00:00Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, est parfaitement dans son rôle et dans sa fonction.
00:04Imaginez un ministre de l'Intérieur qui dit à ses troupes « c'est bon, on a fini, on a
00:08perdu la guerre »,
00:08il ne peut pas le dire.
00:09Donc la seule chose qu'il peut dire, la seule chose que peut dire un ministre de l'Intérieur à
00:13ses troupes,
00:13c'est « on continue, on a peut-être perdu une bataille, mais il y a encore des possibilités pour
00:20marquer des points ».
00:21Et en fait, non seulement il est dans son rôle, mais il ne faut pas négliger le travail que fait
00:27la police, pardonnez-moi.
00:28Moi, je n'aime pas quand on piétine comme ça le travail des forces de l'ordre, c'est-à
00:33-dire qu'en gros, pour moi…
00:35Si, regardez ce qu'il s'est passé à Nice.
00:38Ce n'est pas ce que je dis, je ne vous dis pas, j'ai beaucoup de respect.
00:40Vous, non, mais certaines personnes ont tendance à aller là-dessus.
00:43Regardez l'affaire de Nice, deux morts par incendie, à cause non pas d'un incendie criminel, mais d'un
00:50mitrillage, deux morts.
00:51Trois jours plus tard, la police judiciaire a, je ne dis pas qu'elle allait coupable, mais quatre suspects.
00:56C'est quand même un point marqué, c'est-à-dire que le meilleur signe qu'on peut donner à
01:01ces individus qui mitraillent comme ça à tort et à travers,
01:04qui aient des poussettes qui n'en ont pas, qui aient des enfants qui n'en ont pas, qui aient
01:07leurs petits frères sur le terrain qui n'en ont pas,
01:08qui sont complètement inconscients, le meilleur message que l'État peut leur donner, c'est de les interpeller et de
01:12les mettre en prison.
01:14Là, on ne sait pas, je ne parle pas de personnes présumées innocentes, puisqu'elles ne sont pas encore condamnées.
01:20Ce qu'il va falloir voir de plus près, ce qui a été dit tout à l'heure par un
01:24de vos intervenants, c'est que la suite, il faut un suivi.
01:27C'est-à-dire qu'après, il faut que ces personnes soient réellement condamnées, il faut que la justice frappe
01:33fort.
01:34Et surtout, ensuite, il y a un autre problème en France, c'est la prison.
01:37Parce que la prison, aujourd'hui, est devenue l'antichambre du trafic de stupéfiants.
01:40Et donc, si vous les envoyez en prison et que là, ils sont recrutés par un baron qui est là
01:45dans sa cellule
01:45et qui gère à travers les réseaux sociaux la suite des événements,
01:49c'est un peu, finalement, ce sera un peu d'un coup d'épée dans l'eau.
01:52Et là, je ne le dis pas à tort et à travers, je pense notamment au fait que la principale
01:56organisation criminelle de narcotrafic en France,
01:59aujourd'hui, la DZ Mafia, c'est trois ou quatre, on va dire, patrons,
02:04travaillent, travaillent au corps de leurs troupes depuis leurs cellules.
02:07Donc là, c'est un peu la zone O.A. qu'il va falloir investiguer
02:11et sur laquelle il va falloir travailler si on veut que ce travail fait par les policiers sur le terrain
02:16soit réellement suivi des faits.
02:17Merci beaucoup Frédéric. Et je rappelle votre livre qui sort bientôt, le 20 mai,
02:21c'est quasiment dans cinq jours.
02:23Pour moi, ce que ça met en scène, c'est-à-dire les affaires criminelles, les sexuelles et les viols,
02:28c'est aussi dramatique en termes de criminalité. C'est pour ça que je me suis consacré à ça.
02:36Sous-titrage Société Radio-Canada
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