00:00C'est-à-dire qu'au fond, pour comprendre ce qui se passe aujourd'hui, je crois qu'on est
00:04face à un trilème.
00:05C'est-à-dire, en gros, il y a trois choses et les trois ne peuvent pas exister en même
00:08temps.
00:09Il y a d'un côté Donald Trump qui a besoin et veut dire qu'il a gagné la guerre.
00:15De l'autre côté, il a besoin de rouvrir le détroit d'Hormuz.
00:18Et enfin, il ne veut pas, pour le moment, une escalade telle qu'effectivement on se retrouve avec des troupes
00:25au sol
00:25ou une extension même géographique avec des nouveaux acteurs de la guerre.
00:30Et les trois choses, en même temps, c'est très difficile à voir.
00:32C'est très difficile à voir parce qu'effectivement, aujourd'hui, le régime ne veut pas lui donner la possibilité
00:37de dire qu'il a gagné.
00:38Parce qu'aujourd'hui, on l'a vu, le blocage du blocage a des failles et en même temps aussi
00:43est un problème aussi structurant.
00:45Et enfin, et c'est là un peu le nerf de la guerre, ce qui se passe, c'est qu
00:49'il y a peut-être eu un changement de régime en Iran,
00:52mais pas du tout dans le sens qui était envisagé par Israël et les États-Unis.
00:56C'est plutôt par la prise de contrôle, par le groupe le plus radical, le militaire, des gardiens de la
01:01révolution, du processus de construction de l'État.
01:04Et c'est là, effectivement, que c'est beaucoup plus difficile d'engager une négociation.
01:09Et je pense que cette phrase, ce truc social, comme souvent ça arrive depuis désormais presque deux mois,
01:17sert au fond à donner un spin, à donner un angle, à donner un narratif.
01:20Mais au fond, depuis presque 40 jours, on est toujours face à ce trilemme-là et il n'y a
01:26pas de solution pour le moment.
01:27Quand vous dites trilemme, on pourrait dire impasse, finalement, Gilles.
01:30Oui, c'est ça. C'est peut-être une manière plus simple de le dire.
01:33Mais je pense que quand même, c'est intéressant parce que ça dit quand même quelque chose de très profond.
01:37En fait, on est face à un paradoxe.
01:40C'est que les États-Unis ont montré qu'ils ont une supériorité militaire et technique qui est très nette.
01:48Ce qui s'est passé à partir du 27 février a montré à plusieurs reprises qu'il y avait une
01:53asymétrie très évidente.
01:54Et en même temps, et c'est les deux choses, il faut les penser en même temps, en fait, on
01:58voit bien que cette supériorité technique...
02:00Et cette asymétrie dont vous parlez, finalement, cette image qu'on voit sur cet écran, c'était peut-être l
02:05'emblème,
02:06une petite vedette, finalement, qui arrive à prendre un cargo commercial.
02:10On voit bien que l'Iran a fait preuve d'une certaine ruse, finalement, comparée à cet éléphant américain.
02:15Oui, et aussi, au fond, ils ont rejoué à leur compte une autre forme d'asymétrie.
02:19En fait, le problème, moi, je parle d'hyper-impuissance.
02:22En fait, aujourd'hui, on se trouve quand même dans un monde très étonnant,
02:25parce que les États-Unis ont à la fois la volonté, à la fois la capacité de projeter la force
02:30comme aucune autre puissance ne peut le faire.
02:32Et ça a des conséquences très profondes sur la Russie
02:35et comment, aujourd'hui, Vladimir Poutine est en train de transformer sa manière de gérer,
02:39par exemple, l'Internet en Russie.
02:41Plusieurs analystes parlent d'une crise de paranoïa.
02:43Pourquoi ? Parce que Vladimir Poutine a vu ce qui s'est passé à Maduro au mois de janvier
02:49et a vu ce qui s'est passé à l'intégralité de la hiérarchie du régime iranien
02:53dans les derniers jours du mois de février.
02:55Et en même temps, cette capacité extraordinaire de comprendre
02:59et d'avoir de l'intelligence, et en même temps aussi de pénétrer en profondeur
03:02et de frapper en volontaire,
03:03en fait, s'accompagne d'une difficulté de plasmer,
03:07de transformer le monde d'un point de vue stratégique
03:09par rapport à ce que les États-Unis voudraient.
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