Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 18 heures
Après une enfance marquée par des violences intra familiales, le parisien Alexis Nicolas s’est tourné vers la boxe comme une résilience et un moyen de structurer sa vie. Champion du monde de boxe française, il s’est tourné vers le kickboxing puis le MMA. 

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Judith Perret - Production : Thibault Lambert et Clémentine Spiler - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Photo : LP/Olivier Corsan - Musiques : François Clos, Audio Network - Archives : Canal+.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11En avril, le Parisien a fait le portrait d'un boxeur de 27 ans.
00:15Alexis Nicolas a grandi dans le nord de Paris.
00:17Enfant, il a été victime de violences intrafamiliales.
00:21Plusieurs de ses amis ont basculé dans la délinquance.
00:24Et pour lui, la boxe a été le moyen de structurer sa vie et d'échapper à la violence.
00:30Le vendredi 10 avril, à l'Adidas Arena de Paris, il a disputé son tout premier combat de MMA, un
00:36art martial très populaire.
00:39Judith Perret a rencontré Alexis Nicolas pour qu'il nous raconte son parcours dans Codesources.
00:52La personnalité d'Alexis Nicolas tranche avec l'image qu'on se fait traditionnellement d'un boxeur.
00:57Il est souriant dans son t-shirt noir, il est grand, 1m83, il a un regard sympathique et une poignée
01:04de main assurée.
01:07Alexis Nicolas est né en juillet 1998, un mois prédestiné pour un futur champion.
01:13Il grandit aux Amandiers dans le 20e arrondissement de Paris.
01:16Au début des années 2000, c'est un quartier très divers et varié.
01:20Je rencontre plein d'amis issus de différentes familles, différentes origines, différentes religions.
01:25Cette richesse culturelle, à la fois remplie d'amour au niveau de chaque maman, on a plein de mamans finalement,
01:31on est élevé par les mamans du quartier.
01:34Comme je le disais, c'est vraiment un point important pour moi de dire qu'ils sont issus d'origines
01:38différentes et de statuts sociaux différents.
01:40Il y a ce côté très bobo et à la fois très quartier, donc c'est très très instructif.
01:45Mais à la fois, on ne va pas se mentir, qu'il y a un rapport à la violence, à
01:49la drogue et à tous ces vices-là qu'on peut voir au quotidien qui est assez compliqué.
01:53Et sans un cadre solide, ça peut vite déraper.
01:57Pour s'en sortir, le moyen le plus facile de s'en sortir, c'est d'avoir accès à la
02:02drogue ou à plein d'autres vices et plein d'autres comportements qui peuvent justement amener à une forme de
02:07violence à un moment donné.
02:09Et cette facilité finalement fait qu'on peut vite s'y perdre.
02:13Une violence qu'Alexis vit aussi chez lui.
02:15J'ai grandi avec mon père jusqu'à l'âge de mes 3-4 ans, il me semble.
02:19On a dû séparer notre famille et j'ai dû rendir uniquement avec ma mère.
02:24L'aspect principal était vraiment les violences conjugales et la violence qui avait eu lieu au sein du foyer.
02:30Donc pour notre sécurité, on a dû vraiment partir et se protéger.
02:34Puis est arrivé un beau-père à l'âge de... je pense que j'ai rencontré un beau-père à
02:385 ans.
02:39Et pareil, il a suivi une enfance dans ce même climat assez dénigrant, compliqué.
02:45Quand vous avez 10 ans, quels sont vos rêves de petit garçon ? Comment est-ce que vous imaginez la
02:49vie ?
02:50J'ai pas énormément de rêves, puisque je ne suis pas beaucoup sorti de ce climat familial.
02:55J'imagine la vie comme une continuité.
02:58J'ai pas de grandes ambitions, j'ai pas d'idoles, j'ai pas de repères.
03:02Je ne sais pas qui m'identifier, donc c'est assez compliqué pour moi de voir un futur.
03:06Mais on a quand même beaucoup le sourire chez moi auprès de ma soeur, de ma mère.
03:11Donc j'ai pas forcément d'imagination, d'avenir, mais je vis le jour le jour.
03:19À 12 ans, c'est le moment où je me cherche.
03:22Je me cherche physiquement.
03:23J'ai un rapport à moi-même assez compliqué, dans le sens où je ne sais pas à qui m
03:28'identifier.
03:28Ma mère est d'origine algérienne, adoptée par des parents français.
03:32Je ne sais pas à qui je ressemble du côté de ma mère.
03:34Je ne grandis pas avec mon père à ce moment-là, qui est d'origine haïtienne,
03:37et donc je ne sais pas non plus à qui je ressemble.
03:39Et c'est important pour moi de me raccrocher à quelque chose.
03:42Cette chose-là, au début, c'est mes amis, c'est mes amis de quartier.
03:45Et le seul moyen pour moi de les fréquenter, pour éviter justement le rapport à la drogue et aux violences,
03:49c'est de pouvoir aller à la boxe avec eux.
03:51Parce qu'un jour, dans une cour de récréation, plutôt à l'âge de 13 ans,
03:55un de mes meilleurs amis m'explique qui va à la boxe,
03:58et je lui demande de le suivre, juste pour pouvoir rester avec lui.
04:01Et ça a changé ma vie.
04:02On est à la fin de l'adolescence, enfin plein milieu de l'adolescence plutôt.
04:05Et là, j'ai besoin aussi d'extérioriser pas mal de choses, une haine en moi, une rage en moi,
04:09mais que je retranscris énormément par l'aspect technique et tactique de ce sport.
04:13C'est sur le ring qu'Alexis grandit,
04:15et qu'il fait des rencontres très importantes pour l'adolescent qu'il est.
04:18Je vais parler de Youssef Bebis, mon premier entraîneur,
04:21qui a pris mon âge actuel, quand je commence la savate boxe française,
04:25et qui est très dur avec moi, très rapidement, très dur,
04:27mais parce qu'il veut du mieux, il veut le mieux pour moi.
04:29Et pareil, Isabelle Guénion, qui est une femme toute menue,
04:33mais très puissante, qui va m'avoir vraiment éduqué,
04:35et inculquer énormément de valeurs.
04:37Et je lui suis très reconnaissant,
04:39parce qu'elle me faisait très peur à l'époque.
04:41Et même elle, je l'ai vue grandir à mes côtés.
04:44C'était une femme très dure, très dure au premier abord,
04:47et qui avait tendance à me crier dessus pour des petits détails.
04:50Et puis je l'ai vue vraiment avoir un côté très maternel,
04:53finalement, avec le temps.
04:54Et ça fait plaisir, avec du recul, de me rendre compte que,
04:56bien que c'était des personnes plus âgées,
04:58qu'elles aussi, elles ont grandi et évolué à mes côtés.
05:01Je n'accroche pas tout de suite à la boxe.
05:03Ce à quoi j'accroche, c'est vraiment l'autorité,
05:06le fait de se surpasser,
05:08avoir une présence masculine, positive,
05:12qui veut vraiment de mon bien.
05:13Et c'est une des premières fois de ma vie que je ressens ça,
05:15donc c'est assez puissant.
05:18La boxe est un engagement pour Alexis.
05:21La licence coûte 300 euros par an,
05:23une somme pour la mère du jeune homme.
05:25Un jeune homme qui doit attendre pour vivre son premier combat de boxe.
05:28Mais il se souvient très bien de cette étape.
05:31On est en 2015, il a 17 ans.
05:33J'ai énormément de stress, beaucoup de pression.
05:36Je ne me souviens plus du tout de la tension qu'on m'avait prise,
05:38mais c'était une tension super élevée.
05:40Mais d'un côté, j'étais trop content,
05:41parce que j'avais pu ramener pas mal de mes amis de mon quartier,
05:44ma mère, justement, ma famille.
05:46J'étais super heureux de pouvoir les représenter.
05:49Et puis voilà, dès le premier rang, j'ai tout donné,
05:51j'étais épuisé.
05:52Mais par contre, j'ai mis tout mon cœur,
05:53et finalement, victoire, donc c'était trop cool.
05:56C'est là que la carrière d'Alexis décolle.
05:58En 2017, il est champion du monde en savate,
06:01la boxe française, un titre décroché à Toulouse.
06:05Je suis devenu champion du monde de savate-boxe française,
06:07mais personne ne me connaît quand je reviens à Paris.
06:10Ma vie n'a absolument pas changé.
06:12Je ne remplis pas le frigo, donc j'ai 17 ans et demi.
06:15Et très vite, j'ai cette capacité à, un petit peu trop même,
06:18relativiser mes accomplissements.
06:20Et j'ai conscience aussi des objectifs que je vais me fixer
06:22et d'où est-ce que je vais aller.
06:28Alexis sait qu'il veut devenir boxeur professionnel,
06:30mais il choisit de poursuivre ses études.
06:33Un choix qu'il fait grâce à un de ses enseignants
06:35quand Alexis est au lycée.
06:36Monsieur Gaël Le Bolloc, au lycée de Churgo,
06:39que je rencontre et avec qui je fais toute ma scolarité,
06:42tout mon lycée, puisqu'il suit ses classes sur la continuité.
06:45Et ça a vraiment été une belle opportunité pour moi
06:49de le rencontrer, puisqu'il m'a fait comprendre
06:51que le travail de son côté aussi était réciproque
06:53et que lorsqu'il nous donnait énormément de devoirs sur table
06:56ou d'exercices à faire à la maison,
06:57ce n'était pas du tout pour nous punir.
06:59Au contraire, ça lui donnait une charge de travail supplémentaire
07:01et qu'il m'a fait comprendre aussi la notion de travail,
07:03l'importance de travailler.
07:04Et j'ai fait ce parallèle-là avec ma carrière sportive
07:06et finalement, j'ai eu 18 en maths au bac.
07:08Là où je revenais d'un brevet blanc à 7 de moyenne,
07:13je reviens avec un bac 18 en bac US.
07:16Donc je suis très reconnaissant.
07:18Alexis commence une licence en STAPS,
07:20sciences et techniques des activités physiques et sportives à Toulouse.
07:24À côté, il est aussi éducateur sportif auprès des enfants.
07:27C'est un sport qui n'est que très peu médiatisé,
07:29qui n'est pas accompagné.
07:30Du coup, en tant qu'athlète, on peine à vivre de notre sport.
07:33Et jusqu'à très récemment, j'ai survécu.
07:36J'ai survécu et je commence tout juste à m'en sortir aujourd'hui
07:40alors que ça fait plus de 13 ans que je suis dedans.
07:41Mon quotidien, à ce moment-là, c'est vraiment aussi bien pendant mes études que mon travail.
07:46C'est entraînement de 10h à midi,
07:49travail ou études de 13h à 17h
07:51et entraînement de 18h à 20h.
07:54Et je fais ça pendant peut-être 6-7 ans de ma vie.
07:58Après un passage à Toulouse, Alexis voyage.
08:01Il passe par l'Europe de l'Est et le Maghreb.
08:03Il s'installe aussi plusieurs mois en Thaïlande.
08:06Objectif, découvrir d'autres formes de boxe, comme la boxe thaï.
08:09Une des périodes de ma vie dont je suis le plus reconnaissant,
08:11c'est d'avoir pu combattre en Thaïlande pendant près de 2 ans.
08:14C'est comme si j'y avais vécu, puisque je faisais des allers-retours.
08:16Je revenais peut-être une semaine ou deux sur Paris et je repartais pour des mois.
08:20Donc vraiment, j'ai rencontré le peuple thaïlandais.
08:23Ça a été vraiment un coup de cœur humain pour moi.
08:25Ça m'a vraiment éduqué sur le rapport à l'autre,
08:28sur l'importance des choses,
08:30les vrais problèmes de vie qu'on peut mener, etc.
08:32Et donc mes rencontres en Thaïlande, ça a été vraiment incroyable.
08:36Mais Alexis est confronté à des problèmes familiaux
08:38qui l'obligent à rentrer en France.
08:39C'est là aussi qu'il se blesse.
08:41Rupture des ligaments croisés.
08:43Pour moi, c'est un monde qui s'écroule.
08:45Et là, s'ensuit ce que je sais faire de mieux.
08:47Être discipliné, travailler, relativisé.
08:50Et une année complète de rééducation s'ensuit.
08:54Un combat physique, mais aussi financier.
08:57Alexis ne vit pas de la boxe.
08:58En 2021, changement de cap.
09:00Alexis décide de faire du kickboxing.
09:03Une variété de boxe avec des règles différentes.
09:06Un nouvel objectif sportif et financier
09:08pour gagner en visibilité.
09:09Là encore, c'est un travail de longue haleine.
09:12Pour donner un ordre d'idée,
09:13je gagne peut-être 250 euros
09:15pour mes premiers combats en kickboxing.
09:18Donc finalement, ça ne reste pas forcément évident pour moi.
09:21Et puis, on vient une rencontre
09:24avec un de mes clubs abonné sur Marne.
09:27Cette rencontre est super pertinente
09:29et change le cours de ma vie
09:30puisque c'est un des plus grands managers
09:32de kickboxing à ce moment-là
09:34sur la scène internationale
09:35et européenne principalement.
09:37Et puis, on fait le deal
09:38d'enchaîner les combats au maximum,
09:40d'avoir quasiment aucune vie personnelle,
09:41aucune vie sociale
09:42et d'enchaîner.
09:43Et puis, c'est ce qui se passe.
09:45Et au bout d'un an de compétition
09:47sans répit, sans relâche,
09:49je signe dans la plus grande organisation du monde
09:51qui s'appelle le One Championship.
09:52Et je deviens le premier Français de l'histoire
09:56à devenir le champion de cette organisation.
10:00J'ai très peu de sponsors.
10:02J'ai deux seuls sponsors.
10:03C'était Wicked One.
10:05À ce moment-là, c'est un équipementier sportif.
10:07Et pour l'anecdote,
10:07c'était un des équipementiers
10:09que j'avais contactés étant tout petits.
10:11Mais justement,
10:12en Savat Boxe Française,
10:12ils ne s'occupaient pas
10:13des athlètes de boxe française.
10:15Puis, dès mon début en kickboxing,
10:16jusqu'à la fin du contrat qui est là,
10:19qui est présente,
10:19on a travaillé ensemble
10:20et puis on a abris ensemble,
10:21on a créé des collections ensemble.
10:22Et c'était vraiment une super aventure
10:25de travailler avec eux.
10:28Alexis ajoute alors une nouvelle corde à son arc
10:30et décide de faire du MMA.
10:32Un sport de plus en plus médiatisé,
10:34en plein essor,
10:35qui compte 60 000 licenciés en France.
10:37Pour raconter rapidement l'histoire du MMA,
10:40c'est juste qu'à un moment donné,
10:42chaque maître des différents arts martiaux,
10:44comme le Kung Fu, le Karaté,
10:46la Boxe, le Judo,
10:48à un moment donné,
10:49ils se sont dit,
10:49bon, il y a plein de sports de combat différents.
10:50Quel est le sport de combat le plus fort de tous ?
10:53Finalement, quel sera le maître le plus fort ?
10:55Et donc, on est venu,
10:56il y a de nombreuses années,
10:58des affrontements entre différents maîtres d'arts martiaux
11:00qui se sont rencontrés
11:01pour pouvoir évaluer le niveau de chacun.
11:04C'est devenu un sport,
11:05avec des règles, etc.
11:07Et aujourd'hui, ça a donné le MMA
11:09avec des règles uniques pour chacun,
11:11une tenue unique pour chacun,
11:12parce qu'avant,
11:12chaque personne pouvait venir
11:13avec ses gants de boxe,
11:14son kimono, etc.
11:15Aujourd'hui, on a tous le même équipement,
11:17avec les mêmes règles et à respecter.
11:18Le MMA, c'est aussi un sport
11:20qui a cette image d'être très violent.
11:22Il est interdit en France
11:23pour cette raison jusqu'en 2020.
11:25Aux yeux du grand public,
11:26c'est une nuance qui est importante
11:28parce que c'est vrai que, pour moi,
11:29j'y vois que très peu de violence, finalement.
11:31J'y mets que très peu de cœur.
11:32Lorsque je rencontre un adversaire,
11:33il n'y a absolument rien de personnel.
11:35C'est vraiment mon cheminement à moi
11:38qui rencontre le cheminement de quelqu'un d'autre.
11:40Et on est juste un obstacle sur nos routes.
11:42Par exemple, je vais apprendre à mettre un coup de poing.
11:44Toute ma vie,
11:45je vais apprendre à donner mon coup de poing
11:46d'une certaine façon.
11:46Lui, toute sa vie, va apprendre à esquiver
11:48le coup de poing d'une certaine façon.
11:49Et puis, en fait,
11:50on va surenchérir sur le degré d'apprentissage
11:52pour justement optimiser
11:54et finalement en arriver à toucher.
11:56C'est une forme de bataille.
11:57Moi, je n'y vois aucune violence.
11:58C'est vraiment un réel jeu d'échecs
11:59avec beaucoup de réflexion.
12:01Toujours avoir une longueur d'avance
12:02et surtout, moi, pour ma part,
12:04préserver ma santé.
12:05Et puis, si l'adversaire peut en sortir
12:07avec le moins de dégâts possible,
12:09ça paraît plutôt paradoxal.
12:10Mais j'en suis le plus heureux du monde.
12:12Alexis fait ses premiers pas
12:13comme combattant de MMA
12:15le 10 avril 2026.
12:17On est à l'Adidas Arena,
12:18au nord de Paris,
12:19pas très loin de là où il a grandi.
12:22Une Adidas Arena pleine à craquer
12:23pour ses grands débuts en MMA.
12:26Alexis Nicolas,
12:27short Bordeaux.
12:29Cette grande salle de sport
12:30a été construite
12:31pour les Jeux Olympiques de Paris
12:32en 2024.
12:33Elle peut accueillir
12:34plus de 8000 spectateurs.
12:35Aujourd'hui,
12:36j'ai qu'un combat de MMA.
12:37C'était il y a deux semaines
12:39contre Jake Woodard.
12:40Un anglais très valeureux.
12:42C'est un combat très important pour moi
12:43puisque c'est mon premier combat de MMA.
12:45Ça marque un gros passage.
12:46Je suis très heureux du déroulé
12:48puisque ça a été un combat
12:49que j'ai remporté au deuxième round,
12:50par KO au deuxième round.
12:52Quelle performance
12:53pour ses grands débuts dans le MMA
12:56d'Alexis Nicolas.
12:59J'ai eu quelques petites difficultés,
13:01mais ça, c'est des détails.
13:02Et c'est moi qui vois ces difficultés-là
13:03parce que je suis un éternel insatisfait.
13:05Mais en réalité,
13:06c'est un franc succès.
13:07Mais je le disais tout à l'heure,
13:10tout est relatif
13:11et j'espère faire encore mieux.
13:12Et je suis pressé de pouvoir recommattre
13:14pour pouvoir vraiment prouver
13:15au monde du MMA
13:16que j'ai ma place
13:17et que je ne suis pas
13:17qu'un ancien champion de kickboxing
13:19mais que je suis un futur champion de MMA.
13:21Quand Alexis se retourne sur son parcours,
13:23il est fier.
13:24Surtout quand il voit
13:25que presque la moitié
13:26de ses copains d'enfance
13:27ont déjà connu la prison
13:28pour trafic de drogue.
13:29C'est des personnes
13:30avec qui j'ai partagé
13:31des moments puissants,
13:32des personnes qui ont été forcément
13:34même des personnes charnières
13:35pour moi
13:35qui ont même changé ma vie.
13:37C'est des personnes
13:38en gros avec qui forcément
13:39je ne suis pas en accord
13:40avec certains de leurs choix,
13:43certaines de leurs activités.
13:44Mais je pense que c'est important
13:46d'être là
13:46pour certaines personnes
13:47qui ont besoin d'aide
13:48et à qui on peut tendre la main.
13:50La boxe m'éduque au quotidien
13:51et à défaut d'avoir eu un père,
13:53j'ai eu comme repère la boxe.
13:55Et puis c'est tellement parlant pour moi
13:56parce que c'est des leçons de vie.
13:57Le fait de savoir perdre,
13:59le fait d'avoir conscience
14:00qu'on est champion du monde
14:01ou champion uniquement le soir
14:02où on le devient finalement.
14:04C'est très philosophique la boxe,
14:05bien que ça puisse paraître
14:06un sport violent
14:07et dépourvu de réflexion.
14:09C'est un sport pour moi
14:10qui m'a énormément appris.
14:11Tactiquement,
14:12c'est un réel jeu d'échecs
14:14et j'apprends tous les jours
14:15de ce sport.
14:16Alexis pense aussi à M. Le Boloque,
14:18son prof de maths du lycée
14:19qui n'est jamais très loin.
14:20J'ai des contacts,
14:21on échange de temps en temps
14:22et puis il est toujours au lycée Turgot
14:23donc quand je suis en scooter
14:25ou quoi,
14:25il essaie de passer
14:26et de faire un petit coucou.
14:43Je dite Alexis Nicolas,
14:44est-ce qu'il veut faire
14:45d'autres combats de MMA ?
14:47Oui, là il a réalisé
14:48son premier gros combat de MMA
14:50qu'il a gagné il y a quelques semaines,
14:51on l'a dit lors de l'entretien.
14:53Le MMA,
14:53c'est un sport
14:54qui est en pleine expansion,
14:55qui est en plein boom.
14:56Ce n'est pas toujours facile
14:57de faire sa place dans ce sport
14:59mais Alexis Nicolas est optimiste
15:00et il pense qu'il pourra trouver sa place
15:03parmi les autres combattants.
15:04Et est-ce qu'il a d'autres projets
15:06ou d'autres envies ?
15:07Oui, il a un gros projet,
15:08c'est le cinéma.
15:09Alexis Nicolas aimerait bien
15:10tourner dans un film un jour,
15:11il aimerait bien être acteur.
15:12En tout cas,
15:12c'est une expérience
15:13qui l'intéresse énormément,
15:14il est enthousiaste là-dessus.
15:16Il faut savoir qu'Alex Nicolas
15:17a aussi travaillé
15:18avec le chanteur Youssoufa,
15:20le chanteur qui a participé
15:21à une petite vidéo publiée
15:22sur les réseaux sociaux du sportif
15:24dans lequel il annonçait
15:25son arrivée dans une nouvelle agence
15:27de management de sportifs.
15:29Alexis Nicolas a aussi participé
15:32à la cérémonie des flammes,
15:33une cérémonie qui récompense
15:35le rap et le R&B français.
15:37On a compris en écoutant ton sujet
15:38que son enfance n'a pas toujours été facile,
15:40son père qui a été violent
15:42quand il était petit.
15:43Est-ce qu'il le voit encore aujourd'hui ?
15:45Pas vraiment.
15:46Il a quelques contacts
15:47avec son père aujourd'hui
15:48mais il est quand même
15:49beaucoup plus proche de sa mère.
15:51En revanche,
15:51Alexis Nicolas reste très attaché
15:53à son quartier d'enfance,
15:54les Amandiers,
15:55et à son club de boxe d'enfance
15:57à Méni-le-Montant,
15:58deux endroits
15:59qu'il fréquente encore beaucoup aujourd'hui.
16:01Merci Judith Perret,
16:03merci à Éric Michel
16:04et Samuel Goto pour leur aide.
16:06Cet épisode de Code Source
16:07a été produit par Clémentine Spiller
16:09et Thibault Lambert,
16:10réalisé par Pierre Chaffanjon.
16:13Code Source,
16:13c'est le podcast quotidien
16:15d'actualité du Parisien.
16:16Nous publions un nouvel épisode
16:18chaque soir de la semaine
16:19du lundi au vendredi.
16:20Et puis n'oubliez pas
16:21le samedi matin,
16:22Crime Story,
16:23notre podcast consacré
16:24aux affaires criminelles,
16:26Crime Story
16:26présenté par Claudia Prolongeau
16:28avec Damien Delsenis,
16:30le chef du service
16:31police-justice du Parisien.
Commentaires

Recommandations