00:00Eh bien, on apprend à l'école de la démerde, de la débrouille.
00:04Vous savez, Claude Lelouch, encore lui, disait toujours
00:08« La contrainte sollicite l'imagination ».
00:11Quand vous n'avez pas le choix, ça fait vous développer votre créativité.
00:16C'est valable dans tous les domaines.
00:18Mais qu'est-ce que vous avez fait ?
00:18Moi, tout simplement, j'étais à l'école, sur le banc de l'école,
00:21et je m'embêtais profondément.
00:23Je ne comprenais pas ce qu'on disait.
00:25Honnêtement, sincèrement, ce n'est pas de la fausse modificité,
00:28j'étais complètement largué.
00:30Et donc, je suis tombé dans la musique.
00:35Je suis devenu disque-jockey, j'ai acheté des platines
00:38qu'on m'a offert pour mon anniversaire et pour Noël.
00:40Et j'adorais la musique, en fait.
00:42Et donc, j'ai commencé à animer des boums.
00:44Les boums, quand on vous avait, de l'école, en fait, tout simplement.
00:47Et j'ai organisé ma première soirée.
00:49En seconde, j'étais à Neuilly au lycée Saint-James.
00:52Je raconte comme anecdote que j'étais, à l'époque,
00:55allé voir le maire de Neuilly, donc Nicolas Sarkozy,
00:57pour lui demander une subvention,
00:58pour lui suppler une subvention de 5 000 francs
01:00pour m'aider à louer la salle pour organiser la fête du lycée.
01:05Comme il y en a dans...
01:06Non, mais ça veut dire que tout le monde ne ferait pas ça.
01:07C'est-à-dire que vous êtes du culot, comme on dit.
01:09C'est-à-dire que vous avez 15 ans, 16 ans,
01:11d'aller demander une subvention.
01:13Dans les conditions de la réussite, il y a forcer les portes, ouvrir les portes.
01:16Oui, mais c'est vrai.
01:18Je crois qu'en fait, c'est une question de caractère, pour le coup, et de personnalité.
01:22J'ai cette chance-là, c'est d'avoir eu ce gène-là.
01:25Moi, je n'ai pas voulu être une victime.
01:27Je n'ai pas voulu subir toute ma vie.
01:30Donc, à partir du moment où vous dites, je vous refusez votre situation,
01:32mais c'est valable pour n'importe qui.
01:35Je refuse, entre guillemets, ce qu'on me propose, c'est-à-dire rien.
01:38Je vais m'en sortir.
01:39Et bien voilà, donc, c'est ce que j'appelle l'ambition,
01:42c'est-à-dire l'envie de faire quelque chose.
01:44Donc là, vous avez 15 ans.
01:45Mais Sarkozy vous a donné les 5 000 balles ou pas ?
01:48La mairie de vie m'a donné les 5 000 francs, bien sûr.
01:50Il y a deux lycées à nous.
01:52Il y avait Saint-James et Pasteur.
01:53On organisait la fête de fin d'année.
01:55C'était complètement légitime.
01:57Bon, mais alors comment après ?
01:58Alors ça, vous avez 15 ans,
01:59mais la première affaire vraiment importante
02:03qui fait que vous vous installez professionnellement
02:05et financièrement dans le métier.
02:07Vous faites comment ?
02:08Alors, c'est tout un parcours.
02:09Donc, je commence d'abord par être DJ,
02:11organiser ses soirées,
02:12qui connaissent un grand succès.
02:14On est dans l'Ouest parisien.
02:15On est tous mineurs.
02:16On n'a pas le droit de rentrer en boîte de nuit.
02:18Et donc, j'organise des soirées
02:19pour les gens qui n'ont pas le droit de rentrer en boîte de nuit,
02:20qui n'étaient pas assez de bonne famille
02:22pour aller dans les rallies, en quelque sorte.
02:24Et tout de suite, on rencontre un grand succès.
02:26Donc, moi, je me retrouvais à l'époque
02:27à gagner 5 000, 6 000, 7 000 francs par semaine
02:31en organisant ces soirées.
02:33Et en me développant, en fait, un réseau
02:35qui, aujourd'hui, est un réseau
02:36qui sont devenus mes amis de toujours, en fait.
02:40Et c'est les jeunes de la jeunesse dorée parisienne.
02:43Voilà. En quelque sorte.
02:45Donc, j'organise ces soirées.
02:47Je monte après une agence événementielle
02:50qui organise des mariages,
02:51qui organise des événements.
02:52Et en 2008, deuxième moment de ma vie
02:54où je n'ai pas envie, je ne veux plus subir à nouveau,
02:59il y a, à la faveur de la loi TEPA,
03:03encore une fois, de Nicolas Sarkozy,
03:04qui est une loi qui prémet aux gens
03:07de placer leur ISF et d'investir dans les entreprises.
03:10Moi, je vais voir un fonds ISF
03:12et je lui raconte toute une histoire
03:14largement exagérée.
03:16Et je lève de l'argent auprès de ce fonds-là.
03:18Et avec cet argent, j'achète
03:19ma première salle des fêtes,
03:21mon premier lieu, en 2008,
03:22qui s'appelle Le Globo.
03:24S'en suit après, l'année d'après,
03:26le rachat du Bus Palladium,
03:27l'année d'après, le Rasputin,
03:29et ainsi de suite, jusqu'en 2012,
03:31où j'ai l'opportunité de racheter
03:33un club très connu,
03:34et qui est aujourd'hui encore
03:35un des plus grands clubs de France,
03:37qui s'appelle l'Arc.
03:38Tout ça, c'est effectivement
03:40une géographie des soirées padrisiennes,
03:43où on célèbre parfois, d'ailleurs,
03:45des victoires à l'Arc.
03:46Je crois qu'ils étaient sortis du loft,
03:50ils étaient allés à l'Arc.
03:51Oui, ça a eu longtemps,
03:51le PSG, surtout,
03:52on a fait beaucoup d'événements.
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