Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 10 minutes
La journaliste Gabrielle Cluzel parle des récents propos de Chems-Eddine Hafiz sur le canon français : «Viser le cochon, c’est préoccupant à titre économique, mais également à titre personnel».

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00J'ai entendu aussi Julien Aubert, il n'y a pas longtemps.
00:02Ah oui, c'est vrai qu'il y avait longtemps qu'on ne s'était pas attaqué au canon français,
00:06ça manquait.
00:08Donc LFI et la presse d'extrême-gauche font des procès en nazisme.
00:12Là, c'est un autre front qui vient de s'ouvrir, si j'ose dire, sur un autre sujet.
00:17Donc, dans sa vidéo, vous l'avez dit, le recteur de la Grande Mosquée déclare que le canon français exclut
00:26une partie de la population parce qu'il sert du port.
00:28Alors, sa phrase précise, c'est 4 000 convives, on l'a vu juste avant la pause, autour d'un
00:32cochon à la broche, un banquet présenté comme la célébration des valeurs françaises.
00:36Et puis, il dit quelques trucs entre-temps.
00:39Et puis, un banquet où l'on chante à la gloire d'une figure politique, je n'ai pas compris,
00:43parce qu'il chante Maxime Le Forestier, je n'ai pas compris qu'elle était la figure politique,
00:47en excluant symboliquement ceux qui ne ressemblent pas.
00:51Alors, là, pour le coup, c'est très clair.
00:53Donc, il dit que le cochon à la broche et la célébration des valeurs françaises excluent symboliquement.
00:59Alors, c'est vrai que ce n'est pas la première fois qu'on fait un procès en sorcellerie au
01:03cochon.
01:03Je crois que Marc en avait parlé.
01:06On se souvient de la fête du cochon à Ayange, qui avait été qualifiée d'islamophobe.
01:11Et puis, peut-être pas, c'est plus inaperçu, même si cela avait tourné sur les réseaux sociaux.
01:15Il y avait une jeune femme à la fête de l'Huma lors d'une table ronde.
01:18Elle s'était la présidente de l'association Jeunesse Populaire et elle s'était indignée de la fête de l
01:24'Huma,
01:24parce qu'elle avait vu le matin même un cochon en train de rôtir.
01:29Pour elle, c'était la preuve, je cite, que l'événement était plus blanc que blanc.
01:33Alors, moi, je ne vois pas le rapport.
01:34Il y a des tas de gens qui ne sont pas blancs et qui consomment du porc, mais bon.
01:37Mais il faut dire que les pouvoirs exécutifs et judiciaires font monter ce procès en sorcellerie du cochon.
01:46Rappelons-nous quand des cochons avaient été déposés devant des mosquées.
01:51Cela avait fait une affaire d'État.
01:53Le président avait exprimé, je cite, son soutien à la communauté musulmane.
01:57Alors, nous sommes d'accord, c'est de la provocation et il ne faut pas provoquer les gens.
02:00Mais je ne crois pas que le président fasse montre de tant de sollicitude à chaque acte antichrétien.
02:06On l'a vu pour la Vierge décapitée.
02:09Je n'ai pas entendu dire qu'il ait exprimé son soutien.
02:12Et pourtant, s'il suffit de ramasser des têtes de porc qui ont été déposées dans la rue
02:16et de les mettre à la poubelle pour revenir à la située à l'État antérieur,
02:19eh bien, il ne sera pas de même de la statue détruite.
02:22C'est un peu plus compliqué de la remettre en État.
02:24De même, on se souvient qu'en 2016, une peine de six mois de prison avec sursis avait été prononcée.
02:30Six mois de prison avec sursis.
02:31À l'encontre d'un charcutier lorrain pour avoir déposé des lardons dans la boîte aux lettres d'une mosquée
02:37quelques heures après l'assassinat du père Amel.
02:39Alors, ça semble quand même, là aussi, c'est de la provocation.
02:42Nous sommes d'accord, il ne faut pas faire de provocation.
02:44Mais ça semble quand même un tout petit peu excessif au vu des prênes prononcées pour d'autres actes.
02:49On verra avec Charlotte Dornelas.
02:5118 mois de prison requis avec sursis pour des agressions sur des fillettes de...
02:55Lundi, il y a une femme qui a été condamnée à six mois de prison avec sursis.
02:58J'ai pris la peine équivalente pour complicité de trafic de drogue.
03:01Et un homme a été condamné à six mois de prison avec sursis pour avoir agressé sexuellement une ex-mise
03:06France.
03:06Bon, voilà.
03:07Là, c'était des lardons dans une boîte aux lettres.
03:09Alors, un magistrat me dit, ah oui, mais c'était à cause du contexte.
03:12On voulait que la France ne s'embrasse pas.
03:14Bon, nous parlions hier du bannissement dans la langue française des expressions chrétiennes.
03:20On va aussi peut-être bannir le cochon.
03:22Est-ce du lard ou du cochon ?
03:23On n'a pas gardé les cochons ensemble.
03:25Cochon qui s'en dédie.
03:26C'est donner de la confiture au cochon.
03:28L'interjection, bam, au cochon.
03:31Il y a même un proverbe qui dit à la Saint-Martin, tue ton cochon et invite ton voisin.
03:34Là, il y a tout faux.
03:35Il y a le saint, le cochon.
03:36Le voisin qui potentiellement n'a pas de cochon.
03:40Selon la jurisprudence de M. Hafiz, cette expression doit disparaître.
03:45Alors, pourquoi cette dérive est-elle extrêmement préoccupante selon vous, Gabrielle Cluzier ?
03:49Viser le cochon, ce n'est pas rien.
03:50C'est préoccupant à titre économique et culturel.
03:54D'abord parce que la filière porcine est très importante en France.
03:56C'est 22 300 entreprises pour toute la filière, 130 000 emplois, souvent des fermes familiales.
04:02C'est la France qui a le plus de recettes de charcuterie, plus de 450.
04:07La France est souveraine et même autosuffisante.
04:10Elle l'était jusqu'à un temps récent.
04:13Donc, il faut quand même le dire parce que c'est rare.
04:15Mais elle est en but au problème administratif, à la concurrence intra-européenne, mais aussi extra-européenne,
04:23comme avec le Mercosur, le Brésil donc.
04:25Et puis, elle fait aussi l'objet d'attaques de véganes.
04:28Et puis aussi, j'ai oublié l'Office français de la biodiversité.
04:31Vous savez, ces fameux cow-boys qui viennent leur chercher parfois des poux dans la tête.
04:34Donc, le cochon est au centre des habitudes culinaires françaises.
04:38On connaît l'expression « tout est bon dans le cochon ».
04:41Et c'est vrai, y compris les pieds.
04:42Vous savez, il y a une spécialité dans une ville qui s'appelle Sainte-Ménéhoulte, dire Sainte-Menou.
04:45Même Louis XVI paraît-il aimait beaucoup.
04:47Et pendant la guerre, des familles entières ont été sauvées par le cochon des familles de la campagne,
04:53mais aussi des familles de la ville parce qu'elles venaient rejoindre la campagne.
04:57Donc, l'activité du « tu-cochons » était une tradition rurale.
05:02Et c'est vrai qu'on faisait du saucisson, du pâté, du jambon, du boudin, de la saucisse.
05:07Et cela reste du reste un des rares espaces de liberté en France.
05:10On peut encore élever son cochon et ne pas passer par l'abattoir en respectant un certain nombre de règles
05:15si on le réserve à une consommation familiale.
05:20Michel Fayad, vous mangez du cochon ?
05:21Bien sûr.
05:22Bon, alors lâchez votre portable deux secondes.
05:26Parce que tout le monde m'a dit « mais qu'est-ce qu'il fait ? Il parle à
05:28qui ? »
05:29Je regarde les infos, vous m'a dit de regarder s'il y avait quelque chose qui est tombé.
05:32Oui, c'est une très bonne réponse.
05:33Vous pouvez regarder des recettes de cochons.
05:35Et regarder s'il se passait quelque chose dans un port d'Orbouz.
05:40Oh, pas mal.
05:41On le fait rougir.
05:43Dernière question, Gabrielle Cluzel.
05:45Pourquoi est-elle préoccupante, cette question, sur le plan culturel ?
05:50Eh bien, parce que pointer du doigt le cochon grillé,
05:52c'est vraiment pointer du doigt nos mœurs.
05:54C'est un cap supplémentaire.
05:55C'est au-delà de l'exigence des menus de substitution à la cantine.
06:00Parce que si les enfants sont obligés d'aller à l'école,
06:02personne n'est obligé d'aller s'inscrire au canon français.
06:05Donc ça veut dire qu'en fait, consommer dans son coin du cochon,
06:07c'est stigmatisant en soi.
06:09Les restaurants spécialisés dans le cochon,
06:11les charcutiers donc sont islamophobes, j'imagine.
06:13C'est une accusation grave.
06:15Et on sait les conséquences de ce genre d'accusations.
06:18Vous savez, les catholiques ne sont pas censés prendre du poisson le vendredi.
06:21A fortiori, les vendredis de carême,
06:22encore plus le mercredi des saints, les vendredi saints.
06:25Mais s'ils poussent ces jours-là à la porte d'un restaurant,
06:27en comprenant le mot boucher, bœuf, agneau, que sais-je,
06:30ça a leurs risques et périls.
06:31Ils savent lire, ils prennent leurs responsabilités.
06:34Et si l'on tire le fil de ce procès en exclusion,
06:37en islamophobie, vous savez, sur fond de petites musiques victimaires,
06:41ça va nous emmener loin.
06:42Le canon français sert aussi du vin.
06:44Est-ce aussi islamophobe ?
06:46Moi, je ne sais pas, les desserts comme le baba au rhum
06:48et la crêpe suzette, vous savez, flambée à l'alcool.
06:50Est-ce que c'est islamophobe ?
06:53Au-delà du cochon, ne pas servir du halal, ça exclut aussi.
06:57Vous voyez, les fêtes du village, il n'y a pas de menu de substitution.
07:00On prend ce qu'il y a.
07:02Or, si servir du cochon, c'est exclure,
07:04servir du non-halal, c'est exclure.
07:07Donc, le chantage est clair.
07:08Si vous ne changez pas vos mœurs pour adopter les nôtres,
07:11nous vous ferons des procès en exclusion et en islamophobie.
07:14Le recteur de la Grande Mosquée de Paris
07:17travaille à l'assimilation, mais à la nôtre.
Commentaires

Recommandations