raison.
04:06Parce qu'en fait, il y a deux types d'implantations à Paris.
04:09Les bancs situés dans la rue
04:10et ceux situés dans les parcs et jardins.
04:12Et si on les prend tous,
04:13il y en a en gros 12 000
04:15et si on exclut ceux des parcs et jardins,
04:17alors on tombe à environ 8 500.
04:18Comme je le disais dans l'intro.
04:20Et encore, je ne vous parle pas des bancs privés,
04:22ceux qui sont dans les arrêts de bus,
04:24dans les stations de métro,
04:25dans les gares
04:25et qui ne sont en fait pas gérés par la ville.
04:27Si on les ajoute eux aussi,
04:29on arrive plutôt du côté de 14 000.
04:31Alors est-ce que 14 000 bancs, c'est beaucoup ?
04:33Eh bien, en stock, pas vraiment
04:34si on le compare aux autres capitales européennes.
04:37Mais Paris est une ville minuscule.
04:39Donc ce qu'il faudrait regarder,
04:40c'est plutôt la densité de bancs.
04:42Ces cartes présentent 12 capitales européennes
04:44à la même échelle
04:45et elles sont colorées en fonction
04:47de la densité de bancs dans l'espace public.
04:49Plus la carte est foncée,
04:50plus la densité de bancs est importante.
04:52Déjà, vous voyez bien que Paris
04:54est une toute petite ville.
04:55Mais surtout,
04:56on voit que Paris est parmi les capitales
04:57les mieux pourvues d'Europe.
04:59On a notre carte des bancs,
05:00on a notre spécialiste.
05:01Normalement, on devrait pouvoir expliquer
05:03leur géographie sans trop de problèmes.
05:07Mettre les bancs sur une carte, c'est bien.
05:09Être en mesure d'expliquer
05:10pourquoi on les a mis là
05:11et pas autre part,
05:12c'est encore mieux.
05:13La première question qu'on peut se poser ensemble,
05:15c'est pourquoi et comment
05:16sont implantés les bancs à Paris ?
05:18On pourrait avoir une réponse
05:20évidente là-dessus.
05:20Ce serait,
05:22on pose les bancs là
05:24où ils sont le plus utiles.
05:25Et oui, on pourrait très bien se dire
05:26qu'on installe des bancs
05:27là où on en a besoin.
05:28Par exemple, une ville,
05:29c'est pas tout droit,
05:30ça monte et ça descend
05:31et il y a des parcours
05:32plus fatigants que d'autres.
05:32Première donnée d'utilité
05:34qu'on pourrait imaginer
05:36comme ça un peu naïvement,
05:37il y a des bancs là
05:38où la marche est fatigante.
05:40Donc, tu superposes
05:42l'implantation des bancs
05:42avec le relief.
05:43Il n'y a rien qui sort.
05:45Effectivement,
05:45on fait un petit tour dans QGIS,
05:47on superpose nos bancs au relief
05:48et on voit que ça n'explique rien du tout.
05:50Les points culminants de la capitale
05:52que sont Montmartre,
05:53Belleville, Chaillot
05:54ou encore la Butocaille
05:55ne sont pas plus dotés
05:56en bancs que les autres.
05:58Alors, ça doit être autre chose.
06:00Deuxième donnée,
06:01tu pourrais dire
06:03les bancs sont implantés
06:05là où il y a plus de personnes âgées.
06:07Sauf que toujours pas.
06:08On n'installe pas vraiment des bancs
06:09là où la population est la plus âgée.
06:11Il va encore falloir trouver autre chose.
06:13Dans le cité de la population non plus.
06:14Il n'y a pas plus de bancs
06:15parce qu'il y a plus de gens.
06:16Dans le cité de tourisme non plus.
06:18On se rend compte
06:19que les arrondissements centraux parisiens
06:21sont très peu pourvus de bancs
06:22par rapport aux arrondissements périphériques.
06:25Mais en fait,
06:25on peut chercher longtemps
06:26parce que contrairement au commerce
06:28ou au service
06:29et à pas mal d'autres choses,
06:30la géographie des bancs
06:31ne peut pas être expliquée
06:32par une seule donnée statistique.
06:34En fait, ce qu'il explique,
06:35on aurait même du mal
06:36à le faire rentrer dans un tableur
06:37puisqu'il s'agit du baron Haussmann.
06:44Avant 1850,
06:45il n'y avait pas de banc public à Paris.
06:47Et pire que ça,
06:48s'asseoir dans la rue
06:49était rare et hyper mal considéré.
06:51Un truc en gros de mendiant
06:52ou de vagabond.
06:53Les bourgeois en promenade
06:54à qui il prenait l'envie folle
06:56de s'asseoir pour se reposer un peu
06:57pouvaient faire appel
06:58à des loueurs de chaises
07:00présents dans les parcs et jardins
07:01et sur les lieux de promenade.
07:02Mais ce n'était pas le service public
07:04que c'est aujourd'hui.
07:05Mais Haussmann va tout changer.
07:07Avant lui,
07:08Paris était une ville médiévale.
07:09aux ruelles étroites
07:10et mal aérées.
07:11La population s'entasse,
07:13les maladies prospèrent
07:14et Haussmann se voit confier
07:16la mission d'aérer,
07:17unifier et embellir Paris.
07:19Et pour ça,
07:20il y a une donnée essentielle,
07:21c'est celle de la circulation.
07:23Sur la deuxième partie
07:24du 19e siècle,
07:25on a réorganisé la ville
07:27par l'espace public
07:28qui a réorganisé en fait
07:29la ville en termes de circulation,
07:31de circulation des hommes,
07:32de l'air,
07:33des réseaux,
07:34de l'eau, etc.
07:35Dans cette logique haussmannienne,
07:37tout ce qui circule est bon
07:38et tout ce qui stagne est mauvais.
07:40Donc, il faut déjà s'assurer
07:41que les véhicules et les piétons
07:42circulent de manière harmonieuse
07:44sur la chaussée,
07:45mais il faut aussi encadrer
07:47les moments de stagnation
07:48et donc de pause.
07:49Et pour ça,
07:50il faut semer des bancs
07:51partout sur les boulevards.
07:52On a accompagné
07:53l'aménagement de ces voies
07:54d'objets qui remplissent
07:56des fonctions
07:56dans l'espace public.
07:57Et donc,
07:58le banc est implanté
07:59dans cette logique
08:00d'aménagement
08:01de la voie urbaine moderne.
08:04Et c'est pour ça
08:04que sur notre carte
08:05des bancs publics,
08:06on voit hyper bien ressortir
08:07les percées
08:08et les créations haussmanniennes,
08:09comme par exemple
08:10la Place de l'Étoile,
08:11le boulevard Saint-Germain,
08:12le boulevard Voltaire,
08:13le boulevard Arago,
08:14etc.
08:15En installant ces bancs
08:16à intervalles réguliers,
08:17la ville a créé
08:18un nouveau droit,
08:20celui de s'arrêter gratuitement.
08:21Toutes ces nouvelles voies
08:22sont arborées,
08:23meublées,
08:24aérées,
08:25bref,
08:25agréables quoi.
08:26Elles vont finir
08:27par créer quelque chose
08:28qui n'existait jusque-là
08:29pas du tout,
08:30la promenade urbaine.
08:31Le banc est devenu
08:32un élément pivot
08:33de la flânerie,
08:34ce concept si parisien
08:36qui consiste à déambuler
08:37dans la ville
08:37sans but précis.
08:38Et il offre
08:39une hospitalité universelle
08:40à tous les passants
08:41de toutes les conditions.
08:42C'est un objet de relation
08:44à soi,
08:45d'une certaine façon,
08:46dans l'espace public.
08:47C'est la possibilité
08:48de s'extraire
08:49du flux de la rue,
08:50de s'extraire
08:51de la rue
08:51comme machine de circulation.
08:53Mais le banc
08:53est aussi un lieu
08:54de sociabilité,
08:55un lieu de rencontre,
08:56un lieu qui produit
08:57des histoires personnelles.
08:58On peut penser par exemple
08:59aux deux personnages
09:00de Flaubert,
09:01Bouvard et Pécuchet,
09:02qui se rencontrent
09:03sur un banc public
09:04du boulevard Bourdon.
09:05Mais le banc public
09:06est aussi un élément central
09:07de ce tableau
09:07de Gustave Caillebotte
09:08intitulé
09:09« Boulevard vu d'en haut ».
09:10On reconnaît super bien
09:11le banc d'aview en plus.
09:12Plus proche de nous,
09:13on peut aussi penser
09:14au film
09:14Forrest Gump.
09:17S'il ne s'était pas
09:18assis sur un banc,
09:19Forrest n'aurait rencontré
09:21et il n'aurait pas pu
09:21raconter son histoire.
09:23Pas de banc,
09:23pas d'histoire.
09:25Même chose pour
09:25Vernon Subutex,
09:26le personnage
09:27de Virginie Despentes
09:28qui finit toujours
09:29par se retrouver
09:29sur le même banc
09:30de la butte bergère
09:31ou pour les adolescents
09:32du film LOL
09:33sorti en 2009.
09:35Alors comme ça,
09:35au pays des bancs publics,
09:36tout est beau,
09:37tout est rose ?
09:38Eh ben non,
09:39justement.
09:39Et c'est là
09:40le paradoxe des bancs publics.
09:43Si le banc me permet
09:45de m'approprier
09:46l'espace public,
09:46alors il permet aussi
09:47aux autres de le faire.
09:49Et ça,
09:49c'est pas facile à accepter.
09:51C'est toute l'ambivalence,
09:52en fait.
09:53C'est à la fois
09:53la possibilité
09:54de l'appropriation
09:55de l'espace public
09:56et en soi,
09:57c'est un objet
09:57qui est désiré
09:59et qui a une forte charge
10:00sentimentale,
10:01mais par sa faculté
10:03à être approprié
10:04par nous,
10:04il l'est aussi
10:05par les autres
10:05et donc sous,
10:06ça nous renvoie
10:07à l'image de l'autre
10:08dans l'espace public.
10:09Et l'image de l'autre
10:09dans l'espace public,
10:10c'est pas toujours positif.
10:12En fait,
10:13ça dépend déjà
10:13de quel autre on parle
10:14parce qu'on n'est pas tous
10:15égaux face au banc.
10:16Il y a ceux qui peuvent s'asseoir
10:17et ceux qui peuvent pas.
10:19Et tout ça
10:19ne date pas d'hier.
10:20Lorsque Brassens
10:21écrit
10:22Les amoureux
10:22des bancs publics
10:23en 1949,
10:24le banc public
10:25a déjà une image canaille.
10:27Les amoureux s'y embrassent
10:28et se fichent pas mal
10:29du regard oblique
10:30des passants honnêtes.
10:31En se foutant pas mal
10:32du regard oblique
10:33des passants honnêtes.
10:36Sauf que
10:36les passants honnêtes,
10:37autant ils peuvent faire
10:38avec les jeunes
10:38qui s'embrassent,
10:39autant il y a
10:40d'autres catégories
10:40de personnes
10:41pour qui c'est carrément
10:42au-dessus de leur force.
10:42Le terme qu'on emploie
10:43c'est les indésirables.
10:45Les personnes
10:46qui sont vues
10:46comme indésirables
10:47par certains acteurs
10:48qu'ils soient publics
10:49ou privés.
10:50Alors les publics indésirables,
10:51on peut dire
10:52de quoi on parle.
10:53On parle des sans-abri,
10:55du regroupement
10:56de jeunes hommes,
10:58de personnes
10:59qui occupent
11:00l'espace public la nuit,
11:01qui peuvent faire du bruit,
11:02etc.
11:02En gros,
11:03le banc public,
11:03c'est chouette pour moi,
11:04mais très peu pour les autres,
11:05merci bien.
11:06Les adversaires du banc
11:07ont donc deux solutions.
11:09Soit on le déplace,
11:10par exemple en 2015,
11:11la mairie de Perpignan
11:12prend la décision
11:13de supprimer
11:14ces bancs publics
11:15pour éviter des nuisances.
11:16Un an plus tôt,
11:17en 2014,
11:18c'était Angoulême
11:19qui avait posé
11:20en plein hiver
11:21des grillages anti-SDF
11:22sur neuf bancs
11:23de son centre-ville,
11:24déclenchant un véritable
11:25tollé.
11:26Et l'autre solution,
11:27elle est beaucoup plus perverse.
11:29Il s'agit de dénaturer le banc.
11:31Et donc c'est là
11:32où on retrouve
11:32toutes les petites mesquineries
11:34et les petites innovations
11:37de design
11:38qui sont les assises individuelles.
11:41On dit que ça favorise
11:43la relation sociale,
11:45mais on sait pourquoi
11:45il y a des assises individuelles.
11:46Les petits assis debout,
11:48les petites bulles
11:48dans le métro,
11:49et puis les bancs
11:50avec des petits accoudoirs
11:52au milieu
11:52qui empêchent
11:53de s'allonger.
11:55En cherchant à rendre
11:56le banc
11:56le moins accueillant possible,
11:58on touche parfois
11:59à l'absurde le plus total.
12:00Par exemple,
12:01vous avez déjà entendu parler
12:02du Camden Bench.
12:04C'est un banc
12:04qui est installé
12:05à Camden, à Londres,
12:06à partir de 2012,
12:07et qui est un merveilleux exemple
12:09d'architecture hostile.
12:10Son but ?
12:11Être le moins confortable possible.
12:14Pan coupé ou biseauté,
12:16impossibilité de s'allonger
12:17ou de s'asseoir confortablement.
12:19Bref,
12:20c'est le banc
12:20le plus nul du monde.
12:22Et il a été créé
12:23justement pour ça.
12:24Le banc est donc clivant
12:25jusque dans son design.
12:27En 2021,
12:28un banc d'avion
12:29est mis aux enchères
12:30et des parisiens
12:30se cotisent pour le racheter
12:32et l'offrir à la mairie
12:33afin qu'il soit réinstallé.
12:35Il regrettait l'image
12:35d'un Paris d'antan
12:37largement fantasmé
12:38et l'installation
12:39de nouveaux designs de bancs
12:40comme sur la nouvelle place
12:41de la République.
12:43À la fois beau et adoré,
12:44moche et décrié,
12:46accueillant
12:46et franchement hostile,
12:48le banc public
12:48est un symbole
12:49de la ville de Paris
12:50mais raconte aussi
12:51beaucoup de son développement
12:52et de sa géographie.
12:54Y aura-t-il encore
12:54des bancs publics
12:55dans le futur ?
12:56Pas sûr.
12:56Même si,
12:57en 1964,
12:58on se posait déjà la question
12:59et qu'ils sont pourtant
13:01toujours là depuis.
13:01Il est question d'interdire
13:03les bancs publics aux amoureux.
13:05Qu'est-ce que vous en pensez ?
13:07Vous savez,
13:07je ne lis pas beaucoup
13:08les journaux.
13:09Ce n'est pas tellement au courant.
13:10Je trouve qu'on est vraiment bien là.
13:12Moi, je trouve
13:13qu'il faut laisser
13:13les bancs publics aux amoureux
13:15car s'il n'y en avait pas eu,
13:16je ne me serais pas
13:17peut-être jamais marié.
13:18Ah oui.
13:19Mes petits cartos chatons,
13:19vous savez,
13:20c'était une vraie galère
13:21de réunir cette base de données
13:22sur les bancs publics.
13:23Donc, si vous avez envie
13:24vous-même de les cartographier,
13:25de les analyser ou quoi,
13:26vous m'envoyez un petit mail
13:27et puis moi,
13:28je vous transfère la base de données.
13:29Il n'y a pas de problème.
13:30C'est cadeau.
13:31On des petites gueules
13:31bien sympathiques.
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