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  • il y a 14 heures
La ministre de la Santé Stéphanie Rist tenait ce mardi 12 mai une conférence de presse au sujet de l'hantavirus. Elle était accompagnée de plusieurs spécialistes du sujet, dont Antoine Flahaut, médecin épidémiologiste à l’hôpital Bichat - Claude-Bernard.

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Transcription
00:00Bien sûr, on a des toutes premières estimations.
00:03Vous savez, la science marche par la réfutation.
00:05Est-ce qu'il y a d'autres études qui vont montrer que l'incubation, c'est pas 6, c
00:11'est un peu plus ?
00:12Ou au contraire, oui, ça peut être 6, mais c'est anecdotique, c'est 3 ou 4.
00:16On le saura peut-être avec cet épisode.
00:18Aujourd'hui, prenons les choses avec beaucoup de précaution.
00:23C'est pareil pour la létalité.
00:25La létalité d'Ebola, on dit qu'elle est de 25 à 70%.
00:29Grande fourchette. Aujourd'hui encore, on dit ça.
00:32Pourquoi ? Parce qu'il est vrai que la létalité est de 70% si vous êtes dans un endroit
00:37très pauvre,
00:40très démuni en infrastructures sanitaires.
00:44Pour cette maladie, le virus des Andes, on dit, dans la publication qu'a citée Caroline Semaille,
00:5232%. Oui, 32%.
00:55Dans un village très reculé de la Cordillère des Andes,
00:58où je ne suis pas certain qu'il y ait le niveau de technicité de l'hôpital Bichat ou de
01:06l'hôpital militaire de Madrid.
01:08On sera d'accord.
01:09Donc est-ce que la mortalité, la létalité restera de 30%, de 40% ?
01:14Ou est-ce qu'elle sera inférieure parce qu'on va mettre tous les moyens en œuvre ?
01:18Voilà. Pour Ebola, à chaque fois qu'un patient a été transféré d'Afrique en Europe ou aux Etats-Unis,
01:26lorsqu'il était transféré à temps, c'est-à-dire vraiment au début de ses symptômes,
01:31il a toujours été sauvé. La létalité était nulle.
01:33Donc je ne dis pas que la létalité ici est nulle, mais je dis qu'on a affaire à un
01:37virus extrêmement dangereux,
01:39extrêmement sévère, c'est certain, avec une létalité, on va dire, presque spontanée de 30 à 50%.
01:46Maintenant, on doit aussi faire attention à ces idées reçues.
01:50Et puis pour les journalistes, les idées reçues qui viennent vite, c'est les comparaisons faciles,
01:56comparaisons rapides.
01:57Est-ce que ce n'est pas le Covid ?
01:59Ben non, ce n'est pas le Covid.
02:01Pourquoi ? Parce que le Covid était déjà dû à un virus totalement inconnu quand il a émergé.
02:07Il n'avait pas 30 ans d'âge, il n'avait pas assez de publications,
02:09il n'avait pas des vaccins déjà en cours de développement.
02:13Il y avait dans le Covid plus de 50% de formes asymptomatiques.
02:18Gare aux idées reçues.
02:19Je ne sais pas du tout, avec le virus des Andes, s'il y a quelques formes asymptomatiques.
02:23Je pense qu'on ne le sait pas totalement aujourd'hui.
02:26Mais probablement, ce que l'on en sait de la littérature, c'est que ces formes sont très limitées, très
02:31différentes.
02:32Ce n'est pas du tout pareil quand un virus a une expression clinique très bruyante, très sévère,
02:37qu'on peut le détecter parce que 100% des patients semblent avoir de la fièvre
02:42et qu'il n'est peut-être pas contagieux en dehors de ces périodes symptomatiques.
02:46Encore un point d'interrogation.
02:48Ce n'est pas du tout pareil que s'il y a plus de 50% des contaminations qui se
02:52disséminent
02:53et qui se propagent à bas bruit sous les radars de tout le monde dans la nature
02:57avant qu'on n'identifie que c'est un problème de santé publique.
03:00Merci.
03:00Merci.
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