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  • il y a 4 mois
À LA UNE / Après la démission de François Bayrou, Sébastien Lecornu est nommé Premier ministre

Lundi 8 septembre 2025, après avoir spontanément sollicité ce vote, François Bayrou a échoué à recueillir la confiance de l'Assemblée nationale. Depuis 1958, 41 votes de confiance avaient été organisés mais aucun n'avait provoqué jusqu'à lors la chute du gouvernement. Pour François Bayrou, le résultat a été sans appel : 194 représentants ont accordé leur confiance au gouvernement du palois, bien moins que les 364 députés votant contre lui. Après 270 jours en fonction, il a alors dû présenter sa démission à Emmanuel Macron. Le Président de la République « nommera un nouveau Premier ministre dans les tout prochains jours » affirmait dès lundi soir un communiqué présidentiel. C'est finalement le Ministre des Armées longtemps pressenti, Sébastien Lecornu, qui a été nommé. Pourquoi Emmanuel Macron a-t-il fait ce choix ?

Invités :
- Pascal Perrineau, politologue, professeur des universités à Sciences Po Paris
- Thibaud Mulier, constitutionnaliste, maitre de conférences en droit public à l'université Paris Nanterre
- Fabien Villedieu, cheminot, secrétaire fédéral SUD Raill

Les chroniques du jour :

« Le chiffre du jour » : 3415 milliards d'euros de dette par Fanny Guinochet

« Quelle histoire ! » : Jean-Luc Mélenchon, l'invité surprise par Laurent Guimier


LA QUESTION QUI FÂCHE / Sébastien Lecornu nommé Premier ministre : peut-il réussir ?

Invités :
- Gaëtan Dussausaye, député « Rassemblement National » des Vosges
- Erwan Balanant, député « Les Démocrates » du Finistère
- Sarah Legrain, députée « La France Insoumise » de Paris

"Chaque Voix compte", votre rendez-vous quotidien qui prend le pouls de la société : un débat, animé par Adeline François, en prise directe avec l'actualité politique, parlementaire, sociale ou économique.
Un carrefour d'opinions où ministres, députés, élus locaux, experts et personnalités de la société civile font entendre leur voix.

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Transcription
00:00:00Musique
00:00:00Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte,
00:00:27votre nouveau rendez-vous quotidien sur LCP.
00:00:30Je suis très heureuse de vous retrouver chaque soir pendant une heure
00:00:33pour décrypter l'actualité du jour et débattre de ses enjeux.
00:00:37Alors pour tout vous dire, quand on a choisi le nom de cette émission,
00:00:40Chaque Voix Compte, on était loin de se douter
00:00:41que la première interviendrait au lendemain de la chute de François Bayrou,
00:00:46au lendemain de ce vote de confiance où Chaque Voix a compté
00:00:49à la veille d'une journée où de nombreuses voix vont s'élever pour dire leur ras-le-bol.
00:00:55Toutes ces voix, c'est ici, dans Chaque Voix Compte, qu'elles vont pouvoir s'exprimer.
00:01:00Et pour leur donner la parole, je ne serai pas seule.
00:01:02Laissez-moi vous présenter mes camarades de jeu du mardi avec Fanny Guinochet.
00:01:06Bonsoir Fanny.
00:01:07Bonsoir.
00:01:07Et Laurent Guignet.
00:01:09Bonsoir Laurent.
00:01:09Bonsoir Adeline.
00:01:10Tout de suite, le sommaire, avec à la une ce soir, on attend tous la fumée blanche à l'Elysée.
00:01:16La France n'a plus de Premier ministre depuis 13h30, heure à laquelle François Bayrou est finalement allé remettre la démission de son gouvernement à l'Elysée.
00:01:24À qui le tour ? Plutôt à gauche ? Plutôt au centre droit ? Plutôt société civile ?
00:01:29Pourquoi Emmanuel Macron a-t-il intérêt à aller vite ? Le mouvement Bloquons tout demain est-il revigoré par la chute de François Bayrou ?
00:01:36On va en parler avec nos premiers invités ce soir, le politologue Pascal Perrineau.
00:01:41Bonsoir.
00:01:41Bonsoir.
00:01:42Et merci d'être là aux côtés du constitutionnaliste Thibaut Mullier. Bonsoir.
00:01:45Bonsoir.
00:01:46Et Fabien Vildieu nous accompagne également, syndicat Sud Rail, secrétaire fédéral du syndicat Sud Rail, cheminot à la veille de ce mouvement de mobilisation nationale.
00:01:55Tout cela vous inspire un chiffre, Fanny, ce soir ?
00:01:58Chiffre astronomique, 3,415,000 euros. C'est le chiffre de la dette, chiffre de la dette publique que François Bayrou a donné hier à la tribune.
00:02:09À suivre aussi dans chaque voix compte, quelle histoire ? Chaque soir, l'image du jour décryptée, décortiquée par Laurent Guimier.
00:02:16Laurent, vous avez choisi ce soir de revenir sur une image de Jean-Luc Mélenchon.
00:02:21Oui, Jean-Luc Mélenchon qui a fait une visite surprise hier à l'Assemblée. Je vais vous expliquer pourquoi.
00:02:26Et puis dans la deuxième partie de chaque voix compte, place à la question qui fâche tout à l'heure à 20h05, une demi-heure de débat avec trois députés,
00:02:32que vous pouvez interpeller directement d'ailleurs grâce au QR code qui va s'afficher sur votre écran.
00:02:39Avec nous, ce soir, il y aura Sarah Legrain de la France Insoumise, Erwann Balanant pour le Modem et Gaëtan Dussaucet pour le RN.
00:02:46Nous, on a choisi de leur poser la question qui fâche ce soir. La dissolution est-elle inévitable ?
00:02:52Voilà pour le menu de cette première. Installez-vous confortablement. Chaque voix compte la première. C'est parti.
00:02:58Ce que dit le moment que nous vivons, c'est qu'il y a un chemin et c'est le seul pour la France, celui de la vérité partagée et du courage qu'on choisit ensemble.
00:03:17C'était la dernière fois qu'on entendait François Bayrou à l'Assemblée nationale en tant que Premier ministre.
00:03:24François Bayrou entraîné dans sa chute par ce vote de confiance hier après-midi et maintenant.
00:03:31Qui pourrait être le cinquième Premier ministre en 20 mois ?
00:03:35François Bayrou a passé près de deux heures à la mi-journée à l'Elysée où il est allé remettre la démission de son gouvernement.
00:03:41Pascal Perenot, avant de parler de la suite de cette fumée blanche que l'on attend ce soir, arrêtons-nous sur ce moment tout à l'heure.
00:03:48Qu'ont-ils bien pu se dire pendant deux heures Emmanuel Macron et François Bayrou ?
00:03:52Écoutez, l'atmosphère ne devait pas être très gaie parce qu'au fond, la démission de ce gouvernement Bayrou signe la fin de l'ambition qui était celle d'Emmanuel Macron
00:04:05d'inventer un nouvel espace politique entre la gauche et la droite, le fameux socle commun et de droite et de gauche de 2017.
00:04:15Et là, à quoi assiste-t-on ?
00:04:17Cet espace central ne cesse de se restreindre.
00:04:20Et d'autre part, ce qui en était peut-être l'architecture principale, le pilier principal, à savoir le centrisme, le centrisme a été vaincu.
00:04:29Il faut savoir que bien avant Emmanuel Macron, François Bayrou était porteur de ce qu'il appelait l'hypersandre, de la volonté aussi de bousculer ce jeu traditionnel.
00:04:40Eh bien, le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est un échec.
00:04:43Et vous pensez qu'à midi, ensemble à l'Elysée, ils ont fait ensemble l'aveu de cet échec ?
00:04:48Écoutez, il serait intéressant, je ne suis pas une petite souris à l'Elysée, mais il serait intéressant d'entendre ce qu'ils se sont dit.
00:04:56Et j'espère qu'ils sont revenus sur un diagnostic précis et asserré des raisons de l'échec.
00:05:03Parce que c'est le deuxième échec.
00:05:05Après l'échec de Michel Barnier, l'échec de François Bayrou, qui, on le sait, s'était imposé au président.
00:05:12Ça n'était pas le choix du président.
00:05:16Et donc, on a toujours intérêt en politique, surtout quand on traverse une crise aussi profonde que celle que l'on traverse, à avoir un diagnostic juste.
00:05:23Ensuite, il faut chercher les moyens, les réponses.
00:05:26Ça, c'est une autre affaire.
00:05:27Mais il n'y a pas de réponse bonne s'il n'y a pas un diagnostic juste.
00:05:32Et j'espère qu'ils ont consacré un certain temps au diagnostic.
00:05:35Parce qu'on le sait, Emmanuel Macron a décidé de désigner un Premier ministre dans les tout prochains jours.
00:05:40C'est ce qu'a fait savoir l'Elysée hier soir.
00:05:42Les visages des impétrants occupent les colonnes des journaux et les écrans de télévision depuis plusieurs jours déjà.
00:05:48Je pourrais les soumettre à votre jugement.
00:05:49Je vais plutôt d'abord vous demander à chacun un profil idéal.
00:05:52Le profil idéal, c'est l'homme du compromis.
00:05:57Compromis, c'est une qualité, ou une femme du compromis.
00:06:00C'est une qualité dont on le sait, qui est très peu présente parmi la classe politique, mais bien au-delà, parmi les syndicats, parmi les associations.
00:06:10Voilà, nous ne sommes pas dans une culture du compromis.
00:06:13Nous avons un vieux passé révolutionnaire dont nous sommes extrêmement fiers,
00:06:17qui est un passé qui pousse à la bipolarisation sans arrêt.
00:06:19D'un côté, la nuit, de l'autre côté, le jour, le bien, le mal, etc.
00:06:24Thibault Mullier, vous, quel serait votre profil idéal ?
00:06:28Un profil idéal dans le système institutionnel actuel, et avec les acteurs qui composent toujours l'Assemblée nationale,
00:06:37à mon sens, il n'en existe pas, pour la simple et bonne raison.
00:06:40D'accord, personne, donc.
00:06:40On cherche quelqu'un qui soit capable de compromis, mais il faut que les acteurs soient prêts à cela.
00:06:47Or, on a été biberonné pendant des décennies.
00:06:50Alors, il y a la bipolarisation, en tout cas la tradition française conflictuelle,
00:06:55mais on a été aussi nourri à un fait majoritaire,
00:06:57et à une habitude que les majorités absolues sont possibles,
00:07:01et qu'on pourra gouverner sur l'appui de cette majorité absolue.
00:07:04Et la tripartition qui est en train de se confirmer,
00:07:07et je pense même une dissolution n'infirmerait pas cette tripolarisation,
00:07:11montre que les acteurs doivent changer, mais ça prend beaucoup de temps.
00:07:14Et vous, Fabien Villieu, quel est le profil idéal pour le prochain Premier ministre,
00:07:19pour qu'il tienne un peu plus longtemps ?
00:07:21Je ne suis pas sûr d'être le meilleur pour avoir ce type de profil,
00:07:25mais en tout cas, quelqu'un qui écoute, quelqu'un qui écoute, les gens qui souffrent,
00:07:28parce qu'on a beaucoup parlé de la dette,
00:07:30alors maintenant on est tous des spécialistes de la dette,
00:07:323 000 milliards, 2 000 milliards, enfin là, il y a des gens qui souffrent dans ce pays, vraiment.
00:07:38Il suffit de venir à Paris, regarder dans la rue,
00:07:40il y a des gens qui tombent dans la rue, il y a même des enfants qui tombent dans la rue.
00:07:43Enfin, il faut écouter, il faut quelqu'un qui se dise,
00:07:46bon ok, l'économie elle doit marcher,
00:07:47mais aujourd'hui, il faut remettre un peu l'église au milieu du village, voilà.
00:07:51Il y a de la souffrance énorme dans ce pays qui s'est exprimé en 2023,
00:07:55qui à mon avis, d'une façon un peu déformée,
00:07:57s'exprime là, à partir de demain.
00:08:00Voilà, donc il faut écouter un peu tout ça,
00:08:02il faut écouter chaque voix compte.
00:08:03Voilà, chaque voix compte, merci Fabien Vildieu.
00:08:07Il y a plusieurs options sur la table,
00:08:09il y a plusieurs scénarios possibles ce soir encore,
00:08:11de la nomination éminente d'un Premier ministre jusqu'à la dissolution,
00:08:15voire la destitution.
00:08:17Chaque camp avance ses pions depuis ce matin,
00:08:20aucun ne va dans la même direction.
00:08:22On voit cela dans les deux minutes pour comprendre,
00:08:23préparé ce soir par Baptiste Gargui-Chartier.
00:08:26Moins de 24 heures après la chute du gouvernement Bayrou,
00:08:34des scénarios et une question,
00:08:36qui pour devenir locataire de Matignon ?
00:08:38Un visage ce soir fait l'objet de toutes les attentions,
00:08:41Sébastien Lecornu devenu peut-être celui
00:08:43qui parviendra à résoudre l'équation.
00:08:46À l'Élysée, la nomination relève du casse-tête,
00:08:48éviter non seulement la censure,
00:08:50plaire à la droite, mais sans contrarier la gauche.
00:08:52Toute la journée, les spéculations vont bon train.
00:08:54Première option, nommé une figure du bloc central,
00:08:58de Gérald Darmanin à Sébastien Lecornu,
00:09:00en passant même par Yael Brunpivet,
00:09:02qui ce matin sur les ondes ne ferme pas la porte.
00:09:05Si d'aventure il fallait assumer cette mission-là,
00:09:09évidemment je ne rechignera pas,
00:09:10mais c'est le choix du président de la République.
00:09:12Au même moment, Gabriel Attali va aussi de sa solution.
00:09:15Lui dresse le portrait robot de son candidat idéal pour Matignon.
00:09:19Je crois que c'est une personne qui ne vient pas
00:09:21de la politique active immédiate.
00:09:23Ça peut être quelqu'un qui vient du monde syndical,
00:09:25du monde associatif,
00:09:26et qui, sur son nom, peut mettre autour d'une même table
00:09:29l'ensemble des chefs de partis politiques.
00:09:31Mais depuis les couloirs de l'Assemblée,
00:09:33réponse formelle est sans appel de Marine Le Pen.
00:09:35Il faut arrêter.
00:09:36On n'est pas dans une cellule psychologique.
00:09:39Soit il y a un Premier ministre qui est capable de trouver une voie
00:09:48pour ne pas être censuré quand il présentera son budget,
00:09:52soit ce Premier ministre n'est pas capable de trouver une voie.
00:09:56À gauche, le parti socialiste se dit sur les rangs.
00:10:00Il est temps de cohabiter.
00:10:01Je souhaite qu'il y ait un gouvernement de gauche
00:10:03et écologiste au gouvernement.
00:10:05Nous verrons à ce moment-là si nous trouvons des majorités ou pas.
00:10:07Chez les insoumis, en revanche, pas question d'une cohabitation.
00:10:10Et ces derniers jours, les députés ont ces mêmes mots à la bouche.
00:10:14Destitution du Président.
00:10:15Il s'agit maintenant de sortir par le haut
00:10:17de l'impasse dans laquelle nous a mis le Président de la République
00:10:20depuis plus d'un an.
00:10:22Alors qu'un an se fait toujours attendre,
00:10:23une certitude ce soir.
00:10:25Xavier Bertrand l'a lui-même annoncé.
00:10:26Il ne sera pas Premier ministre.
00:10:30Voilà, donc fumée blanche imminente,
00:10:32nous dit-on ce soir du côté de l'Elysée.
00:10:34C'est l'entourage d'Emmanuel Macron qui fait savoir
00:10:36que l'annonce du prochain Premier ministre est imminente.
00:10:39Donc on attend avec vous en même temps que vous.
00:10:42Thibaut Mullier, avant de parler du qui,
00:10:44je voudrais qu'on parle du camp.
00:10:45Parce que la balle est aujourd'hui dans le camp d'Emmanuel Macron
00:10:48qui est, on le sait, le maître des horloges.
00:10:50Que dit la Constitution ?
00:10:51Il a le droit de prendre tout son temps
00:10:53pour nommer ce Premier ministre ?
00:10:55Sur le plan constitutionnel,
00:10:58il a, si on lit que la disposition sur la nomination,
00:11:01oui, on pourrait considérer qu'il a tout le temps possible
00:11:04et qu'il est le maître des horloges.
00:11:05En réalité, il ne l'est pas vraiment pour deux raisons.
00:11:07Une première constitutionnelle,
00:11:09c'est qu'il doit, il est garant du bon fonctionnement,
00:11:11enfin du fonctionnement régulier des institutions.
00:11:14Or, nous avons un impératif qui arrive assez vite,
00:11:18c'est l'adoption d'un budget
00:11:19pour qu'au 1er janvier de l'année prochaine,
00:11:21eh bien, il y ait possibilité que les services publics
00:11:23et la machine étatique fonctionnent, notamment.
00:11:27Mais, donc, il va être tenu de mettre en plat,
00:11:31enfin, de nommer assez vite un Premier ministre
00:11:33et ensuite un gouvernement,
00:11:35eh bien, ne serait-ce que pour essayer d'adopter un budget.
00:11:37Et ensuite, il y a la pression politique.
00:11:38Il y a une pression politique sur, eh bien,
00:11:42comment on continue à avancer,
00:11:44sachant qu'un exercice, un gouvernement de plein exercice,
00:11:49eh bien, est nécessaire pour un fonctionnement plus cohérent
00:11:53avec le Parlement, enfin, que le Parlement aussi fonctionne
00:11:56et produise des lois correctement et normalement.
00:12:00– Pascal Perrineau, en réalité, Emmanuel Macron,
00:12:03s'il annonce réellement son Premier ministre ce soir,
00:12:05et il ne nous a pas habitués à une telle rapidité.
00:12:08On rappelle qu'il avait mis 51 jours à nommer Michel Barnier.
00:12:11On avait attendu 8 jours pour François Bayrou.
00:12:14Ce serait un exploit d'avoir un nom ce soir ?
00:12:16– Oui, par rapport à la tradition, si l'on peut dire,
00:12:19ce serait un exploit.
00:12:20Quelle que soit la nomination,
00:12:22le président est un homme qui hésite,
00:12:25qui se donne le temps.
00:12:26– En réalité, là, il a eu 15 jours,
00:12:28puisqu'il savait, depuis que François Bayrou annonçait
00:12:30ce vote de confiance, qu'il allait falloir nommer
00:12:32un nouveau Premier ministre.
00:12:32– Oui, c'est la chronique d'une défaite annoncée,
00:12:34donc il a eu le temps de consulter, de préparer, de réfléchir.
00:12:38Mais plus il approche de la décision finale,
00:12:41plus il hésite.
00:12:42Et on voit bien que les pressions sont multiples,
00:12:44venant même du Bloc central.
00:12:46Madame Yaël Braun-Pivet,
00:12:48Monsieur Gérald Darmanin,
00:12:50donc on voit que ça vient de son propre camp.
00:12:52L'hypothèse de Sébastien Lecornu
00:12:54a un sens, dans la mesure où c'est certainement
00:12:57parmi les trois personnes dont on parle,
00:13:00la personne qui est la plus proche du président.
00:13:02Et le président a peut-être envie de reprendre la main.
00:13:06Pourquoi ?
00:13:07Parce qu'avec Michel Barnier, ça ne s'est pas bien passé.
00:13:09C'était assez conflictuel, les rapports
00:13:12entre Michel Barnier et le président de la République.
00:13:15Et avec, on le disait, avec François Bayrou,
00:13:17et c'est François Bayrou qui s'est imposé,
00:13:20qui a fait un véritable chantage
00:13:21pour devenir Premier ministre.
00:13:23Donc il a certainement envie d'essayer,
00:13:25cette fois-ci,
00:13:27avec quelqu'un qui est proche de lui,
00:13:29c'est lui qui sera à la manœuvre,
00:13:32mais avec un gros risque.
00:13:33C'est le risque d'être très exposé.
00:13:35Mais pourquoi, si c'est Sébastien Lecornu, par exemple,
00:13:38pourquoi le nommer aujourd'hui,
00:13:40alors que finalement François Bayrou avait réussi
00:13:42à tordre le bras, en quelque sorte,
00:13:44à Emmanuel Macron au moment de sa nomination ?
00:13:46Le nom de Sébastien Lecornu circulait déjà à ce moment-là.
00:13:49Est-ce que...
00:13:50Il faut, je crois, aller vite maintenant.
00:13:52Pourquoi ?
00:13:53Parce que demain, il y a ce mouvement
00:13:56Bloquons-Tout,
00:13:57dont on ne sait pas très bien
00:13:58quel sera le résultat,
00:14:00mais il y a, du côté des mobilisations sociales,
00:14:03un mouvement qui se prépare.
00:14:05Il y a le mouvement initié par les syndicats,
00:14:08le 18 mai,
00:14:09entre-temps, vendredi,
00:14:11il y a la notation de l'agence Fitch.
00:14:15Et si la note de la France est dégradée,
00:14:17mais c'est une très, très mauvaise nouvelle.
00:14:21Donc, il faut rassurer,
00:14:23pas simplement du côté social,
00:14:25il faut rassurer également les marchés.
00:14:27Alors justement,
00:14:28Fanny Guinochet,
00:14:29c'est le fameux réel
00:14:32qui n'est pas effaçable
00:14:33dont parlait François Bayrou hier
00:14:34à l'Assemblée nationale.
00:14:36Ce sera tout en haut
00:14:37de la feuille de route
00:14:38du prochain Premier ministre.
00:14:39C'est le budget
00:14:40et c'est ce chiffre
00:14:41qui obsède désormais toute la France.
00:14:44Oui, parce que pour le coup,
00:14:45François Bayrou a fait de la pédagogie
00:14:46sur ce chiffre.
00:14:483415 milliards d'euros,
00:14:49il l'a rappelé hier
00:14:50à la tribune.
00:14:51C'est évidemment
00:14:52le montant de la dette publique,
00:14:54114% de notre PIB,
00:14:57notre produit intérieur brut,
00:14:59c'est-à-dire la richesse
00:15:00que l'on produit collectivement.
00:15:02Et ce qui fait dire
00:15:03à François Bayrou
00:15:05que cette dette,
00:15:07c'est une véritable contrainte
00:15:09parce que la difficulté,
00:15:11c'est qu'elle augmente
00:15:12de plus en plus.
00:15:12On l'écoute.
00:15:13« Chaque seconde qui passe,
00:15:17chaque seconde,
00:15:19la dette de la France
00:15:20augmente de 5000 euros. »
00:15:22Alors, il le disait au mois de juillet
00:15:24et on a fait le calcul.
00:15:25Depuis hier, par exemple,
00:15:27on est à 3417 milliards d'euros aujourd'hui
00:15:31et ainsi de suite.
00:15:33Donc, effectivement,
00:15:34cette dette,
00:15:34il y a des intérêts aussi
00:15:36de la dette,
00:15:37la charge de la dette.
00:15:39Et là aussi,
00:15:39ça grossit petit à petit.
00:15:41On estime,
00:15:42et ce sont des estimations,
00:15:43qu'on sera à 66 milliards d'euros
00:15:45à la fin de l'année.
00:15:46Donc, vous voyez,
00:15:47c'est presque un cadeau empoisonné
00:15:49pour le futur locataire de Matignon.
00:15:51Et d'ailleurs,
00:15:52François Bayrou l'a presque dit
00:15:53comme un avertissement.
00:15:54Hier, encore à l'Assemblée,
00:15:56on l'écoute.
00:15:57« Le poids de la dette,
00:15:58déjà insupportable,
00:16:00sera de plus en plus lourd
00:16:02et de plus en plus cher.
00:16:04Notre pronostic vital est engagé. »
00:16:06« Notre pronostic vital est engagé. »
00:16:08Cette dette,
00:16:09ça va être l'épine
00:16:10dans le pied du futur Premier ministre,
00:16:12quel que soit son profil.
00:16:13D'autant que la France
00:16:14devient aujourd'hui
00:16:16le mauvais élève de l'Europe.
00:16:17Et ça a été un choc,
00:16:18on l'a appris ce matin.
00:16:19La France emprunte
00:16:21à des niveaux plus élevés
00:16:22que l'Italie.
00:16:23Alors, c'est infime,
00:16:24la différence.
00:16:25On est à 3,48% pour la France,
00:16:29alors que l'Italie
00:16:29est à 3,47%.
00:16:31Mais c'est tout un symbole
00:16:32parce que derrière le symbole,
00:16:34ce sont aussi des milliards d'euros.
00:16:36Et c'est vrai que mi-août,
00:16:37on avait déjà eu une alerte
00:16:39parce que la France
00:16:39empruntait déjà plus cher
00:16:41que la Grèce.
00:16:42Et vous dire,
00:16:42ça montre quoi ?
00:16:43Ça montre que les investisseurs
00:16:45n'ont plus confiance.
00:16:46Vous en parliez,
00:16:46Pascal Perrineau,
00:16:47dans la France.
00:16:48La France perd sa crédibilité.
00:16:50Et vous le disiez,
00:16:51le coup près risque
00:16:52de tomber vendredi soir.
00:16:54On attend la première notation
00:16:56parce que les agences
00:16:57nombreuses
00:16:58à se prononcer
00:17:00sur la qualité,
00:17:01la crédibilité
00:17:02de notre dette.
00:17:03C'est Fitch.
00:17:03Ça sera vendredi soir.
00:17:04Et c'est effectivement
00:17:05un calendrier
00:17:06que le président
00:17:07a certainement dans la tête.
00:17:08Et c'est pour ça
00:17:08qu'il doit aller vite
00:17:09pour nommer son nouveau chef du gouvernement.
00:17:11Et oui,
00:17:11parce que plus il attend
00:17:12et plus les investisseurs
00:17:13s'inquiètent,
00:17:15ne sont pas rassurés.
00:17:16De quoi perdre encore
00:17:18des points de croissance.
00:17:19On attend un cap clair.
00:17:21Et il y a en plus
00:17:22ces échéances constitutionnelles.
00:17:24Vous le disiez,
00:17:24le premier dossier
00:17:25du prochain locataire
00:17:27de Matignon,
00:17:27ce sera le budget.
00:17:28Et là,
00:17:28c'est très précis
00:17:29dans la Constitution.
00:17:30Je me tourne vers vous.
00:17:31Mais c'est vrai que début octobre,
00:17:32le 7 octobre,
00:17:33il faut un projet de loi.
00:17:34Ça laisse peu de temps
00:17:35présenté à l'Assemblée.
00:17:37Il faut que le Parlement
00:17:38ait le temps d'en débattre
00:17:4070 jours au moins
00:17:41pour avoir un budget
00:17:42à la fin de l'année,
00:17:43le 31 décembre.
00:17:45Sans quoi on repartira
00:17:46dans une loi spéciale.
00:17:47On l'a vu l'année dernière.
00:17:48Et Fanny,
00:17:49il faut aussi ajouter
00:17:49que le choix du Premier ministre
00:17:51semble influencer
00:17:52le comportement des Français
00:17:53en ce moment.
00:17:54Oui.
00:17:54Et là où c'est inquiétant,
00:17:55c'est que par exemple
00:17:56sur la consommation
00:17:57premier moteur
00:17:58de l'économie française,
00:17:59on voit déjà
00:18:00que depuis 15 jours,
00:18:01eh bien la consommation,
00:18:03les Français dépensent moins,
00:18:04ils épargnent beaucoup
00:18:05alors que la consommation
00:18:06avait plutôt tendance
00:18:07à repartir cet été.
00:18:08Les entrepreneurs
00:18:09ont le pied sur le frein.
00:18:11On voit les commandes
00:18:12de logements,
00:18:14les transactions immobilières
00:18:15ralentir.
00:18:16Alors on préfère épargner
00:18:17en attendant de voir venir
00:18:18parce qu'une chose est sûre,
00:18:20tous les Français l'ont compris,
00:18:21certainement il va falloir
00:18:22faire des efforts
00:18:23que ce soit avec Bayrou
00:18:24ou avec son successeur.
00:18:26Avec son successeur
00:18:27dont la désignation
00:18:28est imminente,
00:18:29fait savoir l'Elysée.
00:18:30Fabien Villedieu,
00:18:31vous l'apercevez,
00:18:32l'inquiétude des Français
00:18:33dont parle ce soir Fanny ?
00:18:35Alors je ne suis pas persuadé
00:18:37que ce soit sur des histoires
00:18:37de dettes
00:18:38et de notations
00:18:39qui aura lieu vendredi.
00:18:41En tout cas,
00:18:42ce qu'il faut quand même dire,
00:18:43c'est que
00:18:44quand Macron est arrivé
00:18:45au pouvoir
00:18:47en 2017,
00:18:48la dette était de 2200 milliards
00:18:49et aujourd'hui,
00:18:50elle est de 3300.
00:18:52Donc à un moment donné,
00:18:53je trouve que c'est un peu gros
00:18:54de venir nous faire la leçon,
00:18:56de nous culpabiliser en permanence
00:18:58parce que tout le temps,
00:18:59on nous culpabilise
00:19:00alors qu'en vrai,
00:19:01la dette a augmenté sous...
00:19:04Et je crois que M. Bayrou a voté
00:19:06ou en tout cas son équipe
00:19:07a voté tous les budgets
00:19:08depuis sept ans.
00:19:09Donc tous ces budgets déficitaires
00:19:11qui feront que la dette
00:19:12a augmenté de 1000 milliards.
00:19:13Donc si c'est si grave que ça,
00:19:15ça fait sept ans
00:19:16qu'il aurait dû ne pas voter
00:19:17ces budgets.
00:19:18Parce qu'à un moment donné,
00:19:19tu ne peux pas alimenter
00:19:20toi-même le déficit
00:19:22et arriver et nous dire
00:19:24maintenant le bateau...
00:19:25Je vous interromps
00:19:26parce que je suis en mesure
00:19:27de vous dire le nom
00:19:28du Premier ministre
00:19:29qui devra s'occuper
00:19:30justement de ce budget.
00:19:31C'est Sébastien Lecornu.
00:19:33Je vous propose son portrait
00:19:33tout de suite.
00:19:36Depuis 2017,
00:19:37il est présent
00:19:38dans chaque gouvernement.
00:19:40En huit ans,
00:19:41Sébastien Lecornu
00:19:42est devenu un très proche
00:19:43du chef de l'État.
00:19:45Homme de droite,
00:19:46directeur de campagne
00:19:46adjoint de François Fillon.
00:19:48Il démissionne au moment
00:19:50de la mise en examen
00:19:51du candidat
00:19:52avant la présidentielle
00:19:53de 2017.
00:19:54On n'est pas un accident.
00:19:56Quelques mois plus tard,
00:19:58il franchit le Rubicon
00:19:59et rejoint Emmanuel Macron
00:20:01comme Edouard Philippe
00:20:03ou encore Gérald Darmenin.
00:20:05Il occupe depuis 2022
00:20:07le poste très stratégique
00:20:08de ministre des Armées,
00:20:10un domaine réservé
00:20:11du président de la République.
00:20:14Discret,
00:20:14il a depuis l'oreille
00:20:15d'Emmanuel Macron
00:20:16et est souvent cité
00:20:18comme potentiel locataire
00:20:19de Matignon.
00:20:21En décembre dernier,
00:20:22il est d'ailleurs doublé
00:20:23sur la ligne d'arrivée
00:20:24par un certain,
00:20:25François Bayrou.
00:20:26Mais après la chute
00:20:27du BRN,
00:20:28c'est enfin son tour.
00:20:30Alors,
00:20:31saura-t-il comment s'y prendre
00:20:32pour ne pas être renversé ?
00:20:35Enfin, à coup sûr,
00:20:36ce n'est pas en regardant
00:20:37dans le rétroviseur,
00:20:37mais c'est en étant
00:20:38fondamentalement réformateur
00:20:40et je le dis pour une énième fois,
00:20:41en prenant des risques.
00:20:42Merci beaucoup.
00:20:44Voilà,
00:20:44Sébastien Lecornu
00:20:45qui est donc
00:20:46le cinquième premier ministre
00:20:48de la France
00:20:49en moins de trois ans.
00:20:50Elsa Mondingava
00:20:51nous a rejoint.
00:20:52Elsa Sébastien Lecornu,
00:20:5439 ans,
00:20:55ministre des Armées.
00:20:57Son nom circulait
00:20:58depuis ce matin
00:21:00avec beaucoup d'insistance.
00:21:01L'hypothèse a pris corps
00:21:02aux alentours de 9 heures
00:21:03et à vrai dire,
00:21:05on se disait,
00:21:06bon ben plus un nom circule
00:21:07et moins ce sera lui.
00:21:08Et puis finalement,
00:21:09c'est lui,
00:21:10mais Sébastien Lecornu,
00:21:11il a l'habitude d'entendre son nom
00:21:12circuler énormément
00:21:13et puis au dernier moment,
00:21:15c'est jamais lui.
00:21:16Ben ça y est,
00:21:16il peut le voir écrit noir sur blanc
00:21:18sur le communiqué de l'Elysée,
00:21:19c'est bon,
00:21:19c'est bien lui,
00:21:20le futur premier ministre.
00:21:21Vous l'avez dit,
00:21:22ministre des Armées,
00:21:23les armées c'est stratégique,
00:21:24ça veut dire qu'on est très proche
00:21:25du chef de l'État,
00:21:26qu'on est très alignés.
00:21:29Alors Emmanuel Macron,
00:21:30il fait un peu un pari
00:21:31parce qu'il choisit encore
00:21:32quelqu'un de son camp.
00:21:33Pourquoi pense-t-il
00:21:34que Sébastien Lecornu
00:21:35a plus de clés
00:21:36que François Bayrou,
00:21:37que Michel Barnier ?
00:21:38Eh bien,
00:21:38peut-être qu'il a fait
00:21:39la démonstration
00:21:39qu'il pouvait ouvrir
00:21:41un peu à gauche
00:21:42sans trop fermer à droite.
00:21:44Sébastien Lecornu,
00:21:45il y a eu tout au long
00:21:46de la journée
00:21:46quand son nom
00:21:47a beaucoup circulé
00:21:48et c'est le cas
00:21:49comme tout le temps,
00:21:50des tirs de barrages
00:21:51de l'aile gauche
00:21:52notamment,
00:21:53qui lui reprochent
00:21:54une proximité,
00:21:55une sorte de recherche
00:21:56de bienveillance
00:21:57de la part du Rassemblement national.
00:21:58Il a dîné plusieurs fois
00:22:00des dîners
00:22:00qui n'étaient pas inscrits
00:22:01à l'agenda
00:22:01et effectivement,
00:22:02certains craignent
00:22:04que cette nomination
00:22:05ce soit un signe
00:22:06envers le Rassemblement national
00:22:07alors qu'on cherche plutôt
00:22:08un signe vers la gauche,
00:22:09Adeline,
00:22:10mais on va voir
00:22:10puisque Sébastien Lecornu
00:22:12va encore fonder un gouvernement
00:22:13et avoir un programme.
00:22:14Pascal Perrineau,
00:22:15votre première réaction ?
00:22:17Écoutez,
00:22:17ce qui est important
00:22:18c'est les capacités de l'homme.
00:22:21Là,
00:22:21on a vu quelques limites.
00:22:25Sébastien Lecornu
00:22:25a été un excellent
00:22:26ministre des armées.
00:22:28Tout le monde le reconnaît
00:22:29et en particulier
00:22:30ses partenaires européens.
00:22:33C'est un homme
00:22:33qui a géré ce dossier
00:22:34difficile
00:22:35avec talent.
00:22:37Deuxièmement,
00:22:37c'est un changement
00:22:38de génération.
00:22:39Nous avons eu
00:22:39deux premiers ministres
00:22:41qui étaient parmi
00:22:42les plus vieux
00:22:42premiers ministres
00:22:44de la Ve République.
00:22:45Là,
00:22:45le président choisit
00:22:47une carte
00:22:47qu'il avait jouée jadis
00:22:48avec lui-même
00:22:49à savoir
00:22:50le renouvellement
00:22:53des générations.
00:22:54Et d'autre part,
00:22:55quand on connaît
00:22:56Sébastien Lecornu,
00:22:58c'est un négociateur.
00:23:00C'est un homme
00:23:00qui,
00:23:01dans l'ombre d'ailleurs,
00:23:02plus que dans la sphère publique,
00:23:04alors là,
00:23:04il va être projeté
00:23:05dans la sphère publique,
00:23:06mais dans l'ombre
00:23:07est un très bon négociateur.
00:23:10Je me souviens
00:23:10en particulier
00:23:11de Sébastien Lecornu
00:23:12dans le cadre
00:23:13du mouvement
00:23:15post-Gilet jaune
00:23:16lorsque le président
00:23:17avait déclenché
00:23:19ce fameux
00:23:19grand débat national.
00:23:21On l'a vu à l'œuvre
00:23:21avec Emmanuel Varou.
00:23:21Oui, c'est lui
00:23:22qui allait faire
00:23:23les débats citoyens.
00:23:24C'est lui
00:23:24qui était à la manœuvre.
00:23:26Et là,
00:23:27on pouvait se rendre
00:23:28contre des capacités
00:23:30de négociateur,
00:23:31parfois un peu madré,
00:23:33même,
00:23:34que peut avoir
00:23:35Sébastien Lecornu.
00:23:36Je vous lis
00:23:36à l'instant
00:23:37quand même
00:23:37le communiqué
00:23:37de la présidence
00:23:38de la République
00:23:38qui annonce
00:23:39la nomination
00:23:40de Sébastien Lecornu
00:23:41en tant que Premier ministre.
00:23:44Le président
00:23:44l'a chargé
00:23:45de consulter
00:23:46les forces politiques
00:23:47représentées au Parlement
00:23:48en vue d'adopter
00:23:49un budget pour la nation
00:23:50et bâtir
00:23:51les accords indispensables
00:23:52aux décisions
00:23:53des prochains mois.
00:23:54À la suite
00:23:55de ces discussions,
00:23:56il appartiendra
00:23:57au nouveau Premier ministre
00:23:58de proposer
00:23:59un gouvernement
00:24:00au président.
00:24:01L'action du Premier ministre
00:24:02sera guidée
00:24:03par la défense
00:24:04de notre indépendance
00:24:05et de notre puissance.
00:24:07Le service
00:24:07des Français
00:24:08et la stabilité
00:24:09politique et institutionnelle
00:24:10pour l'unité du pays.
00:24:12Le président
00:24:12est convaincu
00:24:13que sur ses bases,
00:24:15une entente
00:24:15entre les forces politiques
00:24:16est possible
00:24:17dans le respect
00:24:18des convictions
00:24:18de chacun.
00:24:20L'Élysée est quand même
00:24:21très optimiste.
00:24:22Ce soir,
00:24:23non, Elsa ?
00:24:23Très optimiste,
00:24:24mais vous avez lu
00:24:25et c'est intéressant,
00:24:26Adeline,
00:24:26on voit qu'il va consulter
00:24:28avant de nommer
00:24:29son gouvernement.
00:24:30Ça veut dire
00:24:31qu'il va aussi entendre
00:24:31les lignes rouges
00:24:32des uns et des autres.
00:24:33Chacun va dire
00:24:34quels sont les noms
00:24:36qu'il veut biffer
00:24:36sur la feuille
00:24:37pour une entrée
00:24:38au gouvernement.
00:24:39Et il y a ce terme
00:24:39que vous avez dit,
00:24:40budget.
00:24:40C'est-à-dire que là,
00:24:41on voit bien
00:24:41que l'objectif principal...
00:24:42son objectif,
00:24:44c'est de trouver
00:24:45une solution
00:24:45pour le budget,
00:24:46c'est très clair,
00:24:46c'est écrit noir-sublant
00:24:47comme vous venez
00:24:48de le lire.
00:24:49Pour un ministre des armées,
00:24:51puisqu'il l'est toujours,
00:24:52il a une mission
00:24:53qui est claire.
00:24:55Thibaut Mulier,
00:24:56d'abord,
00:24:57est-ce que la France
00:24:57peut se passer en ce moment
00:24:58d'un ministre des armées ?
00:24:59Parce que s'il devient
00:25:00chef du gouvernement
00:25:01et qu'il doit consulter
00:25:03avant de former
00:25:04un gouvernement,
00:25:05il se passe quoi
00:25:06dans les institutions ?
00:25:07Il se passe quoi
00:25:08dans les ministères ?
00:25:09Alors, je vous rassure...
00:25:10Ils sont vacants ?
00:25:11Ça ne posera...
00:25:11Alors, oui,
00:25:12lui, désormais,
00:25:13il est Premier ministre.
00:25:14Enfin, il faut voir
00:25:15à quel moment
00:25:15il signera le décret
00:25:17de nomination,
00:25:17mais il est Premier ministre
00:25:19et donc,
00:25:20soit le poste est...
00:25:22Pendant que le gouvernement
00:25:23n'est pas nommé,
00:25:23le poste de ministre des armées
00:25:25est cumulé informellement,
00:25:27si je puis dire,
00:25:28avec sa fonction
00:25:28de Premier ministre,
00:25:29soit, eh bien,
00:25:31il va nommer
00:25:31assez vite un gouvernement.
00:25:33Ce n'est pas un problème
00:25:33pour plusieurs raisons.
00:25:35La première,
00:25:36c'est que, en fait,
00:25:38cette nomination,
00:25:39elle montre à quel point
00:25:40Emmanuel Macron
00:25:41ne comprend pas
00:25:41l'erreur qu'il a faite
00:25:42il y a un an
00:25:43parce qu'il nomme
00:25:44quelqu'un
00:25:44qui est très proche de lui,
00:25:46donc ça veut dire
00:25:46qu'il veut reprendre la main
00:25:47sur un hémicycle
00:25:49sur lequel il ne peut plus
00:25:50avoir la main,
00:25:51il n'y a pas de majorité absolue
00:25:52et il ne comprend toujours pas
00:25:54que dans un régime parlementaire,
00:25:55on ne gouverne
00:25:56qu'avec l'appui
00:25:56d'une majorité.
00:25:58En plus de ça,
00:25:58il prend quelqu'un
00:25:59qui est un fin négociateur
00:26:00présenté comme tel,
00:26:01notamment au moment
00:26:02de la période
00:26:02post-Gilet jaune,
00:26:04c'est un ministre des armées
00:26:05et en France,
00:26:06enfin je suis bien placé
00:26:06pour le savoir,
00:26:07c'est mon champ de spécialité.
00:26:08En France,
00:26:09il y a un consensus
00:26:09en matière de défense nationale
00:26:11et hormis les communistes
00:26:13qui ont une tendance
00:26:14assez récurrente
00:26:15à s'abstenir,
00:26:17en réalité,
00:26:18même sur des textes
00:26:19un peu clivants,
00:26:19une loi de programmation militaire
00:26:21parce qu'il y a
00:26:21une dimension budgétaire,
00:26:22parce qu'il y a
00:26:22quelques choix stratégiques,
00:26:24eh bien on voit
00:26:24dans les commissions spécialisées
00:26:26dans les affaires étrangères
00:26:27et les forces armées,
00:26:29eh bien qu'il y a
00:26:29un relatif consensus.
00:26:31Est-ce que là,
00:26:31sur des sujets
00:26:32beaucoup plus antagonistes,
00:26:34notamment le budget,
00:26:35il va parvenir
00:26:36à faire quelque chose
00:26:36sachant qu'il a
00:26:37l'étiquette macroniste
00:26:38et un ministre des armées
00:26:40sous la Vème République
00:26:41n'a pas d'autonomie
00:26:42parce que c'est
00:26:42le président de la République
00:26:43d'une fait
00:26:44d'une pratique
00:26:45qui est le chef des armées,
00:26:46mais en réalité,
00:26:47le Premier ministre
00:26:47est responsable
00:26:48de la défense nationale,
00:26:49mais la pratique
00:26:50a été telle
00:26:51qu'on estime collectivement
00:26:53comme tout à fait normal,
00:26:54certains à tort disent même
00:26:56que c'est constitutionnellement
00:26:57le cas,
00:26:58que c'est le président
00:26:58qui décide seul
00:26:59en matière de défense
00:27:00et un ministre des armées,
00:27:01c'est quelqu'un
00:27:02de très proche
00:27:02qui a un rouage essentiel
00:27:03juridiquement et politiquement,
00:27:05mais qui rend compte
00:27:06au président de la République.
00:27:07Donc là,
00:27:07on a quelqu'un,
00:27:08un président de la République
00:27:09qui est en échec
00:27:10depuis un peu plus d'un an,
00:27:12qui est responsable
00:27:13de la situation
00:27:14post-dissolution
00:27:15et qui,
00:27:16après deux premiers ministres
00:27:17qui n'étaient pas
00:27:17complètement de son camp,
00:27:19mais qui étaient quand même
00:27:19plutôt proches idéologiquement,
00:27:21eh bien,
00:27:21nomme quelqu'un
00:27:22qui est un fidèle
00:27:23de chez les fidèles.
00:27:24Bon courage
00:27:25à monsieur Lecornu.
00:27:26Mais pardon,
00:27:27Pascal Perrineau,
00:27:28à quel moment
00:27:29Sébastien Lecornu
00:27:30va réussir
00:27:30là où les deux précédents
00:27:31ont échoué ?
00:27:32C'est-à-dire qu'à un moment,
00:27:32il va falloir
00:27:33trouver une majorité
00:27:35dans cette Assemblée nationale
00:27:36pour faire voter ce budget.
00:27:38Est-ce que Sébastien Lecornu
00:27:39a les moyens
00:27:41de rassembler autour de lui
00:27:42ce que François Bayrou
00:27:44et avant lui,
00:27:45Michel Barnier,
00:27:45n'ont pas réussi à faire ?
00:27:46On va le voir assez rapidement,
00:27:47d'abord dans les consultations
00:27:49qui vont avoir lieu
00:27:50dans les jours qui viennent
00:27:51et dans le profil
00:27:52du gouvernement.
00:27:53Ça va être
00:27:54un premier élément
00:27:55de réponse.
00:27:56Est-ce qu'il y a
00:27:56une capacité
00:27:57d'élargissement
00:27:58ou non ?
00:27:59Ça sera le premier élément
00:28:00de réponse.
00:28:02Ensuite,
00:28:03on verra
00:28:03si ces talents
00:28:04de négociateurs
00:28:05permettent
00:28:07l'impossible,
00:28:09ce que déjà
00:28:09François Bayrou
00:28:10présentait en effet
00:28:11comme un Himalaya,
00:28:13c'est-à-dire
00:28:14d'arriver
00:28:15à un compromis
00:28:16budgétaire.
00:28:17Si ça n'est pas le cas,
00:28:19si ça n'est pas le cas,
00:28:20comme dans tous les régimes
00:28:22à dimension parlementaire,
00:28:25il sera mis en minorité.
00:28:28Cette fois-ci,
00:28:28ça sera la troisième fois
00:28:30et à ce moment-là,
00:28:32la logique politique,
00:28:34institutionnelle,
00:28:35l'esprit des institutions
00:28:37fera qu'il faudra dissoudre
00:28:40et dire,
00:28:40je remets la parole au peuple,
00:28:43vous allez décider
00:28:44comme l'avait fait
00:28:45dans le passé,
00:28:45par exemple,
00:28:46le général de Gaulle.
00:28:47Ou démissionné.
00:28:48Ou démissionné.
00:28:49Parce que c'est un arbitre.
00:28:50Là, il y a un conflit
00:28:51entre le gouvernement
00:28:51et l'Assemblée.
00:28:52Emmanuel Macron a toujours dit
00:28:52qu'il serait président
00:28:53jusqu'au dernier quart d'heure.
00:28:53Je sais, je sais,
00:28:54mais si on est dans la logique
00:28:56des institutions
00:28:57et notamment la logique gaulliste,
00:28:58c'est quand l'arbitre lui-même
00:29:00ne parvient pas
00:29:01à résoudre le conflit,
00:29:02il s'en va.
00:29:03Il y a autre chose.
00:29:04Il y a que de Gaulle
00:29:04qui l'a fait.
00:29:05Demain, il y a cette journée
00:29:06bloquant tout,
00:29:06cette journée de mobilisation
00:29:08dont nul ne peut ce soir
00:29:09deviner l'ampleur.
00:29:11On sait l'ampleur
00:29:12de la mobilisation
00:29:13des forces de l'ordre
00:29:14demain pour encadrer
00:29:15les blocages
00:29:16et les manifestations.
00:29:16Est-ce qu'aller aussi vite
00:29:18pour nommer un Premier ministre ?
00:29:19Encore une fois,
00:29:19ce soir, on est un peu sidéré
00:29:20par la rapidité
00:29:21avec laquelle les choses
00:29:22se sont finalement déroulées.
00:29:23On a du mal à y croire,
00:29:24mais ça y est,
00:29:25la France a un nouveau Premier ministre
00:29:26et c'est Sébastien Lecornu.
00:29:28Est-ce qu'il y a une stratégie
00:29:29du rempart
00:29:30derrière cette nomination ?
00:29:32Est-ce que Sébastien Lecornu
00:29:33va servir de rempart
00:29:34à Emmanuel Macron ?
00:29:34Parce que finalement,
00:29:35demain dans les manifs,
00:29:37ce n'est peut-être pas
00:29:37d'Emmanuel Macron
00:29:38dont on va parler,
00:29:39c'est de Sébastien Lecornu, non ?
00:29:40C'est de Sébastien Lecornu,
00:29:41mais surtout,
00:29:42on va parler du ministre
00:29:43de l'Intérieur.
00:29:45Pour l'instant,
00:29:45celui qui est à la manœuvre,
00:29:47c'est Bruno Retailleau,
00:29:48le toujours ministre
00:29:49de l'Intérieur.
00:29:50Toujours ministre de l'Intérieur,
00:29:51qui a préparé en amont
00:29:53les effectifs de police
00:29:56assez exceptionnels
00:29:58de police et de gendarmerie,
00:29:5980 000,
00:30:00ça sera peut-être autant
00:30:01que les manifestants
00:30:02que l'on verra demain.
00:30:04Ça s'explique
00:30:04par la dissémination,
00:30:06selon les renseignements
00:30:07territoriaux,
00:30:08la dissémination
00:30:09du mouvement du 10
00:30:11dans les villes moyennes.
00:30:12Et d'ailleurs,
00:30:13une enquête extrêmement intéressante
00:30:14de la Fondation Jean Jaurès
00:30:16vient de sortir
00:30:16sur le profil
00:30:18de celles et ceux
00:30:19qui soutiennent
00:30:19le mouvement du 10 décembre.
00:30:22Et c'est un mouvement,
00:30:22en effet,
00:30:23très concentré
00:30:24sur les villes moyennes,
00:30:25très jeune,
00:30:26beaucoup plus jeune
00:30:27que le mouvement
00:30:28des Gilets jaunes.
00:30:29En cela,
00:30:30il est très différent,
00:30:31beaucoup plus à gauche
00:30:32et même à l'ultra-gauche
00:30:34que le mouvement
00:30:36des Gilets jaunes
00:30:37qui était beaucoup
00:30:37plus diversifié.
00:30:39Par exemple,
00:30:40on apprend dans cette enquête
00:30:41que presque deux tiers
00:30:44de ceux qui soutiennent
00:30:46ce mouvement ont voté
00:30:48pour Jean-Luc Mélenchon
00:30:49à la dernière élection présidentielle.
00:30:51Donc on comprend
00:30:52l'ardeur du patron
00:30:53de la LFI
00:30:54à soutenir
00:30:55ce mouvement
00:30:56qui aura lieu demain.
00:30:57Et autant dire
00:30:58que ce soir,
00:30:58le nom de Sébastien Lecornu
00:31:00ne risque pas d'apaiser
00:31:01les colères locales.
00:31:03Tiens, justement,
00:31:04comment s'organise ce soir
00:31:05ce mouvement ?
00:31:06Quelle va en être l'ampleur ?
00:31:08On va tout de suite rejoindre
00:31:09Clément Perrouot
00:31:10qui se trouve aux abords
00:31:10d'une assemblée générale
00:31:11qui s'apprête à débuter
00:31:12du côté de Ménilmontant
00:31:14dans le 20e arrondissement de Paris.
00:31:16Quelle est l'ambiance ?
00:31:17Et est-ce que d'ailleurs
00:31:18les personnes derrière vous
00:31:19ont appris le nom
00:31:21du nouveau Premier ministre, Clément ?
00:31:23Alors je ne saurais pas répondre
00:31:26à cette question
00:31:26parce qu'il y a plusieurs personnes
00:31:27qui se succèdent au mégaphone
00:31:29à cette assemblée générale
00:31:30et pour l'instant,
00:31:31aucun n'a fait mention
00:31:33de la nomination
00:31:34de Sébastien Lecornu.
00:31:35Vous les voyez ici rassemblés
00:31:37sur ces images
00:31:38d'Alzéar de Kéralic.
00:31:40La place est assez bien remplie.
00:31:42Il y a beaucoup de jeunes
00:31:43qui sont là
00:31:43et tous ces militants
00:31:44ils sont membres du réseau
00:31:45Indignons-nous
00:31:46qui est très clairement
00:31:48marqué à gauche
00:31:49et pour eux,
00:31:50ils me le disaient
00:31:50avant cet AG,
00:31:52que ce soit François Bayrou
00:31:53ou un autre,
00:31:53ça ne change rien.
00:31:54Leur cible,
00:31:55c'est Emmanuel Macron.
00:31:56Je vous propose justement
00:31:57d'écouter quelques-uns
00:31:58de ces militants
00:31:59qui parlent
00:31:59de leur mobilisation demain.
00:32:01C'est contre le système
00:32:02qu'on se bat.
00:32:03Le 10, c'est demain
00:32:04et c'est à partir de demain
00:32:06que la France doit changer.
00:32:08Bayrou a démissionné,
00:32:10c'est à Macron de le faire.
00:32:11Il y a une fatigue
00:32:12vis-à-vis du travail,
00:32:13vis-à-vis du rythme de vie,
00:32:14vis-à-vis du fait
00:32:15qu'on n'ait pas assez
00:32:16de pouvoir d'achat,
00:32:18que c'est dur
00:32:19de tenir une vie comme ça.
00:32:22Peut-être que ça peut prendre,
00:32:23peut-être que ça ne va pas prendre,
00:32:24mais en tout cas,
00:32:24c'est bien de se constituer
00:32:25un peu un corps civique,
00:32:27un corps citoyen
00:32:28pour au moins être ensemble
00:32:29et ensuite voir
00:32:31comment on peut
00:32:31triposter
00:32:32à ce qui se passe
00:32:33en ce moment politiquement.
00:32:34Voilà, ça c'est la photographie
00:32:38à Paris,
00:32:39dans le 20e arrondissement,
00:32:40donc des participants urbains
00:32:42clairement de gauche.
00:32:44Mais avec la rédaction de la SCP,
00:32:45on s'est mobilisés
00:32:46ces derniers jours
00:32:47et nous sommes allés
00:32:47rencontrer différentes personnes
00:32:50qui se mobilisent
00:32:51pour cette journée
00:32:51du 10 septembre
00:32:52et on a pu voir
00:32:53qu'il y avait quand même
00:32:53une certaine diversité.
00:32:55Il y a par exemple
00:32:56des gilets jaunes
00:32:56qui veulent à nouveau
00:32:57réactiver les réseaux,
00:32:59qui veulent bloquer
00:33:00certains ronds-points.
00:33:01Il y a aussi des étudiants
00:33:02mobilisés sur les campus
00:33:04qui veulent bloquer
00:33:05des lycées,
00:33:05également des syndicats
00:33:07dans des grands sites
00:33:08industriels français.
00:33:09Tout ça se fait
00:33:10essentiellement en ligne.
00:33:11C'est un mouvement
00:33:12qui se veut citoyen,
00:33:13qui marche avec des boucles
00:33:14de discussion.
00:33:15C'est difficile de savoir
00:33:16exactement quelles actions
00:33:17vont être menées
00:33:18et quelle sera
00:33:19l'ampleur du mouvement.
00:33:20Mais ce qui paraît
00:33:21assez clair ce soir,
00:33:22c'est que le changement
00:33:23de Premier ministre
00:33:24ne devrait pas changer
00:33:24grand-chose.
00:33:25Merci Clément Perrault
00:33:26depuis Ménilmontant ce soir.
00:33:28Fabien Vildeux,
00:33:30la CGT Cheminot
00:33:30et Sudrail
00:33:31ont appelé
00:33:31les cheminots à la grève.
00:33:32Demain,
00:33:33est-ce que d'abord,
00:33:33ce soir,
00:33:34vous avez un taux de grévistes ?
00:33:36Le taux de grévistes
00:33:37qu'on a à la SNCF
00:33:38chez les conducteurs
00:33:39qui est une population
00:33:40qui pèse un peu,
00:33:41on est à peu près
00:33:43à 40 %,
00:33:44ce qui est relativement bien.
00:33:47Mais je voulais quand même
00:33:47rebondir sur ce que j'ai entendu.
00:33:50Je n'ai pas l'impression
00:33:51que c'est dangereux gauchistes
00:33:53avec le couteau entre les dents.
00:33:55Je vois des étudiants,
00:33:56des salariés
00:33:56qui parlent des vrais problèmes
00:33:57des gens,
00:33:58des problèmes de pouvoir d'achat,
00:33:59des problèmes de salaire.
00:34:00C'est très bien la dette,
00:34:01c'est très bien
00:34:02les systèmes de notation.
00:34:04Ça, c'est très intéressant.
00:34:06Mais en fait,
00:34:06les gens aujourd'hui,
00:34:08ce qui les intéresse,
00:34:09et c'est normal
00:34:09que ça les intéresse,
00:34:10et y compris cette voix,
00:34:12il faut l'entendre.
00:34:13Et j'ai peur
00:34:14que M. Lecornou,
00:34:15ça soit un peu
00:34:16la continuité
00:34:16de la même politique.
00:34:17Je ne vois pas
00:34:18la très grande différence
00:34:19entre la politique
00:34:21qu'il va faire
00:34:22et celle d'un M. Barnier.
00:34:23Enfin, je pense
00:34:24qu'il n'y a pas de problème
00:34:24avec M. Barnier
00:34:25en tant que personne
00:34:26ou M. Bérou
00:34:27en tant que personne.
00:34:28C'est sa politique.
00:34:29Et cette politique
00:34:30qui vise toujours
00:34:31à serrer la ceinture
00:34:32des plus pauvres
00:34:33de ce pays,
00:34:34à toujours raboter
00:34:35sur le service public
00:34:36sauf l'armée.
00:34:38Parce qu'il y a
00:34:38un seul budget
00:34:39qui augmente,
00:34:40c'est celui de l'armée.
00:34:41Mais à quel moment
00:34:42on demande aux citoyens ?
00:34:43À quel moment
00:34:43on demande aux citoyens ?
00:34:45Est-ce que vous,
00:34:45vous pensez
00:34:46qu'il faut se serrer la ceinture
00:34:47surtout sur le ferroviaire,
00:34:49sur le service public,
00:34:50sur les hôpitaux,
00:34:51sur l'éducation nationale,
00:34:52sauf sur l'armée ?
00:34:53À quel moment
00:34:53on pose la question aux gens ?
00:34:55Voilà, donc à un moment donné,
00:34:56moi je pense,
00:34:57c'est bien de...
00:34:58J'ai l'impression
00:34:59qu'il y a une petite opération
00:35:00de stigmatisation.
00:35:01On verra demain.
00:35:02Je pense que ça va
00:35:03très bien se passer demain.
00:35:04Je pense qu'il y aura
00:35:05des manifestations.
00:35:06Peut-être qu'il y aura
00:35:06des actions symboliques.
00:35:08Mais bon,
00:35:09l'action symbolique,
00:35:09ce n'est pas très grave non plus.
00:35:11Il y aura aussi
00:35:11le blocage via la grève
00:35:12qui est un droit constitutionnel.
00:35:14Et je pense que c'est
00:35:15plutôt bien que demain
00:35:16il y a du monde
00:35:17parce que j'ai peur
00:35:17qu'il y ait exactement
00:35:18la même politique
00:35:19que les différents gouvernements.
00:35:21Voilà, Sébastien Lecornu
00:35:22à l'épreuve de la rue
00:35:24dès son premier jour demain.
00:35:26On suivra bien sûr
00:35:26sur LCP
00:35:27puisque toute la rédaction
00:35:28est mobilisée
00:35:29pour cette journée
00:35:30bloquons-tout
00:35:31qui a donc lieu demain
00:35:32dans toute la France.
00:35:35Merci à tous les trois
00:35:36d'avoir été
00:35:37les premiers invités
00:35:38de chaque voix compte
00:35:40avec un programme
00:35:42un peu bousculé
00:35:43par cette nomination,
00:35:44cette désignation
00:35:45du nouveau Premier ministre
00:35:46qui est donc
00:35:46Sébastien Lecornu.
00:35:48L'Élysée l'a annoncé
00:35:49par la voix d'un communiqué.
00:35:51Il y a quelques minutes
00:35:52Sébastien Lecornu
00:35:5339 ans
00:35:53actuel ministre des armées
00:35:55va donc être
00:35:56le nouveau chef du gouvernement.
00:35:57Il ne va pas annoncer
00:35:58la composition
00:35:59de son gouvernement
00:36:00tout de suite.
00:36:01Il va d'abord consulter,
00:36:03il va d'abord recevoir
00:36:05les partis politiques.
00:36:07Il va donc essayer
00:36:08de composer ce gouvernement
00:36:09dont on aura la composition
00:36:10sans doute
00:36:11dans plusieurs jours
00:36:12maintenant.
00:36:13On va poursuivre
00:36:14la discussion
00:36:14dans un instant
00:36:15avec la question qui fâche.
00:36:16Ce soir c'est tout simplement
00:36:17Sébastien Lecornu
00:36:18peut-il réussir ?
00:36:20Trois petits points.
00:36:21Là où ses prédécesseurs
00:36:22ont échoué
00:36:22et cette discussion
00:36:24on va la poursuivre
00:36:25avec nos trois invités suivants.
00:36:28Bonsoir Sarah Legrin
00:36:29députée LFI de Paris.
00:36:32Bonsoir Erwann Balanant
00:36:33députée Modem du Finistère.
00:36:35Et bonsoir Gaëtan Dussaucet
00:36:36députée RN des Vosges.
00:36:39Sébastien Lecornu
00:36:41peut-il réussir ?
00:36:42C'est la question qui fâche
00:36:43et c'est dans un instant.
00:36:44Mais avant cela
00:36:44c'est Quelle Histoire ?
00:36:46Et c'est Laurent Guimier.
00:36:55Parce que chaque soir
00:36:56Laurent va décortiquer pour nous
00:36:58une image
00:36:58qui voudrait nous raconter
00:37:00une histoire.
00:37:01Et ce soir
00:37:02eh bien Laurent
00:37:02vous avez choisi de revenir
00:37:03sur une image
00:37:04de Jean-Luc Mélenchon.
00:37:05C'était il y a très très longtemps.
00:37:07C'était hier à 15h
00:37:09dans la tribune basse
00:37:11du public
00:37:12de l'hémicycle
00:37:13du Palais Bourbon.
00:37:14Jean-Luc Mélenchon
00:37:15est venu au milieu
00:37:16des citoyens
00:37:17des observateurs
00:37:18du public
00:37:18qui venaient assister
00:37:20au vote de conscience.
00:37:22Alors sur le réseau X
00:37:23au même moment
00:37:23il y a des dizaines de personnes
00:37:24qui disaient
00:37:25mais qu'est-ce qu'il fait là ?
00:37:26Il n'est pas député.
00:37:27Il s'exprime sur ses réseaux
00:37:28à la télé.
00:37:29D'ailleurs sur ses réseaux
00:37:30je le dis au passage
00:37:31Jean-Luc Mélenchon
00:37:31il vient de parler
00:37:33de la triste comédie
00:37:34du mépris
00:37:35qu'Emmanuel Macron
00:37:37inflige à la France
00:37:38je le cite
00:37:38en nommant
00:37:41M. Lecornu.
00:37:42Bref
00:37:42Mélenchon n'est pas député
00:37:44il s'exprime quand il veut
00:37:45qu'est-ce qu'il vient faire là
00:37:47à l'Assemblée nationale ?
00:37:48D'autant plus Laurent
00:37:48que dans cette tribune
00:37:49de l'Assemblée nationale
00:37:50on ne voit jamais
00:37:51de leader politique
00:37:52en exercice.
00:37:53Non parce que cette tribune
00:37:54elle accueille
00:37:55deux types de publics.
00:37:56Vous la voyez
00:37:56cette tribune
00:37:57elle est juste au-dessus
00:37:58de l'hémicycle.
00:37:59D'abord les citoyens
00:38:00qui ont sollicité
00:38:00et obtenu une invitation
00:38:02de leur député
00:38:03pour assister à une séance.
00:38:05Et puis dans un coin
00:38:05de la tribune
00:38:06vous trouvez le coin
00:38:07des anciens députés
00:38:08endroit qu'on appelle
00:38:09dans le jargon parlementaire
00:38:10le cimetière
00:38:11c'est là qu'on reçoit
00:38:12des anciens députés
00:38:13et c'est l'endroit précis
00:38:15en l'occurrence
00:38:15où se trouve M. Mélenchon
00:38:16et où Mme Tondelier
00:38:18qui n'a pas été députée
00:38:19mais qui était juste à côté
00:38:20se trouvait hier.
00:38:22Jean-Luc Mélenchon
00:38:23est un ancien député
00:38:24mais jamais un leader
00:38:25en activité
00:38:26ne vient s'asseoir là
00:38:27et pourtant lui
00:38:28il l'a fait.
00:38:29Et à quoi bon
00:38:29puisqu'il n'est que spectateur
00:38:31Jean-Luc Mélenchon
00:38:32on le rappelle
00:38:32n'a pas le droit de parler
00:38:33la retransmission télé
00:38:34d'ailleurs ne l'a même pas montré
00:38:36puisque le public
00:38:36n'est pas filmé
00:38:37pendant les séances
00:38:38à l'Assemblée.
00:38:39Eh bien on peut se dire
00:38:39que cette photo
00:38:39c'est pour le symbole
00:38:40analyse au premier degré
00:38:42les mauvaises langues diront
00:38:44que le fondateur de LFI
00:38:45est venu assister
00:38:46à l'exécution publique
00:38:47d'un de ses adversaires
00:38:49mais je pense
00:38:50qu'il y a un deuxième niveau
00:38:50d'analyse
00:38:51plus intéressant
00:38:52regardez bien
00:38:53Jean-Luc Mélenchon
00:38:54il est en surplomb
00:38:55des députés
00:38:56de l'ensemble du gouvernement
00:38:57en langage corporel
00:38:59c'est assez facile
00:39:00à décrypter
00:39:00ça introduit d'abord
00:39:02un rapport hiérarchique
00:39:03il est au-dessus
00:39:04et puis ça exprime
00:39:04une distance
00:39:05un recul
00:39:05une analyse
00:39:06tout en silence
00:39:07d'en haut
00:39:08il est littéralement
00:39:09et physiquement
00:39:10au-dessus de la mêlée
00:39:11Jean-Luc Mélenchon
00:39:12et c'est sans doute
00:39:13ce qu'il a voulu
00:39:13en stratégie financière
00:39:14ça c'est du rugby là
00:39:15ah ça je ne sais pas
00:39:16ça c'est vous qui savez
00:39:17et puis troisième symbole
00:39:18regardez même les mains
00:39:19de Jean-Luc Mélenchon
00:39:20il s'accroche
00:39:22au garde-corps du balcon
00:39:23là aussi
00:39:24ça veut dire
00:39:25quand on pose les mains
00:39:25sur le garde-corps
00:39:26qu'on est en posture
00:39:29d'observation
00:39:29de contemplation
00:39:31je vous dis cela
00:39:31parce qu'à chaque fois
00:39:32qu'on l'a pris en photo
00:39:32dans cette tribune
00:39:33il était exactement
00:39:34dans cette posture
00:39:35Jean-Luc Mélenchon
00:39:36oui parce qu'en effet
00:39:37c'est pas la première fois
00:39:38qu'on voit le leader insoumis
00:39:40dans cette tribune
00:39:41de l'hémicycle
00:39:41il a tendance
00:39:42à s'y inviter
00:39:42oui
00:39:43et c'est pas fait son droit
00:39:44encore une fois
00:39:45il n'y a pas de problème
00:39:464 décembre 2024
00:39:47regardez
00:39:47alors là c'était
00:39:48il y a très très très longtemps
00:39:49même tribune
00:39:50déjà Jean-Luc Mélenchon
00:39:52était venu assister
00:39:53à la chute du gouvernement
00:39:53Barnier celui-là
00:39:55même place
00:39:56même main sur le rebord
00:39:57et le 4 décembre dernier
00:39:58comme hier
00:39:59mise en scène identique
00:40:00pour l'arrivée
00:40:01du leader insoumis
00:40:02au palais Bourbon
00:40:02Madame Legrain
00:40:03pourra en attester
00:40:04acte 1
00:40:05les députés du groupe
00:40:07viennent à l'entrée
00:40:08du palais Bourbon
00:40:09on accueille le patron
00:40:11il l'entoure
00:40:11là les insoumis
00:40:12ne font qu'un
00:40:13acte 2
00:40:14les reporters de LCP
00:40:15ont été témoins
00:40:16à l'intérieur du palais Bourbon
00:40:17on se sépare
00:40:18on se répartit les rôles
00:40:20les députés partent
00:40:21d'un côté dans l'hémicycle
00:40:22et puis de l'autre côté
00:40:23au milieu des citoyens
00:40:25Jean-Luc Mélenchon
00:40:27regarde la bataille
00:40:28et le triomphe
00:40:29de ses troupes
00:40:30contre François Bayrou
00:40:32et donc le futur Premier ministre
00:40:33Sébastien Lecornu
00:40:34qui était lui aussi
00:40:35dans l'hémicycle hier
00:40:37tout cela est réglé
00:40:38comme du papier à musique
00:40:39mais la politique
00:40:40n'est jamais très très loin
00:40:41avec M. Mélenchon
00:40:42comment ça ?
00:40:43le moindre mouvement
00:40:44d'un Jean-Luc Mélenchon
00:40:45même au balcon
00:40:45s'est forcément scruté
00:40:46à la loupe
00:40:47en décembre dernier
00:40:48le leader assistait
00:40:50tranquillement
00:40:50au discours de Michel Barnier
00:40:51de Marine Le Pen
00:40:52et puis quand
00:40:52le patron du groupe socialiste
00:40:54est arrivé là
00:40:55il est parti
00:40:56alors évidemment
00:40:56ça a été
00:40:57tout de suite
00:40:59interprété politiquement
00:41:00et c'est bien normal
00:41:01un geste comme ça
00:41:03ça ne passe pas inaperçu
00:41:04et hier
00:41:05il a
00:41:06il a fait quoi
00:41:08Jean-Luc Mélenchon
00:41:08il a fait une autre chose
00:41:09quand Boris Vallot
00:41:10quand Boris Vallot
00:41:11le patron est sous-envis
00:41:11il est passé tout de suite
00:41:12après François Bayrou
00:41:13rebelote
00:41:14comme en décembre dernier
00:41:16Jean-Luc Mélenchon
00:41:16est parti
00:41:17alors son entourage
00:41:18reconnaît qu'il aurait pu rester
00:41:19mais qu'il n'a pas fait
00:41:21tout simplement
00:41:22à la différence
00:41:23du 4 décembre dernier
00:41:24Jean-Luc Mélenchon
00:41:26cette fois-ci
00:41:27avait un mot d'excuse
00:41:28il faisait le 20h de France 2
00:41:30juste derrière
00:41:31et il fallait le préparer
00:41:32et donc après cette tribune du public
00:41:34pour le symbole
00:41:35c'était sa tribune médiatique
00:41:36et là
00:41:37il a joint
00:41:38la parole aux images
00:41:39et donc le fil médiatique
00:41:41de Jean-Luc Mélenchon
00:41:42ne s'interrompt pas
00:41:43même lorsqu'il ne parle pas
00:41:44voilà
00:41:44merci
00:41:45c'était
00:41:46quelle histoire
00:41:48avec Laurent Guimier
00:41:49chaque soir
00:41:50à 20h
00:41:50dans chaque voix compte
00:41:52un programme un peu bousculé
00:41:54ce soir
00:41:55par la désignation
00:41:56il y a quelques minutes
00:41:56donc du nouveau premier ministre
00:41:58qui sera donc
00:41:59Sébastien Lecornu
00:42:00c'est la question
00:42:02qui fâche
00:42:02et c'est maintenant
00:42:03à vrai dire
00:42:12on s'attendait à attendre
00:42:13on s'attendait à attendre
00:42:14longtemps
00:42:15cette fumée blanche
00:42:16au-dessus de l'Elysée
00:42:17avant la nomination
00:42:18du nouveau premier ministre
00:42:19d'autant qu'il y a cette journée
00:42:20demain
00:42:20bloquons tout
00:42:21et que d'aucuns pensaient
00:42:23que le président
00:42:24attendrait
00:42:25le passage
00:42:26de cette journée
00:42:26avant de nommer
00:42:27un nouveau premier ministre
00:42:29Kennedy
00:42:29Sébastien Lecornu
00:42:31est donc ce soir
00:42:31le nouveau chef du gouvernement
00:42:33on apprend à l'instant
00:42:33que la passation de pouvoir
00:42:34aura lieu
00:42:35demain à midi
00:42:36avec François Bayrou
00:42:38première réaction
00:42:40ce soir
00:42:40avec nos trois invités
00:42:43Erwann Balanant
00:42:45Sébastien Lecornu
00:42:48donc quel est votre premier
00:42:50commentaire
00:42:50à la nomination
00:42:51du ministre des armées
00:42:52au poste de premier ministre ?
00:42:54Déjà elle est rapide
00:42:55on ne s'y attendait pas
00:42:57nécessairement
00:42:57mais je crois que c'est rapide
00:42:59parce que le calendrier
00:43:00parlementaire
00:43:02et le calendrier constitutionnel
00:43:03obligent à la rapidité
00:43:04c'est-à-dire que là
00:43:05il y a les 70 jours
00:43:07pour le budget
00:43:08et je crois que
00:43:08son premier objectif
00:43:10ce sera de faire
00:43:11un budget pour la France
00:43:12elle est rapide
00:43:14mais l'équation
00:43:15parlementaire
00:43:16elle ne change pas
00:43:17depuis hier
00:43:17c'est-à-dire qu'aujourd'hui
00:43:18il n'y a aucune majorité
00:43:19personne n'a de majorité
00:43:21donc il va falloir
00:43:22qu'il consulte
00:43:24il va falloir
00:43:25qu'il élargisse
00:43:26sa majorité
00:43:26c'est ce que moi je souhaite
00:43:28et ce que notre groupe démocrate
00:43:29souhaitons depuis
00:43:30en réalité
00:43:31le mois de juillet
00:43:32de l'année dernière
00:43:33c'est-à-dire avoir
00:43:34une coalition large
00:43:35de gens
00:43:36qui en responsabilité
00:43:37se disent
00:43:38on est d'accord
00:43:39sur un certain nombre
00:43:40de points
00:43:40mais on a aussi
00:43:41des accords
00:43:42je pense qu'il faut
00:43:43les acter
00:43:43et dans cette période
00:43:45qui nous conduit
00:43:46jusqu'au grand moment politique
00:43:47que sera
00:43:48l'élection présidentielle
00:43:49il faut gérer la France
00:43:51il faut avancer
00:43:52sur un certain nombre
00:43:53de dossiers
00:43:54donc on verra
00:43:55on va voir comment
00:43:56il va constituer son gouvernement
00:43:57il a dit déjà
00:43:58tout de suite
00:43:58qu'il allait consulter
00:43:59et c'est déjà
00:44:00un premier bon signe
00:44:01j'espère que
00:44:02les consultations
00:44:03seront fructueuses
00:44:04parce que j'avoue
00:44:05qu'hier j'étais avec
00:44:06une députée italienne ici
00:44:07qui avait du mal
00:44:08à comprendre
00:44:08pourquoi on n'était pas
00:44:09déjà en train
00:44:10de discuter entre nous
00:44:11Sarah Legrin
00:44:12je la comprends
00:44:13l'Elysée précise ce soir
00:44:15que Sébastien Lecornu
00:44:16va attendre
00:44:17avant de composer
00:44:18son gouvernement
00:44:19il va consulter
00:44:20est-ce que si Sébastien Lecornu
00:44:22appelle la France insoumise
00:44:23demain
00:44:24autour de la table
00:44:25vous irez
00:44:25vous connaissez la définition
00:44:27de la folie par Einstein
00:44:28c'est de reproduire
00:44:30sans cesse
00:44:31les mêmes choses
00:44:31en espérant des effets différents
00:44:33et c'est ce que vient
00:44:34de faire Emmanuel Macron
00:44:35c'est à dire
00:44:36qu'il fait le choix
00:44:37de la continuité
00:44:38de l'obstination même
00:44:39en nommant
00:44:40pour la troisième fois
00:44:41maintenant
00:44:42un premier ministre
00:44:43dont tout le monde sait
00:44:44qu'il est légitime
00:44:44puisqu'il n'est pas le fruit
00:44:45des dernières élections
00:44:46élections provoquées
00:44:47par Emmanuel Macron lui-même
00:44:48je le rappelle
00:44:48il y a un peu plus d'un an à peine
00:44:50illégitime
00:44:51totalement minoritaire
00:44:53les deux précédents
00:44:54sont tombés
00:44:55il n'y a aucun changement
00:44:57dans l'équation
00:44:57laissant penser
00:44:58qu'il ne tomberait pas
00:44:59alors on voit
00:45:00qu'il choisit quelqu'un
00:45:01qui est à la fois
00:45:01très sagarde rapprochée
00:45:03son camp
00:45:04mais qui est aussi connu
00:45:05pour être l'agent de liaison
00:45:06avec le Rassemblement National
00:45:07donc sans doute que le but
00:45:07est de prolonger
00:45:09ses appels du pied
00:45:09au Rassemblement National
00:45:10mais moi je crois
00:45:11que ce qui se passe dans le pays
00:45:12la colère qui s'exprime
00:45:13dans le pays
00:45:14et le carburant
00:45:14qu'il est en train de donner
00:45:15aujourd'hui
00:45:16ce soir
00:45:17veille du 10 septembre
00:45:18en nommant un de ses proches
00:45:20pour continuer la même politique
00:45:21je crois que cette colère là
00:45:22elle va pousser
00:45:23à ce qu'il se passe
00:45:23exactement la même chose
00:45:24dans le pays
00:45:25que ce qui s'est passé auparavant
00:45:26c'est une question de temps
00:45:28on ne sait juste pas
00:45:29exactement à quel moment
00:45:30il va tomber
00:45:30je rappelle juste que
00:45:31François Bayrou
00:45:31c'était censé être
00:45:33pour le moment du budget
00:45:34et qu'il a même accéléré
00:45:35du fait justement
00:45:36de cette mobilisation populaire
00:45:37qui naissait
00:45:38du fait de la peur
00:45:39qu'il avait tombé
00:45:40au milieu du budget
00:45:41il a décidé de demander
00:45:42la confiance
00:45:43ce sera intéressant
00:45:44de voir si M. Lecornu
00:45:45ose demander la confiance
00:45:46auquel cas
00:45:46probablement que ça
00:45:47ça accélérera
00:45:49de façon décisive
00:45:50sa chute
00:45:50mais surtout
00:45:51ce que ça montre
00:45:51c'est que le point de blocage
00:45:52est bien au niveau de Macron
00:45:53on dit même cause
00:45:54même effet
00:45:54la cause suprême
00:45:56si je peux me permettre
00:45:56l'expression
00:45:57c'est Macron
00:45:57dans la circonstance
00:45:58et tant qu'il ne part pas
00:46:00le blocage restera
00:46:02et donc il sera conduit
00:46:03à partir tôt ou tard
00:46:04Le président tire
00:46:05la dernière cartouche
00:46:07du macronisme
00:46:08dit ce soir Marine Le Pen
00:46:09pour sa première réaction
00:46:10à la nomination
00:46:11de Sébastien Lecornu
00:46:12Gaëtan du Sousset
00:46:13En effet
00:46:14il y a un peu
00:46:15un syndrome
00:46:15de l'entre-soi
00:46:17c'est-à-dire
00:46:17qu'en nommant
00:46:18Sébastien Lecornu
00:46:19qui est en effet
00:46:19un macroniste
00:46:20de la première heure
00:46:21on voit bien
00:46:22que le président
00:46:22de la République
00:46:23n'a absolument pas
00:46:24du tout
00:46:24la volonté
00:46:25a priori
00:46:26de remettre en cause
00:46:28l'intégralité
00:46:28de sa politique
00:46:29qu'elle soit fiscale
00:46:30migratoire
00:46:30sécuritaire
00:46:31sociale
00:46:31économique
00:46:32nous ce que l'on regrette
00:46:34c'est que le président
00:46:35de la République
00:46:35il avait évidemment
00:46:36un outil
00:46:36un outil qui est garanti
00:46:37par nos institutions
00:46:38garanties par la Constitution
00:46:39ce grand texte
00:46:41du peuple
00:46:41et de la République française
00:46:42qui était celui
00:46:43de la dissolution
00:46:43quand vous êtes
00:46:44face à un système
00:46:46de blocage
00:46:47à une instabilité
00:46:48à un immobilisme législatif
00:46:50on en parlait d'ailleurs
00:46:51Marine Le Pen
00:46:51la première
00:46:52à la tribune
00:46:52de l'Assemblée nationale
00:46:53c'est vrai qu'il n'y a pas eu
00:46:54de très grandes réformes
00:46:55structurelles
00:46:56notamment depuis
00:46:57un an
00:46:58du fait de l'absence
00:46:59de majorité
00:46:59on a une solution
00:47:01garantie par la Ve République
00:47:02et notre Constitution
00:47:03c'est la dissolution
00:47:04et le retour
00:47:05devant les Français
00:47:06le président de la République
00:47:09encore une fois
00:47:09semble déconnecter
00:47:11finalement
00:47:11des aspirations
00:47:12des Français
00:47:12qui étaient
00:47:13selon un dernier sondage
00:47:1369%
00:47:14à vouloir
00:47:15ces nouvelles élections
00:47:16maintenant
00:47:17j'entends les critiques
00:47:18qui nous viennent
00:47:19de l'extrême-gauche
00:47:20assez habituelle
00:47:20pas forcément
00:47:21des plus constructifs
00:47:22l'extrême-gauche
00:47:22n'est pas représentée
00:47:22sur le plateau
00:47:22mais ce que j'entends
00:47:23c'est que vous considérez
00:47:24que le problème
00:47:24c'est l'Assemblée
00:47:24et pas Macron
00:47:25vous êtes pour dissous
00:47:26de l'Assemblée
00:47:26et pas pour destitué
00:47:27je vais essayer
00:47:28de finir mon propos
00:47:28jusqu'au bout
00:47:29ce que je prends en note
00:47:30et si ça peut vous rassurer
00:47:31également ceux
00:47:31qui nous écoutent
00:47:32évidemment il nous faut
00:47:33beaucoup plus
00:47:33qu'une simple courtoisie
00:47:35que de simples dîners
00:47:36pour avoir notre faveur
00:47:38encore une fois
00:47:38on n'est pas là
00:47:39nous pour se faire plaisir
00:47:40on est là pour servir
00:47:40mais vous irez
00:47:41si demain Sébastien Lecornu
00:47:42qui se lance dans des consultations
00:47:44pour la composition
00:47:45de son gouvernement
00:47:46appelle le Rassemblement National
00:47:47vous irez ?
00:47:48mais on ira défendre
00:47:49les propositions
00:47:51et le programme
00:47:51pour lequel 12 millions
00:47:52d'électeurs se sont mobilisés
00:47:53lors des dernières élections
00:47:54législatives
00:47:55et on le dit à Sébastien Lecornu
00:47:57comme on l'a dit d'ailleurs
00:47:58à François Bayrou
00:47:59et comme on l'a dit avant-hier
00:48:00à Michel Barnier
00:48:01s'il poursuit la politique
00:48:02menée par Emmanuel Macron
00:48:04depuis 8 ans
00:48:04alors il tombera
00:48:05et on aura juste perdu
00:48:06quelques semaines
00:48:07Laurent, juste d'un mot
00:48:07si on veut faire un tout petit peu
00:48:08quand même la différence
00:48:09d'un Premier ministre à l'autre
00:48:10il y a deux choses différentes
00:48:12carte jeune
00:48:13un Premier ministre plus jeune
00:48:14que les deux précédents
00:48:15et deux
00:48:16un élu local
00:48:17président de conseil départemental
00:48:19conseil départemental
00:48:20sénateur
00:48:21ancien maire de Vernon
00:48:22est-ce que ces deux
00:48:23ces deux marqueurs
00:48:24ces deux différences
00:48:25ne suffisent pas
00:48:26Madame et Monsieur
00:48:27à vouloir donner
00:48:29finalement un peu plus de chance
00:48:30à ce Premier ministre
00:48:31qu'au précédent
00:48:32Juste, j'ai pas l'impression
00:48:34que
00:48:34ni Madame Legrin
00:48:37et son parti politique
00:48:38ni Monsieur Du Sausset
00:48:39et le Rassemblement National
00:48:40n'aient envie de travailler
00:48:41avec
00:48:42Sébastien Lecornu
00:48:44il faut acter ça
00:48:45bon
00:48:46ils sont
00:48:46et on le voit bien
00:48:47ils sont dans une volonté
00:48:48de
00:48:49excusez-moi
00:48:50je vais être un peu vulgaire
00:48:51de bordéliser le pays
00:48:52c'est vrai que le pays
00:48:54je vous ai pas coupé
00:48:56les uns pour
00:48:58être dans une certitude
00:49:00de dissolution
00:49:01qui arrangerait
00:49:02l'obsession présidentielle
00:49:03de Madame Le Pen
00:49:04et les autres
00:49:06dans un élan révolutionnaire
00:49:08de chaos
00:49:08et de changement de régime
00:49:09bon
00:49:10très bien
00:49:10donc actons ça
00:49:11on continuera
00:49:13à les avoir
00:49:13vocifo
00:49:14des deux côtés
00:49:14mais l'essentiel aujourd'hui
00:49:16et ce sera le travail
00:49:17de Monsieur Lecornu
00:49:18c'est de faire en sorte
00:49:20que les personnes
00:49:21qui sont
00:49:21les familles politiques
00:49:24démocrates
00:49:25républicaines
00:49:26modérées
00:49:27de ce pays
00:49:27puissent travailler ensemble
00:49:28pour sauver
00:49:29le modèle français
00:49:30mais est-ce que ça
00:49:31ça fait une majorité ?
00:49:31ça peut faire une majorité
00:49:33si on se dit
00:49:34à un moment donné
00:49:35collectivement
00:49:36on peut faire
00:49:38des compromis
00:49:38faire des compromis
00:49:39c'est de faire un chemin
00:49:40vers l'autre
00:49:40c'est vrai que hier
00:49:42Monsieur Vallaud
00:49:43on n'a pas eu tellement
00:49:44l'impression
00:49:44qu'il avait envie
00:49:45de faire un chemin
00:49:45mais il y a eu
00:49:46un certain nombre
00:49:47de pistes possibles
00:49:48et de dialogues possibles
00:49:49avec Monsieur Vallaud
00:49:51il faut avancer
00:49:53dans cette idée-là
00:49:54de se dire que
00:49:55des sociodémocrates
00:49:56à la droite
00:49:57républicaine
00:49:58modérée
00:49:59on doit pouvoir
00:50:00travailler pour les français
00:50:02on doit pouvoir
00:50:03faire un budget
00:50:03et on doit pouvoir avancer
00:50:04sur un certain nombre
00:50:05de sujets
00:50:05qui nous mettent en accord
00:50:07moi
00:50:07tout le week-end dernier
00:50:09j'ai entendu
00:50:10les français
00:50:10de ma circonscription
00:50:11dire cela
00:50:12travailler ensemble
00:50:14ils m'ont dit
00:50:14on n'est pas en colère
00:50:16ils m'ont dit
00:50:16on n'est pas en colère
00:50:17on est anxieux
00:50:18sur la France
00:50:20et on est inquiet
00:50:22bon
00:50:22certains
00:50:23tombent dans la colère
00:50:25et je peux
00:50:26les comprendre
00:50:27et moi je les entends
00:50:28et la lassitude
00:50:28ça peut bien venir
00:50:29cette colère
00:50:29ça vient aussi
00:50:31peut-être
00:50:31de vos discours
00:50:32anxiogènes
00:50:34des deux côtés
00:50:35de laisser croire
00:50:36qu'on peut croiser
00:50:37qu'on peut raser gratis
00:50:38et de l'autre côté
00:50:42laisser croire
00:50:43que c'est de la faute
00:50:44de l'étranger
00:50:44je crois que oui
00:50:45ça peut stresser
00:50:46les français à force
00:50:47monsieur Balanon
00:50:47peut-être vous allez
00:50:48nous laisser répondre
00:50:49parce que je crois
00:50:49qu'en plus
00:50:50François Bayrou
00:50:51lui-même
00:50:51visiblement
00:50:52même en dramatisant
00:50:53un peu
00:50:53présentait le pays
00:50:54étant dans une situation
00:50:55de chaos
00:50:56le problème
00:50:57c'est qu'il proposait
00:50:58d'aller encore plus loin
00:50:59dans les potions infernales
00:51:02qui avaient été infligées
00:51:03au pays
00:51:03pour aller toujours plus loin
00:51:04dans le chaos
00:51:05mais après
00:51:05si vous voulez
00:51:06vous pouvez vous bercer
00:51:07d'illusions
00:51:07et pensez que là
00:51:08les français
00:51:08le message qu'ils envoient
00:51:09dans le pays
00:51:10et qu'ils enverront
00:51:11demain toute la journée
00:51:12en se mettant en grève
00:51:13en bloquant
00:51:14en refusant de consommer
00:51:15en soutenant
00:51:16d'une façon ou d'une autre
00:51:17en contribuant aussi
00:51:19aux caisses de grève
00:51:19puisque c'est en train
00:51:20de se mettre en place
00:51:21vous pouvez dire
00:51:21alors excusez-moi
00:51:22je vais terminer
00:51:23en fait je vais terminer
00:51:23oui ce qui me fait plaisir
00:51:25c'est de voir que le peuple
00:51:26relève la tête
00:51:26monsieur Balanon
00:51:27parce que moi
00:51:28je ne considère pas
00:51:28que ce soit des vociférations
00:51:29selon les gens
00:51:30selon l'expression
00:51:31que j'ai empliée
00:51:31je ne vocifère pas
00:51:32je ne vocifère pas
00:51:34parce que je suis juste
00:51:35en train d'exprimer
00:51:36quelque chose
00:51:36qui est en train
00:51:36de se passer dans le pays
00:51:37si vous y êtes aveugle
00:51:38et bien c'est pas
00:51:39au fond
00:51:40il se produira exactement
00:51:41la même chose
00:51:42que les fois précédentes
00:51:42c'est-à-dire que vous
00:51:43vous obstinez à dire
00:51:44le pays entier
00:51:45nous demande de continuer
00:51:45à aller toujours plus loin
00:51:46toujours plus vite
00:51:47dans le mur
00:51:47alors que le pays entier
00:51:48vous dit
00:51:48mais enfin
00:51:49qu'est-ce qu'il vous faut
00:51:50il y a un an
00:51:50on a voté contre votre politique
00:51:51vous avez perdu aux européennes
00:51:53vous avez perdu aux législatives
00:51:54qu'est-ce qu'il vous faut
00:51:55pour l'entendre
00:51:55donc Emmanuel Macron
00:51:56s'obstine à nommer les mêmes
00:51:58vous pouvez dire
00:51:59qu'il est plus jeune
00:51:59et que c'est un élu local
00:52:01François Bayrou
00:52:02je crois qu'il était
00:52:02un peu élu local aussi
00:52:03parce que là
00:52:04il est en train de retourner
00:52:04dans son bureau rénové
00:52:05à 40 000 euros à Pau
00:52:07donc c'était aussi
00:52:07un bon élu local
00:52:08je pense que vraiment
00:52:09les français sont très loin
00:52:11d'un sujet de casting
00:52:11et je crois qu'ils sont même
00:52:12très loin du sujet
00:52:13du gouvernement lui-même
00:52:15parce qu'ils savent très bien
00:52:16mais ils ne sont pas très loin
00:52:17du sujet du budget
00:52:18qui va être la mission première
00:52:20ils sont pas très loin
00:52:22précisément
00:52:22et ils voient bien
00:52:23qu'au niveau des orientations
00:52:24dans quel monde
00:52:25on peut imaginer
00:52:26que le budget qui sera fait
00:52:27par ce proche d'Emmanuel Macron
00:52:29nommé par lui
00:52:30dans la continuité des présents
00:52:32sera autre chose
00:52:33qu'un budget de malheur
00:52:34un budget auquel
00:52:34ils sont en train de s'opposer
00:52:36mais là actuellement
00:52:36auquel ils s'opposeront demain
00:52:37donc nous en responsabilité
00:52:40et figurez-vous
00:52:40que c'est constitutionnel
00:52:41que c'est pas le chaos
00:52:42on dit à un moment
00:52:44un président de la République
00:52:45qui n'écoute pas
00:52:45le résultat des urnes
00:52:47il peut partir
00:52:47donc il peut partir de lui-même
00:52:49mais il peut aussi être destitué
00:52:50et nous redéposons
00:52:51une motion de destitution
00:52:52qui a d'ores et déjà
00:52:53plus de signatures
00:52:53que celle de l'année
00:52:55l'année précédente
00:52:56bah oui parce qu'il continue
00:52:58donc nous on est constant
00:52:59on a des gouvernements
00:53:00illégitimes
00:53:01on les censure
00:53:01on a un président
00:53:02qui ne respecte pas
00:53:03les urnes
00:53:03on le destitue
00:53:04et ce qu'on note
00:53:05c'est qu'on a souvent
00:53:06des gens qui disent
00:53:07ah non
00:53:07on veut pas
00:53:09et puis progressivement
00:53:10les gens finissent
00:53:10par se ranger à l'idée
00:53:11qu'il faut débloquer
00:53:12la situation
00:53:13c'est ce qui s'est passé
00:53:13avec la censure
00:53:14je rappelle que
00:53:15mi-août
00:53:15quand on a dit
00:53:16qu'on déposait
00:53:16une motion de censure
00:53:17le 23 septembre
00:53:18oui
00:53:19sauf que mi-août
00:53:22on nous a expliqué
00:53:23vous n'y arriverez jamais
00:53:24coup d'épée dans l'eau
00:53:25et Bayrou est tombé
00:53:26quand ?
00:53:27le 8 septembre
00:53:28avant même
00:53:29de ne pas sur une motion de censure
00:53:30donc je pense que
00:53:31sur la destitution
00:53:31les Français voient aussi
00:53:33très concrètement
00:53:33que ne pas avoir de budget
00:53:35ça pèse
00:53:36sur l'économie
00:53:3612 milliards
00:53:37l'année dernière
00:53:37alors 12 milliards
00:53:38mais derrière les chiffres
00:53:39ça pèse moins que les budgets
00:53:40horribles qu'ils nous préparent
00:53:41donc ça pèse
00:53:44ça pèse aussi
00:53:45parce que dans les entreprises
00:53:46on fait pas
00:53:47d'augmentation
00:53:48on attend
00:53:49on n'embauche pas
00:53:50l'apprenti
00:53:51l'alternant
00:53:51parce qu'on ne sait pas
00:53:52si on aura l'aide
00:53:53on ne sait pas
00:53:54les Français
00:53:54mettent de l'épargne de côté
00:53:56actuellement
00:53:5619% de taux d'épargne
00:53:57parce que
00:53:58ils craignent
00:53:59des hausses de fiscalité
00:54:01il y a une chose qui est sûre
00:54:02c'est que
00:54:02en tout cas
00:54:03Sébastien Lecornu
00:54:05va avoir une équation
00:54:06il va devoir se tourner
00:54:07compliqué
00:54:08et il va devoir aussi
00:54:09se tourner du côté du PS
00:54:11qui a présenté
00:54:12un contre-budget
00:54:13et juste
00:54:14la question
00:54:15elle va se poser
00:54:15où est-ce qu'on met
00:54:16le niveau de l'effort
00:54:17les Français
00:54:18ont bien compris
00:54:19que de toute façon
00:54:20il va falloir faire un effort
00:54:21dans la dépense publique
00:54:22François Bayrou
00:54:24parlait de 44 milliards d'euros
00:54:25le PS
00:54:26était plutôt
00:54:27à 22
00:54:28peut-être que ça situera
00:54:29entre les deux
00:54:30on verra
00:54:30alors puisque vous parlez
00:54:31du parti socialiste
00:54:32on va voir la première réaction
00:54:33du PS justement
00:54:33on va rejoindre
00:54:35Marco Pommier
00:54:36qui se trouve
00:54:36quelque part
00:54:37à l'Assemblée Nationale
00:54:38au côté
00:54:40ah mais c'est
00:54:41monsieur Delaporte
00:54:41qui est avec Marco Pommier
00:54:42oui Adeline
00:54:45on est juste
00:54:46derrière l'Assemblée Nationale
00:54:47sur la place
00:54:48du Palais Bourbon
00:54:49Arthur Delaporte
00:54:50vous vouliez que ça soit
00:54:51un socialiste
00:54:52à Matignon
00:54:52c'est pas le cas ce soir
00:54:53c'est Sébastien Lecornu
00:54:54quelle réaction ?
00:54:55Moi je considère
00:54:56que c'est une véritable provocation
00:54:58c'est à la fois
00:54:59une offense faite
00:55:00aux électeurs
00:55:01mais c'est aussi
00:55:02une provocation
00:55:03vis-à-vis
00:55:04de l'Assemblée Nationale
00:55:05on prend
00:55:05l'un des plus proches
00:55:06du président de la République
00:55:08on a l'impression
00:55:09que c'est un jour sans fin
00:55:10et je crois que c'est
00:55:10ce soir
00:55:11ce que se disent les Français
00:55:12on avait un ministre de la Défense
00:55:13qui devient Premier Ministre
00:55:14on va sûrement avoir
00:55:16Bruno Retaillon à l'intérieur
00:55:17Rachida Dati à la Culture
00:55:18bref
00:55:19quelle cohérence à tout ça
00:55:20sinon la continuité
00:55:21du macronisme par lui-même
00:55:22nous avions dit
00:55:23que nous le censurions
00:55:25voilà
00:55:25donc je sais pas
00:55:26s'il y aura une inflexion profonde
00:55:27mais j'ai du mal à le croire
00:55:29ça veut dire quoi ?
00:55:29ça veut dire que vous allez
00:55:30essayer de censurer
00:55:31Sébastien Lecornu
00:55:32le plus rapidement possible
00:55:32ou vous allez accepter
00:55:34de négocier avec lui
00:55:35quelles sont les conditions
00:55:36pour le prochain budget
00:55:37pour le Parti Socialiste ?
00:55:39Alors où je vous parle
00:55:39le Parti Socialiste
00:55:40c'est un bureau national
00:55:41en train de travailler
00:55:41sur sa position
00:55:43et sa réaction
00:55:43peut-être qu'on ira
00:55:44par courtoisie
00:55:45pour échanger
00:55:46avec le nouveau Premier Ministre
00:55:47mais ce que je peux vous dire
00:55:49c'est que les socialistes
00:55:50ont défendu
00:55:51ces dernières semaines
00:55:52l'idée qu'il y avait
00:55:52une alternative possible
00:55:53et qu'aujourd'hui
00:55:54le Président de la République
00:55:55nous a fait
00:55:56un pied de nez terrible
00:55:58Merci beaucoup Arthur Delaporte
00:56:00pour cette première réaction
00:56:00Est-ce que je peux réagir ?
00:56:02Vous allez tous pouvoir réagir
00:56:04Erwan Balanant
00:56:05Oui
00:56:05c'est quand même
00:56:07il y a un moment
00:56:08ils sont quand même assez comiques
00:56:09parce qu'ils disent
00:56:10je crois qu'ils vont être d'accord
00:56:12ils disent
00:56:13on ne veut pas y aller
00:56:15après ils disent
00:56:16on veut y aller
00:56:16on a nos conditions
00:56:18très bien
00:56:18mettons-nous autour de la table
00:56:19et là maintenant
00:56:20il y a quelqu'un
00:56:22qui est quand même reconnu
00:56:23pour être
00:56:24quelqu'un
00:56:25qui sait faire des compromis
00:56:26il l'a fait
00:56:26sur des budgets
00:56:27c'est quelqu'un
00:56:29qui dialogue
00:56:30et tout est ouvert
00:56:32il le dit lui-même
00:56:33Monsieur Lecornu
00:56:34Monsieur Lecornu dit
00:56:35on va discuter
00:56:35on va discuter
00:56:37on va se mettre
00:56:37autour de la table
00:56:38et déjà le Parti Socialiste
00:56:39enfin j'espère que
00:56:40leur conseil national
00:56:42ou leur bureau national
00:56:43fera changer un petit peu d'avis
00:56:44parce qu'ils n'ont pas
00:56:45d'autre choix
00:56:46que de discuter
00:56:46s'ils pensent encore
00:56:47qu'ils sont un parti de gouvernement
00:56:49avec ce que c'est
00:56:50on est ce soir à chaud
00:56:51il me rappelle la nomination
00:56:52ça s'appelle
00:56:53un début de négociation
00:56:54voilà
00:56:54c'est des mauvaises façons
00:56:56de négocier je trouve
00:56:57moi je prends les paris
00:56:59je pense que notre motion
00:57:00de destitution
00:57:01va recevoir de nouvelles signatures
00:57:02dans les heures
00:57:03dans les jours qui viennent
00:57:04de la part du Parti Socialiste
00:57:06en tout cas de la part de
00:57:07je pense qu'il y a
00:57:08un certain nombre de députés
00:57:09qui se disaient
00:57:10on ne sait jamais
00:57:11on continue à demander
00:57:12un gouvernement de gauche
00:57:13il y en a qui disaient
00:57:14sur le programme
00:57:14sur lequel on a été élus
00:57:15d'autres comme les partis socialistes
00:57:17qui avaient leur décès
00:57:17déjà éloignés du programme
00:57:18sur lequel ils avaient été élus
00:57:19mais enfin ils disaient
00:57:20dans l'espoir
00:57:22l'illusion
00:57:22que Macron pourrait nommer
00:57:24quelqu'un de gauche
00:57:24moi je suis persuadée
00:57:26que tout ça va donner
00:57:27plus de carburant encore
00:57:28à l'idée
00:57:30selon laquelle
00:57:30le point de blocage
00:57:31c'est Emmanuel Macron
00:57:32donc je prends rendez-vous
00:57:33sur la question de la destitution
00:57:34vous savez qu'il y a aussi
00:57:35une pétition qui est déposée
00:57:36sur le site de l'Assemblée nationale
00:57:37qui a déjà récolté
00:57:39un grand nombre de voix
00:57:40je crois qu'il y en a une autre
00:57:41j'ai entendu dire
00:57:41enfin je pense qu'il va y avoir
00:57:43plein d'initiatives
00:57:44mais je voudrais rappeler
00:57:45que selon les derniers sondages
00:57:46vous avez deux tiers des Français
00:57:47qui sont pour le départ
00:57:48d'Emmanuel Macron
00:57:48vous avez deux tiers des parlementaires
00:57:50qui hier ont censuré
00:57:53François Bayrou
00:57:54un moment
00:57:54si les gens restent cohérents
00:57:56et tirent les conclusions
00:57:57de ce qui est en train de se passer
00:57:58ça ne devrait pas être
00:57:59si difficile que ça
00:58:00au final
00:58:01de trouver les deux tiers
00:58:02de parlementaires
00:58:02qu'il nous faut
00:58:02pour destituer Emmanuel Macron
00:58:03c'est ça
00:58:04il faut rappeler
00:58:04qu'il faut les deux tiers
00:58:05du parlement
00:58:05pour qu'une motion
00:58:06de destitution soit adoptée
00:58:07Gaëtan Dussault
00:58:08vous vouliez réagir
00:58:09deux tiers du parlement
00:58:11donc de l'Assemblée nationale
00:58:12mais aussi du Sénat
00:58:12ce qui veut dire
00:58:13qu'avec le Sénat
00:58:13malheureusement
00:58:14ça n'interviendra jamais
00:58:15et le problème
00:58:16je vous écoute
00:58:18depuis 5-10 minutes
00:58:19avec énormément de politesse
00:58:20pour le coup
00:58:21vous essayez d'en avoir
00:58:21un petit peu
00:58:22vous la voterez ou pas ?
00:58:23alors moi
00:58:23la principale différence
00:58:24que j'aurai avec vous
00:58:25si vous voulez
00:58:25et la première point
00:58:26la principale différence
00:58:27que j'ai avec vous
00:58:27c'est que moi
00:58:27contrairement à vous
00:58:28à aucun moment
00:58:29j'ai mis un bulletin de vote
00:58:30Emmanuel Macron
00:58:30dans l'urne de vous
00:58:31vous l'avez fait deux fois
00:58:31à l'élection présidentielle
00:58:32de 2017
00:58:33vous ne pouvez pas être
00:58:33en période de la rame
00:58:34d'être en guerre
00:58:34là parce que
00:58:35vous êtes en train
00:58:36mais à m'en donner des convictions
00:58:36ça se porte
00:58:36y compris dans les moments
00:58:37les plus fondamentaux
00:58:38de la démocratie
00:58:39et de l'exercice
00:58:40de la démocratie
00:58:40vous ne connaissez pas
00:58:41Jean-Luc Mélenchon
00:58:47qui vient de réagir
00:58:48en dénonçant
00:58:49une triste comédie
00:58:50et qui réclame
00:58:51à nouveau
00:58:51la démission
00:58:52du président
00:58:53de la République
00:58:55Emmanuel Macron
00:58:55Gaëtan Dussauce
00:58:56en fait il va falloir
00:58:57que Sébastien Lecornu
00:58:58réponde assez rapidement
00:58:59sur ce qu'il ambitionne
00:59:00de faire
00:59:01dans les semaines
00:59:01et les mois à venir
00:59:02notamment dans les discussions
00:59:03budgétaires
00:59:04si son objectif
00:59:05c'est de poursuivre
00:59:05la politique d'Emmanuel Macron
00:59:07c'est comme l'a fait
00:59:07François Bayrou
00:59:08proposer plus de 20 milliards
00:59:10d'euros
00:59:10d'augmentation d'impôts
00:59:12d'augmentation de taxes
00:59:13de nouvelles privations
00:59:13si c'est obligé
00:59:15de les faire
00:59:16il est 20h30
00:59:17il est 20h30
00:59:18vos voix ont compté
00:59:20on a pu vous entendre
00:59:21pour la première ce soir
00:59:22de chaque voix compte
00:59:23il est temps pour moi
00:59:24de vous remercier
00:59:25d'avoir été d'abord
00:59:26les premiers invités
00:59:26de chaque voix compte
00:59:27ce soir
00:59:28il est 20h31
00:59:30donc c'est l'heure
00:59:31de débat doc sur LCP
00:59:32nous on se retrouve demain
00:59:33à 19h30 sur la 8
00:59:34parce que plus que jamais
00:59:36chaque voix compte
00:59:37on vous souhaite
00:59:38une excellente soirée
00:59:39sur LCP
00:59:40à demain
00:59:40Sous-titrage Société Radio-Canada
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