00:00Le régime iranien qui prépare, ou qui met en garde sa population,
00:05tandis que Donald Trump, lui, semble s'impatienter de plus en plus en ce 78e jour de guerre.
00:12Il a parlé, Donald Trump, il a parlé à BFM TV.
00:15On va partir vous retrouver à Washington, Antoine Lard.
00:19C'est vous qui avez pu échanger aujourd'hui avec le président américain au sujet de la guerre en Iran.
00:24Racontez-nous ce que vous a confié Donald Trump et comment l'avez-vous trouvé.
00:27Est-ce que c'est un président à bout de patience que vous avez eu au téléphone ?
00:35Oui, effectivement, Donald Trump semble à bout de patience alors que les négociations sont dans la passe,
00:40alors que les Iraniens refusent de faire le moindre compromis sur le nucléaire.
00:44Donald Trump ne semble plus vraiment croire à une sortie de crise par la voie diplomatique.
00:49Je lui ai en tout cas posé la question de savoir s'il pensait qu'un accord était toujours possible
00:53avec les Iraniens.
00:54Trump répond qu'il ne le sait pas et il se fait, en tout cas pendant ce coup de fil,
00:59extrêmement menaçant à l'égard des Iraniens.
01:02Je vous propose d'écouter cet échange que j'ai enregistré au téléphone ce matin avec le président américain.
01:09Bonjour, bonjour, M. le Président.
01:12Je suis un correspondant avec la télévision française, BFM TV.
01:15Je me suis demandé, si je peux vous demander, M. le Président,
01:18combien est-ce que vous êtes optimiste que l'Iran va faire un accord ?
01:24Je n'ai aucune idée si ils sont ou non.
01:26Si ils ne le sont, ils vont avoir un temps très difficile.
01:29Ils vont avoir un temps très difficile.
01:31Ils le sont mieux.
01:33Ils le sont mieux.
01:34Merci beaucoup.
01:35Je dois aller.
01:35Merci.
01:37Voilà, un échange très court, mais qui en dit long quand même sur l'état d'esprit du président américain
01:41et qui vient confirmer les informations qui sont parues dans la presse américaine,
01:46informations selon lesquelles Donald Trump envisage de plus en plus sérieusement l'option militaire,
01:52même si à ce stade, il n'a pas encore pris de décision définitive sur le fait de relancer ou
01:58non les hostilités.
01:59En tout cas, s'ils décident d'y aller, tout est prêt.
02:01On a déjà un nom pour cette nouvelle opération.
02:03Ce sera l'opération Massu.
02:05Et les plans d'attaque également ont été présentés à Donald Trump avec plusieurs options.
02:09D'abord, des frappes massives sur les infrastructures civiles, les ponts, les centrales électriques,
02:15les dépôts de carburant de l'île de Cargue, avec l'idée là de porter un coup fatal au régime
02:20pour forcer les Iraniens finalement à faire des compromis sur le nucléaire.
02:23La deuxième option, ce serait d'aller débloquer par la force le détroit d'Hormuz.
02:28Une opération liberté mais plus musclée que celle qui a déjà été menée,
02:32avec notamment des bombardements sur la côte à côté du détroit d'Hormuz
02:34pour éliminer les missiles qui menacent la circulation sur le détroit d'Hormuz.
02:40Et puis la dernière option, peut-être la moins favorable pour Donald Trump,
02:43ce serait de déployer des hommes au sol pour aller récupérer l'uranium enrichi.
02:47Option très risquée, très dangereuse, pas sûr que Donald Trump soit allé jusque-là.
02:52Le mot, Antoine, sur les coulisses de cet entretien, comment avez-vous pu,
02:57je vais arriver à vous procurer le numéro de Donald Trump,
02:59est-ce que c'est le même depuis des années par exemple ?
03:05Oui, en fait Donald Trump, lorsqu'il a quitté la Maison Blanche après sa défaite aux élections,
03:09c'était en 2020, il est allé s'installer en Floride.
03:12À ce moment-là, il a pris un nouveau numéro de téléphone
03:14et il a pris l'habitude d'échanger directement avec cet journaliste
03:18alors qu'il était vraiment au creux de la vague.
03:20Cette habitude a perduré.
03:22Il a conservé son numéro de téléphone lorsqu'il est revenu à la Maison Blanche en 2024,
03:27lorsqu'il a gagné les élections.
03:28Et lorsque la guerre a éclaté, on s'est rendu compte qu'il avait énormément d'échanges
03:32comme ça au téléphone avec des journalistes de très nombreux médias,
03:36plusieurs coups de fil par jour.
03:37Donc j'ai réalisé à ce moment-là en fait que le numéro de Donald Trump,
03:40il circulait assez largement en tout cas parmi les journalistes américains,
03:44en particulier ici à la Maison Blanche.
03:45J'ai donc réussi à mettre la main sur ce numéro.
03:48On m'a expliqué à l'époque qu'il y avait des moments plus adaptés
03:50pour appeler Donald Trump, notamment après ses parties de golf,
03:53le week-end, il est particulièrement détendu
03:55et donc plus à même de vous répondre, il est plus affable.
03:58Alors moi finalement, je l'ai réussi à l'avoir ce matin,
04:00avant qu'il parte jouer au golf.
04:02Donald Trump ne m'a pas parlé très longtemps parce qu'il ne me connaît pas.
04:06Lorsqu'il connaît les journalistes, il a des échanges un peu plus longs.
04:08Mais tout de même, il m'a répondu et il a fait cette réponse
04:10que vous avez entendue qui est intéressante sur son état d'esprit à l'heure actuelle.
04:14Ce qui est intéressant, c'est que Donald Trump,
04:15alors qu'il est en pleine crise avec l'Iran,
04:17il doit trouver une solution, il est très occupé.
04:18Il prend quand même le temps de répondre à un numéro qu'il ne connaît pas.
04:22Il prend le temps de répondre à une question d'un journaliste
04:24qu'il ne connaît pas non plus.
04:25Ça en dit long sur sa façon de communiquer,
04:27ça en dit long aussi sur sa personnalité.
04:29Trump, vous savez, adore être au centre du jeu médiatique
04:31et quand un journaliste l'appelle, il ne peut pas s'en empêcher,
04:34il lui répond.
04:36Merci beaucoup Antoine Hollard.
04:37Moi, je ne réponds pas au numéro que je ne connais pas.
04:39Moi non plus.
04:39Justement, le président Trump, si.
04:41En tout cas, un échange qui en dit long sur son état d'esprit.
04:44Qu'en est-il de l'état d'esprit des Européens ?
04:46On va s'y intéresser maintenant face à un blocage du détroit d'Hormuz
04:50qui dure depuis plus de deux mois
04:52et dont les conséquences économiques sont mondiales.
04:54Et si l'Europe était en train de négocier discrètement avec l'Iran
04:59pour faire passer ses navires,
05:01si l'on en croit en tout cas les propos rapportés
05:03par ce journaliste de la télévision iranienne,
05:06les discussions ont bien démarré.
05:08Écoutez.
05:10Après le passage de navires en provenance de pays d'Asie de l'Est,
05:13notamment de Chine, du Japon et du Pakistan,
05:15nous avons reçu aujourd'hui des informations
05:17selon lesquelles des Européens ont entamé des négociations
05:20avec la Marine des gardiens de la Révolution.
05:23Patrick Mimars, déjà au début de la guerre,
05:25le Financial Times nous a révélé que la France et l'Italie
05:27ont entamé des discussions avec l'Iran
05:28pour faire passer des bateaux dans le détroit
05:30en dépit des consignes américaines.
05:32On sait aussi qu'Emmanuel Macron s'est entretenu plusieurs fois
05:34directement avec le président Pézé Chiant.
05:35Est-ce qu'un deal Iran-Europe aujourd'hui serait envisageable ?
05:37Alors on n'a que le son de cloche pour l'instant,
05:39effectivement, côté iranien,
05:41mais on attend aussi les réactions.
05:43Est-ce que ça serait possible ?
05:44Alors la traduction exacte de ce que dit notre confrère,
05:48si je puis dire, c'est des pays européens.
05:50Ce n'est pas les pays européens, encore moins l'Union européenne.
05:52Donc ça va se passer comme ça se passe
05:54depuis le début de ce nouveau péage.
05:56C'est-à-dire que l'Iran décide,
05:58certains proposent et l'Iran dispose.
06:00Et il y a des pays européens, voire des compagnies européennes
06:03qui demandent peut-être une par une.
06:05Bon voilà, qu'est-ce qu'on peut faire ?
06:07Combien je peux vous payer ?
06:09Est-ce que vous...
06:09Est-ce que ça automatiquement financier un deal ?
06:12Pour les Européens, je crois que oui.
06:14Pour les Chinois, j'ai eu l'impression que non.
06:17Les Japonais, on est passé aussi par d'autres courants diplomatiques.
06:21La Malaisie a bien expliqué en grand
06:23qu'à la manière d'une rançon,
06:25non, ils ne payaient pas pour faire passer.
06:27Mais on ne sait pas ce qui s'est passé déjà
06:29pour les premiers navires européens.
06:31Et ça va se passer, je pense,
06:33vraiment au bout du téléphone.
06:36Et c'est ce qui montre encore
06:38l'impossibilité de rester dans cette situation.
06:40C'est-à-dire qu'on est en contravention totale
06:42du droit international
06:43et de la liberté de circulation dans ce détroit.
06:47Les Iraniens viennent d'annoncer
06:48en essayant de se couvrir du droit international
06:51en disant, ben voilà,
06:52on va vous proposer une nouvelle architecture.
06:54Il faudra sans doute payer pour les services.
06:57Vous comprenez, ça va nous prendre de l'argent,
06:59nous aussi des moyens.
07:00Donc, il faudra non pas payer
07:02une espèce de pizzo,
07:04comme on le dit pour la mafia,
07:06mais bien payer les services pour le passage.
07:09Ça va se passer comme ça
07:10pendant quelques semaines
07:12ou pendant quelques jours
07:14si jamais il y a une rupture
07:15et donc cette fameuse opération liberté plus, plus.
07:19On sait que Donald Trump est très critique
07:21sur l'attitude notamment de certains pays européens.
07:23La France en prend pas mal chaque jour.
07:27Sur l'attitude des Européens
07:28dans cette guerre,
07:29est-ce que si certains pays d'Europe,
07:31certains pays décidaient de dealer avec l'Iran,
07:34les États-Unis pourraient laisser faire ?
07:37Ça dépend de la nature du deal
07:39et ça dépend quel pays.
07:41Évidemment, ça risque d'irriter fortement
07:44le président américain.
07:45On parle d'alliés historiques.
07:46Oui, oui, bien sûr.
07:47Il n'y a plus d'alliés.
07:49En général, la France est le plus ancien
07:51et le meilleur allié des États-Unis.
07:53C'est ce que nous disent les Américains en permanence.
07:55Oui, mais c'est fini tout ça.
07:57Disons ça, ça évolue un peu.
07:58Ce serait, je pense,
07:59ce serait d'ailleurs une mauvaise chose
08:01que des pays européens
08:02dealent les uns avec les autres,
08:04y compris s'ils payaient un pizzo.
08:07Vous savez, la mafia offre des services aussi.
08:09C'est la protection.
08:10Ça évite bien des dommages.
08:12Ce serait évidemment extrêmement dommageable
08:15et ce serait, pour le coup,
08:17un échec de plus dans le domaine diplomatique
08:21pour l'Union européenne elle-même,
08:22qui est bien silencieuse, je trouve,
08:25depuis la fin du mois de février,
08:27s'agissant de ce conflit.
08:28Alors qu'elle a l'habitude souvent de se mêler,
08:31y compris de choses qui ne la regardent pas
08:33et qui ne sont pas dans les traités.
08:35Alors que là, ça la regarde.
08:37Exactement.
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