00:00C'est l'édito politique Patrick Cohen ce matin, Edouard Philippe ou la stratégie de la torture ?
00:05Rien ne sert de courir, l'ancien Premier ministre est parti à point, il est même parti il y a
00:08plus d'un an et demi, septembre 2024,
00:11dans les colonnes du magazine Le Point, je serai candidat, ce que je proposerai sera massif.
00:17Hier à Reims, devant les cadres de son parti Horizon, il a répété l'adjectif massif pour la politique de
00:23l'offre, pour l'ordre, l'école et la santé,
00:25mais c'est toujours gardé dans « Révéler le contenu ». Son premier grand meeting est annoncé le 5 juillet
00:30à l'aréna de la Porte de la Chapelle à Paris,
00:33un an avant l'élection, c'est à la fois très court et très long, philosophe le maire du Havre,
00:37manifestement soucieux de gérer sur le temps long son statut de favori,
00:41face à l'accélération de quelques-uns, Gabriel Attal, la confirmation de quelques autres, Bruno Retailleau, et l'agitation de
00:48tous ceux qui rêvent de figurer sur l'affiche,
00:50selon le principe, tous les gagnants ont tenté leur chance, Edouard Philippe, lui, suit son tempo et continue de raréfier
00:56sa parole,
00:57exister auprès des Français sans les fatiguer, occuper le centre-droit sans effaroucher la gauche modérée, ni rompre totalement avec
01:03Macron,
01:04intervention espacée, mais structurée, pas d'éclat, ton sobre, expérience de l'État, pour l'instant, ça ne lui a
01:11pas trop mal réussi,
01:12question popularité et intention de vote dans les sondages.
01:15Il dit, Edouard Philippe, que les Français n'ont pas la tête à la campagne, est-ce qu'il a
01:19raison ?
01:20Alors c'est un petit peu plus ambivalent, si les Français ne sont pas encore dedans, c'est qu'ils
01:24n'ont pas le casting,
01:25ils ne savent pas qui sera sur la ligne de départ, et l'élection n'aura lieu que dans un
01:29an.
01:29Mais dans les sondages, ils se disent déjà très intéressés par ce scrutin, beaucoup expriment en réalité fatigue et impatience,
01:36ils ont hâte de tourner la page de la séquence ouverte par la dissolution, stérile, impuissante et instable,
01:43et projettent dans les élections de 2027 l'espoir d'un grand reset politique,
01:48ce qui n'est pas tout à fait la perspective offerte par Edouard Philippe ou Gabriel Attal.
01:52Et quand est-ce que ces deux-là vont se départager ?
01:54En janvier, ce sera selon toute vraisemblance le mois décisif, le mois des évidences.
02:00À gauche, comme dans le bloc central, c'est en janvier que les équipes d'Edouard Philippe et de Gabriel
02:04Attal
02:05sont convenues de se retirer au profit du mieux placé,
02:07et c'est à peu près au même moment que la gauche non-mélenchoniste devrait, faute de primaire,
02:13mais on va en reparler, dégager un champion avec le risque de choisir trop tôt et de se tromper.
02:17Chacun se souvient que ce n'est que début février 2017 qu'Emmanuel Macron prend l'ascendant sur François Fillon
02:24après la révélation du Penelope Gate,
02:26et en 1995, ce n'est qu'en mars que les courbes se croisent entre Edouard Balladur et Jacques Chirac.
02:31Moralité, ce n'est pas toujours l'endurance au marathon qui fait le vainqueur du sprint.
02:35Merci Patrick Cohen.