00:00Il passe à côté de l'essentiel, c'est une occasion manquée.
00:03Voilà ce que vous dit Sébastien Lecornu, que répondez-vous ?
00:06Je le soupçonne fortement de ne pas avoir lu le rapport
00:08puisqu'il a été publié il y a à peine une heure ou une heure et demie.
00:11C'est d'ailleurs votre première réaction ce matin.
00:13Le site de l'Assemblée a craché.
00:16Il y a eu tellement de demandes qu'il n'est même plus à même d'assumer la publication de
00:20ce rapport.
00:21Ce qui montre aussi ce qui témoigne l'intérêt des Français.
00:23C'est la première fois que le site de l'Assemblée nationale est en telle rupture
00:25qu'il n'arrive même plus à le diffuser.
00:27Je soupçonne notamment Sébastien Lecornu
00:30qu'il y a eu une réponse et une réaction assez prompte sur un rapport qui fait près de 400
00:39pages.
00:39Il est très dense, il y a près de 4 recommandations.
00:41Je ne l'ai transmis à aucun autre journaliste.
00:43Il a été publié simplement ce matin, il y a moins d'une heure.
00:46Il y a eu une réaction quand même assez rapide, assez politique du Premier ministre.
00:50Je constate néanmoins que la ministre de la Culture hier
00:52a, je crois, convoqué la présidente de France Télévisions et de Radio France
00:56pour se mettre autour de la table
00:57et essayer de voir ensemble un certain nombre de pistes de réforme.
01:00Et ça, vous considérez que c'est déjà en quelque sorte une victoire ?
01:03Je m'en félicite parce que le but de cette commission d'enquête,
01:06ça a été vraiment de braquer un projecteur sur les dérives et les dysfonctionnements
01:09pour mieux les résoudre et pour surtout sauver l'émission précieuse de l'audiovisuel public.
01:13C'est là-dessus que visiblement, on va revenir évidemment sur la déclaration de Sébastien Lecornu à l'instant,
01:20mais vous dites « mon objectif c'est de sauver l'audiovisuel public français ».
01:25Delphine Ernot a également réagi dès ce matin, la patronne de France Télévisions.
01:29C'était il y a quelques minutes.
01:30Elle dénonce un rapport à charge qui, effectivement, à ses yeux,
01:34n'est pas du tout pour sauver l'audiovisuel français.
01:38Mais encore une fois, moi je les invite, ils répondent dans les toutes premières minutes
01:41qui suivent la publication du rapport, rapport auquel ils n'ont pas eu accès,
01:45qui fait 400 pages, qui compte près de 80 pour pression.
01:47Non mais elle a été auditionnée, elle a participé.
01:50Elle dit d'ailleurs « nous nous sommes prêtés de bonne foi
01:54et en tout respect des institutions à ses auditions ».
01:57Absolument, et d'ailleurs je le remercie.
01:59Elle a fait deux auditions qui ont été assez longues, de quatre heures chacune.
02:03Mais je m'étonne d'une réaction aussi rapide, quelques minutes seulement
02:06après la publication du rapport, dont ils n'ont pas eu accès.
02:09Pourquoi ils font ça alors, d'après vous ?
02:10C'est-à-dire que vous avez l'air de dire en fait qu'ils ne savent rien sur le
02:12fond,
02:12ils réagissent, alors pourquoi dans ces cas-là ?
02:14Oui, c'est un rapport qui fait 400 pages,
02:15qui compte près de 80 préconisations.
02:18Et je m'étonne qu'il y ait une réaction politique aussi prompte, aussi rapide,
02:20y compris la direction de France Télévisions dans les minutes
02:22qui suivent la publication du rapport.
02:24Moi j'aimerais qu'on parle du fond, j'aimerais qu'on dise…
02:25On va en parler du fond, mais quand vous dites qu'ils n'avaient pas le rapport,
02:29on en avait quand même des morceaux.
02:30D'abord, ce rapport avait fuité, vous-même vous l'avez reconnu.
02:33Ce n'est pas de votre fait, puisque semble-t-il un certain nombre d'indices concordants
02:37montrent qu'il s'agirait sans doute d'une députée socialiste.
02:40En tout cas, c'est ce que vous avez dit,
02:41et c'est ce que certaines enquêtes auraient démontré.
02:45Mais enfin, ça veut dire quand même qu'une part de ce rapport,
02:48effectivement, en tout cas, circule,
02:49qu'il y a eu ensuite de larges pans de ce rapport
02:52qui ont été dévoilés par le Figaro ce matin.
02:53Vous ne pouvez pas dire qu'ils réagissent alors qu'ils n'ont rien vu,
02:55qu'ils n'ont rien lu, qu'ils ne savent pas ce qu'il y a dedans.
02:56En tout cas, ils réagissent sur la base d'un certain nombre d'informations,
02:59des fausses informations.
03:00Par exemple, on m'a prêté la suppression du Tour de France
03:03et d'un certain nombre de compétitions sportives sur le service public,
03:06alors que je dis strictement l'inverse.
03:07On m'a prêté, soi-disant, la nomination directe du président de la République,
03:10des présidents d'entreprises publiques de l'audiovisuel.
03:13Bon, je dis quelque chose de très différent.
03:15J'explique qu'il faut que l'Assemblée nationale et le Sénat votent,
03:19notamment sur proposition du président de la République,
03:21pour apporter plus de démocratie, de pluralisme et de transparence
03:24sur une nomination aussi importante.
03:25Donc, il y a eu beaucoup de fausses informations diffusées.
03:28Vous pouvez dire que je veux que l'audiovisuel public français
03:33sorte consolidé, renforcé ?
03:34Absolument, absolument, parce que c'est la première fois
03:36que l'Assemblée nationale réalise une commission d'enquête sur ce sujet.
03:39Il y a beaucoup de dérives, il y a beaucoup de dysfonctionnements
03:41qui n'avaient pas été dénoncés jusqu'à présent.
03:44Et le but de ces 80 recommandations, qui sont importantes,
03:47c'est de permettre à ces entreprises de se relever,
03:50d'assainir leurs pratiques, de relever aussi leurs comptes
03:53qui sont en déficit, qui sont en situation de quasiment dissolution,
03:57et d'apporter des garanties supplémentaires de pluralisme.
04:00Ce sont ces trois objectifs que j'ai voulu poursuivre
04:03dans le cadre de cette commission d'enquête, en dépit des critiques.
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