- il y a 7 heures
Avec Frédéric Mazzella, président-fondateur de Blablacar et de Dift
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00:00Musique
00:39Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau numéro du Club Les Echos.
00:45Je suis Charlie Perrault, chef du service TechMedia, start-up aux échos.
00:49Et donc à l'occasion de la dixième édition de VivaTech qui s'est achevée samedi dernier,
00:54on va revenir un peu sur ce qui s'est passé ces dix dernières années dans la French Tech
00:59et aussi un petit peu ce qui va se passer dans le futur.
01:02Donc pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir avec moi aujourd'hui Frédéric Mazzella,
01:07cofondateur de Blablacar et de Dift.
01:09Nous allons parler de ce qu'on a pu réussir ces dernières années,
01:13ce qu'on a raté et ce qu'on n'a pas encore osé dans la tech française.
01:18Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation Frédéric.
01:21Et merci aussi à notre partenaire Wavestone.
01:25Alors d'ailleurs, vous pouvez aussi poser vos questions à Frédéric sur l'adresse du club,
01:32clublesechos.fr.
01:33Et à la fin de la séquence, c'est moi qui lui poserai les questions que je pourrais recevoir sur
01:40la tablette.
01:40Alors en dix ans, le visage de la French Tech a complètement changé.
01:45Alors je ne vais pas vous bombarder de chiffres, mais quelques-uns.
01:49En 2015, 1,81 milliard d'euros levés par les startups françaises.
01:54En 2025, on était à 7,4 milliards et on a même connu un pic.
01:59Alors là, c'était une année assez exceptionnelle à 13,5 milliards en 2022.
02:05L'écosystème s'est vraiment agrandi, que ce soit en nombre de startups.
02:09On est autour de 20 000, mais aussi de financeurs.
02:12Et l'emploi n'a cessé de croître pour atteindre 450 000 emplois directs.
02:17Et on ne compte même pas tous les emplois indirects qui ont été générés.
02:22Est-ce que, alors, avec tous ces chiffres, Frédéric,
02:24est-ce qu'on peut dire qu'on a réussi, ce pari, de faire de la France un pays de
02:29tech ?
02:30On a réussi à créer un mouvement, déjà.
02:32C'est pas mal, et c'est pas seulement en 10 ans.
02:34Ça a quand même commencé avant.
02:35Si on prend, ne serait-ce que l'exemple de BlaBlaCar, on arrive sur nos 20 ans.
02:39Donc, en fait, le mouvement de la tech et de la volonté, quelque part,
02:43depuis la France, de créer des plateformes, des services à vocation globale
02:48et basés sur la technologie, c'est quand même un mouvement de fond.
02:51Donc ça, on a réussi à lancer quelque chose.
02:54Vous l'avez dit, sur notamment les chiffres,
02:57les financements ont été multipliés par 4 sur les 10 dernières années.
03:01Donc, c'est quand même significatif pour, justement, venir financer cette ambition-là.
03:06On a aussi, aujourd'hui, si on regarde l'emploi, c'est 1,5 million de personnes, quasiment,
03:10qui travaillent pour la tech en France.
03:12Enfin, 1,450 million et plus de 50 000 nouveaux emplois créés chaque année.
03:15Donc, en fait, on a une dynamique.
03:17On est même un des très grands, voire le premier secteur qui crée des emplois,
03:21et notamment des emplois nets comme industrie pour le futur.
03:27Donc, on a réussi ça.
03:29On a réussi à enclencher cela, c'est-à-dire qu'on n'a pas stagné.
03:34Cela dit, quand on regarde par rapport aux autres plaques géographiques,
03:38on va quand même moins vite que d'autres zones extra-européennes.
03:43C'est-à-dire que les États-Unis, la Chine, vont plus vite que nous,
03:46ont beaucoup plus d'investissements,
03:48beaucoup plus rapidement pour le développement de leur écosystème aussi.
03:51Ils investissent beaucoup plus massivement que nous.
03:54Ce n'est pas du tout les mêmes ordres de grandeur financiers.
03:57Donc, voilà, je pense qu'on va parler de ce qu'on a réussi,
04:00on va parler de ce qu'on n'a pas réussi,
04:02et de ce qu'il faudrait oser ou de ce qu'on n'a pas encore osé.
04:04Mais il y a une bonne dynamique.
04:07Il y a surtout, moi, je trouve, la notion que l'entrepreneuriat, c'est attirant.
04:12Et c'est attirant pour la nouvelle génération.
04:14Ça, ça a changé aussi.
04:15C'est-à-dire que, enfin, moi, je me souviens,
04:17quand j'ai commencé à être entrepreneur,
04:19je voyais des gens qui ouvraient grand les yeux devant moi
04:22et qui étaient très étonnés de voir que quelqu'un
04:24qui pouvait avoir un parcours potentiellement tout tracé
04:27avec des bonnes études et puis un travail, comment dire,
04:30fixe dans une société, dans une grande société,
04:35pouvait décider d'aller créer une société.
04:37Ça semblait paradoxal, parce qu'on se disait,
04:41si on va créer une société, c'est qu'on n'a rien de mieux à faire.
04:44Aujourd'hui, créer une société, c'est quand même devenu, justement,
04:48quelque chose de très enviable et, en tout cas, très attirant
04:52pour la nouvelle génération.
04:53Et ça, c'est clairement un changement.
04:55C'est clairement positif pour moi, parce que je me dis,
04:57bon, la nouvelle génération a envie d'aller créer la valeur de demain.
05:01Donc ça, c'est très positif.
05:02Oui, on le disait, d'ailleurs, la semaine dernière,
05:04on a publié une interview de Fred Potter,
05:07qui est un des cofondateurs de Netatmo et WeSings.
05:10Et comme il disait, il y a 20 ans, quand on disait,
05:11« je vais être entrepreneur », on pensait que j'allais poser du carrelage.
05:15Alors qu'aujourd'hui, on dit entrepreneur,
05:16on pense d'ailleurs un peu plus, forcément, à la tech, aux start-up.
05:20C'est ça. Et il y a ce côté nouveauté qui est positif aujourd'hui,
05:23alors que je trouve que quand on mentionnait quelque chose de nouveau
05:27il y a 10, 15, 20 ans,
05:30on était face à beaucoup d'inertie, de conservatisme,
05:35de réticence, de peur.
05:37Enfin, moi, je ne compte pas le nombre de personnes
05:39qui m'ont regardée avec beaucoup de compassion dans les yeux
05:41quand je leur expliquais ce que je voulais faire,
05:43parce qu'elles se disaient,
05:44« Ah, c'est dommage, il était bien parti,
05:46il fait des bonnes études,
05:47et là, il décide de créer quelque chose qui ne va pas marcher. »
05:51Ça, ça a changé.
05:52C'est grâce à quoi, en fait,
05:53qu'aujourd'hui, on a cet écosystème ?
05:55À qui ?
05:56Est-ce que c'est, merci BPI France,
05:58qui est un gros financeur ?
06:00Merci Emmanuel Macron,
06:01qui a beaucoup poussé la Startup Nation.
06:03Merci les entrepreneurs, peut-être aussi,
06:05de l'ancienne génération.
06:06C'est grâce à qui ?
06:07Oui, c'est un petit peu tout ça.
06:08C'est un petit peu tout le monde,
06:09parce que, justement,
06:10cette notion, de toute manière,
06:11que pour créer de la valeur pour le pays
06:13ou dans le futur,
06:13il faut investir sur l'innovation et le progrès,
06:15je pense que c'est quelque chose
06:17qui paraît évident quand on l'explique,
06:19parce qu'on parle souvent de partage de valeur,
06:21mais enfin, avant de pouvoir partager de la valeur,
06:23il faut en créer.
06:23Pour en créer, il faut aller innover,
06:25il faut faire quelque chose de nouveau
06:26qui va justement créer de la valeur ajoutée
06:28par rapport à ce qui existe.
06:30Donc ça, c'est quelque chose qui est venu.
06:31Et donc, si on regarde,
06:33que ce soit France Digitale ou la French Tech,
06:36c'est des créations autour de 2012,
06:38donc ça fait presque 14 ans.
06:40La BPI, bon, elle a changé de nom.
06:42Avant, c'était OSEO,
06:44c'est devenu BPI,
06:45c'est à peu près à ce moment-là aussi,
06:47c'est à peu près le même moment.
06:48Donc tout ça, c'est, on va dire,
06:502012, 2013, 2014.
06:53Ça a été...
06:53Donc, il y avait déjà des sociétés,
06:55évidemment, tech aussi,
06:56qui étaient en pleine croissance.
06:58Blablacar en faisait partie,
06:58mais pas seulement.
06:59Doctolib était en train de grandir aussi.
07:02Voilà, on a eu plusieurs sociétés comme ça
07:04qui avaient montré, quelque part,
07:07que c'était possible aussi
07:07d'aller grandir en partant de la France
07:12vers une ambition globale.
07:14Donc ça, c'est très important.
07:16Et puis ensuite, il y a eu effectivement,
07:18dans la lancée,
07:20l'élection d'Emmanuel Macron,
07:21qui effectivement a beaucoup poussé aussi
07:23pour cette forme d'innovation,
07:25parce qu'évidemment,
07:26c'est les emplois de demain.
07:27Donc, c'est important d'aller s'y intéresser.
07:30Et voilà, on voit le résultat.
07:32On crée...
07:32Enfin, c'est une industrie
07:33qui crée beaucoup d'emplois
07:34et qui crée des emplois
07:35qui n'existaient pas il y a quelques années.
07:37Ce qu'il faut voir,
07:37c'est que tous les emplois
07:37qui sont créés là,
07:39si on regarde,
07:40il y en a entre un tiers et la moitié
07:42qui, il y a cinq ans,
07:43n'existaient pas ou à peine.
07:45Enfin, on commençait à peine
07:46à comprendre ce que c'était
07:47que ces métiers-là.
07:48Donc, on est vraiment
07:48dans une transformation sociétale importante
07:51qui est poussée par, justement,
07:54l'innovation
07:54qu'on est capable de déployer.
07:57C'est d'autant plus important
07:58d'aller investir sur ce secteur-là,
08:00de débloquer aussi tous les fonds
08:02qui peuvent servir
08:04à aller construire ce futur-là.
08:07Voilà, si on regarde au niveau de l'Europe,
08:08on a plus de 35 000 milliards
08:10qui sont stockés en épargne.
08:14Bon, on n'en aiguille pas encore
08:15beaucoup vers l'innovation.
08:16On devrait,
08:17parce que si on regarde
08:18les autres plaques géographiques,
08:20que ce soit la Chine ou les États-Unis,
08:21ils arrivent à débloquer ces fonds
08:22qui sont placés
08:23pour aller les investir sur leur futur
08:25et pas seulement
08:26sur des placements
08:27peut-être un peu plus sécurisés
08:29ou en tout cas prédictibles.
08:32Quand je dis sécurisés,
08:33ça veut juste dire aussi
08:33que malheureusement,
08:34ils ont des rendements moindres,
08:35mais ils ne sont aussi
08:37pas contributeurs
08:39de la création de valeurs futures.
08:40Ils sont juste des placements.
08:42Nous, il faut vraiment
08:43on aisse cet état d'esprit-là,
08:45mais on en parlera après,
08:46d'aller plus investir
08:47sur notre futur.
08:48Est-ce qu'il y a eu un moment,
08:50un événement un peu marquant
08:51qui fait que ça y est,
08:53on a pris un peu
08:53la French Tech au sérieux,
08:55que tout s'est un peu accéléré ?
08:57Est-ce que,
08:57moi, je me souviens
08:58de notamment
08:59l'entrée en bourse
09:01de Criteo,
09:01c'était un événement à l'époque.
09:03Est-ce qu'il y a eu
09:03des événements comme ça ?
09:04Je pense qu'il y a eu,
09:06justement,
09:06je parlais de Doctolib,
09:08mais aussi,
09:09que ce soit Backmarket
09:10ou même Alan,
09:13récemment.
09:15on voit qu'il y a
09:16beaucoup de sociétés
09:17qui commencent à avoir
09:18des détails
09:19très, très importants,
09:20très respectueuses,
09:22très respectées,
09:23je veux dire.
09:24Et, bon,
09:24Mistral aussi,
09:25évidemment,
09:26récemment a montré
09:27que c'était possible
09:27depuis la France
09:28de créer
09:30une intelligence artificielle
09:31qui soit compétitive
09:34au niveau international.
09:35Bon,
09:35on a vu AmiLabs,
09:37là, récemment,
09:37qui vient de se créer aussi
09:38sur la base des World Models,
09:40qui montre que,
09:41d'une part,
09:41on peut lever de l'argent
09:42pour des projets ambitieux,
09:43d'autre part,
09:43on peut aussi avoir
09:44des idées très nouvelles
09:46sur un sujet
09:47extrêmement contemporain,
09:48parce que les World Models,
09:49c'est vraiment quelque chose
09:50qui, normalement,
09:51doit être vraiment différent
09:52de ce qui a été fait
09:53jusqu'à maintenant
09:53et qui, pourtant,
09:54a un potentiel prometteur,
09:55même si on ne sait pas
09:56encore exactement
09:56quelle forme ça va prendre.
09:58Donc, il y a des signaux
10:00comme ça,
10:00notamment récemment,
10:01qui montrent que,
10:02justement,
10:02l'écosystème français
10:04sait produire des choses
10:05impactantes,
10:06intéressantes.
10:08Après,
10:08je pense que c'est là
10:09la force de la chose,
10:10c'est tout un écosystème,
10:11ce n'est pas juste
10:11un événement.
10:15Je pense tout le monde
10:16à son poste
10:16qui s'est dit
10:18que, justement,
10:19il y avait quelque chose
10:20à faire ensemble.
10:20C'est ça, la beauté.
10:21Et si on prend une autre action
10:23dans laquelle je suis très impliqué,
10:25moi, qui est France Digitale,
10:26on voit que le collectif
10:27France Digitale,
10:28c'est vraiment quelque chose
10:29qui a vocation
10:30à aider,
10:31à entraider tout le monde,
10:32faire en sorte que
10:33les connaissances
10:34passent rapidement aussi
10:35d'une société à une autre,
10:36parce qu'on est tous
10:37en train d'apprendre
10:38à vitesse grand V
10:41comment construire
10:42ces sociétés de demain,
10:43comment construire
10:44cette valeur-là.
10:45Et donc,
10:46ce que l'on fait,
10:46c'est qu'on fait passer
10:47la connaissance
10:48entre les mêmes fonctions.
10:49Donc, par exemple,
10:50on rassemble
10:50tous les directeurs financiers
10:52ensemble
10:53pour qu'ils partagent
10:54leur expérience,
10:55on rassemble
10:55tous les directeurs marketing
10:57ensemble
10:57pour qu'ils partagent
10:58leur méthode,
10:59on fait ce genre
11:00de choses-là.
11:00et ça,
11:01c'est véritablement
11:03la marque
11:04d'un écosystème
11:05qui grandit
11:07et qui grandit ensemble.
11:08Donc, j'ai du mal
11:09à désigner une personne
11:11ou un mouvement,
11:12tout le monde s'y est mis
11:13parce que c'était attirant,
11:15ça l'est toujours,
11:16et parce que c'était nécessaire
11:18aussi, je pense,
11:19pour notre pays.
11:20Et le paysage aussi
11:22de la French Tech
11:23a évolué aussi
11:24dans le sens
11:25où il y a peut-être
11:26dix ans,
11:26on avait beaucoup
11:27de logiciels,
11:28de places de marché,
11:30comme Blablacar.
11:31Et aujourd'hui,
11:32on voit beaucoup
11:33de choses dans l'industrie,
11:34dans tout ce qui va être
11:34la deep tech,
11:35donc c'est les innovations
11:36de rupture,
11:36ça s'est aussi
11:37énormément diversifié
11:38quand même.
11:39Oui, oui,
11:39en deep tech,
11:40on a plus de 400
11:41nouvelles créations
11:42d'entreprises par an
11:43dans ce secteur-là,
11:44donc c'est très actif.
11:45Effectivement,
11:46c'est un autre domaine.
11:47Alors, justement,
11:47c'est une autre manière
11:48d'industrialiser
11:49ou réindustrialiser
11:50aussi parfois le pays.
11:52Alors, on l'a vu
11:52avec les batteries,
11:53on l'a vu avec
11:53d'autres sujets
11:56qui sont extrêmement importants
11:58pour la structure
11:58du tout.
11:59C'est complémentaire.
12:04Évidemment,
12:05il ne faut pas tout miser
12:06sur le software,
12:07sur le logiciel.
12:09Il faut véritablement
12:10aller construire
12:11les basiques,
12:12les fondamentaux aussi,
12:13même si c'est également
12:14un domaine
12:15sur lequel, bon,
12:16on a pris
12:17un certain retard aussi.
12:19Donc, on est en train
12:20de prendre conscience
12:21de tout ça
12:21et de rattraper,
12:23de former
12:23tout ce qui doit l'être
12:24partout.
12:25Vous êtes optimiste aussi
12:26pour la nouvelle génération
12:27d'entrepreneurs
12:28qui arrivent ?
12:29Alors, moi, je suis...
12:31Toujours optimiste ?
12:31Moi, je suis toujours optimiste
12:32et c'est le problème.
12:33On peut me poser la question.
12:34Moi, je suis toujours optimiste
12:35et c'est peut-être ça
12:35qui me fait avancer aussi
12:37tous les jours
12:37parce qu'en tant qu'entrepreneur,
12:38de toute manière,
12:39on rencontre tellement
12:39d'obstacles tous les jours
12:40que la meilleure manière
12:41de les passer,
12:42c'est forcément d'être optimiste
12:43par rapport à tous ces obstacles-là.
12:46Donc, on trouve toujours
12:47des solutions pour passer
12:49parce qu'il y a aussi
12:50cette conviction.
12:51En tant qu'entrepreneur,
12:52moi, je sais que la moitié
12:53de la réussite,
12:53c'est l'envie de réussir.
12:54Donc, si déjà,
12:55on n'a pas envie de réussir,
12:56ça veut dire qu'on n'est
12:56pas très optimiste
12:57et si on n'est pas très optimiste
12:58qu'on n'a pas envie de réussir,
12:59on se prive de la moitié
13:01de l'énergie qu'il faut
13:02pour réussir.
13:02Donc, c'est quand même dommage.
13:04Donc, voilà.
13:05Alors, après,
13:05si j'essaye d'être
13:06un petit peu plus,
13:07comment dire,
13:08objectif,
13:09si je ne pense pas
13:09à la manière
13:10avec laquelle moi,
13:10je me motive.
13:11Oui, je pense qu'on a des raisons
13:13d'être objectif,
13:14mais ça n'empêche
13:15d'être optimiste.
13:17Mais être optimiste
13:18ne veut pas dire
13:19manquer de pragmatisme.
13:21On a beaucoup de retard.
13:22On a beaucoup de lacunes.
13:25Et surtout,
13:26si on regarde bien,
13:27et en plus,
13:27c'est un sujet
13:28qui vient très, très fortement
13:29actuellement
13:30par rapport à la souveraineté,
13:31on utilise énormément d'outils
13:33qu'on ne produit pas,
13:35qu'on ne maîtrise pas,
13:36dont on est donc dépendant.
13:38Mais que ce soit
13:39dans nos vies personnelles,
13:40tous les jours,
13:40on utilise tous des outils,
13:42notamment principalement américains,
13:43mais parfois aussi en hardware,
13:44évidemment chinois,
13:47et pas suffisamment d'outils,
13:50j'allais dire français,
13:50mais en fait surtout européens.
13:52Et donc,
13:53par rapport à ça,
13:55dans les lacunes qu'on a,
13:56non seulement il y a ce fait
13:57qu'on n'utilise pas
13:58assez de solutions,
13:58mais je pense qu'il y a aussi
13:59le fait qu'on n'a pas réussi
14:04à faire en sorte
14:05que tout le monde ait envie
14:07d'acheter des produits européens,
14:09des produits ou des services.
14:11Et ça, ça vient probablement
14:13de quelque chose
14:13qui n'est pas que la tech,
14:15qui est aussi la nécessité
14:17d'unification
14:17et de vision européenne,
14:22globale,
14:23et ça ne concerne pas que la tech.
14:24Ça concerne le sentiment
14:26d'appartenance européen.
14:27Ça va beaucoup plus loin
14:28que juste la tech.
14:31Et l'envie de chacun
14:32de nos constituants européens
14:34d'avoir une Europe forte.
14:37Tout est lié, on peut dire,
14:38mais je ne sais pas
14:39si on peut réussir
14:40à développer une tech européenne forte
14:43sans avoir une vision politique européenne
14:45qui va plus loin
14:46que ce qu'elle fait aujourd'hui
14:47et qui donne envie d'Europe
14:48à tout le monde.
14:49Ça me fait une très bonne transition
14:51sur ce qu'on a un peu raté
14:52ces dix dernières années.
14:54C'est un peu l'homogénéisation
14:55au niveau européen.
14:56C'est-à-dire qu'en fait,
14:57les startups nous disent souvent
14:58que c'est plus simple
14:59d'aller aux États-Unis
15:00que d'aller me développer
15:01en Espagne et en Allemagne.
15:03Oui, c'est-à-dire que
15:04l'image que je prends parfois,
15:05c'est que développer une société
15:07aux États-Unis
15:07sur un marché de 300 millions
15:08de personnes
15:10qui est très unifié,
15:11c'est courir un 100 mètres.
15:13Et puis,
15:14développer une société
15:16depuis la France
15:17dans les 27 États,
15:20c'est courir un 110 mètres haies
15:22avec 27 haies.
15:24Sauf que forcément,
15:25c'est plus compliqué.
15:26On va moins vite.
15:27Donc, c'est exactement ça
15:28qui se passe.
15:29Pourquoi ?
15:29Parce que chaque pays
15:30a des régulations
15:32encore différentes,
15:33que ce soit sur les taxations
15:34de tout, d'ailleurs,
15:35des taxes normales TVA
15:36ou la taxation du travail,
15:39que ce soit sur,
15:40parfois, les monnaies,
15:41que ce soit sur des règles,
15:44tout simplement,
15:44même le droit du travail
15:45qui est très différent,
15:46que ce soit ensuite
15:47sur la manière
15:47de faire corps
15:49avec une société,
15:50c'est-à-dire
15:50de motiver
15:51tout l'ensemble
15:52des collaborateurs
15:53de la même manière.
15:54c'est très différent.
15:55On parle souvent
15:55des stock options,
15:56mais en fait,
15:56le traitement des stock options
15:58est différent
15:58suivant les pays.
15:59Et donc, en fait,
16:00parfois,
16:01on a envie d'aller
16:03mobiliser tout le monde
16:04sur la création de valeur
16:05que l'on fait ensemble
16:06avec des mécanismes
16:07qui sont les stock options
16:09ou en France,
16:09les BSPCE.
16:12mais le traitement,
16:13notamment fiscal
16:14de ces stock options
16:16n'est pas le même partout.
16:18Donc, en fait,
16:18tout le monde n'est pas
16:19incité de la même manière.
16:20Donc, c'est difficile
16:23de rassembler
16:23et de mobiliser
16:24tout le monde
16:25autour de réalités
16:28qui sont différentes.
16:29Je parle notamment
16:30du fait que les taxations,
16:31parfois,
16:32arrivent à...
16:32Alors, ça devient
16:32un peu technique,
16:33mais elles arrivent
16:33à l'octroi
16:34ou elles arrivent
16:34à l'exercice
16:35ou à la distribution.
16:36Mais rien que ça,
16:37ça change le degré
16:38de motivation.
16:38C'est-à-dire qu'il y a
16:39des gens à qui,
16:39quand on leur donne
16:40des stock options,
16:41ils doivent payer
16:41des taxes immédiatement
16:42alors que la valeur
16:42n'a pas encore été créée
16:43dans certains pays.
16:44Donc, ça,
16:45ça peut être un frein.
16:46Donc, il faut uniformiser
16:46tout ça.
16:47Il y a aussi le fait,
16:48évidemment,
16:49que...
16:50Et ça, c'est la cheminée
16:52d'aspiration
16:53de tout l'écosystème aussi.
16:55Nos marchés financiers
16:56ne sont pas unifiés.
16:57On n'a pas de Nasdaq européen.
16:58Enfin, ça, on le dit
16:59depuis très, très, très longtemps.
17:02Maintenant, ça fait 10, 15 ans
17:03que vraiment,
17:03ce sujet-là
17:04est quand même
17:05connu de tout le monde.
17:06Et ça fait quoi ?
17:06Ça fait que notre grille
17:08globale de création
17:09de valeurs européennes,
17:11notamment par la tech,
17:12n'est pas très lisible
17:13depuis l'international
17:14parce que si on a envie
17:14d'investir sur une société
17:15européenne,
17:16on ne sait pas trop bien
17:17où elle est.
17:17Alors, je sais bien
17:17qu'il y a Euronex,
17:19qu'il y a Edoche-Berce,
17:20qu'il y a LSI,
17:21bon, il y a différents marchés.
17:23Mais justement,
17:24il y a différents marchés
17:25et cette unification-là,
17:27tout le monde en parle,
17:28mais on ne l'a toujours pas.
17:29Et ça complique
17:30la grille de lecture
17:32et donc ça complique
17:33la possibilité
17:34de recevoir
17:35des financements,
17:36notamment internationaux,
17:37parce que quand on s'intéresse
17:39à une société,
17:40il va falloir aller voir
17:40sur quelle place de marché
17:41elle est cotée,
17:41quand elle est cotée.
17:42Et puis,
17:43en ne rassemblant pas
17:44les ressources,
17:45on a aussi la problématique
17:46de ne pas disposer
17:47de suffisamment d'experts
17:49de certains domaines
17:49puisque chacun
17:50sont reliés
17:50à différentes places de marché
17:51et pas nécessairement unifiés.
17:53Donc ça,
17:54c'est aussi un autre problème.
17:55Donc, il y a beaucoup
17:56de problématiques
17:58qui doivent être résolues
17:59au niveau Europe
18:00qui ne sont pas technologiques
18:02avant de pouvoir imaginer
18:04qu'on est capable
18:05de créer
18:05un poumon
18:07très, très puissant
18:08pour la création
18:09de valeurs
18:10Made in Europe.
18:11Et c'est ce qui fait aussi
18:13alors, du coup,
18:13qu'on n'a pas
18:15aujourd'hui,
18:15enfin très peu,
18:16voire même,
18:17il n'y en avait pas eu
18:18l'année dernière,
18:19de start-up
18:20qui entrent en bourse.
18:21Les sorties en général,
18:23ce que soit
18:23les fusions ou acquisitions
18:25ou les introductions
18:26en bourse
18:26sont quand même
18:27très, très rares.
18:28En tout cas,
18:28les belles,
18:29si je puis dire,
18:30les grosses
18:30qui permettent après
18:31de réinjecter
18:32aussi de l'argent
18:32dans l'écosystème,
18:33ça, c'est aussi
18:33un point faible
18:35qu'on a.
18:36Oui, c'est sûr.
18:37C'est-à-dire que
18:39cette boucle-là,
18:40parce que ce qu'il faut
18:41voir, c'est évidemment,
18:41enfin, je pense que
18:42beaucoup de gens
18:43se sont familiers de ça,
18:44mais je vais reprendre
18:44le schéma.
18:45Enfin, une société,
18:46quand elle démarre,
18:46elle va chercher
18:46de l'argent d'abord
18:48auprès de Business Angels
18:49ou de Friends and Family,
18:50comme on dit.
18:50Donc, en fait,
18:51les gens qui sont
18:51un petit peu autour
18:52et qui ont envie
18:52que le projet se fasse.
18:55Ensuite, on peut avoir
18:55des investisseurs
18:56de série A, série B,
18:57série C, série D
18:58qui sont de plus en plus grands
18:59et puis ensuite,
19:00on peut penser
19:00à une IPO,
19:02enfin, une introduction
19:02en bourse.
19:03Et tout ça,
19:03c'est une chaîne
19:04de financement
19:05où, quelque part,
19:06les investisseurs
19:07se passent le relais.
19:08C'est assez rare
19:09des gens qui sont au début
19:10et qui sont jusqu'à la fin.
19:11En fait,
19:13les investisseurs du début
19:14qui étaient des petits investisseurs
19:15sortent en général
19:16en cours de route
19:16et puis ensuite,
19:18quand il y a une entrée
19:18en bourse,
19:18c'est plutôt
19:19les derniers investisseurs
19:21qui, eux,
19:21vont pouvoir avoir
19:22de la liquidité.
19:23Mais tout ça,
19:24ça se suit
19:24et quand, effectivement,
19:25la cheminée, tout en haut,
19:26elle n'est pas ouverte,
19:27c'est-à-dire qu'on en parlait,
19:28on n'a pas un ASDAQ européen,
19:30on n'a pas quelque chose
19:32qui est un aspirateur
19:33à capitaux
19:36pour, justement,
19:37aller financer
19:37la suite de la croissance
19:38des sociétés,
19:40ça bloque un petit peu
19:41toute la chaîne.
19:42Donc, tout ça,
19:43ça mérite...
19:43Alors, il y a beaucoup de choses
19:45qui ont été améliorées
19:46quand même.
19:46Évidemment,
19:47on parlait de la taille
19:48des financements
19:48qui a quand même
19:49bien augmenté
19:50en 10 ans
19:51ou en 15 ans.
19:53mais c'est presque
19:54le début de la chaîne.
19:55Après la fin de la chaîne,
19:56pour les très gros tours,
19:58les sociétés sont encore
19:59très souvent obligées
19:59d'aller chercher
20:00quand elles veulent lever
20:0250, 80, 100,
20:04200 millions ou plus.
20:06Ces montants-là,
20:07très souvent,
20:07il faut aller les chercher
20:08en dehors de l'Europe.
20:09c'est assez difficile
20:09de trouver des investisseurs
20:11sur les sociétés
20:12de type nouvelle technologie
20:13qui vont être capables
20:14de mettre ces sommes-là.
20:15Alors, il y a des exceptions.
20:16On a vu Amilabs
20:17qui a été capable
20:18de lever beaucoup
20:19dès le début.
20:22Mais voilà, il y a...
20:23Très peu de sociétés
20:24de gestion,
20:25en plus européennes,
20:26de fonds de capital risque
20:27qui ont des fonds
20:28de 500 millions,
20:30un milliard
20:30qui vont pouvoir
20:31après mettre
20:31des gros tickets.
20:32On est forcément obligés
20:33d'aller chercher...
20:35Amilabs a fait un tiers
20:36de sa levée en Europe,
20:38un tiers aux États-Unis
20:38et un tiers en Asie.
20:41Donc, il y a le souci aussi,
20:43on s'en rentrait
20:44dans les détails,
20:46on n'a pas de fonds de pension
20:47aussi en Europe.
20:49Oui, alors...
20:49On peut avoir des gros fonds.
20:50Bon, on n'a pas de fonds de pension,
20:52mais on a d'autres formes
20:53d'épargne, entre guillemets,
20:54qu'on pourrait décider
20:55de flécher.
20:55C'est-à-dire que
20:56ne pas avoir de fonds de pension
20:57ne veut pas dire
20:58ne pas avoir d'argent.
20:58En fait, on a beaucoup d'argent,
20:59beaucoup d'épargne.
21:01Par contre, le système
21:02est structuré différemment.
21:03Bon, très bien.
21:04Mais alors, plutôt...
21:05Alors, évidemment,
21:06que ce serait peut-être bien
21:07qu'on ait un système
21:08de fonds de pension,
21:09c'est-à-dire de retraite
21:10par capitalisation
21:11qui nous permettent
21:11d'aller disposer de fonds
21:14qu'on peut allouer,
21:15justement,
21:16à des fonds d'investissement longs,
21:19qu'on peut allouer
21:19à de l'investissement
21:21lui-même long
21:23pour faire de l'innovation
21:25sur des décennies.
21:29Mais on peut et doit
21:30construire ça,
21:31mais on doit aussi,
21:32dès aujourd'hui,
21:34voir comment flécher
21:35beaucoup plus d'argent
21:36qui est stocké.
21:37Je parlais des 35 000 milliards
21:38au niveau européen d'épargne.
21:40C'est ça qu'il faut aller voir.
21:43C'est-à-dire que,
21:44pour le futur de notre Europe,
21:46est-ce qu'on veut
21:47que cet argent-là,
21:47il serve à construire,
21:49justement,
21:49la valeur ajoutée de demain
21:50et donc investir
21:51sur notre innovation
21:52et notre progrès ?
21:53Ou est-ce qu'on veut plutôt
21:54qu'il serve à préserver
21:55des intérêts acquis
21:57qui, avec le temps,
21:58diminuent, évidemment,
21:59en valeur
22:01et ne participent pas
22:02à créer la valeur de demain ?
22:03Ça, c'est une vraie question.
22:04Donc, c'est ces fonds-là
22:05qu'il faut aller chercher.
22:06On a une autre structure financière,
22:08mais ça ne veut pas dire
22:08qu'on n'a pas d'argent stocké.
22:09On a un trésor
22:11à aller, justement,
22:12mobiliser
22:12pour construire le futur.
22:14Je suis optimiste.
22:17Et est-ce qu'on a raté ou pas ?
22:18Alors, ça, c'était un peu
22:19mon point d'interrogation.
22:20Je l'ai mis dans la catégorie raté,
22:21mais vous pourriez me dire
22:22que c'est faux.
22:24Les collaborations
22:24grands groupes européens,
22:26start-up,
22:26alors françaises, européennes.
22:28Est-ce qu'au final,
22:29les grands groupes
22:29ont aussi été au rendez-vous ?
22:31Aujourd'hui,
22:31on parle beaucoup
22:32de préférences européennes,
22:33de souveraineté,
22:34mais c'est à peu près
22:35depuis que Donald Trump
22:37est revenu au pouvoir,
22:38si je schématise.
22:39Est-ce qu'en fait,
22:39les grands groupes
22:40n'ont pas vraiment non plus
22:41joué le jeu,
22:41comparé quand on va
22:42aux États-Unis ?
22:43N'importe quelle start-up
22:44va vous dire
22:45« Moi, j'ai signé
22:46un contrat en un mois
22:47et un vrai contrat,
22:48on va me payer, d'ailleurs. »
22:50Oui, et me payer rapidement.
22:53Non, je pense qu'il y a
22:54le syndrome
22:54de l'une des prophètes
22:55en son pays.
22:56Je pense qu'on a eu ça.
22:57C'est-à-dire que...
22:59Bon, on a joué un jeu aussi,
23:01et là, c'est au niveau européen,
23:02d'une ouverture,
23:03justement,
23:03d'un marché ouvert
23:04avec des lois
23:05anticoncurrentielles
23:05très, très poussées,
23:07justement,
23:07pour laisser un maximum
23:08de chance
23:09à tous les acteurs.
23:10Sauf que,
23:11on s'est rendu compte
23:12après coup
23:13que tout le monde
23:14n'a pas joué
23:14exactement la même partition.
23:16C'est-à-dire que,
23:18depuis 20 ans,
23:19on a les Américains
23:20qui achètent
23:20des produits américains,
23:21les Chinois
23:22qui achètent
23:22des produits chinois,
23:23et les Européens
23:24qui achètent
23:24des produits américains
23:25et chinois.
23:26Bilan,
23:27qui achète
23:28les produits européens ?
23:29Ce n'est pas les Européens,
23:30ce n'est pas les Américains
23:31non plus,
23:31ce n'est pas les Chinois
23:31non plus.
23:32Donc, ça n'a pas aidé
23:33à développer l'écosystème.
23:34C'est un peu ça
23:35qui s'est passé.
23:36Donc,
23:37on n'a pas nous-mêmes
23:38fait suffisamment confiance
23:39aux solutions
23:40fabriquées en Europe
23:41pour se développer.
23:43On peut dire
23:44que c'est parti
23:45du fait
23:45qu'il y avait
23:46une forme
23:46de fascination
23:47sur des outils technologiques
23:50qui nous venaient
23:51justement des États-Unis
23:52au début
23:52et qui étaient
23:54en avance.
23:55Et donc,
23:56il y a eu
23:56une inertie
23:57et une prise d'habitude
23:59d'aller
23:59quasi systématiquement,
24:01quand on voulait
24:02des solutions technologiques
24:03pousser,
24:03acheter des solutions
24:04notamment américaines,
24:06principalement initialement.
24:07Et donc,
24:07on a perdu l'habitude
24:08d'aller acheter
24:09nos propres produits.
24:11Sauf que,
24:12quand on déroule
24:12ce film-là
24:13sur plusieurs décennies,
24:14on a considérablement
24:16affaibli
24:17notre écosystème
24:17puisqu'on ne lui a pas donné
24:19les moyens
24:19de se développer.
24:20Donc,
24:21après,
24:23ça a occasionné quoi ?
24:25Alors ça,
24:26plus le fait
24:27que les grands groupes
24:29européens,
24:29si on regarde,
24:30sont moins
24:31dans des logiques
24:32d'acquisition
24:33que peuvent l'être
24:34les grands groupes,
24:35les grandes sociétés
24:36technologiques américaines.
24:37Je prends cet exemple-là.
24:39Beaucoup de l'innovation
24:40des grands groupes américains
24:41vient de leur capacité
24:42à aller acheter
24:44des nouvelles solutions
24:45et ensuite
24:45à les faire grandir.
24:47C'est tout ce que,
24:48voilà,
24:49Facebook n'a pas fabriqué
24:51WhatsApp,
24:51ils l'ont acheté,
24:52ils n'ont pas fabriqué
24:53Instagram,
24:53ils l'ont acheté.
24:54Si on va chez Google,
24:55c'est pareil,
24:56ils n'ont pas fait
24:56Google Photos,
24:57ils l'ont acheté,
24:57ils n'ont pas fait
24:58même le système
25:00de Google Ads,
25:01ils l'ont acheté,
25:02ils n'ont pas fait Android,
25:02ils l'ont acheté,
25:04ils n'ont pas fait
25:04Google Maps,
25:05ils l'ont acheté,
25:05enfin bon,
25:06tout est comme ça.
25:08Non, c'est Waze,
25:09Google Maps,
25:10c'est Waze.
25:10Tout ça sans problème
25:12d'anticoncurrence.
25:13Oui,
25:13mais donc,
25:13ils ont acheté Waze.
25:15Bon,
25:15enfin voilà,
25:16donc,
25:17bref,
25:18ils ont une habitude
25:18d'aller acheter des services
25:20et de savoir les faire grandir
25:22avec des équipes de MNF,
25:23de Merger and Acquisition,
25:24donc d'acquisition et fusion,
25:27très développées,
25:28qui sont en permanence
25:29en train de scanner la planète
25:31pour savoir ce qu'il y a
25:32comme solution intéressante
25:33à aller acheter
25:34et qui pourrait faire partie
25:35justement du conglomérat,
25:37du portefeuille,
25:38pour venir dans une logique
25:41quand même industrielle,
25:43conservée,
25:44avec une vision globale
25:46de l'activité
25:47que l'entreprise a envie de faire,
25:49aller acquérir
25:50des nouveaux produits
25:50qui vont faire partie
25:51de la galaxie,
25:52de la grande boîte.
25:52C'est plus de 1 000 sociétés
25:54qui ont été rachetées
25:55sur la dernière décennie
25:56par les GAFAM.
25:59Ce n'est pas exactement
26:00le jeu qu'ont fait
26:01les acteurs européens
26:03et on est quelque part
26:04un peu plus rouillés
26:06sur notre capacité
26:07à aller justement
26:08avoir des grands groupes
26:09qui savent racheter
26:10des nouvelles sociétés
26:11et racheter
26:11et les faire grandir.
26:13Parce que là,
26:13tous les noms que j'ai cités,
26:14c'est des marques
26:15qui existent,
26:16qui sont grandes,
26:17mais qui ont grandi
26:18au sein d'une autre grosse boîte
26:20en conservant en plus
26:21leur marque,
26:23sans être complètement intégrés.
26:25C'est-à-dire qu'il y a
26:25cette capacité
26:26dans les grands groupes
26:28américains
26:28qui sont principalement
26:29technologiques aujourd'hui,
26:30en tout cas ceux
26:31dont on parle,
26:32à aller chercher l'innovation
26:36là où elle est
26:36et la faire grandir
26:39sans nécessairement
26:40vouloir recréer en interne.
26:41C'est la logique
26:42du make or buy.
26:43Alors, ils savent faire les deux,
26:44mais ils savent bien faire le buy.
26:46Et ça, c'est vrai
26:47que nos grands groupes européens,
26:49n'ont pas développé
26:50autant cette culture-là
26:53de l'acquisition.
26:55Et c'est dommage
26:56parce que c'est aussi
26:56une forme de financement
26:58très forte
26:59pour toutes nos startups.
27:00Mais est-ce que c'est parce
27:01que aussi
27:02nos startups
27:03sont trop chères
27:04pour le groupe,
27:06pour par exemple
27:07le CAC 40,
27:07qui pourrait racheter
27:08aujourd'hui Mistral
27:09qui vaut 12 milliards
27:10en Europe ?
27:12Je ne suis pas sûre
27:12qu'il y ait beaucoup,
27:13beaucoup de dollars.
27:13Oui, voilà.
27:13Mais alors,
27:14quelle est la conséquence ?
27:15Quelle est la cause ?
27:16Parce qu'à force,
27:17justement,
27:17d'une part
27:19ne pas le faire,
27:20d'autre part
27:20ne pas aller nécessairement
27:22innover aussi vite
27:23que nos camarades américains
27:26et d'acheter,
27:27d'envoyer
27:28toutes nos ressources
27:29ailleurs
27:30que sur notre territoire
27:31pour innover,
27:33on se retrouve
27:33avec les grands groupes
27:35qui eux-mêmes
27:35sont appauvris,
27:36qui sont plus vieux.
27:38Les statistiques,
27:39vous les connaissez,
27:39mais les boîtes du CAC 40
27:42ont 50 ans de plus
27:44que l'équivalent
27:46des boîtes américaines.
27:48Donc,
27:49en fait,
27:49on n'a pas de sociétés
27:50très récentes
27:52et très,
27:53très grandes.
27:54Et les sociétés
27:55qui sont très,
27:56très grandes
27:57à notre échelle
27:57n'ont pas les moyens
27:58d'aller effectivement
27:59se racheter des sociétés
28:00qui seraient extrêmement
28:02prometteuses.
28:02Mais c'est un cercle,
28:03comment dire,
28:05c'est difficile
28:05d'identifier la cause
28:06et la conséquence,
28:07mais c'est in fine
28:09partie du fait
28:10qu'on n'a pas misé
28:11assez sur notre
28:12propre écosystème
28:13et qu'on a fait
28:14une préférence
28:15presque,
28:17pas systématique,
28:17mais en tout cas
28:18très anglée
28:19sur des solutions
28:20non européennes.
28:22On va passer
28:23à la dernière partie.
28:24Donc,
28:25on a fait
28:25ce qu'on a réussi,
28:26ce qu'on a raté,
28:27mais alors ce qu'on n'a
28:28pas encore osé.
28:29Alors,
28:29c'est un peu
28:31petit piège peut-être
28:32de vous poser la question,
28:33mais déjà,
28:34là,
28:34de but en blanc,
28:35qu'est-ce qu'on n'a pas osé
28:36encore assez
28:37ou pas du tout
28:38dans la société ?
28:38Je trouve qu'on n'a pas osé,
28:39mais là,
28:39je reviens sur un thème
28:40qui est plus politique
28:41que tech,
28:42c'est qu'on n'a pas osé
28:43donner envie d'Europe.
28:45On n'a pas vraiment
28:46tout mis les moyens
28:46pour faire comprendre
28:47à tout le monde
28:47que dans le monde
28:48dans lequel on est,
28:50bon,
28:50ça se joue à la taille
28:51européenne.
28:51Voilà,
28:52on a 450 millions
28:53d'Européens.
28:54C'est à cette échelle-là
28:56qu'il faut réussir
28:58à pouvoir
29:00fournir
29:00des services
29:02à valeur ajoutée
29:03pour le reste du monde.
29:04Ce n'est pas
29:04à l'échelle
29:05d'un petit pays
29:06puisque tous nos pays
29:07européens sont petits.
29:08On a beaucoup de chance
29:09parce qu'on a
29:10une diversité culturelle
29:11incroyable
29:12qui est une source
29:12de créativité,
29:13qui est une source
29:14de beaucoup
29:15de manières de faire.
29:19Et puis,
29:19en plus,
29:19justement,
29:20quand on sait
29:22grandir en Europe,
29:23on sait grandir partout.
29:24Mais il faut,
29:25parce que c'est plus compliqué,
29:27justement.
29:27C'est pour ça
29:27que des sociétés
29:28se disent,
29:28bon,
29:29c'est trop compliqué
29:29de grandir en Europe,
29:30je vais grandir aux Etats-Unis.
29:32C'est dommage
29:33et c'est ça
29:33qu'il faut fixer,
29:34justement,
29:35pour avoir
29:35quelque chose
29:36de plus unifié.
29:38Mais oui,
29:38pour moi,
29:39ce qu'on n'a pas
29:40encore osé,
29:41c'est véritablement
29:43faire en sorte
29:44que tout le monde
29:44ait envie d'Europe,
29:45non seulement
29:46pour construire
29:47tous ensemble,
29:47comprendre que c'est
29:48à cette échelle-là
29:49que ça se joue,
29:49mais en plus,
29:50pour aller préférer
29:51acheter ces solutions-là.
29:53Alors,
29:53maintenant,
29:53effectivement,
29:54avec les pressions externes
29:56et notamment américaines
29:57qui nous montrent
29:58qu'ils ont la main
29:58sur le switch,
30:00donc le jour
30:01où ils décident
30:02de couper
30:02un accès à quelque chose,
30:03c'est comme s'ils nous
30:04coupaient le robinet
30:05et puis on fait,
30:05c'est bizarre,
30:06en fait,
30:07t'avais oublié
30:08qui avait le robinet.
30:11Et donc là,
30:12ça nous pousse
30:12à nous poser ces questions-là
30:13pour des raisons
30:15de souveraineté,
30:16de volonté,
30:18d'autonomie.
30:19Alors après,
30:19on peut mettre
30:20plein de définitions
30:20derrière souveraineté,
30:21moi je considère
30:22que c'est plus
30:22la capacité
30:23à continuer
30:23nos activités
30:24sans être dépendant
30:25de partenariats
30:25qui peuvent s'arrêter
30:26du jour au lendemain.
30:28Voir des alternatives,
30:29toujours.
30:30Voilà,
30:30donc il y a plusieurs manières
30:31de voir la souveraineté,
30:32soit on se dit
30:33ah,
30:33on fait tout tout seul,
30:34non,
30:34pas nécessairement,
30:35ça peut vouloir dire
30:37multiplier,
30:37en tout cas,
30:38les sources d'approvisionnement
30:40sur certaines choses
30:41et pas mettre tous ses œufs
30:42dans le même panier,
30:42j'ai envie de dire,
30:43c'est quelque chose
30:44d'extrêmement,
30:45surtout quand le panier
30:46il n'est pas chez nous.
30:47Et c'est sûr
30:48que quitte à mettre
30:49tous les deux
30:49dans le même panier,
30:49autant les mettre
30:50dans notre panier à nous,
30:50mais on peut aussi
30:52juste voir la logique
30:54de développer
30:55plus de partenariats
30:56avec plus d'acteurs
30:59internationaux
31:00et qui ne viennent pas
31:01tous du même endroit.
31:03Et est-ce qu'on n'a pas
31:04aussi assez poussé
31:06la French Tech,
31:07en tout cas
31:07tout cet écosystème,
31:09à entrer vraiment
31:09dans le débat public ?
31:11Et évidemment,
31:12on voit,
31:13alors parce que
31:13beaucoup de gens
31:14perçoivent encore
31:15quand même la French Tech,
31:16cette petite élite
31:17de la Tech tout en haut
31:19qui viennent de milieux
31:20très privilégiés.
31:22Et ce n'est pas encore rentré
31:23quand vous allez peut-être
31:24aux États-Unis.
31:25Les gens parlent plus
31:26de ces sujets.
31:27Bon, je ne parle même pas
31:28de San Francisco.
31:29Vous allez à la boulangerie,
31:30tout le monde parle de Tech.
31:31Mais est-ce que nous,
31:32on n'a pas osé ça ?
31:33Est-ce que aussi nos politiques
31:34ne se sont jamais vraiment
31:35en France trop emparées
31:36de ce sujet ?
31:38Il y a cette logique,
31:39enfin de...
31:41Comment dire ?
31:42Si moi je regarde mon cas,
31:43moi j'ai fait toute l'école,
31:44comment dire,
31:45républicaine,
31:47j'ai fait toute ma scolarité
31:48dans le public,
31:49je viens de Vendée,
31:50je suis devenu entrepreneur,
31:51enfin donc je ne considère pas
31:53que je viens d'un milieu
31:54privilégié que que ce soit.
31:55J'ai plutôt été performant,
31:57voulu à l'école,
31:58tout le temps,
31:59à être très intéressé,
32:00très curieux.
32:02Et donc très curieux aussi
32:04du futur.
32:05Il y a une citation de Victor Hugo
32:07que j'aime bien
32:07qui dit
32:08« Je m'intéresse au futur
32:09parce que c'est bien là
32:09que je compte passer
32:10mes prochaines années. »
32:11C'est vrai.
32:12C'est pour ça que je ne vais pas
32:13m'intéresser à un truc qui est...
32:15Enfin je m'intéresse moins
32:16à ce qui est passé
32:16puisque ce qui est passé
32:17est passé.
32:18Par définition,
32:18je préfère m'intéresser au futur.
32:20Et donc cette curiosité-là
32:21donne envie d'aller participer
32:23justement à la création
32:24de ce futur-là
32:25parce qu'une bonne manière
32:25de connaître le futur
32:26c'est quand même
32:27de participer à sa création.
32:30Donc cette envie-là,
32:33cet état d'esprit-là,
32:35je pense qu'il faut
32:36qu'on le développe
32:36et ce qui va avec
32:37c'est l'ambition
32:38et l'ambition,
32:39ce n'est pas un gros mot,
32:40c'est envie de faire
32:40des grandes choses.
32:41Oui, tout le monde devrait
32:43pouvoir se dire
32:44que c'est bien
32:45d'avoir des grandes idées.
32:47Après, on fera ce qu'on peut.
32:48Il y a cette citation connue
32:49qui dit,
32:50je crois que c'est Mark Twain
32:51qui dit,
32:52il faut viser la Lune
32:53parce qu'au pire,
32:53si on rate la Lune,
32:54on finira dans les étoiles.
32:56Bon,
32:56c'est aussi cet état d'esprit-là
32:58de vouloir faire
32:59des grandes choses
33:00qui doit être remis
33:02au goût du jour.
33:02Alors ça vient un peu
33:03justement
33:04avec ce nouvel attrait
33:09pour la création
33:11de sociétés,
33:12notamment de grandes sociétés.
33:14Mais c'est quelque chose
33:16qu'on doit continuer à pousser
33:18et ce qui va avec,
33:20oui,
33:20quand quelqu'un
33:21a beaucoup travaillé
33:22et a construit
33:23quelque chose qui marche,
33:24il y a de la réussite au bout
33:25et c'est tant mieux
33:26et c'est très bien
33:26et après,
33:27il y a la redistribution
33:28et tous les mécanismes
33:29de redistribution
33:30qui rentrent en place.
33:31en jeu.
33:31Mais il ne faut pas
33:32s'empêcher
33:33de vouloir gagner quand même.
33:35Il y a ce syndrome-là
33:36où,
33:36ça avait été dit plusieurs fois,
33:38on préfère le deuxième.
33:40Oui,
33:40mais le problème,
33:40c'est que le deuxième,
33:41il a techniquement perdu.
33:43Donc,
33:43il faut aussi préférer
33:44les premiers,
33:45les encourager
33:46et vouloir que
33:47nos sociétés à nous
33:48soient premières
33:49au niveau global
33:50et ne pas s'empêcher
33:51de le faire.
33:52Parce qu'en plus,
33:53la limite entre,
33:55ça peut paraître étonnant
33:57de loin,
33:57mais quand on le vit,
33:58on comprend,
33:58la limite entre un échec
34:00c'est-à-dire ne pas réussir
34:01à faire une ambition
34:02très grande
34:03et la réussite,
34:05elle n'est pas très grande.
34:07C'est-à-dire que
34:08viser,
34:08par exemple,
34:09une demi-réussite,
34:10c'est plus compliqué
34:12que d'y aller à fond
34:13et puis après,
34:14on verra bien
34:14et quand ça marche,
34:15si ça marche très bien,
34:16c'est tant mieux.
34:17Et il faut vraiment
34:19être fier
34:20des très grandes réussites
34:21quand elles arrivent
34:22et ne pas vouloir
34:23les brider.
34:24En fait,
34:24je pense qu'on se bride
34:26un petit peu
34:26dans notre vision
34:27de la réussite.
34:28Alors,
34:29quelque part,
34:29on admire
34:30les grandes réussites
34:31et les grandes sociétés
34:33quand même américaines
34:34et ce qu'elles sont capables
34:35de livrer
34:36comme produits
34:37faciles à utiliser,
34:38comme produits
34:40technologiquement
34:41très aboutis.
34:43On est capable
34:44de les faire nous aussi,
34:45mais il faut le vouloir
34:46et on le fait parfois.
34:47Sur certains services,
34:48on le fait
34:49et avec les sociétés
34:51qu'on a citées,
34:53notamment françaises,
34:54on essaye de faire ça,
34:55tous,
34:56tous les entrepreneurs,
34:56et puis on se parle
34:58aussi entre nous
34:59avec cette vision-là.
35:00C'est des gens
35:01qui ont des étoiles
35:02dans les yeux
35:02et qui rêvent
35:03très très grands.
35:04Derrière toutes les sociétés
35:06dont on parle,
35:07vous les connaissez bien
35:08parce que vous les fréquentez
35:09quand même assez régulièrement
35:11dans les interviews
35:12ou ailleurs.
35:12Bon,
35:13c'est des gens
35:13qui ont une grande énergie
35:15et qui ont des grandes ambitions
35:16et c'est très bien
35:17et c'est eux
35:17qui arrivent à faire
35:18ce genre de projet-là
35:18et il faut pousser
35:19tout le monde
35:21à encourager
35:22ces réussites-là.
35:23Je pense que
35:24ça avait été dit une fois,
35:25on a un problème
35:26avec la réussite,
35:26il faut se l'enlever
35:28ce problème.
35:28C'est très bien de réussir.
35:30Et peu importe,
35:31on peut aller,
35:32peu importe le secteur,
35:33avoir cette ambition
35:34parce qu'on se dit
35:35bon,
35:35de toute façon,
35:36le cloud,
35:37on a perdu,
35:38les réseaux sociaux,
35:39on a perdu,
35:39le mobile,
35:40on a perdu,
35:40l'IA,
35:41on l'a,
35:41elle est à moitié perdue.
35:43Alors,
35:44je pense que l'IA,
35:44on n'a pas perdu.
35:46Moi,
35:46de toute façon,
35:46je considère jamais
35:47qu'on a perdu.
35:48Enfin,
35:49on peut avoir raté
35:50des choses,
35:50mais bon,
35:53on avait mis en place
35:54un principe
35:56chez Blablacar
35:56qui est encore
35:57très utilisé aujourd'hui
35:58qui dit
35:58fail,
35:59learn,
35:59succeed.
36:00C'est-à-dire,
36:00on échoue,
36:01en tout cas,
36:02on essaye,
36:03on apprend
36:04et ensuite,
36:05on réussit.
36:06Il y a aussi
36:06cette notion
36:07derrière toute réussite
36:09du passage obligé
36:11qu'est l'échec.
36:11L'échec,
36:12c'est un mot
36:13qui paraît définitif
36:15en français,
36:15mais en fait,
36:16c'est un essai.
36:18L'essai fait partie
36:19de la réussite
36:20et donc,
36:21l'échec au sens français
36:22fait partie
36:23de la réussite aussi.
36:23Il faut accepter
36:24d'avoir des échecs
36:25sur la route
36:25pour pouvoir
36:26mieux réussir derrière.
36:26Ça aussi,
36:27c'est quelque chose
36:27qu'il faut mettre
36:28dans notre culture,
36:30s'assurer que oui,
36:31quand on...
36:34faire comprendre
36:34à tout le monde
36:35que sur la route
36:37du succès,
36:38il y a des embûches,
36:40il y a des obstacles,
36:41il y a des échecs
36:42et ce qui compte,
36:43c'est pas de tomber,
36:43c'est de se relever.
36:44Ça aussi,
36:45c'est très important
36:46comme état d'esprit.
36:47Et quand on réussit
36:49une première entreprise,
36:50vous avez monté
36:50Blablacar,
36:51c'est connu
36:52de tous les Français.
36:54Là,
36:54vous avez remonté
36:54une société
36:55il n'y a pas longtemps
36:56de trois ans
36:57qui s'appelle DIV,
36:58vous pouvez rapidement
36:58en parler,
36:59mais c'est pas plus difficile
37:01quand on a déjà réussi
37:02une fois,
37:03de se dire
37:03« Oh là là,
37:04j'ai la pression
37:04de réussir une deuxième fois ».
37:05Oui,
37:06mais la pression,
37:07je pense que c'est comme
37:08j'ai envie de dire,
37:09c'est comme tous les sportifs
37:11qu'on regarde
37:11et qu'on admire,
37:13que ce soit au JO
37:13ou ailleurs.
37:15Quand on a réussi
37:16quelque chose,
37:17quand on recommence
37:17à faire quelque chose,
37:19on pourrait ressentir
37:20une pression.
37:21Mais je pense que,
37:22justement,
37:22l'état d'esprit
37:23qu'on développe
37:23dans ces cas-là,
37:24c'est qu'on le fait
37:25pour le projet,
37:26on ne le fait pas
37:27pour le regard
37:28que certains pourraient porter
37:29justement sur la réussite
37:31ou l'échec.
37:31Il faut réussir
37:32à s'en défaire,
37:33c'est pas nécessairement facile,
37:36mais moi,
37:37la solution que j'ai trouvée
37:37par rapport à ça,
37:38pour ne pas ressentir
37:39une forme de pression
37:40en faisant
37:41des différentes activités,
37:43c'est de me dire
37:43que dans tous les cas,
37:44je suis très fier
37:45d'essayer ce que j'essaye.
37:47C'est-à-dire que je serais
37:47plus fier d'avoir essayé
37:49et raté
37:50que de ne pas avoir essayé.
37:52Et ça,
37:52c'est très important
37:53parce que ça libère.
37:55C'est-à-dire que
37:55si j'essaye quelque chose
37:57et que ça ne marche pas,
37:58ça ne marche pas.
37:59Et alors,
38:00ça méritait qu'on essaye ?
38:01Oui,
38:02ça méritait qu'on essaye.
38:03Donc,
38:03on a bien fait.
38:04Et il faut,
38:05il faut avoir cette attitude-là.
38:07Et justement,
38:07ça rejoint exactement
38:09l'idée de la réussite
38:10à demi,
38:12de regarder les échecs
38:13d'une certaine manière
38:16et de s'auto-limiter.
38:19N'importe qui qui essaye
38:20doit être applaudi.
38:21C'est ça qu'il faut développer
38:23comme état d'esprit.
38:25Sauf s'il a essayé un truc
38:26qui vraiment
38:27n'améliorait pas la société
38:28et où,
38:29si en plus,
38:30ça ne marche pas,
38:30on se dit
38:30qu'il aurait mieux fait
38:31de ne pas essayer.
38:32Mais quand même,
38:33la plupart des projets
38:34qu'on essaye de lancer
38:34ont pour vocation
38:35de...
38:35Enfin,
38:36en tout cas,
38:36moi,
38:37ceux qui m'intéressent beaucoup,
38:38c'est même des projets
38:39impact by design.
38:40C'est-à-dire,
38:41j'essaie d'avoir un impact
38:42sociétal et environnemental
38:43dans tous les projets
38:44dans lesquels je m'investis.
38:46Mais ils valent le coup
38:47d'être tentés.
38:48Et donc,
38:49il n'y a pas à...
38:51d'une part,
38:52il n'y a pas
38:53à critiquer ces projets-là
38:55et il n'y a pas
38:55à critiquer l'échec.
38:57Et d'autre part,
38:57pour les gens
38:58qui le lancent,
38:58il n'y a pas à avoir peur,
39:00une forme de pression
39:01par rapport à ça
39:02parce qu'on essaye
39:03quelque chose de bien.
39:04Et donc,
39:04on doit juste être encouragé.
39:05C'est cet état d'esprit-là
39:06qu'il faut développer.
39:08Et est-ce qu'aujourd'hui,
39:09il faut forcément penser
39:11impact
39:11quand on crée une société
39:12en 2026 ?
39:14C'est un élément
39:15qu'il faut avoir.
39:16Vous parlez
39:17impact by design.
39:18Est-ce qu'aujourd'hui,
39:19les jeunes entrepreneurs
39:20doivent se dire
39:21qu'il faut quand même
39:21que je pense à ça
39:22et pas seulement créer
39:24pour faire des bénéfices ?
39:25Bien sûr,
39:26il faut en faire.
39:26Sinon,
39:27on ne change pas le monde.
39:30Il faut créer un projet
39:31qui va s'équilibrer financièrement.
39:33Sinon,
39:33il ne dure pas.
39:34C'est surtout ça,
39:34le principal.
39:35Après,
39:35faire des bénéfices,
39:36c'est encore autre chose
39:36parce que ça veut dire
39:37aller tourner le curseur
39:39de la rentabilité.
39:40C'est autre chose.
39:41Déjà,
39:41avant de pouvoir décider
39:43d'accélérer ou de freiner,
39:44il faut que la voiture roule.
39:45Je prends souvent des exemples
39:46par rapport à l'automobile.
39:49Mais,
39:53sur l'idée d'aller
39:56créer des sociétés
39:57impact by design,
39:58moi,
39:58c'est ce qui me motive,
39:59moi,
39:59c'est ce qui me fait lever le matin.
40:02Je n'ai pas à dicter
40:04ce qu'il faut faire.
40:06Mais je pense que
40:07la nouvelle génération
40:09a beaucoup plus de conscience
40:11parce que,
40:12justement,
40:12on en parle.
40:13On en parle beaucoup plus
40:14que ce soit
40:15le changement climatique
40:16ou que ce soit
40:17les problèmes sociétaux
40:17qui en découlent.
40:18Ils sont beaucoup plus présents
40:20et donc,
40:21je pense que,
40:22naturellement,
40:22ils ont plus envie
40:23d'aller les résoudre
40:24parce qu'un entrepreneur
40:25ou une entrepreneur,
40:28sa motivation,
40:29normalement,
40:30c'est d'aller résoudre
40:30les problèmes
40:30du monde qui l'entoure.
40:32Et comme là,
40:33aujourd'hui,
40:33on a des problèmes
40:34assez grands
40:36et qui sont notamment
40:37de nature,
40:39notamment le changement climatique,
40:40mais pas seulement,
40:42naturellement,
40:42les entrepreneurs
40:43vont être attirés
40:44par ces secteurs-là
40:45parce qu'il y a
40:45des grands problèmes
40:46à résoudre
40:46et parce que ça rend
40:47beaucoup plus,
40:51ça donne beaucoup plus
40:52d'énergie
40:53et ça rend beaucoup plus fier
40:54d'aller résoudre
40:54des problèmes
40:55qui sont utiles
40:55au monde
40:56qui nous entoure,
40:57je pense,
40:58en tout cas,
40:58que d'aller simplement
41:00faire un score
41:02sur gagner de l'argent
41:03avec une société.
41:05Dernière question
41:06avant de laisser la parole
41:07à notre partenaire.
41:09Emmanuel Macron
41:10va quitter l'Élysée
41:11l'année prochaine.
41:13Vendredi dernier,
41:13il a organisé
41:15un événement,
41:16une réception
41:18justement à l'Élysée
41:19pour clôturer
41:19un peu VivaTech,
41:21mais c'était aussi
41:21un petit peu
41:22séquence nostalgie,
41:23un peu les adieux
41:24d'Emmanuel Macron
41:25à la French Tech.
41:26Est-ce que vous avez peur
41:27pour l'après-Emmanuel Macron ?
41:31J'aimerais que,
41:33justement,
41:33on comprenne,
41:34c'est le sujet
41:35qu'on mentionnait au début,
41:36l'importance
41:37de l'innovation,
41:38du progrès
41:39et de la tech
41:39pour le bien-être
41:41du pays
41:42dans le futur.
41:43C'est-à-dire qu'au lieu
41:45de parler,
41:46de simplement partager
41:47de la valeur,
41:48on devrait se focaliser
41:49sur la création de valeur.
41:51Il faut regarder
41:51d'où elle vient,
41:52cette création de valeur.
41:53Et pourquoi,
41:53justement,
41:54que ce soit les Américains
41:55ou les Chinois,
41:56ils arrivent à créer
41:57autant de valeur ?
41:57C'est parce que,
41:58justement,
41:59ils ont beaucoup investi
42:00sur leur innovation.
42:02Mais beaucoup.
42:04Donc,
42:04j'aimerais que
42:04qui que ce soit
42:05qui prenne la suite
42:06ait cela en tête,
42:07ils ne se disent pas
42:09pour des mauvaises raisons.
42:10Non,
42:11on ne va pas investir
42:12sur l'innovation,
42:12on ne va pas investir
42:12sur la tech.
42:14Ça,
42:14ce serait un désastre.
42:15Ce serait juste précipiter
42:23la perte d'influence
42:25et la perte d'importance
42:26d'un pays comme la France
42:27et de l'Europe
42:29par rapport
42:30aux autres zones géographiques.
42:33Donc,
42:34il faut,
42:35quoi qu'il arrive,
42:35que le prochain candidat,
42:36la prochaine candidate,
42:37enfin,
42:37le prochain président
42:38ou la prochaine présidente
42:40ait bien en tête
42:41qu'on créera de la valeur
42:42en investissant
42:43sur l'innovation
42:45et non pas en coupant
42:46je ne sais quel budget
42:47d'innovation.
42:49Eh bien,
42:49on verra ça
42:50dans quelques mois.
42:51On en reparlera.
42:52Merci beaucoup Frédéric
42:53d'avoir répondu
42:54à toutes mes questions.
42:56Elles étaient nombreuses.
42:57Donc,
42:57c'est l'heure maintenant
42:58de passer aux questions
43:00de notre partenaire
43:02WaveStone
43:03et je vous rappelle
43:03si vous souhaitez
43:04envoyer vos questions
43:06à Frédéric,
43:07vous pouvez les envoyer
43:08par mail
43:09et je les lirai
43:09sur la table à l'adresse
43:12clubleseco
43:12arrobas
43:12leseco
43:13le parisien
43:14point fr
43:15Je vous laisse
43:16si vous voulez
43:16je sens que vous n'avez plus d'eau
43:18je vous laisse un petit verre
43:19je n'ai pas touché au mien
43:20Je sais que ce n'est pas facile
43:21de parler pendant autant de temps
43:22Je vais accueillir du coup
43:24Céline Gauthier
43:25de chez WaveStone
43:27et qui va pouvoir
43:28nous poser
43:29toutes ces questions
43:31Bonsoir Charlie
43:32Bonsoir Frédéric
43:34Je suis ravie
43:34d'être parmi vous
43:37Du coup,
43:37j'ai une première question
43:40dans le monde de la tech
43:41et en fait pour revenir
43:42à vos propos
43:43de début d'interview
43:44il y a de plus en plus
43:46d'entrepreneurs
43:46vous l'avez dit
43:47une envie aussi
43:49plus affirmée
43:50de créer de la valeur
43:51pour notre pays
43:52Quel est votre rôle
43:54avec vos 20 ans d'expérience
43:55dans l'entrepreneuriat
43:56auprès de justement
43:57ces entrepreneurs
43:58pour les aider
43:58à lancer leurs projets
43:59sur de bons rails
44:00et d'être plutôt
44:01dans la réussite
44:02et vite justement
44:03chercher cette rentabilité
44:06et l'impact
44:06qu'ils peuvent avoir
44:08Je pense que
44:09oui
44:09il y a à la fois
44:12une partie du rôle
44:13qui est remplie
44:13par le fait que
44:15on a montré
44:16que c'est possible
44:17de créer
44:18une grande société
44:19en partant de France
44:21Blablacar
44:21c'est le leader mondial
44:23de son secteur
44:25on est dans
44:26plus d'une vingtaine
44:27de pays
44:2985% de l'activité
44:30de covoiturage
44:31notamment
44:32enfin tout ce qui va être
44:34passager
44:34est hors de France
44:35il n'y a que 15%
44:36en France
44:38parfois on a
44:39tendance à penser
44:39que Blablacar
44:40c'est uniquement France
44:41mais non
44:42les deux plus grands pays
44:44en termes de voyageurs
44:45c'est le Brésil
44:46et l'un d'un
44:47donc quelque part
44:48on a montré
44:49démontré
44:49que c'est possible
44:50en partant de France
44:51de créer une société
44:52globale
44:53y compris
44:53dans ce qu'on va appeler
44:55les places de marché
44:57ou le
45:00B2C au sens large
45:01c'est à dire
45:03une société
45:03qui a des clients
45:05particuliers
45:05puisque c'est plus de
45:06100 millions de personnes
45:07dans le monde
45:07qui utilisent Blablacar
45:08donc quelque part
45:10cette
45:12cette case
45:12alors avec Blablacar
45:13mais avec d'autres sociétés
45:14aussi que j'ai pu nommer
45:15tout au cours de l'entretien
45:17on a montré
45:18que c'est possible
45:18et ça je pense
45:20c'est assez important
45:20parce que
45:22ça donne un signal
45:23à la génération d'après
45:24qu'il n'y a pas de plafond
45:27et qu'on peut y aller
45:29alors après
45:29moi en particulier
45:31en tant qu'entrepreneur
45:32ce que j'essaye de faire
45:33c'est effectivement
45:34alors
45:35j'ai appris beaucoup de choses
45:35sur le terrain
45:36parce que je ne suis pas né entrepreneur
45:38personne ne met entrepreneur
45:39je suis devenu entrepreneur
45:41au contact
45:41de tout ce que j'ai dû gérer
45:44quand j'ai fait grandir
45:45le projet
45:47et j'ai beau avoir fait
45:48beaucoup d'études
45:49parce que
45:49j'en ai fait quand même
45:50un paquet
45:51entre
45:52mes études
45:53maths sup
45:53maths sp
45:54puis Stanford
45:55en informatique
45:56puis l'INSEAD
45:57avec mon MBA
45:59et puis
46:01puis voilà
46:02puis
46:02normal sup
46:03au milieu
46:04en physique
46:05donc voilà
46:06j'ai fait beaucoup d'études
46:07mais
46:08sur l'entrepreneuriat
46:11là où j'ai le plus appris
46:12mais
46:13là où j'ai appris
46:1495 à 98%
46:15de ce que j'ai compris
46:16c'est sur le terrain
46:17donc j'essaye de transmettre
46:18comme je peux
46:19j'ai écrit un bouquin
46:21je fais des
46:21je transmets dans des
46:22dans des podcasts
46:24je fais
46:25justement la semaine prochaine
46:26un séminaire d'entrepreneurs
46:28au Sable de Lonne
46:28où je rassemble
46:30une quarantaine d'entrepreneurs
46:31derrière
46:32un séminaire
46:33qui s'appelle
46:33l'appât du bien
46:34avec la volonté
46:35de faire passer
46:36à l'échelle
46:37des projets
46:37qui méritent
46:38de passer à l'échelle
46:39parce que
46:39c'est une chose
46:40de créer quelque chose
46:40qui commence à marcher
46:41c'en est une autre
46:42de réussir à le faire passer à l'échelle
46:44de le faire écheler
46:45comme j'aime bien dire
46:45parce que sinon
46:46on utilise le mot scaler
46:47qui est un petit peu trop américain
46:48et donc
46:49j'utilise écheler
46:50mais en fait
46:51cette
46:53les compétences qu'il faut
46:54et les habitudes
46:55et les réflexes
46:56qu'il faut
46:56pour faire passer
46:57un projet à l'échelle
46:58ça aussi ça s'apprend
46:59bon il se trouve que
47:00moi j'ai
47:01sur le terrain
47:02je l'ai appris
47:03donc j'essaie de
47:03de le diffuser
47:05je vais lancer aussi
47:06très bientôt
47:07un autre
47:07autre chose
47:08pour assister
47:09les entrepreneurs
47:10qui s'appelle
47:11Fred 24
47:11qui est justement
47:13une IA
47:14qui a lu et entendu
47:15tout ce que j'ai dit
47:15et écrit
47:16sur les 20 dernières années
47:17et qui sait répondre
47:18comme je répondrai
47:21donc là
47:21ça va être lancé
47:22très prochainement
47:22d'ici une dizaine de jours
47:23c'est la possibilité
47:2524 heures
47:25pourquoi ça s'appelle Fred 24
47:26c'est parce que c'est Fred
47:27qui est disponible
47:2824 heures sur 24
47:29et donc les entrepreneurs
47:30peuvent leur poser
47:31des questions
47:32à n'importe quelle heure
47:33du jour et de la nuit
47:35sur toutes les problématiques
47:36que ce soit
47:37comment je structure
47:38une équipe
47:39comment je recrute
47:39comment je développe
47:40ma marque
47:41comment je développe
47:42mon produit
47:43comment je passe
47:44à l'échelle
47:44comment je fais
47:44un bon service client
47:46si j'ai des problèmes
47:47d'associé
47:47ça se passe comment
47:49toutes les questions
47:49qu'on se pose
47:50quand on crée
47:50une société
47:51et qu'on est obligé
47:52de se poser sur la route
47:53donc je fais tout ça
47:56j'essaye de aussi
47:58quelque part
48:04montrer que c'est possible
48:06et montrer les outils
48:07voilà
48:07et ça
48:09je pense que c'est
48:10très important
48:11parce qu'encore une fois
48:13la moitié de la réussite
48:14c'est l'envie de réussir
48:15et donc j'essaye de donner
48:16l'envie à tout le monde
48:17d'essayer
48:18voilà
48:20merci beaucoup
48:21peut-être une autre question
48:22plus sur
48:24la place
48:25et le rôle
48:25de la France
48:26on a parlé
48:27de plus en plus
48:29de start-up
48:30on l'a vu
48:30à Vivatec
48:31on avait plus
48:31de 15 000
48:32la frénésie
48:34autour de l'IA
48:34de la même façon
48:37on sent que
48:38c'est plus un sujet
48:39de l'IA
48:40qu'est-ce qu'on en fait
48:41mais c'est plutôt
48:42comment on passe
48:42à l'échelle
48:43on le retrouve partout
48:46que faut-il
48:47à la France
48:47en fait
48:48pour être à la pointe
48:50tirer son épingle
48:51du jeu
48:51et ne pas se retrouver
48:54du coup
48:54dépasser
48:55on en a parlé
48:57brièvement
48:58avec
48:58le pouvoir politique
49:01voilà
49:02l'envie
49:02en fait
49:03de réussir
49:04et le mindset
49:04finalement a changé
49:05est-ce qu'il y a
49:06d'autres leviers
49:08qu'est-ce qu'il faut
49:08d'autre en fait
49:09à la France
49:10et peut-être à l'Europe
49:12pour tirer
49:12son épingle
49:13du jeu
49:14je pense qu'il faut
49:15se faire confiance
49:17et il faut bien
49:18avoir conscience
49:18que
49:19oui
49:21il nous manque
49:21beaucoup d'informations
49:22sur ce qui va
49:23réellement se passer
49:24mais c'est ok
49:26quand on crée
49:26une société
49:27c'est exactement
49:27la même chose
49:28à une échelle
49:28beaucoup plus petite
49:29on crée sa société
49:30on sait pas du tout
49:31ce qui se passera
49:32dans 6 mois
49:33dans 1 an
49:33dans 5 ans
49:34dans 10 ans
49:34on se donne une direction
49:35on ira faire
49:36tout ce qu'on peut
49:37pour aller dans cette direction là
49:40mais on est ok
49:41avec le fait
49:41qu'il y a de l'incertitude
49:43ça va
49:43il va se passer
49:44quelque chose
49:45après
49:45on se fait confiance
49:46sur notre capacité
49:47à gérer
49:48des situations inconnues
49:49au fur et à mesure
49:51et on essaye pas
49:51de se dire
49:52je n'y vais que si
49:54tout est bien planifié
49:55et si je sais exactement
49:56ce qui se passe
49:57à tel moment
49:57non
49:58on ne sait pas
49:59et toutes les nations
50:00qui investissent
50:01sur leur futur
50:01et sur l'innovation
50:02ne savent pas non plus
50:04par contre
50:04elles se donnent
50:05une vision
50:05et une direction
50:07voilà
50:08donc il y a
50:08cette notion
50:10aussi
50:11qui parfois
50:12nous retient
50:14de vouloir faire
50:14les choses
50:15parfaitement
50:16ou pas du tout
50:17sauf que
50:18à vouloir faire
50:19les choses parfaitement
50:19et les prévoir
50:20en avance
50:22on livre moins
50:24voire on ne livre rien
50:26il y a cette notion
50:28de
50:29done is better than perfect
50:30c'est à dire
50:31fait c'est mieux
50:32que parfait
50:32ça veut dire quoi
50:33ça veut dire
50:34qu'il faut livrer
50:34il faut livrer des choses
50:35il faut essayer
50:37et c'est aussi
50:37quand on livre
50:39et quand on essaye
50:39qu'on voit ce qui ne marche pas
50:40et qu'on ajuste
50:41on ajuste le tir
50:42si on veut
50:43ajuster le tir
50:44avant d'avoir tiré
50:47on se bride
50:48énormément
50:49et on avance
50:49beaucoup moins vite
50:50que tout le monde
50:50et on cherche
50:51à livrer quelque chose
50:51de parfait
50:52un bilan
50:53ceux qui ont avancé
50:54en essayant
50:55et en corrigeant
50:56le tir sur la route
50:57sont allés
50:58beaucoup plus loin
50:58que nous
50:59qui voulions faire
51:00quelque chose
51:00de parfait
51:00avant d'y aller
51:01donc il y a cette notion
51:02qui est valable
51:03pour une société
51:04ou pour un petit groupe
51:06de gens
51:06qui créent un projet
51:07de se faire confiance
51:08sur sa capacité
51:09à s'adapter
51:10à ce qui va se présenter
51:11plus tard
51:11et donc à grandir
51:13qu'il faut adapter
51:14au niveau d'un pays
51:15il faut être ok
51:16avec oui
51:17l'investissement
51:18vers l'innovation
51:20qui va nous faire avancer
51:22dans la bonne direction
51:22ce qui est très important
51:23c'est de déterminer
51:24les directions
51:25ce qu'on a envie
51:26de voir exister
51:27on ne sait pas exactement
51:28quelle forme ça aura
51:29mais on a un but
51:30on a un rêve
51:31et on avance
51:33dans cette direction là
51:34et c'est ça
51:35qui peut transformer
51:36je pense
51:37et la France
51:38et l'Europe
51:39c'est se faire confiance
51:40et ne pas s'attendre
51:41notamment par rapport
51:42aux dépenses d'innovation
51:43des fois
51:44je vois
51:44que ce soit
51:45sur France 2030
51:46ou des choses comme ça
51:47quand on investit de l'argent
51:47ouais
51:48il y a des projets
51:49il y a des projets
51:50qui marchent
51:50il y a des projets
51:51qui marchent moins bien
51:51c'est le lot
51:53de toute l'innovation
51:54c'est tout le temps
51:55comme ça
51:55et puis il y a des fois
51:56on a investi
51:57et puis
51:58ça n'a pas marché
51:59mais au moins
52:00on a appris quelque chose
52:00et on peut aller plus loin
52:01et c'est ok
52:02d'avoir fait comme ça
52:03il y a une phrase
52:05qui concerne
52:06le marketing
52:07et la communication
52:08qui est en anglais
52:10enfin qui est au départ
52:11en anglais
52:11mais qui se traduit en français
52:14qui parle de la manière
52:15avec laquelle on peut communiquer
52:16faire son marketing
52:17pour une société
52:18où on dit
52:19je sais que la moitié
52:21du marketing que je fais
52:22ne sert à rien
52:22mais je ne sais pas
52:23quelle moitié
52:24et en fait
52:25ça c'est très important
52:26comme état d'esprit
52:27c'est-à-dire qu'on fait
52:28tout ce qu'on peut
52:29pour que ça marche
52:31et l'ensemble
52:32statistiquement fera
52:33que ça livrera quelque chose
52:34par contre
52:35il ne faut pas attendre
52:35que chaque euro
52:36qu'on a mis sur quelque chose
52:37lui ait une rentabilité précise
52:39c'est le tout
52:40et c'est l'énergie
52:42qu'on y met
52:43et c'est l'investissement
52:44global qu'on y met
52:44qui statistiquement
52:45va nous faire avancer
52:46il ne faut pas
52:47juste mettre de l'argent
52:48derrière les projets
52:49qui sont certains
52:50sûrs
52:51et dont on connaît
52:52les aboutissements
52:53il faut être capable
52:54de faire le pari
52:55de l'innovation
52:55et d'aller investir
52:57massivement dessus
52:57en se disant
52:58que statistiquement
52:59c'est la route gagnante
53:02très bien
53:02merci beaucoup
53:03pour avoir pris le temps
53:04de répondre à ces questions
53:06merci beaucoup
53:07Céline
53:07avec plaisir
53:09alors il ne nous reste
53:10pas beaucoup de temps
53:11donc j'ai beaucoup
53:12de questions
53:12de nos lecteurs
53:15mais je vais vous en poser
53:16peut-être une
53:17ou peut-être deux
53:19mais alors
53:19il y en a une
53:20c'est alors
53:20est-ce qu'il y a un secteur
53:21d'activité
53:22que l'écosystème
53:23de la French Tech
53:24n'a pas encore
53:25assez préempté
53:27un ou plusieurs
53:30préempté
53:31je ne sais pas déjà
53:31si on en a préempté
53:32beaucoup
53:34préempté
53:34le mot est fort
53:42on est en train
53:44j'allais dire
53:45sur l'espace
53:46on est en train
53:46de s'y mettre
53:47là
53:50je pense qu'on a intérêt
53:55qu'on n'a pas encore
53:56alors
54:01bon il y a
54:01tout ce qui va être
54:05si on parle de tech
54:06tout ce qui va être
54:07justement
54:08construction
54:08de tous les
54:09hardware
54:10qu'on utilise
54:12là
54:12bon ben voilà
54:12tout le monde sait qui
54:13pour Nvidia
54:14et compagnie
54:15mais
54:16nous on ne sait pas
54:18en produire encore
54:19de ce niveau-là
54:20et en masse
54:22et pourtant
54:23c'est des choses
54:23qui sont
54:24évidemment extrêmement
54:25nécessaires
54:26à toute la croissance
54:27notamment en IA
54:29moi je crois
54:30beaucoup au fait
54:31qu'il faut qu'on aille
54:32développer justement
54:33des solutions
54:34qui sont
54:35compatibles
54:36avec
54:37les 10
54:3815
54:3920
54:3930 ans
54:40qui viennent
54:40notamment par rapport
54:41au changement climatique
54:42pourquoi
54:42parce que c'est pas un truc
54:43malheureusement
54:44qui va s'arrêter
54:45là on voit
54:46on est en pleine calicule
54:48c'est quelque chose
54:49qui est là
54:49et qui est là pour durer
54:50malheureusement
54:51et qui est là pour
54:51s'amplifier en plus
54:52donc toutes les solutions
54:54qu'on peut aller développer
54:56pour amoindrir
54:57à tous les niveaux
54:59ce changement climatique
55:00que ce soit par la captation
55:02de carbone
55:02que ce soit par
55:04le développement
55:05de manières de faire
55:06qui sont beaucoup moins
55:08consommatrices d'énergie
55:10sur des pratiques existantes
55:12que ce soit
55:12de l'optimisation de ressources
55:13que ce soit
55:14si on arrive à développer
55:16des bonnes technologies
55:18dans ce domaine là
55:20forcément
55:21tout le monde
55:22va vouloir nous les acheter
55:23parce qu'il y a un moment
55:25la réalité
55:26va juste être plus forte
55:27que toutes les
55:29que toutes les
55:32comment dire
55:33les hésitations
55:33qu'on peut voir actuellement
55:34et on ne pourra plus hésiter
55:36un peu de la même manière
55:37que quand il fait très très chaud
55:38bah oui
55:39tout le monde
55:39a envie de mettre une clim
55:42parce que théoriquement
55:43quand on en parle l'hiver
55:45on se dit
55:46bah non
55:47une clim ça ne sert à rien
55:49ouais bah si
55:49quand il fait 43 degrés
55:51une clim ça sert à quelque chose
55:52donc
55:53il y a un moment
55:54il va falloir mettre
55:57enfin imaginer vraiment
55:58que c'est ça
55:58qui est en train de se passer
56:00et qu'on doit trouver
56:01des solutions à ça
56:01et tous les pays
56:02vont y venir
56:03donc si nous
56:03on se développe
56:04dans cette direction là
56:05on aura des
56:07des autres pays
56:08qui vont nous acheter
56:08ces solutions là
56:10et donc on créera
56:11de la valeur
56:11pour l'ensemble
56:12et même
56:13avec de l'impact
56:14j'espère
56:14en développant
56:15ces solutions
56:16qui permettent
56:16de réduire
56:18l'impact
56:19du changement climatique
56:20sur nos vies
56:21écoutez
56:22merci beaucoup
56:23Frédéric Mazzella
56:24d'avoir été avec nous
56:25sur le club
56:26Les Echos
56:27je vous remercie
56:28de nous avoir suivis
56:29pendant ce live
56:30et je vous dis
56:31à bientôt
56:31merci beaucoup
56:32Sous-titres
57:02Sous-titres
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