00:00Les premières accusations, elles datent même de 2011, peu avant la chute de Muammar Kadhafi.
00:04Chute qu'encourageait alors la France et son président de l'époque, un certain Nicolas Sarkozy,
00:08en soutenant la révolte populaire libyenne.
00:11Pour le contexte, on s'en souvient, c'est cette période appelée le printemps arabe,
00:14durant lequel plusieurs régimes autoritaires voisins sont déjà tombés.
00:18Début 2011, donc, Kadhafi est au bord du gouffre et le 10 mars,
00:21voilà qu'une agence de presse libyenne menace de révéler, je le cite,
00:25un secret de nature à mettre en péril la carrière politique du chef de l'État français.
00:30Alors, quelques journaux s'en font l'écho en France, il y a ce tweet du Monde Afrique, par exemple, à l'époque,
00:34puis c'est le fils de Kadhafi, Saïf al-Islam, qui réclame dans une interview, lui,
00:38que Nicolas Kadhafi rende l'argent au peuple libyen.
00:42Pas plus de détails, c'est finalement le colonel libyen.
00:44Vous avez dit Nicolas Kadhafi, on est obligés de dire Nicolas Sarkozy.
00:47Sarkozy, pardon, pardon, qui affirme dans un entretien au Figaro,
00:51la boulette est un peu plus tard, il va révéler plus tard, je le cite,
00:55donc le colonel Kadhafi lui-même, c'est grâce à nous qu'il est arrivé,
00:58Sarkozy, cette fois-ci, à la présidence, c'est nous qui lui avons fourni les fonds.
01:02Ça, c'est la partie libyenne, les débuts, donc, facilement remis en cause,
01:05puisqu'étant aux abois, le régime dit peut-être n'importe quoi.
01:08Sauf qu'en France, deuxième temps, Mediapart prend le relais et révèle,
01:11le 28 avril 2012, entre les deux tours, une note, en arabe, signée d'un certain Moussa Koussa,
01:17chef des services de renseignement extérieur de la Libye à l'époque,
01:20qui ferait état d'un accord de principe, dès 2006,
01:23pour appuyer la campagne électorale du candidat Sarkozy, pour 50 millions d'euros.
01:28Dès le lendemain, Nicolas Sarkozy dénonce un faux, une infamie même,
01:32et va porter plainte contre Mediapart.
01:34Alors, je résume, parce qu'il y a eu une enquête, plusieurs décisions de justice rendues,
01:38mais ça va jusqu'à la cour de cassation, qui valide, finalement, le non-lieu,
01:41en faveur de Mediapart, qui n'authentifie pas non plus le document.
01:45Il y a d'ailleurs tout un film, dont vous voyez la bande-annonce,
01:47qui sort ce mercredi, sur le rôle de Mediapart dans cette affaire,
01:50leur révélation, c'est vrai, difficile à croire, car on est là, franchement,
01:53dans le scénario du film d'espionnage le plus tendu.
01:56Et le film s'appelle « Personne n'y comprend rien ».
01:58« Personne n'y comprend rien », sauf que là, cette fois-ci, on essaie d'y comprendre, justement.
02:02Et alors, en plus, on va rajouter « L'homme d'affaires franco-libanaisie »
02:05avec Taqueddine, et c'est 72 versions.
02:07C'est ça, c'est le troisième et dernier point de départ de cette affaire.
02:1017, pardon.
02:10Coup de tonnerre, quand on en reprend en janvier 2013,
02:13qu'il aurait lâché devant un juge d'instruction, Renaud van Wijnbeek,
02:15que oui, la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy a bien été financée par le régime libyen.
02:20Il confirme aussi la somme de 50 millions d'euros.
02:22Il dit même avoir livré lui-même des valises de grosses coupures.
02:25S'ensuivre, vous l'avez dit, des rétractations,
02:27mais tout de même sont ouvertes une information judiciaire,
02:30puis une enquête préliminaire contre X qui sera transmise en 2014
02:33à une toute neuve juridiction qui vient d'être créée, le parquet national financier.
02:37C'était donc, il y a 10 ans, 10 ans d'enquête dont on voit aujourd'hui le résultat.
02:41C'est 13 hommes traduits devant la justice.
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