- il y a 2 jours
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00:00Musique
00:42Donnez-moi un tigre, s'il vous plaît.
00:44Alors, mon cher majeur, quoi de neuf, ou plutôt, qu'est-ce que vous trouvez de changé chez nous?
00:49Ah, les pubs. Nous n'avons jamais vu de pubs comme ça en Angleterre. Je conteste, comme vous.
00:57Moi, je conteste? Non, je veux dire que tous les French people contestent. Vous contesterez toujours.
01:03Vous êtes nés contestataires, comme nous avons le Navy dans le sang.
01:07Écoutez, vous, avec vos 200 unions, vos 200 syndicats, vous n'avez rien à dire.
01:12Écoutez, la dernière fois que j'ai été chez vous pour visiter une fabrique de voitures à Coventry, la chaîne
01:17était arrêtée à cause du thé.
01:19On avait réduit le nombre des femmes chargées de distribuer le thé dans l'usine et les ouvriers contestaient.
01:24Well, of course. Mais vous aurez toujours sur nous une grande supériorité.
01:28Laquelle?
01:29Le calendrier.
01:31Le calendrier contestataire.
01:34Vous avez une façon de vivre mai en octobre et octobre en mars qui n'appartient qu'à vous.
01:42Non, mais je n'invente rien.
01:44Au mois de mars dernier, je n'arrêtais pas de voir vos journaux se demander si on ne vivait pas
01:49un nouveau mai 68.
01:51Et en mai 68, quand j'étais ici, je n'entendais parler que du mouvement du 22 mars.
01:57Alors que l'homme du 18 juin était encore là.
02:00Et tout ça avec des défilés, rue du 4 septembre et du 29 juillet.
02:05Comme vous dites, il faut le faire.
02:07Mais en dehors de ça, mon cher Marmaduc, quoi de neuf à vos yeux?
02:11Ah, j'ai retrouvé la France pareille à elle-même.
02:14Un peu changée peut-être, mais toujours charmante dans ses sabots de Donvay.
02:18Et puis alors, j'ai fait connaissance avec votre poste dernier écrit.
02:23Le courrier à changement de vitesse.
02:25That's tremendous.
02:27J'ai retrouvé aussi vos poules.
02:30Poules?
02:31Oui, je veux dire les poules A, les poules B et les poules C.
02:35Oui, je veux parler dans la France de Béziers, de Bons de Manson, de Bègles et de Narbonne,
02:40qui sont couverts de football et de rugby, me réapprennent la géographie.
02:44Et me démontrent que Sedan n'est pas un nom de défaite, mais le nom d'un onze formidable.
02:50Ah oui, c'est vrai.
02:51Et en somme, après notre calendrier, c'est la géographie qu'il faut revoir.
02:54Alors, of course, mon dear Peter.
02:57Avez-vous jamais pensé à la tête que pouvait faire un anglais en débarquant un lundi matin à Paris
03:03et lisant dans vos journaux que Nantes est allée à Bordeaux,
03:08que Brest est allée à Sochaux,
03:10et qu'à Toulouse, Nice a dû céder sa place au monde.
03:15Mais nos structurations, nos motivations, nos mutations, vous y faites?
03:20Oh, pas du tout.
03:20Oh, j'ai beaucoup de mal à me faire au français de la nouvelle société.
03:24Mais j'ai encore plus de mal à me faire à l'anglais tel qu'on l'écrit dans vos
03:29journaux.
03:30Et surtout dans la presse publicitaire.
03:33Par exemple?
03:34Oh, c'est pas les exemples qui manquent.
03:36Tenez, regardez ici.
03:38Il y a une enseigne pour un magasin de vêtements démarqués
03:42et qui s'appelle Drug Sold,
03:45ce qui veut absolument rien dire,
03:46parce que Drug en américain, ça veut dire pharmacie,
03:49et Sochaux, ça veut pas dire du tout chaux, ça veut dire vendu.
03:52Vous qui avez passé tellement de temps à faire anonner à votre anglo-français de fils La Fontaine,
03:57il faut bien vous dire que tout ça est un peu dépassé.
04:09Quand je vois mon thé à 17h,
04:15Tu manges du pain sans si t'en ai peur
04:19Pour me faire plaisir,
04:22Tu apprends l'anglais,
04:24Mais avec l'accent de Saint-Germain des Frères.
04:29C'est comme ça,
04:31C'une anglaise et ma français,
04:34C'est comme ça que je veux t'aimer,
04:39Toi, où que tu sois,
04:42Tu es décontracté,
04:45C'est tous les jours,
04:46Le 14 juillet,
04:49Les gens dans la rue,
04:53Sors-tu tes amis,
04:55C'est-à-dire dans tes yeux que tu aimes la fille,
04:59C'est comme ça,
05:02Tu n'en es et ma français,
05:04C'est comme ça,
05:07Que je veux t'aimer,
05:19La main dans la main,
05:22A travers Paris,
05:25Nous rions dans rien,
05:27Même sous la vie,
05:30Je suis avec toi,
05:33Entre ciel et terre,
05:35Tu dis que l'amour,
05:36Tu n'as pas de frontière,
05:39C'est comme ça,
05:42Qu'une anglaise et ma français,
05:44C'est comme ça,
05:47Que je veux t'aimer,
05:49C'est comme ça,
05:52Qu'une anglaise et ma français,
05:54C'est comme ça,
05:57Que je veux t'aimer,
06:10Alors vous voulez dire,
06:11Mon cher Pierre,
06:12Que votre façon de vivre,
06:14Et votre langage,
06:15Ont complètement changé,
06:17Mais non,
06:17Mais non,
06:18Mais tout ça est exagéré,
06:19Et là vous venez de parler du français,
06:20Tel qu'on l'écrit dans la publicité,
06:22Ou tel que le parlent,
06:23Quelquefois nos technocrates,
06:24Parce que nous sommes malades de technologie,
06:26Mais dans l'ensemble,
06:28Le français reste beaucoup plus sain,
06:29Vous ne voyez pas un bon romancier,
06:31Parler de concertation,
06:32De mutation,
06:33Ou d'amour pluridisciplinaire,
06:34Je peux même vous dire que,
06:36Le courrier des chroniqueurs du langage,
06:39N'a jamais été plus abondant,
06:40Il y a même un monsieur,
06:41Qui téléphone tous les huit jours,
06:42Au Figaro,
06:43Pour signaler,
06:44L'importance de lâches aspirées,
06:45Dans le marché commun,
06:47Mais oui,
06:48Les choses changent beaucoup moins vite,
06:49Qu'on ne le dit,
06:50Ou qu'elles ne paraissent,
06:51Je suis même à peu près certain,
06:53Qu'il y a aujourd'hui encore,
06:54Des enfants qui sont élevés,
06:56Dans le même culte des idées reçues,
06:58Que celles que j'ai reçues moi-même,
06:59Et telles que va vous les faire revivre,
07:02Jacques Duby,
07:03Jacques Duby,
07:03Qu'est-ce que c'est ?
07:04Ben c'est un peu moi.
07:06J'ai grandi,
07:07A l'ombre des grands arbres familiers,
07:10Les principes.
07:12La géographie familiale,
07:14Était faite de clichés,
07:15Aussi rituel,
07:16Que ceux de la maison carrée de Nîmes,
07:18Ou de la momie de Ramsès II,
07:20Dans les manuels d'histoire.
07:22Il y avait,
07:22Mon oncle Jérôme,
07:24Le monde de l'oncle Jérôme,
07:26Était une immense ménagerie,
07:27Où chaque pays avait son présentage.
07:30Comme gaulois,
07:31Aigle allemand,
07:32Ours russe,
07:34Il y même faisait une telle consommation de dictons zoologiques,
07:37Qu'il ne parlait jamais sans avoir un animal dans la biche.
07:40Un bon chat,
07:41Bon rat.
07:42L'oncle Jérôme,
07:43Qui avait eu la chance,
07:45Sinon d'être à Verdun,
07:46Du moins d'en sortir,
07:48Était le seul membre de la famille,
07:49Décoré,
07:50Et comme auréolé,
07:52De l'indiscutable médaille militaire,
07:54Avec elle,
07:55On savait qu'on n'aurait jamais le dessus.
07:58Longtemps après 18,
07:59Il avait gardé la passion des défilés.
08:01Ce de saumur ne lui suffisant pas,
08:03Il s'arrangeait pour monter à Paris,
08:05Le 14 juillet,
08:06Ou le 11 novembre.
08:07Deux ou trois expériences me suffirent,
08:09Pour découvrir,
08:10Que ce qu'il recherchait dans les défilés,
08:12Ce n'était pas le défilé,
08:14Mais l'homme,
08:15Qui ne se découvre pas,
08:16Devant le drapeau.
08:17C'est cet homme,
08:18Que mon oncle Jérôme,
08:19Repérait infailliblement.
08:22On ne peut rien pour attendre.
08:27Il va voir mon petit,
08:28Ce qu'il en coûte,
08:29On ne va saluer le drapeau.
08:31Alors,
08:32Qu'est-ce que vous attendez,
08:33Pour vous découvrir ?
08:34On se découvre devant le drapeau.
08:36Allez, viens mon petit,
08:37Il ne faut pas piétiner l'homme à terre.
08:39Ils seront seulement,
08:40Que ça ne lui salue pas de le sol.
08:43Il y avait,
08:44Gustave Jouglet,
08:45L'industriel,
08:46Dont les apparitions
08:47Étaient annonciatrices de catastrophes.
08:49Depuis 20 ans,
08:50Il menait une double,
08:51Parfois même une triple vie,
08:53Avec de nombreuses maîtresses.
08:55Je ne compris que plus tard,
08:56Pourquoi il avait élevé la calamité,
08:58A la hauteur d'un culte.
09:00Tu as des ennuis ?
09:01Oui.
09:02Gros ?
09:03Oui.
09:05Argent ?
09:06Non !
09:08Tu te sens bien ?
09:09Moulu, mais très bien.
09:11Je ne peux rien faire pour toi.
09:13Ah, ça,
09:14Si tu veux prendre ma place ce soir,
09:16Je veux bien.
09:17Ce soir ?
09:18Parfaitement ce soir.
09:19Expliquez pendant deux heures à une bande d'abrutis,
09:22Comment on peut faire entrer du 6-24 dans des tubulures de 16,
09:26En maintenant le prix de revient du brut,
09:28Tout en élevant la cadence de fabrication,
09:30Alors là,
09:30Je te laisse ma place.
09:32Réfractaire au 6-24 et au problème de tubulure,
09:35Solange se taisait.
09:36Elle se sentait dépassée par cette conférence de nuit,
09:39Qui en réalité avait pour théâtre,
09:41Un petit appartement de la rue Sigismont.
09:43L'oncle Jérôme et Gustave Jouglet,
09:45Était parmi les personnages principaux,
09:47Mais il y avait aussi la tante,
09:48Il n'y a plus.
09:49Il n'y a plus de salon,
09:51Il n'y a plus de saison,
09:52Il n'y a plus d'armée,
09:53Il n'y a plus de société,
09:54Il n'y a plus de diplomate,
09:56Il n'y a plus d'aristocrate,
09:58Il n'y a plus rien,
09:59Nulle part.
10:00On est bien obligé de constater qu'il ne vous reste pas grand chose.
10:03Avec l'oncle Jérôme,
10:05La tante il n'y a plus,
10:06Et Gustave Jouglet,
10:07Il y avait le cœur des lamentations.
10:10Ma tante Louise,
10:12La femme de l'oncle Jérôme,
10:13Qui ne cessait de soupirer des...
10:17Enfin...
10:17Mademoiselle Thiercelet,
10:19Dont les interventions se limitaient à siffler des...
10:23Ça...
10:25Psssss...
10:25Et M. Lantule,
10:27Qui se contentait de reprendre chaque mot prononcé,
10:30En y ajoutant des...
10:31C'est un dimanche de novembre,
10:37Encore beau,
10:38Assez chaud,
10:39Un couple passe dans la rue,
10:41Les pactons.
10:42Leur magasin de nouveautés s'est agrandi.
10:44Venez, venez voir les pactons,
10:46Psssss...
10:47Mais regardez-moi,
10:47Regardez-moi cette allure,
10:49De l'aspracon par ce temps,
10:51On se demande vraiment pourquoi,
10:53Psssss...
10:53Enfin,
10:54C'est presque l'hiver,
10:54Comme on se croirait en été...
10:56Quand à Noël,
10:57On voit les mouchons,
10:58À Pâques,
10:59On voit les glaçons.
11:00Il n'y a plus de vrais hiver,
11:02Mais en fait,
11:03Si sa mère voyait ça,
11:04Elle est mieux là où elle est la pauvre.
11:06Enceinte,
11:07Une viligeante,
11:08Dire qu'elle recevait le deuxième mardi,
11:11Et quel salon !
11:12Il n'y en a plus,
11:13C'est bien fini,
11:14Tout ça.
11:14On se demande où elle a été cherché ce chapeau,
11:18Psssss...
11:18Oh, elle lui prépare une belle vieillesse !
11:21C'est elle qui mène la barque,
11:23Elle le pousse et lui suit !
11:25C'est un faible !
11:26Elle le ferait passer par un trou de souris !
11:28Et n'oublions pas qu'il a été réformé !
11:30Ça ne l'a pas empêché d'avoir des gosses !
11:32Il suffit de peu de choses !
11:34C'est rose !
11:35Il y a un enfant !
11:36Les gens doivent être contentés de ce qu'ils ont !
11:38C'est toujours la même chose !
11:39Prenez la politique !
11:40Ah, vous savez, la politique...
11:41Oh, c'est pas beau !
11:42Psss !
11:43Au toit de là que je m'y mette !
11:44Pauvre Franck !
11:45Psss !
11:46On lui ont fait avaler des couleurs !
11:48Et de toutes les couleurs !
11:50Livré à une bande de voyants !
11:52De gens foutants !
11:54Qui ne songent qu'à s'engraisser !
11:55Et la plume comme un pigeon !
11:58Et qui se foutent pas mal de nous !
12:00Sauf pour se faire élire !
12:01Ah, ça oui !
12:02Après, elle n'est vu ni connu cet endroit !
12:04C'est trop commode, hein !
12:06Trop commode !
12:07Le pays peut bien crever !
12:09Psss !
12:10Et s'en foutent !
12:11Il nous faudrait un homme d'État !
12:13Un Clémenceau !
12:15Le tigre !
12:16Il n'y a plus de tigre !
12:18Il ne connaîtra jamais ça, le p'tit !
12:20Enfin !
12:21C'était la belle époque !
12:24Et on se plaignait !
12:25On trouvait encore des gens pour vous servir !
12:27Tandis qu'aujourd'hui, il n'y a plus personne !
12:30Et avec ça, j'avais mon temps !
12:31De mon temps, on leur donnait un dimanche par mois !
12:33Bah, qu'un bel heure dimanche, le dimanche !
12:35Vous souvenez-vous de Mélanie ?
12:37Ah !
12:38Mélanie !
12:39Une mansarde au sixième, sans eau !
12:41Elle montait son bro !
12:43Eh ben, n'aurait changé pour rien au monde !
12:44Il y a qu'elle est restée 36 ans !
12:4636 ans !
12:48Il n'y a plus de Mélanie !
12:50Ah ! C'était le bon temps !
12:52Ah ! Maintenant, il en refait l'eau courante !
12:55Et puis quoi encore ?
12:57Enfin !
12:57Bientôt, c'est nous qui les servirons !
12:59C'est nous qui les servirons !
13:01Eh !
13:02Il y a les patrons qui rentrent !
13:04Ils ne sont pas restés dehors bien longtemps !
13:06Son astraquant ne lui tenait sans doute pas assez chaud !
13:10Il lui faudrait sans doute du Saint-Chillat !
13:12Oh ! Du Saint-Chillat !
13:15En attendant, il lui en fait voir de bête !
13:20À sa place, je n'aurais fait ni une ni deux !
13:23J'aurais pris le taureau par les corps !
13:25Il en aurait été bien incapable !
13:28C'est vrai ! C'est plutôt lui qui emporte !
13:30C'est pauvre !
13:32Moi, je n'ai pas à me plaindre avec mon mari !
13:34Il voyage beaucoup, c'est vrai !
13:36Sonange !
13:37Ça ! On ne peut pas les empêcher !
13:41Et puis, il faut dire les choses comme elles sont !
13:43En voyage ! Un homme !
13:46Enfin, vous voyez ce que je vous dis !
13:48Mais voyons !
13:50Surtout !
13:52Surtout après un temps de mariage !
13:55Mais voyons !
14:00Qui est terrible !
14:02Ce sont les hommes qui s'attachent !
14:04Je veux dire, qui s'attachent à des médecins !
14:10Il y en a !
14:12Mais beaucoup plus qu'on le croit !
14:16Et pour avoir quoi je vous le demande !
14:20Jean-Pierre, si tu allais promener !
14:31Alors, vous croyez qu'il y a encore des tentes ? Il n'y a plus ?
14:36Ah non ! Peut-être pas les mêmes modèles !
14:37Mais enfin, il y a toujours des pleureuses du type
14:41Pauvre France !
14:42Ou il n'y a plus de bon pain !
14:44Tenez l'autre jour à l'Automobile Cobb !
14:46Il y a un Bridger qui s'est écrié en regardant son jeu !
14:48On ne voit plus les beaux jeux d'autrefois !
14:50Il faut pouvoir le dire !
14:52En tout cas, il y a un endroit où vous ne changez pas !
14:55Ou peu !
14:56C'est la rue !
14:57Les automobilistes sont toujours en pétard avec les piétons !
15:01Les piétons avec les automobilistes !
15:03Et les automobilistes et les piétons contre les agents !
15:06Et les automobilistes contre eux-mêmes !
15:08Ne m'avez-vous pas dit avoir été vous-même témoin
15:11d'une de ces bagarres classiques à Paris ?
15:14Oui, oui !
15:14Descendez si vous êtes un homme !
15:16Oui, oui, ça jamais !
15:17On n'aurait vu ça il y a 20 ans !
15:18Jamais !
15:19On n'aurait profité d'un encombrement
15:21pour descendre et aller balancer un marron
15:23à quelqu'un qui vous avait fait une vacherie 2 minutes avant !
15:26Mais aujourd'hui, c'est monnaie courante !
15:28Oui, ce n'est pas tout à fait notre genre !
15:30Non, je sais !
15:30Tenez, j'ai lu dans notre Times d'aujourd'hui une petite annonce !
15:35Voilà !
15:36Le conducteur de la Bentley XLO778,
15:42qui a eu un mot un peu vif dans le Strand
15:46à l'adresse d'un conducteur d'une Austin Rouge,
15:49prie celui-ci d'accepter ses excuses !
15:52Oui, ça, ce n'est pas notre genre !
15:53Moi, je dois dire que dans la rue,
15:55vous êtes beaucoup plus pondérés, beaucoup plus calmes que nous !
15:58Mais je vais vous donner un conseil !
16:00Si vous prenez votre voiture à Paris,
16:02consultez donc votre horoscope !
16:27Je ne sais pas si vous lisez l'horoscope, mais moi je lis mon horoscope tous les matins !
16:33Il y a huit jours, je vois dans mon horoscope, discussion et bruit dans votre ménage !
16:40Je vais voir ma femme, je lui dis « Qu'est-ce que je t'ai fait ? »
17:04Rien !
17:06Je me dis « Je me suis peut-être trompé ! »
17:08Le temps de vérifier dans le journal qu'il était sur la banquette de ma voiture !
17:11Pas ! Ça y était !
17:13Alors le conducteur est descendu, il m'a dit « Vous auriez pu m'éviter ! »
17:16Je lui dis « Pas du tout, c'était prévu ! »
17:18Il me dit « Comment ça ? »
17:19Je lui dis « L'accident est déjà dans le journal, monsieur ! »
17:22Je lui dis « Comment notre accident est dans le journal ? »
17:24Je lui dis « Le vôtre, je ne sais pas, mais le mien, il est ! »
17:27Mais il me dit « Le vôtre, c'est le mien ! »
17:28Je lui dis « Une seconde, monsieur ! »
17:30Je lui dis « Vous êtes tes sous qu'elle sait que vous ? »
17:31Il me dit « Balance ! »
17:33Je lui dis « Balance, je regarde, balance ! »
17:35Et bien je dis « Non, vous n'avez pas d'accident, vous êtes dans votre tort, mon vieux !
17:38»
17:39Alors il y a un agent qui est arrivé, il m'a dit « Vous n'avez pas vu mon
17:42signe ? »
17:45Je lui dis « Prenez le journal, monsieur, regardez, je vais pas regarder le signe de tout le monde !
17:47»
17:48Je lui dis « En bloc ! »
17:51Je lui dis « En bloc ! »
18:19Je lui dis « En bloc ! »
18:23Je lui dis « En bloc ! »
18:25Je lui dis « En bloc ! »
18:27!
18:28...
18:58...
19:29...
19:31...
19:32...
19:34...
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20:59Paul, je me sens las. Je voudrais que tu m'emmènes quelque part. Deux jours, pendant le week-end ?
21:03Oh, hélas, ma chérie, c'est pas possible. Samedi, j'ai rendez-vous avec un de nos agents de l
21:06'étranger.
21:06Il vient exprès à Paris pour me rencontrer.
21:09Oh, Paul, je voudrais t'avoir tout à moi pendant un week-end entier.
21:12Mais hélas, ma chérie, mais c'est impossible.
21:14Je t'ai gardé mon samedi, mais le lendemain, il faut que je m'enferme avec mes dos.
21:17C'est que j'ai tant d'ouvrages en retard.
21:18Je voudrais t'en pouvoir t'aider ?
21:20Ah non, non, ça, ça n'a rien à faire. Mon dimanche, ça ne l'aurait pas.
21:23Je veux bien être bête, mais je ne veux pas être bon.
21:25Les vaudevillistes ne savent pas quelle heure ils ont fait au ménage
21:27en présentant l'adultère comme une perpétuelle rigolade.
21:31Au revoir, ma chérie.
21:32Tu t'en vas déjà ?
21:33Si tu crois que ça m'amuse, pardon.
21:35Embrasse-moi mieux que ça.
21:37Tu regardes l'heure quand tu m'embrasses.
21:39Naturellement, parce qu'on n'a jamais le temps de s'embrasser.
21:42Alors je voulais voir à quelle heure ça s'était produit pour mieux en conserver le souvenir.
21:45Au revoir, ma chérie.
21:47C'est la sortie que tu arrives ?
21:48Si tu crois que ça m'amuse, allez, au revoir, ma chérie.
21:50Tu t'en vas déjà ?
21:51Ben oui, on ne fait pas ce qu'on veut.
21:52Oh, tu regardes l'heure quand tu es dans mes bras.
21:53Mais je minute notre baiser.
21:5516 secondes, encore battu.
21:56Il n'y a rien de plus qui nous font 17.
21:58Au revoir, ma chérie.
22:02Je suis bien contente.
22:04Ce voyage te fera le plus grand bien.
22:05Oh, quelle idée j'ai eue d'accepter cette tournée d'inspection à Nancy.
22:09Huit jours sans toi, mais je vais rentrer crever, tiens.
22:12Je crois que je suis bien contente.
22:13Nous partons demain, huit jours à Saint-Tropez.
22:15Huit jours, rien qu'à nous.
22:16Ben oui, ça passera vite, mais enfin quand même, ça nous fera du bien.
22:18Nous reviendrons gonfler.
22:19Oh, mon pauvre chien, quel barbe ce voyage à Nancy.
22:23Tu es si là.
22:24Je me demande si je ne ferai pas bien de t'accompagner.
22:28Tu es si fatiguée.
22:29Je me demande si je ne devrais pas te laisser partir seule.
22:31Allons-y.
22:32Quelle joie cette escapade sur la côte avec toi.
22:35Quelle barbe c'est tournée à Nancy.
22:37Sans toi, ma pauvre chérie.
22:38Nous irons à Saint-Tropez.
22:40À Saint-Maxime.
22:41À Lunéville.
22:42À Saint-Raphaël.
22:43Quel bonheur.
22:43Quel bonheur.
22:45Quel bonheur.
22:46Quel bonheur.
22:47Quel bonheur.
22:49Quel bonheur.
23:02Tu en as encore pour longtemps avec ton courrier.
23:04Je vais expédier ça.
23:06Mon chéri, si tu le permets, tu peux aller faire un tour.
23:08Bien sûr, mais va vite, va vite, mon chéri.
23:10Va, va, file.
23:14Mais c'est la charpotte, Madame Blou.
23:16Bonjour, monsieur Blou.
23:17Vous ne me remettez pas.
23:19Je suis client de votre compagnie.
23:20Ah oui.
23:21Mais je vous dérange.
23:22Oh oui.
23:22Ah, le courrier.
23:23Oh, ne m'en parlez pas, je sors d'en prendre.
23:25Mais vous, vous avez votre femme avec vous.
23:27Non.
23:27Tandis que moi.
23:28Figurez-vous que la mienne me croit Nancy.
23:31C'est amusant, ça, non ?
23:32Oui.
23:32Et agréable aussi.
23:33Pourtant, une précaution à prendre.
23:35S'assurer contre des coups de soleil.
23:36Ah bon ?
23:37Bien évidemment.
23:37Rentrer de Nancy bronzée, ça ne serait pas plausible.
23:39Ah oui ?
23:40Autre précaution à prendre.
23:41Raison.
23:41Oui, oui, oui.
23:42Je dis bien, autre précaution à prendre.
23:44Oui.
23:44S'assurer d'un correspondant dans la ville où l'on est supposé être.
23:47Paris en sept lettres.
23:48Elle partira ce soir pour Nancy et elle sera après-demain à Paris.
23:51C'est organisé, ça, non ?
23:53Excusez-moi, mais alors si je vous confiais ma lettre, vous pourriez me la faire partir ?
23:56De Nancy ?
23:57De Nancy.
23:58Ah, parce que vous aussi, vous.
24:00Mais alors ce n'est pas la vraie Madame Blon.
24:02Au fait, comment va-t-elle ?
24:03Comment ?
24:04Elle va bien ?
24:05Bon, et bien alors si ça peut vous faire désir, je reviendrai chercher votre lettre tout à l'heure.
24:08Voilà, prenez ça, ça peut vous être utile.
24:10A tout de suite.
24:11Voilà, bonjour, monsieur.
24:14Ma chère petite femme, ma chère petite femme.
24:17Je t'écris de Nancy où j'ai un travail du diable.
24:22Paul, tu viens de baigner ?
24:24Oui, non, je termine, ma chérie, je termine, je termine.
24:27Va vite, surtout ne regarde pas trop les athlètes en maillot.
24:30Oh, Paul, tu sais bien que j'ai horreur des beaux garçons.
24:32Oui, ah bon ?
24:33Ben, va, mon chéri, va.
24:35Horreur des beaux garçons.
24:38Comme toujours dans l'Est, il pleut, il fait gris, il fait froid.
24:44Mais soyez rassurés, j'ai mis mon gilet de flanelle.
24:48Gilet de garçons.
24:49Monsieur.
24:50Deux garçons, vous êtes l'or.
24:53Voilà, monsieur.
24:53S'il vous plaît, de bien.
24:55Voilà, j'ai mis mon gilet de flanelle.
24:59Voilà, merci.
25:00Merci beaucoup.
25:02Merci.
25:02Pardon.
25:04Nancy est une ville, Nancy est une ville, Nancy est une ville, Nancy est une ville, Nancy est une ville,
25:13Nancy et ses environs.
25:21Nancy est une ville de 124 800 habitants.
25:24C'est le chef du département de la Meurthe et Moselle construit sur la Meurthe et sur le canal de
25:29la Marlora.
25:30Eh bien, là.
25:32Alors.
25:33Nancy est une ville de 128 800 habitants.
25:35C'est le chef du département de Moselle construit sur la Meurthe et Moselle.
25:37Et je suis une ville de Moselle.
25:39Nancy présente un bel ensemble du 18e siècle.
25:43Avec la célèbre place Stanislas, l'évêché, la cour d'appel et l'école forestière.
25:52Nancy et la patrie de Drouot, Pixé-Récourt, Lyotet, Dombal, Saint-Lambert et Madame de Graffigny.
25:57Alors cette lettre, elle est prête ?
25:59Oui, tout de suite, tout de suite, monsieur.
26:01Des tas de gens célèbres sont nés ici, je t'embrasse bien fort ton Paul.
26:06Et voilà.
26:08Hein ?
26:09C'est pas mal.
26:11Et mille fois merci, cher monsieur.
26:13Il faut bien se aider entre hommes.
26:15Et comptez sur moi, monsieur Blot.
26:16Comptez sur moi.
26:18Mes hommages, chère madame, mes hommages.
26:22Alors ma chérie, tu t'es bien promenée ?
26:23Oh oui.
26:24Oh Paul, c'est merveilleux de voyager avec toi.
26:26Tu sais, il y a une ville où j'ai moins que tu m'emmènes.
26:28C'est pas aussi beau qu'ici, mais j'y suis née.
26:30Ah, mais c'est promis, nous virons.
26:32Oh Paul, ça me fera tellement plaisir d'aller avec toi à Nancy.
26:35Nancy.
26:37Nancy, Nancy est une ville de 124 800 habitants, avec sa célèbre place Stanislas, les déchets, la cour d'appel
26:43et l'école forestière.
26:44Incroyable, Nancy, 124 800 habitants.
26:48On ne doit pas s'ennuyer là-bas.
26:50Il faudra qu'un jour j'aille aussi à Nancy.
26:52Ah, c'est une belle ville, mais il y a des villégiatures plus gaies. C'est là où j'ai
26:55fait mon service militaire.
26:57Mais à ce moment-là, d'ailleurs, les Français étaient plus casaniers.
27:00Aujourd'hui, on vous mitonne des forfaits pour le Kenya ou pour Tahiti comme s'ils avaient cette Pamplune.
27:06On est en train de mettre au point un touriste à direction assistée, avec remboursement prévu par la Sécurité Sociale,
27:12si jamais ils se foutent la cheville en escaladant l'Acropole par la face nord.
27:16C'est ça, mais oui. Mais d'ailleurs, vous verrez qu'au train où on va, il faudra bientôt passer
27:21un examen pour entrer en Italie.
27:29Oh, ben tiens, ça doit être là, hein, Jojo ?
27:35Monsieur, c'est pour quoi ? C'est pour quoi ?
27:38Mais c'est pour visiter.
27:39Bon, vous êtes en quoi ?
27:41On est en circuit B, l'Italie, Rome, Naples, Palerme, Agrigente.
27:46795, France, Paris à Paris.
27:48Va compris !
27:49Oui, c'est très joli tout ça, mais en dehors du tout compris, de quoi jouissez-vous ?
27:53Deux panoramas uniques.
27:54Qu'allez-vous découvrir ?
27:55Des lieux féeriques.
27:56On l'espère, hein !
27:58Citez quelques notions ?
28:00Romulus Ceremus.
28:03Duralex.
28:04Oui.
28:05Les oies du Capitole.
28:09Les fourches Codine.
28:12Jupiter Tenant.
28:13Alors ?
28:14La Pitié.
28:14Non, non, non, non, arrêtez, non !
28:16Le forfait 32B ne comprend pas la Grèce.
28:18Non, ne comprend pas la Grèce.
28:19Eh ben, pour ton moment, il nous avait bien dit, hein, Jojo ?
28:22Pas de pitié.
28:22Oui, mais votre maman s'est trompée de circuit.
28:25Attention.
28:26Pas de pitié.
28:26Bon, non, pas de pitié.
28:28Vous arrivez, de quoi vous méfiez-vous ?
28:29De la fraîcheur des nuits.
28:31Des excès de Chianti.
28:35Des Lazzaronis.
28:36De la mendicité.
28:37Des bandits.
28:38Oui, encore.
28:39Des quartiers écartés.
28:40Oui.
28:41De l'eau polluée.
28:42C'est parfait.
28:44C'est pas fini.
28:46Si, non, c'est pas fini.
28:47Si, avec la permission de votre chef de groupe, vous prenez seul un fiatre, une voiture de place ou une
28:53gondole or, parfait.
28:54Attention.
28:55Que faites-vous d'abord ?
28:56Par ton prix.
28:58Mon prix.
28:58Voilà, très bien, non, d'accord.
29:01Bon prix.
29:01Très bien, vous avez pour cela avantage à...
29:03À parler l'idéome du pays.
29:05Bon, quelques mots.
29:05Un ferriculoso sportier-ci, un spaghetti.
29:08Un gélastique.
29:09Oui, très bien.
29:10Cameracone laiti.
29:11Une pocote à quoi ?
29:13Oui, très bien.
29:14Si les monuments vous laissent un instant, vous avez avantage à quoi ?
29:17Fresca.
29:18Bravo, Jojo, il l'a dit.
29:19Oh, heureux.
29:20À quoi, Fresca, mais où ça ?
29:22À l'une des nombreuses terrasses de café du centre de la ville, d'où l'on jouit de l
29:26'animation.
29:27Qui est très pidente.
29:29Attention.
29:30Vive.
29:31Qui est très vive.
29:33Bon, nous pouvons y aller.
29:34Mais ça fait rien, nous pouvons y aller.
29:36Ah, j'oubliais.
29:38Travaillez votre forum, parce que l'année prochaine...
29:41On l'a fait l'année dernière, notre forum.
29:43L'année prochaine, Jojo, il veut faire les aztèques, hein, Jojo ?
29:46Écoutez, faites les aztèques si vous voulez, mais travaillez quand même votre forum,
29:50parce qu'il y a un examen de passage plus difficile à l'entrée.
29:52Parce que nous, on l'a fait l'année dernière.
29:54Jojo, tu pourras le dire à Bézu.
29:55Il veut le faire l'année prochaine, le forum.
29:57Ça peut dire aux copains.
29:58Eh bien, c'est ça.
29:59Dites-le à Bézu, donc.
30:00Et faites les aztèques.
30:01À vous, sans les flors, hein.
30:02Nous commencerons, là, ici, par le temple d'Hercule.
30:06Ça, alors ?
30:07Qu'est-ce qu'il me dit ?
30:08Jojo, mets ta laine.
30:09D'une seconde, laisse-le parler.
30:11Mais vous allez voir qu'il va me faire un rhume, hein.
30:14Oh, là, là.
30:15Jojo, mets-moi ta laine.
30:17Oh, mais je vais la mettre.
30:18Tiens-moi ça.
30:19Mais regarde-moi ça, c'est plein de courant d'air
30:21avec toutes ces colonnes et filières du large.
30:22J'ai là à côté.
30:24Il va me l'attraper, c'est en chine.
30:25Tu sais quelque chose, hein ?
30:27Alors là, ça va être comme un pièce, je te jure.
30:29On sait qu'il a agrigé un temps plus.
30:30Je ne vois rien du tout.
30:32Là, vous avez bien tout à l'heure la colonne.
30:33Ça me gratte, maintenant.
30:35Là, là.
30:37Il y a quelque chose devant, les soies devant.
30:39Ça me gratte.
30:42Tiens, juste l'oiseau.
30:43Viens là, là, maintenant, d'avoir.
30:45Ça doit vous rappeler des choses, l'Italie.
30:47Vous aimez bien y aller.
30:49Oui, je me souviens qu'un jour,
30:50j'étais à Grigion en train de regarder la vallée des temples
30:54quand un Américain s'est approché de moi et m'a dit
30:59J'ai entendu dire qu'il y avait eu des Grecs par ici.
31:02Oui, c'est un voyage, on en entend.
31:04Moi, je me rappelle qu'un jour, j'étais à l'Acropole
31:06et j'ai vu une dame déplacer un peu son mari pour prendre une photo
31:09et lui dire, tiens, mets-toi par ici,
31:12je voudrais pouvoir prendre les profilés de face.
31:14Et puisque les Français parlent toujours de l'Italie
31:18en la comparant à l'Espagne
31:19et l'Espagne et l'Italie,
31:21on va vous emmener faire un petit tour du côté espagnol.
31:34Non, madame, qu'est-ce que c'est que ces façons de bousculer les gens ?
31:36Vous pouvez pas faire la queue comme tout le monde ?
31:37Mais monsieur, j'étais là.
31:38J'étais avant vous.
31:39Mesdemoiselles sont témoignées.
31:40Non, mais non, madame.
31:41Non, mais non, madame.
31:42Non, madame, vous êtes là et j'étais là.
31:45Mais vous venez d'arriver.
31:46C'est ça, je vais avoir un petit peu de poids.
31:47Il n'y a plus personne, il n'y a plus personne là.
31:48Écoutez, monsieur, je vous en prie, je vais vous en prie, monsieur.
31:50Je passerai un poids et tout, puis j'ai priorité.
31:51Mais priorité, quel point c'est pour un valide de guerre que ça ?
31:54Écoutez-moi ça, on veut...
31:55Oh, les mondes individus.
31:57Oh, puis-je vous prie d'être poli.
31:58Les mondes individus, ils mondes.
31:59Mais ne m'insultiez pas comme ça.
32:01Oh, bonjour, monsieur.
32:03Bonjour, madame.
32:04Parce que voilà, mon mari et moi avons décidé d'y aller.
32:07Oh, ça a été quelque chose pour le décider.
32:08Mais enfin, maintenant, ça y est, c'est fait.
32:09L'année dernière, nous avions fait l'Italie du Nord.
32:11Mais il faut bien changer.
32:12Alors voilà, je voulais vous demander,
32:14je voulais vous demander,
32:15est-ce qu'il fait si chaud que ça chez vous dans le Sud ?
32:18Non, mais enfin, caniculaire, je préfère savoir.
32:20Moi, personnellement, ça ne me gêne pas.
32:20J'adore la chaleur.
32:21Mais mon mari, ça, il ne supporte pas.
32:23Peut-être pour commencer, il faudrait peut-être mieux aller dans le Nord.
32:24C'est pas bien.
32:25Oui, c'est bien.
32:25Vous me direz, c'est pas vous qui faites le voyage.
32:27Mais enfin, on ne s'embarque pas pour Malaga comme pour Deauville.
32:29Je veux bien aller dans votre pays,
32:30mais c'est tout de même pas la porte à côté.
32:32Et puis, une fois qu'on est là-bas, trop tard pour revenir.
32:34Enfin, qui vivra, verra.
32:36Qui vivra, verra.
32:37Vous avez quelque chose pour...
32:38Oui, vous avez quelque chose pour écrire.
32:40Merci.
32:40Voilà, je vais chercher mon stylo.
32:42Mais je suis sûre, je me connais, je suis à distraction.
32:43Même que j'ai oublié, c'est même pas la peine que je continue à chercher.
32:45Je l'oubliais, vous avez un stylo.
32:47Eh bien, je ne sais pas comment vous faites pour écrire avec ça.
32:48Bon, alors, commençons par le commencement.
32:51Les pesétasses, les pesétasses, là, comme ailleurs, il en faut.
32:53Pesétasse, pesétasse.
32:54On peut en mener combien ? 15 000 ?
32:55C'est changé, c'est changé.
32:57Bien sûr, c'est changé.
32:57Je me disais aussi, avec 15 000, en un mois, on ne va pas bien loin.
33:00Et on peut les prendre ici ?
33:01Ben, ce serait.
33:01À quel cours ?
33:02On ne peut pas les avoir à meilleur compte.
33:03Si vous avez...
33:03Et donc, c'est peut-être plus intéressant de les prendre sur place.
33:05Oui, non, quoi ?
33:07Hein ?
33:07J'ai rien dit.
33:08Vous n'avez rien dit.
33:08Non, vous n'avez rien dit.
33:09C'est vrai, il n'a rien dit.
33:09Mais dis-donc, s'il me reste des pesétasses, vous me les reprenez ?
33:12À quel taux ?
33:13Non, mais ça, approximativement, inutile d'obtenir l'argent par les fenêtres.
33:18Tu vois une chose ?
33:19J'ai des amis qui ont une combine pour leurs pesétasses.
33:22Mais enfin, ce n'est pas légal.
33:23Il suffit d'une fois.
33:24Je ne leur souhaite pas de se refaire pincer, remarquez.
33:26Enfin, moi, je préfère faire les choses régulièrement.
33:28On n'est plus tranquille.
33:29Puis dites-moi, passer ses vacances en prison, et puis pas chez soi encore.
33:32Ben, dis-donc, voilà une histoire.
33:34Non, vous me visez ce genre de choses, moi, je ne suis pas...
33:36Qu'est-ce que je vous demandais encore ?
33:37Ah oui, les hôtels.
33:38Alors, ce que je voudrais remarquer, ce n'est pas un palace, non.
33:41Mais un hôtel propre...
33:42Non, mais madame.
33:43Mais madame, mais madame, mais madame.
33:44Vous savez, dans ces pays chauds, moi, je me méfie.
33:46Alors, je veux savoir ce qu'il faut compter pour un hôtel propre.
33:49Vins et services en plus, hein ?
33:51Quoi ? Quoi ? Vous ne le savez pas ?
33:53Ben non, vous ne le savez pas, vous êtes là, hein ?
33:54Vous ne le savez pas.
33:55Ou alors, c'est à la tête du client, dites-le, c'est à la tête du client.
33:57Vous dites, là comme ailleurs, c'est à la tête du client.
33:58Vous n'avez pas fini le grand numéro, non ?
33:59On en a marre, hein ?
34:01Oh, c'est à la tête du client, hein ?
34:03Mais j'ai dit, écoute, mademoiselle, vous voyez, mademoiselle, j'ai fait la queue,
34:05vous attendrez comme tout le monde, un peu sûr.
34:07Oh, ben non, ça, vous avez fait la queue.
34:08Vous avez entendu cette voix ?
34:09Vous avez entendu cette bonne alzacar, dernier mot tôt ?
34:11Il ne s'arrêterait pas, hein ?
34:12Il aura le dernier mot, il vous aura le dernier mot.
34:14Mais ce n'est pas facile avec une femme.
34:15Il ne faut pas écouter, il ne faut pas au-dessus de la tête, ce n'est pas la peine
34:18de...
34:18Vous me disiez combien ?
34:181500 pesetas ?
34:201500 pesetas ?
34:21Me dites donc, c'est plus cher qu'en Italie.
34:23Non, ben si, ne dites pas le contraire, c'est plus cher qu'en Italie.
34:25Les gens m'avaient dit qu'on était la moitié, ben bien sûr, la moitié du double.
34:28Enfin, oh, vraiment, les gens disent n'importe quoi, ça, on est même quelques fois désespérant.
34:31Vraiment n'importe quoi.
34:31Je voulais savoir, pour l'hôtel, pour le...
34:33Ben, je vous remercie, monsieur.
34:35C'est pour Grenade, monsieur.
34:36Oh, ben c'est un peu fort.
34:37C'est pour Grenade, elle ira plus tard à Grenade.
34:38C'est pour Grenade, monsieur, c'est pour Grenade, elle ira plus tard à Grenade.
34:40Oh, c'est quelque chose, vous savez, ça me met dans cet état.
34:43Alors, une chose très importante, c'est quand même la nourriture.
34:46Parce que, alors, pour les Français, la nourriture, pas pour moi, moi, ça m'est complètement égal.
34:50Vraiment, je mangerais n'importe quoi.
34:51Pour ça, c'est un plaisir que de...
34:52Mais mon mari est terriblement difficile.
34:54Et on m'a dit que votre cuisine à lui, il était terrible.
34:56Si, si, ne me dites pas le contraire, terrible, terrible, terrible.
34:58C'est comme le café, il paraît qu'il est imbuvable, votre café.
35:01J'ai même une amie, dites donc, il va jusqu'à penser son café en poudre à la frontière.
35:04Vous avez raison, penser le café en poudre à la frontière, quand même, c'est pas...
35:07Et l'eau, comment elle est, l'eau ?
35:08C'est de l'eau ?
35:09C'est de l'eau, il minère, oui, mais c'est de l'eau, c'est de l'eau, c
35:10'est de l'eau, bien sûr.
35:11Mais elle est potable, au moins dans le sud, il ne sait pas.
35:13Non, bien sûr, il ne le sait pas.
35:14On voit bien qu'il ne le sait pas.
35:15C'est comme notre eau minérale, c'est à peu près ça.
35:18Bon, un jour, merci.
35:19On a pas l'air très au courant de l'eau.
35:20Ah, ben, vous pouvez le mettre là ?
35:21Vous pouvez le mettre là ?
35:22Non, ça, j'ai pas d'amener.
35:24Je prendrai mon temps, et je prendrai mon temps, et je prendrai mon temps.
35:26Vous avez les horaires, c'est quand même très important de savoir quand je pars.
35:30Alors, nous avions...
35:30Voilà, c'est ça, oui.
35:31Alors, ben, ce fameux train qui m'intéressait à 20h30, c'est ça ?
35:34Un train qui m'attaque à 21h, et qui arrive le lendemain, dites donc, à 13h45 !
35:38Mais c'est terriblement loin !
35:39Ben, si, si, si, ne me dites pas non, c'est terriblement loin !
35:42Oh, c'est fou, ça !
35:43Mais il y a combien de kilomètres ?
35:44Vous le savez pas, naturellement, vous ne le savez pas.
35:45Il ne sait pas combien de kilomètres, on se demande vraiment ce qu'il fait ici.
35:47Et c'est direct, au moins.
35:48C'est pas direct ?
35:49C'est pas direct.
35:50Comment ça, c'est pas direct, il faut changer ?
35:51Il faut changer où ?
35:52Valia de lit.
35:53Valia de quoi ?
35:54Lit.
35:55Valia de lit ?
35:55Vous avez vraiment des noms à coucher dehors ?
35:57Oh, ça, changer !
35:57S'il y a une chose que je ne supporte pas, il enlut, c'est encore...
35:59Il va me faire la tête encore, ça, ça va être agréable, vous, je...
36:01Enfin, tenez-moi, tu fais deux places pour le 31 août soir.
36:03Changer, s'il y a une chose...
36:04Quichet 8 !
36:05Qu'est-ce qu'on est un salaire ?
36:06Qui ?
36:08Quichet 8 ?
36:08Faut que je recommence à faire la queue ?
36:11Ah, oui !
36:12Oui, mesdames, chacun son tour.
36:15Voulez-vous que je vous dise une bonne chose, monsieur ?
36:18Je n'irai pas dans l'Espagne.
36:30Eh, dites-moi ce melon, vous allez le garder visté sur la tête tout le temps ?
36:35Mon cher Daninos, en Angleterre, on ne retire pas son chapeau dans un pub.
36:40Parce qu'en Angleterre, il n'y a pas de dame dans l'Espagne.
36:44Et puis, laissez mon melon tranquille.
36:47Et avouez plutôt que toutes les observations que vous avez faites sur les Français,
36:51si vous ne les aviez pas faites par ma bouche, elles auraient beaucoup moins porté.
36:55Ça, c'est vrai.
36:56Au fond, vous êtes tenu d'un complexe infériorité.
36:59Je n'ai pas osé parler de mes compatriotes à la première personne, alors j'ai pris un déguisement.
37:03Ah, vous voyez, la première personne, c'est moi.
37:05Ah, ah, ah, ah, car c'est moi qui suis rentré au musée Grévin, pas vous.
37:11C'est moi qui suis sous la couverture du livre, pas vous.
37:15Et c'est moi qu'on demande en librairie, pas vous.
37:18C'est vrai.
37:19Même quelques semaines après la publication du livre,
37:21il y a un monsieur qui est retourné dans sa librairie, qui a redemandé le livre,
37:25et qui a dit à son vendeur,
37:26« Est-ce que vous n'avez rien d'autre de ce Thompson parce que c'est pas mal ?
37:29»
37:30Et quelques temps plus tard, l'ORTF m'a téléphoné pour savoir quand vous viendriez dans la capitale
37:35pour tourner une émission qui s'intitulait « Les étrangers célèbres de passage à Paris ».
37:40Alors, vous voyez, moi, je ne sais plus au fond où j'en suis.
37:42Oui.
37:43Oui, en fond, les observations et les choses désagréables,
37:46comme vous avez à les dire aux Français,
37:48vous les dites beaucoup mieux sous ma plume que sous la vôtre.
37:51C'est vrai.
37:52Au fond, sans moi, vous n'existeriez pas.
37:55Moi.
37:56En tout cas, consolez-vous.
37:58Peut-être qu'un jour, je vais inventer un capitaine Daninos
38:01qui deviendra aussi connu que moi.
38:04En attendant, je souhaite bonne chance à votre nouveau personnage.
38:07Comment il s'appelle déjà ?
38:08Ah oui, monsieur, monsieur Morateur.
38:11That's it, Morateur perfectionniste.
38:14Je lui souhaite beaucoup de chance.
38:16Pas autant qu'à moi, parce que ça n'arrive qu'une fois dans la vie.
38:19Mais enfin, good luck tout de même.
38:21Thank you.
38:22C'est bien joli Paris, maître en gardant un sang.
38:28C'est bien joli Paris, mais fais attention.
38:35Les Paris viennent en bûchant.
38:40Ils s'embrunent avec les yeux, bien.
38:44Dès qu'ils voient sourire une jolie femme,
38:49Ils se pensent très vieux, c'est dangereux.
38:53C'est bien joli Paris, mais fais bien joli Paris.
38:58C'est bien joli Paris, mais en gardant un sang.
39:00C'est bien joli Paris, mais fais attention.
39:04Père, c'est bien joli Paris, mais fais attention.
39:06C'est bien joli Paris, mais fais attention.
39:10C'est bien joli Paris, mais fais attention.
39:46Sous-titrage Société Radio-Canada
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