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  • il y a 6 minutes
Stéphanie Rist annonce un premier cas d'hantavirus en France. Il s'agit d'une Française qui a participé à la croisière sur le MV Hondius et qui a été rapatriée. Une vingtaine de cas contacts ont été identifiés, ils sont appelés à se confinés. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-lundi-11-mai-2026-5368828

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Transcription
00:00Grand entretien consacré ce matin à l'antavirus qui rappelle des mauvais souvenirs au monde entier.
00:05C'est un virus animal transmissible à l'homme avec un taux de mortalité élevé,
00:10un cluster sur un bateau de croisière nous l'a fait connaître.
00:14Pour autant, le risque de propagation est extrêmement faible, dit l'OMS,
00:18au diapason des infectiologues.
00:21Il faut qu'on en parle pour comprendre ce matin avec deux invités, Benjamin.
00:25Bonjour Stéphanie Riste.
00:26Bonjour Benjamin Duhamel.
00:27Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:29Vous êtes donc ministre de la Santé et vous supervisez le retour en France hier.
00:34C'est ce que vous avez fait des cinq passagers français de la croisière.
00:37On en parlera dans un instant avec vous Arnaud Fontanet.
00:39Bonjour.
00:40Bonjour.
00:40Merci d'être avec nous, directeur de l'unité d'épidémiologie des maladies émergentes à l'Institut Pasteur.
00:45Vous étiez membre du conseil scientifique au moment de l'épidémie de Covid-19.
00:48Alors pour commencer Stéphanie Riste, les cinq Français qui étaient à bord du bateau ont été rapatriés hier de Ténérife.
00:54Ils sont en quarantaine à l'heure où nous parlons à l'hôpital Bichat à Paris.
01:00L'un d'entre eux, je crois que c'est une femme, donc l'une d'entre eux a présenté
01:03des symptômes pendant le voyage de retour.
01:05Comment va-t-elle ce matin ?
01:08Oui, alors dans les cinq Français, une des personnes pendant le voyage en avion a eu des symptômes.
01:13Elle s'est malheureusement dégradée cette nuit.
01:15Je peux dire ce matin que les tests sont revenus positifs à l'antavirus.
01:20Donc il s'agit d'une patiente avec un antavirus qui est dans un endroit, un hôpital spécialisé en maladies
01:29infectieuses
01:29avec toute une technique dans les chambres qui est très protectrice pour éviter évidemment que le virus se propage.
01:36Donc la France compte ce matin son premier cas positif d'antavirus ?
01:41Oui, je dois le dire très clairement.
01:43Cette personne était sur le bateau de croisière, elle est revenue hier, elle s'est dégradée dans la nuit et
01:48elle est positive à l'antavirus.
01:50C'est très important ce que vous nous dites ce matin.
01:52Vous parlez d'un état qui s'est dégradé.
01:54Est-ce que ça veut dire que son pronostic vital est engagé pour cette femme qui est donc positive à
02:01l'antavirus ?
02:01Ce qu'on sait parce que c'est un virus qui est connu, c'est que quand on se dégrade
02:06avec ce virus, on peut avoir un pronostic vital engagé.
02:09C'est peut-être le cas de cette personne.
02:12Quels sont ses symptômes ?
02:14Elle a des symptômes qui sont équivalents et qui peuvent ressembler à l'antavirus.
02:20Mais encore une fois, le diagnostic est confirmé par les tests PCR qui ont été réalisés chez cette personne.
02:25Mais ce qu'on comprend là, c'est que cette personne qui ressent de premiers symptômes hier dans l'avion
02:31entre Ténérife et Paris-le-Bourget,
02:33quelques heures plus tard, se trouve dans une situation critique.
02:37Ça, c'est un des effets connus de ce virus, Arnaud Fontanet ?
02:43Alors cette évolution est plus rapide que ce que l'on observe habituellement.
02:47Il y a généralement ce qu'on appelle des prodromes sur trois jours à peu près,
02:51où les patients vont se plaindre d'une fièvre, de douleurs musculaires.
02:56Ils vont avoir des troubles digestifs aussi.
02:59Et c'est effectivement après trois jours que des symptômes pulmonaires apparaissent et signalent donc l'aggravation.
03:06Donc là, on est sur une évolution plutôt rapide.
03:07Stéphane Iriste, il faut qu'on continue de parler très concrètement de ce qui va se passer en France.
03:13Cinq Français qui ont donc été rapatriés.
03:15Une personne testée positive à l'antavirus dont l'état s'est dégradé dans la nuit.
03:18Qu'est-ce que vous pouvez nous dire des quatre autres Français qui sont à l'isolement ?
03:23Est-ce que les concernant, il n'y a pas pour l'instant de symptômes ?
03:27Ils sont hospitalisés, je le redis, dans des chambres qui sont faites exprès,
03:32avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination,
03:36et des professionnels soignants que je salue,
03:39et qui sont formés à prendre en charge des malades contagieux.
03:43Donc, ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et resteront jusqu'à nouvel ordre dans cet hôpital.
03:50Ils ont été testés à l'antavirus ?
03:51Ils sont évidemment testés à l'antavirus, négatifs aujourd'hui,
03:56mais avec des contrôles qui vont se refaire.
03:59Est-ce qu'avec cette personne qui est malade parmi ces cinq Français,
04:03le protocole a changé ?
04:04Puisqu'au début, il était question de les garder à l'hôpital pendant 72 heures,
04:06puis de les renvoyer chez eux, où ils se seraient isolés eux-mêmes.
04:12Est-ce que le protocole a changé ?
04:13Est-ce que ça veut dire qu'on va garder ces gens plus longtemps à l'hôpital ?
04:16Ils sont à l'hôpital jusqu'à nouvel ordre.
04:18Nous avons besoin d'avoir des solutions.
04:20Jusqu'à nouvel ordre, ça veut dire potentiellement au-delà des 72 heures prévues au départ.
04:23Au minimum 15 jours, je dirais, et nous réévaluerons.
04:26Le décret pris par le Premier ministre hier soir nous permet de durcir ces isolements.
04:33Un mot aussi, Stéphanie Ries, sur les cas contacts,
04:35puisqu'on a appris ce matin à un certain nombre de médias,
04:38dont nos confrères de BFMTV, ont révélé qu'il y avait une vingtaine de cas contacts en France.
04:42Est-ce que là encore, vous pouvez nous préciser non seulement le chiffre,
04:45combien précisément de cas contacts avez-vous identifié en France
04:48et les mesures qui sont prises là encore pour tenter de limiter au maximum le risque ?
04:53Oui, il y a eu un vol le 25 avril, dans lequel il y avait huit Français,
04:58dans lequel la patiente a voyagé, qui est ensuite décédée après.
05:01Ces huit Français sont en isolement.
05:06Il y a un deuxième vol.
05:08Vous parlez d'un premier vol, Saint-Hélène-Johannesbourg.
05:11Exactement.
05:11Puis d'un second vol, Johannesburg-Amsterdam, c'est ça ?
05:15Dans le deuxième vol, Johannesburg-Amsterdam, la patiente n'a pas fait le voyage.
05:19Et dans ce deuxième vol, il y a 14 Français qui ont été, là aussi, identifiés,
05:27qui ont reçu l'information et à qui, comme se l'est écrit dans le décret,
05:32nous demandons de se rapprocher aussi, parce que ce décret va nous permettre de renforcer l'isolement de ces personnes.
05:4014 plus 8, ça veut dire 22 cas contacts ?
05:42On a 22 cas contacts plus ou moins proches, mais cas contacts qui sont de ces vols.
05:48Ces gens, ils ont été prévenus quand ?
05:50Les huit Français, le premier vol, ont été mis en isolement rapidement, il y a maintenant presque une semaine.
05:59Et le deuxième vol, nous avons envoyé des informations, nous demandons aussi à ce qu'ils nous contactent,
06:05parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement, c'est ce que fait le décret qui a été
06:11pris.
06:11Vous n'avez pas encore eu de contact avec tous ces gens ?
06:15Tous ces gens ont eu l'information de se mettre en auto-isolement.
06:18En auto-isolement, donc ça veut dire qu'ils ne sont pas soumis à l'hôpital ?
06:20Le décret va nous permettre de renforcer l'isolement.
06:23Stéphanie Riste, on va, et avec, évidemment, Arnaud Fontanet, développer la façon dont on peut percevoir ce qui est en
06:31train de se passer
06:31et le risque qu'il peut y avoir, mais pour ceux qui nous écoutent ce matin et qui écoutent le
06:35début de ce grand entretien,
06:37découvrent qu'il y a donc un premier cas positif à l'antavirus en France, que cette personne, cette malade
06:43est dans un état dégradé.
06:44Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui nous écoutent et qui sont inquiets ce matin,
06:48et qui se disent que peut-être les paroles rassurantes que l'on a pu entendre,
06:53sont peut-être quelque peu en décalage avec les nouvelles que vous nous donnez ce matin ?
06:57Moi, je suis là concentrée, je suis là en tant que ministre de la Santé pour informer.
07:01Ce qui est important, c'est d'agir tout au début, et c'est là où on en est,
07:05c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus.
07:08C'est toute l'énergie et le travail qu'on fait avec le Premier ministre,
07:12et notamment avec ce décret qui est sorti aujourd'hui,
07:14qui va nous permettre de renforcer pour mettre les gens en quarantaine,
07:18les cas contacts en quarantaine, pour éviter la transmission de ce virus.
07:22Alors, il faut qu'on revienne sur ce qu'est cet entavirus des Andes.
07:27Avec vous, Arnaud Fontanet, on rappelle qu'il a été identifié en 1995, c'est ça ce virus ?
07:34Nous, on ne le connaissait pas, objectivement, jusqu'à présent.
07:38Pourriez-vous, en quelques phrases, nous faire un portrait robot de cet entavirus,
07:43et nous expliquer pourquoi, malgré sa létalité, qui est assez importante,
07:48il ne vous inquiète pas, comme le Covid a pu vous inquiéter ?
07:52Alors, c'est un entavirus, effectivement, dont les premières descriptions datent de 1996.
07:56Il y a eu cinq clusters qui ont été publiés dans la presse, scientifiques,
08:03et qui nous permettent de comprendre les modalités de transmission.
08:06Il faut savoir qu'il y a chaque année entre 50 et 100 cas de cet entavirus, en Argentine par
08:10exemple.
08:11Donc c'est quelque chose qui survient de façon très régulière.
08:14Simplement, comme le rongeur qui est responsable de ce...
08:18qui est le réservoir de cet entavirus vit en zone rurale,
08:22les cas auxquels on est confronté en Argentine et au Chili sont plutôt dans ces zones assez reculées.
08:27Et ça explique en partie pourquoi est-ce qu'il n'y a pas eu des clusters plus importants.
08:31Alors, il y a eu des circonstances qui nous ont permis d'étudier quand même sa transmission.
08:35Il y a eu notamment un article publié en 2018 qui raconte un anniversaire où il y avait 100 personnes,
08:41et où un patient était présent.
08:43Ce qui est intéressant de noter dans cet article, c'est que les cinq personnes qui ont été infectées
08:47étaient celles qui étaient assises à côté du malade.
08:50Donc, on voit bien que la transmission se fait de façon ce qu'on appelle rapprochée,
08:53et d'une façon générale.
08:54Rapprochée, il faut expliquer à Arnaud Fontanet, c'est-à-dire que là où le Covid,
08:57la transmission se faisait notamment par ce qu'on appelle les aérosols,
09:00là, c'est plutôt par gouttelettes, c'est-à-dire que c'est beaucoup moins contagieux que ne l'était
09:06le Covid.
09:07En tout cas, ce que l'on sait de ces études,
09:09c'est que ce sont des personnes qui étaient assises à côté et qui ont été infectées,
09:12ce sont les conjoints, ce sont les personnels soignants.
09:15Donc, on voit quand même qu'on est sur des contacts qu'on appelle proches et répétés,
09:18et ça, c'est un premier élément qui est important.
09:20Le deuxième élément qui est important, c'est que les personnes qui ont transmis la maladie
09:25étaient symptomatiques au moment où elles étaient contagieuses.
09:28Et ça veut dire aussi que si on arrive à identifier très rapidement les personnes symptomatiques
09:33et à les isoler, isolement et quarantaine des contacts
09:36vont permettre de stopper les chaînes de transmission.
09:38Rappelez-vous qu'avec la Covid, on pouvait être contagieux avant le début des symptômes
09:43et du coup, l'isolement et la mise en quarantaine des contacts étaient beaucoup moins efficaces.
09:48Donc ça, c'est deux éléments qui sont plutôt favorables en termes de risque de dissémination.
09:53Les éléments, en revanche, péjoratifs, c'est ce taux de létalité extrêmement élevé.
09:56C'est-à-dire ?
09:57Entre 30 et 50% des personnes infectées décèdent.
09:59Donc, comme vous le voyez, c'est une maladie qui malheureusement tue beaucoup.
10:03Et ici, c'est le contexte.
10:05Ce virus est arrivé dans un bateau de croisière, ce qui est très inhabituel.
10:09Je vous rappelle que les cas constatés en Argentine et au Chili,
10:13c'était plutôt dans des zones rurales assez reculées.
10:15Et dans ce bateau de croisière, vous aviez une centaine de passagers,
10:1823 nationalités et tout le casse-tête d'aujourd'hui
10:21qui est de retracer le parcours de toutes ces personnes
10:25qui sont reparties plus ou moins dans leurs pays respectifs.
10:28Et il faut savoir par quels moyens ils sont repartis, avec qui ils étaient en contact.
10:31Et tout le travail qui est fait avec les Français qui viennent de vous être décrits
10:35en retraçant les avions qui ont pu être, par exemple, partagés avec des patients
10:40et le suivi de ces contacts, les autres pays le font.
10:43Et c'est ce travail-là qui va être très important.
10:44Juste un mot à tous les deux sur la question de la létalité.
10:47Par rapport à ce que vous venez de nous annoncer, Stéphanie Ries,
10:50sur le fait qu'une Française avait vu son état se dégrader, très nettement.
10:55Est-ce que c'est une personne qui avait des comorbidités,
10:58des prédispositions à se retrouver en risque face à un virus ?
11:02Ou est-ce qu'au fond, selon qu'on est septuagénaire ou trentenaire,
11:04on est en quelque sorte à égalité face à ce virus, Stéphanie Ries ?
11:09Les études, mais sous le contrôle d'Arnaud Fontanet,
11:12montrent qu'avec ce virus, il ne ressort pas de prédispositions,
11:16par rapport à des comorbidités.
11:18Mais je laisserai cette confirmation.
11:20Mais donc, simplement, dans le cas d'espèce de la Française
11:23dont l'état s'est dégradé cette nuit,
11:25il n'y avait pas de prédisposition particulière à un risque face à un virus ?
11:29Alors, je n'ai pas les détails de ce cas particulier, évidemment.
11:32Et si je les avais, il s'agit de secrets médicaux.
11:36Ce que je peux dire aujourd'hui, c'est que cette personne est testée positive
11:39à l'antavirus et que son état s'est dégradé dans la nuit.
11:43Ce que je pourrais rajouter, c'est que sur un bateau de croisière,
11:47vous avez souvent des personnes qui sont un peu plus âgées.
11:49Donc, ça explique aussi l'âge moyen des personnes qui ont été infectées.
11:53Et on a vu, il y a eu déjà trois décès dans les débuts de cette épidémie.
11:58Maintenant, pour les personnes qui travaillent,
12:00et notamment j'en discutais avec nos collègues de l'Institut Pasteur de Guyane,
12:03qui ont le centre de référence des antivirus pour l'Amérique latine
12:08et qui connaissent très bien cette pathologie,
12:10ils voient aussi des sujets jeunes qui peuvent faire des formes graves.
12:13Donc, tout le monde est à risque de formes graves,
12:15même si on peut imaginer que l'âge et les comorbidités
12:17puissent être des facteurs aggravants.
12:20Le point que je voulais signaler quand même,
12:21par rapport à ce qui nous arrive aujourd'hui,
12:23c'est qu'au-delà de la complexité de devoir suivre des personnes
12:26qui, comme je le disais, se sont maintenant réparties
12:28dans les 23 pays dont ils sont originaires,
12:32il y a aussi la durée d'incubation qui est longue.
12:34En moyenne, il faut deux à trois semaines
12:36entre le moment où vous avez été en contact
12:38et le moment où vous développez des symptômes.
12:40Ça peut aller jusqu'à six semaines.
12:41Et quand on regarde l'évolution des clusters
12:43qui ont été publiés en Argentine ou au Chili,
12:46c'est des histoires qui durent sur trois mois
12:47avec quatre chaînes de transmission.
12:49Et même si on n'est pas inquiet au même sens
12:53qu'on a pu l'être pour la Covid
12:54parce que la contagiosité est plus faible
12:56et que surtout les moyens isolement des cas
12:59et quarantaine des contacts permettent de contrôler cette épidémie,
13:02il faut quand même s'attendre à ce que l'on puisse voir
13:04dans les semaines à venir des cas isolés apparaître
13:07parce que ce suivi des contacts sur l'ensemble de la planète
13:12va être très fastidieux à mener
13:15et doit être fait de façon extrêmement rigoureuse
13:17comme cela a été expliqué pour les sujets français.
13:19Alors ce qu'on comprend, c'est que ce cluster,
13:22enfin en tout cas cette épidémie sur un bateau,
13:24c'est un cas d'école qui ne ressemble pas
13:27à ce qui a été étudié jusqu'ici dans ces clusters sud-américains.
13:31Ce qu'il faut que vous nous disiez, c'est combien une personne malade
13:34peut-elle contaminer d'autres personnes, d'une part.
13:38Et d'autre part, est-ce que, comme Antoine Flau, épidémiologiste aussi dans Le Parisien,
13:45le dit dans Le Parisien ce matin,
13:47vous pensez comme lui que ce virus est aussi grave qu'Ebola ?
13:52Alors je n'irai pas faire des comparaisons avec Ebola
13:54parce que les modes de transmission sont différents.
13:56La létalité d'Ebola est extrêmement élevée,
14:00plutôt de l'ordre de 80%.
14:01Je pense que les contextes sont différents.
14:04Mais par rapport à votre première question
14:06qui est de savoir quel est le nombre de reproductions,
14:09le nombre de cas secondaires par personnes infectées,
14:11tout dépend du contexte dans lequel vous vous trouvez.
14:13Ici encore, le bateau de croisière, ce sont des espaces confinés
14:15et on peut expliquer qu'au début, il y a eu...
14:18On voit la chronologie, un premier patient qui a ses symptômes le 6 avril,
14:21c'est celui qui est décédé le 11 avril,
14:23et on voit apparaître 15 jours plus tard, 3 cas.
14:26Donc ça, c'est effectivement la durée d'incubation de 15 jours,
14:293 personnes qui ont été infectées, ça vous donne un peu une idée,
14:31c'est des chiffres moyens.
14:33Mais ce qui est très important, c'est qu'avec des mesures d'isolement des cas,
14:37dès qu'ils sont symptomatiques, on arrive à casser ces chaînes de transmission.
14:39Et c'est ça qui va changer la donne.
14:41Ce qui est très important dans cette aventure,
14:43et c'est aussi un point que je voulais signaler,
14:45c'est le rôle que l'OMS est en train de jouer.
14:47Parce que le 2 mai, un ressortissement britannique a été diagnostiqué
14:53et le Royaume-Uni a immédiatement, selon le règlement sanitaire international,
14:56prévenu l'OMS.
14:57Et c'est en prévenant l'OMS qu'ils ont permis d'avoir une action concertée
15:01qui concerne l'ensemble des pays touchés.
15:04Et c'est un moment où quand même l'OMS s'est très critiquée,
15:08on a vu les Etats-Unis qui ont choisi de quitter l'OMS, l'Argentine aussi.
15:12Il est intéressant de voir comment l'OMS a permis une coordination
15:15qui était nécessaire par rapport à une épidémie qui peut toucher l'ensemble de la planète.
15:20Et le rôle de ces organisations internationales reste très important.
15:23Ça veut dire que l'OMS continue à fonctionner correctement,
15:26malgré le départ des Etats-Unis, qui est quand même la première puissance scientifique du monde.
15:31Et je trouve que c'est important.
15:32Et vous avez vu d'ailleurs que le directeur général de l'OMS était hier au Canary pour bien marquer
15:36le coup.
15:36Stéphane Iriste, il faut effectivement reprendre les mots prononcés par le patron de l'OMS à Tenerife
15:42qui dit qu'il ne s'agit pas d'un nouveau Covid, le risque actuel pour la santé publique reste
15:45faible.
15:47Et on voit bien ce matin les différences significatives qui peuvent exister entre l'antavirus et le Covid-19.
15:52Pour autant, qu'est-ce que vous dites à ce matin, ceux qui se disent ?
15:56De la même manière, au tout début du Covid-19, on entendait des discours d'autorité,
16:00des discours gouvernementaux, des discours de médecins qui expliquaient qu'il n'y avait pas tant à s'inquiéter que
16:05cela.
16:05La différence fondamentale, c'est quoi ?
16:07C'est que l'antavirus, on le connaît ?
16:09Là où le Covid-19, au début, on ne connaissait pas ce virus ?
16:13Il y a deux différences.
16:14Mais il y a une différence qui est effectivement que ce virus est connu.
16:18La deuxième différence, c'est comme cela vient d'être dit,
16:21il y a eu une coordination internationale très très précoce par rapport à ce qu'on avait pu connaître.
16:25C'est-à-dire qu'on a tiré les leçons de ce qui s'était passé pendant la Covid.
16:28Mais encore une fois, je crois que là, on est vraiment au moment où il faut briser cette chaîne de
16:33transmission.
16:33Ce virus connu, comme cela a été dit, on sait aussi que si on arrive à mettre les gens en
16:38quarantaine, en isolement,
16:40on peut briser cette chaîne de transmission.
16:42C'est là tout l'enjeu des jours.
16:43Il faut prendre les mesures dès le début, c'est ce que nous faisons là.
16:46Et en même temps, Arnaud Fontanet, démarche peut-être d'humilité,
16:49non seulement des gouvernants, mais aussi des médecins comme vous.
16:53Est-ce qu'on est si sûr de tout savoir sur cet antivirus,
16:56puisqu'il y a encore un certain nombre de zones de flou,
16:57on en a évoqué quelques-unes, sur la durée d'incubation,
17:00sur le fait de savoir s'y avoir des comorbidités vous met plus en risque ou pas.
17:05Est-ce qu'on en sait au final tant que cela ?
17:07Le principe d'un virus, c'est qu'il mute.
17:09Ce n'est pas parce qu'on a pu étudier à la fin des années 2010 en Argentine un cluster
17:13que pour autant, on peut tout à fait anticiper la façon dont ce virus va évoluer.
17:18Notre travail de chercheur, de toute façon, c'est de se remettre en question en permanence
17:21et justement d'utiliser des épisodes comme celui-là
17:25pour challenger tout le savoir qu'on a.
17:27Donc il y a effectivement un travail scientifique très important
17:30qui va être fait sur cette épidémie
17:32pour comprendre et vérifier ce que l'on savait,
17:37mais également apprendre des nouveaux éléments
17:40qui vont être mis à notre disposition.
17:44et je pense qu'effectivement,
17:47on doit rester toujours très humble dans ce type de situation.
17:52Les gens ont néanmoins besoin d'avoir des perspectives.
17:54Ce que l'on peut vous dire aujourd'hui,
17:56et c'est le sentiment quand même qu'on a,
17:58c'est que c'est une histoire qui ne va pas nous amener vers un nouvel épisode comme la Covid.
18:04Je vous le disais une fois de plus,
18:06il y a encore quand même chaque année 50 à 100 cas de ce tata virus en Argentine.
18:12Le virus lui-même a déjà été séquencé.
18:14Les Suisses ont publié la séquence.
18:15Il est très proche de celui qu'on connaît du réservoir animal.
18:18Donc les questions de mutations, etc. sont suivies de très près
18:21et on va évidemment regarder l'évolution du virus.
18:24En revanche, il faut s'attendre à qu'on ait tout de même une épidémie
18:27qui va aller dans la durée.
18:30Parce que cette très longue durée d'incubation qui peut aller jusqu'à six semaines
18:33fait qu'on n'est pas à l'abri, vu l'ensemble des cas qui ont été disséminés à l
18:37'échelle de la planète,
18:37devoir ressortir ce virus à des endroits improbables.
18:41Et c'est ce suivi qui va être très important
18:43et qui va permettre d'éteindre tous les foyers.
18:45Et seulement dans quelques semaines pourra-t-on dire,
18:48espérons-le, que l'ensemble des foyers a été éteints.
18:50Alors justement, on a appris ce matin qu'un passager américain du bateau
18:54était également positif à l'antavirus.
18:57Il est rentré dans son pays et beaucoup de spécialistes, Arnaud Fontanet,
19:00se sont étonnés de l'absence des Américains
19:04et notamment des centres de prévention et de lutte contre les maladies,
19:08les CDC aux Etats-Unis,
19:10qui ont été particulièrement discrets et absents depuis le début de cette crise.
19:16Vous l'avez observé, vous aussi, ce silence, cette discrétion des Américains ?
19:20Oui, tout à fait. Dans une crise pareille, habituellement,
19:23le CDC d'Atlanta, qui est un grand organisme de surveillance
19:26des maladies infectieuses pour les Etats-Unis, mais également à l'échelle de la planète,
19:30était très présent aux côtés de l'OMS dans le suivi.
19:33Et là, on les a très peu entendus.
19:35C'est le fait des coupes budgétaires qui ont été décidées par le gouvernement américain
19:39et qui, 20% du staff du CDC d'Atlanta a été limogés.
19:45Les personnes qui étaient en charge, notamment de tous ces sujets bateaux de croisière, etc.,
19:51ont été limogés.
19:52Donc, on en paye les conséquences.
19:55J'espère qu'ils vont réaliser à la faveur de cette épidémie
19:59à quel point ce type de suivi est important.
20:03Parce que potentiellement, ça peut être problématique dans les mois, les années à venir
20:08pour le fonctionnement de l'OMS et pour la collaboration scientifique internationale ?
20:13Ça peut tout à fait l'être.
20:14Alors, vous savez que les Etats-Unis ont demandé leur retrait.
20:18Il faut un an pour que ce soit acté.
20:20Bon, on va voir ce qu'il faut se passer.
20:22Pour terminer, Stéphanie Ries, deux points très concrets, là encore,
20:24qui résonnent avec des interrogations d'auditeurs.
20:26D'abord, sur les stocks de masques, à la fois chirurgicaux,
20:30mais aussi les masques FFP2 qui protègent la personne
20:33qui est en face de quelqu'un potentiellement contaminé.
20:36Est-ce que, du point de vue des stocks, la France est prête à faire face
20:39s'il y avait des besoins importants, massifs,
20:41en termes de masques chirurgicaux et de masques FFP2 ?
20:44Oui, la réponse est oui, en termes de masques, en termes de tests,
20:48tests PCR notamment, en termes aussi de médicaments d'usage symptomatique.
20:53Donc, vous pouvez nous dire, par exemple,
20:55à combien s'élèvent les stocks de masques chirurgicaux et de masques FFP2 ?
20:58J'ai évidemment demandé un état des lieux
21:01qui permet de confirmer que nous en avons assez.
21:04Confirmer ? C'est-à-dire confirmer qu'il y en a assez ?
21:06C'est-à-dire que vous savez qu'il y en a assez ?
21:08L'organisation, vous savez, depuis le Covid,
21:11a permis de faire en sorte que nous avons assez de stocks de masques,
21:15de stocks de tests et de permettre aussi des médicaments nécessaires.
21:19Et encore un point, la question de Christian sur l'application,
21:22qui demande s'il y a un traitement pour ce virus, Stéphanie Riste.
21:26Est-ce que, là encore, il y a des recherches
21:29qui vont peut-être commencer pour un éventuel vaccin ?
21:32Qu'est-ce que vous pouvez nous dire ce matin ?
21:34Alors, il n'y a pas de médicaments à ce jour recommandés pour ce virus.
21:39Il y a des études très débutantes de vaccination
21:43qui sont dans les études de tout début.
21:46Je voudrais juste signaler à ce propos
21:48qu'il y a cet après-midi, avec l'ANRS C-Milieu,
21:51une réunion qui est l'agence française
21:52qui finance les recherches sur les maladies infectieuses émergentes,
21:55une réunion de tous les acteurs français,
21:56auxquels participera évidemment l'Institut Pasteur,
21:58mais aussi tous nos collègues,
22:00notamment sur les thématiques de traitement et vaccins
22:03pour faire un état des lieux d'où nous en sommes
22:06pour répondre à des crises de ce type.
22:09Et j'ajoute que le Premier ministre
22:11tiendra cet après-midi une nouvelle réunion
22:13au sujet de cet antavirus.
22:15Merci beaucoup Stéphanie Riste et Arnaud Fontanet
22:18d'avoir été au micro de France Inter ce matin.
22:20La revue de presse à suivre.
22:21Sous-titrage Société Radio-Canada
22:21Sous-titrage Société Radio-Canada
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