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Dans son édito du 01/05/2026, Thomas Bonnet revient sur l'abandon de la gauche s'agissant des travailleurs en ce 1er-Mai.

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Transcription
00:00Oui, le 1er mai, c'est une date sacrée pour la gauche, comme un rappel des luttes ouvrières du XXe
00:04siècle,
00:05comme une réviscence d'une période où la gauche était encore connectée au monde du travail.
00:09Pourtant, en quelques décennies, les travailleurs sont devenus les grands oubliés des partis de gauche.
00:14L'un des tournants peut être daté au 10 mai 2011, 30 ans jour pour jour après l'élection de
00:19François Mitterrand.
00:20Le think tank Terra Nova publie un rapport qui invite la gauche à se réinventer.
00:24Les auteurs recommandent notamment d'abandonner les ouvriers au profit d'un électorat urbain.
00:29C'est le point de bascule qui conduira la gauche à parler écriture inclusive, néo-féminisme et intersectionnalité
00:35en lieu et place des combats de justice sociale et d'émancipation par le travail.
00:39On constate chaque jour ce glissement stratégique.
00:41Les ouvriers sont pour une grande majorité passés au Rassemblement National,
00:45pendant que le taux de syndicalisation a chuté drastiquement pour tomber autour des 10% aujourd'hui.
00:51Et comment cet abandon s'est concrétisé dans les programmes ?
00:54En réalité, l'abandon des travailleurs avait commencé avant le rapport Terra Nova.
00:57Pierre Moroy avait déjà alerté sur cet aspect au début des années 2000.
01:01C'est à cette période que le gouvernement de Lionel Jospin instaure les 35 heures,
01:06ce qui est encore présenté aujourd'hui comme une conquête sociale,
01:08a en fait participé à l'affaiblissement économique de notre pays.
01:11Au-delà du poids que cela a fait peser sur les entreprises,
01:14ça n'a en plus pas permis de réduire structurellement le chômage.
01:18Et surtout, ça a fait entrer dans l'esprit de millions de Français l'idée que le travail
01:21était forcément un fardeau duquel il fallait se libérer,
01:24en essayant donc de travailler moins longtemps.
01:27Encore aujourd'hui, dans ses propositions économiques,
01:30le Parti Socialiste veut qu'on travaille moins.
01:33Croyant renouer ainsi avec ses vieilles luttes,
01:35la gauche est en fait hors tempo dans une période
01:37où la situation économique devrait conduire à l'exact inverse.
01:40Est-ce qu'il existe encore une gauche qui défend le travail aujourd'hui ?
01:42Alors oui, elle existe encore, mais elle n'est pas majoritaire.
01:45On peut citer François Ruffin, Fabien Roussel,
01:47qui conservent un discours pragmatique.
01:49Le patron du Parti Communiste avait plaidé en septembre 2022
01:53pour une gauche qui défend le travail et les salaires
01:56afin de ne pas être la gauche des allocations et des minimas sociaux.
02:00Une sortie remarquée, frappée au coin du bon sens.
02:02Pour obtenir des droits, les travailleurs doivent travailler.
02:05Pour défendre les travailleurs, il faut qu'il y ait des travailleurs.
02:08Et oui, or ce n'est plus vraiment la tendance à l'heure du droit à la paresse,
02:11revendiquée notamment par Sandrine Rousseau.
02:14Une grande partie de la gauche vit aujourd'hui dans un monde imaginaire
02:17où elle s'imagine pouvoir distribuer massivement des aides sociales à des inactifs
02:22en ponctionnant les bénéfices des méchantes entreprises.
02:25Mais la vie rêvée de Sandrine Rousseau est en soi une rupture
02:28avec l'histoire de la gauche dans l'international.
02:31Le champ qui sera sûrement scandé dans les cortèges aujourd'hui.
02:34Il y a ce couplet que je vais vous citer.
02:36Ouvriers, paysans, nous sommes.
02:37Le grand parti des travailleurs.
02:39La terre n'appartient qu'aux hommes.
02:41L'oisif ira loger ailleurs.
02:43Eh bien, en 2026, l'oisif non seulement n'ira plus loger ailleurs,
02:47mais en plus, il a pris la place des travailleurs sur la terre de la gauche.
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