00:00Ici Occitanie, premier sur l'actu local en midi toulousain, ici matin.
00:06Marie-Catta, votre invité, l'invité d'ici matin est le commandant de la section de recherche de la Gendarmerie
00:10Nationale à Toulouse.
00:12Bonjour colonel Michael Petit.
00:13Bonjour.
00:14Merci d'être avec nous ce matin alors qu'on va l'aborder.
00:16Vous avez du pain sur la planche.
00:18Vous êtes depuis septembre à la tête de cette section de recherche qui se trouve à la caserne Courrèges, avenue
00:23Jean Rieux à Toulouse,
00:24où une soixantaine de gendarmes traquent les crimes les plus violents, les plus graves de l'ex-région Midi-Pyrénées.
00:30On résume ça comme ça ?
00:31Tout à fait. Nous avons dans notre spectre missionnel l'ensemble des homicides en séquestration,
00:36tout ce qui est lié aujourd'hui à la crimine est organisée, la délinquance économique et financière,
00:40et tout ce qui est aujourd'hui lié à très hauts cyber, avec 60 enquêteurs de très haut niveau dans
00:45cette section de recherche.
00:46Les crypto-rates colonel Michael Petit, ce sont des équipes qui débarquent chez des particuliers parfois armés
00:52pour leur extorquer leur code de crypto-monnaie.
00:55On est face à un phénomène qui explose ?
00:56Oui, le phénomène explose.
00:58En fait, juste en statistique, on voit très bien qu'en 2024, on avait à peu près 15 faits au
01:02niveau national.
01:03En 2025, on est monté à une soixantaine de faits.
01:05Et là, sur 2026, sur les quatre premiers mois, on est déjà à plus de 40 faits.
01:09Donc, on voit vraiment une escalade de ce phénomène au niveau national.
01:11C'est devenu... C'est quoi ? C'est un nouveau business criminel ?
01:14C'est un nouveau business et surtout aussi...
01:16Ça suit la mode d'aujourd'hui.
01:17C'est-à-dire qu'on a des détenteurs de crypto-monnaies.
01:19La crypto-monnaie se banalise un petit peu.
01:22Détenteurs de crypto-monnaies.
01:23Et cette expansion du phénomène est aussi liée au nombre de fuites de plus en plus importantes de données
01:29qui permettent aux délinquants d'avoir accès aux noms et aux prénoms des détenteurs de crypto-monnaies sur le territoire
01:34national.
01:34Il y a une affaire chez nous qui illustre particulièrement bien ce phénomène.
01:38Elle est toute récente.
01:38L'affaire Péchabou.
01:39En mars dernier, une femme séquestrée menacée.
01:4268 000 euros de crypto transférés sous la contrainte.
01:455 hommes âgés de 17 à 24 ans sont mis en examen.
01:49On en est là aujourd'hui.
01:50Cette personne qui a été séquestrée, c'était quoi son profil ?
01:53Est-ce qu'on retrouve des profils différents ?
01:56On n'a pas de profil particulier.
01:58Le point commun de toutes ces victimes, c'est qu'elles sont détentrices de crypto-monnaies.
02:03Elles peuvent avoir tout âge, toute catégorie socio-professionnelle.
02:07En fait, vraiment la cible des délinquants, c'est les détenteurs ou les gens qui ont été détenteurs de crypto
02:12-monnaies.
02:12Parce que des fois, les bases sur lesquelles ils s'appuient ne sont pas à jour.
02:15C'est des gens aussi qui sont débutants par exemple dans le monde de la crypto, des gens qui se
02:18lancent ou des gens expérimentés ?
02:20C'est juste des gens qui sont détenteurs.
02:21Donc c'est des gens qui ont pu faire un placement dans la crypto-monnaie.
02:24Donc ça peut être des gens qui sont du métier de la crypto-monnaie.
02:26Ou ça peut être des gens qui ont fait une acquisition de crypto-monnaie pour une volonté de plus-value
02:30par la suite.
02:32Comment les victimes sont repérées par les enquêteurs ?
02:34Comment se mène le travail ?
02:36Alors, par les enquêteurs, je dirais d'abord qu'elles sont repérées par les délinquants.
02:40Le but, nous, on aimerait pouvoir faire de plus en plus de prévention, qu'on puisse les détecter.
02:43Les délinquants vont être détectés, comme je le disais tout à l'heure, par rapport aux fuites de données.
02:47Donc on a eu une fuite de données massive début en janvier.
02:51Une société, Waltio, qui faisait de l'aide à la déclaration aux impôts des crypto-monnaies.
02:55Et donc on a eu une fuite d'un fichier client d'à peu près 50 000 personnes qui s
03:00'est retrouvée sur la toile.
03:01Et donc qui aujourd'hui est vendue à travers les délinquants,
03:03qui vont en faire une base de données criminelles pour des cibles potentielles.
03:06Et donc on fait de la prévention là-dessus ?
03:08Alors on fait de la prévention, déjà Waltio l'a fait,
03:10la société a écrit qu'elle avait une perte de données, une fuite de données qui avait été faite.
03:15Et nous, dès qu'on peut alerter les gens, c'est-à-dire s'ils ont des appels qui sont
03:19liés à la crypto-monnaie,
03:20qu'ils fassent tout de suite le 17 pour qu'on puisse les prendre en compte et éviter la réitération
03:23des faits.
03:24Une de vos spécialités, c'est aussi votre unité cyber-enquête sous pseudonyme pour traquer les pédocriminels.
03:30C'est devenu indispensable d'être pseudonyme pour les piéger ?
03:33Alors, ce n'est pas indispensable, en tout cas c'est une corde de plus à notre arc.
03:36Vraiment, les enquêteurs sous pseudonyme, il y a un vrai changement du paradigme criminel
03:40avec de plus en plus de faits criminels qui passent par Internet et les réseaux sociaux.
03:44Et pour pouvoir traquer les criminels sur ces réseaux sociaux,
03:47on va prendre le nom ou le prénom d'une autre personne avec un âge différent.
03:50Donc par exemple, pour la pédo-criminalité, on va se faire passer pour Nina, 14 ans,
03:55discuter avec des gens pour voir s'ils nous amènent sur des faits criminels.
03:58Et pour tout ce qui est criminelité organisée, par exemple du Ubercheat aujourd'hui,
04:02l'achat de stupéfiants, on va directement acheter les stupéfiants sur les réseaux sociaux.
04:05– Colonel Michael Petit, on a tout juste assez de temps pour aborder un point.
04:08Vous êtes sur LinkedIn, le réseau social professionnel.
04:11Pourquoi une section de recherche se retrouve sur un réseau pro ?
04:13– Alors, ça a étonné tout le monde au début, on n'est pas la seule section de recherche en
04:16France à le faire.
04:17Pour deux notions, le premier c'est une notion de redevabilité,
04:20l'action de la gendarmerie, on est redevable de notre action auprès du concitoyen,
04:24c'est eux qui nous financent, c'est eux qui ont besoin de savoir ce que l'on fait.
04:26Donc c'est bien qu'on puisse donner l'information le plus proche de ce qui se fait,
04:29donc que ce soit nous qui communiquions, en accord, en tout cas sur les enquêtes,
04:32c'est le parquet qui a la communication, le parquet va pouvoir communiquer,
04:35et nous on va relayer l'information.
04:36– Il y a aussi l'objectif de recrutement.
04:37– Le deuxième est un objectif de recrutement,
04:39on est toujours à la recherche de nouveaux talents par rapport à la délinquance que l'on a,
04:42qui évolue continuellement, donc des talents dans le monde du cyber,
04:45mais aussi du talent dans le monde du financier, dans le monde de la donnée.
04:48Et donc il faut que les gens qui travaillent dans ces domaines-là
04:50ne vont pas penser naturellement aux sections de recherche,
04:52ils vont penser que c'est du monde du droit,
04:56on a quand même besoin d'avoir des profils qui sont très différents
04:58pour équiper cette section de recherche.
05:00– Merci beaucoup colonel Michael Petit,
05:02commandant de la section de recherche de la Gendarmerie Nationale à Toulouse,
05:05d'avoir été avec nous dans les studios d'ici Occitanie ce matin.
05:07– Merci beaucoup pour votre invitation.
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