- il y a 2 jours
Ce document de 18 minutes explore le quotidien et les dilemmes des Français (souvent appelés "Pieds-noirs") restés en Algérie après l'indépendance de juillet 1962 :
Le choix de rester : Sur environ un million de Français présents avant 1962, environ 200 000 ont choisi de ne pas partir immédiatement après les accords d'Évian.
Attachement à la terre : Le film montre des témoignages de personnes profondément liées à l'Algérie, ne s'imaginant pas vivre ailleurs malgré le changement de statut du pays.
Incertitude : Les intervenants expriment souvent une conscience aiguë de la précarité de leur situation, craignant de ne pas pouvoir rester éternellement.
Le choix de rester : Sur environ un million de Français présents avant 1962, environ 200 000 ont choisi de ne pas partir immédiatement après les accords d'Évian.
Attachement à la terre : Le film montre des témoignages de personnes profondément liées à l'Algérie, ne s'imaginant pas vivre ailleurs malgré le changement de statut du pays.
Incertitude : Les intervenants expriment souvent une conscience aiguë de la précarité de leur situation, craignant de ne pas pouvoir rester éternellement.
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00:01...
00:15Nous savons qu'il y a des gens qui sont sauvés,
00:20qui se sont trouvés après 7 ans et demi de guerre,
00:23avec 100 millions, avec 200 millions,
00:27et bien, je vous dis très franchement, je ne connais pas d'Algériens,
00:32pas d'Algériens qui puissent s'en sortir honnêtement,
00:37avec pas 100 millions, mais avec 10 millions,
00:39car 7 ans et demi de guerre, ont été les deux morts pour nous.
00:44Et nous ont levé notre grève.
00:50Jeune et vieille à la fois, mais impatiente,
00:53l'Algérie nouvelle écoute Benbella lui annoncer chaque jour la révolution.
00:57Et chaque jour, Alger part fait son visage effet laine,
01:01visage calme dans une ville détendue.
01:04Mais aujourd'hui, qu'est-ce que cela signifie, être français en Algérie ?
01:15Les statuts des Boulonnais,
01:17la poste rebaptisée,
01:25le passé, maintenant, exorcisé,
01:31ou bien se trouver seul dans la foule arabe.
01:35Quelle est leur vie quotidienne à ces 200 000 Français restés en Algérie ?
01:39Demandons-le à cet ingénieur pied-noir qui, lui, n'est pas parti.
01:45Madame, je vais vous poser une question peut-être indiscrète,
01:47mais il n'y a pas beaucoup de meubles chez vous.
01:52Pensez-vous ?
01:53Nous avons suivi, disons, le mouvement général.
01:57Disons que nous avons été un peu influés par tout ce qui se passait autour de nous.
02:02Et nous avons commencé par envoyer nos enfants en France.
02:07Et nos meubles ont suivi.
02:10Pourquoi n'êtes-vous pas parti ?
02:13Je vous la retrouve la question, mais pourquoi auriez-vous voulu ?
02:15Auriez-vous voulu que je parte, d'abord ?
02:18J'ai tenté l'expérience et je continue à la tenter, maintenant.
02:22Pour l'instant, ça marche, je n'ai pas d'ennui,
02:26je gagne ma vie, mes enfants, évidemment, c'est pénible,
02:29mes enfants sont loin, mon vie est un peu difficile.
02:33Et comment ils sont, les Algériens, avec vous ?
02:39Comment ça se passe, par exemple, pour vous, madame, au marché, dans la rue ?
02:42Au marché, on est très aimables.
02:44Au contraire, vous avez les petits yaouleb qui essayent de vous porter les paniers,
02:48enfin, qui ont des égards avec nous qu'ils n'avaient pas auparavant.
02:53Oui, des égards pour ce vieil homme pris de malaise et égaré dans la multitude.
03:01Oui, des sourires.
03:04La peur s'est éloignée.
03:06Ici, du moins, la vie reprend ses droits.
03:10La pêche est revenue.
03:12La vie légère, humaine et familière.
03:17Mais qu'est devenu Bab el-Oued ?
03:23Hier, bastion sacré des pieds noirs,
03:26Bab el-Oued, c'est aujourd'hui la ruche musulmane.
03:29Chaque trou a été rempli instantanément.
03:32Chaque famille hernandaise a été remplacée par dix familles Mohamed.
03:35Hier, c'était le linge aux fenêtres, aujourd'hui, c'est toute la litterie au soleil.
03:38Réflexe gardé du bidonville et du gourbi.
03:41Au milieu de tout ça, quelques français, voici l'un d'eux.
03:44Ces personnes âgées, nous sommes nés, nous étions nés tous à Alger, nous nous connaissions depuis des dizaines d'années.
03:50C'était une affection réciproque.
03:52Alors, voyez, maintenant, par ce vide, nous ne rencontrons plus, plus ou très peu de personnes connues.
04:00Alors ça, ça fait du mal.
04:03Ça disparaîtra peut-être à la longue, mais pour l'instant, c'est encore frais.
04:10Eh oui.
04:13700 000 français sont partis.
04:17Et dans le bled, beaucoup d'églises sont fermées.
04:20Un curé suffit pour 80 paroisses.
04:22Les tennis aussi sont devenus inutiles.
04:27Ailleurs, nous avons rencontré beaucoup d'Européens tranquilles, détendus.
04:37Mais parfois, aussi, quelques drames.
04:45Des drames qui sont l'exception.
04:51Un cimetière chrétien vient d'être profané.
05:13Plus loin dans le bled, voici un homme qui a peur.
05:18Pourquoi avez-vous insisté pour être photographié dans le noir, comme vous ne vous reconnaissez pas ?
05:22Eh bien, j'ai peut-être encore une chance de rester ici.
05:25Si j'arrive à récupérer les biens qu'on m'a pris, je ne voudrais pas la gâcher.
05:32Vous êtes célibataire ?
05:33Oui, je suis célibataire.
05:35Mais vous ne couchez pas dans votre maison ?
05:37Non, non.
05:39Il y a environ un mois de ça, on m'a brûlé ma voiture.
05:42La nuit, on vient de temps en temps me taper au volet.
05:46C'est assez désagréable malgré tout, vous voyez.
05:49Il reste beaucoup de familles françaises par ici ?
05:51Oh non, très peu. Dans ce coin de commune, je suis le seul.
05:55Il reste une ferme habitée un peu plus bas, de l'autre côté de la roue.
05:58Et au village, il doit rester 4 ou 5 familles, je pense.
06:03Les dernières familles sont parties après l'assassinat d'un petit fermier qui habite juste derrière chez moi d'ailleurs.
06:10Un jeune couple qui a été assassiné devant ses enfants.
06:13Et ça a provoqué le départ des derniers européens du village.
06:17La solitude vous pèse ?
06:19Oh oui, beaucoup.
06:21Beaucoup, même avant les événements, vous savez, ce sont des petits coins où il n'y avait déjà pas beaucoup
06:26de distractions.
06:27On jouait un peu aux boules, aux cartes.
06:30Or, maintenant tout est fermé, il n'y a plus personne pour jouer aux boules.
06:33Pour jouer aux cartes, il faut être 4.
06:35Nous ne sommes plus 4.
06:37Et les deux cafés qu'il y avait au village sont fermés.
06:41C'est le désert vivant.
06:52100 kilomètres encore plus loin, 2 autres fermiers viennent d'être assassinés.
06:59De toutes les fermes à la ronde, les Européens sont venus.
07:08Ils se réconfortent les uns les autres.
07:11Ils se serrent les coudes.
07:22Voici les parents de la victime.
07:26Celui-ci fermier, sa femme institutrice.
07:29Comment avez-vous été prévenu de l'assassinat de votre oncle et de votre tante ?
07:33Eh bien, jeudi soir, vers 21h, le chef de brigade de gendarmerie algérienne de Ménerville est venu me chercher,
07:45me demandant de l'accompagner chez mes parents.
07:48Et alors, dans la chambre de ma tante, évidemment, ma tante était égorgée.
07:53Et dans la chambre voisine, celle de mon oncle, mon oncle était exactement dans la même position sur son lit
07:58et égorgée également.
08:00Comment vivez-vous ici ? Vous vous barricadez la nuit ?
08:03Non, non, monsieur, non. Non, pas du tout. Nous vivons exactement comme nous vivions auparavant.
08:10Nous avons une cour fermée par un portail de fer, n'est-ce pas ?
08:14Et nous y mettons, comme d'habitude, une chaîne et un cadenas pour la nuit.
08:18C'est une sécurité, tout simplement, mais enfin, sans être barricadé.
08:23Est-ce que, quelquefois, vous avez pensé quitter l'Algérie et partir ?
08:27Non, pas du tout, non. Non, cette idée ne m'est jamais venue.
08:31J'ai toujours travaillé en bonne intelligence avec tout le monde et je n'ai pas éprouvé le besoin de
08:37partir.
08:38Vous avez, madame, vous avez combien d'élèves dans votre classe ?
08:41107, monsieur.
08:43Vous avez des petits français ?
08:45Non, aucun.
08:46Après ce qui vient d'arriver, madame, vous n'avez pas peur ?
08:51Un peu. Un peu, monsieur.
08:55Quand on a des petits-enfants, on pense surtout à les élever, normalement.
09:01Aussi, ce qui est arrivé m'a beaucoup impressionnée.
09:10Qu'aimeriez-vous ?
09:12J'aimerais pouvoir élever mes enfants en toute sécurité, que ce soit ici ou ailleurs.
09:19Vous pensez que vous vivrez toujours ici ?
09:22Non.
09:24Non, je pense bien qu'un jour, on partira.
09:29Les terres laissées vacantes par le départ des colons français, les terres sans propriétaires présents au 1er octobre dernier ont
09:35été confisquées par des comités de gestion algériens.
09:38Il y a 65% de paysans musulmans sous-employés dans le bled.
09:41Alors, au milieu de cette masse déshéritée, la convoitise est grande pour les terres fertiles.
09:46Et Ben Bella, fils de paysans, répète que la révolution algérienne, ce sera d'abord la réforme agraire.
09:52Mais en même temps, le gouvernement algérien reconnaît que pour se construire, la Nouvelle Algérie a plus que jamais besoin
09:58en ce moment de ces cadres agricoles que sont les colons français.
10:02Cette maison a été construite en quelle année ?
10:05En 1848. Enfin, les fondations, en tout cas.
10:09Car on peut dire qu'on l'a modifiée depuis de nombreuses fois.
10:12Elle a 115 ans, ça ?
10:14Elle a 115 ans. Exactement en mars 48, précisément en mars 48.
10:19Et évidemment, nous représentons, enfin, mon fils représente la cinquième génération qui est venue se chauffer devant la cheminée que
10:27vous voyez là.
10:28Comment voyez-vous votre avenir ?
10:30Eh bien, l'avenir, c'est difficile à dire.
10:34Question.
10:38C'est une question.
10:40Je pourrais y répondre, bien sûr.
10:43Enfin, l'avenir est très incertain maintenant.
10:47Et je dirais que, il y a un an, au moment du cessez-le-feu, lorsque les gens de la
10:54montagne sont descendus,
10:56et que nous avons eu la visite de commissaires politiques du FLN,
11:01et qui d'ailleurs me connaissaient fort bien depuis longtemps,
11:06mais ils sont venus, et ils m'ont assuré
11:10qu'ils désirent
11:13que des gens comme moi
11:16restent en Algérie
11:19et coopèrent avec eux pour l'Algérie Nouvelle.
11:23J'avoue que
11:24j'ai été très touché.
11:27C'est eux qui sont venus me le dire.
11:30C'est pas moi qui ai été les chercher.
11:31Et que, vraiment, j'avais le désir, à cette époque,
11:35et je l'ai toujours, le désir de coopération.
11:37Mais je pensais
11:39que nous aurions tout de même une possibilité de demeurer dans ce pays,
11:43et que l'avenir, pour nous, serait plus clair.
11:47Mais au bout d'un an,
11:50maintenant,
11:51étant donné les déclarations
11:54répétées
11:56que nous entendons,
11:57que nous lisons sur les journaux,
12:00eh bien, il me semble que cet avenir est beaucoup moins,
12:03beaucoup moins clair,
12:05beaucoup plus incertain pour nous.
12:08Car,
12:09si on met en application
12:11le programme,
12:14il y a déjà un million d'hectares de biens vacants.
12:19Ce million d'hectares,
12:21on veut l'aménager.
12:24On veut, évidemment,
12:27le digérer.
12:29Mais,
12:31deuxième partie du programme,
12:33c'est
12:34les deux autres millions
12:36qui restent.
12:37Qui restent aux Français.
12:39Et qui restent aux Français, bien sûr.
12:41Vous pensez que vous allez être dans la prochaine fournée ?
12:43Je serai probablement dans la prochaine fournée.
12:45Et,
12:46on se demande vraiment
12:49comment nous pourrons rester dans ce pays
12:52si
12:54on nous ampute du droit de propriété,
12:56d'une part.
12:58Et si
12:58on veut bien seulement nous tolérer
13:00comme techniciens,
13:02comme gérants
13:03sur nos propres domaines.
13:04Autrement dit,
13:05vous, vous avez 132 hectares.
13:07C'est un grand domaine.
13:08Il le transforme en ferme d'État.
13:10Il vous propose d'en tenir la gérance.
13:11Qu'est-ce que vous faites ?
13:13Je refuserai.
13:14Et vous, M. Borjot,
13:16vous étiez un des plus grands adversaires
13:17de l'Algérie algérienne,
13:18président du conseil général d'Alger,
13:20propriétaire de 1000 hectares,
13:21roi du vin,
13:22du ciment,
13:22des phosphates,
13:23enfin vous,
13:24le milliardaire Borjot.
13:25Quand même,
13:25pour le FLN,
13:26vous étiez,
13:27et vous êtes le symbole même du colonialisme.
13:28Et vous êtes encore là.
13:30Vous n'avez pas d'ennuis ?
13:32Non.
13:33Chez moi,
13:33tout est en ordre.
13:34Toutes mes affaires marchent.
13:35Aucune n'est arrêtée.
13:38Voyez-vous,
13:38les autorités algériennes ?
13:39Non.
13:40Jamais.
13:41Puis-je vous poser une question ?
13:43Oui, mais alors une seule.
13:44Demandez-moi pourquoi je suis resté.
13:46J'aime beaucoup ce pays.
13:49J'y ai travaillé toute ma vie.
13:52J'ai essayé de créer,
13:54d'améliorer.
13:56Et j'ai pu le faire grâce à un personnel
14:00qui m'a toujours conservé toute sa confiance.
14:03Et si j'étais parti,
14:05j'aurais estimé que je trahissais leur confiance.
14:08La seconde raison est plus simple.
14:10Et peut-être,
14:11vous me direz vous,
14:12plus ordide,
14:13mais il s'agit de mes intérêts.
14:14Ils sont tous en Algérie.
14:17Et c'est pour ça que je suis resté
14:18pour essayer de les faire valoir,
14:20de continuer à les faire valoir.
14:23Eh bien,
14:25nous continuerons tant que nous pourrons.
14:26Je ne sais pas
14:27de quoi demain sera fait.
14:30Mais si un jour,
14:32je dois quitter ce pays,
14:34ou si nous devons quitter ce pays,
14:36eh bien,
14:36nous aurons au moins
14:37la satisfaction
14:38d'avoir fait notre devoir jusqu'au bout.
14:47Deux millions de chômeurs,
14:49pas de cadres,
14:50pas de techniciens.
14:51L'économie algérienne est une grande malade,
14:54mais elle essaie de se remonter.
14:58Les nouvelles équipes algériennes
15:00et beaucoup de pieds-noirs chefs d'entreprise
15:02nous ont dit en toute franchise
15:03qu'ils y travaillaient loyalement.
15:05Depuis l'indépendance,
15:07les autorités algériennes
15:08ont-elles fait quelque chose
15:09en faveur des Français d'Algérie ?
15:13À ma connaissance,
15:14elles n'ont rien fait
15:15sauf, justement,
15:17leur donner ce sentiment
15:18de sécurité.
15:22Mais je crois
15:23qu'il n'est pas possible
15:25qu'elles puissent faire
15:25quelque chose de particulier.
15:27Vous voulez dire que
15:28les autorités algériennes
15:30n'avaient pas les moyens
15:30de faire quelque chose
15:31en faveur des Français d'Algérie ?
15:33Elles se sont trouvées
15:34devant des problèmes très importants
15:36et il a fallu procéder
15:37par ordre d'urgence.
15:39Ensuite, elles ont elles-mêmes
15:40leur opinion publique
15:41et il fallait certainement
15:43en tenir compte.
15:44Je crois qu'elles ont fait
15:46en réalité
15:47le maximum
15:48de ce qu'elles pouvaient faire.
15:50Dans une première étape,
15:52j'espère maintenant
15:53que dans une deuxième étape,
15:54elles pourront nous donner
15:56des assurances suffisantes
15:58pour envisager l'avenir
15:59avec optimisme.
16:03Oui,
16:04deux millions de chômeurs
16:05et des soldats en surnombre,
16:08sans métier,
16:08désœuvrés.
16:10une jeunesse
16:11sans formation professionnelle,
16:13des foules sans emploi.
16:20Longtemps encore,
16:22l'Algérie aura besoin
16:23des techniciens
16:23de la main-d'œuvre
16:24qualifiée française,
16:26même de la plus modeste
16:27d'actylo.
16:28Comment ça s'est passé
16:29à votre tour ?
16:30Vous avez trouvé du travail ?
16:31J'ai été surprise
16:32d'abord de voir
16:33l'air détendu des gens,
16:36du reste les musulmans
16:37étaient partout,
16:38alors qu'à un moment donné
16:39on ne les voyait plus,
16:39ils ne sortaient plus.
16:41Et puis alors de suite,
16:42je trouvais du travail.
16:43Je suis arrivée le mercredi,
16:44j'ai commencé à travailler
16:45le vendredi.
16:46Alors qu'en France,
16:48après quatre mois,
16:48je n'avais pas trouvé
16:49un seul emploi.
16:50Comment voyez-vous l'avenir
16:52pour vous ici ?
16:52Eh bien, pour moi,
16:53je dois vous dire personnellement
16:54que j'ai une grande confiance
16:55en l'avenir.
16:57Voyez-vous des Français d'Algérie
16:58qui étaient partis
16:59et qui maintenant reviennent ?
17:02Très peu.
17:04Très peu.
17:05Seulement, il y en a encore
17:06beaucoup qui s'en vont
17:07et dans les mois à venir aussi.
17:10Mais actuellement,
17:11il y en a encore
17:11qui partent.
17:12Ah oui, oui,
17:12il y en a énormément.
17:13Mais pourquoi ?
17:14Ils avaient ici
17:15une façon de vivre,
17:17une certaine conception.
17:19Ils allaient dans
17:19des administrations publiques,
17:21ils allaient à la poste,
17:22que la police était faite
17:23par des Français.
17:25Maintenant,
17:25ils ont offert
17:26à des musulmans.
17:27C'est un état de choses
17:27qu'ils acceptent difficilement.
17:29Pourquoi ?
17:29Pourquoi ?
17:30Parce qu'ils ont toujours
17:31vu des choses comme ça.
17:33Or, il n'est possible
17:34à un pied noir
17:34de vivre ici
17:36qu'à la condition
17:37qu'il se considère
17:38absolument comme
17:39s'il avait atterri
17:41du jour au lendemain
17:42aux Indes,
17:43au Pakistan,
17:45en Amérique
17:46ou en Syrie.
17:48Et c'est à celles conditions
17:50qu'il peut vivre ici.
17:54Ici,
17:54c'est encore
17:55cette petite ferme
17:56au pied des collines
17:57dans l'amitié de Jard.
18:01Comment t'appelles-tu ?
18:04Claudine.
18:05Quel âge a-t-elle ?
18:06Deux ans et demi.
18:07Vous avez combien d'enfants ?
18:08Cinq.
18:10D'année à six-huit ans.
18:12Vous vous plaisez ici ?
18:13Beaucoup.
18:15Vous êtes pieds noirs ?
18:16Oui.
18:18Mes parents aussi.
18:19Vous vous en sentez
18:20en sécurité ici ?
18:21Pour l'instant,
18:22très bien.
18:23Vous voulez rester ici ?
18:25Tant qu'on pourra,
18:26tant qu'on ne nous mettra pas dehors.
18:28On continue tout à la ferme
18:29comme si on devait rester.
18:31On a planté des orangés
18:34qui vont entrer en production.
18:36Vous les avez plantés quand ?
18:37Il y a deux ans.
18:38Ils ont été greffés il y a deux ans.
18:40Quand ils commenceront,
18:42il y en a une plantation
18:42qui commencera l'année prochaine.
18:44Petite, un tout petit peu.
18:49Cette première récolte,
18:52cette espérance,
18:53c'est du bonheur.
18:56Malgré tout.
18:57Sous-titrage Société Radio-Canada
18:58...
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