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  • il y a 13 heures
Pour Alain Finkielkraut, philosophe et écrivain, "l'avenir de la France, c'est la langue française, la culture française et la littérature française". Il était l'invité de BFMTV ce dimanche 5 avril

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Transcription
00:00Je m'alarme de voir des maires du Rassemblement national qui en effet retirent de leur mairie le drapeau de
00:09l'Europe
00:10comme si l'empire qui menaçait aujourd'hui les Européens c'était l'Union Européenne et non pas la Russie.
00:16Mais d'un autre côté, je dirais que l'avenir de la France, cela reste la langue française, la culture
00:23française et la littérature française.
00:25Et l'Europe a inventé la nation et elle ne doit pas justement renier ce passé-là parce qu'il
00:36n'y a de démocratie que dans les nations.
00:40L'avenir c'est la culture française. C'est rappelé d'ailleurs dans la préface de votre livre, Vincent Trémolet
00:46-Villers rappelle une anecdote, on est en 2009,
00:48vous êtes invité d'une grande matinale, je crois que c'est sur France Inter et Michael Jackson est mort
00:52quelques heures plus tôt.
00:53Et le journaliste Nicolas Demorand vous interroge et vous dit quelle est votre réaction, alors il le fait mieux que
00:59je le fais là,
01:01mais quelle est votre réaction à la mort de Michael Jackson et à l'émotion mondiale que ça suscite ?
01:04Et là, rien. Vous n'avez rien à raconter, il y a un blanc et vous dites juste j'éprouve
01:09un sentiment de désappartenance.
01:12Si je vous demande aujourd'hui si vous avez acheté un billet pour aller voir Céline Dion ?
01:17Non, certainement pas, j'ai jamais tellement aimé Céline Dion.
01:20Et pourquoi ?
01:21Mais je ne m'en vante pas, c'est comme ça.
01:24Mais il est vrai que si on m'avait annoncé, si vous voulez, je ne suis pas simplement un homme
01:29de culture qui méprise le divertissement,
01:31si on m'avait annoncé le même jour la mort de Paul McCartney, j'aurais éclaté au sanglot.
01:37Il chante en anglais ?
01:38Hein ?
01:39Il chante en anglais ?
01:40Mais ce n'est pas parce que j'aime la langue française que je n'aime pas la littérature ou
01:45les Beatles.
01:46J'ai beaucoup de loin préféré les Beatles au Yé-Yé.
01:51Mais vous ne pensez pas que dans 50 ans, vous ne pensez pas que dans 50 ans,
01:55Hélène Hurgby de Paul McCartney, j'aimerais que vous la passiez maintenant.
02:01Mais vous ne pensez pas que dans 50 ans, il y aura un nouveau Alain Finkielkraut qui dira
02:04qu'est-ce que c'était bien le temps de Céline Dion ?
02:06Mais si !
02:07Non mais peut-être !
02:09Évidemment, de toute façon, moi je vais vous dire une chose.
02:11Céline Dion était admirable à l'ouverture des Jeux Olympiques.
02:15C'était un moment grandiose.
02:17Toute cette ouverture, qui n'était pas franchouillarde,
02:20mais qui était une ouverture extraordinaire.
02:25C'était vraiment un grand moment.
02:27Et dans ce grand moment où il y avait une multitude d'identités qui se sont exprimées,
02:32il y avait Céline Dion.
02:33Mais je veux dire par là, vous savez, le film, un des films peut-être le plus français,
02:40a été fait par un Suisse.
02:44Suisse.
02:45Jean-Luc Gordard.
02:47Son film, de la Nouvelle Vague.
02:51Le fameux film.
02:53Jean-Paul Belmondo.
02:56Je voulais savoir si vous étiez français.
02:58Oui, excusez-moi, c'était un quiz.
02:59Moi, je voulais savoir si vous aviez une culture française.
03:01Attends, je n'ai pas fini.
03:02Non, mais il faut finir.
03:04Attends.
03:04Une minute, péture.
03:05Voilà.
03:06Ce film, c'est la culture française.
03:09Et un film qui s'appelle Nouvelle Vague, fait par un Américain, glorifie cette culture française.
03:14Donc on peut être Suisse ou Québécoise et incarner l'esprit français.
03:17De toute façon, oui.
03:18Et en plus, l'esprit français n'est pas le nec plus ultra.
03:22Goethe, Goethe, dans ses conversations avec Kekermann, parlait de la veille littérature,
03:27de la littérature mondiale.
03:29Les compatriotes des grands écrivains sont aussi d'autres grands écrivains.
03:34Donc, effectivement, il faut se placer dans l'horizon de la littérature mondiale, évidemment.
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