00:00L'Algérie, si elle le veut, pourra avoir son gouvernement, ses institutions et ses lois.
00:13On peut même envisager le jour où nous déciderions d'interrompre l'emploi des armes,
00:26sauf les cas de légitime défense.
00:31Mais cette amélioration, pour constante qu'elle soit, ne résout évidemment pas le problème fondamental.
00:41Ayant repris la tête de la France, j'ai, on le sait, décidé en son nom de suivre un chemin
00:49nouveau.
00:51Ce chemin conduit non plus au gouvernement de l'Algérie par la métropole française, mais à l'Algérie algérienne.
01:02Cela veut dire une Algérie émancipée,
01:06où c'est aux Algériens qu'il appartienne de décider de leur destin,
01:11où les responsabilités algériennes seront aux mains des Algériens,
01:18et où, comme d'ailleurs je crois que c'est le cas,
01:25l'Algérie, si elle le veut,
01:27pourra avoir son gouvernement, ses institutions et ses lois.
01:33L'Algérie de demain,
01:36telle qu'elle sera décidée par l'autodétermination,
01:41peut être faite, ou bien avec la France,
01:45ou bien contre la France.
01:48Et celle-ci, je le déclare une fois de plus,
01:53ne fera opposition,
01:56aucune opposition,
01:58à la solution, quelle qu'elle soit,
02:01qui sortira des urnes.
02:03Si cela devait être la rupture hostile,
02:09eh bien, nous ne nous acharnerions certainement pas
02:13à vouloir rester auprès de gens qui nous rejetteraient,
02:18ni en gouffrer dans une entreprise sans issue et sans espoir,
02:23nos efforts et nos milliards,
02:26dont l'emploi est tout trouvé ailleurs,
02:28nous laisserions à elles-mêmes l'Algérie,
02:34tout en prenant, bien entendu,
02:35les mesures voulues
02:36pour sauvegarder ceux des Algériens
02:39qui voudraient rester Français
02:41et, d'autre part,
02:44nos intérêts.
02:46Mais si, au contraire,
02:49comme je le crois de tout mon cœur
02:51et de toute ma raison,
02:53il s'agissait d'une Algérie
02:55où les deux communautés
02:59musulmanes et françaises de souche
03:02coopèreraient avec les garanties voulues
03:05et une Algérie qui choisirait,
03:09comme c'est le bon sens
03:11d'être unis à la France
03:14pour l'économie, la technique,
03:16les écoles, la défense,
03:18alors nous fournirions
03:21à son développement matériel et humain
03:23l'aide puissante et fraternelle
03:27que nous seuls pouvons lui donner.
03:31Car, si l'œuvre de la France
03:34vis-à-vis de l'Algérie
03:35doit changer de nature et de forme,
03:41elle demeure indispensable
03:43pour le progrès humain.
03:47Encore faut-il qu'on puisse y voter
03:51et y voter dans l'apaisement
03:55aux dirigeants de l'organisation extérieure
03:59de la rébellion.
04:00J'ai proposé sans relâche
04:04de venir participer
04:09sans restriction.
04:12Je l'ai proposé loyalement
04:14qu'ils viennent participer
04:17sans restriction
04:18au pourparler
04:20relatif à l'organisation
04:22de la consultation future,
04:25à la campagne
04:26qui sera ensuite menée
04:28à ce sujet
04:29et au contrôle du scrutin.
04:33Et afin
04:34que la liberté du vote
04:36puisse être largement constatée,
04:38j'ai invité d'avance
04:40les informateurs du monde entier
04:43à assister à l'opération.
04:47Mais
04:48je n'y ai mis
04:50qu'une seule condition
04:52au pourparler
04:53dont je parle,
04:56c'est que l'on s'accorde
04:58pour cesser
04:59de s'entretuer.
05:03Mais
05:03les dirigeants rebelles
05:07installés
05:08depuis six ans
05:09en dehors de l'Algérie
05:11et qui,
05:12à les entendre,
05:14y sont,
05:14le sont encore
05:15pour longtemps,
05:18se disent
05:19être le gouvernement
05:21de la République algérienne
05:23laquelle
05:24existera
05:26un jour,
05:27mais n'a encore
05:29jamais existé.
05:30et qui,
05:32le sont encore
05:35en dehors de l'Algérie
05:36qui,
05:36c'est le gouvernement
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