00:00Oui, Romain, il répond dans la presse locale du Sud-Ouest à l'idée de taxation des super-profits,
00:05idée qui a été brandie sitôt les résultats de Total Energy annoncés avec des bénéfices en hausse de 50%
00:10en pleine guerre en Iran.
00:13Donc évidemment, le discours politique populiste s'est emparé de ce sujet-là pour crier finalement à la taxation à
00:18tout va,
00:18sauf que c'est très compliqué de taxer les super-profits ou les profits tout courts de Total qui sont
00:23pour l'essentiel réalisés en dehors de France, évidemment.
00:26Et donc, l'idée qui pourrait prévaloir, ce serait de taxer spécifiquement les raffineries.
00:31Ce que répond Patrick Pouyanné, c'est que si le gouvernement français décidait de faire cela,
00:37alors la décision prise par Total de bloquer les prix à la pompe,
00:41qui est une décision qui est évidemment très importante pour le pouvoir d'achat des Français,
00:46c'est quand même une situation inédite, on voit aujourd'hui des prix à la pompe qui sont plus élevés
00:51sur les stations-service des grandes surfaces par exemple,
00:54que chez Total.
00:56Donc c'est une décision très importante qu'a prise l'entreprise pour le pouvoir d'achat des Français.
01:00Il ne pourra évidemment pas la maintenir si jamais on décidait de taxer davantage les raffineries
01:05qui par ailleurs sont en plus souvent déficitées, rappelle Patrick Pouyanné.
01:08Surtout, notez cette phrase qui est très importante, il déclare qu'il n'y a aucune honte à faire des
01:14profits.
01:14Cela signifie que l'entreprise fonctionne bien.
01:17Et c'est vrai que ce discours qui crie en rose sur les super-profits,
01:20c'est un discours au fond qui voudrait que les entreprises aient honte simplement de gagner de l'argent.
01:23Et heureusement, on le dit, on le répète, mais c'est une évidence.
01:26Il faut avoir un petit poids à la place du cerveau pour ne pas comprendre ça.
01:29C'est-à-dire qu'une entreprise qui ne fait pas de bénéfices et qui ne fait pas de profits,
01:32elle meurt.
01:33Les bénéfices, ça permet de se développer.
01:36C'est une formule magique que de brandir en France la taxation des profits à tout bout de champ.
01:41Dès qu'il y a un problème, on va taxer les profits.
01:42Une formule magique est doublée d'un néologiste parce que le mot super-profit en réalité ne sort pas de
01:46la théorie économique.
01:47Aucun manuel d'université vous enseignera ce que c'est qu'un super-profit.
01:51Ce qui veut dire qu'en fait, c'est laissé à la libre appréciation des hommes politiques en fonction des
01:56besoins du moment.
01:57Du moment qu'il y a une entreprise qui réalise un bénéfice important pour apparaître super-profit,
02:02à ce moment-là, plus 5%, plus 10%, plus 50% par rapport aux résultats habituels de l'entreprise,
02:08qui fixera la limite.
02:09Et puis vous voyez par exemple un Éric Coquerel, président de la Commission des finances de l'Assemblée nationale,
02:15qui, en parlant de TotalEnergie, finit par citer Pellemel LVMH par exemple.
02:20Pourquoi ? Alors que pourtant les résultats de LVMH sont plutôt en baisse par rapport à d'habitude,
02:24moins 5% en 2025.
02:26Simplement parce que LVMH, c'est l'entreprise sur laquelle on aime bien taper
02:29quand on est un dirigeant de gauche ou d'extrême-gauche.
02:31Et peu importe quelle est la réalité économique du moment ou celle de l'entreprise en particulier.
02:36Au fond, ça revient à créer une taxe au ressenti, à la louche, votée à l'humeur.
02:41Et on voit bien ici la difficulté, c'est que finalement, ça rend la situation économique
02:45complètement imprévisible pour les entreprises.
02:47Derrière ça, il y a une méfiance à l'égard de l'entreprise, j'allais dire,
02:49à l'égard du privé par rapport au public.
02:52Oui, et en France, un vieux réflexe Marxiste qui consiste à penser que, encore une fois,
02:55quand une entreprise gagne de l'argent, c'est nécessairement qu'elle l'a volé aux gens.
02:59Ce qui est intéressant, c'est qu'on voit à ce sujet un hiatus, par exemple,
03:01entre Marine Le Pen qui a versé dans ce discours en disant qu'il fallait absolument taxer
03:04les super profits de TotalEnergie.
03:06Et Jordan Bardella qui dit que ça n'est pas la priorité.
03:08Et il y a peut-être entre les deux, au-delà d'une stratégie électorale certainement un peu différente,
03:12une différence de génération.
03:13Jordan Bardella a bien compris que l'urgence, pour le moment,
03:16c'est d'aider les entreprises françaises à gagner de l'argent, à en gagner plus.
03:19Et pour ça, il faudra certainement assouplir aussi les règles du jeu que leur impose l'État.
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