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  • il y a 2 jours

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Personnes
Transcription
00:01Pour ce point lecture autour du recueil Zahleben pour Dupin, je vous propose d'aller à Barlin en 1945 auprès
00:11du petit Staszek.
00:12Staszek c'est un écolier, il fréquente l'école Pasteur et dans cette école il y a à peu près
00:18une centaine de petits Polonais, tous issus de l'immigration des années 20.
00:24Alors voici ce que raconte Staszek à Barlin.
00:30Mai 1945
00:33On va peut-être tous se faire virer de l'école, mais je ne bougerai pas d'ici.
00:38Autour de moi, mes copains regardent l'homme en costume cravate qui traverse la cour de récré d'un pas
00:45déterminé.
00:46De vague « Qui est-ce ? » accompagne ses pas.
00:51Lui nous regarde d'un air curieux, puis s'avance vers notre directeur et le salue avant d'entrer dans
00:57son bureau.
01:00Décidément, c'est un véritable défilé là-dedans.
01:03Tout à l'heure, tous les maîtres de l'école s'y sont retrouvés.
01:06Ils en sont sortis le regard sombre en nous regardant de travers.
01:11La journée s'annonçait pourtant si belle.
01:14Avec mon frère, on s'était mis à hurler en franchissant le portail « La guerre est finie ! C
01:20'est l'armistice ! »
01:22Comme d'habitude, Joseph était parti rejoindre ses copains du CM2 et moi, ceux du CE2.
01:29La cour raisonnait de hurlements et d'éclats de rire.
01:33Tout a basculé dès notre arrivée en classe.
01:38Le maître l'avait décoré avec des drapeaux des pays alliés.
01:42Une superbe farandole de couleurs rassemblées pour fêter notre liberté retrouvée.
01:48Comme tous les élèves, avec mon copain Claude, on s'amusait à les identifier.
01:54« Les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada… »
02:01Soudain, une petite voix devant a remarqué « Monsieur, il n'y a pas le drapeau polonais ? »
02:08Comme le maître ne répondait pas, une deuxième voix aussi timide a posé la même question.
02:14Il n'a pas eu le temps de répondre.
02:17Un incroyable vacarme a retenti dans le couloir, puis une marée humaine a déferlé dans la classe.
02:24C'étaient des grands de fin d'étude.
02:27L'un d'entre eux a jeté un rapide coup d'œil dans la classe et s'est écrié
02:31« Ici aussi, il n'y a pas de drapeau polonais ! »
02:36Notre instituteur n'a pas eu le temps de dire quoi que ce soit.
02:39Le grand s'est tourné vers nous.
02:41« Les Polonais, tous dehors ! » a-t-il ordonné.
02:45On l'a suivi aussitôt sans poser de questions.
02:49Une véritable débandade de blouses grises dans les couloirs.
02:53Une fois dehors, on s'est regroupés sous le perron devant le bureau du directeur.
02:58Un autre élève de fin d'étude s'est immédiatement adressé à nous.
03:03La Pologne et les soldats polonais ont combattu les Boch aux côtés des armées alliées pour libérer non seulement notre
03:11pays, mais aussi la France.
03:14Il n'est pas normal que notre drapeau ne se trouve pas à côté de tous les autres.
03:20Ici, dans cette école où nous sommes si nombreux.
03:23Nous allons donc nous asseoir par terre et nous y resterons jusqu'à ce qu'il soit accroché dans chaque
03:30salle de classe avec tous les autres.
03:33Le directeur n'a pas fait mieux que notre instituteur.
03:36Les rares cheveux en bataille, il a rapidement surgi de son bureau et nous a sommés de tous retournés en
03:43classe.
03:45Comme aucun de nous n'a bougé, il nous a promis de nombreuses punitions, dont le châtiment suprême, le renvoi
03:53de l'école.
03:55Je me demande s'il est capable de mettre ses menaces à l'exécution.
04:00Je tends l'oreille du côté des grands.
04:03Ils n'ont pas l'air inquiets.
04:05Je les entends discuter du général Sikorsky, du général Anders, du général Maciek.
04:11Il faudra que j'interroge mon père en rentrant ce soir.
04:15Je n'en ai jamais entendu parler.
04:18Papa ne m'explique jamais rien.
04:20La seule phrase qu'il ait lancée ce matin, c'est
04:23« Les croisés sataniques ont perdu la guerre, qu'ils aillent au diable ! »
04:28Après, il a enfourché son vélo pour partir au jardin.
04:31Et maman l'a suivi à pied en versant une larme.
04:35Je n'ai pas compris si c'était une larme de fatigue ou de joie.
04:40J'ai des fourmis dans les jambes.
04:44Je voudrais tellement pouvoir aller courir un peu.
04:47À l'heure de la récré, nos copains français sont venus nous demander ce qu'on faisait assis par terre.
04:53Ils nous ont proposé d'aller jouer avec eux, mais pour rien au monde, on aurait déserté notre poste.
05:00Nous formons une armée d'écoliers en lutte contre un oubli, une injustice.
05:07La matinée s'éternise.
05:09Il y a bien longtemps que nos camarades sont rentrés en classe et nous, on est toujours là, fidèles à
05:15notre promesse.
05:16Une centaine d'élèves déterminés à aller jusqu'au bout.
05:21Enfin, l'homme en costume cravate sort du bureau du directeur.
05:26Le silence se fait instantanément.
05:29Je m'étonne de le voir s'adresser à nous dans notre langue maternelle.
05:34Je suis le consul de Pologne.
05:37Et comme vous, je m'étonne de l'absence de notre drapeau parmi ceux des Alliés.
05:43Le directeur m'a affirmé qu'il s'agissait d'un oubli involontaire.
05:48Et il m'a donné sa parole.
05:50Dès demain, il sera accroché dans vos classes.
05:54Avant que je parte et que vous regagnez vos classes, chantons ensemble notre hymne national.
06:00Soulagé, je me lève d'un bon comme tous mes camarades et comme eux, je fixe le regard de cet
06:06homme qui a répondu à notre appel.
06:09Les paroles de la Mazurka de Dombrovski retentissent à l'unisson.
06:14Avec elle s'envole beaucoup d'émotions et de fierté partagée.
06:18La Pologne n'a pas encore péri tant que nous vivons.
06:23Nous reprendrons par le sabre ce que la violence étrangère nous a pris.
06:29La particularité du recueil Zahlebem, c'est d'évoquer les parcours de vie des instantés, comme celui qu'on vient
06:35de lire, et puis aussi le parcours de Stachek.
06:39Alors, qu'est devenu Stachek ?
06:40Quelques années plus tard, le jeune Stachek deviendra instituteur à son tour.
06:47Il commencera sa carrière dans le Pas-de-Calais, puis partira en Algérie.
06:52Là, il rencontrera sa future épouse dans les montagnes de Loire-Sénie.
06:56Elle donnera naissance à leur fille, Véronique.
07:00La petite famille vivra une formidable aventure humaine dans ce pays durant une dizaine d'années.
07:07De retour en France, elle s'installera dans le Sud-Ouest.
07:12Stachek occupera plusieurs postes de professeur de collège en sciences,
07:16avant de terminer sa carrière en tant que principale de collège.
07:19Enseignant dévoué, enthousiaste, proche de ses élèves, surnommé le bâtisseur d'école,
07:27Stachek se passionnera également toute sa vie pour les insectes, la nature, les fouilles paléontologiques.
07:34Il a fait don de son impressionnante collection de papillons récemment au Muséum d'histoire naturelle de Toulouse.
07:41Et pour la version polonaise, je vous invite à écouter Sabina Stempiel-Diezou,
07:48qui travaille avec moi et qui m'accompagne en Pologne lors des conférences sur ce projet z'achlebe.
07:57Staszek, Barlin, maj 1945 r.
08:02Chyba nas wszystkich wyrzucą ze szkoły, ale ja się stąd nie ruszę.
08:07Wokół mnie, moi koledzy, patrzeni są wszyscy w mężczyznę w garniturze i pod krawatem,
08:13który przechodzi właśnie przez boisko szkolne z determinowanym krokiem.
08:17Chwilowe, kto to jest?
08:20Towarzyszy jego krokom.
08:22On patrzy na nas zaciekawiony, a następnie zbliża się do naszego dyrektora
08:26i pozdrawia go przed wejściem do jego biura.
08:30Co za defilada!
08:32Przedtem wszyscy nauczyciele tu się spotkali.
08:34Następnie odeszli, patrząc na nas z przymrużonym okiem.
08:38A dzień na początku zapowiadał się miły.
08:41Z bratem przekraczając bramę, krzyczeliśmy
08:43Wojna się skończyła! Zawieszenie broni!
08:47Jak zwykle Józef dołączył do kolegów z piątej klasy, a ja do tych z trzeciej.
08:52Na boisku szkolnym roznosiły się krzyki i śmiechy.
08:56Niestety wszystko zawaliło się, kiedy wróciliśmy do naszej klasy.
09:00Nauczyciel udekorował ją flagami krajów sprzymierzonych,
09:04wspaniała plejada połączonych kolorów,
09:06aby świętować naszą odzyskaną wolność.
09:09Jak inni uczniowie z moim kolegą Claude,
09:12bawiliśmy się w odgrywanie tych flag.
09:15Stany Zjednoczone, Kanada, Wielka Brytania.
09:19Kiedy nagle jakiś głos z przodu krzyknął
09:21– Proszę pana, ale nie ma polskiej flagi.
09:25Nauczyciel nie odpowiadał, więc inny cichy głos postawił mu to samo pytanie.
09:30Nie miał czasu odpowiedzieć.
09:31Kiedy nagle rozeszła się po korytarzu niesamowita wrzawa,
09:36a zaraz potem tłum ludzi wkroczył do klasy krzycząc
09:40– Tutaj też nie ma polskiej flagi.
09:44Nasz nauczyciel nie miał czasu nawet cokolwiek powiedzieć,
09:46kiedy jeden z nich zwrócił się do nas.
09:48– Wszyscy Polacy na dwór – rozkazał.
09:51– Szliśmy za nim, nie zadawając pytań.
09:54– Prawdziwy popłoch siwych partuszków na korytarzu.
09:57A jak już znaleźliśmy się na dworze,
10:00stanęliśmy grupowo przed biurem dyrektora.
10:02Jeden ze starszych uczniów zwrócił się do nas.
10:05– Polska i polscy żołnierze pokonali Niemców.
10:10Po to, aby uwolnić nie tylko nasz kraj, ale także i Francję.
10:14To nienormalne, że nie ma naszej flagi obok całej reszty.
10:18Tu w tej szkole, gdzie jest nas tak dużo, więc usiądźmy wszyscy na ziemi
10:22i zostańmy tu tak długo, aż nasza flaga zawisi we wszystkich klasach obok innych flag.
10:27– Dyrektor nie był lepszy od naszego nauczyciela.
10:31Włosy rozwiane, wybiegł z biura, każąc nam powrócić do klasy.
10:35Ale widząc, że z nas nikt się nie rusza, zagroził nam największą karą, jaka istnieje –
10:41wyrzuceniem nas ze szkoły.
10:43Zastanawiam się tylko, czy jest zdolny zrobić tam to, czym nam grozi.
10:48Nastawiam ucha od strony starszych uczniów, ale nie wyglądają na wystraszonych.
10:53Słyszę, że mówią o generale Sikorskim, generale Anders, generale Maczek.
10:57Muszę zapytać ojca wieczorem, jak wróci, bo nigdy o tym nie opowiadał.
11:02Ojciec zresztą nigdy niczego nam nie tłumaczy.
11:05Jedyne, co powiedział dziś rano, to to – przegrali wojnę, niech ich diabli wyzmą.
11:11Następnie wskoczył na rower i pojechał do ogrodu, a mapa poszła za nim płacząc.
11:16Ale nie wiem, czy to było ze zmęczenia, czy radości.
11:21Mrowienie mam w nogach, tak bardzo chciałbym iść trochę pobiegać.
11:25W czasie przerwy nasi koledzy Francuzi przyszli zapytać nas, co robimy na ziemi.
11:31Chcieli, żebyśmy się z nimi bawili, ale my za nic na świecie nie chcieliśmy opuścić naszego stanowiska.
11:36Jesteśmy armią uczniów, którzy walczą przeciw zapomnieniu, sprawiedliwości, niesprawiedliwości.
11:42Poranek się wydłuża, nasi koledzy już dawno wrócili do klas, a my wciąż krwimy w tym samym miejscu, wierni naszej
11:51przysiędze.
11:52Około setki zdeterminowanych uczniów, którzy chcą iść do końca.
11:56W końcu mężczyzna w garniturze i pod krawatem wyszedł z biura dyrektora.
12:02Nastała cisza.
12:04Zadziwia mnie to, jak zwraca się do nas w naszym ojczystym języku.
12:10Jestem kosulem Polski, jak i jak wy, zdziwiony jestem brakiem naszej flagi pomiędzy innymi flagami.
12:16Dyrektor potwierdził mi, że było to niecelowe zapomnienie i przyrzekł mi, że jutro flaga zostanie zawieszona w waszych klasach.
12:26Zanim pójdę i zanim wy wrócicie do waszych klas, zaśpiewajmy razem nasz hymn narodowy.
12:34Zapewniony, zerwałem się szybko i jak reszta moich kolegów, jak oni, patruję się w tego mężczyznę, który odpowiedział na nasze
12:41wezwanie.
12:41Słowa Mazurka Dąbrowskiego zabrzmiały jednogłośnie, a razem z nimi rozeszło się dużo emocji i dumy.
12:50Jeszcze Polska nie zginęła, póki my żyjemy.
12:54Co nam obca przemoc wzięła, szablą odbierzemy.
12:59A teraz dowiemy się, co stało się z naszym Staszkiem po tych kilku latach i jaka jest jego sytuacja na
13:07dzień dzisiejszy.
13:09Kilka lat później młody Staszek został nauczycielem.
13:13Zaczął swoją karierę w regionie Pâtes-Calais, a następnie wyjechał do Algerii.
13:18Tam spotkał swoją przyszłą żonę w górach Warsenis.
13:22Żona urodziła mu córkę Weronikę, rodzina przeżywa wspaniały okres w tym kraju przez około 10 lat,
13:29a po powrocie do Francji rodzina zamieszka na południowym wschodzie.
13:32Staszek był zatrudniony jako profesor nauk ścisłych w kilku gimnazjach,
13:38a w ostateczności zakończył swoją karierę jako dyrektor gimnazjum.
13:43Jako nauczyciel był pełen entuzjazmu i bardzo się poświęcał bliskim swoim uczniom.
13:49Staszka pasjonowały również owady, a także wykopaliska paleontologiczne.
13:55Swoją kolekcję motyli ofiarował dla Muzeum Historii Naturalnej w Tulu.
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