- il y a 2 jours
Le 16 avril, la commission d’enquête du Sénat sur l’excellence des universités auditionnait Philippe Aghion, économiste, professeur au Collège de France et lauréat du prix Nobel d’économie 2025. Ce spécialiste de l’innovation, chercheur aguerri, a produit en 2010 un rapport sur l’autonomie des universités. La commission d’enquête, qui vise à “déterminer les moyens de garantir et de renforcer l’excellence académique” en étudiant “les conditions de formation des étudiants”, mais également les ressources financières des universités, a donc interrogé le spécialiste sur le modèle universitaire français. Il a dénoncé un sous-financement de la recherche et a plaidé pour une sanctuarisation de son budget. Il a également insisté sur un nécessaire renforcement de l’autonomie des universités françaises. Revivez ces échanges. Année de Production : 2025
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00:10Bonjour à tous, ravi de vous retrouver sur Public Sénat pour un nouveau numéro de 100% Sénat,
00:00:14l'émission qui vous fait vivre les travaux de la Haute Assemblée.
00:00:17On va parler aujourd'hui de nos universités, comment garantir les moyens de la recherche,
00:00:22de l'enseignement supérieur afin de préserver l'excellence des universités françaises face
00:00:26à la concurrence mondiale. Pour en parler, la commission d'enquête du Sénat sur l'excellence académique
00:00:31a auditionné Philippe Aguillon, prix Nobel d'économie 2025 et professeur au Collège de France.
00:00:37Je vous dis quelques mots sur notre commission d'enquête.
00:00:41Elle a été décidée par le SÉDA à l'initiative du groupe Les Républicains.
00:00:45Le rapport a été confié à Mme Laurence Garnier.
00:00:52Et ce qu'on souhaite, c'est identifier les leviers permettant d'améliorer la qualité du service public
00:00:58de l'enseignement supérieur dont l'université constitue le SOC.
00:01:01Vous avez déjà une déclaration de principe de notre commission.
00:01:06Je vous dis pourquoi votre personnalité, vos travaux, votre nommée mondiale nous a intéressés.
00:01:15C'est surtout par le travail qu'a été mis en lumière, notamment par une récente tribune du journal Le
00:01:21Monde,
00:01:22que vous faites entre l'innovation, la croissance et l'investissement dans la connaissance.
00:01:29Ce sont des choses qui sont fondamentales et qui sont au cœur de notre sujet.
00:01:34Derrière excellence, bien évidemment, nous mettons ça.
00:01:39C'est-à-dire ce que vous appelez très justement le capital humain et qu'on pourra élargir en parlant
00:01:46du capital cognitif.
00:01:48Disons sur la gouvernance et la performance des universités, c'est des travaux qui datent quand même maintenant d'il
00:01:55y a...
00:01:55Je vais peut-être remettre mon micro.
00:01:57J'avais fait des travaux qui datent quand même d'un certain...
00:01:59Et je n'ai pas fait des travaux plus récents tellement sur l'université.
00:02:04Donc, si vous voulez, je vais être vraiment très modeste.
00:02:06Je m'appuie d'abord sur les travaux que j'avais faits.
00:02:09Et il y a certainement d'autres choses qui ont été faites depuis.
00:02:12Et donc, je ne prétends pas du tout être à la frontière, d'accord ?
00:02:16Moi, je vais me baser sur ce que j'avais moi-même regardé à l'époque.
00:02:21C'est à l'époque du rapport pour Valérie Pécresse.
00:02:24Mais c'était basé pas mal sur des travaux.
00:02:26Disons que les travaux que j'ai faits, c'était un papier que j'ai publié dans Economic Policy
00:02:32avec Mascolelle, De Watripon, Sapir, Auxby.
00:02:39C'est surtout cet article-là que j'avais...
00:02:43Et où on avait regardé un petit peu des aspects qui marchaient bien.
00:02:47Et en gros, c'était un peu l'ossature du rapport pour Valérie Pécresse.
00:02:51C'était cet article-là.
00:02:53Je n'ai pas fait depuis des travaux moi-même sur la gouvernance des universités.
00:02:59Donc, je vais vraiment modeste. Il y a sûrement des choses beaucoup mieux et beaucoup plus récentes
00:03:04qui ont été produites depuis.
00:03:05Donc, je voudrais déjà un disclaimer, comme on dit en anglais.
00:03:09Voilà, je ne peux pas malheureusement inventer de la recherche que je n'ai pas faite.
00:03:13Dans ces travaux, nous avions mis en évidence trois piliers importants de la performance universitaire.
00:03:21La première, c'était évidemment les moyens.
00:03:23Il faut que, si l'université n'a pas de moyens, elle ne peut pas embaucher des gens les meilleurs
00:03:29sur le marché mondial.
00:03:31Notamment, nous, on a un grand défi.
00:03:33C'est d'inverser le drainage des cerveaux.
00:03:35On veut faire revenir, en France et en Europe, les meilleurs.
00:03:41Et notamment des gens qui étaient très bons de chez nous, qui sont partis,
00:03:45parce qu'ils avaient des moyens supérieurs dans d'autres universités
00:03:49et qui n'avaient pas les moyens de continuer leur recherche en France.
00:03:53Donc, déjà, de pouvoir inverser le drainage des cerveaux, c'est déjà pour moi un grand défi.
00:03:59Et évidemment, il vous faut des moyens, parce que sinon, vous ne pouvez pas attirer les meilleurs.
00:04:04Les moyens, c'est de pouvoir donner des salaires corrects
00:04:07et puis également donner des moyens pour faire de la recherche.
00:04:11Donc, nous, le gros problème, c'est que nous n'avons pas assez de moyens.
00:04:15Alors, peut-être parce qu'il s'est mal distribué.
00:04:17Peut-être qu'au total, on les a, mais que c'est mal.
00:04:19Mais souvent, le problème, c'est qu'on a du mal à attirer,
00:04:24d'être compétitif, comme on dit, sur le marché pour les meilleurs scientifiques,
00:04:28parce qu'on n'arrive pas à attirer de donner des conditions de recherche.
00:04:32Ce n'est pas forcément...
00:04:33Alors, ils ne demandent pas les mêmes salaires.
00:04:35Par exemple, moi, j'ai vécu longtemps aux États-Unis.
00:04:37C'est évident que là-bas, rien n'est gratuit.
00:04:40La santé coûte très cher.
00:04:41Les transports chez nous, la santé est gratuite.
00:04:43Donc, les gens prennent ça en compte quand même.
00:04:45Ils voient quand même qu'en France, il y a toute série de prestations qu'ils n'ont pas à
00:04:49payer.
00:04:50Donc, ils ne demandent pas les mêmes salaires en France qu'ils demanderaient ailleurs.
00:04:53Mais il faut quand même pouvoir attirer des gens de talent.
00:04:57Et il faut quand même des salaires.
00:04:58Et il faut des moyens pour la recherche.
00:05:00Voilà.
00:05:00Donc, ça, le côté...
00:05:02L'argent ne fait pas le bonheur, mais l'argent contribue.
00:05:05Sans moyens, on ne peut pas être...
00:05:07L'autre dimension importante...
00:05:09Et là, il y a eu des études.
00:05:11On avait regardé les classements.
00:05:12Et effectivement, on voit une relation quand même entre les moyens,
00:05:16les dépenses par étudiant à l'époque.
00:05:18C'était comme ça qu'on calculait.
00:05:19Et les performances au Shanghai.
00:05:23On avait regardé Shanghai et d'autres indices.
00:05:25Vous êtes toujours là ?
00:05:26Je ne vous ai pas perdu, là.
00:05:27Vous êtes toujours avec moi, là.
00:05:29C'est bon.
00:05:30Je vous ai avec moi.
00:05:32Je ne veux pas vous perdre.
00:05:33Sinon, ça ne va pas.
00:05:34Donc, les moyens, c'est important.
00:05:36Donc, il faut le côté moyen.
00:05:37La question, c'est comment on peut les recueillir ?
00:05:39Donc, voilà.
00:05:39On parlera des frais universitaires et d'autres choses tout à l'heure.
00:05:42D'accord.
00:05:42Il vous faut donc des moyens.
00:05:44La deuxième chose, il faut une certaine autonomie des universités.
00:05:48Et là, c'est un gros problème.
00:05:50C'est de l'autonomie dans plein de choses.
00:05:52C'est l'autonomie dans l'acquisition des matériels de laboratoire.
00:05:56C'est l'autonomie dans l'embauche.
00:05:58C'est l'autonomie dans différentes dimensions.
00:06:02Et on avait regardé dimension par dimension l'autonomie.
00:06:05On avait construit un indice agrégé d'autonomie.
00:06:08Mais en fait, il y a plusieurs dimensions d'autonomie.
00:06:11Nous avons encore trop peu d'autonomie.
00:06:13Moi, si je veux acheter un taille-crayon au Collège de France,
00:06:15je dois expliquer que j'ai le truc public.
00:06:18C'est un truc délirant.
00:06:20Je dois expliquer que j'ai trouvé le taille-crayon le moins cher.
00:06:23Ou si je veux inviter des gens dans des hôtels,
00:06:26pour ne pas les mettre dans des hôtels pouilleux avec des cafards,
00:06:28je dois mettre de l'argent de mon compte.
00:06:30Parce que je dois montrer à chaque fois que j'ai pris l'hôtel le moins cher.
00:06:33Ça, ce n'est pas possible.
00:06:34On ne peut pas continuer comme ça.
00:06:36Il faut une vraie autonomie.
00:06:37Et on n'a jamais été vraiment vers l'autonomie.
00:06:39Bercy continue à être prédominant.
00:06:41Ça, ça ne peut pas continuer.
00:06:43Moi, je crois qu'il faut vraiment traiter les universités comme des agences.
00:06:46C'est-à-dire qu'on vous donne des moyens,
00:06:48on vous donne une feuille de route,
00:06:49et puis c'est à vous de montrer que vous avez réalisé les objectifs.
00:06:53Et après, ex poste, on voit si vous avez réalisé ou pas,
00:06:56et on reprend en pense.
00:06:57Et on n'a jamais vraiment réalisé l'autonomie.
00:07:00Parce que je vous dis, moi, c'est un truc de fou.
00:07:02Je dois contourner.
00:07:03Je fais des acrobaties au Collège de France.
00:07:05Je crée des comptes.
00:07:06Je ne devrais pas trop le dire, puisque je suis filmé.
00:07:08Je crée des comptes à moi pour pouvoir inviter des gens dans des hôtels
00:07:13où je n'ai pas honte de les mettre, quoi.
00:07:14Vous voyez ce que je veux dire ?
00:07:15Ce n'est pas possible, les trucs comme ça.
00:07:17Donc là, il faut la vraie autonomie.
00:07:19On ne l'a pas.
00:07:20D'accord ?
00:07:20Il faut la vraie autonomie.
00:07:22Et moi, je crois que le modèle des agences, c'est un beau modèle.
00:07:25C'est-à-dire, vous avez un certain nombre de moyens,
00:07:27vous avez une feuille de route, vous avez l'autonomie.
00:07:30Et après, on vous juge ex poste si vous avez rempli vos objectifs.
00:07:33Et la troisième chose, c'est qu'il faut la concurrence pour des...
00:07:37Il ne faut pas passer tout son temps à remplir des formulaires
00:07:40pour avoir des bourses de recherche.
00:07:43Mais j'ai beaucoup boosté par la création de l'ANR avec d'autres.
00:07:47Il faut des bourses de plus long terme.
00:07:49Et le problème de l'ANR, c'est que l'ANR est sous-financée.
00:07:52Et comme elle est sous-financée, la plupart de nous...
00:07:54Moi, je n'ai jamais réussi à avoir une ANR depuis 10 ans.
00:07:57Jamais.
00:07:57D'accord ?
00:07:58Alors, ce qui se passe, c'est que ça passe par des référés.
00:08:00En fait, les référés ne sont pas très bons.
00:08:02Donc, comme on n'a pas les bourses ANR,
00:08:04on refuse d'être référé pour l'ANR, évidemment.
00:08:06On se dit, moi, je vais être référé pour un truc
00:08:08où je n'ai aucune chance de l'avoir.
00:08:10Donc, l'ANR, étant sous-financée,
00:08:12elle n'a pas les meilleurs référés.
00:08:14Et donc, on a une ANR qui ne tourne pas comme elle devrait.
00:08:17Alors, il y avait eu déjà un pas positif pour l'ANR.
00:08:19C'était de dire, si je passais le premier round de l'ERC,
00:08:23à ce moment-là, automatiquement, j'avais une ANR.
00:08:25Ça, c'était très intelligent.
00:08:26Parce qu'au moins, je me reposais sur les référés de l'ERC.
00:08:30Déjà là, c'était pas mal.
00:08:32Donc, si vous voulez, il faut des moyens de l'autonomie
00:08:36et de la concurrence pour les bourses.
00:08:39Mais il faut des bourses de suffisamment long terme.
00:08:41Et là, on a un gros problème dans l'enseignement supérieur.
00:08:43C'est que c'est trop court terme.
00:08:45Beaucoup trop de gens compétents passent leur temps
00:08:48à remplir des formulaires, au lieu de faire de la recherche.
00:08:51Parce qu'on est financé à trop court terme.
00:08:54Vous savez, je dis toujours, pour faire de l'innovation de rupture
00:08:57et de la recherche fondamentale de qualité, il faut du temps long.
00:09:01Parce que le temps long vous permet d'échouer.
00:09:03Nous, on a un système qui ne...
00:09:07Alors, je ne vais pas du tout faire l'éloge des États-Unis.
00:09:09Parce que, sur le plan du modèle social,
00:09:11je ne voudrais surtout pas qu'on imite les États-Unis,
00:09:13qui sont un modèle épouvantable.
00:09:14Donc, j'ai beaucoup de critiques à l'égard des États-Unis.
00:09:17J'ai vécu 20 ans là-bas.
00:09:18Mais je ne voudrais jamais qu'on ait le modèle social américain.
00:09:21Mais un des bons côtés aux États-Unis, qu'il y a également en Chine,
00:09:24c'est le temps long.
00:09:25Pour pouvoir faire de l'innovation de rupture,
00:09:27il faut pouvoir échouer.
00:09:28Aux États-Unis, quand tu échoues, on te dit, c'est très bien.
00:09:31Moi, dans ma jeunesse, quand on échouait, on nous mettait un bonnet d'âne.
00:09:33Vous, vous êtes trop jeune.
00:09:34Vous n'avez pas connu les bonnets d'âne.
00:09:35Mais moi, j'ai connu les bonnets d'âne.
00:09:37Bon.
00:09:37Quand on échouait, peut-être que vous avez connu,
00:09:39peut-être plus jeune que moi, mais bon.
00:09:41Je n'ai pas dit que vous en avez vu un.
00:09:43Je n'ai pas eu de bonnets d'âne, c'est évident.
00:09:45Vous étiez bon élève.
00:09:46Bon.
00:09:46Voilà.
00:09:46Mais on nous mettait des bonnets d'âne.
00:09:48Voilà.
00:09:48Donc, l'échec était culpabilisé.
00:09:51Aux États-Unis, quand tu échoues, on dit, bravo, bravo, bravo.
00:09:54Tu as échoué, c'est parce que tu as essayé.
00:09:56Et si tu veux faire de l'innovation de rupture, tu dois échouer.
00:10:00Et donc, tu dois avoir du temps long.
00:10:02Et nous n'avons pas suffisamment, en France, d'institutions qui financent du temps long.
00:10:07Alors, il y a eu un truc qui a bien marché, c'est l'Ellabex.
00:10:10L'Ellabex, ça a très bien fonctionné.
00:10:12Et là, il y a un article que je recommande de mon étudiant Antonin Bergeau, qui vient de sortir un
00:10:17livre, d'ailleurs, sur l'Europe et les États-Unis, qui s'appelle « La prospérité retrouvée ».
00:10:24Mais il a fait une étude avec d'autres collègues en montrant que là où il y a eu d
00:10:29'Ellabex, donc l'Ellabex, c'est 10 ans, c'est 9 ans ou 10 ans de financement,
00:10:33eh bien, ça a stimulé l'innovation de rupture dans les industries environnantes d'Ellabex.
00:10:39Voilà quelque chose qui a bien marché. Une fois qu'il y a un truc qui marche bien chez nous,
00:10:41et ça a tellement bien marché que quand Macron a fait son discours
00:10:47« Choose France, choose Europe », il y a un an et demi, il y a presque deux ans même
00:10:51maintenant, j'avais proposé à Emmanuel, je lui ai dit « Emmanuel, écoute, tu devrais proposer les Labex européens.
00:10:58Parce que pour une fois qu'il y a un truc qui marche bien chez nous, exportons-le ailleurs ».
00:11:02Et le Labex, c'était très bien, ça a marché.
00:11:05Autant le crédit import-cherche, il n'y a aucune évidence que c'est aucun effet, mais on reviendra sur
00:11:09le crédit import-cherche tout à l'heure, d'accord ?
00:11:11Il faut le recibler, il ne faut pas réduire l'enveloppe, il faut le cibler mieux. Il y a le
00:11:18crédit impôt innovation qui, lui, marche bien.
00:11:20Et il y a d'autres dispositifs qui marchent bien, mais moi, je crois qu'il faut mettre sur la
00:11:23table les dispositifs, et on verra tout à l'heure sur le crédit import-cherche.
00:11:26Mais les Labex, ça, ça fonctionne. Donc moi, je pense qu'il faut généraliser les Labex, étendre les Labex, les
00:11:32renouveler.
00:11:33Déjà, il y a un problème du renouvellement des Labex. Et puis, j'ai proposé que la European Research Council,
00:11:39parce que je pense que vous allez aussi faire des propositions au niveau européen,
00:11:42le Conseil de recherche européen, il y avait un danger qu'il perde le peu d'autonomie qu'il a.
00:11:47Pour le moment, c'est préservé.
00:11:48Maria Lepkim dit qu'elle a réussi à sauver les meubles pour le moment. Mais il faut élargir le périmètre
00:11:54de l'ERC. Et moi, j'étais pour une ERC Lab, c'est-à-dire pour des Labex européens.
00:11:59C'est-à-dire que l'ERC finance pas seulement, tu vois, des bourses pour 5 ans. Parce que tu
00:12:05vois, quand t'as une bourse pour 5 ans, ça veut dire que déjà, au bout de 3 ans,
00:12:08tu dois passer ton temps à remplir. Nous, on a des chercheurs géniaux. Au lieu de faire de la recherche,
00:12:12ils passent trop de temps à remplir des formulaires.
00:12:14Ça va pas. Ils doivent avoir du temps long, du 10 ans. Et les Labex, c'est du 10 ans.
00:12:19Voilà. Alors on n'a pas suffisamment de Labex en France,
00:12:21on n'en a pas assez en Europe. Et moi, je pense qu'il faut beaucoup de Labex, ça marche
00:12:25très bien. Voilà. Donc si vous voulez, moi, je crois beaucoup
00:12:27dans des moyens. On va voir comment on peut avoir les moyens et le budget de la recherche, d'accord.
00:12:34Deux, l'autonomie vraiment.
00:12:36C'est-à-dire, Aubercy ne me demande pas comment je paye mon taille-crayon, ou j'ai pas Raufignon,
00:12:40qui est très sympa, mais qui est là à me dire, tu vois,
00:12:43si je mets l'électricité, que je dois éteindre l'électricité. Ça, c'est pas possible, parce qu'on peut
00:12:47pas fonctionner comme ça.
00:12:48Je veux une vraie autonomie. Et troisièmement, des bourses, mais des bourses jugeant Labex, qui nous donnent du temps long.
00:12:56Je crois que ça, c'est trois piliers qui sont importants. Voilà. Donc ça, je crois que c'est très
00:13:00important.
00:13:00Alors ensuite, il y a les critères d'excellence. Bon, moi, donc en fait, comme j'étais dans le jury
00:13:04Idex initialement,
00:13:05parce que j'étais à Harvard, évidemment, quand je suis rentré en France, je l'ai démissionné, parce qu'il
00:13:08y avait un conflit d'intérêts.
00:13:09Donc je pouvais pas rester dans le jury Libac. Mais c'est évident que quand on a fait le jury
00:13:13avec Thierry Coulon et Philippe Gillet
00:13:17et le cabinet de Pécresse à l'époque, c'était très basé sur le rapport que j'avais fait pour
00:13:21Valérie Pécresse, d'accord ?
00:13:23Donc évidemment, on a conçu cette... Et alors pourquoi j'arrivais au jury Idex ? Alors je savais qu'il
00:13:35y avait un truc qui était important.
00:13:36Donc il fallait pousser à des structures d'excellence, évidemment. Et évidemment, ils avaient lu le rapport, la plupart.
00:13:45Et donc ils disaient, voilà, on va essayer de dire, voilà la gouvernance, voilà le... Mais il n'y a
00:13:49jamais eu vraiment l'autonomie.
00:13:52On n'a jamais vraiment donné l'autonomie. Elle n'a pas été vraiment réalisée quand il y a eu
00:13:56les Idex.
00:13:58Vous voyez, ça a été incomplet. Voilà. Donc moyens, autonomie, concurrence pour des bourses et des bourses de long terme.
00:14:06Moi, je crois que ça, c'est des... Je pense que le CNRS, je pense que... Ce n'est pas
00:14:10une bonne idée d'avoir des chercheurs qui ne font pas d'enseignement.
00:14:13Je pense que les enseignants... Je pense qu'au CNRS, tout le monde devrait avoir une charge d'enseignement.
00:14:17Je trouve que ça n'a pas de sens de ne pas enseigner. Parce que l'enseignement, c'est le
00:14:20contact avec les jeunes.
00:14:22Je pense que si on n'a pas le contact avec les jeunes, on s'atrophie et on devient obsolète
00:14:27très vite.
00:14:27Je pense qu'il faudrait qu'au CNRS... Moi, je pense que le CNRS devrait de plus en plus devenir
00:14:32une agence de moyens, personnellement.
00:14:34Voilà. Ou permettre des bourses. Je ne sais pas comment on ferait avec lui. Tu vois. Mais voilà. Je suis
00:14:39pour un CNRS avec des charges d'enseignement.
00:14:42Moi, j'ai enseigné toute ma vie. Vous savez, si je vous disais... Je ne vais pas vous faire pleurer,
00:14:46mais je fais 150 heures de cours par an.
00:14:47À mon âge, j'ai quasiment 70 balais. Je fais 150 heures de cours quand je additionne. Les cours que
00:14:52je fais au collège, les cours que je fais à la LSI, les cours que je fais à l'INSEAD,
00:14:55je fais des cours PSE.
00:14:57Je fais quasiment 150 heures par an et j'ai 70 balais. Pourquoi ? Dites-moi, pourquoi un chercheur CNRS
00:15:01de 30 ans, il ne peut pas faire des cours ?
00:15:03Moi, je pense qu'il faut faire des cours au CNRS. Je pense que... Mais voilà. Disons que les piliers,
00:15:08c'est ça. C'est vraiment moyen, autonomie, mais la vraie autonomie et...
00:15:14Là, je fais tiquer. Je sens que je vais vous choquer beaucoup. Mais il faut m'expliquer pourquoi on ne
00:15:19fait pas enseigner. Il faut m'expliquer pourquoi on n'arrive pas à faire de la recherche.
00:15:22Moi, j'ai fait des enseignements. Ça ne m'a pas empêché d'avoir un prix Nobel. Je veux dire...
00:15:25Voilà. Au contraire, ça m'a aidé.
00:15:26Ça m'a aidé d'avoir des jeunes avec moi tout le temps. Donc... Et de faire de l'autonomie...
00:15:32Et l'accès aux moyens. Je crois que ça, c'est vraiment...
00:15:36Je pense que ça, c'est vraiment la clé de... Et le financement de long terme. En Allemagne, ils ont
00:15:43les instituts Max Planck, qui sont des véhicules de financement de la recherche à long terme.
00:15:47Nous n'avons pas l'équivalent des Max Planck. Mais on a les LABEX. Donc on peut peut-être développer
00:15:51les LABEX. Et c'est peut-être ça notre véhicule à nous.
00:15:53Mais alors peut-être le développer davantage. Alors il y aura... Voilà. Ça, c'est les premiers éléments. Disons... Disons
00:16:01ça, c'est ce qui est basé sur mes études.
00:16:03Et j'ai été sur données européennes et données américaines. Et on voyait à chaque fois que la combinaison moyen,
00:16:09autonomie, concurrence pour les bourses,
00:16:11cette combinaison-là marche, quoi. Voilà. Ça, c'est les études. Ça, c'est vraiment... Voilà. Avec de l'économétrie
00:16:17sérieuse, ça, c'est ce que j'ai fait. Voilà.
00:16:20Après, on peut parler de plein de choses. Mais c'est... Alors ce qui marche bien aussi, c'est le
00:16:24tenure track. Ça, j'ai fait des études là-dessus.
00:16:27Le système tenure track est un très bon système. Tu embauches des gens pour une durée de 5-6 ans
00:16:32ou 7 ans. Et puis tu décides si tu les tutelarises au bout de 6 ans.
00:16:36Le système tenure track marche très bien. J'ai écrit également des papiers sur tenure track.
00:16:40Et c'est vrai que c'est un système qui marche. D'ailleurs, maintenant, les Chinois l'adoptent.
00:16:44Et vous savez que maintenant, les universités essayent de répliquer le tenure track autant qu'ils peuvent.
00:16:48Toulouse ou d'autres endroits. C'est quelque chose qui a montré que ça marchait bien.
00:16:53Voilà. C'est un petit peu... Est-ce que ça vous donne déjà des éléments pour démarrer ?
00:16:57Oui. Oui, oui, oui. Non, non. Merci pour votre propos. Alors...
00:17:01C'est toujours un peu colorful avec moi.
00:17:03Non, mais c'est bien. C'est bien. C'est bien. C'est bien.
00:17:06Ça vous fait du bien ? C'est bien, oui.
00:17:07C'est vrai ? C'est un peu le genre. Vous voyez, c'est un peu pour réveiller, là, le...
00:17:12Bon, un peu dynamique.
00:17:13Mais il faut secouer le Sénat, toujours.
00:17:14Bon, moi, il y a un problème aussi. Je vais vous dire un truc aussi.
00:17:17Puisque je n'ai pas terminé. Voilà.
00:17:19Je vois Philippe Baptiste ou d'autres. Et ils disent la même chose.
00:17:21Si tu veux, le gros problème en France, c'est que la recherche fondamentale, c'est la variable d'ajustement.
00:17:26Quand on a besoin de faire des économies, on coupe là-dessus. Pourquoi ? Parce que nous, on ne bloque
00:17:30pas les autoroutes.
00:17:32On a un avantage sur les taxis. C'est que nous, on ne bloque pas les autoroutes.
00:17:35Donc comme nous, on ne bloque pas les autoroutes, dès qu'il faut couper, on coupe dans la recherche.
00:17:39Et ça, ça devrait être sanctuarisé. Il faudrait vraiment qu'il y ait... Je pense qu'il devrait y avoir...
00:17:44Vous savez, en Irlande, il y a des commissions transpartisanes. Et je pense qu'il devrait y avoir quelque chose
00:17:51de transpartisan.
00:17:52On a tous intérêt à avoir une recherche de pointe en France. Et il devrait y avoir une commission transpartisane
00:18:00qui fasse en sorte que,
00:18:01quels que soient les gouvernements, quelle que soit l'alternance, eh bien, on sanctuarise un certain nombre de choses.
00:18:08Parce qu'il ne faut pas que la recherche soit à la base. Il y a eu un petit peu
00:18:11un problème en France.
00:18:12Je vais maintenant sortir des trucs, vraiment, que vous allez détester.
00:18:15Un petit peu le problème que nous avons en France. C'est que, souvent, les politiques...
00:18:20Et je ne veux rien dire contre les grands corps et les grandes écoles. J'aime beaucoup les grandes écoles
00:18:23et j'aime beaucoup les grands corps.
00:18:24Parce que là, je vais faire des gaffes horribles. Mais c'est un peu l'idée de s'amuser ce
00:18:29matin. Je vais prendre un peu d'eau.
00:18:30C'est que, souvent, les politiques n'ont pas été à l'université.
00:18:36Ils ont fait Sciences Po, qui est très bien. Ils ont fait l'ENA, qui maintenant s'appelle, je ne
00:18:43sais plus comment, parce qu'Amélie de Montchalin...
00:18:45J'ai l'histoire avec Amélie. J'avais dit que tu devrais faire l'ENA. Elle était mon étudiante à
00:18:49Harvard.
00:18:50Non, non, non. Et finalement, elle a changé l'ENA en un truc que je ne sais même pas le
00:18:53nom.
00:18:53Mais enfin, il y a toujours un espèce d'ENA à Strasbourg.
00:18:56Bon, j'aime beaucoup Amélie. C'est une très bonne amie. Mais en gros, ils ont fait ça et après,
00:19:02ils vont dans les grands corps, qui sont très bien.
00:19:04Donc tout ça est très bien. Mais ils n'ont pas été à l'université.
00:19:07Et en fait, Sarkozy, pour qui je n'ai jamais voté, tu vois, lui, il avait été à l'université.
00:19:12Et il y a une histoire merveilleuse de Sarkozy. Sarkozy va à Columbia University et il réunit les profs français
00:19:20à Columbia.
00:19:20C'est une histoire merveilleuse. Et il demande à certains, est-ce que vous êtes chers ?
00:19:25Et il se trouvait que l'un d'entre eux était chairman du département de chimie ou de physique.
00:19:29Il a dit, oui, je suis cher. Mais il demandait, est-ce que vous êtes chers ? C'est H
00:19:32-E-R.
00:19:33C'est ça qu'il demandait. Est-ce combien vous êtes payés ?
00:19:36C'est ça qu'il voulait savoir. Parce que lui, il avait compris que c'était important.
00:19:40Et quand il y a eu la commission du grand emprunt, il y a eu énormément de pression de la
00:19:46part de grandes entreprises,
00:19:47qui sont tous très bien, je les vois au sein de l'économie, qui sont tous très sympathiques, pour que
00:19:51l'argent leur revienne à eux.
00:19:53Et lui et Ricolle ont tenu bon pour que l'argent aille aux universités.
00:19:58Et ça, je dois dire que c'est formidable. Et je dis ça d'autant plus que je n'ai
00:20:00jamais voté pour lui, d'accord ?
00:20:01Mais je dois reconnaître qu'il a tenu bon. Parce que lui, il n'avait pas été dans les grandes
00:20:07écoles.
00:20:08Lui, il avait été à l'université. Et lui, il savait que c'était important.
00:20:11Et c'est vrai que c'est très intéressant chez nous, que ce soit des gens de droite ou de
00:20:15gauche.
00:20:16Souvent, ils ont fait les mêmes promos. Ils n'ont pas été à l'université.
00:20:22Pour eux, l'innovation, c'est qu'on se met d'accord avec quelques patrons du CAC 40.
00:20:27Ils sont tous très sympas. Je les vois tous au cercle d'économistes.
00:20:29Et je les adore. Je les connais tous. Ça fait des années que je les pratique.
00:20:33Et on fait l'innovation avec eux, quoi. En gros, l'innovation, c'est je tape dans le dos de
00:20:38Potier et de quelques autres.
00:20:40Et on fait une politique d'innovation. Et ils ne comprennent pas que sans recherche fondamentale de qualité et bien
00:20:47financée,
00:20:48tu ne peux pas avoir de l'innovation de rupture. Et c'est ça qu'ils ne comprennent pas.
00:20:52Et ça, je dois dire, le mérite de Ricolle et de la commission du grand emprunt, ils ont tenu bon
00:20:57pour financer l'Elavex.
00:20:59Et la pression était très forte pour que l'argent aille ailleurs.
00:21:02Voilà. Je voulais vraiment le dire très franchement. Et d'autant que je vous dis, je n'ai jamais voté.
00:21:07Donc voilà. Voilà un petit peu mon démon liminaire.
00:21:11Merci, M. le professeur. Donc moi aussi, je suis chair.
00:21:16Donc je vais reprendre la parole pour la donner à notre rapporteur pour un échange libre.
00:21:22Mais j'ai cru comprendre qu'il serait...
00:21:24Merci, M. le Président. Et moi, je ne suis pas chair.
00:21:26Donc je vais écouter vos propos avec beaucoup d'attention.
00:21:30Merci pour vos propos liminaires qui nous ont bien réveillés, comme vous l'avez dit, M. le professeur.
00:21:36Et ça tombe bien parce que l'objectif de notre commission d'enquête est précisément de réveiller ce système universitaire
00:21:43qui possède beaucoup d'atouts,
00:21:45aussi des faiblesses qu'il s'agit pour nous d'identifier pour faire en sorte que partout dans l'université
00:21:51française,
00:21:52on garantisse ou on restaure cette excellence académique et de recherche que vous avez évoquée.
00:22:00Alors vous avez déjà beaucoup parlé de la question de l'autonomie qui a fait aussi l'objet d'un
00:22:05certain nombre d'auditions.
00:22:06Vous avez très bien expliqué les nécessités de long terme que nous rejoignons parfaitement sur la question de la recherche.
00:22:13Et vous avez parlé des moyens.
00:22:15Si vous le voulez bien, avant qu'on aborde cette question des moyens financiers que chacun mesure,
00:22:23les universitaires, les présidents que nous avons reçus, nous en ont évidemment fait part,
00:22:28je voulais revenir sur un point précis de l'autonomie des universités.
00:22:32Vous avez évoqué les questions de recrutement, vous avez évoqué les questions d'acquisition de matériel.
00:22:37On vous fournira, si vous le souhaitez, un taille-crayon au sortir de cette audition.
00:22:40Mais en tout état de cause, il y a un point de l'autonomie des universités que vous n'avez
00:22:46pas évoqué,
00:22:47mais que vous avez traité dans vos travaux de 2010, c'est la question de la gouvernance.
00:22:51Oui, alors absolument.
00:22:52Alors là aussi, ça secoue beaucoup ce que vous proposez sur les questions de gouvernance.
00:22:59Je prends un extrait de votre rapport.
00:23:01Ce qui marche bien, la légitimité exécutive et administrative avec un conseil d'administration
00:23:07composé de personnalités souvent externes à l'université qui désignent ces personnalités
00:23:14un président doté de pouvoirs étendus.
00:23:18Alors là aussi, ça secoue.
00:23:20On est très loin du modèle universitaire actuel.
00:23:23Est-ce que vous pouvez développer ce point-là ?
00:23:26Alors c'est intéressant parce que c'est un modèle que vous voyez dans des pays anglo-saxons,
00:23:29mais également dans des pays scandinaves.
00:23:32Vous voyez, c'est ça qui est intéressant.
00:23:34Donc c'est totalement un anglicien, mais où le financement, où il y a des frais universitaires
00:23:39très élevés, et des pays comme les scandinaves, où c'est beaucoup moins de frais universitaires.
00:23:43Mais c'est vrai que ce qui marche assez bien, c'est un modèle, en gros, la London School of
00:23:49Economics.
00:23:49Comment ça marche la London School ?
00:23:51Vous avez un board qui désigne un président.
00:23:54Alors évidemment, ils consultent avec les profs, ils ne sont pas idiots.
00:23:57Les boards, ils parlent aux professeurs, évidemment.
00:24:00Ils ne sont pas dans une tour d'ivoire et ils parlent à personne.
00:24:03Le board, en général, c'est des anciens alumni.
00:24:07Ça peut être des gens de la région qui financent, etc., quoi.
00:24:12C'est différent.
00:24:13Et c'est eux qui élisent, et c'est eux qui choisissent le président.
00:24:18Mais ils consultent, évidemment, avec les professeurs.
00:24:20Et puis vous avez un Sénat académique qui, lui, est composé du corps professoral.
00:24:26Tu peux avoir des étudiants, tu peux avoir aussi des représentants des corps intermédiaires.
00:24:31Moi, je suis très pour le dialogue social.
00:24:32Donc je critique beaucoup Emmanuel d'avoir négligé le dialogue social.
00:24:38Donc voilà.
00:24:40Mais c'est bicéphale.
00:24:42Vous voyez ce que je veux dire ?
00:24:43C'est un peu comme une entreprise.
00:24:44Vous voyez ce que je veux dire ?
00:24:44Donc vous avez un board.
00:24:47Je pense que, par exemple, les étudiants,
00:24:49ce n'est pas aux étudiants de désigner le président de l'université, quoi.
00:24:52Voilà.
00:24:52Je suis très, très, très dédirect.
00:24:54Je pense, par contre, que les étudiants ont des droits
00:24:57qu'ils n'ont pour le moment pas ou pas assez.
00:24:59Dans beaucoup d'universités qui marchent,
00:25:01et je veux dire, à nouveau, scandinaves, rhénanes, etc.
00:25:04Ils ont d'abord la possibilité d'évaluer leurs professeurs.
00:25:07Et ces évaluations sont très utiles.
00:25:10Ensuite, ils ont la possibilité d'être informés sur les débouchés.
00:25:16Et donc ça, c'est très important.
00:25:18Donc le droit d'évaluation et le droit d'information est pour moi très important.
00:25:22C'est beaucoup plus important que de dire, je choisis, moi, le président de l'université, quoi.
00:25:26Donc, par contre, je crois beaucoup dans une direction bicéphale, oui,
00:25:30avec un conseil d'administration.
00:25:31D'ailleurs, regardez l'école d'économie de Toulouse.
00:25:34Elle fonctionne comme ça.
00:25:36C'est le modèle de Toulouse.
00:25:37Regardez, voilà, c'est Dominique Sénéquier qui, maintenant, dirige le board.
00:25:42Mais ce n'est pas elle qui préside Toulouse.
00:25:44C'était Christian Gaullier.
00:25:45Maintenant, je ne sais pas qui succède à Christian Gaullier.
00:25:47Donc, vous avez d'un côté le board.
00:25:50Mais évidemment, au board, le président, il participe au board.
00:25:53Il y a d'autres professeurs qui participent au board.
00:25:55J'étais dans le board de Toulouse.
00:25:56Donc, j'étais dans d'autres boards.
00:25:58Mais vous avez cette direction bicéphale.
00:26:00Les gens se parlent, évidemment.
00:26:01Le board, il n'est pas isolé.
00:26:03Il va évidemment faire son travail.
00:26:05Donc, moi, je crois qu'il faut regarder très près comment marche l'école d'économie.
00:26:08Alors, maintenant, j'ai un biais d'économiste, parce qu'évidemment, il y a d'autres domaines.
00:26:10Mais dans mon domaine, je connais un peu la London School of Economics.
00:26:16Et regardez comment ça marche en détail.
00:26:18Et comment ça marche l'école d'économie de Toulouse.
00:26:21Et ça marche très bien.
00:26:24Voilà.
00:26:30Et d'évaluation.
00:26:33Je pense que ça, c'est très important.
00:26:39Alors, je sais que j'ai eu une idée qui est un peu iconoclaste.
00:26:41Vous allez me dire, mais on est en déficit.
00:26:43Avec la situation budgétaire, c'est infaisable.
00:26:45Mais je pense qu'à un moment donné, il va falloir donner la possibilité pour des gens de milieu défavorisé
00:26:52de ce que j'appelle un salaire étudiant.
00:26:54Alors, je sais que ça va vous faire bondir.
00:26:56Mais au Danemark, ça marche très bien.
00:26:58Et regardez le modèle danois.
00:27:00Parce que c'est un outil d'orientation.
00:27:02Je peux dire à quelqu'un, tu ne réussis pas tes examens.
00:27:05Tu ne marches pas là-dedans.
00:27:05Tu n'as plus de salaire.
00:27:07Par contre, tu veux continuer.
00:27:09Ben, voilà.
00:27:09Tu vas aller de ce côté-là ou de ce côté-là.
00:27:12Et donc, je ne dis pas qu'il faut rétablir le salaire étudiant demain.
00:27:15Parce qu'on est dans une situation budgétaire.
00:27:17Évidemment, les gens vont dire, mais à Guillaume, il déraisonne complètement.
00:27:20Mais regardez quand même l'usage qu'ils en font des bourses.
00:27:24En fait, c'est comme des bourses.
00:27:25Le salaire universitaire, on avait calculé avec Charles-Henri Weymuller quand il travaillait chez Macron.
00:27:29C'était les bourses plus, quoi, en fait.
00:27:32Tu remettais les bourses sous cette forme-là pour des gens qui n'étaient pas déclarés sur la feuille fiscale
00:27:37de leurs parents.
00:27:38Pour ceux qui sont déclarés sur la feuille fiscale des parents, ils n'ont pas besoin de ces salaires.
00:27:41Mais c'était un outil d'orientation.
00:27:43En tout cas, il faut des outils d'orientation.
00:27:45Et je crois beaucoup, et ça, c'est un truc que je n'ai pas dit également, qui était dans
00:27:47le rapport pour Valérie,
00:27:48c'était la sélection par l'orientation.
00:27:51Je crois qu'il faut être très proactif sur la sélection par l'orientation.
00:27:54Je ne crois pas dans la sélection par l'échec.
00:27:56Je crois dans la sélection par l'orientation.
00:28:00Et la réhabilitation des métiers manuels.
00:28:02La réhabilitation des filières manuelles.
00:28:04Ça, je crois beaucoup.
00:28:05Et là, nous avons beaucoup à prendre de la Suisse et de l'Allemagne, notamment.
00:28:10Il faut réhabiliter.
00:28:11Surtout maintenant avec l'IA.
00:28:16Merci, monsieur le professeur.
00:28:18On ne coupe pas un prix Nobel, donc on vous écoute religieusement.
00:28:21On va aborder juste après, si vous le voulez bien, les questions de sélection par l'orientation,
00:28:27de réhabilitation des filières manuelles.
00:28:29On en parlera juste après.
00:28:30Juste un point, puisque vous avez évoqué les questions de financement.
00:28:33Vous avez à l'esprit, donc je n'y reviens pas, évidemment, les contraintes de financement de l'État tel
00:28:41qu'il est aujourd'hui.
00:28:42Pour autant, on entend aussi un certain nombre de problématiques que nous ont remontées les présidents d'universités.
00:28:48Au-delà des contraintes financières, les non-compensations de mesures imposées aux présidents d'universités
00:28:55rendent caduque l'autonomie que vous appelez de vos voeux.
00:28:59Ça, ce sont des éléments qu'on a parfaitement à l'esprit.
00:29:01Donc, je les mets volontairement de côté pour regarder avec vous ce matin comment, selon vous,
00:29:06on peut faire évoluer le système de financement actuel.
00:29:11Je voudrais vous parler, enfin, vous entendre plus précisément sur la question des ressources propres de nos établissements.
00:29:19Quand on dit ressources propres, ça peut d'ailleurs être aussi des ressources publiques,
00:29:24lorsqu'on répond à des appels à projets de l'ANR ou d'autres façons.
00:29:29Donc, ce sujet des ressources propres via les appels à projets.
00:29:33La question pour vous, est-ce qu'il y a un potentiel de financement des universités françaises
00:29:38par le biais de la formation continue qui, aujourd'hui, est beaucoup captée par le privé ?
00:29:44Est-ce que ça peut être une piste ?
00:29:45Et enfin, quel regard portez-vous sur un rehaussement modéré et progressif des droits d'inscription, des frais d'inscription
00:29:53?
00:29:54Là aussi, on sait que ça représente quelques petits pourcents, 2-3% des budgets des universités.
00:30:00Donc, on a bien à l'esprit que tout ça reste et restera modeste.
00:30:04Pour autant, ça peut aussi contribuer à l'augmentation de la masse financière à disposition de nos établissements.
00:30:13Alors, sur les frais universitaires, c'est une question très délicate.
00:30:16Alors, quand on avait fait le rapport avec Valérie,
00:30:23et le raisonnement que nous avions eu, en fait, ensemble, Valérie, avec Philippe Gillet, avec Thierry Coulon,
00:30:29je m'ai dit, si je mets les frais universitaires dans le rapport, tout le reste du rapport va passer
00:30:34à la trappe.
00:30:35C'est évident. On n'a parlé que de ça.
00:30:37Donc, adieu l'autonomie, adieu l'organisation bicéphale, adieu tout, quoi.
00:30:43Il n'y aura plus que ça, quoi.
00:30:45Donc, c'est pour ça qu'à l'époque, j'ai dit, il vaut mieux politiquement.
00:30:50C'est vous, les politiques, ce n'est pas moi.
00:30:53Valérie était politique, quand même.
00:30:56Et politique très, très compétente.
00:30:59Je lui ai dit, ne te présente pas en 1922.
00:31:02Ce n'était pas le bon moment.
00:31:04Attends le prochain coup.
00:31:06Non, non, non.
00:31:07Mais ce n'était pas le bon moment.
00:31:09Ce n'est pas le moment.
00:31:10Bon, alors, mais si vous voulez, parce que si je mettais cette question en exergue, tout le reste du rapport
00:31:19va passer à la trappe, quoi.
00:31:21Donc, c'est pour ça qu'on ne l'a pas fait.
00:31:23Est-ce qu'il faut une augmentation modérée ?
00:31:25Oui, mais il faut faire attention parce qu'il y a...
00:31:30Vous avez vu qu'en Angleterre, ils ont fait un système de prêts, mais ça fait que vous avez des
00:31:37étudiants surendettés.
00:31:39Donc, ce n'est pas génial, génial, quoi.
00:31:41Voilà.
00:31:42Ce n'est pas le modèle anglais qui a ma préférence.
00:31:45Alors, maintenant, je ne sais pas comment ça marche en Scandinavie et dans les pays rénans.
00:31:48Moi, je préfère plutôt...
00:31:50J'ai plutôt un tropisme rénan-scandinave.
00:31:52J'aime beaucoup l'Angleterre.
00:31:54J'adore.
00:31:54Je travaille.
00:31:55Je profs là-bas et je travaille avec les Anglais.
00:31:58Et j'espère que...
00:31:58Et je suis ravi de les voir se rapprocher à nouveau de l'Europe.
00:32:01Donc, j'ai une énorme admiration pour la Grande-Bretagne.
00:32:05Donc, je suis un anglophile absolu.
00:32:08Mais sur l'histoire des frais, il faut faire très attention parce qu'on ouvre une petite boîte de Pandore.
00:32:14On commence là et quand on ouvre, après, jusqu'où on va ?
00:32:16Donc, la question, c'est qu'on peut jusqu'où on le fait.
00:32:20Alors, déjà, je mettrai des droits pour les étudiants venant de l'étranger, en tout cas, hors Europe.
00:32:25Je ne sais pas ce qui se fait déjà.
00:32:26Est-ce que c'est déjà le cas ou pas ?
00:32:28Par exemple, c'est ce qu'ont commencé à faire les Scandinaves.
00:32:30Les Scandinaves, ils ont dit qu'on avait d'abord des droits pour ceux qui ne sont pas du pays
00:32:35et qui viennent ailleurs.
00:32:36Ce n'est pas facile non plus.
00:32:39Il faut simplement faire un peu attention.
00:32:41C'est peut-être là qu'on peut vouloir dire frais et peut-être un salaire étudiant modéré.
00:32:46Vous voyez ce que je veux dire ?
00:32:47Qui vous permet de payer certains frais.
00:32:49Sur le salaire étudiant, je sais que ça vous fera sourire.
00:32:51Nous avions, avec Frédéric Vidal, préparé un document à l'époque sur ça.
00:32:56Et le coût qu'on avait évalué par rapport aux bourses, ce n'était pas beaucoup plus important.
00:33:01Donc il y a peut-être un moyen.
00:33:03Si vous voulez, moi, si je devais mettre des frais, je le ferais intelligemment en disant pourquoi pas des frais.
00:33:09Mais je vais donner en même temps aux étudiants de milieux dont les parents préfèrent ne pas les déclarer sur
00:33:15leur feuille d'impôt des moyens qui leur permettent de se loger, qui leur permettent, etc.
00:33:21Et qui sont un outil d'orientation.
00:33:24Vous voyez, c'est là.
00:33:24Parce que l'idée, c'est que c'est un outil d'orientation.
00:33:27Et je pense qu'il faut être inventif.
00:33:29Je ne dirais pas simplement, boum, je mets les droits.
00:33:30Ça, je pense, ce n'est pas intelligent.
00:33:33Je pense qu'il faut être inventif dans la manière de le faire.
00:33:35Donc je suis tout à fait ouvert.
00:33:38Mais je pense qu'il faut être intelligent dans la manière de le faire.
00:33:41Si je mets ça avec peut-être l'idée d'un salaire étudiant qui aide à orienter, je ne sais
00:33:46pas, tu vois, un truc comme ça, vous faites un truc comme ça, vous êtes révolutionnaire.
00:33:50Vous arrivez avec une idée nouvelle.
00:33:52Comme le LABEX a été une idée nouvelle.
00:33:54Si c'est simplement dire, boum, je fais comme les Anglais, ça ne sera pas une idée nouvelle.
00:33:58Et ça risque de bâclasher.
00:34:01Je sais que je ne réponds pas pleinement à votre question, mais je vous donne une piste de réflexion pour
00:34:06arriver à quelque chose.
00:34:07Je pense que vous pouvez produire avec ces éléments-là quelque chose de très novateur et qui peut être consensuel.
00:34:17Mais je n'ai pas tous les éléments-là.
00:34:19Vous voyez, je vous donne quelques éléments.
00:34:22Alors il y a le problème de la sélection à l'entrée.
00:34:25Alors là, c'est un gros problème.
00:34:26Qui on admet à l'université et qui on n'admet pas.
00:34:29Donc on peut vouloir être plus sélectif.
00:34:31Mais il faut à ce moment-là donner aux élèves du secondaire des filières techniques ou d'autres manières.
00:34:38Vous ne pouvez pas dire simplement vous ne rentrez pas et vous vous retrouvez chômeur.
00:34:42Donc il faut que vous donniez.
00:34:43Par exemple, les Suisses, par exemple.
00:34:46En Suisse, il y a des gens qui ne vont pas tous à l'université.
00:34:49Il y en a qui vont dans des formations techniques.
00:34:51Mais il y a des passerelles qui permettent d'aller du technique.
00:34:54J'ai perdu les gens en face de moi, là.
00:34:56Je vous ai perdu.
00:34:57Je ne vous ai pas perdu.
00:34:58Il y a des passerelles.
00:34:59Ils ont des passerelles qui vous permettent d'aller du technique au plus général.
00:35:04Vous voyez ce que je veux dire ?
00:35:04Donc là aussi, il faut être inventif.
00:35:06Vous voyez ?
00:35:07Donc c'est ça qu'il faut faire.
00:35:08Vous ne pouvez pas simplement dire « frein universitaire, point barre ».
00:35:12Ça, ça ne marchera pas.
00:35:13Soyez inventif.
00:35:14Vous ne pouvez pas simplement dire « je fais grosse sélection à l'entrée, point barre ».
00:35:17Il faut que vous puissiez donner…
00:35:19Vous irez dans des choses peut-être plus techniques ou plus machin,
00:35:22mais avec des passerelles qui vous permettent éventuellement,
00:35:25comme en Suisse, ça existe, d'aller vers des formations plus générales en partie.
00:35:28Il faut que là-dessus vous soyez inventif.
00:35:30Et je suis désolé de ne pas pouvoir vous donner la solution.
00:35:33Je vous donne des pistes.
00:35:35Merci beaucoup, monsieur le professeur.
00:35:36C'est parfait parce que vous avez anticipé la question d'après
00:35:39sur la question de l'orientation sélective
00:35:42ou de la sélection à l'entrée de l'université.
00:35:46Effectivement, comme vous le dites,
00:35:47on a aujourd'hui une sélection par l'échec.
00:35:49Vous l'avez formulé.
00:35:51Quand on met bout à bout l'ensemble du process
00:35:54entre ceux qui entrent à l'université en première année,
00:35:57qui se soldent, on le sait la première année,
00:35:59par grosso modo 40% d'échec,
00:36:02cela ne prenant pas en compte les réorientations
00:36:05sur lesquelles nous avons bien du mal à avoir des chiffres.
00:36:07Ces étudiants arrivent en troisième année de licence.
00:36:09Donc, on a déjà perdu 40% d'entre eux.
00:36:13Et lorsque la deuxième barrière s'offre à eux,
00:36:16celle du master,
00:36:17on perd à nouveau 40% des étudiants.
00:36:19Le chiffre que nous avons calculé,
00:36:22c'est 22% des étudiants qui entrent en première année de licence
00:36:25obtiendront leur master.
00:36:26Donc, la question, effectivement,
00:36:28et c'est un peu ce qui nous revient par rapport à nos auditions
00:36:32et à ce que vous avez dit,
00:36:34c'est la pertinence de construction de filières plus courtes,
00:36:39plus professionnalisantes,
00:36:40ce qu'on pourrait appeler des licences des métiers.
00:36:43Un peu les IUT, quoi.
00:36:44Enfin, un peu la généralisation des IUT, en fait.
00:36:46Avec ce que vous avez aussi expliqué,
00:36:48la question des passerelles,
00:36:51peut-être même des allers et retours
00:36:54avec le monde du travail.
00:36:56Et une dernière question,
00:36:57avant de laisser la parole à mes collègues.
00:36:58Il nous a été dit par le président de France Université
00:37:01que nos étudiants français
00:37:04avaient en moyenne 3 ans de moins en âge
00:37:07que ceux des autres universités des pays de l'OCDE.
00:37:11Oui, parce que c'est une répliance de travail.
00:37:13Voilà, donc c'était la question.
00:37:14Est-ce que vous confirmez cette...
00:37:16Break years, voilà.
00:37:17Très bien.
00:37:18Donc, c'est la question des réorientations des passerelles.
00:37:20Et des allers et venus, éventuellement,
00:37:22avec le monde du travail.
00:37:23Très bien.
00:37:23Pour moi, c'est bon, monsieur le président.
00:37:28Vous avez validé le programme de la rapporteure.
00:37:31C'est parfait.
00:37:32Je vais pouvoir passer aux questions.
00:37:34Alors, d'abord, notre collègue Vanina Paul-Higage.
00:37:36Et puis après, le président Laffont.
00:37:39Et puis Max Brisson.
00:37:40Et puis nos deux collègues.
00:37:42Merci beaucoup, professeur.
00:37:43Vous avez insisté sur l'autonomie.
00:37:45Effectivement, je pense vraiment comme vous,
00:37:49comme souvent.
00:37:49Et je pense que notre pays crève de ça.
00:37:52On fait la moitié du chemin.
00:37:54On est toujours au milieu du guet.
00:37:56Et on a le pire de tous les systèmes qui existent dans le monde.
00:38:00Donc ça, il faut que...
00:38:01Je ne sais pas comment on change ça.
00:38:02Mais il le faut.
00:38:04C'est un impératif existentiel.
00:38:06Je voulais revenir sur un point de vue un peu plus macro.
00:38:11que nos universités, elles ont déjà des frais structurels auxquels il faut s'intéresser.
00:38:17Je pense par exemple à leur patrimoine.
00:38:20Patrimoine, pour le remettre à niveau et faire en sorte qu'il arrête d'être un centre de coûts.
00:38:25Un centre de coûts de fonctionnement, notamment en matière de fluide.
00:38:29Parce que voilà, il faut injecter.
00:38:32J'avais fait un rapport là-dessus il y a quelques années.
00:38:3420 à 25 milliards.
00:38:36Est-ce que, dans votre idée, faire une opération d'appel à l'épargne privée,
00:38:43soutenue par des organismes comme la Caisse des dépôts,
00:38:46ou faire un fonds dédié en disant qu'on doit préparer l'avenir de notre pays,
00:38:51est-ce qu'on est prêt à trouver un support ou à faire un emprunt national sur ce sujet,
00:38:57qu'on en finisse ?
00:38:59Parce qu'en fait, chaque année, le déficit se creuse du fait du pur fonctionnement.
00:39:05Donc ça, c'est la première question.
00:39:07La deuxième, est-ce que vous ne pensez pas que, pour piloter ce paquebot,
00:39:14il faudrait un budget pluriannuel dans toutes les dimensions budgétaires ?
00:39:20Il faudrait peut-être arrêter cet argent qui arrive de façon multicanale
00:39:28avec les appels à projets, qui utilisent un temps administratif énorme,
00:39:32des frais de gestion, des coûts de transaction,
00:39:35qui font perdre de l'argent en ligne, qui nourrissent des intermédiaires,
00:39:40à mon avis, de façon indue.
00:39:42Normalement, on a toute la ressource en interne.
00:39:44J'aimerais vous entendre là-dessus, vraiment.
00:39:47Et puis, la commande publique des universités aussi, je me suis un peu penchée dessus.
00:39:51Ce n'est pas joli-joli non plus.
00:39:52Elle coûte deux fois et demi à trois fois plus cher que la commande publique ailleurs.
00:39:59Pourquoi ? En fait, il n'y a aucune raison pour cela.
00:40:01Donc, effectivement, l'autonomie devrait renforcer ça.
00:40:04Et dernier point, ce que je constate, en ma qualité de rapporteur,
00:40:08quand on fait des rapports d'info, il n'y a absolument pas de chiffres fiables de big data
00:40:15consolidés à l'échelle du ministère qui tiennent compte de tout ce qui se passe dans chacune des universités.
00:40:21Vous voulez connaître la consommation de fluides consolidés au niveau France,
00:40:26de toutes les universités et écoles de France ?
00:40:29Ces chiffres n'existent pas.
00:40:30Je ne comprends pas comment on peut piloter un ensemble sans avoir une vision un peu macro.
00:40:37Donc, cette autonomie, elle doit aller avec la responsabilité,
00:40:40mais aussi avec un reporting et l'obligation d'avoir des systèmes d'informations
00:40:44qui sont interopérables, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
00:40:50Pas vraiment.
00:40:51Voilà, il y a le danger de la nobelite.
00:40:54Vous savez, la maladie de la nobelite, c'est qu'on vous demande de parler de choses
00:40:59que vous ne connaissez pas bien.
00:41:00Donc, je ne veux pas dire de bêtises.
00:41:02Je pense que l'autonomie va aider beaucoup.
00:41:04C'est-à-dire que donner une vraie autonomie financière, comme une agence.
00:41:07Vous êtes une université, je vous donne un budget.
00:41:10Et voilà.
00:41:11Et à l'intérieur de ce budget, vous pouvez abonder avec des fonds régionaux.
00:41:17Vous avez une certaine latitude.
00:41:20Et voilà, quoi.
00:41:21Et après, je regarde, expost, est-ce que vous avez réussi à placer des étudiants ?
00:41:27Par exemple, ce qui est très important, c'est d'avoir la formation sur le devenir des étudiants.
00:41:32Par exemple, il y a des universités internationales où on sait ce que deviennent les étudiants, le placement.
00:41:39Donc, ça, c'est important.
00:41:40Parce que vous savez, on peut être excellent en plusieurs choses.
00:41:43Il y a des universités qui sont...
00:41:44Par exemple, aux États-Unis, vous avez des universités qui sont excellentes en recherche.
00:41:48Mais vous avez des liberal arts colleges.
00:41:50Vous avez des universités qui sont bonnes en placement ou en préparation pour des universités de recherche.
00:41:54Donc, il faut qu'on puisse avoir des données sur les performances universitaires.
00:42:00Où sont allées les gens ?
00:42:01Est-ce qu'ils ont trouvé un emploi ou pas ?
00:42:03Et moi, je pense, si vous voulez, que si on va vers la vraie autonomie,
00:42:06c'est-à-dire le système d'agence, on dit aux universités, écoutez, vous avez une feuille de route.
00:42:10Vous vous donnez un objectif de recherche.
00:42:12Mais peut-être que vous vous donnez aussi un objectif de placement.
00:42:14Vous voulez former des gens qui vont avoir un boulot, quoi.
00:42:17Et je vous donne un certain budget.
00:42:19Et puis, on verra après, est-ce que vous avez rempli vos objectifs ?
00:42:23Moi, je ne veux pas savoir ce que vous allez faire au milieu, quoi.
00:42:26Je ne vais pas aller vous micro-manager, quoi.
00:42:28Je vous laisse gérer votre université.
00:42:31Et je regarderai ces indicateurs que sont les performances de recherche.
00:42:36On les a, les brevets, les performances qui servent à Shanghai, quoi.
00:42:41Les papiers, les conférences.
00:42:44Et puis, je regarde placement.
00:42:46Et je regarde à quel point vous placez vos étudiants.
00:42:49Et à ce moment-là, j'ai des contrats.
00:42:52Vous voyez ce que je veux dire ?
00:42:53Je passe par contrat.
00:42:54L'État a un contrat avec des universités.
00:42:58Et je renouvelle sur la base de ces contrats.
00:43:01Est-ce que ça ne vous paraît pas un meilleur système ?
00:43:03Vous voyez ce que je veux dire ?
00:43:04Plutôt que de tout manager à tout moment.
00:43:07Voilà, c'est ça qui est un peu...
00:43:09J'ai peur que ce soit difficile.
00:43:11Est-ce que c'est quelque chose qui parle pour vous ?
00:43:13Le système des agences.
00:43:16Certes, mais je pense que l'annualité n'est pas suffisante pour conduire une stratégie d'établissement.
00:43:23Oui.
00:43:24Par rapport au temps long, la recherche que vous évoquiez tout à l'heure de surcroît, je pense que ça
00:43:28ne fait pas le job.
00:43:30Et puis, moi, je me basais sur les moyens.
00:43:35Je voulais vous entendre sur les moyens.
00:43:36Parce que les moyens, on ne va pas en avoir plus.
00:43:38Donc, ce qu'on a, il faut qu'on essaie d'en tirer le maximum.
00:43:43D'où, je veux dire, ces centres de coûts que sont les bâtis universitaires.
00:43:49Déjà, c'est le premier point sur lequel il faut, pour dégager de l'argent, pour faire des choses plus
00:43:55intéressantes, me semble-t-il, stopper l'hémorragie.
00:43:59Mais donc, c'est-à-dire concrètement, je suis très lent là, j'essaie de rattraper, c'est-à-dire
00:44:03qu'il pourrait louer des locaux, on peut disposer de l'eau d'espace et recueillir...
00:44:10Oui, on doit pouvoir gérer son patrimoine, mais avant, il faut que ce patrimoine soit remis à niveau.
00:44:17Est-ce que je peux passer...
00:44:19C'est ça.
00:44:20La question...
00:44:21Le problème, c'est...
00:44:22Non, mais je suis d'accord, mais la question, c'est les moyens.
00:44:26C'est d'où je tire les moyens.
00:44:27Donc, il faudra qu'on ait un débat budgétaire global, quoi.
00:44:31Donc, effectivement, est-ce que...
00:44:33Et là, je réponds à une question par une question.
00:44:35Est-ce qu'on alloue à l'éducation supérieure moins que les autres pays, beaucoup moins ?
00:44:43Alors, vous savez que beaucoup, d'ailleurs, de l'argent qui est de...
00:44:46C'était Arnold Migus, qui a été président du CNRS, qui me disait...
00:44:50En fait, on compte les cotisations retraites dans les moyens qu'on alloue.
00:44:54Si on enlève ça, en fait, on dépense beaucoup moins que les autres en recherche.
00:44:59Vous le saviez, ça ?
00:45:00Monsieur le Président...
00:45:01C'est un truc de fou.
00:45:02On dépense beaucoup moins que les autres.
00:45:04Donc, déjà, nous, on pourrait dire qu'on pourrait mettre plus.
00:45:05Donc, ça va être le problème du budget.
00:45:08Alors, nous, on a des sources budgétaires.
00:45:10D'accord ?
00:45:10On a la taxe d'habitation.
00:45:13Ça a été, à mon avis, une grave erreur.
00:45:14On va pas parler de la taxe d'habitation ici.
00:45:15Non.
00:45:16Voilà.
00:45:16C'est pas l'endroit.
00:45:17Mais on a des sources d'économie possibles.
00:45:21Peut-être que ça vaut la peine de dire...
00:45:23Nous devons augmenter la part qui est allouée vraiment à l'enseignement supérieur à la recherche,
00:45:28étant donné qu'on est beaucoup moins que les autres
00:45:30quand on compte le fait que les cotisations retraites chez nous sont comptabilisées.
00:45:34Dans les dépenses et pas ailleurs.
00:45:36Donc, je pense qu'on est très en dessous des autres.
00:45:39Donc, nous, on pourrait déjà jouer l'objectif de dire
00:45:41enlevons les cotisations retraites et mettons-nous au niveau des autres
00:45:44sans compter ça.
00:45:45Et à ce moment-là, on voit qu'est-ce qu'on fait de ces ressources supplémentaires.
00:45:48Et des ressources, moi, je vous en trouve.
00:45:51Je veux pas taper sur le crédit en pour-cherche.
00:45:52Mais vous savez que 25% de crédit en pour-cherche, ça va aux 20 plus grosses boîtes.
00:45:5850% du crédit en pour-cherche, ça va aux 50 plus grosses boîtes.
00:46:01Un ministre que je ne nommerai pas me dit qu'il travaillait dans une grande entreprise
00:46:06et que l'argent du CIR servait à tout sauf à l'innovation.
00:46:09Je crois que vous devinez de qui je parle et à quelle entreprise je parle.
00:46:12D'accord ? Sans vous donner les noms.
00:46:13Bon. Donc, on sait qu'il y a du mou.
00:46:18On a des marges.
00:46:19Donc, je pense qu'on a des marges.
00:46:21Et je pense qu'il faut globalement augmenter la part
00:46:24qui va vraiment à l'enseignement supérieur à l'achat.
00:46:26Après, il y aura le problème de l'allocation et de la gouvernance.
00:46:29Mais il faut que ça aille de pair avec la gouvernance.
00:46:31C'est-à-dire que je suis contre l'idée de dire
00:46:33j'augmente les moyens sans changer la gouvernance
00:46:35et sans avoir des exigences de performance,
00:46:37que ce soit de recherche ou de placement.
00:46:40Voilà. Ça, c'est un peu ma vision.
00:46:43Merci, M. Professeur.
00:46:44Tu parles trop.
00:46:44Non, c'est bon. Je vais essayer de vous canaliser.
00:46:48Canalisez-moi.
00:46:48Je vais essayer, M. le Président de la Commission.
00:46:51Vous avez la parole.
00:46:52Merci, M. le Président.
00:46:53Vous êtes tous Présidents.
00:46:54Oui, mais on est tous chers.
00:46:57Mais venez au Sénat.
00:46:59Venez au Sénat, vous serez entre chers.
00:47:02Vous êtes pas Président, vous ?
00:47:04Non, non, non.
00:47:05C'est pour ça que je suis à la maison.
00:47:10Ça viendra, ça viendra, qu'il y fait.
00:47:12Non, moi, je voulais vous interroger.
00:47:15Je voulais initialement vous interroger sur la question des moyens,
00:47:18mais vous avez en partie répondu.
00:47:19Donc, je vais vous interroger sur un autre sujet,
00:47:21celui du niveau des élèves français,
00:47:26notamment quand ils rentrent dans le système universitaire.
00:47:30et à travers ça, c'est aussi la question du lien entre l'éducation nationale et l'enseignement supérieur.
00:47:37Ce qui nous intéresse aussi dans votre témoignage, c'est que vous, vous avez une expérience qui n'est pas
00:47:42que française.
00:47:43Vous avez beaucoup travaillé aux Etats-Unis et vous travaillez encore en Angleterre.
00:47:47Donc, vous avez une vision de ce qui se passe ailleurs.
00:47:53Comment vous jugez le niveau des élèves français sortis du bac,
00:47:58et donc à l'entrée du système universitaire ?
00:48:03Et comment on peut améliorer ce lien entre l'éducation nationale et l'enseignement supérieur ?
00:48:12C'est une question difficile.
00:48:15Je crois qu'il y a vraiment l'idée qu'il faut des savoirs de base qui soient acquis.
00:48:20C'est-à-dire que souvent, on laisse des gens passer de classe et ils n'ont pas les savoirs
00:48:24de base.
00:48:25C'est important que les savoirs de base soient maîtrisés.
00:48:35On a la question des tests PISA, mais ça, c'est en amont du bac.
00:48:38Nos tests PISA qui baissent et qui sont très reliés au milieu social, ça, ça ne va pas.
00:48:44Il faut vraiment une école.
00:48:47Je dis toujours qu'il faut une école avec de l'IA et une école sans IA.
00:48:50Je pense vraiment que c'est important que la lecture, l'orthographe...
00:48:56Tiens, j'ai la petite fille de Louis de Funès, Julia de Funès.
00:48:59Elle fait faire des dictées à ses filles toutes les semaines.
00:49:02On ne rit pas toujours chez les deux Funès, tu vois.
00:49:06Donc, moi, je trouve que c'est d'abord...
00:49:08Non, mais les savoirs de base doivent être maîtrisés.
00:49:10Savoir faire des règles de trois, calculer, maîtriser les savoirs de base.
00:49:14Je crois que c'est très important.
00:49:17Il faut revenir aux savoirs de base.
00:49:19Devoirs faits à l'école.
00:49:22Maintenant, il va y avoir une baisse de la démographie.
00:49:24Grâce à la baisse de la démographie, on peut...
00:49:25Je ne pense pas qu'il faut baisser le budget de l'éducation nationale.
00:49:28Je pense qu'il n'y a pas qu'au cours préparatoire, qu'il faut 15 élèves.
00:49:30Je pense que partout, il faudrait 15 élèves pour que le prof puisse vraiment s'occuper de ses élèves et
00:49:36que les devoirs soient faits à l'école.
00:49:38Et qu'il y ait vraiment maîtrise des savoirs de base.
00:49:41Écrire, pas de faute d'orthographe, rédiger, se concentrer sur un livre, faire des règles de trois.
00:49:47Je pense que les savoirs de base doivent être maîtrisés.
00:49:50Je pense que c'est très important.
00:49:53Et je pense que beaucoup de gens arrivent au niveau du bac et ne maîtrisent pas les savoirs de base.
00:49:57Moi, j'ai des gens qui sont...
00:49:58À Sciences Po, même, qui me disent, mais j'ai plein de fautes d'orthographe, quoi.
00:50:01Dans des copies d'élèves de Sciences Po, c'est pas acceptable.
00:50:05Donc ça, ça doit être vraiment une priorité, quoi.
00:50:09Il faut vraiment qu'on ne puisse pas sortir avec un bac en faisant des fautes d'orthographe.
00:50:13C'est pas possible.
00:50:14Et en ne maîtrisant pas les savoirs de base.
00:50:15Je suis très réactionnaire sur ce plan-là.
00:50:18Je pense vraiment qu'il faut revenir discipline, lecture, concentration, fautes d'orthographe, grammaire, règle de trois, savoir le calculer.
00:50:29Je pense que c'est très important.
00:50:30Je crois que quelle que soit la carrière qu'on fait, on apprend à apprendre à l'école.
00:50:35Je pense aussi que c'est important qu'il faut, évidemment, tout ce qui peut être fait pour l'orientation,
00:50:40d'expliquer aux élèves.
00:50:41Moi, je vais beaucoup dans des lycées, parce que j'ai un truc qui s'appelle Campus de l'innovation
00:50:45pour les lycées au Collège de France, qui est partie de mon laboratoire.
00:50:47Je vais beaucoup dans des classes.
00:50:48Bon, j'ai refait d'abord complètement les programmes de SES, parce qu'avant, ils lisaient Alternatives économiques.
00:50:52Maintenant, on fait vraiment de l'économie sérieuse au lycée.
00:50:55D'accord ?
00:50:56Donc, voilà, je suis assez content d'avoir fait ça, avec Pierre-Michel Minguère et d'autres.
00:51:01Maintenant, on a des vrais programmes d'économie et de SES, voilà, dignes de ce nom.
00:51:06Mais c'est important, mais en même temps que les élèves apprennent que le savoir est quelque chose en mouvement.
00:51:12Vous voyez ce que je veux dire ?
00:51:13Donc, il faut leur donner quand même l'idée que le savoir est quelque chose qui bouge,
00:51:17mais il faut qu'ils aient en même temps la maîtrise des fondamentaux.
00:51:20Je crois que ça, c'est très important.
00:51:21Le socle fondamental, c'est très important.
00:51:24Et donc, je crois qu'on ne peut pas réussir dans le supérieur si on n'a pas des bases
00:51:31très, très, très solides dans le secondaire.
00:51:33Mais en même temps, je pense que ça va être important aussi qu'à l'école, avec l'IA, ça
00:51:39va être égal.
00:51:39Donc, à l'IA, il faut d'abord apprendre à apprendre.
00:51:41Et donc, il faut de l'école sans IA.
00:51:43C'est-à-dire qu'il faut toute une partie d'enseignement sans IA.
00:51:45Parce qu'il ne faut surtout pas de chat de GP.
00:51:47Tu dois faire tes règles de trois toi-même.
00:51:49Tu dois lire toi-même.
00:51:50Tu dois faire l'effort de concentration toi-même.
00:51:52Et les devoirs à l'école.
00:51:53Ça, je crois que c'est très important.
00:51:54Mais je crois aussi que ça va être important, les soft skills.
00:51:57Vous savez ce qu'on appelle...
00:51:57On parle des hard skills et des soft skills.
00:52:00Les soft skills, c'est la capacité d'interagir avec les autres.
00:52:03La capacité d'avoir de l'autonomie.
00:52:05Je pense que ces éléments-là, avec l'IA, vont devenir également très importants.
00:52:09Donc, savoir de base et soft skills, ça, c'est très important.
00:52:12Et je pense qu'il va falloir préparer nos élèves de première secondaire à ces choses-là.
00:52:18Voilà.
00:52:18Ça, c'est vraiment la vision que j'ai, quoi.
00:52:20Et en même temps, avoir cette vision que le savoir est quelque chose qui bouge,
00:52:23mais que tu dois quand même maîtriser les savoirs de base si tu veux pouvoir suivre ce qui est en
00:52:27train de bouger.
00:52:27Et c'est vraiment ce qu'on essaie de faire.
00:52:29Nous, par exemple, en économie, il y avait des gens qui voulaient que ça soit des trucs mondains
00:52:32où on discutait des inégalités ou de ci ou de ça.
00:52:35Moi, j'ai dit non, non, non.
00:52:36Il faut qu'en économie, on ait les outils de base.
00:52:38En sociologie, les outils de base.
00:52:40Et une fois que tu as les outils de base, tu peux faire des regards croisés.
00:52:42Mais tu dois te coltiner les modèles, les machins et le sweating, comme on dit en anglais.
00:52:47Et tu dois maîtriser les savoirs de base.
00:52:49Ça, c'est très important.
00:52:50Je crois que c'est...
00:52:52Voilà.
00:52:52Et je crois que ça, ça te prépare après à l'université, quoi.
00:52:56Merci.
00:52:57Merci, monsieur le professeur.
00:52:58Non, non, je vous en prie.
00:52:59Je vais passer la parole au président Max Brisson.
00:53:03Oui, oui, oui, oui.
00:53:04Depuis ce matin, on est tous présidents.
00:53:07C'est le président qui donne les titres, les grades universitaires.
00:53:13Monsieur le professeur, d'abord, je voulais vous dire une chose avant de vous poser deux questions.
00:53:19D'abord, vous ne nous avez pas perdus.
00:53:23Au contraire, on vous suit pleinement.
00:53:25On est un certain nombre, en tous les cas, à vous suivre pleinement.
00:53:28Il m'est arrivé dans nos séances de cette commission d'enquête de me fâcher.
00:53:32Ce matin, je vais sortir très serein.
00:53:34Et pour cela, je vous remercie.
00:53:38Je crois que...
00:53:39J'hésitais à vous parler du lycée, en me disant, j'ai face à moi un prix Nobel et un
00:53:46professeur au Collège de France.
00:53:47Mais ce que vous avez dit sur le lycée, je le partage totalement.
00:53:52Et ce n'est pas réactionnaire.
00:53:54C'est très progressiste.
00:53:57Que d'imaginer que la transmission des savoirs fondamentaux et des capacités d'interaction avec les autres, qui sont des
00:54:03points très très faibles de notre système éducatif, sont fondamentaux, sont très républicains.
00:54:08Et renvoie d'ailleurs au père fondateur de l'école, que nous avons malheureusement trop souvent oublié.
00:54:14Alors moi, en complément de la question que vous a posée, le président Lafon, qui lui est réellement président.
00:54:20En complément, je voudrais que l'on essaye de débattre quelques instants du fossé qui existe entre le secondaire et
00:54:32le supérieur.
00:54:32De ce fossé entre le lycée et le premier cycle.
00:54:36Vous avez parlé quelque part de la nécessité pour notre pays de développer des formations supérieures courtes, de sorte d
00:54:45'instituts polytechniques,
00:54:47qui permettraient à tout le monde de poursuivre chacun en fonction de ses talents, de ses capacités.
00:54:53Les capacités et les talents en matière technique peuvent conduire à d'excellents métiers et à de très beaux salaires.
00:55:00Et que d'autres formations longues peuvent conduire à des impasses également.
00:55:03Mais cela nécessite quand même de travailler beaucoup la clé, la charnière, lycée-licence.
00:55:09C'était un sujet très fort des politiques publiques, du débat au moins, il y a quelques années.
00:55:16Ce qu'on appelait le lycée-licence.
00:55:18Il y avait l'école du socle, le lycée-licence et puis les masters.
00:55:22Et ce triptyque a un peu disparu et aujourd'hui ne me semble plus être la priorité.
00:55:27Nous avons très mal vécu dans cette maison la loi, la foi, la réforme du baccalauréat, du lycée et la
00:55:34réforme de l'enseignement supérieur, la réforme Vidal, la réforme ORE, sans que jamais on ait pensé la charnière.
00:55:40Et je pense qu'il y a là un vrai sujet de réflexion sur lequel il faut que nous avancions.
00:55:47La deuxième question concerne la recherche.
00:55:50Bon, vous avez déjà dit des choses sur le créé des recherches, mais comme ce matin, je voudrais en faire
00:55:54plaisir à notre président.
00:55:55Est-ce que vous ne pouvez pas aller un peu plus loin sur le financement de la recherche ?
00:56:00Au-delà des financements publics, notre pays, en effet, n'a peut-être pas d'efforts suffisants.
00:56:08Ça vaut aussi pour l'éducation, d'ailleurs, parce que dans le budget que l'on...
00:56:11Sur l'éducation, il y a aussi les pensions civiles de l'État.
00:56:14Et lorsqu'on compare les pourcentages par rapport aux autres pays de l'OCDE, il est évident qu'il y
00:56:18a la question des retraites,
00:56:20mais aussi un système de retraite de grande qualité qui est celui des pensions civiles de l'État.
00:56:24Et quand vous parliez tout à l'heure des avantages qui ne sont pas sur la faillite de paye, il
00:56:30y a bien aussi ceux-là.
00:56:31Mais donc, voilà, un peu plus de détails sur le crédit impôt recherche,
00:56:35et puis sur les capacités de trouver d'autres financements pour la recherche que les financements de l'État.
00:56:41Moi, j'avais été marqué par l'audition d'un éphémère ministre de la Recherche,
00:56:45dans la succession du ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche,
00:56:49au cours de ces derniers mois, et qui est un ami.
00:56:52Quand Patrick Zell nous disait que les universités françaises étaient parmi les dernières
00:56:57dans la recherche des fonds européens, par rapport à toutes les universités de l'Union européenne,
00:57:04est-ce qu'il n'y a pas là des sources de financement sur lesquelles il faut que nous soyons
00:57:08beaucoup plus performants ?
00:57:10Monsieur le professeur, vous avez la parole.
00:57:11Vas-y.
00:57:12Donc, oui, dans la question du financement de la recherche,
00:57:14donc évidemment, le Conseil de recherche européen,
00:57:17et moi je suis pour augmenter les moyens du Conseil de recherche européen,
00:57:21et qu'ils financent des LABEX européens.
00:57:24Donc ça, c'était un peu le Choose Europe, Choose France de Macron,
00:57:28le discours de la Sorbonne, d'il y a deux ans.
00:57:33Par exemple, ce qui est intéressant, en Allemagne,
00:57:35les entreprises privées financent beaucoup.
00:57:38Vous avez le Volkswagen Stiftung, vous avez entendu parler du Volkswagen Stiftung,
00:57:41et ce n'est pas la seule.
00:57:43Vous avez une contribution des entreprises privées à la recherche.
00:57:48Alors, je ne sais pas, alors là, je ne connais pas bien,
00:57:50donc là, je vais répondre à une question par une question.
00:57:52Est-ce qu'il y a suffisamment d'incitation fiscale pour du mécénat en France ?
00:57:59Moi, je pense qu'il y a un vrai sujet de dire, écoutez, voilà,
00:58:04et si vous financez davantage la recherche,
00:58:07eh bien, vous aurez des avantages fiscaux davantage, je ne sais pas.
00:58:10Est-ce que c'est une voie qu'on a suffisamment encouragée ?
00:58:15Je ne sais pas, voilà.
00:58:18Mais en tout cas, c'est un fait qu'en Allemagne, par exemple,
00:58:22les privés...
00:58:23C'est le crédit à pour recherche, oui.
00:58:24Non, non, non, non, non, ce n'est pas un crédit à pour recherche.
00:58:26Je parle que les incitations pour que les entreprises financent la recherche.
00:58:30Ce n'est pas qu'elles reçoivent, qu'elles donnent.
00:58:32C'est-à-dire, je peux vouloir dire à des entreprises,
00:58:35vous financez, vous financez...
00:58:39Moi, je pense qu'il va y avoir des mises à plat qui vont se faire.
00:58:44Comme vous le savez, je n'étais pas favorable à la taxe Zuckman.
00:58:47Vous le savez, j'étais un pourfendeur de la taxe Zuckman
00:58:50parce que je pense qu'ils taxent des richesses non réalisées
00:58:54et ils découragent des licornes en formation.
00:58:56Donc c'est pour ça que j'étais en désaccord avec la taxe Zuckman.
00:58:59J'aime beaucoup Gabriel Zuckman, mais je pense que ce n'est pas une bonne idée,
00:59:02Arthur Mensch, qui est valorisé à 12 milliards
00:59:05et qui ne fait pas de cash flow pour le moment,
00:59:07de taxer sur les 12 milliards.
00:59:09Bon, d'accord ?
00:59:10Mais il y a un débat là-dessus.
00:59:11Et d'ailleurs, maintenant, même Hollande est d'accord,
00:59:14même d'autres gens...
00:59:16Même Roussel, entre vous et moi, a dit,
00:59:18je suis d'accord, mais je ne peux pas le dire.
00:59:19Bon, voilà.
00:59:20D'accord ? OK ?
00:59:21On est d'accord ?
00:59:22Donc, en fait, voilà.
00:59:24Donc la taxe Zuckman, ce n'est pas une bonne idée.
00:59:25Mais ceci dit, ceci dit, il va y avoir des mises à plat.
00:59:29Du trail, on sait qu'il faut faciliter la transmission d'entreprises.
00:59:34Mais il y a des gens qui fabriquent des fausses entreprises.
00:59:37Voilà.
00:59:38Bon.
00:59:38On sait qu'il y a des holdings patrimoniales
00:59:40qui sont un peu utilisés de manière abusive.
00:59:42On sait qu'il y a certains abus, de ce point de vue-là.
00:59:44Moi, je pense que tout ça, il va falloir regarder de près.
00:59:47Il va falloir regarder de près ça.
00:59:49Et moi, ça me permet beaucoup plus de dire ça
00:59:51et d'être contre la taxe Zuckman.
00:59:52Parce que si je dis, je suis contre la taxe Zuckman,
00:59:54mais je ne touche pas aux crédits à pourcherche,
00:59:56mais je ne touche à rien d'autre,
00:59:57je suis terminé.
00:59:58Je donne qui tue sa Zuckman, si je fais ça.
01:00:01D'accord ?
01:00:01Il faut être un peu malin.
01:00:02C'est comme l'histoire des frais universitaires.
01:00:03D'accord ?
01:00:04Il faut être un peu malin.
01:00:05Donc moi, je dis non.
01:00:06Moi, je vais mettre à plat.
01:00:07Je mets à plat.
01:00:08Ça veut dire que je ne supprime rien.
01:00:09Je mets à plat les holdings patrimoniales,
01:00:12la niche du trail, les machins.
01:00:15Et puis après, on se met à table.
01:00:17D'accord ?
01:00:18Et on discute.
01:00:19Bon, OK.
01:00:20Moi, vous donnez à la recherche ?
01:00:21OK, vous donnez à la recherche ?
01:00:22D'accord.
01:00:23Alors là, on discute.
01:00:24Mais je pense qu'il va falloir faire...
01:00:28De dire, regardez les Allemands.
01:00:29Eh bien, regardez Volkswagen.
01:00:31Ils contribuent beaucoup à la recherche allemande.
01:00:33Et d'autres boîtes comme ça.
01:00:34Pourquoi vous ne feriez pas pareil ?
01:00:36Et aux États-Unis, tu as une énorme culture du mécénat.
01:00:39Vous savez, je parlais du financement de long terme de la recherche.
01:00:41Il y a, par exemple, le Howard Hughes Medical Investigator, le HHMI.
01:00:46C'est un truc purement privé.
01:00:48Et ils financent des gens sur le long terme.
01:00:50Les grands vecteurs de financement de la recherche à long terme aux États-Unis sont des privés.
01:00:55Et en fait, souvent, aux États-Unis, les gens veulent devenir riches pour pouvoir faire des fondations.
01:01:00C'est très intéressant, la culture américaine.
01:01:02Ce n'est pas pour s'acheter des paquebots ou des yachts.
01:01:05Ils deviennent riches.
01:01:06Je ne suis pas en train de dire que tous les riches, c'est bien en États-Unis.
01:01:09Mais je dis qu'ils deviennent riches et leur but, c'est de dire, j'ai un bâtiment à Harvard
01:01:13ou à Berkeley qui porte mon nom.
01:01:15Vous avez déjà été dans une université américaine ?
01:01:17Ou je vais au Metropolitan Opera de New York.
01:01:20Et tu vois tous les donneurs qui sont là, quoi.
01:01:23C'est-à-dire que les gens veulent devenir riches aux États-Unis pour pouvoir dire, j'ai financé la
01:01:27recherche, j'ai financé la culture, j'ai financé...
01:01:30Et nous, on doit pousser une culture du mécénat, voilà.
01:01:33Alors, c'est en partie de la culture, mais c'est en partie des mesures.
01:01:36Donc, nous n'avons pas suffisamment ça chez nous.
01:01:38Je pense que, tu vois, moi, ce que je ferais, c'est que je dirais, écoutez, les copains, là, on
01:01:42se met à table du treil, niche patrimoniale, machin, etc.
01:01:45Et maintenant, on va discuter.
01:01:47Vous voulez donner à la recherche et à la culture ?
01:01:49Ben, écoutez, alors, OK, on peut s'entendre.
01:01:51Vous ne donnez pas à la recherche, ben, là, vous...
01:01:53Désolé, vous passez à la caisse.
01:01:55Mais je crois qu'il faut faire ça.
01:01:58Et en même temps, on dit, Zucman, je ne suis pas d'accord.
01:01:59Tu vois, parce que je ne veux pas décourager Arthur Mench et Yann Lequin qui quittent Meta pour revenir en
01:02:04France.
01:02:05Si tu mets la taxe Zucman, Yann Lequin, il s'en va, il ne reste pas en France.
01:02:08Bon, donc, d'accord.
01:02:09Et ça, ça me permet d'avoir ce langage-là.
01:02:11Et je pense que nous devons l'avoir.
01:02:13Encourager le mécénat, beaucoup.
01:02:15Je pense que c'est important.
01:02:16Les faux européens dont vous parliez tout à l'heure.
01:02:18Mais vraiment, donnez l'exemple.
01:02:19Et puis montrez.
01:02:20Regardez les Allemands, regardez ailleurs.
01:02:24Wallenberg, en Suède, donne énormément pour la recherche.
01:02:26Énormément.
01:02:27Eh bien, voilà, pourquoi il n'y aurait pas des Wallenberg et des Volkswagen Schieftung chez nous ?
01:02:31Voilà, c'est tout.
01:02:32Et je crois que ça, il y a un vrai sujet.
01:02:34Et avec l'IA, où il y a des gens qui vont dire très, très riches,
01:02:37plus que jamais, c'est des gens qui doivent donner à la recherche.
01:02:40Parce qu'ils ont profité de la recherche.
01:02:42Ils n'auraient pas été ce qu'ils sont sans la recherche.
01:02:43Donc je crois que là, il y a un vrai débat là-dessus.
01:02:47Alors sur le crédit import-cherche, il va être très, très clair.
01:02:50Je pense qu'il faut évaluer.
01:02:51Je ne dis pas qu'il faut supprimer.
01:02:53Je ne dis pas qu'il faut réduire le périmètre.
01:02:55Il faut réallouer à ce qui marche.
01:02:57Moi, je veux aller dans le high-tech breakthrough.
01:02:59Le gros problème de l'Europe par rapport aux Etats-Unis, c'est qu'on est, nous, dans le mid
01:03:03-tech incrémental.
01:03:04On n'est pas suffisamment dans le high-tech breakthrough innovation.
01:03:07Et on doit maintenant dire, je veux aller vers le high-tech breakthrough.
01:03:10Et si ce n'est pas du high-tech breakthrough, désolé.
01:03:12Parce qu'il y avait du chantage à l'ADEO.
01:03:13Moi, je le connais.
01:03:14Je parle avec les patrons du CAC 40.
01:03:16Ils sont adorables.
01:03:17Je les vois à Aix-en-Provence avec Jean-Hervé Lorenzi chaque année.
01:03:21Et à ce moment-là, ils te font les pleureuses d'Orient.
01:03:23Mes parents sont d'Egypte.
01:03:24Ah ! Si vous arrêtez de nous donner, mais nous allons délocaliser tout de suite.
01:03:28C'est le chantage à la délocalisation.
01:03:30Mais vous nous donnez.
01:03:31Mais partez ! Vous voulez en aller ? Partez !
01:03:33Donc, c'est le chantage à l'ADEOC.
01:03:35Et c'est comme ça qu'ils gardent tout.
01:03:37Moi, je dis non, ce n'est pas vrai.
01:03:38Il faut que le crédit import-cherche finance l'innovation de rupture high-tech.
01:03:42Et qu'elle soit ciblée là-dessus.
01:03:44Par exemple, si tu veux...
01:03:45Par exemple, il y a un truc qui est complètement fou.
01:03:47Tu es un grand groupe.
01:03:48Eh bien, tu sais comment font les grands groupes ?
01:03:50Ils se découpent en petits morceaux.
01:03:51Puisque vous savez comment marche le CIR.
01:03:53Jusqu'à 100 millions, tu es subventionné à 30%.
01:03:56Et au-delà, c'est 5%.
01:03:57Que font les grands groupes ?
01:03:59Eh bien, ils se découpent en tranches de saucissons.
01:04:01Et à chaque fois, c'est moins de 100 millions.
01:04:03Et comme ça, ils ramassent une énorme mise.
01:04:05Et c'est comme ça que tu as que les 20 plus gros prennent 25%.
01:04:09Ça, ça ne peut plus continuer comme avant.
01:04:11Donc, si tu veux, je pense que là, il y a un vrai débat de mise à plat.
01:04:14Je ne dis pas de réduire, de mise à plat.
01:04:16Et à partir du moment où tu mets à plat, tu t'assis avec les gens.
01:04:19Tu dis, ben non, on discute.
01:04:20Et moi, maintenant, je veux que vous financiez de la recherche.
01:04:22Je veux que vous financiez des LABEX.
01:04:24Je veux que vous financiez des trucs comme ça.
01:04:25Et là, je vous garantis que vous en aurez de l'argent pour les LABEX.
01:04:27Et là, je vous garantis qu'on fait démarrer la recherche de pointe.
01:04:30C'est comme ça qu'il faut faire.
01:04:32Merci, M. le professeur.
01:04:34David Ross.
01:04:36Vous avez la parole pour une question.
01:04:37C'est terrible, mon audition, là.
01:04:38Je les ai tués, là.
01:04:40Non, non, non, là.
01:04:41Vous avez fait exploser les compteurs.
01:04:43Pays d'exil, me recommandez-vous.
01:04:46L'Iran, c'est très calme.
01:04:51D'abord, monsieur le professeur, cher Philippe,
01:04:56le plateau de Saclay sera une terre d'adoption à tout moment, bien sûr, pour toi.
01:05:01Plus sérieusement, moi, je ne suis que vice-président.
01:05:03C'est toujours mieux que président avec des vices.
01:05:05Mais comme je suis un universitaire 100%.
01:05:07Vous commandante, et des fois, les sous-commandantes, c'est très important.
01:05:11Ça doit expliquer.
01:05:12Comme je suis universitaire 100%, ça doit expliquer pour ça.
01:05:14Et puis, j'ai envie, en vous écoutant,
01:05:16il y a beaucoup de choses qui ont été dites,
01:05:17parce que c'est vraiment le volcan à Guillaume.
01:05:19Mais pas le volcan éteint, avec des idées très intéressantes.
01:05:23Et j'ai envie de dire vivement 70 ans, pour moi, en tout ce qui me concerne.
01:05:27J'aurais le temps d'arrêter mon abonnement à Alternatives Économiques, au passage.
01:05:31Moi, j'avais, alors du coup, en vous écoutant,
01:05:32essayé d'avoir une question un peu structurée sur différents éléments.
01:05:37Votre position sur la reconnaissance,
01:05:40notamment dans la fonction publique, mais dans le privé, du doctorat,
01:05:43si on essaie de comparer.
01:05:45Et pour faire ce lien, justement, avec tout ce qui a été évoqué
01:05:47sur le financement public-privé,
01:05:49il y a l'aspect formation qui a été un peu abordé
01:05:51sur des filières qui pourraient être, entre guillemets,
01:05:54professionnalisantes, qui ont existé, qui existent,
01:05:56mais qui pourraient développer.
01:05:57Et puis, il y a le mécénat recherche,
01:05:59qui a été évoqué avec, en toile de fond, bien sûr, le CIR.
01:06:03Ça pose la question qu'a déjà posée un peu ma collègue,
01:06:05et là, qui intéresse forcément l'économie,
01:06:08c'est comment on fait du temps long avec un cycle budgétaire annuel de Bercy,
01:06:12qui est un temps court, par définition,
01:06:14et avec des critères d'évaluation qui sont sur des équilibres budgétaires annuels.
01:06:20Et donc, la question, puisque vous êtes aussi un des spécistes de l'IA
01:06:22avec Anne Bouvreau, je salue votre rapport,
01:06:25où vous montriez qu'il manquait finalement pas tant que ça
01:06:27pour qu'on soit au niveau mondial,
01:06:29mais que ce pas de temps que ça pouvait faire la différence.
01:06:32Comment on pourrait, justement,
01:06:33essayer de coupler scientifiques, économistes, politiques,
01:06:37voire spécialistes des sciences humaines,
01:06:39pour utiliser l'IA, avant de tout changer,
01:06:42de faire des sortes de frères jumeaux
01:06:44du modèle universitaire de recherche mêlant public-privé,
01:06:47pour voir où on pourrait bouger les curseurs
01:06:49et avoir comme ça des idées expérimentales,
01:06:52peut-être sur certains établissements.
01:06:53– Voilà, c'est une question, c'est du coup sur…
01:06:55– Voilà, donc, non, mais je vais toucher sur ce que vous dites,
01:07:01parce qu'on ne peut pas faire justice
01:07:02à toutes les questions que vous avez posées.
01:07:04Je pense vraiment qu'il faut sanctuariser
01:07:09ce qu'on donne à l'université, à l'enseignement supérieur.
01:07:11Je crois vraiment dans cette espèce de commission transpartisane
01:07:15et l'idée de dire « je sanctuarise ».
01:07:17Alors, je ne sais pas si…
01:07:18Est-ce qu'il y a, par exemple, le budget de la défense
01:07:19n'est pas sanctuarisé ?
01:07:21Pas vraiment ? Jamais ?
01:07:22C'est voté chaque année ?
01:07:23– La loi de programmation, il en existe plusieurs.
01:07:31La seule qui a été remise en cause ces dernières années,
01:07:34c'est celle de la recherche,
01:07:35alors que celle de la défense a été confirmée, voire consolidée.
01:07:38– Parce qu'il faudrait mettre la recherche
01:07:39sur le même plan que la défense.
01:07:41Je pense que c'est ça.
01:07:42Parce que pour nous, c'est vraiment un enjeu de défense.
01:07:46Notre paire de souveraineté, elle repose autant…
01:07:48Notre souveraineté repose autant sur notre défense,
01:07:50mais encore plus sur notre recherche.
01:07:51Et je pense qu'il faudrait vraiment se battre pour sanctuariser
01:07:56et de dire « nous avons une commission transpartisane,
01:07:58nous demandons de sanctuariser le budget de la recherche ».
01:08:02Voilà.
01:08:02Mais évidemment, pour que ça aille bien,
01:08:04il faudra des changements de gouvernance,
01:08:05c'est-à-dire affirmer les principes d'autonomie,
01:08:08un certain nombre de principes.
01:08:09C'est-à-dire de sanctuariser le budget,
01:08:10mais avec des règles de gouvernance très, très, très précises.
01:08:13Et je pense que c'est ça qu'il va falloir faire, quoi.
01:08:16Je pense que…
01:08:17Donc, et puis, voilà.
01:08:19Et donc, sanctuariser le budget,
01:08:21aller vers une vraie autonomie des universités,
01:08:24avec des vraies feuilles de route qui doivent être remplies,
01:08:27des contrats.
01:08:28Si les contrats ne sont pas remplis, évidemment,
01:08:30les contrats ne sont pas renouvelés,
01:08:31si le contrat n'est pas rempli.
01:08:33Et je pense que c'est dans cette direction qu'il faut…
01:08:36Je pense que c'est dans cette direction-là qu'il faut aller.
01:08:38Vous m'aviez posé sur l'IA.
01:08:40Nous avions, nous, avec Anne Bouffa,
01:08:43enfin, dans la commission, nous avions dit…
01:08:47On a parlé d'une exception, IA.
01:08:48Je n'aime pas trop le mot exception,
01:08:50parce que ça veut dire qu'on te prenait aux autres.
01:08:52C'était plutôt pilote, IA.
01:08:54C'est-à-dire que dans l'IA,
01:08:55c'est un secteur un peu particulier,
01:08:57où tu as des gens qui travaillent quand même dans le privé.
01:09:00Il fallait donner la possibilité…
01:09:01Il y avait deux choses, à mon avis,
01:09:02qu'on pouvait faire.
01:09:04L'un, c'était donner la possibilité à des gens
01:09:05de passer peut-être deux jours par semaine dans le privé
01:09:08et deux, trois jours par semaine dans le public, tu vois.
01:09:11Où là, ils ont quand même plus de liberté.
01:09:13Et d'autoriser cette possibilité-là,
01:09:15de dire tu peux avoir un emploi en partie dans le privé
01:09:18et en partie dans le public, voilà.
01:09:20Et donc, que dans l'IA,
01:09:22tu puisses faire des choses comme ça.
01:09:24Donc, donner cette flexibilité,
01:09:25parce que ce n'est pas facile de pouvoir accumuler.
01:09:27Et l'autre chose, tu sais,
01:09:29tu as l'université, l'IUM,
01:09:31ce n'est pas ça, pas l'IUM,
01:09:32je confonds toujours l'université de…
01:09:35Tu sais, le truc qui te donne des…
01:09:36L'IUF, pardon.
01:09:38Pas l'IUF, l'IUF.
01:09:40Eh bien, d'avoir des espèces de super-IUF
01:09:42avec des gros budgets pour travailler sur l'IA.
01:09:44C'est-à-dire de dire, voilà,
01:09:45tu as un super-IUF
01:09:46et on donne à quelques chercheurs très prometteurs
01:09:49un peu un super-IUF
01:09:51qui leur permettrait de, etc.
01:09:53Peut-être qu'il y a l'idée
01:09:54que le CNRS doit devenir aussi
01:09:56une agence de moyens davantage.
01:09:57Est-ce qu'il y a des ressources de ce côté-là ?
01:09:59Ça, c'est quand même une question sur le CNRS.
01:10:01Qu'est-ce qu'on en fait ?
01:10:03Qu'est-ce qu'on fait du CNRS ?
01:10:04Est-ce qu'on le garde exactement comme il est ?
01:10:05Est-ce qu'il fonctionne exactement comme il fonctionne ?
01:10:08Est-ce qu'on demande de l'enseignement quand même ?
01:10:11Est-ce qu'on fait en partie une agence de moyens ?
01:10:14Là, c'est un peu l'éléphant au milieu de la pièce
01:10:16dont on n'a pas parlé aujourd'hui.
01:10:19Et je ne sais pas quoi vous dire là-dessus.
01:10:21Mais je sais qu'il y a un sujet autour de ça.
01:10:26Donc il y a, voilà, comme ça, des pimes.
01:10:28Mais moi, je crois qu'aller vers l'idée de dire
01:10:29que la recherche, c'est comme la défense,
01:10:31ça doit aller avec.
01:10:32Moi, je suis...
01:10:33Et c'est pour ça que, d'ailleurs,
01:10:33on parle de DARPA-défense.
01:10:35Je suis pour mettre l'IA avec la défense.
01:10:37Mais je suis pour traiter la recherche
01:10:39comme je traite la défense.
01:10:40Je crois que c'est très important.
01:10:43Et d'expliquer pourquoi.
01:10:44Parce que notre souveraineté va reposer
01:10:46de plus en plus là-dessus.
01:10:48Donc je crois que là, il y a...
01:10:49Voilà, il y a différentes pistes
01:10:51que l'on peut explorer dans la direction que vous voulez.
01:10:54Merci.
01:10:55Alors le doctorat, il y a un gros sujet sur le doctorat.
01:10:57C'est que les docteurs ne sont pas bien payés.
01:10:59Tu comprends ?
01:11:00Tu fais des doctorats, tu fais des études longues.
01:11:02Et après, les docteurs, ils ont des petits salaires.
01:11:05Et ils se disent, j'ai fait toutes ces années d'études.
01:11:08Et pourquoi faire ?
01:11:09Tu vois, il y a un découragement du doctorat.
01:11:12Et c'est un vrai sujet.
01:11:14Et donc, il y a beaucoup de gens
01:11:15qui ne sont plus tentés d'aller jusqu'au doctorat
01:11:17parce qu'ils ont même l'impression
01:11:19que c'est même handicapant
01:11:21parce qu'ils ont l'impression
01:11:22qu'ils sont surqualifiés
01:11:23quand ils sont à l'embauche.
01:11:25Tu sais, des entreprises,
01:11:26elles ne veulent souvent pas embaucher des docteurs
01:11:27parce qu'il va me casser les pieds, tu vois.
01:11:29Il va venir de...
01:11:31Moi, je n'ai pas eu de doctorat.
01:11:33Et donc, il y a un découragement au doctorat.
01:11:38Et c'est un vrai sujet.
01:11:39Et je ne sais pas la réponse.
01:11:41Mais je suis au courant.
01:11:43Je suis conscient.
01:11:44Alors, c'est pour ça que souvent,
01:11:45des docteurs ou des gens qui commencent
01:11:46à faire des doctorats partent ailleurs.
01:11:48Parce que dans d'autres pays où c'est valorisé,
01:11:50bien qu'à nouveau, l'IA fait que ça décourage
01:11:52des gens d'aller au doctorat,
01:11:53même aux États-Unis maintenant.
01:11:55Donc, il y a un vrai sujet du doctorat.
01:11:57Et comment...
01:11:58Qu'est-ce qu'on peut faire
01:11:59pour que le doctorat soit vraiment décourageant ?
01:12:01Est-ce que les Allemands ont trouvé une solution
01:12:02avec l'entreprise et le doctorat ?
01:12:04Et je fais quelque chose qui, à la fois,
01:12:05me forme pour l'entreprise
01:12:07et me donne le doctorat en même temps.
01:12:08Mais il y a un vrai sujet
01:12:10que le doctorat n'est pas rémunéré.
01:12:11Et que donc, beaucoup de gens
01:12:12se sont découragés d'aller jusqu'au doctorat.
01:12:14Et je ne sais pas traiter le problème.
01:12:17Merci.
01:12:17Vous avez des questions très, très pertinentes.
01:12:19Et je suis désolé de ne pas pouvoir y répondre.
01:12:22Mais c'est très bien
01:12:23que vous nous le disiez comme ça.
01:12:25Yann Chantrel, rapidement,
01:12:27parce qu'après, il y a encore Rally Fé.
01:12:30Et puis, Christine, qui aimerait parler.
01:12:32Oui, merci, monsieur le président.
01:12:34Monsieur le professeur,
01:12:36c'est sûr que vous avez répondu déjà
01:12:37à beaucoup de choses,
01:12:39à beaucoup d'interrogations et de questions.
01:12:42Je fais partie des rares élus, justement,
01:12:44qui sont issus de l'université.
01:12:45Donc, je la défends d'autant plus
01:12:47parce que je sais très bien
01:12:48que notre modèle d'université,
01:12:49et je connais également l'Amérique du Nord
01:12:50puisque j'ai vécu plus de dix ans,
01:12:53que c'est un modèle
01:12:54qui permet l'émancipation sociale également,
01:12:56ce que ne permet pas forcément
01:12:57les universités américaines
01:12:59avec des gens qui sont endettés,
01:13:00qui ont des dettes sur le dos,
01:13:01avec un système très inégalitaire.
01:13:03Et je pense que c'est tout à l'honneur
01:13:05de notre pays de permettre ça.
01:13:07Après, bien évidemment,
01:13:08il faut pouvoir le financer.
01:13:10Et parmi les personnes qui partent également,
01:13:12ce n'est pas uniquement
01:13:13parce qu'elles sont mieux payées,
01:13:14c'est parce qu'il n'y a pas d'offre,
01:13:16parfois, dans notre pays,
01:13:17par rapport à ce qu'elles souhaitent faire.
01:13:18Moi, j'en ai vu beaucoup qui sont partis
01:13:20et qui ont dit qu'il n'y avait tout simplement
01:13:21pas de débouchés
01:13:22pour permettre de faire la recherche
01:13:24ou la chose que je voulais faire.
01:13:26Ce n'était pas que des questions financières forcément.
01:13:28Non, non, c'est des questions de moyens
01:13:28pour faire la recherche.
01:13:29Voilà, c'est les moyens.
01:13:30Et puis, je vous rejoins totalement
01:13:32parce qu'au niveau des investissements
01:13:33qu'on regarde les pays de l'OCDE,
01:13:34nous, ça doit être 1,5, je crois,
01:13:36à peu près, sous votre contrôle.
01:13:37Oui, mais on a inclus les retraites.
01:13:391,5 du PIB.
01:13:41On est très en dessous.
01:13:42Et puis, États-Unis,
01:13:43ça doit être le double.
01:13:44Corée du Sud, le Canada,
01:13:45que je connais très bien.
01:13:47D'ailleurs, le Canada n'est pas tout à fait pareil
01:13:49que les États-Unis, pour le coup,
01:13:50parce qu'ils ont des frais beaucoup moindres.
01:13:52Ils ont des frais beaucoup moindres.
01:13:53Et je pense qu'il y a un point...
01:13:55Le Canada est un pays intéressant pour vous.
01:13:56Le Canada est un pays intéressant, je trouve, aussi,
01:13:58parce qu'il a un système plus mixte.
01:13:58Vous connaissez le Canadian Institute
01:14:00for Advanced Research, le CIFAR ?
01:14:01Oui, oui.
01:14:02Moi, j'étais dans le CIFAR pendant 20 ans.
01:14:04Oui, ce modèle-là, moi, je trouve,
01:14:06il est plus intéressant.
01:14:07C'est très intéressant.
01:14:07Il faut leur expliquer.
01:14:08C'est génial, le CIFAR.
01:14:09C'est des frais qui sont beaucoup moindres,
01:14:12avec des universités qui sont très reconnues aussi
01:14:14internationalement, qui sont de qualité très attractive
01:14:17et qui payent très bien également les enseignants
01:14:19qui y sont et les chercheurs.
01:14:21Mais c'est un modèle aussi financé par le Canada,
01:14:24d'ailleurs, par l'argent public de manière très importante.
01:14:27Mais il y a un point, je pense, qui est essentiel
01:14:29dans ce que vous avez dit aussi,
01:14:30que je souhaite appuyer.
01:14:31Peut-être, si vous pouvez ébaucher,
01:14:33moi, ce que je perçois énormément
01:14:35comme différence culturelle,
01:14:36entre l'Amérique du Nord ou autre,
01:14:38c'est que j'ai l'impression qu'en France,
01:14:40il y a un gros problème au niveau de la confiance.
01:14:42La confiance est à l'origine de tout.
01:14:44Elle est à l'origine des relations économiques,
01:14:46elle est à l'origine de toutes choses.
01:14:48Et j'ai l'impression d'être dans une société
01:14:49où la défiance est beaucoup plus importante,
01:14:52où la confiance est beaucoup plus faible
01:14:53et quand il n'y a pas de confiance,
01:14:54on ne fait pas grand-chose dans une société.
01:14:56Et ça, je pense que l'éducation
01:14:58est une part majeure de création
01:15:00de la confiance entre les individus.
01:15:02Parce que vous avez dit,
01:15:02il faut revenir à des règles très anciennes.
01:15:04Mais en Amérique du Nord,
01:15:06comment on travaille ?
01:15:07Vous avez parlé de l'évaluation des enseignants,
01:15:08notamment.
01:15:09Pourquoi ?
01:15:09Parce qu'il y a un rapport de coopération
01:15:12entre l'enseignant.
01:15:12On n'enseigne pas de la même manière.
01:15:14Et j'imagine que vous n'avez pas enseigné
01:15:15de la même manière là-bas
01:15:16que dans les universités ici,
01:15:18où il y a une sorte d'écart,
01:15:20de distanciation
01:15:21entre la personne qui enseigne
01:15:22et ses élèves.
01:15:24Alors que là,
01:15:25on est dans une coopération,
01:15:26on est dans un travail à égalité
01:15:28où on coopère,
01:15:29on travaille ensemble.
01:15:29Et quand vous apprenez,
01:15:30dès le plus jeune âge,
01:15:31à travailler ensemble,
01:15:33à coopérer,
01:15:34à créer de la confiance
01:15:35entre les individus,
01:15:36vous le reportez automatiquement
01:15:37dans la société que vous souhaitez.
01:15:39donc quels enseignements
01:15:40pouvons-nous tirer justement
01:15:41de ça également
01:15:42pour notre propre enseignement supérieur
01:15:44et éducation ?
01:15:45J'aimerais bien vous entendre là-dessus
01:15:46puisque vous avez également
01:15:47cette expérience-là.
01:15:48Oui, alors vous avez totalement raison.
01:15:49Je ne suis pas pour un retour
01:15:50à tout ce qui se faisait avant.
01:15:51Les bonnets d'âne, par exemple,
01:15:52je pense que ce n'était pas une bonne idée.
01:15:53D'accord ?
01:15:54Et puis, il y avait le côté
01:15:55qu'en France,
01:15:56on n'osait pas poser de questions
01:15:57aux professeurs.
01:15:59Ça, ce n'est pas bon.
01:16:01Donc, je suis pour retourner
01:16:02aux fondamentaux,
01:16:03c'est-à-dire apprendre à lire,
01:16:04à écrire, les dictées,
01:16:06le calcul,
01:16:07les devoirs faits à l'école,
01:16:08tout ça, je pense qu'il faut.
01:16:10Par contre,
01:16:11ce qui n'était pas bon chez nous,
01:16:12c'est qu'on n'osait pas
01:16:14poser une question aux professeurs.
01:16:15Et puis, il y avait,
01:16:18il y a dans notre système,
01:16:20ceux qui réussissent
01:16:21et ceux qui ratent.
01:16:22Et l'échec était tellement culpabilisé
01:16:24que celui qui ratait
01:16:25toute sa vie,
01:16:26elle ou il,
01:16:27se disait,
01:16:28je vais être inférieur.
01:16:29Je ne vais jamais pouvoir y arriver.
01:16:30Ça, ce n'est pas bon.
01:16:32C'est-à-dire l'appelance
01:16:32de deuxième chance,
01:16:33de troisième chance.
01:16:34Moi, j'ai raté plein de choses.
01:16:35J'ai raté la grecque de maths deux fois.
01:16:37J'ai raté plein de concours.
01:16:39Je le dis tout le temps.
01:16:40J'ai raté plein de trucs.
01:16:42Mais j'ai eu une deuxième chance
01:16:43et une troisième chance.
01:16:44C'est très important.
01:16:45Et nous, on avait un système
01:16:46un peu où il n'y avait pas suffisamment
01:16:48la deuxième chance.
01:16:50Et tu as le problème.
01:16:51Et il y avait un autre problème
01:16:52chez nous.
01:16:53C'est que dans l'école,
01:16:54effectivement,
01:16:55c'était très hiérarchique.
01:16:57Et donc,
01:16:57tu reproduis dans l'entreprise
01:16:59la relation de l'école.
01:17:00Yann Algan, évidemment,
01:17:02a fait des travaux là-dessus
01:17:03très pertinents
01:17:04qui montrent
01:17:05que tu reproduis
01:17:06dans l'entreprise
01:17:07et tu as ça au Japon.
01:17:09Tu as évidemment
01:17:09le merveilleux livre
01:17:10« Stupeur et tremblement »
01:17:12d'Amélie Nothomb
01:17:13mais qui reproduit
01:17:14l'école japonaise.
01:17:16C'est-à-dire que
01:17:17quand tu es à l'école
01:17:17et tu te tais,
01:17:18tu obéis, etc.,
01:17:20ça se reproduit
01:17:21dans l'entreprise.
01:17:22Donc, moi,
01:17:22mon modèle
01:17:23n'est pas de revenir
01:17:24à ce côté-là
01:17:25de la vieille
01:17:25et de l'école
01:17:26d'avant 68.
01:17:27Je veux des notes
01:17:29mais je ne veux pas
01:17:29des notes de manière humiliante.
01:17:30Je veux des notes
01:17:31pour que les gens
01:17:31se comparent à eux-mêmes
01:17:32et puissent améliorer.
01:17:33Je veux les savoirs de base.
01:17:34Mais je ne veux pas
01:17:35le bonnet d'âne,
01:17:37l'humiliation.
01:17:38Par exemple,
01:17:39un des trucs aux États-Unis
01:17:40qui était formidable,
01:17:41tu as des étudiants,
01:17:42ils interrompent
01:17:42des prix Nobel
01:17:43et il leur dit
01:17:43« Mais tu racontes des conneries. »
01:17:45Mais en France,
01:17:45c'est impensable.
01:17:47C'est impensable
01:17:48que tu interrompes un prof
01:17:49et que tu lui dis
01:17:50« Mais non,
01:17:50je ne comprends pas
01:17:51ce que tu racontes. »
01:17:52Et voilà.
01:17:53Donc, vous avez totalement raison.
01:17:55Je ne suis pas
01:17:56un pur nostalgique du passé.
01:17:57Je pense qu'il y a
01:17:58des bonnes choses
01:17:59dans les savoirs de base
01:18:00mais qu'effectivement,
01:18:01l'élément interaction
01:18:02et l'élément humboldtien,
01:18:04en fait,
01:18:04qui est l'interaction
01:18:05entre étudiants,
01:18:06l'interaction entre étudiants
01:18:06et profs
01:18:07et l'interaction entre profs,
01:18:08l'élément humboldtien
01:18:09doit être évidemment
01:18:10au cœur de notre système
01:18:11et il faut évidemment
01:18:12que nous n'ayons pas
01:18:14cette vision
01:18:15de celui qui a échoué,
01:18:17de celui qui a réussi
01:18:18et qui pense
01:18:20que toute sa vie,
01:18:20je vais devoir me soumettre
01:18:22ou je vais devoir
01:18:22dominer l'autre.
01:18:23Je pense que ça,
01:18:24c'est évidemment
01:18:25quelque chose
01:18:25de très dommageable.
01:18:26Merci.
01:18:28Monsieur le professeur,
01:18:29je peux vous interrompre poliment.
01:18:32Khalifé.
01:18:34Merci, monsieur le président.
01:18:35Moi, je n'ai pas osé
01:18:36vous interrompre tout à l'heure.
01:18:37C'est dire qu'un sénateur
01:18:39ne peut pas le faire
01:18:39mais je suis ici,
01:18:41je représente un peu
01:18:42la branche santé ici
01:18:43mais j'ai été
01:18:46et je le suis toujours
01:18:47dans un bord
01:18:48d'une université américaine
01:18:49basée à Metz,
01:18:51Georgia Tech, Europe.
01:18:54Donc, j'ai vécu un peu
01:18:56tout ce contact
01:18:58avec notamment
01:18:58l'industrie et l'entreprise.
01:19:01Vous l'avez évoqué
01:19:02tout à l'heure,
01:19:03notamment pour la gouvernance
01:19:05mais aussi pour les dons,
01:19:07pour le mécénat en général.
01:19:08comment vous voyez
01:19:10en pratique
01:19:10l'entrée
01:19:11de ces entreprises
01:19:12dans la gouvernance
01:19:14d'une université,
01:19:15dans le conseil
01:19:16d'administration,
01:19:17etc.
01:19:17Et ma deuxième question,
01:19:19si vous permettez,
01:19:20vous avez évoqué
01:19:20l'autonomie financière.
01:19:22Moi, je la relativiserai
01:19:25un peu
01:19:25parce qu'il gère quand même.
01:19:28Je voulais revenir
01:19:28sur l'autonomie
01:19:29du projet
01:19:31pédagogique en général
01:19:32avec qui fait quoi
01:19:34à l'heure
01:19:35des grandes régions.
01:19:36Est-ce qu'il faut
01:19:41des diplômes
01:19:42où il y a quelques élèves
01:19:44qui coûtent beaucoup d'argent
01:19:45pour entretenir
01:19:46alors que l'université
01:19:47à côté
01:19:48fait la même chose ?
01:19:49Est-ce qu'on peut
01:19:50mutualiser ?
01:19:51Je suis dans la région
01:19:52du Grand Est.
01:19:53Il y a trois grandes universités
01:19:54parce que même quatre.
01:19:56à l'université de Lorraine
01:19:58a fusionné.
01:20:00Est-ce qu'il faut vraiment
01:20:01beaucoup de doublons,
01:20:02surtout pour les disciplines
01:20:05où on peut peut-être
01:20:06un peu plus efficient,
01:20:07être un peu plus efficient
01:20:08et faire quelques économies
01:20:11de fonctionnement
01:20:12comme on le sait ?
01:20:13Avec des regroupements ?
01:20:14Oui.
01:20:15C'était un peu l'idée des IDEX.
01:20:17Les IDEX,
01:20:17c'était l'idée de se regrouper.
01:20:19Moi, je pense que ce n'était pas
01:20:21une bonne idée
01:20:22que les IDEX soient portés
01:20:22par les presses.
01:20:24Les presses,
01:20:24c'est une espèce
01:20:25de gros ensemble.
01:20:26À Toulouse,
01:20:27ça n'a pas marché.
01:20:28C'était trop gros.
01:20:30Tu ne pouvais pas mettre
01:20:32Tyrol avec le Mirai.
01:20:33Ce n'est pas possible
01:20:34parce que c'est un peu Toulouse.
01:20:35Tu vois très bien
01:20:36que ça ne marche pas.
01:20:37Donc, en fait,
01:20:38les IDEX,
01:20:39c'est intéressant,
01:20:39ça a marché là
01:20:40où des gens voulaient
01:20:40déjà se mettre ensemble.
01:20:42À Bordeaux et à Strasbourg,
01:20:44les gens voulaient déjà
01:20:45se mettre ensemble.
01:20:46Donc, ça a bien marché.
01:20:47Il y a eu PSL.
01:20:48J'ai beaucoup abandonné
01:20:49PSL,
01:20:50qui est un truc intéressant.
01:20:52Mais, voilà,
01:20:55quand il peut y avoir
01:20:55des synergies
01:20:56et des regroupements,
01:20:56il faut,
01:20:56mais il ne faut pas
01:20:57les forcer.
01:20:58Il faut que ça se fasse...
01:20:59C'est ça qui est bien
01:20:59avec les LABEX,
01:21:00c'est que c'est des regroupements
01:21:03incités,
01:21:03mais pas forcés.
01:21:04Quand c'est forcé,
01:21:05ça ne marche pas.
01:21:06Voilà.
01:21:06Donc, je pense
01:21:07qu'on peut faire des...
01:21:08Tu vois,
01:21:09on peut éviter
01:21:10des duplications inutiles,
01:21:12mais il faut que ça soit
01:21:12sur une base assez volontaire,
01:21:14de gens qui ont envie
01:21:15de travailler ensemble.
01:21:16Tu ne peux pas forcer
01:21:17des gens qui ne veulent pas
01:21:18bosser ensemble
01:21:18à bosser ensemble.
01:21:19En général,
01:21:20ça ne te prend pas, quoi.
01:21:21Tu vois l'expérience
01:21:22des IDEX,
01:21:23tu vois celles
01:21:24qui ont bien marché
01:21:24que d'autres.
01:21:25C'est ceux
01:21:25qui ont voulu
01:21:25se mettre ensemble
01:21:26et elles ont bien fonctionné.
01:21:28Ceux que tu as forcé
01:21:28à se mettre ensemble,
01:21:29ça n'a pas fonctionné.
01:21:30Ça, c'est l'expérience
01:21:31des IDEX.
01:21:32Donc, voilà,
01:21:34moi, je crois que...
01:21:36Mais je crois quand même
01:21:37qu'il faut leur donner
01:21:37une certaine...
01:21:38Voilà, aux IDEX,
01:21:40il faut leur donner
01:21:40une certaine autonomie
01:21:41de moyens,
01:21:42d'embauche.
01:21:43Il faut être capable,
01:21:44si tu veux,
01:21:45d'être compétitif,
01:21:46de dire, voilà,
01:21:46tu veux embaucher
01:21:47des gens très bons,
01:21:48tu dois aller
01:21:48sur le job market,
01:21:49comme on dit,
01:21:50et être capable
01:21:51d'embaucher,
01:21:51d'avoir l'autonomie,
01:21:52la flexibilité qu'il faut
01:21:53et les moyens qu'il faut.
01:21:55Et tu vois tout de suite
01:21:56quand tu fais la compétition
01:21:59avec d'autres universités,
01:22:00est-ce que tu arrives
01:22:01ou pas à faire.
01:22:02Et évidemment,
01:22:02il y a un problème aussi,
01:22:03c'est les inégalités.
01:22:05C'est par exemple,
01:22:05il y a des professeurs
01:22:06qui n'acceptent pas
01:22:06que d'autres
01:22:07soient mieux payés qu'eux.
01:22:08Mais si tu leur dis,
01:22:08mais écoutez,
01:22:09mais l'autre,
01:22:09il a une offre de machin
01:22:10et vous,
01:22:11vous ne l'avez pas,
01:22:17j'ai dû retenir
01:22:18cette personne-là.
01:22:19C'est un gros problème,
01:22:20c'est difficile à gérer ça,
01:22:23de comprendre
01:22:24que le marché,
01:22:26ça existe.
01:22:26Et si je veux attirer
01:22:29des gens excellents,
01:22:32je crois que nous,
01:22:33on a une chance
01:22:34que Yann Lequin
01:22:35veuille revenir en France
01:22:36faire la prochaine révolution
01:22:37de l'IA
01:22:38à l'intérieur
01:22:38de la révolution de l'IA.
01:22:40Il faut lui donner
01:22:41tous les moyens
01:22:43et permettre,
01:22:44voilà,
01:22:45et c'est également
01:22:45permettre à des chercheurs
01:22:46de venir travailler avec lui,
01:22:47d'être peut-être
01:22:48à temps partiel
01:22:48dans l'université,
01:22:49à temps partiel chez lui
01:22:51et travailler avec lui.
01:22:53Je pense que,
01:22:53voilà,
01:22:54on a des choses
01:22:55qu'on peut vraiment
01:22:58exploiter,
01:22:58qui sont...
01:23:01Et voilà,
01:23:02je crois qu'on a
01:23:03des pistes,
01:23:04vraiment,
01:23:04des choses qui nous permettent
01:23:05de...
01:23:05On a des chercheurs
01:23:06formidables,
01:23:07des talents,
01:23:08mais il faut leur laisser
01:23:09la possibilité de travailler.
01:23:10Effectivement,
01:23:11il faut laisser la confiance.
01:23:13C'est pour ça que je pense
01:23:14beaucoup dans le contrat d'agence.
01:23:15Je ne viens pas te regarder
01:23:16à chaque minute
01:23:17quel hôtel tu choisis
01:23:18et quelle taille crayon
01:23:19tu as acheté.
01:23:20Je te donne des moyens,
01:23:22j'ai confiance,
01:23:22tu vas faire
01:23:23et je regarderai
01:23:24ex poste
01:23:25s'il y a des...
01:23:26Quels sont les résultats.
01:23:27Mais avoir plusieurs
01:23:28critères d'excellence,
01:23:29c'est bon aussi
01:23:29parce que,
01:23:30parmi les universités
01:23:31qui sont très bonnes
01:23:32pour placement,
01:23:33qui sont très bonnes
01:23:34pour la pédagogie,
01:23:36pas forcément
01:23:36des universités top
01:23:38en recherche,
01:23:38mais elles doivent également
01:23:39être aidées.
01:23:40C'est très important, ça.
01:23:42Donc l'excellence,
01:23:43elle est multidimensionnelle.
01:23:45Et à partir du moment
01:23:46où tu as un contrat
01:23:46de dire,
01:23:47moi, je vais placer,
01:23:48je vais former des gens,
01:23:49je vais...
01:23:50Eh bien,
01:23:50tu animes une région
01:23:51en faisant ça.
01:23:52Eh bien,
01:23:52à ce moment-là,
01:23:52oui,
01:23:52je te donne des moyens
01:23:53et à nouveau,
01:23:54je te jugerai
01:23:54sur ces critères-là.
01:23:55Merci.
01:23:56La dernière question
01:23:57pour la présidente,
01:23:59Christine Lava.
01:24:00Oui, merci.
01:24:01Moi, je vais volontairement
01:24:02être provocatrice
01:24:03parce que je pense
01:24:03que je suis la seule
01:24:04qui vous ait eue
01:24:04comme professeure.
01:24:06Oh là là,
01:24:07ma pauvre !
01:24:07Où ça ?
01:24:08À PSE.
01:24:09Oh là là,
01:24:10toutes mes condoléances.
01:24:11Non, c'était très bien.
01:24:12C'était aussi animé
01:24:12que ce matin.
01:24:15Volontairement provocante
01:24:16pour vous demander
01:24:16l'autonomie jusqu'où ?
01:24:18Est-ce que l'autonomie,
01:24:19c'est jusqu'à mettre fin
01:24:20au mythe français
01:24:21de l'université pour tous ?
01:24:24Est-ce que c'est du coup
01:24:27l'ouvrir vraiment
01:24:28au monde de l'entreprise,
01:24:30créer des vrais partenariats
01:24:31avec des acteurs privés ?
01:24:33Est-ce que c'est introduire
01:24:35de la sélection à l'entrée
01:24:36avec des concours ?
01:24:38Si je le dis autrement,
01:24:39ce que j'observe autour de moi,
01:24:42c'est que dès qu'on veut
01:24:43entre guillemets
01:24:43avoir une chance
01:24:44de rentrer ensuite
01:24:46dans la vie professionnelle,
01:24:50on met ses enfants
01:24:51dans des écoles
01:24:52d'ingénieurs,
01:24:53de commerce
01:24:53sur lesquelles
01:24:54ils ont été recrutés
01:24:55après un concours,
01:24:56que ce soit directement
01:24:58après le bac
01:24:58ou après une classe préparatoire,
01:25:00mais on ne va pas
01:25:01à l'université.
01:25:02On va désormais
01:25:03à l'université
01:25:03uniquement si on veut
01:25:04faire médecine
01:25:05ou droit
01:25:05de secteur
01:25:06pour lesquels
01:25:07il n'existe pas
01:25:08des...
01:25:09Mais seulement,
01:25:10tu as une guillotine
01:25:10en première année.
01:25:12Exactement.
01:25:12Ça, c'est la sélection
01:25:13après par le travail.
01:25:14C'est la sélection
01:25:14en première année.
01:25:15Du coup, ma question,
01:25:16c'est autonomie jusqu'où ?
01:25:17J'ai bien compris
01:25:18que c'était autonomie
01:25:20dans les moyens
01:25:20et dans la gestion,
01:25:21mais est-ce que ça va aussi
01:25:23jusqu'à mettre en place
01:25:24de la sélection
01:25:25à l'entrée
01:25:26plutôt que la sélection
01:25:27par l'échec ?
01:25:29C'est-à-dire qu'après,
01:25:29il y a ceux
01:25:30qui enchaînent
01:25:32les premières années,
01:25:34mais à la fin,
01:25:35et on le voyait hier
01:25:36avec un chercheur
01:25:38de l'OCDE,
01:25:39c'est qu'on a un taux
01:25:40de passage
01:25:40de la licence
01:25:41en master
01:25:42qui est assez faible.
01:25:43Donc ça veut dire que...
01:25:44Et avec une licence,
01:25:46on ne fait pas grand-chose.
01:25:46Je suis plutôt
01:25:47pour une sélection
01:25:48à l'entrée.
01:25:49Je suis plutôt
01:25:50mais une orientation,
01:25:51c'est-à-dire que
01:25:51je ne veux pas d'échec
01:25:52à l'entrée.
01:25:53Je veux que quelqu'un
01:25:54dise voilà,
01:25:55tu pouvais rentrer là,
01:25:57mais tu vas plutôt
01:25:58rentrer dans telle filière.
01:26:00Donc l'idée,
01:26:01c'est que chacun
01:26:02puisse aller quelque part.
01:26:04Je ne veux pas des gens,
01:26:05je ne veux pas des jeunes
01:26:06qui finissent dans la rue.
01:26:07Donc je veux...
01:26:08C'est ça que je veux dire.
01:26:10Alors tu as des systèmes,
01:26:11effectivement,
01:26:12comme en Belgique,
01:26:12par exemple,
01:26:13ou je crois dans les pays
01:26:14en Suède,
01:26:15où tu as une sélection
01:26:17très forte en première année.
01:26:19Mais ça s'est repoussé, quoi.
01:26:21Et je ne sais pas
01:26:22comment ça marche.
01:26:23Donc je n'ai pas regardé de près.
01:26:25Mais ils ont une guillotine
01:26:26en première année, quoi.
01:26:27C'est comme ça
01:26:28que ça marche chez eux.
01:26:29Alors est-ce que nous,
01:26:29on doit faire ça
01:26:30ou est-ce qu'on doit dire
01:26:31dès la fin du bac,
01:26:33eh bien voilà,
01:26:33tu vas dans tel truc
01:26:34ou tu vas dans telle autre chose
01:26:35avec des passerelles, hein.
01:26:36Donc avec la possibilité
01:26:37de passerelles.
01:26:38Et tu fais très bien là.
01:26:39Tu as une possibilité de passer.
01:26:40C'est là que je n'ai pas
01:26:42la réponse exacte
01:26:43parce que je devrais regarder
01:26:44de très près
01:26:45comment ça marche
01:26:46dans les endroits
01:26:47où tu fais l'entrée
01:26:48tout le monde
01:26:48et tu sélectionnes à fond
01:26:49en première année
01:26:50comme en Belgique
01:26:51ou en Suède
01:26:51versus des systèmes
01:26:53plus suisses
01:26:54où tu orientes plus tôt.
01:26:57Et je ne sais pas vous dire.
01:26:59Mais l'idée,
01:26:59c'est de ne pas laisser
01:27:00des gens aller jusqu'en matrice
01:27:02ne sachant pas grand-chose.
01:27:03Et à ce moment-là,
01:27:04en matrice,
01:27:04ils se retrouvent chômeurs, quoi.
01:27:05Ça, c'est le truc
01:27:06à éviter à tout prix,
01:27:07évidemment.
01:27:09Merci beaucoup,
01:27:10monsieur le professeur.
01:27:12C'était d'une très grande qualité.
01:27:15Et puis,
01:27:16le Sénat va vous apporter
01:27:18quelque chose
01:27:19de fondamental
01:27:20que vous manquez.
01:27:22Donc,
01:27:22je vous apporte
01:27:23un tel crayon.
01:27:26C'est un tel crayon du Sénat.
01:27:28Je n'aurais pas demandé
01:27:28au Collège de France.
01:27:29Ça, c'est sympa.
01:27:31Ça, c'est vraiment...
01:27:32Écoutez,
01:27:32merci beaucoup.
01:27:34Merci, merci.
01:27:36Très bien.
01:27:37Mais non,
01:27:37écoutez...
01:27:38Voilà.
01:27:38Merci beaucoup,
01:27:39monsieur le professeur.
01:27:40C'était passionnant.
01:27:41Merci.
01:27:41Voilà pour cette audition
01:27:42au Sénat
01:27:43de Philippe Aguillon,
01:27:44prix Nobel d'économie 2025,
01:27:45professeur au Collège de France.
01:27:47Il était devant
01:27:48la commission d'enquête
01:27:49du Sénat
01:27:49sur l'excellence
01:27:50des universités.
01:27:51C'est la fin de cette émission.
01:27:53Merci de l'avoir
01:27:53suivi.
01:27:54Continuez à suivre
01:27:54l'actualité politique
01:27:56et parlementaire
01:27:56sur notre site internet
01:27:57publicsénat.fr.
01:27:59Je vous souhaite
01:27:59une très bonne suite
01:27:59des programmes
01:28:00sur Public Sénat.
01:28:06Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires