Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 5 heures
René Gorlin, 39 ans, régisseur du plus célèbre humoriste du moment, Coluche. A l'automne 1980, il est retrouvé tué de deux balles sur un terrain vague. Une scène sinistre qui a tout du règlement de comptes. Les regards vont alors se tourner vers Coluche, remuant candidat à l'élection présidentielle. Rumeurs, sous-entendus et intimidations.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:0114h15, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:04Il s'est passé qu'un gars qui travaille au théâtre avec nous a été retrouvé avec deux balles derrière
00:09la tête
00:10et qu'on ne sait pas pourquoi, et que personne ne sait pourquoi.
00:13Moi j'espère que ce n'est pas une intimidation politique parce que ça serait grave pour les mecs qui
00:19l'ont fait
00:20et dans ce cas-là, dès que je le saurai, je le dénoncerai à la presse, donc ça ne serait
00:23pas terrible pour eux.
00:26Bonjour, René Gorlin, 39 ans, régisseur du plus célèbre humoriste du moment, Coluche.
00:33A l'automne 1980, cet homme m'est retrouvé tué de deux balles sur un terrain vague.
00:39Une scène sinistre qui a tout du règlement de compte.
00:42Les regards vont alors se tourner vers Coluche, remuant candidat à l'élection présidentielle.
00:47Rumeurs, sous-entendus et intimidation.
00:50René Gorlin, le... René Gorlin, la mort qui a brisé Coluche.
00:55L'heure du crime, la seule émission Radio 100% fait divers, c'est tout de suite sur RTL.
01:07Mardi 25 novembre 1980, aux alentours de 7h30, un grutier d'une entreprise de bétonnage stoppe soudain sa machine
01:16sur un chantier en bordure du canal de Shell, à Gournay-sur-Marne, en Seine-Saint-Denis, à une heure
01:22de Paris.
01:22Sur ce terrain vague, accidenté, éloigné de la route, l'ouvrier a cru distinguer une forme humaine.
01:31C'est bien un corps qui repose à cet endroit, celui d'un homme vêtu d'une chemise, d'un
01:37pantalon et de bottines,
01:39du sang coagulé et visible à l'arrière de son crâne et de son cou.
01:43La victime est un homme costaud, trapu, 95 kilos pour un mètre 76.
01:49Il a été tué de deux balles, de 22 longs rifles tirés à bout portant.
01:54L'une a pénétré derrière le crâne, côté droit, et a touché la moelle épinière.
01:59La seconde a été tirée du côté gauche.
02:02La mort a été instantanée.
02:04La brigade criminelle, désignée pour l'enquête, n'a pas beaucoup de mal à identifier l'inconnu du chantier.
02:11Ses empreintes digitales parlent.
02:13Il s'agit du dénommé René Gorlin, 39 ans.
02:17Il y a une vingtaine d'années, il a été condamné à 18 mois de prison pour une série de
02:22vols.
02:23Il fréquentait une bande de voyous à Fontenay-sous-Bois, dans le Val-de-Marne.
02:28Une erreur de jeunesse ?
02:29Depuis cet écart, il n'a plus jamais fait parler de lui.
02:33Gorlin, c'est, comme on dit, réinséré dans la société.
02:37Il y a dix ans, il a fini par être embauché, comme électricien, sur les tournées de Thierry Le Luron
02:43et de Claude François.
02:45Intelligent, débrouillard, travailleur, discret, efficace.
02:49Il est peu à peu devenu l'homme à tout faire des spectacles de l'imprésario Paul Lederman, le plus
02:56puissant du moment.
02:57Au point de se rendre indispensable, 1973, trois ans après son embauche, René Gorlin a été nommé régisseur des spectacles
03:07de Coluche.
03:11Les enquêteurs reprennent l'emploi du temps de René Gorlin.
03:15Lundi soir, veille de la découverte du corps, le régisseur ne s'est pas présenté au théâtre du gymnase, où
03:21se produit notamment Coluche.
03:23Son absence a surpris tout le monde. Le régisseur est en effet d'une ponctualité maladive.
03:29Il ne supporte pas les retards. Les collègues ont donc téléphoné chez lui.
03:34C'est sa compagne, Danielle Blondel, qui a décroché.
03:38Elle a indiqué qu'elle ignorait où était René. Elle s'est montrée très inquiète.
03:42Le couple, qui a deux filles, vit dans un vieux corps de ferme, à Rosé, dans la Marne.
03:47Le mardi matin, elle s'est rendue à Paris, dans le 18e arrondissement, où René a un pied-à-terre.
03:55Elle n'a trouvé personne. Elle est donc allée signaler la disparition au commissariat d'arrondissement.
04:01La brigade criminelle entend Danielle Blondel.
04:04Elle explique avoir déposé René dimanche soir vers 23h à la gare.
04:09Il prenait comme d'habitude le train pour Paris.
04:11Il prenait comme d'habitude le train pour Paris.
04:15Elle n'ignore pas que son compagnon a une maîtresse, prénommée Marie-Pierre, et qui habite dans la capitale.
04:22Après avoir déposé René à la gare, elle est rentrée chez elle dans l'ancienne ferme.
04:27Sa sœur Evelyne était ce soir-là au domicile.
04:30Elle confirme l'aller-retour de sa sœur à la gare.
04:37La mort de René Gorlin est rapidement dans tous les journaux, même si les articles ne parlent pas vraiment de
04:43la victime, mais plutôt de Coluche.
04:45Ce fait divers intervient alors que l'humoriste est depuis quelques semaines sous les feux de l'actualité.
04:52Il y a moins d'un mois, 30 octobre, il a fait une annonce retentissante.
04:57Il a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 1981 avec ce slogan « Coluche, le seul candidat qui
05:07n'a pas de raison de mentir ».
05:09Les imaginations s'emballent et les rumeurs courent.
05:13Le meurtre du fidèle régisseur serait-il lié à cette entrée en politique ?
05:18Son producteur, Paul Lederman, n'y croit pas une seconde.
05:21Interrogé par le journal Le Monde, il est catégorique.
05:24Un lien politique ? Ce n'est pas possible.
05:27Dans Le Parisien libéré, il est toutefois plus circonspect.
05:31Cette affaire, ça serait un bon moyen de discréditer la candidature de Coluche, dit-il.
05:37Jeudi 27 novembre, deux jours après la découverte du corps de René Gorlin, 15h10,
05:42Coluche arrive à moto au 36 Quai des Orfèvres.
05:47Il est accueilli par le commissaire Olivier Folle, le chef adjoint de la brigade criminelle.
05:52Foulard bleu et blanc, veste de cuir, basket rouge.
05:57Il répond à une convocation pour être entendu comme témoin dans l'affaire Gorlin.
06:02Il en sort à 17h15.
06:04Coluche dit croire à une agression crapuleuse.
06:07« Je me fous s'il a été assassiné.
06:10Ce qui est con, c'est qu'il soit mort.
06:13Et c'est un copain qui est mort, dit-il. »
06:16Il ajoute que la politique n'a rien à voir avec tout ça.
06:19« Deux balles dans la tête, ça ressemble à une exécution.
06:22Mais je ne vois pas un parti politique assassiner un régisseur de mon équipe.
06:27Si j'apprends qu'il y a quelque chose de politique dans sa mort, alors je le dénoncerai. »
06:32Et bien fort.
06:33Coluche annonce que le spectacle prévu le soir même au théâtre du gymnase est annulé,
06:39par respect pour René Gorlin, et afin de lui rendre hommage.
06:45La politique n'a rien à voir dans tout ça, répète Coluche.
06:48Rien à voir avec lui.
06:49Reste que cette affaire va continuer pendant de longs mois encore à empoisonner la vie de l'humoriste.
06:54Eh bien, vont arriver les doutes, les rumeurs, les insinuations.
06:58Parce que pendant des mois, impossible de faire la lumière sur ce crime des plus troubles.
07:02On va voir tout cela évidemment dans la suite de l'heure du crime.
07:07Parce que cette enquête, à ce moment-là, ne fait que commencer.
07:10Bonjour Charles Diaz.
07:11Bonjour.
07:12Merci infiniment d'être aujourd'hui dans le studio de l'heure du crime à l'époque.
07:16Vous étiez inspecteur au 36 Quai des Orphères.
07:19Vous venez même d'arriver au 36 à la brigade criminelle.
07:21Et ça va même être, je crois, l'une de vos premières affaires.
07:24La toute première.
07:25Voilà, à la crime.
07:26Donc un sacré baptême, parce que cette affaire, elle fait tout de suite du bruit.
07:29Vous êtes co-auteur avec Claude Cances du livre « Histoire du 36 illustré »
07:33qui est paru aux éditions Marois.
07:35C'est un très bon livre qu'il faut lire pour tout connaître du 36, de ce numéro mythique de
07:41la police.
07:42Alors, on est là sur cette scène de crime.
07:45Ça ne fait pas l'ombre d'un doute, évidemment.
07:47Le corps de René Gorlin est dans une espèce de terrain vague comme ça, qui est un chantier.
07:52C'est une exécution en bonne effusion.
07:55Imaginez déjà le décor.
07:57Ce sont d'immenses montagnes de graviers, de sable, en bordure d'un canal.
08:02C'est ça, en bordure du canal de Chelles.
08:05Et il pleut.
08:06Mais quelle épouvantable matinée.
08:08Et les gardiens de la paix, les véhicules de police qui sont venus après la découverte du corps,
08:13ont détruit par la force des choses toutes les traces de pneus de qui avait jeté ce cadavre.
08:20Et on constate, dès qu'on retourne le cadavre, on constate les deux traces de balles au niveau de la
08:25nuque, de la tête.
08:27C'est un contrat ?
08:28C'est ce qu'on pense.
08:29On se dit, on a à faire un contrat.
08:32D'autant qu'on voit bien que les balles utilisées, c'est du petit calibre.
08:35Oui, 22.
08:37Vraisemblablement du 22.
08:38Or, à l'époque, les exécutions de près se faisaient au 22 parce que la balle, dès qu'elle touche
08:43un os,
08:44elle se fractionne, elle s'abîme et rend les comparaisons balistiques très, très difficiles.
08:50Oui, et puis le 22, c'est un petit calibre qui pénètre très profondément dans les chaires.
08:54Et donc, on a toutes les apparences d'un règlement de compte, toutes les apparences d'un contrat.
09:01Alors, il y a quelque chose qui modifie évidemment l'enquête tout de suite,
09:04c'est que ce n'est pas n'importe qui René Gorlin.
09:06Il travaille avec...
09:08Alors, il n'a pas de papier sur lui, ce cadavre.
09:11Mais la chance veut qu'il ait ses dix doigts.
09:14Et donc, on fait immédiatement un rapprochement avec les données des cas d'actylaire.
09:18Et l'identité judiciaire du Quai des Orfèvres nous dit que...
09:22Il s'appelle René Gorlin.
09:23Il s'appelle René Gorlin, qu'il est connu pour des petits délits.
09:26Il y a longtemps.
09:27Ancien délits.
09:27Il y a longtemps.
09:28Et quand on essaie de savoir de qui il s'agit, on va à son adresse, etc.
09:33Et là, on apprend que c'est le régisseur de...
09:36Alors, c'est l'homme à tout faire.
09:38Le mot régisseur sera très utilisé.
09:40C'est homme de confiance, homme à tout faire.
09:41C'est ça.
09:42Ils sont très proches.
09:43Il lui sert à la fois de secrétaire, d'accessoiriste, de conducteur.
09:47Chauffeur, beaucoup.
09:47Il fait tout.
09:48Il fait tout.
09:49Parce que c'est un débrouillard de première.
09:51Alors, évidemment, là, ça fait du bruit.
09:53Tout de suite, la presse, elle est là.
09:54Je pense que vous l'avez vu arriver.
09:56Le mot Coluche, à l'époque, il est candidat à la présidentielle.
09:59Déjà, ça a beaucoup fait parler.
10:01C'est l'humoriste numéro un, Coluche.
10:03C'est une personnalité.
10:04Il est au-dessus de le luron, etc.
10:05Il a eu une ascension exceptionnelle et spectaculaire.
10:09Et il y a cette audition de Coluche au-Ké des Orfèvres.
10:12Il y a quelques rares images qui sont restées.
10:14Comment ça se passe, cette audition ?
10:16Il n'est pas du tout sympathique avec nous.
10:19Il ne rigole pas ?
10:20Non, ça se passe mal.
10:21Il est désagréable.
10:23Il ne répond pas aux questions au départ.
10:25On lui demande, vous savez, quand on entend un témoin,
10:27on lui demande son état civil, ce qui est normal.
10:29La première chose qu'il dit, c'est
10:31« Non, vous savez comment je m'appelle, vous savez qui je suis. »
10:34Non, ça c'est...
10:35On veut l'état civil.
10:36Vous êtes né ou quand ?
10:38Très désagréable.
10:39Il n'est pas heureux parce qu'il pense
10:42qu'un certain nombre de choses qui sont sorties dans la presse,
10:45et notamment contre lui,
10:47viennent des policiers.
10:49Alors que ce n'est pas vrai.
10:50Moi, je sais que dans le groupe, on n'a rien donné à personne.
10:53On fermait tout.
10:54Oui, et puis il est entendu...
10:55Enfin, vous l'entendez comme...
10:56C'est normal, comme témoin.
10:58Voilà, oui, oui.
10:59Il n'aime pas la police, quoi.
11:00Bonjour, Jeanne de Zobry.
11:02Bonjour, Jean-Alphonse.
11:04Merci infiniment, vous aussi, d'avoir accepté l'invitation de l'heure du crime.
11:07Alors, je le dis tout de suite, à l'époque, vous vous prénomniez Marie-Pierre,
11:11et vous étiez la maîtresse de René Gorlin.
11:14C'est un homme que vous avez connu à l'âge de 18 ans.
11:16Vous avez d'ailleurs écrit un livre qui s'appelle « Le Régisseur »
11:18et qui est sorti aux éditions de l'Archipel.
11:20Alors, je le dis tout de suite, ce n'est pas le récit minute par minute de cette affaire,
11:24mais c'est une évocation de cette affaire avec vos mots et avec vos souvenirs.
11:28Alors, évidemment, votre témoignage aujourd'hui, il est important,
11:30parce qu'à l'époque, vous êtes aux premières loges de cette histoire.
11:33Le Régisseur de Coluche, votre amant, donc René Gorlin, a été assassiné.
11:36J'ai une première question pour vous.
11:38Quand vous apprenez cette mort, qu'est-ce qui vous traverse l'esprit ?
11:42L'incompréhension, l'impression que le monde a basculé et que je ne le comprends pas.
11:51Il se sentait menacé, René Gorlin ?
11:53Il avait commencé à devenir inquiet à partir du moment où Coluche a reçu des menaces de mort.
12:01Juste après la déclaration à la candidature.
12:04Voilà. Je crois que la déclaration, ça doit être à l'automne, à la rentrée.
12:10René meurt en novembre.
12:11À partir du mois d'octobre, il insiste pour que je ferme la porte à clé après son départ.
12:17Il me demande s'il y a des drôles de bruits sur le téléphone,
12:21si j'ai été suivie dans la rue.
12:23Je trouvais ça, moi, complètement baroque, quoi.
12:26Je n'avais pas la moindre idée.
12:29Et donc, effectivement, quand il meurt, c'est la première chose que me demande la police.
12:33Est-ce qu'il se sentait menacé ?
12:35Oui, c'est ma réponse.
12:36Oui, il se sent menacé ou il a peur pour moi.
12:39Et donc, ça donne une tonalité particulière dès le début à l'enquête.
12:44L'enquête va continuer à vivre, pendant un an, au rythme des rumeurs les plus folles.
12:51René Gorlin, la mort qui a brisé Coluche.
12:54Dans une enveloppe, une balle de revolver et cet avertissement.
12:57La prochaine, elle est pour toi.
13:00L'enquête de l'heure du crime.
13:01On se retrouve dans un instant sur RTL.
13:03Toute la journée, RTL vous accompagne.
13:11L'heure du crime, présentée par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
13:16L'heure du crime, consacrée aujourd'hui à une étrange affaire.
13:20Le meurtre en novembre 1980 de René Gorlin, le régisseur de Coluche.
13:24L'humoriste vient tout juste de déclarer sa candidature à la présidentielle.
13:28Il se retrouve sous pression.
13:30S'agit-il d'une simple coïncidence ?
13:36Les policiers de la brigade criminelle ont bien du mal à travailler sereinement sur le dossier René Gorlin,
13:41dont la presse continue à faire ses choux gras.
13:44Certains voient derrière la mort du terrain vague une tentative d'intimidation contre le candidat Coluche.
13:52Les instituts de sondage lui donnent pas moins de 16% d'intention de vote pour la présidentielle 1981.
13:59Pas assez pour être élu, mais de quoi sérieusement troubler le jeu politique et peut-être rebattre les cartes.
14:07On s'interroge.
14:08Coluche, le candidat anti-système est-il devenu gênant ?
14:13Le climat autour de l'affaire Gorlin est de plus en plus empoisonné.
14:17Les bruits partent dans tous les sens.
14:19Le régisseur est présenté comme le garde du corps de Coluche,
14:23le détenteur de secrets inavouables.
14:26Il est même écrit entre les lignes qu'il pourrait être le dealer de drogue de l'artiste
14:31et même celui qui lui fournirait des jeunes femmes.
14:33Dans le journal Le Monde, Coluche évoque, sans les nommer,
14:37ces détracteurs qui propagent rumeur sur rumeur
14:41« Pour m'arrêter, ils font des tas de trucs auprès des journalistes, auprès des maires,
14:46mais je vais leur mettre au cul.
14:48Moi, je fais une campagne populaire, dit-il. »
14:51Dans la coulisse, les renseignements généraux s'activent.
14:54Ils participent à ce climat de doute et de suspicion.
14:57Depuis la déclaration à la candidature, Coluche est sous surveillance active.
15:02Son téléphone est placé sur écoute, on note ses allées et venues,
15:06on fouille dans son passé.
15:07Tous les coups sont permis.
15:09L'hebdomadaire L'Express révèle ainsi que l'humoriste a déjà été condamné
15:14pour outrage à agents de la force publique.
15:16Le journal Minute affirme qu'il a été poursuivi pour un vol à l'âge de 19 ans.
15:22Des années plus tard, la commissaire des renseignements généraux, Brigitte Henry,
15:27reconnaîtra que Coluche était sous surveillance.
15:30Il fallait enquêter sur ses appuis, savoir quelles étaient ses véritables intentions, dira-t-elle.
15:40L'enquête sur la mort brutale de René Gorlin n'avance pas, mais elle perturbe profondément Coluche.
15:46Il se sent visé, piégé.
15:49Je ne sais pas si cette affaire est liée à la campagne,
15:51mais si c'est le cas, ça va leur retomber sur le nez,
15:55parce que je n'ai pas l'intention de me taire, déclare-t-il.
15:58Fin décembre 1980, il fait part au policier de la criminelle, de son amertume,
16:03et même de ses craintes face aux attaques incessantes qu'il subit.
16:07Il commence à craindre pour sa sécurité et celle de ses enfants.
16:11L'humoriste signale au policier qu'il reçoit régulièrement chez lui des petits cercueils,
16:16ou encore des menaces d'un groupuscule clandestin qui est baptisé « Honneur de la police ».
16:22Dans sa boîte aux lettres, il a retrouvé une enveloppe dans laquelle se trouvait une balle de revolver avec cet
16:28avertissement
16:29« La prochaine, elle est pour toi ».
16:31Inquiet, méfiant et de plus en plus paranoïaque, il finit par confier à ses proches
16:36« Moi, je ne joue plus à ce jeu de con, j'arrête ».
16:40Il est alors placé sous protection policière renforcée.
16:43Lundi 16 mars 1981, 4 mois après le meurtre de René Gorlin,
16:49Coluche se retire officiellement de la course à la présidentielle.
16:54« Amusez-vous bien, mais sans moi », écrit-il dans une lettre.
16:58Les autres candidats se réjouissent secrètement de l'abandon de ce trublion
17:03qui brouillait les cartes de l'élection.
17:10Coluche, hors course pour la présidentielle,
17:12les investigations sur la mort de son régisseur René Gorlin
17:15peuvent se poursuivre dans le calme.
17:18Ces derniers temps, la brigade criminelle a beaucoup travaillé
17:21sur l'hypothèse du règlement de comptes.
17:23Le passé de Gorlin a été étudié,
17:25tout comme ses relations avec le monde de la nuit
17:27et ses activités dans l'industrie du spectacle.
17:31Mais c'est la vie privée et conjugale du couple Gorlin
17:35qui finit par intéresser les policiers.
17:37Daniel Blondel, la compagne, dit-elle vraiment la vérité ?
17:42L'autopsie a indiqué que la victime avait mangé avant sa mort
17:46de la crème au marron.
17:48Pendant des semaines, les policiers vont faire le tour
17:51des restaurants habituels de la victime, sans résultat,
17:54avant de découvrir que c'est chez lui, dans la ferme familiale,
17:59que René Gorlin a consommé la fameuse crème au marron.
18:03Elle était au menu de la famille, ce dimanche soir,
18:07juste avant qu'ils prennent officiellement le train pour Paris.
18:10Son ultime repas, Daniel Blondel et sa sœur Evelyne
18:14sont placés sous surveillance, puis sur écoute.
18:17Les 1er et 2 décembre 1981, un an après la mort du régisseur,
18:24les deux sœurs sont en garde à vue,
18:26elle nie toute implication, puis Daniel Blondel, crac !
18:29Elle a tué son compagnon.
18:31Il était violent avec elle.
18:33Sa sœur Evelyne l'a aidée à se débarrasser du corps
18:36pour aller l'abandonner sur le terrain vague.
18:41Et voilà, donc un an après le crime,
18:43les aveux de la compagne,
18:45alors qu'évidemment, à ce moment-là,
18:47toutes les suppositions et les élucubrations
18:49sur la mort de René Gorlin s'effondrent,
18:51même si en quelques mois, cette histoire a participé
18:55à bouleverser la trajectoire de Coluche.
18:58Charles Diaz, vous êtes à l'époque inspecteur
19:00au 36 Quai des Orfèvres,
19:01et vous avez traité avec un groupe de la crime,
19:04évidemment, ce dossier.
19:06Un mot, Charles Diaz, de ce climat,
19:08un mois seulement après le crime,
19:10qui empoisonne tout de suite la vie de Coluche.
19:11C'était épouvantable, y compris et surtout pour les enquêteurs,
19:15parce que nous, on nous demandait des informations
19:17sans arrêt sur l'état d'avancement de l'enquête,
19:19avec une pression qui était hors norme,
19:21et en plus, on avait énormément d'appels
19:24nous donnant de mauvaises, de fausses informations,
19:27qu'il fallait toutes vérifier.
19:29On nous appelle, on nous dit, on a entendu un coup de feu
19:32pas loin de l'endroit où on a trouvé le corps,
19:34provenant d'un hôtel particulier.
19:36Eh bien, croyez-moi, on a fait une enquête de voisinage
19:39tout autour de l'hôtel particulier,
19:41pendant une semaine,
19:42jusqu'à trouver des personnes qui nous disent
19:44« Non, non, pas du tout, il n'y a jamais eu de coup de feu. »
19:46On perdait notre temps dans des vaines recherches,
19:49partout, partout, partout.
19:50Et on était six pour couvrir trois sites différents.
19:55Paris, le coin de Gournay-sur-Marne et Château-Thierry.
19:58Donc vous imaginez le travail, franchement, c'était très difficile.
20:02Et à un moment donné, comme Coluche n'était plus candidat,
20:06comme il n'était plus question de Coluche,
20:07on a été enfin tranquille pour mener notre enquête de façon normale.
20:12Parce que, juste en beau l'assumer,
20:14vous ne pouviez pas la mener normalement, cette enquête ?
20:16Trop. Pendant les dix premiers jours,
20:18ça a été invraisemblable, la pression que le groupe a subie.
20:22Jeanne de Saubry, on vous retrouve dans cette heure du crime.
20:24Vous êtes, à l'époque, vous prénommez Marie-Pierre
20:27et vous êtes la maîtresse de la victime,
20:30la maîtresse du régisseur.
20:32À l'époque, René Gorlin, il est très proche de Coluche.
20:35Il est en osmose avec Coluche ?
20:37En osmose, je ne dirais pas ça,
20:39mais il lui servait un petit peu de garde du corps,
20:42assez souvent.
20:42Il a fallu qu'il le protège à la sortie du spectacle.
20:45Il le raccompagne.
20:46À partir du moment où Coluche reçoit des menaces,
20:49il le raccompagne chez lui systématiquement le soir,
20:51entre le théâtre du gymnase et sa maison près de Montsouris.
20:55Donc, il y a une espèce d'atmosphère un peu plombée
20:58à ce moment-là dans l'entourage de Coluche.
21:01Encore une question, Jeanne de Saubry.
21:03Les renseignements généraux,
21:04on sait qu'ils ont été à la manœuvre dans cette histoire.
21:06Ils étaient...
21:07Je ne parle pas de la crime, là.
21:09Les renseignements généraux, ils surveillaient Coluche.
21:11Ils ont mis beaucoup de pression sur cette histoire.
21:13Ils ont essayé de savoir plein de trucs.
21:15Ils ont même fait courir des bruits, il faut bien le dire.
21:17Aujourd'hui, ça a été reconnu et c'est acté.
21:19Est-ce qu'on peut dire que les renseignements généraux
21:21ont instrumentalisé cette affaire, Jeanne de Saubry ?
21:24Il semblerait que oui.
21:25Il faut se rappeler qu'à un moment,
21:27Coluche a été crédité jusqu'à 16% d'intention de vote.
21:31Et c'est donc un total scandale pour le monde politique de l'époque,
21:37très guindé, très vieille France.
21:38Donc, cet humoriste qui se prend en photo avec une plume dans les fesses,
21:42à poils en dessous d'une écharpe tricolore,
21:45c'est juste insupportable.
21:47Évidemment, ce n'est pas eux qui ont tué René, évidemment.
21:49Mais c'est vrai que c'était l'occasion de discréditer Coluche.
21:53Voyez cet homme qui travaillait pour lui,
21:55qui est un ancien repris de justice,
21:56qui se fait assassiner, qu'on retrouve dans la boue.
21:59Évidemment, on fait mousser ça et ça fait la une des journaux, quoi.
22:03Dès que ça sort.
22:04Donc, oui, bien sûr, ça a été instrumentalisé délibérément, oui.
22:07Charles Diaz, à l'époque, vous n'êtes pas au RG, je le précise.
22:10Vous êtes à la crime.
22:11Mais c'est vrai que ça n'a pas été facile
22:13parce que les RG, ils étaient un peu à la manœuvre derrière.
22:15C'était gênant.
22:15Oui et non, parce que nous, ça ne nous concernait pas directement,
22:18mais ça nous impactait.
22:20Parce qu'ils manipulaient la presse,
22:21ils manipulaient les médias de l'époque, c'est certain.
22:25Ils essayaient par tous les moyens d'obtenir des informations sur ce qu'on faisait,
22:28et ils n'en avaient pas beaucoup.
22:30Mais on sentait bien cette pression permanente.
22:33Un mot, comment est-ce que vous revenez sur la compagne du régisseur,
22:38Daniel Blondel ?
22:39Alors, il y a ce fameux analyse du bol alimentaire.
22:41Il faut que vous sachiez que, donc, moi, pendant plus d'un mois,
22:43j'ai cherché à Paris quel restaurant servait en dessert de la crème de marron.
22:49Et notamment autour de l'appartement occupé par René Gorlin,
22:52pour découvrir que personne, à l'époque des fées, ne servait de crème au marron.
22:56Et quelques temps après, on apprend que Daniel Blondel,
23:00donc la concubine de René Gorlin,
23:03a quitté la ferme de Rosé et s'est installé avec quelqu'un.
23:06Et là, ça nous paraît suspect par rapport à ce qu'elle nous avait dit, etc.
23:10Donc, on se rend là-bas, on rencontre des voisins qui avaient vidé la maison.
23:16Et ce sont eux qui disent, quand on a vidé le frigo,
23:19il y avait des boîtes de crème de marron dans le frigo.
23:22On le s'en rappelle parce qu'on déteste ça et qu'on les achetait à la poubelle.
23:25Le lien est fait.
23:26Le dernier repas qu'il a pris, il ne l'a pas pris à Paris.
23:29Il l'a pris dans la ferme près de Château-Thierry.
23:32Donc, Daniel Blondel avait menti.
23:35La compagne et sa sœur ont avoué et raconté dans le détail
23:39les derniers moments du régisseur.
23:42René Gorlin, la mort qui a brisé Coluche.
23:45Il a sorti son pistolet.
23:47Il m'a dit, suicide-toi, comme ça tu dégageras.
23:50J'étais à bout.
23:51L'enquête aujourd'hui de l'heure du crime.
23:53Comment le régisseur est mort au petit matin ?
23:55C'est à suivre dans un court instant sur RTL.
23:59Tous les jours, toute la journée.
24:03C'est RTL.
24:09RTL en direct de Roland-Garros.
24:11On connaît la première affiche des demi-finales du tableau féminin.
24:15Elle opposera Mira Andréva qui a battu en début de matinée.
24:19Sorana Circe en 2-7, 6-0, 6-3.
24:22Marta Kossiouk qui a battu en trois manches sa compatriote Elinas Vitolina.
24:286-3, 2-6, 6-2.
24:31Dans quelques instants sur le court, Philippe Châtrier.
24:33Une affiche très attendue entre Raphaël Rodard,
24:35la révélation espagnole de ce tournoi,
24:37et Alexander Zverev, le grand favori désormais de Roland-Garros.
24:41L'heure du crime, c'est avec Jean-Alphonse Richard sur RTL.
24:46La fin d'une énigme policière.
24:48L'assassin de René Gorlin, régisseur de Coluche, identifié.
24:53Il s'agit tout simplement de l'épouse de la victime.
24:56La meurtrière a été interpellée à Château-Thierry.
24:59Elle a avoué son crime.
25:02Retour dans l'heure du crime,
25:03sur le trouble meurtre à l'automne 80 de René Gorlin,
25:06le régisseur de Coluche.
25:08Affaire qui a assombrie la campagne présidentielle de l'humoriste,
25:12au point qu'il a renoncé.
25:13Il ne s'agissait pourtant pas d'un crime politique.
25:16Un an après les faits, sa compagne avoue.
25:20Face aux policiers de la brigade criminelle,
25:23Daniel Blondel raconte le scénario du meurtre de René Gorlin.
25:26Le dimanche 23 novembre 1980, en fin d'après-midi,
25:30elle est allée chercher son compagnon à la gare.
25:33Il rentrait de Paris.
25:35Arrivé à la ferme, à Rosé,
25:37il s'est tout de suite mis en colère.
25:40Il lui a reproché de ne pas avoir étrillé les chevaux.
25:43Il m'a insulté,
25:44puis m'a ordonné de lui apporter son repas
25:46en m'interdisant de manger.
25:48Il s'est mis sur le lit,
25:50puis il a téléphoné à sa maîtresse, Marie-Pierre,
25:54affirme la compagne.
25:55Daniel Blondel a mis au lit ses deux petites filles.
25:58Selon elle, le couple s'est ensuite longuement disputé
26:01jusqu'au milieu de la nuit.
26:03Le régisseur aurait brandi un pistolet 22 longs rifles chargés
26:08et il aurait lancé à sa compagne.
26:10Suicide-toi, comme ça tu dégageras.
26:12Vers 4h ou 5h du matin,
26:14alors qu'elle était obligée de rester assise
26:16sur le sol de la chambre,
26:18Daniel s'est relevé.
26:19Il dormait.
26:20J'ai pris le pistolet,
26:22je l'ai approché à 25 centimètres environ de sa nuque,
26:26j'ai tiré.
26:26J'ai remis une cartouche
26:28et j'ai tiré.
26:29Une deuxième fois.
26:30La compagne assure qu'elle a agi sous le coup de l'épuisement
26:33et des humiliations en durée depuis des semaines.
26:40Au petit matin,
26:42Daniel Blondel a filé chez sa sœur Evelyne avec ses enfants.
26:45Elle lui annonçait avoir tué René.
26:47Evelyne lui a conseillé d'appeler la police
26:49mais Daniel a refusé.
26:51Les deux sœurs sont alors reparties à la ferme.
26:54En début d'après-midi,
26:55elles ont fait le ménage dans la chambre.
26:58Elles ont rhabillé le cadavre.
26:59Elles sont allées ensuite brûler les draps
27:02et un blouson dans une décharge.
27:03Daniel a jeté le pistolet dans la marne.
27:07Vers 22h,
27:08alors que les enfants dormaient,
27:10les deux sœurs ont chargé le corps
27:12dans la Peugeot 204 Breck.
27:14Elles voulaient le transporter
27:16le plus loin possible de Rosé.
27:18C'est par hasard,
27:19en roulant,
27:20qu'elles sont arrivées à ce terrain vague
27:22de Gournay-sur-Marne
27:24sans savoir que c'était en fait un chantier.
27:27Elles ont voulu jeter le cadavre
27:29dans le canal attenant
27:31mais il était trop lourd.
27:32Elles l'ont donc laissé sur le sol.
27:34La bâche qui entourait la dépouille
27:36a été jetée dans une poubelle.
27:38Les deux sœurs sont rentrées,
27:40chacune chez elles.
27:44Et dans cette heure du crime,
27:45on retrouve l'un de nos invités,
27:46c'est Charles Diaz,
27:47à l'époque inspecteur au 36 Quai des Orfèvres,
27:49co-auteur avec Claude Cancès
27:50du livre Histoire du 36 illustré
27:52qui est paru aux éditions Mareil.
27:54Charles Diaz,
27:55vous êtes notre grand témoin policier
27:56aujourd'hui dans l'heure du crime
27:57parce que vous avez enquêté sur cette affaire.
27:59le mobile avancé finalement,
28:01elle dit
28:01j'ai tué quelqu'un
28:02qui me maltraitait.
28:04Il faut imaginer
28:06Daniel Blondel
28:07est quelqu'un
28:08qui essaye d'élever
28:09comme il faut les deux filles,
28:10les deux petites filles qu'ils ont.
28:12Elle s'occupe de tout dans la ferme,
28:13elle s'occupe même des plantes,
28:14des fleurs,
28:15les mimosas.
28:16Elle les soigne,
28:16c'est incroyable.
28:17Alors quand on l'entend la première fois,
28:19franchement,
28:20elle ne fait pas suspecte.
28:21On ne l'imagine pas
28:22en train de tirer de balles
28:24dans la tête de son compagnon.
28:26Et puis petit à petit,
28:27on s'aperçoit que quand même
28:28le couple,
28:29ça ne va pas bien.
28:31Ils ont des problèmes,
28:32lui a sa maîtresse à Paris.
28:35Et elle le sait Daniel ça.
28:36Et de plus en plus,
28:39ça se transforme en cri,
28:41en coup.
28:42Et aussi,
28:44elle nous dira
28:44qu'il a essayé
28:45de la prostituer.
28:48Bon,
28:48on n'a pas d'éléments.
28:49Ça, ça ne va pas tenir du tout.
28:50Ça ne tient pas.
28:51Ça ne tient pas.
28:51Mais elle a tenté.
28:52Elle a tenté d'en rajouter.
28:54Ce qui est vrai,
28:54c'est qu'elle était brutalisée.
28:56Ça, c'est indéniable.
28:58Maintenant,
28:58quel était son comportement ?
28:59Etc.
29:00Donc,
29:01parce qu'on apprend par la suite
29:02qu'elle a pris
29:03un nouveau compagnon
29:05peu de temps après la mort.
29:06En tout cas,
29:07c'est son explication.
29:08C'est son explication
29:09et il faut la respecter
29:10comme telle.
29:11Bien sûr.
29:11Et on va voir
29:12ce qu'elle va continuer
29:13à raconter
29:13parce qu'elle va rester
29:14sur cette ligne
29:15du mari violent,
29:16enfin de compagnon violent
29:18et d'un homme
29:19qui ne lui donnait pas la parole
29:20et qui l'humiliait.
29:21C'est ce qu'elle vous a dit
29:22lors de ses auditions.
29:23Jeanne de Zobry,
29:25on vous retrouve
29:25dans cette heure du crime.
29:26Vous, vous êtes l'auteur du livre
29:27Le Régisseur
29:28qui est paru aux éditions
29:29de l'Archipel.
29:30Et Jeanne de Zobry,
29:30il faut le dire,
29:32à l'époque,
29:32vous vous prénommez
29:33Marie-Pierre
29:34et vous êtes justement
29:36la maîtresse du régisseur
29:38René Gorlin.
29:39Alors,
29:40vous avez vécu
29:41cette enquête
29:42un petit peu cachée,
29:43vous ne vouliez pas
29:43vous montrer à l'époque.
29:45Quelle est votre réaction
29:46quand vous apprenez
29:48que la compagne a avoué ?
29:50Une immense libération
29:53parce que
29:54au bout d'un an,
29:55ça a mis un an quand même,
29:57je pouvais cesser
29:58de regarder derrière
29:59et je pouvais enfin
30:01regarder devant
30:02et emmener mon enfant
30:04vers l'avenir.
30:05Cette enquête,
30:06je le disais,
30:06vous l'avez suivie
30:08de manière un peu confidentielle,
30:09un peu à l'abri des regards.
30:10En tout cas,
30:11vous n'aviez pas du tout
30:11envie de vous montrer.
30:13Mais vous allez essayer
30:13de vous renseigner
30:15presque semaine après semaine
30:17sur ce qui a pu
30:18se passer avec René.
30:19Et là, déjà à l'époque,
30:21surprise,
30:21vous vous apercevez
30:22que la compagne,
30:24Daniel Blondel,
30:25elle est passée
30:25chaque fois avant vous.
30:27Je vais au théâtre
30:28rencontrer le secrétaire
30:30de Coluche.
30:32Partout,
30:32elle est déjà passée
30:33en fait.
30:34Et partout,
30:35les choses ont été
30:36bordées.
30:37On a déjà fait
30:38mon portrait,
30:39on m'a déjà installée
30:40dans le rôle
30:40de la suspecte.
30:42C'est intéressant
30:43ce que dit
30:44Jeanne de Zobry
30:45aujourd'hui.
30:46les deux sœurs
30:47là sont écrouées.
30:48Est-ce que le scénario
30:50est bon selon vous ?
30:51Oui,
30:51donc il faut aussi
30:52comprendre que le fait
30:53de jeter le corps
30:54de René Gorlin
30:55au bord du canal
30:57de Chelles,
30:58c'est-à-dire vers Paris,
31:00c'est éloigner
31:00les soupçons
31:02de Château-Thierry
31:03et les rapprocher
31:04de Marie-Pierre,
31:05de la maîtresse.
31:06Et donc de la désigner.
31:08Et de la désigner
31:09d'une certaine manière.
31:10Oui, oui,
31:10non, non,
31:10c'est volontaire.
31:13Les deux sœurs
31:14sont écrouées,
31:15elles vont comparaître
31:16aux assises.
31:18René Gorlin,
31:19la mort qui a brisé Coluche.
31:20J'en avais vraiment marre.
31:22Au premier tir,
31:23il a eu un sursaut.
31:24La deuxième fois,
31:25j'ai visé la nuque
31:26pour qu'il ne se relève plus.
31:28L'enquête de l'heure du crime.
31:29On se retrouve
31:30dans un instant
31:30sur RTL.
31:33Le matin,
31:34le midi,
31:35le soir,
31:37c'est RTL.
31:41Envie de parier sur le...
31:43L'heure du crime
31:44présenté par
31:45Jean-Alphonse Richard
31:46sur RTL.
31:48Au programme
31:49de l'heure du crime,
31:50le meurtre
31:51du régisseur de Coluche,
31:52René Gorlin,
31:53en novembre 1980.
31:55Histoire qui a ruiné
31:56la campagne présidentielle
31:57de l'humoriste.
31:58Pas un crime
31:59crapuleux
31:59ou politique.
32:00Quatre ans après les faits,
32:02la campagne de la victime
32:03ainsi que sa sœur
32:04sont jugées.
32:09Lundi 17 décembre 1984,
32:12les sœurs Blondel,
32:13Daniel,
32:1430 ans,
32:14Evelyne,
32:1524 ans,
32:16sont devant la cour
32:17d'assises de laine
32:17à Lens.
32:18La première accusée
32:20d'assassinat,
32:21la seconde d'avoir aidé
32:22à dissimuler le cadavre
32:24de René Gorlin,
32:25le régisseur de Coluche.
32:26Daniel Blondel,
32:28jeune femme blonde
32:28au visage longiligne
32:30et émaciée,
32:31dresse le plus sombre
32:33des portraits du régisseur
32:34avec qui elle a vécu neuf ans.
32:36Un homme qui l'a batté,
32:37Martine,
32:38la première épouse
32:39de René Gorlin,
32:39confirme qu'il était violent.
32:41Elle a même divorcé
32:42à cause de sa brutalité.
32:44Elle n'a jamais porté plainte
32:45car il lui faisait peur.
32:46Daniel Blondel
32:47raconte une vie harassante
32:49de labeur à la ferme.
32:50Elle s'occupait
32:51toute seule du domaine
32:53tout en élevant ses filles.
32:54La compagne
32:55évoque encore longuement
32:56la vie sentimentale
32:57de René Gorlin,
32:59un coureur invétéré
33:00de jupons,
33:01selon elle.
33:02Elle indique que
33:02Marie-Pierre,
33:03sa maîtresse,
33:04venait souvent
33:05à la ferme.
33:06J'en avais vraiment marre,
33:08dit-elle en sanglotant.
33:09Alors j'ai pris l'arme,
33:11j'ai tiré.
33:12Il a eu un sursaut,
33:13j'ai rechargé.
33:15Cette fois,
33:15j'ai visé la nuque
33:16pour qu'il ne se relève plus.
33:18Le régisseur
33:19recevait souvent
33:20ses amis du spectacle.
33:22Coluche
33:22est venu une seule fois
33:24à la ferme
33:24interrogé sur cette visite
33:26lors de l'instruction.
33:27L'humoriste avait répondu
33:29qu'il n'avait pas eu l'impression
33:30d'avoir rencontré
33:32en Daniel
33:32une femme heureuse.
33:37La maîtresse de René Gorlin,
33:38Marie-Pierre,
33:39ne fait pas la même description
33:40du régisseur.
33:42Avec d'autres témoins,
33:43elle assure que
33:43ce dernier n'était pas
33:44le tyran domestique,
33:46l'homme malhonnête
33:47et même le proxénète
33:48décrit par sa compagne.
33:50Après trois jours de procès
33:51et une heure et demie
33:52de délibéré,
33:54Daniel Gorlin
33:55est condamné
33:56à dix ans de prison,
33:57six mois avec sursis,
33:58pour sa sœur,
33:59Evelyne.
34:01Et dans cette heure du crime,
34:02on retrouve aujourd'hui
34:03Jeanne de Zobry,
34:03auteur du livre,
34:04le régisseur qui est paru
34:05aux éditions de l'Archipel.
34:06Jeanne de Zobry,
34:07on le dit depuis le début
34:08de cette émission,
34:09c'est vous la maîtresse
34:10à l'époque de René Gorlin.
34:11Vous vous prénommez
34:12Marie-Pierre,
34:13c'est comme cela
34:14que vous apparaissez
34:14dans la procédure.
34:16Alors évidemment,
34:17Jeanne de Zobry,
34:17vous y êtes à ce procès.
34:19D'ailleurs,
34:20vous êtes citée
34:20comme témoin.
34:21Je suis non seulement témoin,
34:23mais je me constitue
34:24partie civile
34:25pour avoir reçu
34:26des courriers
34:26de Mme Blondel
34:28alors qu'elle était incarcérée,
34:29qu'elle fait sortir
34:30en fraude,
34:32où elle ne me menace pas,
34:35mais elle traîne
34:36René dans la boue,
34:37elle m'injurie.
34:38Enfin bon,
34:39c'est...
34:40Parce que je veux défendre
34:41la mémoire de René,
34:42pour moi,
34:43pour mon enfant,
34:44je me porte partie civile.
34:45Et je réclamerai
34:47un euro
34:47de dommages et intérêts.
34:49Comment est l'ambiance
34:51à ce procès,
34:52Jeanne de Zobry ?
34:53L'ambiance est très
34:55particulière
34:55parce qu'il y a
34:57les gens
34:57que Daniel Blondel
34:59a fait citer
35:00comme témoin
35:01qui viennent présenter
35:02une image
35:03de René
35:03que je ne connais pas,
35:04que je refuse,
35:05qui n'est pas celle
35:06des relations
35:07que j'avais avec lui.
35:08C'est un homme violent.
35:09Elle le voilà,
35:10violent avec elle,
35:11avec ses enfants.
35:12Ça, c'est une chose
35:12que je ne peux pas
35:13imaginer un instant.
35:14Je me sens renvoyée
35:16à toute cette époque.
35:18Oui, c'est difficile.
35:19Oui, c'est ça.
35:20Vous le prenez
35:20un petit peu
35:21en pleine figure,
35:21c'est ça ?
35:22Ah ben oui,
35:23franchement.
35:23Il y a ce procès,
35:24quand on lit
35:25quelques articles
35:26de l'époque
35:26sur le procès,
35:27elle vous invective
35:29l'accusé ?
35:30Oui.
35:30Elle vous accuse,
35:31elle vous dit
35:31c'est à cause de toi
35:32que tout ça est arrivé ?
35:35Je suis peut-être
35:35la raison de ça,
35:36mais il ne faut jamais
35:38oublier
35:38qui a tué
35:39en tirant deux fois
35:40avec une arme
35:41qu'il fallait recharger.
35:42Donc, ça n'est pas moi
35:43qui tenais l'arme.
35:45Donc, ça ne sera jamais
35:46de ma faute.
35:46Elle fait le procès
35:48de René Gorlin,
35:49sa compagne.
35:50Il faut voir les choses
35:50comme ça.
35:52Bien sûr.
35:52Pendant des jours,
35:53elle va accuser René
35:54de tous les maux.
35:55Oui, oui,
35:55mais de la même manière
35:57qu'elle lui met
35:59tous les torts possibles.
36:02J'ai acquis,
36:04déjà avant
36:05et pendant ce procès,
36:06la certitude
36:07qu'en fait,
36:07elle avait essayé
36:08de me faire accuser.
36:11Et je pense
36:12que c'était vraiment
36:13un acte de haine
36:14à la fois vis-à-vis de René
36:16mais aussi vis-à-vis de moi.
36:18Elle ne connaissait pas
36:19ma grossesse
36:20et quand elle l'a apprise,
36:21ça avait été pour elle,
36:22je crois,
36:24un drame.
36:25Ça l'a mise
36:25dans une profonde colère.
36:27Ça l'a mise en colère.
36:28Charles Diaz,
36:29à l'époque,
36:30vous étiez à la crime.
36:32L'enquête, là,
36:33elle est terminée,
36:33évidemment.
36:34C'est l'heure du procès.
36:35Vous n'y êtes pas
36:36à ce procès.
36:36D'ailleurs,
36:37vous n'avez pas
36:37grand-chose à y faire.
36:38Les constatations
36:39de la police sont passées.
36:40Est-ce que ce que dit
36:41tout de même
36:43Danielle Blondel,
36:43ce qu'elle raconte,
36:44est-ce que ça correspond
36:46aux constatations
36:47que vous aviez faites,
36:47vous, policières ?
36:49Oui,
36:49et surtout à la façon
36:50d'essayer,
36:51dès le début,
36:52d'égarer
36:53les recherches
36:54de la police.
36:54Tout a été fait par elle
36:55pour écarter
36:56les soupçons
36:57de la partie
36:59château-thierry.
37:01Et ensuite,
37:02tout ce qu'elle nous a expliqué
37:05correspondait
37:05aux constatations
37:06que nous avions faites
37:07et correspondait
37:08aux problèmes
37:09de temps aussi
37:10qu'il fallait
37:10que nous gérions
37:11parce qu'il nous manquait
37:11une journée.
37:13Elle le tue
37:14le dimanche 23
37:15et se débarrasse
37:17du corps
37:18dans la nuit
37:18du 24 au 25.
37:19C'est ça,
37:19le lundi soir,
37:20dans la nuit
37:20du lundi au mardi.
37:21Et qu'avait-elle fait
37:22du corps
37:22pour qu'il ne se décompose
37:24pas trop vite ?
37:24Eh bien,
37:25caché dans les écuries
37:26au froid.
37:27C'est ce qu'elle vous raconte.
37:29Eh oui,
37:29et ça correspond
37:31au délai,
37:32tout fonctionne.
37:34Et elle nous explique
37:35aussi l'arme du crime,
37:36d'où vient-elle,
37:37comment s'en est-elle
37:38débarrassée,
37:39etc.
37:41Le dossier du régisseur
37:42se referme.
37:44Six ans plus tard,
37:45Coluche
37:45se tuera à moto.
37:47René Gorlin,
37:48la mort qui a brisé Coluche.
37:50Je ne pensais pas
37:51qu'un fait divers
37:51puisse prendre
37:52une telle dimension.
37:53L'enquête aujourd'hui
37:54de l'ordre du crime,
37:55on se retrouve
37:55dans un instant
37:56sur RTL.
37:57Retrouvez toutes vos émissions
37:59en podcast
37:59sur rtl.fr
38:01ou sur l'application RTL.
38:03L'heure du crime
38:04présentée par
38:05Jean-Alphonse Richard
38:06sur RTL.
38:08Dans l'heure du crime,
38:10l'étrange affaire
38:11René Gorlin,
38:11le régisseur
38:12des spectacles de Coluche,
38:13exécuté de deux balles
38:15dans la tête
38:15en novembre 1980,
38:17un an de folles rumeurs,
38:18c'est en fait
38:19sa compagne
38:19qui l'avait tuée.
38:21Coluche a toujours
38:22gardé un souvenir
38:23amer
38:23de cette histoire.
38:27Au cours de l'enquête
38:29sur la mort
38:29de René Gorlin,
38:31Coluche aura toujours
38:31tenté de faire
38:32bonne figure.
38:33René était sans blouson
38:35quand il est mort,
38:35dira-t-il.
38:36Il a peut-être été victime
38:37comme des tas d'autres
38:38de mecs qui l'ont attaqué
38:39pour lui piquer du blé.
38:41À des proches
38:42et même à des policiers
38:43chargés de l'enquête,
38:44Coluche avait confié
38:46n'avoir jamais pensé
38:47qu'un fait divers
38:48comme celui du meurtre
38:49de son régisseur
38:50puisse prendre
38:51une telle dimension
38:52au point
38:52d'en faire des cauchemars.
38:54Le fait est
38:55que l'affaire Gorlin
38:56aura bouleversé
38:57toute la carrière
38:58de l'humoriste.
38:59Retiré de la course
39:00à la présidentielle,
39:01usé par cette épreuve
39:02et en proie aux addictions,
39:04il avait affronté
39:05une longue traversée
39:07du désert
39:07jusqu'à ce qu'il retrouve
39:09son équilibre
39:10avec les Restos du Coeur.
39:11En mai 1986,
39:13six ans après
39:14l'affaire Gorlin,
39:15il s'apprête
39:15enfin
39:16à faire sa grande rentrée
39:18sur la scène du Zénith
39:19en septembre
39:20à Paris.
39:21Il rejoint Cannes
39:22quelques jours avant
39:23le festival,
39:24on le voit parodier
39:25en ville
39:25le film de Bertrand Billier
39:27qui fait l'événement
39:29tenu de soirée.
39:30Il est affublé
39:31d'escarpins,
39:32d'une perruque,
39:33d'une robe longue
39:34ou d'une mini-jupe.
39:35Le temps de rejoindre
39:36ensuite
39:37la grande propriété
39:38qu'il loue
39:39dans l'arrière-pays
39:40à Châteauneuf-Grâce.
39:42Avec sa bande d'amis,
39:43il règle
39:44les derniers détails
39:45de son prochain spectacle
39:46dans quelques semaines.
39:47Il commencera
39:48à le roder
39:49sur la scène
39:49du Café de la Gare.
39:55Jeudi 19 juin 1986,
39:57Coluche,
39:5841 ans,
39:59et deux de ses meilleurs amis,
40:00Ludo et Didier,
40:02décident de partir
40:03à moto
40:03depuis la Bastide
40:04de Châteauneuf-Grâce
40:06pour rejoindre Cannes.
40:07Au retour,
40:08le trio s'engage
40:09sur les petites routes
40:10très sinueuses
40:11qui zigzaguent
40:12dans la RPI.
40:13Sur sa Honda 1100,
40:15Coluche,
40:16qui est en motard
40:17expérimenté,
40:18roule à 60 km heure
40:20sur la départementale numéro 3
40:22juste derrière
40:23ses deux copains.
40:24L'humoriste
40:25est en t-shirt
40:26et en short,
40:27son casque accroché
40:28au guidon.
40:29Avant le village
40:30d'Opio,
40:31il dépasse
40:31Ludo
40:32et Didier,
40:33puis deux automobilistes
40:35qui avancent
40:36à toute petite vitesse.
40:38Dans une courbe,
40:39en face de la moto,
40:40un camion effectue
40:41une manœuvre
40:42sur la gauche.
40:43Le 38 tonnes
40:45chargé de pierre
40:46barre la route.
40:47Coluche le voit trop tard.
40:48Plutôt que de freiner,
40:49il tente de coucher sa moto
40:51mais il vient
40:51s'encastrer
40:53sous le poids lourd.
40:54Sa tête heurte
40:55le phare du camion.
40:56Les secours
40:57ne pourront rien faire.
40:59Un médecin
41:00constate le décès
41:01à 16h40.
41:06Après l'affaire Gorlin,
41:07six ans plus tôt,
41:08l'accident de Coluche
41:10ne va cesser
41:11à son tour
41:11de susciter
41:13interprétations,
41:14rumeurs
41:14et scénarios
41:15les plus divers.
41:16En mai 2026,
41:17dans un documentaire
41:18Ludovic Paris,
41:19le Ludo
41:20qui partageait
41:21avec l'humoriste
41:22la balade à moto
41:23racontera
41:24« On roulait peinard,
41:26c'était sympa
41:26mais bon,
41:28ce fameux camion,
41:30on se demande
41:31pourquoi il était là. »
41:32À l'époque,
41:33le chauffeur du camion,
41:34Albert Ardisson,
41:36avait déclaré
41:37« Je ne l'ai pas vu,
41:38il a débouché,
41:39il a tapé,
41:40qu'est-ce que vous voulez
41:41que je vous dise de plus ? »
41:44Dans l'état actuel
41:45de ma candidature
41:46et de la censure,
41:47je préfère
41:48que ma candidature
41:49s'arrête
41:49parce que elle commence
41:50à me gonfler.
41:51Tant que ça m'a fait rire,
41:52c'était très bien,
41:53à partir du moment
41:53où ça m'a pu faire rire,
41:55évidemment,
41:55ça se gratte un peu.
41:56Puisque si moi,
41:57ça ne me fait pas rire,
41:57comment je vais faire
41:58pour faire rire les autres ? »
42:00On reconnaît bien sûr
42:00la voix de Coluche
42:01lorsqu'il jette l'éponge.
42:03Finalement,
42:03cette campagne
42:04était beaucoup trop difficile
42:05pour lui
42:05et la mort de son réjouisseur
42:07l'a perturbé
42:08et a anéanti
42:09évidemment son optimisme naturel.
42:12Charles Diaz,
42:13à l'époque de cette affaire,
42:14à l'époque de l'enquête,
42:15vous étiez inspecteur
42:16au 36 Quai des Orfèvres.
42:18Vous nous avez raconté
42:19tout à l'heure
42:19dans l'heure du crime
42:20la première audition
42:21de Coluche
42:21qui ne s'est pas très bien passée.
42:22D'ailleurs,
42:22il n'était pas très agréable.
42:23C'est ce que vous nous avez révélé.
42:25Mais vous avez d'autres révélations
42:26à faire
42:26parce qu'on le sait moins
42:27mais Coluche,
42:29vous l'avez réentendu
42:30quelques semaines après,
42:31c'est ça ?
42:32Un an après.
42:33C'est-à-dire deux mois après
42:34que Daniel Blondel
42:36ait avoué le crime.
42:37Le juge d'instruction de Bobigny
42:39qui instruisait l'affaire
42:40a demandé à Michel Desfarges
42:43qui était le chef du groupe
42:44de procéder à une nouvelle audition
42:47de Coluche
42:47pour savoir notamment
42:49ce qu'il pensait
42:50des relations qu'avait Gorlin
42:52avec sa concubine.
42:55Michel appelle,
42:57il obtient du secrétariat de Coluche
42:58un rendez-vous pour une date
43:00mais ce jour-là,
43:01Coluche ne vient pas
43:02parce qu'elle a oublié
43:03de le dire.
43:06Michel Desfarges,
43:07le chef de groupe,
43:07rappelle mais directement
43:08Coluche,
43:09il l'a
43:09et Coluche lui dit
43:10mais je peux être là
43:11même tout de suite
43:12dans une demi-heure
43:13puisque je suis en tournage
43:14au but de Chaumont
43:16et Michel,
43:17sans prévenir personne,
43:18lui dit
43:19ben ok,
43:20venez maintenant.
43:21Et donc Coluche se rapplique ?
43:22Une demi-heure après,
43:23Coluche arrive,
43:24personne n'est au courant,
43:25donc pas un seul journaliste,
43:26personne.
43:27Coluche s'installe,
43:28on lui pose la seule question,
43:30les rapports avec,
43:31entre, il répond très gentiment
43:33et après il est resté
43:34une heure et demie
43:36avec nous dans le bureau,
43:37on a ri.
43:38Mais de quoi vous avez parlé ?
43:39De tout et de n'importe quoi,
43:40de la vétustée des locaux,
43:42du fait des flics,
43:43alors que comment on fait
43:44ce métier-là,
43:45pourquoi et qu'est-ce que c'est ?
43:46Il nous a posé plein de questions
43:47et on riait,
43:48et on riait.
43:50Franchement,
43:50moi j'ai passé,
43:51je vais vous le dire,
43:52quand j'ai appris sa mort,
43:53je repensais à ces moments-là
43:54et j'étais très très triste
43:56parce que je n'avais pas
43:57une si grande opinion,
43:59une si bonne opinion de lui
44:00pour d'autres raisons,
44:01mais là,
44:02il a été,
44:03voilà,
44:04un chic type quoi,
44:05vraiment un chic type.
44:06Vous l'avez senti quand même
44:07meurtri par cette affaire ?
44:08Ah oui, oui, oui.
44:09Parce qu'il y a eu
44:09le déferlant.
44:10Complètement,
44:10mais pas seulement,
44:11mais l'amitié qu'il avait
44:13pour Gorlin était réelle,
44:14et donc il l'avait ressenti
44:16très durement,
44:17très très durement,
44:18et notamment aussi
44:19le fait que ses deux petites filles
44:20restent sans papa.
44:22Là,
44:23il en était très affecté.
44:25Non, non,
44:25un type bien.
44:27Jeanne de Zobry,
44:28on vous retrouve
44:28dans cette heure du crime.
44:30Vous êtes auteur du livre
44:30Le Régisseur
44:31qui est paru aux éditions
44:32de l'Archipel
44:33et à l'époque,
44:34dans cette affaire,
44:34vous vous prénommez
44:35Marie-Pierre
44:36et vous étiez
44:37la maîtresse
44:37de René Gorlin,
44:39la maîtresse
44:40qui n'était pas d'ailleurs
44:40vraiment cachée,
44:42mais vous viviez
44:43quasiment avec cet homme.
44:45Alors,
44:45on imagine
44:47mal aujourd'hui,
44:48la frénésie
44:49qui a duré
44:50presque un an
44:51avant que l'enquête
44:52soit résolue
44:53parce qu'il y avait
44:54au milieu
44:54la personnalité
44:56de Coluche.
44:56Et vous,
44:56vous étiez
44:57aux premières loges
44:58dans ce chaos,
45:00j'ai envie de dire.
45:01J'ai mieux compris
45:03petit à petit.
45:04D'abord,
45:04moi,
45:04j'étais très à l'abri
45:05pendant longtemps,
45:06étant toute protégée,
45:09toute cachée,
45:11ne réclamant jamais,
45:12enfin,
45:13fuyant les journalistes
45:14quand ils sont là
45:14tous pour Coluche.
45:15à un moment,
45:16moi,
45:16je sors d'un bureau
45:17de la criminelle,
45:18il y a,
45:18je ne sais pas,
45:18peut-être 30,
45:1930 ou 40 journalistes
45:21qui sont tassés
45:22dans les escaliers.
45:23Je file sur le côté,
45:24il y en a un qui m'appelle,
45:25je ne me retourne pas,
45:26je me sauve en fait.
45:28Et donc,
45:28je me suis beaucoup protégée.
45:30Et puis,
45:30après,
45:31les années passant,
45:32j'ai appris des choses,
45:35j'ai fait la part des choses
45:36et effectivement,
45:37j'ai mieux mesuré
45:38ce que j'avais peut-être
45:39même pas compris à l'époque,
45:42l'intervention des RG.
45:44Effectivement,
45:44il y a l'intervention des RG,
45:45c'est important,
45:46Charles Diaz.
45:47Mais est-ce que
45:48s'il n'y avait pas eu
45:49tout ce chaos,
45:50ce désordre,
45:51l'enquête serait allée plus vite,
45:53l'enquête criminelle ?
45:53Je ne suis pas certain
45:54parce que ce qui a débloqué,
45:55ça a été les résultats
45:57d'analyse du bol alimentaire
45:58et le laboratoire de toxicologie
46:02a mis beaucoup de temps
46:03à nous donner
46:04les résultats fiables,
46:05certains,
46:06plusieurs mois.
46:07Donc,
46:07non,
46:07non,
46:08je crois que...
46:10Ça ne serait pas allé
46:11beaucoup plus vite.
46:13Jeanne de Zorbris,
46:14je vais terminer
46:14cette émission avec vous.
46:16Évidemment,
46:16vous étiez aux premières loges
46:17et vous avez,
46:18vous aussi,
46:18souffert à votre manière.
46:20Évidemment,
46:21dans cette histoire,
46:22vous étiez cachée,
46:23vous nous l'avez dit,
46:24parce qu'il y avait
46:24un tel marasme,
46:25un tel désordre
46:26qu'il valait mieux
46:27rester à l'abri.
46:28On le sent encore aujourd'hui,
46:29vous avez écrit un bouquin
46:31là-dessus,
46:31avec vos souvenirs.
46:32Elle vous a vraiment marqué
46:33cette affaire ?
46:34Elle m'a marquée,
46:36elle a su aussi
46:37me pousser dans mes retranchements
46:39à tel point que peut-être
46:40j'ai appris que j'avais
46:41beaucoup plus de force
46:42que je ne le pensais.
46:43René reste quelque chose
46:46de très important,
46:47c'est comme ça que j'ai débuté
46:48ma vie de femme,
46:49par l'amour et puis la mort,
46:51et ça marque à vie,
46:52évidemment.
46:54Merci Jeanne Desaubry
46:55et Charles Diaz
46:56d'avoir été aujourd'hui
46:57les invités de l'Ordre du Crime.
46:58Merci à l'équipe de l'émission,
46:59rédactrice en chef
47:00Justine Vigneault,
47:01préparation Romain Divares,
47:03Valentin Bardet,
47:04réalisation Jonathan...
Commentaires

Recommandations