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Avec Jayson Chicandier, Humoriste et auteur de “Accro - Tout le monde ment” aux éditions Michel Lafon

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##L_ACTU_EN_PLUS-2026-04-18##

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News
Transcription
00:00Sud Radio, le grand matin week-end, 7h10h, Maxime Liedot.
00:05Et dans l'actualité en plus, ce matin, ravi de, on va dire, confesser d'une certaine manière quelqu'un
00:10qui vous a sans doute fait rire, que vous connaissez,
00:13dont les expressions ont fait le tour des réseaux sociaux, mais qui a également connu son succès sur scène, à
00:18la télévision et dans tellement d'autres endroits.
00:20Bonjour Chicandier.
00:21Bonjour Maxime.
00:22Est-ce que ça vous va si je vous appelle comme ça ?
00:24Oui, c'est très bien, c'est très bien, c'est mon nom de... Seine.
00:29Seine.
00:30Et sinon, on va parler de ce livre, Accro, publié chez Michel Laffont, où vous vous racontez, vous racontez aussi
00:36les autres,
00:37et on va ensuite rentrer dans le détail de ce qui a provoqué justement ce titre et des années, des
00:41années d'addiction.
00:42Mais la première question, quand j'ai regardé les nombreuses interviews, quand j'ai lu votre livre,
00:46première question que j'ai envie de vous poser, c'est comment ça va ce matin ?
00:49Je vais très bien. Je crois que je n'ai jamais été aussi bien.
00:56C'est pas de la langue de bois, c'est pas ce qu'on dit à chaque fois.
00:58Non, non, mais là, on a un peu parlé hors antenne.
01:02J'ai tous les défauts du monde, mais je ne suis pas monteur et je ne suis pas cynique.
01:09Et comment, avant de rentrer dans le détail de ce livre, comment on vous qualifie ?
01:13Parce que plusieurs fois, dans tout le livre, vous avez de grandes interrogations.
01:16Vous dites, je n'aime pas le mot humoriste, c'est trop pompeux, c'est trop ronflant, je ne me
01:20sens pas comme ça.
01:20Comment on vous appelle ce matin ?
01:23Non, je dis souvent saltimbanque dans le sens où mon maître à penser, c'est Jean-Yann.
01:31Je ne dis pas que j'arrive au pied du sapin de Jean-Yann, mais je dis simplement que j
01:36'aimais bien chez Jean-Yann le fait que c'était un homme
01:38à la fois de scène, à la fois de cinéma, à la fois de télévision, à la fois de radio,
01:42à la fois d'écrit,
01:44qu'il y avait de la gouaille, etc.
01:46J'aime bien ça.
01:47C'est une sorte de chansonnier, un peu multicarte, que j'aspire plus à ça qu'à autre chose.
01:54Vous signez ce livre, à grosse édition, Michel Laffont, et ça va certainement surprendre beaucoup de ceux qui vous suivent,
02:00parce que c'est une chose que de boire des coups avec des copains devant une caméra de télévision,
02:04c'est une chose certainement de s'ancrer dans un personnage sur les réseaux sociaux et de se faire connaître
02:08avec.
02:08Ça en est une autre d'avoir le courage de prendre une plume et de raconter vos addictions qui passent
02:13par l'alcool, la drogue,
02:15un mode de vie totalement dingue.
02:17Est-ce que vous pouvez le raconter pour ceux qui nous écoutent ce matin ?
02:20Et surtout, qu'est-ce qui vous a amené à prendre la plume justement pour en faire ce récit ?
02:24De toutes ces années ?
02:25La plume, je pense, pour tous ceux qui aiment bien écrire, parfois ce n'est même pas une question ni
02:36d'envie, ni de réflexion.
02:39C'est une obligation.
02:41C'est un outil obligatoire pour ceux qui manient l'écriture.
02:47Moi, quand je me suis retrouvé en hôpital psychiatrique, ça a été, mais je pense,
02:51je n'étais pas dans ma chambre depuis une demi-heure que j'écrivais déjà.
02:55C'est peut-être mon côté de Sarkozy.
02:58Vous avez passé plus de 20 jours, rassurez-moi.
03:00Oui, j'avais fait 23 jours.
03:03Peut-être un deuxième tome, alors.
03:04Mais j'aurais aimé vendre le livre.
03:07Mais non, c'est...
03:08Oui, c'était obligatoire dans le sens où il fallait que je mette...
03:12Moi, j'ai écrit depuis que j'ai 12 ans, et il fallait que je mette par papier et sur
03:16papier,
03:17avec des idées à peu près réfléchies, mais je me suis rendu compte en me relisant que tout était très,
03:20très, très embué.
03:23Comment j'en étais arrivé là ?
03:24Comment j'en étais arrivé là ?
03:26Me l'expliquer déjà à moi-même.
03:28Et pour tous ceux qui n'ont pas encore acheté le livre, mais qui vont le faire en vous écoutant
03:31ce matin,
03:32qu'est-ce que vous avez voulu raconter, justement, dans ce livre ?
03:34Parce que c'est facile, on lit le titre, on voit Michel Laffont, Accroche, Chicandier.
03:38Bon, on sent que c'est les addictions.
03:39Mais racontez quand même ce qu'ont été vos décisions.
03:42J'ai envie de parler avec un mec qui, comme moi, a un chicandier bis.
03:49J'ai envie de parler aux autres chicandiers, chicandiers ou chicandières.
03:53Je me suis rendu compte que la télévision ne nous parlait pas.
03:56Nous, les addicts, quand on se met à faire n'importe quoi, quand on se met à déconner sec,
04:02personne ne nous parle.
04:03Ce n'est pas Faustine Bollard qui nous parle.
04:05Faustine Bollard, elle parle avec la responsable des achats,
04:08qui est déjà convaincue.
04:10Non, mais c'est vrai, c'est des paquets de lessive qu'on se met les uns à la suite
04:13des autres.
04:14Mais ça n'a pas de sens.
04:16Moi, j'ai envie qu'elle prenne le bouquin et dise, tiens, il rigole.
04:20Tiens, ça me rappelle ce film.
04:23Ah bah tiens, il parle de la chanson de mon enfance.
04:26Tiens, il parle de la maison, de tout ça.
04:28Et à un moment donné,
04:30est-ce que moi aussi, je ne serais pas un petit peu un chicandier ?
04:33C'est une façon polie, courtois et sympathique de dire, tiens, mon copain, je ne te juge pas.
04:42Voilà toutes les merdes par lesquelles j'ai pu traverser.
04:45Et moi, avec tout ce que j'ai pu vivre, je m'en suis sorti.
04:49T'imagines mon copain ?
04:51Moi, je m'en suis sorti.
04:52Et que le mec se dise, et tu crois que moi, je peux m'en sortir ?
04:56Bah, je pense que oui.
04:57Et ce que vous racontez, et toutes ces années,
04:59on parle d'un alcoolisme très précoce,
05:01parce que dès 14-15 ans, vous racontez,
05:03alors bon, certes, quand on arrive à la fac bourré le matin,
05:05on peut se reconnaître avec certains des camarades qui nous accompagnent,
05:08mais à travers une vie plutôt de nota,
05:10parce que vous avez été notaire,
05:11vous êtes rentré dans certaines boîtes,
05:13donc vous avez eu des fonctions plutôt élevées.
05:14Vous racontez un alcoolisme grandissant avec le succès.
05:17Vous racontez des cocktails hallucinants,
05:19de drogue, d'antidépresseurs, d'alcool,
05:21avec un rythme incalculable,
05:23simplement pour ceux qui nous s'écoutent, puissent réaliser.
05:26Ça a été ça, votre quotidien, ces dernières années ?
05:28Oui, parce que l'alcool fatigue.
05:31L'alcool fatigue.
05:33Et il y a eu, il y a effectivement un phénomène
05:36de démocratisation de la cocaïne,
05:38partout, contrairement à ce qu'on...
05:39Sur les plateaux de télévision,
05:41parfois ils disent oui, c'est dans le showbiz.
05:42Dans le showbiz, j'en ai vu un peu,
05:45mais ce n'est pas là où j'ai vu le plus de cocaïne.
05:47J'ai vu le plus de cocaïne avec des plaquistes,
05:50des plombiers, des garagistes.
05:52Moi, j'ai tapé de la cocaïne à l'arrière des garages
05:55à Saint-Etienne,
05:57plus que dans des boîtes de nuit
05:59avec des stars du showbiz.
06:01Les stars du showbiz,
06:03ça devient même un peu plouc
06:05de prendre de la cocaïne.
06:07Non, mais c'est vrai.
06:08À la limite, elle tape un peu plus de kétamine.
06:10Parce que ça, c'est à la mode, au moins.
06:11C'est la déstation pour chevaux.
06:14Là, tout de suite, on s'entend.
06:15Quand on connaît le milieu S,
06:16c'est un milieu plus sympathique.
06:17Mais oui, c'est la fatigue.
06:21Et les gens prennent de la cocaïne
06:22pour boire plus,
06:24pour que ça se voie moins.
06:27Tout est dicté par la fatigue.
06:29Et après, quand vous avez pris de la cocaïne,
06:31le soir, vous ne dormez pas.
06:33Alors, qu'est-ce que vous faites ?
06:33Vous prenez des somnifères.
06:35C'est normal.
06:36Et le matin,
06:36quand vous avez pris des somnifères
06:37toute la nuit,
06:38vous êtes crevé.
06:41On va reprendre un peu de cocaïne.
06:42C'est enfin, en fait.
06:44Mais la base, c'est la fatigue.
06:47La fatigue, la fatigue nerveuse,
06:49le stress,
06:50et souvent la peur,
06:52et souvent la tristesse.
06:53Et en plus, pour vous,
06:55c'est aussi le cœur du livre,
06:56et c'est aussi ce qui change
06:57la dimension de la lecture du livre.
06:59Ce n'est pas du tout
06:59quelqu'un qui fait des confessions,
07:01comme je le disais cyniquement
07:02ou ironiquement au début de notre entretien.
07:04C'est réellement quelqu'un
07:05qui découvre aussi quelque chose sur soi.
07:07Parce que ce que vous racontez dans le livre,
07:08c'est qu'il y a deux étapes,
07:102022-2024,
07:11où 2024,
07:13vous rentrez en hôpital psychiatrique
07:14et c'est là où vous allez être diagnostiqué.
07:16Bipolaire,
07:17expliquez tout ce qui nous écoute,
07:18même si on a commencé
07:19à en entendre parler,
07:20notamment par le livre
07:21d'un célèbre animateur radio,
07:22Nicolas Demorand,
07:23qui avait décidé d'en parler.
07:24Aujourd'hui, bipolaire, c'est quoi ?
07:26Bipolaire, en fait,
07:29il y a deux types de bipolarité.
07:31Il y a ce qu'on appelle
07:32la bipolarité de type 1,
07:33qui est la mienne.
07:34C'est, grosso modo,
07:36une bipolarité
07:37avec énormément de phases maniaques
07:39et très peu de phases de dépression,
07:41même si je pense
07:42qu'il y a autant de bipolarité
07:44qu'il y a de bipolaire.
07:45Et la bipolarité de type 2,
07:46celle de Nicolas Demorand,
07:48où les phases maniaques
07:49sont malheureusement des phases...
07:50Maniaque, ça veut dire
07:51une surexcitation.
07:52C'est comme si vous aviez pris
07:55cinq traces de cocaïne.
07:57Il y a plein de gens
07:57qui ne savent pas ce que ça veut dire.
07:58C'est un niveau d'excitation important.
08:00Voilà.
08:01Vous avez pris de la drogue,
08:02vous avez pris du speed
08:02et vous êtes surexcité par vous-même.
08:05Voilà.
08:06Vous avez l'impression
08:06que vous pouvez tout faire.
08:08Et donc, dans les phases maniaques,
08:11il y a des...
08:11Je vais vous parler
08:12d'une chose
08:15qui n'est pas drôle du tout.
08:17Quelqu'un m'explique
08:18que son père,
08:19il y a une semaine,
08:21a acheté deux Porsche.
08:22Ce n'est pas quelqu'un
08:23qui est riche.
08:24Mais il s'est levé le matin,
08:27il est allé au gilier agiste,
08:28il a acheté deux Porsche.
08:30Il a fait deux bandes commandes
08:31de Porsche.
08:32Il a mis des avoirs, etc.
08:35Eux, ils ont été obligés
08:36de repasser dans la journée
08:36pour expliquer que le père
08:37était en phase maniaque
08:39et que ce n'est pas lui-même.
08:40Mais le mec,
08:41il ne voulait rien savoir.
08:42Et donc,
08:43après, ça va partir en procès,
08:44après, ça va partir en ça.
08:45Il faut expliquer que lui,
08:47il n'a pas les pieds sur taille.
08:48Il dit, mais si, si,
08:49il parlait tout à fait normalement,
08:50etc.
08:50Parce qu'en phase maniaque,
08:51on ne voit pas forcément
08:52que quelqu'un est en phase maniaque.
08:53Alors que la phase,
08:54la personne est totalement délirante.
08:56Et c'est tout le problème
08:57des maladies mentales,
08:58c'est que c'est des maladies invisibles.
09:00C'est impossible de savoir.
09:02Et en plus,
09:02les gens, maintenant,
09:03ils vont dire,
09:04il fait exprès.
09:06Puis vous savez,
09:06en ce moment,
09:07c'est vrai.
09:08L'un dit qu'il est autiste,
09:10l'autre dit qu'il est bipolaire,
09:12l'autre dit qu'il est TDA,
09:13l'autre dit qu'il est HPI,
09:14l'autre dit que machin.
09:15Donc les gens,
09:16ils disent surtout...
09:16C'est le prétexte,
09:17c'est facile.
09:19Comme il y a un bon sens paysan,
09:20un bon coup de pied au cul,
09:22tu vas à la ferme,
09:24tu trairas des vaches,
09:25tu trais moins chier.
09:27Et en fait,
09:29c'est rigolo,
09:29mais en fait,
09:30la maladie mentale,
09:31ce n'est pas rigolo.
09:33Et Nicolas Demorand,
09:34ce qu'il vit,
09:34ce n'est pas rigolo.
09:35Nicolas Demorand,
09:36il ne peut plus exercer son travail.
09:37Alors que c'est un mec qui est brillant,
09:39c'est un mec qui a fait
09:41un très très bon livre
09:42pour expliquer ça.
09:44Et ça n'a pas empêché
09:45le fait qu'aujourd'hui,
09:46il n'arrive pas à se lever,
09:47il n'arrive pas à sortir de chez lui.
09:49Et la bipolarité,
09:50c'est 3% de la population.
09:51Ce n'est pas...
09:52Donc contrairement à ce qu'on dit,
09:54tout le monde n'est pas bipolaire.
09:55Et ce n'est pas parce que quelqu'un
09:56a des hauts et des bas...
09:57C'est une véritable maladie.
09:58Il faut arrêter de s'inventer quelque chose
10:00juste parce qu'un jour,
10:00on a peut-être un peu moins envie
10:02d'aller au travail que la veille.
10:02Voilà.
10:03Quelqu'un, par exemple,
10:04il y a des personnalités fantasques.
10:05Bon, on peut avoir des personnalités fantasques,
10:07pas bipolaires.
10:08C'est comme si vous disiez...
10:09La différence entre bipolaire
10:10et une personnalité fantasque,
10:12c'est que quelqu'un qui dit
10:13« Ah ben là, j'ai une petite entorse »
10:15et l'autre, il dit
10:15« Moi, je suis handicapé des deux jambes ».
10:18C'est exactement la même différence.
10:21Mais quand ça,
10:22on a expliqué ce qu'est la bipolarité,
10:24mais vous,
10:25après tout ce que vous avez traversé
10:26avec aujourd'hui votre nouvelle vie,
10:28vos nouveaux projets,
10:29quand on se diagnostique,
10:31on nous diagnostique une bipolarité,
10:33comment on réagit ?
10:34Comment on se dit
10:34« Est-ce qu'on revient sur des événements passés ? »
10:36Est-ce qu'on arrive à comprendre
10:38peut-être un peu plus de choses passées
10:39ou on se retrouve à nouveau
10:41dans une incompréhension en disant
10:42« Mais qu'est-ce que c'est encore
10:43ce truc qui me tombe dessus ? »
10:44J'ai tout compris
10:46quand on m'a dit ça.
10:47Dix ans avant, on m'avait dit
10:49« À mon avis, t'es bipolaire ».
10:50Moi, j'avais rejeté
10:51comme beaucoup de gens rejettent.
10:54Je me dis « Oui, c'est ça,
10:54j'ai bipolaire, c'est ça ».
10:56De toute façon, à cette époque-là,
10:57je préférais quand même
10:58me mettre des 102 dans la gueule
10:59plutôt que me poser la question
11:00de savoir si j'avais des double 51
11:02inventés par Gainsbourg
11:03à la Closerie des Lilas.
11:04Les vrais savent
11:05et je pense qu'on coupera
11:06cette traduction
11:07uniquement pour éliminer
11:10ceux qui ne seraient pas au courant
11:11de ce qu'est un 102
11:11et ça, c'est un peu scandaleux
11:13sur le sud de la radio.
11:15Et toujours est-il que...
11:19Quand j'avais 12 ans,
11:20j'écrivais sur les murs
11:21Schizophrénia.
11:23J'avais un double
11:24qui s'appelait Victor
11:25qui me parlait, etc.
11:27On me disait à l'époque
11:28« Il fait son intéressant ».
11:29Mais non, c'était déjà
11:30les prémices de la bipolarité.
11:32La bipolarité est née
11:33d'un syndrome d'abandon
11:34que beaucoup de gamins ont
11:36qui a été suramplifié.
11:38Et donc, je me suis inventé
11:40un double, petit à petit.
11:42Et en fait, je suis rentré
11:43dans une spirale de bipolarité
11:45depuis j'ai 12-13 ans, je pense.
11:47Et qui n'a fait que s'accentuer.
11:50Et l'alcool n'est en fait
11:52que la conséquence de base
11:54de la bipolarité.
11:56Bipolarité plus TDA
11:57qui sont très souvent liés.
11:59Et donc après, derrière,
12:01tout est bon pour stopper
12:03cette tristesse.
12:05Tout est bon pour stopper
12:06ces phases maniaques.
12:07Une sorte de fuite
12:07en avant, en permanence.
12:09Exactement.
12:09Et après, les phases maniaques,
12:11on les adore.
12:12Parce qu'en fait,
12:13les phases maniaques,
12:13la surexcitation de soi-même,
12:15le fait d'avoir
12:16de fourmiller d'idées,
12:17de se dire qu'on est un génie,
12:20de se prendre pour Napoléon.
12:22D'ailleurs, vous racontez
12:23que ce n'est pas votre premier livre.
12:24Vous en aviez déjà écrit
12:25un ou deux
12:25que vous aviez jeté immédiatement
12:27parce que c'est l'effet
12:28de suractivité permanente,
12:29surproduction de manière ringue.
12:31Pratiquement tous les bipolaires
12:32sont artistiques.
12:33Ou ont une fibre artistique.
12:35Le dernier symposium
12:36dans lequel je suis allé
12:37sur la bipolarité
12:38qui était à Paris,
12:38à la Cité des Sciences.
12:40Racontez ce que c'est.
12:41Peut-être que beaucoup
12:42ignorent ce que c'est justement.
12:43Et c'est en fait,
12:45ce sont des scientifiques.
12:47Donc, il y a des psychiatres.
12:48La plupart du temps,
12:49ce sont des psychiatres,
12:50des docteurs en médecine,
12:53des spécialistes
12:54de la bipolarité, etc.,
12:55qui viennent expliquer
12:57les avancées de science
12:58sur la bipolarité.
12:59Et après, il y a aussi
13:01une table ronde
13:01avec des bipolaires
13:02qui viennent parler
13:03de type 1,
13:04de type 2, etc.
13:05Et comment le traitement
13:06agit sur eux, etc.
13:09Et c'était,
13:10tous disaient
13:11qu'ils avaient
13:12un truc artistique.
13:13Il y en a un qui peignait,
13:15il y en a un qui écrivait,
13:16il y en a un qui chantait.
13:17Même de façon amateur,
13:19qu'importe.
13:19C'est une pulsion
13:22qui est même normale.
13:25Et donc, en fait,
13:26quand il y a des phases
13:27vraiment maniaques,
13:27j'ai un ami qui s'appelle
13:29François Lejeune
13:29que j'adore.
13:30Vous en parlez de bouquin.
13:31Voilà, que j'en parle
13:32dans le bouquin.
13:32Il l'a écrit.
13:33Et lui, il pouvait faire ça,
13:35se lever un matin,
13:36prendre un billet simple
13:37pour aller aux Antilles
13:39ou je ne sais pas quoi
13:40sans prévenir sa fille,
13:41sans prévenir sa femme,
13:42sans prévenir ses amis.
13:43Et en vivant trois semaines
13:44parce qu'il y a
13:45des phases maniaques,
13:46des délires maniaques
13:47qui durent un mois,
13:48deux mois,
13:48trois mois,
13:48quatre mois.
13:49Il y a des familles
13:50qui deviennent folles.
13:52Et ça se termine
13:5380% en mort violente,
13:55les bipolaires.
13:55C'est pour ça que je dis
13:56quand on en rigole,
13:57si vous voulez,
13:59mais la plupart du temps,
14:00les gens,
14:00ils boivent,
14:01ils se droguent.
14:01Ce sont des drames.
14:02Et après,
14:03ça se termine
14:03avec une balle dans la tête.
14:04Si on peut essayer
14:05de les guérir,
14:06c'est mieux.
14:06Et puis que les familles,
14:08elles ne pleurent pas.
14:08Et vous parlez des familles,
14:09vous vous racontez
14:10à quel point ça vient
14:11de votre famille,
14:12notamment de votre petite fille
14:13et de votre femme
14:14où il y a eu le déclic
14:15qui vous a fait réaliser
14:16que non,
14:17là, ce n'est plus possible,
14:17il fallait aller en clinique,
14:19en hôpital,
14:19en foyer de repos.
14:25Encore aujourd'hui,
14:26c'est grâce à ma femme
14:27et grâce à ma fille
14:28que je tiens
14:28parce que j'imagine aussi
14:29que vous redécouvrez
14:31ce qu'est un couple,
14:32on va dire,
14:33sans les addictions,
14:34sans l'incompréhension autour
14:35et la relation avec votre fille
14:36qui vous a permis,
14:37vous aussi,
14:37de vous sauver
14:38d'une certaine manière.
14:38Elle m'a sauvée.
14:39Les deux m'ont sauvée.
14:41Ma femme m'a sauvée.
14:43Ma femme,
14:43elle a porté un fardeau
14:44qui était moi
14:45pendant des années,
14:46des années,
14:47des années.
14:47Est-ce que,
14:48et vous avez le droit
14:49de ne pas répondre
14:49si c'est trop intime,
14:50mais est-ce que vous avez
14:50reparlé,
14:51j'imagine,
14:52entre vous
14:52de toutes ces années-là,
14:54a posteriori,
14:55en vous disant
14:56mais comment,
14:57à fait ?
14:58Pour tout vous dire,
15:03on ne peut pas vraiment,
15:05c'est pour ça d'ailleurs
15:05qu'on écrit,
15:06c'est pour ça aussi
15:07qu'on fait de l'artistique,
15:08c'est pour ça
15:08que je mets aussi des mots
15:10et de la gouaille
15:11et du rire par-dessus
15:13parce que si à un moment donné,
15:15vous vouliez vraiment
15:16faire du Bergman,
15:17c'est-à-dire
15:18un rapport clinique
15:19que j'ai fait
15:20et que ma femme,
15:22comme un chien
15:23qui a cassé un vase
15:24et qu'elle me mettait
15:25la main dessus
15:26en disant
15:26tu veux qu'on reprenne tout,
15:29je pense que
15:29je me tirais de mal
15:31dans la tête.
15:32Donc,
15:32elle a la gentillesse
15:34de ne pas le faire,
15:35j'ai la faiblesse
15:37de dire
15:38j'imagine,
15:40alors qu'en fait,
15:41je n'imagine pas tant que ça
15:42ce que je leur ai fait subir.
15:43Et la vie commence maintenant.
15:44Mais parce que sinon,
15:46c'est...
15:47Mais par contre,
15:48je passe ma vie
15:49et à demander pardon.
15:51Aujourd'hui,
15:52quand on se plonge
15:54dans votre personnage,
15:55dans vos écrits,
15:56ce qui est très fapant,
15:57parce que c'est aussi
15:58une très grande partie du livre,
15:59c'est que vous prenez
16:00la plume aussi
16:01pour raconter
16:02les autres malades
16:03que vous avez pu rencontrer,
16:04notamment ceux
16:05que vous aviez croisés,
16:05parce que dans le séjour,
16:07dans cet hôpital psychiatrique,
16:08là,
16:08on vous a diagnostiqué,
16:09là,
16:09vous avez essayé
16:10de reprendre petit à petit
16:11les bases
16:12et de comprendre
16:13ce qui vous est arrivé.
16:14on a l'impression
16:15que la vraie passion
16:16dans ce livre,
16:17votre dernière addiction,
16:18c'est ses profils.
16:19Là,
16:19vous parlez de ces réunions
16:20à Paris,
16:20vous allez écouter
16:21les scientifiques
16:22et les autres bipolaires.
16:23Là,
16:23on a l'impression
16:23que les autres bipolaires,
16:24c'est ce qui a aussi
16:26encouragé la sortie du livre
16:27en disant,
16:28mais c'est ça,
16:29parce que c'est tellement différent,
16:30c'est tellement fou.
16:31Je pense,
16:31et je les ai notés
16:32sur un bout de feuille,
16:33on pense à des gens
16:34comme Romain,
16:35comme Fabien
16:35que vous avez croisés.
16:36Vous racontez leurs profils,
16:37racontez-les peut-être là
16:38ce matin,
16:38où vous dites,
16:39mais c'est fou.
16:40Oui,
16:41parce que
16:42quand on se retrouve là,
16:44à un moment,
16:46et qu'on ouvre la porte,
16:47on va à la cafétéria
16:48et puis on...
16:51Tout vous semble hostile
16:52au départ.
16:53Et puis,
16:54moi,
16:55je suis très pote de cantine,
16:57comme quand on est en colo,
16:58gamin,
16:59et puis...
16:59On pose son plateau,
17:00on chatte mal un peu,
17:01on fait quelques blagues.
17:02Et son premier copain,
17:03c'est finalement...
17:04Et puis,
17:05après,
17:05on se mettra toujours
17:06à cette même table.
17:07Et de l'habitude,
17:08il est au premier geste.
17:10Et donc,
17:11pourquoi t'es là, toi ?
17:13Et puis,
17:14l'autre,
17:14il raconte sa vie,
17:15et puis tout le monde
17:16raconte sa vie,
17:17et puis on rit,
17:19et puis parfois on pleure,
17:20parce que c'est dramatique.
17:23Et c'est ce qu'on appelle
17:23la thérapie institutionnelle.
17:25Et je voulais absolument
17:26parler de ces gens-là,
17:27parce qu'en fait,
17:28c'est des destins brisés,
17:29c'est fracassé.
17:31Il y en a certains
17:31qui se relèveront,
17:32il y en a qui ne se relèveront pas.
17:34Et c'était juste pour dire
17:35que dans la vie,
17:36on peut tous être
17:37cette personne-là
17:38et qu'il existe
17:40des endroits,
17:41moi en l'occurrence,
17:42ça s'appelait Saint-Victor,
17:44où c'est calme,
17:45il y a le bruit des oiseaux,
17:46il y a les granges de Loire,
17:48et il y a le monde
17:49qui s'arrête.
17:50Et on vous dit,
17:51mais pense à toi.
17:54Et concentre-toi.
17:55Et concentre-toi.
17:56et tu vas voir,
17:58si tu t'aides un peu,
17:59ça peut bien se passer.
18:00Et puis,
18:01il y a des infirmiers,
18:02des aides-soignants,
18:04des psychiatres,
18:04des psychologues,
18:05des ateliers.
18:07Et on se dit,
18:08mais en fait,
18:09on s'occupe de moi.
18:10Et c'est beaucoup d'amour.
18:13Beaucoup d'amour,
18:14ces endroits-là.
18:14Pour qu'on comprenne peut-être
18:16ce que peut représenter
18:17la souffrance de cette maladie,
18:19il y a un cas qui est
18:20en fonction du ton
18:21sur lequel on lit,
18:22ou alors pleuré de rire,
18:23ou alors totalement fou
18:25et arrachant presque,
18:26c'est celui de Fabien.
18:27Il y a une petite addiction
18:28que j'aimerais que vous décriviez
18:29parce que dans le livre,
18:30au fur et à mesure des pages,
18:32on plonge dans son profil,
18:33on se dit,
18:33mais c'est impossible
18:35que ça existe.
18:36Et si ?
18:36Bien sûr,
18:36parce qu'il y a des addictions tristes.
18:40Il y en avait,
18:41il était héroïnomane.
18:42Il n'y a pas grand-chose
18:44de rigolo à raconter
18:45sur l'héroïne,
18:46si ce n'est tout seul
18:47en train de se shooter,
18:48etc.
18:49Et puis,
18:49il y a des addictions rigolotes
18:51qui sont parfois dures
18:52parce que personne
18:53ne vous prend au sérieux.
18:54Lui,
18:54c'est une addiction au sexe.
18:56Alors,
18:56il se trouve que le mec
18:57est hétéro,
18:58il est dentiste.
18:59Ce que je dis,
19:00on dirait Guillaume Canet
19:01dans Les Infidèles
19:01avec le petit polo lacoste
19:03et tout.
19:04Son père est mort trop jeune
19:05et il travaillait sur les chantiers
19:08et il adorait cette odeur
19:09de chantier
19:10parce que ça lui rappelait son père.
19:11Et en fait,
19:12il avait commencé comme ça
19:13et petit à petit,
19:14il s'est mis à avoir
19:14des relations sexuelles
19:15avec des routiers
19:17sur des airs la nuit,
19:19de plus en plus intempestives,
19:23avec de plus en plus de nombres.
19:25Et lui,
19:26dans sa tête,
19:26il n'est pas homosexuel,
19:27il a une femme,
19:29il a une petite famille,
19:30etc.
19:30Il veut juste retrouver
19:31cette odeur-là
19:31pour conserver l'image
19:33de son père
19:34qui lui manque
19:34et qui est l'homme
19:35de sa vie en fait.
19:37Et c'est horrible
19:39parce qu'il menace
19:41d'avoir des maladies
19:43des MST
19:44tout le temps.
19:45Il doit mentir à sa femme,
19:46il doit faire des tests
19:47sanguins permanents.
19:49Ça lui fait mal,
19:50je ne le décris pas
19:51dans le livre,
19:51mais ça lui fait mal
19:52au sexe.
19:53Parce que souvent,
19:54les addictions au sexe,
19:55quand on est pris à pic,
19:57notamment,
19:58on a une érection tout le temps,
19:59on finit de jouir.
20:00Normalement,
20:00nous,
20:01moi déjà,
20:01quand ça commence
20:02une première fois,
20:02je suis content.
20:03Eux,
20:04ça ne s'arrête jamais.
20:05Donc en fait,
20:06ça les brûle.
20:07Donc on est obligé
20:07de leur piquer.
20:09Le sexe,
20:10c'est infernal.
20:11Et en plus,
20:12c'est sans fin.
20:14Ça ne s'arrête pas.
20:14C'est comme l'alcool.
20:15Un verre de verre
20:16de verre de consommation.
20:18Et qui,
20:19après une fois,
20:19quand tout le monde sait,
20:20Tiger Woods,
20:21quand il expliquait
20:22les 15 ou 20 femmes
20:25avec qui il avait
20:25des relations sexuelles
20:26dans la chambre,
20:27quand il l'expliquait...
20:27Après le golf,
20:28déjà 19 trous,
20:29ce qui était une compétence.
20:30C'est ça,
20:30le 19ème tour.
20:31Mais il en était malade.
20:32Il ne prenait aucun plaisir.
20:34Et c'est ça qui est dingue.
20:35Il y avait Michael Douglas aussi,
20:36qui, lui,
20:37c'est l'écunilingus.
20:38Il en faisait à répétition,
20:39à répétition,
20:40à répétition.
20:40Il a fini pratiquement
20:41avec un cancer de la langue
20:42avec un papillomavirus
20:43à cause de ça.
20:44Non mais,
20:45il s'apprête à rire.
20:47Mais en fait,
20:47c'est...
20:48Surtout pour ceux
20:49qui les vivent.
20:50Et voilà.
20:51Et donc,
20:52je raconte ça
20:52parce qu'après,
20:53nous,
20:54c'était des fous rires.
20:55Mais lui,
20:55il était triste.
20:56Et puis,
20:56à un moment donné,
20:57on calmait le jeu
20:57en disant,
20:58pardon,
20:58on ne voulait pas te blesser.
21:01Et c'est ça aussi.
21:03On a le droit de se moquer,
21:04mais il faut aussi comprendre
21:06que l'autre est dans une souffrance.
21:08Accro,
21:09c'est Signichi Candier,
21:10c'est aux éditions Michel Laffont.
21:11Deux questions encore.
21:13Ce qui frappe beaucoup
21:14en vous lisant,
21:15c'est qu'il y a des références,
21:16mais absolument tout le temps.
21:17Je pense qu'il n'y a pas
21:18une page,
21:18il n'y a pas une référence
21:20musicale,
21:20littéraire,
21:21cinépatographique.
21:22Et quand pourtant,
21:22on se plonge dans ces pages
21:23où on voit les heures et les heures
21:25passer dans un état d'addiction
21:27total
21:27ou à essayer de,
21:28on va dire,
21:29de passer par-dessus
21:30cette vie que vous infligez,
21:31comment tout d'un coup,
21:32on trouve le temps
21:33d'avoir ces milliers,
21:34pour ne pas dire
21:34ces centaines de milliers
21:36de références ?
21:36Parce qu'il y a des phrases
21:37toutes les deux minutes
21:38de grands hommes politiques,
21:40de grands cinéastes,
21:40de grands réalisateurs.
21:42À quel moment
21:43on prend autant le temps
21:44de lire,
21:44d'écouter de la musique,
21:45de regarder des films ?
21:46Et surtout,
21:47je n'ai jamais regardé Google.
21:51Je n'ai jamais évidemment
21:52fait appel à l'IA.
21:53Je suis contre l'IA.
21:54Alors ça, c'est faux
21:55parce que Pache...
21:56Alors là, vous pouvez y aller.
21:58Non, non, c'est qu'en fait,
21:59c'est en moi
22:01depuis que j'ai...
22:02Je pense...
22:03Ça, c'était avec mon frère
22:05depuis qu'on a 5-6 ans.
22:08C'est notre système
22:09de réflexion et de pensée.
22:12Et je trouve,
22:13c'est tellement...
22:13Alors, il y a Luchini,
22:14lui, c'est derrière
22:15les grands auteurs.
22:16Moi, c'est derrière
22:17les films,
22:19les citations même
22:20de Variettoche
22:22ou n'importe.
22:22Et quand à un moment donné,
22:24par exemple, je dis,
22:25il avait les mêmes yeux
22:26que Roland Giraud
22:28quand il regarde Thierry Lhermitte
22:29qui dit que peut-être
22:30sa femme, elle avait skié un peu.
22:31Pour moi, ça,
22:32ça vaut toutes les descriptions
22:34du monde.
22:34Bien sûr.
22:35Et donc, en fait,
22:36je gagne du temps comme ça
22:37parce que c'est mon système
22:37de pensée qui gagne du temps
22:38en écrivant comme ça.
22:39Et il y a la dernière question
22:41que je voulais vous poser aussi.
22:43Quand on fait un métier artistique,
22:44qu'on est diagnostiqué,
22:45est-ce qu'il n'y a pas tout d'un coup
22:46une angoisse à se dire
22:48peut-être parce qu'avec tout
22:49ce que j'ai traversé,
22:50avec tout ce que j'ai pris,
22:51est-ce que je vais encore réussir
22:52à écrire comme avant,
22:53produire comme avant
22:54où tout d'un coup,
22:54on se dit, mince,
22:55est-ce que je vais pouvoir reprendre
22:56la plume de façon aussi innocente
22:58et je le mets volontairement
22:59entre guillemets qu'avant ?
23:00Alors, bien mieux, en fait,
23:01aujourd'hui qu'avant
23:02parce que quand j'ai repris mes notes,
23:05là déjà, il y en a beaucoup,
23:08mais quand je les ai reprises,
23:11c'était pratiquement illisible.
23:13Et je me suis rendu compte
23:14qu'en fait, mon cerveau bipolaire
23:16était, le lithium n'avait pas encore
23:18du tout agi,
23:19que j'étais très, très, très embué.
23:23Et j'ai commencé à avoir
23:24un esprit clair
23:26à partir de septembre-octobre.
23:27Quand j'ai commencé,
23:29parce que je suis légèrement
23:30maniaque comme garçon,
23:32quand j'ai commencé à m'y remettre,
23:33j'ai bossé 20 heures par jour
23:34pendant deux mois.
23:36Voilà.
23:37Donc, et après, là,
23:39mon cerveau, petit à petit,
23:40commençait à se refaire
23:40et je disais,
23:42je crois que c'est la première fois
23:43que mon cerveau est aussi vif
23:47autant que mon cerveau peut l'être.
23:48Oui, quand on échange avec vous,
23:51on n'a aucun doute sur ça.
23:52Une dernière question
23:53et peut-être une recommandation.
23:54C'est ce que je me suis permis
23:55de vous dire.
23:56J'ai eu l'impression
23:56de lire avec votre plume,
23:59votre gouaille,
24:00dans cette époque.
24:01Mais M. Jadis,
24:02signé par Antoine Blondin,
24:03dont là aussi,
24:04on n'a pas forcément besoin
24:05de rappeler la biographie.
24:06Pourquoi est-ce que
24:08cette comparaison,
24:09j'ai cru en tout cas
24:10qu'elle était importante pour vous
24:12et peut-être qu'on peut
24:12en recommander la lecture ?
24:14Bien sûr,
24:14c'est parce que c'est
24:16Laurent Boudin
24:17qui en fait,
24:19je dis quand on sort
24:20d'événements comme ça,
24:22il faut deux choses.
24:22Il faut un entourage familial
24:24ou en tout cas sentimental
24:25très fort
24:26et un projet professionnel.
24:28Et Laurent Boudin
24:29est mon agent littéraire
24:32et qui est un ami,
24:34un ancien alcoolique,
24:36évidemment,
24:37très en abstinence.
24:38Et c'est lui qui un jour
24:39m'avait donné M. Jadis.
24:41Signé Antoine Blondin.
24:42Signé Antoine Blondin.
24:43Et ça,
24:45ça veut dire
24:46je crois que
24:47j'espère que
24:48tu termineras plus
24:49comme le Blondin
24:50de sa grande époque
24:52plutôt que
24:52comme dans M. Jadis
24:53où effectivement
24:54il tombe de caribansie là.
24:56Et donc,
24:56c'est très important
24:57de se rappeler
24:59qu'on peut déjà
25:00retomber demain.
25:01Il faut toujours se le dire.
25:03Et comme disent
25:04les alcooliques anonymes,
25:0624 heures à la fois.
25:08Merci beaucoup,
25:09Chikandier,
25:10d'avoir été avec nous ce matin.
25:11Accro,
25:11c'est d'autres éditions
25:12Michel Laffont.
25:14Et est-ce que c'est réglé
25:15avec vos parents ?
25:17Non,
25:17je ne peux pas les blairer.
25:20Ceci explique ça
25:21et ce sera une bonne conclusion.
25:22Merci beaucoup
25:23d'avoir été avec nous ce matin.
25:24Merci.
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