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  • il y a 12 minutes
Il est là. L'hantavirus des Andes, ce pathogène endémique d'Amérique latine, a infecté une passagère française rapatriée du navire de croisière MV Hondius et placée en réanimation à l'hôpital Bichat. Vingt-deux cas contacts sont désormais en quarantaine renforcée en milieu hospitalier. L'OMS recense dix cas au total, dont trois décès.
Mais que sait-on vraiment de ce virus ? Notre journaliste Nicolas Berrod, spécialiste santé, passe en revue les grandes questions qu'il soulève. Comment se transmet-il ? Quels sont les symptômes — ce syndrome pseudogrippal pouvant basculer en quelques jours vers une détresse respiratoire et cardiaque sévère nécessitant intubation, voire oxygénation extracorporelle ? Quel est son taux de mortalité, estimé autour de 40 % pour la souche andine ? Existe-t-il un vaccin ou un traitement ?
Nicolas Berrod replace aussi l'épidémie dans son contexte : le virus identifié à bord du Hondius est génétiquement très proche des souches connues depuis 1997. Il répond à la question que tout le monde se pose : risque-t-on vraiment de le croiser dans la rue ?

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Transcription
00:00Les 22 cas contacts français du virus antivirus ont tous été hospitalisés.
00:06Qu'est-ce que l'antivirus ? Comment il se transmet ?
00:08Est-ce qu'une nouvelle épidémie est possible ou pas du tout ?
00:12On fait le point aujourd'hui sur toutes ces questions dans Code Source,
00:15le talk, le podcast vidéo et audio du Parisien.
00:18On fait le point dans Code Source avec Nicolas Béraud.
00:22Bonjour Nicolas. Bonjour Jules.
00:24Tu es spécialiste santé au Parisien,
00:26alors on va bien reprendre les choses dans l'ordre avec toi aujourd'hui dans ce podcast.
00:30Au départ, il y a une croisière, un navire exploité par une société suédoise,
00:35le MV Hondus, navire d'une centaine de mètres de long,
00:38avec à son bord environ 150 personnes,
00:42près de 90 passagers, parmi eux 5 français, 61 membres d'équipage.
00:46Le navire part le 1er avril d'Ushuaia, dans l'extrême sud de l'Argentine,
00:52direction le Cap Vert et plusieurs personnes vont tomber malades à bord.
00:56Oui, on a un premier passager, c'est un homme néerlandais de 70 ans qui tombe malade le 6 avril,
01:02donc 5 jours après le départ du bateau.
01:04Et ce patient, il tombe malade, il va avoir des symptômes graves et il finit par décéder le 11 avril.
01:09À ce moment-là, à bord du bateau, il ne soupçonne pas du tout un antivirus.
01:13Il se dit que c'est peut-être un autre virus respiratoire,
01:16la grippe par exemple qui circule dans l'hémisphère sud ou d'autres choses.
01:19Donc en tout cas, on a ce premier décès.
01:21Son corps va être débarqué deux semaines plus tard à l'île de Sainte-Hélène.
01:25Il y a 32 passagers qui débarquent au même moment, dont l'épouse de ce premier patient.
01:30Elle-même devient symptomatique.
01:32Du coup, elle est évacuée en urgence en Afrique du Sud, à Johannesburg, par avion pour être soignée.
01:37Elle arrive à Johannesburg, elle tente de prendre un autre vol pour partir aux Pays-Bas.
01:42Son état est tellement en mauvaise santé que la compagnie lui demande de quitter l'avion
01:47et elle décède le lendemain, donc là on est le 26 avril, à Johannesburg.
01:51Si on revient sur le bateau, il y a un autre patient qui va développer des symptômes,
01:55qui va être évacué, transféré par avion à Johannesburg,
01:59et qui est toujours hospitalisé en soins intensifs à Johannesburg.
02:02On aura ensuite une troisième personne qui va décéder à bord du bateau,
02:06une personne allemande cette fois, là on est le 2 mai.
02:08Et puis on a par la suite, notamment trois membres d'équipage,
02:11trois personnes à bord qui vont développer des symptômes.
02:14Et entre temps, on aura appris qu'au moins un de ces malades a eu l'antavirus des Andes,
02:19qui est un type d'antavirus, parce qu'on a eu un premier cas positif.
02:22Donc un cluster s'est formé à bord de ce navire.
02:24Un cluster, c'est donc un foyer de contamination,
02:27un mot qu'on connaît bien depuis l'épidémie de Covid.
02:30On va revenir en détail sur l'antavirus.
02:32D'abord, tous les passagers qui restaient à bord du Hondius,
02:36donc de ce navire, ont été débarqués en Espagne,
02:38dans le port de Granadilla, à Ténérife, au Canary,
02:41le dimanche 10 mai, avec vraiment beaucoup de précautions.
02:45Oui, parce que ce bateau, il est arrivé au Cap Vert.
02:47Au Cap Vert, ils n'ont pas voulu laisser les passagers débarquer
02:49parce qu'ils voulaient protéger leur population.
02:51C'était un peu la croisière maudite.
02:53Donc finalement, le port le plus proche
02:55et qui puisse permettre de faire accoster autant de personnes
02:59dans des conditions sanitaires, on va dire bonnes,
03:02c'était au Canary, donc à trois jours de bateau.
03:04Donc c'est pour ça que le bateau, il a dû remonter vers les Canaries.
03:06Il arrive dans ce port espagnol le week-end du 10 mai
03:10et à ce moment-là, il y a un protocole sanitaire extrêmement strict
03:13qui est mis en place pour que tous les passagers du bateau,
03:16sachant qu'à ce moment-là, aucun n'a de symptômes,
03:18mais on n'est pas à l'abri qu'ils aient été infectés
03:20et qu'ils ne soient pas encore malades.
03:22Donc tous ces passagers, pour éviter que potentiellement
03:25ils contaminent d'autres personnes,
03:27ils vont être apatriés dans leur pays par avion.
03:30Alors souvent, c'est des avions qui sont affrétés
03:32par les gouvernements respectifs et dans une espèce de bulle sanitaire
03:36avec des masques, avec des combinaisons,
03:38à la fois pour eux et pour ceux qui les accompagnent.
03:40Donc c'est vraiment un débarquement qui a été très minutieusement organisé
03:45pour vraiment réduire au maximum les risques
03:48d'une éventuelle contamination au-delà de ce bateau.
03:50Donc on l'a bien compris, à ce moment-là, ils ne sont qu'à contact.
03:53Quand ils sont descendus du bateau, ça s'est fait en plusieurs fois.
03:55C'est ça ? Tu peux nous décrire un peu comment ça s'est passé ?
03:56Oui, parce que ça se fait par petits groupes.
03:58En fait, le bateau, il n'a pas accosté au Canary.
04:01Il est resté un petit peu au large
04:02et les passagers sont arrivés sur la terre ferme
04:05en passant par des zodiaques ou des petites vedettes
04:07par groupes de cinq ou dix.
04:09Donc on a eu d'abord les cas contacts,
04:11donc les passagers du bateau espagnol,
04:13ensuite les Français en deuxième
04:14et puis ensuite les différentes nationalités,
04:16sachant qu'il y avait 23 nationalités à bord quand même.
04:19Et une fois que ces personnes étaient arrivées à terre,
04:21elles prenaient des cars pour être transportées à l'aéroport
04:23et de là, il y avait les avions qui les ramenaient chez elles.
04:25Alors on va revenir sur le sort des Français
04:27qui ont été débarqués tout à l'heure.
04:30Mais alors d'abord, c'est quoi l'antavirus, ce type de virus ?
04:33Alors il n'y a pas un antavirus,
04:35mais plusieurs dizaines d'antavirus.
04:37Donc c'est une famille de virus, les antavirus.
04:40Il y en a certains qu'on appelle ceux de l'ancien monde
04:43qui circule notamment en Europe, dont en France.
04:45Il y a une centaine de cas chaque année
04:47de certains types d'antavirus qu'on a en France
04:49avec une mortalité autour de 5 à 10%.
04:51Et puis il y a d'autres antavirus
04:53qui sont qualifiés d'antavirus du Nouveau Monde
04:57et qui, eux, circulent notamment en Amérique latine.
04:59Et parmi ces antavirus du Nouveau Monde,
05:01il y a notamment cet antavirus des Andes
05:03ou antavirus Andes, comme on dit.
05:05Et c'est lui qui est à l'origine du cluster sur le bateau.
05:08Cette souche de virus antavirus,
05:09l'antavirus des Andes, est-ce qu'on connaît sa mortalité ?
05:12On sait sur la base de clusters qu'il y a déjà eu en Amérique latine
05:16avec cet antavirus qu'on connaît depuis une trentaine d'années,
05:19que la mortalité, selon les cas, a pu être estimée entre 30 à 50%.
05:24Ce n'est qu'une fourchette, mais en tout cas,
05:26on sait que dans ces pays-là, c'est un virus qui est très souvent mortel
05:29quand des cas positifs sont identifiés.
05:32Est-ce qu'on sait pourquoi on a des fourchettes 30-50% ?
05:35Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas dire précisément
05:36le taux de mortalité de cette souche ?
05:37On a des fourchettes parce qu'en fait, d'un cluster à l'autre,
05:39donc d'un groupe de cas positifs à un autre,
05:42le nombre de morts n'a pas forcément été le même.
05:44Ça dépend de plein de choses.
05:45Ça dépend du profil des malades,
05:46ça dépend des conditions d'hospitalisation et de réanimation sur place,
05:50ça dépend de beaucoup de paramètres.
05:52Donc, on n'a que des fourchettes
05:53parce que ce n'est pas non plus un virus qui circule énormément
05:55et qui provoque des milliers de cas par année.
05:57Donc, on résonne en termes de fourchettes,
05:59mais ne serait-ce que cette fourchette
06:01montre quand même que c'est un virus qui a un taux de létalité important.
06:05Alors justement, qu'est-ce que ça provoque sur l'organisme
06:07quand on a cette souche d'antavirus ?
06:09Donc, ça dépend du type d'antavirus.
06:11Donc, comme je l'ai dit, il y a ceux de l'ancien monde,
06:14notamment en Europe, qui provoquent,
06:15au début, ça commence par des syndromes grippaux,
06:19de la fièvre, parfois des vomissements, etc.
06:21Et les formes graves sont notamment rénales,
06:23ça peut provoquer des fièvres hémorragiques
06:25avec des troubles rénaux très importants
06:27qui conduisent à la mort.
06:28Les antavirus du Nouveau Monde,
06:30donc ceux qui circulent en Amérique latine,
06:32dont l'antavirus des Andes,
06:34eux, les formes graves,
06:35ce sont plutôt des formes cardiopulmonaires,
06:37donc les personnes décèdent concrètement d'un oedème pulmonaire.
06:40C'est-à-dire, oedème pulmonaire ?
06:41C'est-à-dire qu'il y a un choc très important au niveau du poumon,
06:44les poumons ne peuvent plus fonctionner,
06:46et donc évidemment, le corps humain ne peut plus marcher,
06:48et les personnes décèdent de ça.
06:50Comment se transmet l'antavirus ?
06:52Et donc, plus précisément,
06:53comment se transmet cette souche d'antavirus,
06:55l'antavirus des Andes ?
06:56Alors, à la base, de façon générale,
06:57les antavirus se propagent par un animal,
07:01un rat, sachant que ce n'est pas forcément toujours le même rongeur,
07:04mais en général, c'est un certain type de rat
07:06qui peut transmettre le virus à des humains.
07:08L'antavirus des Andes, il est très particulier
07:10pour une grande raison par rapport à tous les autres antavirus,
07:13c'est qu'il est le seul, en tout cas connu,
07:15pour pouvoir se transmettre entre humains.
07:18Comment est-ce qu'il se transmet entre humains ?
07:19On n'a pas encore toutes les études et toutes les données
07:22qu'il faudrait pour y répondre de façon très précise,
07:24mais ce qu'on peut dire sur la base des clusters
07:28qu'il y a eu par le passé,
07:29c'est que c'est un virus qui peut se transmettre
07:31par contact rapproché.
07:33Alors après, tout dépend de ce qu'on appelle contact rapproché,
07:35parce que les études ont montré
07:37qu'une personne qui était à deux mètres d'une autre,
07:39qui était assise à deux mètres d'une autre table,
07:40pas forcément à la même table,
07:42pouvait contaminer une personne.
07:44En revanche, il semblerait quand même
07:46que ce virus ne puisse pas se transmettre
07:47aussi facilement que celui du Covid
07:50par l'air, tout simplement.
07:51Mais en respirant dans la même pièce ?
07:53En respirant dans la même pièce,
07:54à par exemple une dizaine de mètres d'écart,
07:56là il semblerait que ce type de transmission aéroportée
07:58soit moins évidente qu'avec le Covid,
08:00mais j'emploie bien l'expression
08:02« il semblerait que »,
08:03parce qu'on va peut-être découvrir des choses
08:05qu'on ne connaissait pas encore sur cet antivirus,
08:08peut-être aussi qu'il a muté,
08:09donc il faut rester très prudent,
08:10mais on peut quand même,
08:12enfin il y a de bonnes raisons de penser
08:14qu'il se transmet moins facilement
08:16que le virus du Covid.
08:17En tout cas, ce que je comprends en t'écoutant,
08:19c'est qu'il y a déjà eu des cas
08:22dans ta virus,
08:23des clusters, des foyers,
08:25mais pas d'épidémie, c'est ça ?
08:26Alors, tout dépend de ce qu'on appelle l'épidémie,
08:28parce qu'un cluster,
08:29on peut considérer que c'est une épidémie localisée.
08:31Petite épidémie.
08:32Oui, donc on peut dire
08:33que c'est une épidémie localisée.
08:35Quand vous avez 34 malades,
08:37où ça part d'un anniversaire,
08:38où une personne contamine,
08:395 autres personnes,
08:41que l'une de ces 5
08:41en contamine ensuite 8 ou 9,
08:44un autre événement,
08:44que l'une de ces 8 ou 9
08:46en contamine une troisième.
08:47Comme ça, il y a plusieurs chaînes de transmission.
08:49Dans un même village
08:50ou dans une même province argentine,
08:53on peut considérer
08:53que c'est une épidémie localisée.
08:55En revanche,
08:55il n'y a pas eu d'épidémie massive
08:57et encore moins de pandémie
08:58au niveau mondial.
08:59Clairement pas.
09:00Les experts,
09:00les épidémiologistes que tu interroges,
09:03qu'est-ce qu'ils te disent
09:03sur l'éventualité
09:05d'une nouvelle grande épidémie
09:06avec cette souche de virus ?
09:08Est-ce que c'est possible pour eux
09:10ou est-ce que c'est exclu ?
09:11Alors, le risque zéro n'existe pas
09:13en science avec les virus
09:14qui nous surprennent.
09:15Donc, personne ne va vous dire
09:17que le risque est nul.
09:18En revanche,
09:18ce que disent les scientifiques,
09:20ce que dit l'Organisation mondiale
09:21de la santé,
09:22ce que disent les grandes agences sanitaires,
09:24c'est que,
09:25à ce jour,
09:26le risque pour la population générale
09:28est très faible,
09:29extrêmement faible
09:30et donc le risque de pandémie
09:31est très faible.
09:32Ce qui leur permet de penser ça,
09:34ce sont les caractéristiques du virus,
09:36notamment le fait
09:37qu'il se transmet moins facilement
09:38que le SARS-CoV-2
09:39et que les clusters passés
09:41nous ont montré
09:41qu'en imposant des mesures
09:42d'isolement très fermes,
09:44on pouvait stopper une épidémie.
09:46Donc, c'est tout ce qui se joue maintenant
09:47pour éviter que ça se propage davantage
09:49au-delà de ce bateau de croisière
09:52et donc à d'autres poches de population.
09:54La grosse différence avec le Covid,
09:56c'est que le virus dont on parle,
09:57il est connu depuis des décennies.
09:59Qu'est-ce que ça change,
10:00le fait qu'on le connaisse ?
10:01Ça change qu'on ne part pas de zéro
10:03en termes de connaissances.
10:03Quand le SARS-CoV-2 est arrivé,
10:05déjà, il a fallu le décrire,
10:08identifier son génome complet
10:09pour mettre en place des tests,
10:10pour commencer à faire des études
10:11sur comment il se transmet, etc.
10:13On partait de totalement zéro.
10:14C'était un virus véritablement émergent.
10:17Cet antivirus des Andes,
10:18on le connaît depuis une trentaine d'années,
10:20il a provoqué plusieurs clusters,
10:22il provoque chaque année
10:23des dizaines de cas
10:24en Argentine, en Amérique latine.
10:26Ce qu'il y a de vrai,
10:26c'est qu'il est inconnu en Europe.
10:28En Europe, on a d'autres antivirus,
10:29mais ce n'est pas un virus
10:30totalement inconnu.
10:31Et donc, il y a déjà des scientifiques,
10:33notamment argentins, mais pas que,
10:34qui ont travaillé dessus.
10:35Donc, on a des connaissances dessus,
10:37des connaissances qui peuvent évoluer,
10:38parce qu'on va sans doute
10:39apprendre de nouvelles choses
10:40sur ce virus.
10:41Donc, c'est un peu un mal pour un bien,
10:43paradoxalement,
10:44au plan purement scientifique.
10:46Mais, en tout cas,
10:46on ne part pas de zéro
10:47en termes de connaissances.
10:48Et il peut muter ?
10:49Il peut muter,
10:50comme tous les virus.
10:51D'ailleurs, c'était l'une des grandes questions
10:52quand on a eu les cas
10:53avant de la croisière.
10:54C'était, une fois qu'on a confirmé
10:56qu'ils avaient été touchés
10:57par un antivirus des Andes,
10:58est-ce que c'est la même souche
11:00d'antavirus des Andes
11:01que celle qu'on a habituellement
11:02en Argentine ?
11:04C'est ça, on a la réponse déjà ?
11:05On a des éléments importants
11:07de réponse,
11:07parce que les analyses génomiques,
11:09comme on dit,
11:09qui ont été faites pour séquencer
11:11les virus qui ont été détectés
11:13chez des patients décédés
11:14ou hospitalisés,
11:15montrent qu'il y a des similitudes
11:16extrêmement proches
11:17avec une souche
11:18qu'on connaît déjà en Argentine.
11:20D'accord.
11:20On n'a pas encore
11:21les résultats totalement complets,
11:22on ne peut pas l'affirmer à 100%,
11:23mais aujourd'hui,
11:23il y a toutes les raisons de penser
11:25que pour l'instant,
11:26ce virus n'a pas muté.
11:27Il va peut-être muter plus tard,
11:28mais pour l'instant,
11:29en notaire actuel,
11:31on peut partir du principe
11:32qu'il n'a pas muté,
11:33et c'est une très bonne chose
11:34parce qu'un virus qui mute,
11:35il n'y a pas d'automaticité,
11:37mais il peut devenir
11:37plus transmissible,
11:39il peut devenir plus sévère,
11:40il peut devenir un mélange des deux,
11:41ce n'est pas automatique,
11:42mais il peut.
11:43Et donc, s'il mute,
11:44c'est très important
11:44de le savoir très vite,
11:46c'est un peu comme
11:46les variants du Covid,
11:47on a eu des variants plus sévères,
11:49des variants plus transmissibles,
11:49et on a bien vu
11:50qu'à chaque fois,
11:51ça a changé un peu la donne.
11:51Et aujourd'hui,
11:52il n'y a pas de vaccin
11:52pour ce virus ?
11:53Il y a un vaccin
11:54contre un autre antivirus,
11:55mais qui ne semble pas efficace
11:56contre cet antivirus des Andes,
11:58il n'y a pas de vaccin
11:59contre l'antavirus des Andes aujourd'hui.
12:00Nicolas,
12:01les cinq Français
12:02qui ont été débarqués
12:03du navire le dimanche 10 mai
12:04ont tous été admis
12:06à l'hôpital Bichat à Paris,
12:07on sait dans quelles conditions ?
12:09Oui,
12:09parce que ces passagers français
12:10sont considérés
12:11comme des cas contacts à haut risque.
12:13Pourquoi ?
12:13Parce qu'ils ont fréquenté
12:14à bord de la croisière
12:15des patients qui étaient malades
12:16et vraiment malades
12:17confirmés de l'antavirus.
12:18On ne sait pas très bien
12:19à bord de la croisière,
12:20est-ce que les règles
12:21de sécurité sanitaire
12:22ont été respectées ?
12:22Est-ce que les gens
12:23portaient bien des masques ?
12:24Est-ce qu'ils ont vraiment
12:24tout fait pour s'isoler au maximum ?
12:27On a un peu des doutes là-dessus
12:28parce qu'on ne sait pas trop
12:28comment ça se passait à bord.
12:30Donc par précaution,
12:31cas contacts à haut risque
12:32et donc ces patients,
12:33on les a hospitalisés.
12:34Une fois qu'ils sont rentrés
12:35dans cette bulle sanitaire,
12:36ils sont aussitôt allés à l'hôpital
12:37et on a d'ailleurs appris
12:38que l'une des cinq
12:39avait un test positif
12:41donc elle était elle-même malade.
12:42Cette femme qui est donc
12:43la seule française positive
12:44à l'antavirus des Andes
12:46aujourd'hui,
12:47elle est dans un état très grave ?
12:48Oui, déjà un petit peu
12:50pour son profil,
12:50elle a plus de 65 ans,
12:52elle présente des comorbidités
12:53et elle est effectivement
12:54dans un état très grave
12:55qui s'est dégradée
12:56très rapidement
12:57parce qu'elle a été hospitalisée
12:58une fois qu'elle avait
12:59des premiers symptômes
13:00le dimanche soir
13:01et le lundi matin,
13:02on avait appris que
13:03d'une part c'était bien
13:04l'antavirus des Andes
13:05et qu'elle était en réanimation,
13:07qu'elle avait besoin
13:08d'être prise en charge
13:09de façon très soutenue,
13:10elle est sous poumon artificiel
13:12quelque part
13:12pour l'aider à tenir le coup
13:14et clairement,
13:15son pronostic vital,
13:16les médecins de notre vie
13:17est très clairement engagé.
13:18Le dispositif mis en place
13:20par le gouvernement
13:20face à cet événement,
13:22face au retour en France
13:24des Français
13:25cas contact de ce virus,
13:26il a été renforcé
13:27en plusieurs fois par étape ?
13:29Oui, parce que le gouvernement
13:30dans un premier temps,
13:31le dimanche matin,
13:31il annonce que
13:32les cinq passagers français
13:33de la croisière
13:34seront hospitalisés 72 heures
13:36pour des examens,
13:37vérifier que tout va bien
13:37et s'ils sont négatifs
13:39à l'antavirus,
13:39ils pourront poursuivre
13:41un isolement à domicile
13:43et les cas contacts,
13:44les autres cas contacts,
13:45ceux qui ont potentiellement
13:46fréquenté d'autres malades,
13:47eux, c'est encore plus léger,
13:49ça peut être juste
13:50d'être incité à s'isoler.
13:51C'est un protocole
13:52qui est critiqué
13:53par de nombreux médecins
13:54toute la journée du dimanche
13:55qui considère
13:56que ce n'est pas assez strict,
13:57que c'est un virus
13:57qui est si dangereux
13:58qu'il vaudrait mieux
13:59isoler ses patients
14:01vraiment de façon ferme
14:02à l'hôpital
14:02ou dans un site dédié
14:03pendant plusieurs semaines
14:04et c'est intéressant,
14:05c'est que le gouvernement,
14:06dimanche soir,
14:07lundi surtout,
14:08il va durcir le ton
14:09mais de façon très nette
14:10et là, il annonce
14:11que les cinq croisiéristes
14:13vont être hospitalisés
14:14pendant au moins 15 jours
14:15et jusqu'à 42 jours
14:17et que les autres cas contacts,
14:19c'est pareil,
14:19ils vont être hospitalisés,
14:21ils n'auront pas le choix
14:22en quelque sorte,
14:22pendant pareil,
14:23au moins 15 jours
14:24et jusqu'à 42 jours.
14:25Pourquoi 42 jours ?
14:26Alors en fait,
14:26on estime sur la base
14:27de ce qu'on sait
14:28pour l'instant
14:29de ce antivirus,
14:31c'est que la période
14:31d'incubation,
14:32tu sais,
14:32la période qui sépare
14:33l'infection
14:34de l'apparition des symptômes
14:35peut monter jusqu'à 6 semaines.
14:38Donc 6 fois 7, 42,
14:39c'est pour ça qu'on estime
14:40qu'il faut garder ces gens
14:41à l'isolement 42 jours
14:43depuis le dernier contact
14:44à risque avec un malade.
14:45Comme ça,
14:46on peut se dire
14:46qu'au bout de 42 jours,
14:47s'ils n'ont pas développé
14:48de symptômes,
14:49c'est qu'a priori,
14:49ils n'ont pas été infectés
14:50par ce malade.
14:51Et on l'a appris
14:52le mercredi 13 mai,
14:54les 22 Français
14:56cas contacts
14:56ont tous été hospitalisés.
14:59Hospitalisés de force,
15:01c'est ça ?
15:01Oui, alors juste
15:01peut-être pour préciser,
15:02on a donc les 5 croisiéristes
15:03et ces 22 cas contacts.
15:05Alors, ces 22 cas contacts,
15:06c'est qui ?
15:06En fait,
15:08tu te rappelles peut-être
15:09la femme néerlandaise
15:10qui a été évacuée
15:11à Sainte-Hélène
15:11en même temps
15:12que le corps
15:13de son mari décédé.
15:15Elle a eu des symptômes.
15:16Elle est partie en avion
15:17à Johannesburg.
15:18À Johannesburg,
15:19elle a tenté
15:19de prendre un avion
15:20pour remonter à Amsterdam.
15:21Elle n'a pas pu
15:22parce qu'elle était trop mal.
15:23Elle est décédée
15:24à Johannesburg.
15:25Elle était dans l'avion,
15:25elle est redescendue ?
15:26Tout à fait.
15:27Elle était,
15:27la compagnie aérienne
15:28qu'elle aime dit
15:29qu'elle est montée
15:30brièvement à bord.
15:31C'est un peu flou,
15:31mais en tout cas,
15:32elle n'a pas voyagé
15:32dans cet avion.
15:34Donc, tous les passagers
15:35qui ont pris le vol
15:36Sainte-Hélène-Johannesburg
15:37sont considérés
15:37comme cas contacts
15:38parce qu'ils ont pris
15:39l'avion
15:40que cette femme malade
15:41a pris.
15:42Et les passagers
15:43qui ont pris l'avion
15:44Sainte-Hélène-Johannesburg
15:45Amsterdam
15:45sont aussi considérés
15:47comme cas contacts
15:48plus légers
15:49parce qu'ils n'ont pas voyagé
15:50pendant plusieurs heures
15:51avec elle,
15:52mais ils ont été
15:53dans l'avion
15:53au moins
15:54pendant une petite durée
15:55avec elle.
15:57Donc, ils sont considérés
15:58aussi comme cas contacts.
15:59Il y a 8 Français
15:59parmi les passagers
16:00du premier vol
16:01et 14 Français
16:02parmi les passagers
16:02du deuxième vol.
16:03Donc, 22.
16:04Et donc, ces 22 Français
16:05cas contacts,
16:06ils ont eux aussi
16:07soumis maintenant
16:08un protocole très strict.
16:09Au début,
16:10on pensait qu'ils allaient
16:11peut-être juste pouvoir
16:11s'isoler chez eux
16:12ou être incités
16:13à s'isoler
16:14après un check-up médical.
16:15Et en fait, non.
16:15C'est comme les 5 croisiéristes.
16:17Hospitalisation
16:18pendant au moins 15 jours.
16:19Et effectivement,
16:20on leur fait comprendre
16:21qu'ils n'ont pas le choix.
16:22D'accord.
16:22Le mardi 12 mai
16:23en fin de journée,
16:24une conférence de presse
16:25a été organisée
16:26pour faire le point.
16:27Conférence de presse
16:28autour de la ministre
16:29de la Santé,
16:30Stéphanie Riste,
16:30qui est à ce poste
16:32depuis l'automne.
16:33Il y a aussi des experts
16:35autour d'elle,
16:35un parterre de journalistes.
16:36Tu en fais partie, bien sûr,
16:37pour le parisien Nicolas Béraud.
16:39Toi, qu'est-ce qui te marque
16:39dans cette conférence de presse ?
16:40Le côté un peu solennel
16:42d'avoir comme ça
16:42une ministre de la Santé
16:44avec 5 experts
16:45à côté d'elle
16:46et puis surtout
16:47la foule dans la salle.
16:48J'ai fait énormément
16:49de points presse
16:50dans cette même salle
16:52du ministère de la Santé.
16:53Je n'avais jamais vu,
16:54en tout cas depuis le Covid,
16:55autant de journalistes
16:56et de conseillers.
16:57Donc, on sent bien
16:58qu'il y avait une attente
16:58très forte aussi
16:59parce qu'il y avait
16:59beaucoup de questions
17:00auxquelles on n'avait
17:01pas de réponse.
17:02Le sort précis
17:02des 22 cas contacts,
17:04des précisions
17:04sur l'état de santé
17:05de la femme positive
17:07qui est en réanimation.
17:08On manquait de réponses
17:10et c'est pour ça
17:10qu'il y avait autant de monde
17:11et ce qui me frappe,
17:11c'est effectivement
17:12le côté solennel
17:13et le côté
17:13on est en attente de réponses.
17:14Et j'imagine
17:15que la ministre Stéphanie Riste
17:16n'avait pas la réponse
17:17à toutes les questions ?
17:18Non, mais elle a quand même
17:19tenté d'apporter
17:20le maximum d'éléments possibles.
17:22Il y avait les scientifiques
17:22qui étaient à ses côtés
17:23qui, eux, ont répondu
17:24ce qu'on pouvait dire
17:25sur les points purement scientifiques.
17:27La ministre de la Santé,
17:27elle communique beaucoup,
17:28donc ça, c'est une bonne chose.
17:30Elle n'arrête pas de dire
17:31qu'elle n'est pas là
17:31pour rassurer, pour rassurer
17:33ni pour alarmer, pour alarmer
17:34et qu'elle veut surtout informer.
17:36Nous aussi, un journaliste,
17:37on cherche à informer
17:37sans faire peur
17:38et sans non plus rassurer
17:39juste pour le plaisir de rassurer.
17:41Donc, elle donne les éléments
17:42et là, on a bien senti
17:43que le fait de l'avoir face à nous,
17:45on pouvait vraiment
17:46lui poser des questions
17:47et elle apportait des réponses
17:48qu'on n'avait pas avant,
17:49notamment sur le profit
17:50des cas contacts.
17:51C'est là qu'on a appris
17:51qu'il y avait des adolescents
17:52parmi les huit passagers
17:54cas contacts du premier vol,
17:55par exemple.
17:55Dans l'ensemble,
17:56la tonalité,
17:57elle était plutôt inquiétante
17:58ou plutôt rassurante
17:59dans ce point presse ?
18:00Elle était à la vigilance extrême.
18:04En gros, la priorité aujourd'hui,
18:06c'est que ce virus reste contenu
18:07sur la croisière,
18:08donc on n'ait pas de cas positif
18:10en dehors des anciens passagers
18:11de la croisière.
18:12Casser les chaînes de contamination.
18:13Exactement.
18:14Là, aujourd'hui,
18:14la priorité en France,
18:15c'est de casser les possibles
18:17chaînes de contamination,
18:18donc isoler la malade.
18:20Évidemment, il faut l'isoler
18:21parce que de toute façon,
18:21il faut la soigner
18:22pour lui sauver la vie,
18:22ce qu'on espère.
18:23Il faut isoler les autres croisiéristes
18:25qui sont peut-être infectés
18:26qui vont peut-être avoir des symptômes
18:28parce que peut-être
18:29qu'ils vont pouvoir transmettre
18:30le virus s'ils sont dans la nature,
18:32même peut-être un petit peu
18:34avant d'avoir des symptômes.
18:35Et puis, les cas contacts,
18:36par mesure de précaution,
18:37pareil, les isoler
18:38parce qu'on n'est pas à l'abri
18:39que l'un d'eux soit infecté
18:40et peut-être que même
18:41s'il n'y a pas de symptômes,
18:42il peut déjà transmettre le virus.
18:43Il y a aussi une inconnue là-dessus.
18:45Donc, tout est fait
18:45pour casser ces chaînes de transmission.
18:47C'est vraiment...
18:48Enfin, moi, je suis assez frappé
18:49de l'ampleur des mesures quand même
18:50parce qu'il y a des cas contacts
18:51qui sont en forme,
18:53qui n'ont pas de symptômes
18:54à ce qu'on nous dit,
18:55qui ont une vie comme toi et moi
18:57et qui, du jour au lendemain,
18:58on vous dit
18:58c'est minimum 15 jours d'hôpital,
18:59vous n'avez pas le choix.
19:00C'est quand même assez ferme.
19:01On peut quand même noter ça.
19:03Les pays voisins,
19:05ils ne sont pas tous aussi fermes que nous.
19:07Alors, nous, ça a évolué.
19:08Ce n'était pas aussi ferme au début,
19:09mais maintenant, clairement,
19:10on est l'un des pays européens,
19:12voire peut-être le pays européen
19:13qui applique le protocole le plus ferme.
19:15Justement, il y avait 23 nationalités
19:17présentes sur ce navire.
19:18Est-ce qu'on sait comment ça se passe
19:20pour l'instant dans les autres pays ?
19:22Oui, on sait,
19:22parce que grosso modo,
19:23les agences de santé l'ont annoncé.
19:25Il y a une trame un peu connue.
19:27D'ailleurs, ça suit les recommandations
19:29de l'Organisation mondiale de la santé.
19:30C'est grosso modo,
19:32d'isoler ou d'imposer une quarantaine
19:33de 42 jours au cas contact à risque.
19:35Donc, ça inclut les croisiéristes,
19:37mais aussi potentiellement
19:38les passagers des deux avions.
19:39En France, c'est à l'hôpital.
19:41Donc, c'est vraiment le plus ferme possible.
19:42Il y a certains autres pays
19:43qui partent du principe
19:45que c'est d'abord à l'hôpital
19:46et que ça peut être après dans un autre site
19:48selon l'état de santé.
19:49Aux Etats-Unis, c'est un petit peu flou.
19:51Ils ont été un petit peu flou
19:52sur la durée
19:53et surtout le lieu de la quarantaine.
19:55Je fais confiance aux scientifiques américains
19:58qui sont quand même compétents
19:59et on peut espérer
19:59qu'ils prennent en place les bonnes mesures.
20:01Mais là où tu as raison,
20:02c'est que si ça pêche dans un pays,
20:03ça peut nous retomber dessus à tous
20:04parce que le virus,
20:05il ne connaît pas de frontières.
20:06Donc, c'est important
20:07qu'il y ait une coordination.
20:08Et d'ailleurs,
20:08c'est l'une des priorités
20:09maintenant du gouvernement.
20:10Une fois que nous,
20:11on a pris en place
20:12des mesures très strictes,
20:13on aimerait bien
20:13que les amis des pays à côté
20:15fassent pareil, si tu veux.
20:16Toi qui es journaliste
20:17et spécialiste de santé,
20:18est-ce que tu penses
20:19qu'on en fait trop,
20:20comme on dit, sur ce sujet
20:21ou qu'on a le bon degré
20:22de vigilance aujourd'hui ?
20:24Qu'on en fait trop, je ne pense pas.
20:25Qu'on en fait beaucoup, oui,
20:26mais ça me semble justifié
20:28parce que c'est un virus
20:28qui est très souvent mortel, etc.
20:30Après, on voit bien
20:31qu'il y a toujours d'autres sujets
20:32dans l'actualité.
20:32Les gens ne parlent pas que de ça.
20:34On n'est pas du tout,
20:35je tiens à le dire,
20:35aux prémices d'une pandémie.
20:37Je ne peux pas prédire
20:37l'avenir à long terme
20:38et à court terme.
20:39On n'est pas du tout
20:39comme au début du Covid
20:40où il y avait des nouveaux cas
20:42tous les jours au début du Covid.
20:43Il y avait des nouveaux cas
20:44partout dans le monde, etc.
20:45Ça allait très vite.
20:46Là, non, pour l'instant,
20:47on a une dizaine de cas
20:49qui sont tous
20:49d'anciens passagers
20:50de la croisière.
20:51Donc, il n'y a pas
20:52d'alarmisme à avoir,
20:53mais il y a une préoccupation
20:55d'où toutes ces mesures
20:56qui sont prises
20:56et on espère
20:57que toutes les mesures
20:58qui sont prises
20:59vont permettre de contenir
21:01cette épidémie naissante
21:02à un cluster en mer.
21:04Merci Nicolas Béraud,
21:05spécialiste santé aux Parisiens.
21:07CodeSource,
21:07c'est le podcast du Parisien
21:09disponible chaque soir
21:09de la semaine en audio
21:11sur toutes les plateformes
21:12et aussi maintenant,
21:13c'est nouveau régulièrement
21:14en vidéo.
21:15CodeSource, le talk,
21:16comme on vient de le faire ensemble.
21:18Rendez-vous sur leparisien.fr
21:19et sur YouTube.
21:20N'hésitez pas à vous abonner
21:21pour ne rater aucun épisode.
21:23Sous-titrage Société Radio-Canada
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