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  • il y a 1 jour
Dans son édito du 14/04/2026, Thomas Bonnet revient sur la loi du 1er mai interdisant le travail de certaines professions.

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Transcription
00:00Oui, du côté de Matignon, ça sent la trouille, l'angoisse à tapisser les murs de l'hôtel de la
00:04rue de Varennes à l'approche du 1er mai.
00:06Il aura fallu que les syndicats élèvent un tout petit peu la voix pour que les ministres fassent machine arrière.
00:10On appelle ça une capitulation en race campagne.
00:13Alors il faut rappeler que cette proposition de loi vient de loin, qu'elle a été adoptée déjà l'an
00:16dernier au Sénat avant d'arriver à l'Assemblée.
00:18La tactique pour son adoption a été approuvée par le groupe de Gabriel Attal en coopération avec le gouvernement.
00:25Maintenant, sur notre antenne, il y a tout juste une semaine, il y a pile une semaine, le ministre du
00:29Travail, Jean-Pierre Farandou, s'y était même dit favorable.
00:32Mais voilà, entre-temps, les syndicalistes ont brandi la menace et en l'espace de quelques heures, le gouvernement plie
00:37bagage, appelle au dialogue social et de fait enterre la proposition de loi.
00:42Ça montre la faiblesse du gouvernement, bien sûr.
00:44Ça montre aussi peut-être les limites de Jean-Pierre Farandou à mener un dialogue exigeant avec les syndicats, lui,
00:49qui avait déjà largement cédé en 2024 face aux cheminots quand il était alors patron de la SNCF.
00:55À l'époque, il fallait éviter absolument la grève pendant les Jeux Olympiques et ce, quoi qu'il en coûte,
00:59on peut dire qu'on est un peu dans le même état d'esprit aujourd'hui.
01:01Alors, de quoi le gouvernement a-t-il si peur ?
01:04Eh bien, de tout. Ils ont peur de tout, Romain.
01:06Le simple fait d'imaginer un cortège du 1er mai remonté à bloc a donné des sueurs froides au Premier
01:10ministre.
01:11La gauche a même menacé d'une motion de censure en cas de passage en force.
01:15Vous imaginez la terreur qu'a gagnée Matignon ?
01:17Censure, c'est comme Voldemort, c'est celui dont on ne doit pas prononcer le nom sous peine d'effrayer
01:21tout le monde.
01:22Vous n'imaginez quand même pas que le gouvernement va prendre le moindre risque pour favoriser le travail.
01:26L'urgence n'est pas d'envoyer un message positif pour l'économie.
01:29L'urgence, c'est d'attendre tranquillement jusqu'à avril 2027 pour revendiquer la longévité de son bail à Matignon.
01:36Alors, certains diront que c'est de l'habileté.
01:37En fait, c'est surtout de la trouille.
01:39On l'a bien compris, la seule mission de Sébastien Lecornu, c'est de durer.
01:42C'est tenir, comme l'a dit le président de la République, pour qui le verbe est devenu un mantra,
01:45presque un slogan.
01:46On tient face aux événements et on ne fait rien.
01:49En fait, la fin de mandat d'Emmanuel Macron, c'est un peu l'épreuve des poteaux dans Koh-Lantin.
01:52Ce qui est dommage, c'est que cette peur a des conséquences concrètes pour les Français.
01:56Oui, parce qu'il n'y a pas que les boulangers et les fleuristes qui ont été sacrifiés sur l
01:59'autel de la tétanie gouvernementale.
02:00En fait, ce qu'on a compris hier, c'est que rien ne bougera plus jusqu'à la présidentielle.
02:04Après avoir déjà tout obtenu lors du budget, les socialistes maintiennent le pistolet sur la tempe du Premier ministre,
02:10à qui ils ordonnent plus un geste.
02:12Eh bien, ils s'exécutent, Sébastien Lecornu, et chaque sujet, chaque prise de décision fait parcourir un frisson dans les
02:17cabinets ministériels.
02:18C'est le prix du carburant, la suppression des ZFE, la loi Yadant sur l'antisémitisme, les lois sur la
02:24justice.
02:24Tout est de nature à inquiéter.
02:26Et même Laurent Nunez, qui pourtant en a vu d'autres, se sent obligé de déminer la possible interdiction du
02:30port du voile pour les mineurs.
02:32Quand il s'exprime à la Grande Mosquée de Paris, il s'agirait, pardon, on l'a bien compris, de
02:36ne brusquer personne.
02:37Alors, pour être libre, il faut être craint.
02:40Pour être craint, il faut être puissant.
02:41C'est la formule consacrée du président de la République.
02:44Il faudrait bien de la faire méditer à son propre gouvernement.
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