00:00Une autre invitée du jour vient d'arriver. Bonjour Charles Aloncle.
00:02Vous arrivez tout juste en courant parce que vous arrivez de l'Assemblée Nationale
00:06et votre rapport sur l'audiovisuel public sera bien publié.
00:10Votre serré, je crois, 12 voix pour, 10 voix contre, c'est ça ?
00:13Ça s'est joué de façon très serrée, 12 voix pour et 10 voix contre, effectivement.
00:15Qu'est-ce que vous répondez ? Justement, certains disaient qu'il y aura une censure.
00:19Il n'y a pas de censure, finalement.
00:20Non, mais vous savez, ça s'est joué à très peu de choses.
00:22Ça s'est joué à deux voix, simplement.
00:24Je remarque qu'une partie de la gauche prenait les critiques contre l'audiovisuel public
00:29comme des critiques personnelles, ce que j'ai eu un peu de mal à comprendre.
00:32Il a fallu un certain nombre de compromis lors de ces discussions
00:35pour arriver à un vote favorable, mais ça n'a pas été chose aisée.
00:39Alors, on voit que vous avez été ciblé, même ces dernières heures,
00:41par le président de la commission d'enquête qui travaillait pourtant avec vous,
00:44qui est un élu horizon.
00:45Il a regretté, je cite, que des auditions soient transformées en tribunal politique
00:49ou en procès individuel. Il va même plus loin.
00:51Mais en doute, votre probité a-t-il mené son travail en toute indépendance
00:55et impartialité, dit-il à votre sujet ?
00:58De qui étiez-vous le porte-parole ?
01:00J'étais le porte-parole des Français qui tiennent à l'audiovisuel public,
01:04qui ont été, comme moi, éveillés notamment à la chose publique
01:07et aux débats politiques grâce à un certain nombre d'émissions
01:10et qui aujourd'hui ont du mal à se retrouver dans certains contenus et programmes
01:13et ont du mal aussi à accepter que certaines de ces entreprises,
01:16par une faillite financière, puissent être amenées à disparaître.
01:20Donc, je voudrais simplement le dire, depuis le début de cette commission d'enquête,
01:23mon seul objectif était de braquer un projecteur sur les dérives
01:26et sur les dysfonctionnements de l'audiovisuel public,
01:29de proposer des recommandations pour mieux les résoudre
01:32et pour mieux sauver aussi ces entreprises.
01:34C'était tout l'objet de ce rapport.
01:35Qu'est-ce que vous répondez au président de la commission
01:36quand il met en doute votre impartialité ?
01:39Moi, je ne veux pas rentrer dans la moindre polémique.
01:41Depuis le début, j'ai toujours veillé à ce qu'on braque le projecteur sur le fond,
01:44pas sur la forme, pas sur les critiques.
01:45J'ai voulu accuser personne.
01:48Je ne veux pas qu'on rentre dans ce piège-là.
01:52Je pense qu'il y a beaucoup de sujets sur la gestion financière,
01:54sur les conflits d'intérêts, sur l'omniprésence des sociétés de production
01:58qui perçoivent à peu près 1 milliard d'euros par an de France Télévisions
02:02pour produire des contenus du service public.
02:04Il y a suffisamment de matière pour rentrer dans des polémiques assez stériles.
02:07Des propositions très concrètes, justement.
02:09Il y en aurait 80, c'est ça, dans votre rapport ?
02:10Un peu moins de 80, vous êtes bien renseigné, oui.
02:12Qu'est-ce que vous proposez ? Quelle est la proposition qui vous semble la plus urgente à mettre en
02:16œuvre ?
02:16Je vais vous décevoir parce qu'il faut attendre la publication du rapport dans une semaine, lundi prochain,
02:20pour que je vous révèle des préconisations et des recommandations.
02:23Mais est-ce que, par exemple, la nomination des dirigeants de l'audiovisuel public directement par l'Elysée,
02:27vous y êtes plutôt favorable ?
02:29Alors, j'ai lu beaucoup de fausses informations qui ont circulé, je le déplore, depuis quelques jours,
02:33notamment celle-ci.
02:34Ça, c'est faux.
02:34Alors, c'est faux parce que je ne peux pas trop trahir ce qu'il y a dans le rapport,
02:38mais maintenant que le vote est favorable, j'ai peut-être un peu plus de liberté.
02:40Certes, j'explique aujourd'hui qu'une décision de l'ARCOM,
02:43qui est l'autorité à la fois qui nomme et qui contrôle, est une forme d'hérésie.
02:46Il n'y a que huit personnes qui, dans le secret quasiment d'une conciliation, nomment.
02:50Moi, j'entends mettre l'Assemblée et le Sénat au cœur des nominations,
02:54notamment des présidents d'entreprises de l'audiovisuel public.
02:57C'est l'une des recommandations que je fais.
03:00Proposition du président, vote des commissions des affaires culturelles de l'Assemblée et du Sénat
03:04pour apporter plus de démocratie et plus de transparence.
03:06Est-ce que ce n'est pas rendre totalement dépendants du pouvoir politique
03:08les redirigeants de l'audiovisuel public ?
03:10Je crois que les parlementaires pour lesquels les Français votent en temps régulier
03:15ont une mission, une belle mission, une belle vocation qui fait leur honneur,
03:18celle de représenter les Français.
03:19Et je crois qu'à l'avenir, d'avoir des présidents d'entreprises publiques
03:23comme Radio France et France Télévisions
03:25qui sont soumis au vote des représentants du peuple,
03:27ce sera bien plus démocratique, pluraliste et transparent
03:29que ce qui se fait aujourd'hui avec la nomination simplement par 8 personnes de l'ARCOM.
03:33Fusionner des chaînes France 2, France 5, ça aussi ?
03:36Alors, je ne peux pas m'exprimer, mais il y a un certain nombre.
03:37Réponse courte, oui ou non ?
03:39Il y a 100 chaînes de télé et de radio publiques,
03:41il faut en fusionner certaines à l'évidence.
03:43100 ?
03:43Ah, mais parce que vous cotez toutes les régions aussi, notamment du réseau France 3.
03:46Et quand on enlève les régions et le réseau ultramarins,
03:49il y en a une cinquantaine.
03:50Donc on voit qu'il y a une profusion de chaînes de télévision et de radio
03:52qui coûtent 4 milliards d'euros par an.
03:54Et pour les rendre plus intéressantes et distinctes aussi du privé,
03:57il convient de les optimiser, notamment d'opérer certaines fusions.
04:00Est-ce que vous êtes plus largement pour la privatisation de l'audiovisuel public ?
04:03Depuis le premier jour, je l'ai dit, c'est un procès, un mauvais procès,
04:06des fausses informations qui ont circulé.
04:08Je ne suis pas favorable à la privatisation.
04:10Je pense que...
04:11C'est pourtant ce que souhaite votre partenaire, le RN.
04:13Je rappelle que vous appartenez à l'UDR, c'est le parti d'Éric Ciotti qui est allié avec l
04:16'URN.
04:16Qu'est-ce que vous ferez si vous gouvernez ensemble ?
04:18L'URN veut privatiser l'audiovisuel public ?
04:20Alors, il faut détailler davantage les propositions du RN et de l'UDR
04:23dont je suis membre, le parti d'Éric Ciotti, qui m'a fait confiance.
04:26Non, en fait, ils expliquent qu'il y a un certain nombre de chaînes,
04:29il y a un certain nombre d'optimisations à conduire.
04:31Ils ne sont pas pour une privatisation sèche du jour au lendemain.
04:33Notamment, la proposition d'Éric Ciotti, moi je fais partie du groupe UDR,
04:36explique qu'il y a des pistes de réforme, des pistes d'optimisation.
04:39C'est d'ailleurs tout l'objet du rapport.
04:41Quand vous voyez qu'il y a 4 milliards d'euros d'argent dépensés par les Français chaque année,
04:45qui représentent la moitié du budget du ministère de la Culture...
04:47Pour France Télévisions, je crois que c'est 3 euros par mois et par Français.
04:49Pour France Télévisions, il y a un budget d'un peu plus de 3 milliards d'euros par an.
04:53Je vais simplement vous faire une comparaison sur le domaine de la culture.
04:56La moitié du budget du ministère est consacrée à l'audiésiel public.
04:59Vous n'avez que 4,5% consacré à la sauvegarde des monuments en péril.
05:04Et pourtant, il y en a nombre, des petits théâtres, des phares, des moulins.
05:07Donc, tout est une question de proportion.
05:09Mais je pense que pour sauver notre patrimoine, il y a aussi des efforts à faire ailleurs,
05:12notamment sur la poche du ministère de la Culture.
05:14Ce qui a été mal perçu, parfois, c'est des critiques qui ont été reçues par les salariés.
05:17Est-ce que vous avez le sentiment que les 8 720 salariés de France Télévisions
05:20sont tous d'affreux militants politiques ?
05:22Alors, j'ai pu lire dans les colonnes, notamment, de vos confrères du Figaro,
05:25qu'il y avait un certain nombre de syndicalistes,
05:27de représentants des salariés de France Télévisions,
05:29notamment Force Ouvrière, qui est le premier syndicat représentatif des salariés,
05:33qui se félicitait de cette commission d'enquête,
05:36qui était très enthousiaste des questions qu'on pouvait poser,
05:39qui estimait que c'était une entreprise de salubrité publique d'avoir mené ses missions.
05:43Donc, on donne parfois un peu trop la parole à la CGT,
05:46qui n'est plus le premier syndicat représentatif chez France Télévisions.
05:49Mais vous avez nombre de salariés qui se félicitent de ces travaux
05:53et qui se félicitent de ces questions.
05:55Beaucoup m'ont envoyé des contributions et m'ont alimenté pour affiner un peu mon regard.
06:00Et je pense qu'aujourd'hui, ils sont ravis de voir qu'un rapport sera publié
06:03avec beaucoup de recommandations.
06:04Une question très concrète, Patrick Sébastien,
06:06que vous avez été auditionné, est en conflit ouvert avec Delphine Ernotte.
06:09J'imagine que ça ne vous a pas échappé.
06:10Il a publié vendredi une chanson grossière et vulgaire contre la présidence de France Télévisions
06:15qui a annoncé qu'elle porterait plainte pour outrage sexiste et sexuel.
06:19Est-ce que vous apportez votre soutien à Delphine Ernotte ?
06:21Écoutez, je vous avoue que dans la rédaction du rapport,
06:25dans cette période intense où le président Macron-Nils ne m'a laissé que 10 jours
06:28pour rédiger un rapport de près de 400 pages,
06:31j'avais suffisamment à faire.
06:32Malheureusement, j'aurais aimé pouvoir écouter, regarder les dernières chansons de Patrick Sébastien.
06:37Et pardon, je suis un peu étranger à ça, je me suis concentré ces derniers jours sur la rédaction.
06:41Ça ne vous pose pas de problème quand il dit, je cite, excusez-moi des termes,
06:43Delphine, si tu avais connu ma pine, on aurait été si heureux, vous ne condamnez pas ça ?
06:47Ce n'est pas forcément mon humour, on n'a pas forcément tous le même humour,
06:51mais je pense qu'on est dans un pays où la liberté d'expression est importante.
06:54Il faut la sanctuariser.
06:56Et vous le verrez peut-être dans mon rapport, je ne condamne pas les humoristes.
06:58Je pense que la place de l'humour en France est l'un des principes de l'ADN de notre
07:04esprit français.
07:05Donc il faut aussi sanctuariser ce droit à la dérision et à l'humour.
07:08Merci cher Aron d'avoir été notre invité.
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