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  • il y a 2 mois
Elle aura duré plus de cinq mois. 234 personnes y ont défilé pour y être interrogées lors de 67 auditions. La commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public est officiellement terminée.

Créée le 28 octobre 2025 à la demande du groupe d’extrême droite UDR, la commission a été ultra médiatisée, notamment à cause de ses invités célèbres et des échanges tendus entre le président Jérmie Patrier-Leitus et le rapporteur Charles Alloncle.

Ce dernier a désormais rédigé son rapport, dont la publication sera soumise au vote des membres de la commission le 27 avril. Avant le verdict, retour sur les moments phares de ces auditions, souvent sous tension.

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00:00Elle aura duré plus de 5 mois, 234 personnes y ont défilé pour y être interrogées lors de 67 auditions,
00:07la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public est officiellement terminée.
00:11Créée le 28 octobre 2025 à la demande du groupe d'extrême droite UDR,
00:16la commission a été ultra médiatisée, notamment à cause de ses invités célèbres
00:20et des échanges tendus entre le président Jérémy Batrier-Lettus et le rapporteur Charles Aloncle.
00:25Ce dernier a désormais rédigé son rapport, dont la publication sera soumise au vote des membres de la commission le
00:3127 avril.
00:32Avant le verdict, retour sur les moments phares de ces auditions, souvent sous tension.
00:372015, vous partagez votre vie avec Raphaël Glucksmann, qui est député européen socialiste, fondateur du mouvement Place Publique
00:43et personnalité aujourd'hui régulièrement citée parmi les candidats potentiels à l'élection présidentielle de 2027.
00:49Quelles garanties concrètes apportez-vous aujourd'hui aux Français pour assurer votre impartialité, votre indépendance,
00:57tant dans le traitement de l'information que dans la ligne éditoriale du journal
01:01et plus particulièrement encore dans le choix et le traitement des invités politiques ?
01:04Monsieur le Président, Monsieur le rapporteur, je veux d'abord dire ici, et c'est important,
01:08qu'avant d'être la femme de quiconque, je suis une journaliste indépendante, honnête et une femme libre.
01:16Maintenant, on ne va pas être dupe. Tout le monde, ici, plus qu'ailleurs d'ailleurs, a dans l'esprit
01:22qu'il y a une présidentielle dans un peu plus d'un an. Et que les Français se posent la
01:27question, c'est légitime.
01:31Mais je n'ai pas attendu la commission d'enquête pour y répondre et pour adopter une ligne de conduite
01:35extrêmement claire.
01:37Si il est candidat, je sors de l'antenne. Je l'ai dit, j'ai même préempté la question au
01:43moment où on m'a proposé le 20h.
01:44Je ne m'accroche pas, je sors. Maintenant, entre ces élections, j'ai pu continuer à mener mon travail en
01:53toute impartialité.
01:55Vous pouvez juger que mes interviews sont bonnes, moyennes ou ratées, mais jamais personne n'a pu entendre
02:01que mon compagnon ou quiconque tenait mon stylo. Je n'ai jamais fait, jamais fait, une seule interview
02:09sous l'influence de quiconque. Pensez-vous vraiment qu'en 2026, une femme pense forcément comme son mari,
02:17qu'une femme vote forcément comme son mari, qu'une femme prie comme son mari, qu'une femme fait
02:22ce que lui demande de faire son mari ? Vous pensez sérieusement qu'on en est là ? Je ne
02:28le pense pas, moi.
02:28Et attention, ce n'est pas seulement un principe féministe que je vous dis là, parce que ça aurait pu
02:32être l'inverse,
02:33ça aurait pu être un homme. C'est un principe républicain. On n'est pas jugé sur les opinions de
02:37son conjoint.
02:38On n'est pas condamné pour les opinions de son conjoint. Par ailleurs, le vote, il est personnel et il
02:43est secret.
02:45Maintenant, on pourrait se demander, à contrario, pourquoi je me retire à chaque fois ? Vous savez qu'il y
02:48a beaucoup de gens
02:49qui me disent, ce n'est pas normal que tu te retires. Ce n'est pas normal qu'on demande
02:53toujours aux femmes de se sacrifier.
02:55Pourquoi je me retire ? Je vais vous répondre. Parce que je ne veux pas que les Français puissent avoir
02:59le moindre doute,
03:00la moindre petite suspicion. Mon indépendance, mesdames et messieurs les députés, c'est mon talisman.
03:07J'y tiens plus que tout. Et ce qui me lie aux Français, ce qui me lie au public, c
03:13'est un lien qui est extrêmement fragile
03:15et qu'on appelle la confiance.
03:17Est-ce que vous pouvez nous indiquer, de façon tout à fait transparente, votre salaire ?
03:21Je vous ai posé à deux reprises la question. Pourquoi est-ce que vous ne voulez pas nous révéler votre
03:25salaire ?
03:26J'ai du mal à comprendre pourquoi vous ne voulez pas, de façon très décomplexée, nous dire combien vous êtes
03:30payé par l'argent public.
03:31J'ai 42 ans de métier, donc 40 ans passés à France Télévisions.
03:35Donc effectivement, j'ai une rémunération qui correspond à mon expérience, j'ai une rémunération qui correspond à mon temps
03:43de carrière,
03:44qui est assez long, et à mon exposition à l'antenne et à mes responsabilités en tant que rédactrice en
03:51chef de Cache Investigation.
03:52Vous avez ces documents, monsieur le rapporteur, monsieur le président, vous les avez à votre disposition.
03:57Donc ces documents vous ont été transmis. J'en ai eu l'assurance.
04:02Pourquoi est-ce que vous ne voulez pas nous révéler votre salaire ?
04:04Est-ce que vous adoptez la même consigne qui a été donnée à l'ensemble des salariés de France Télévisions,
04:08c'est-à-dire de ne pas le rendre transparent auprès de millions de Français ?
04:13Je vous laisse répondre, et puis ensuite on aura encore un quart d'heure de question du rapporteur,
04:16et je donnerai la parole ensuite au groupe politique.
04:17Ok. Alors en ce qui concerne mon salaire, j'ai vraiment le sentiment de vous avoir répondu, monsieur le rapporteur,
04:22ou peut-être ne m'avez-vous pas entendu ou écouté.
04:27Donc je répète qu'en ce qui concerne mon salaire,
04:33Pardonnez-moi, j'attends d'avoir votre attention,
04:35parce que comme vous me répétez la question à plusieurs reprises,
04:38du coup je me dis que peut-être vous n'avez pas eu véritablement la possibilité de m'écouter ou
04:42de m'entendre.
04:43Donc du coup je vous répète véritablement les choses.
04:47Encore une fois, ces documents, et je m'en suis assurée,
04:50On les a, on les a, on les a, le rapporteur peut le confirmer,
04:53comme ça on ne va pas dire que je protège qui que ce soit,
04:56on les a, je vous laisse le préciser.
04:59Vas-y.
04:59Et effectivement, madame Lucet, je vous remercie de votre réponse,
05:07j'ai ces éléments à ma disposition,
05:10simplement je me heurte depuis le début des auditions,
05:12à un refus pur et simple de l'ensemble des cadres et dirigeants de France Télévisions,
05:16à les révéler dans le cadre de ces auditions.
05:19Je les mettrai dans le rapport,
05:21parce que je pense que c'est important notamment de révéler le top 10 ou le top 20
05:25des salaires de l'audition public pour que les Français se rendent compte.
05:29Encore faut-il d'ailleurs que ce rapport soit voté,
05:31soit adopté à l'unanimité, il y a un enjeu.
05:34Donc vous voyez, et donc c'est aussi pour ça que je me permets de poser ces questions,
05:38parce qu'il y a peut-être un risque que ce rapport ne soit pas adopté,
05:41et vous qui êtes si à cheval sur les exigences de transparence,
05:47notamment sur l'utilisation des fonds publics,
05:48et c'est tout votre honneur.
05:49Et c'est aussi pour ça que je pense que des millions de Français suivent vos enquêtes,
05:53vous comprendrez que je m'interroge,
05:55j'ai du mal à comprendre pourquoi vous ne voulez pas,
05:57de façon très décomplexée, nous dire combien vous êtes payé par l'argent public,
06:00alors que c'est aussi un peu le cœur et l'ADN de vos émissions.
06:06Peut-être pour avancer, le formuler différemment, peut-être à part de la même excuse.
06:09Non mais là, franchement, je vais tout vous mettre en même temps,
06:13qui est vraiment exactement ce que je pense,
06:17et véritablement, depuis le début, je vous dis,
06:20j'ai toujours été plutôt transparente, moi, sur ma rémunération.
06:24Ma rémunération vous a été transmise de manière écrite.
06:27J'ai 42 ans de carrière, donc oui, j'ai 42 ans de carrière.
06:32J'ai des responsabilités, je suis exposée à l'antenne,
06:35je ne suis pas un perdreau de l'année, comme on dit.
06:38Voilà, je n'ai pas de part dans cette société de production,
06:42je n'ai pas de société de production,
06:43je ne touche pas de dividendes de société de production,
06:46mon salaire est uniquement payé par France Télévisions,
06:49au bout de 42 ans de carrière.
06:51Voilà, donc je pense vous avoir répondu extrêmement clairement,
06:54à plusieurs reprises, vous m'aviez dit que c'était la dernière fois
06:58que vous me posiez la question, mais vous y revenez.
06:59Je peux comprendre, mais je pense vous avoir vraiment apporté
07:03tous les éléments, d'autant que vous avez, encore une fois,
07:07tous les éléments écrits en votre possession.
07:10Je ne suis pas salarié de France Télévisions.
07:14Moi, j'ai été en CDI pendant 17 ans à France Télévisions.
07:19France Télévisions, alors je parlais d'un choix tout à l'heure,
07:22c'est un choix contraint.
07:23France Télévisions m'a demandé de quitter le groupe,
07:27pour dire les choses, donc il y a à peu près un an.
07:30Enfin, il y a trois ans, mais disons qu'on a mis deux ans,
07:31on se peut être d'accord.
07:33Donc ça a été effectif il y a un peu moins d'un an.
07:35Et donc, à mon corps défendant, j'ai quitté le groupe.
07:38Et aujourd'hui, quel est mon lien avec France Télévisions ?
07:41Eh bien, à peu près dix jours par an,
07:45un peu moins de deux semaines par an actuellement,
07:49j'ai des sessions d'enregistrement pour FreeMental,
07:53qui est la société de production.
07:56Comme une commission enquête, c'est important.
07:57Est-ce que vous nous dites que vous avez été licencié de France Télévisions ?
08:00Disons que France Télévisions, il y a trois ans,
08:02m'a demandé de quitter le groupe, après 17 ans d'ancienneté.
08:05Litter le groupe, ce n'est pas très juridique, vous me permettez de dire.
08:08En France, il y a le licenciement.
08:10C'est là où on n'était pas d'accord.
08:12C'est-à-dire qu'en gros, je pense qu'eux me demandaient de démissionner,
08:14et puis je leur ai dit, écoutez, j'ai 17 ans d'ancienneté,
08:16donc on va discuter un petit peu.
08:17Cette discussion a duré deux ans, ce n'est pas très agréable d'ailleurs,
08:19mais c'est comme ça.
08:20Je pense que d'autres salariés connaissent le sujet.
08:22Et donc ça s'est fini par une, comment on dit ?
08:24Une rupture conventionnelle.
08:28Où il y avait le minimum de liens à mon ancienneté,
08:32plus si on rentre un petit peu dans les choses techniques,
08:34le paiement de mes congés payés, mes arriérés de salaire,
08:36et mon CET, mon compté par une temps.
08:38Donc ça, ça a été soldé il y a à peu près un an.
08:40Mais ce n'est pas une discussion que j'ai initiée, vous l'avez bien compris.
08:42Et du coup, pardon, juste une précision, c'est important,
08:44parce que dans le travail que fait le rapporteur,
08:45il y a aussi cette question de comprendre les allers-retours
08:48entre les salariés de l'audiovisuel public et les sociétés de production.
08:51Oui, ce qui a été qualifié de pantouflage.
08:54Comment ?
08:55Ce qui a été qualifié de pantouflage, c'est ça.
08:57Enfin, c'est-à-dire que c'est des allers-retours, effectivement,
09:01c'est-à-dire entre des sociétés publiques et des sociétés privées.
09:04Bien sûr.
09:05Ce n'est pas nous qui l'avons qualifié.
09:06Il n'y aura pas d'aller-retours, parce que je ne compte pas revenir.
09:09Non, alors ma question...
09:11J'essaie de répondre à vos questions.
09:13Oui, mais je ne l'ai pas posé encore.
09:14Si vous voulez, je vais vous la poser.
09:16Vous allez y répondre.
09:17Ma question, c'est que parfois, ça nous a été remonté,
09:21que quand France Église, on licencie des salariés,
09:25on leur dit dans le corbeille du divorce,
09:27si vous me permettez cette expression,
09:29on va vous maintenir deux, trois émissions,
09:32deux, trois émissions.
09:33Donc, soit vous créez votre société de production,
09:35soit vous allez travailler dans une société de production,
09:38et on vous licencie, mais vous aurez deux, trois émissions.
09:41Est-ce que ça s'est passé comme ça pour vous,
09:42avec Question pour un champion, dans vos discussions ?
09:44Est-ce que dans vos discussions, on vous a licencié,
09:47mais on vous a dit, en revanche,
09:49vous pourrez garder quelques émissions de Question pour un champion,
09:53et vous serez donc salarié du producteur qui produit Question pour un champion ?
09:58Non, non, non, puis de toute façon, je réponds à votre question,
10:01M. le Président, non, moi, j'étais opposé à cette décision de quitter le groupe.
10:05Je l'ai fait, la discussion, on dirait, deux ans,
10:08parce que je n'étais pas d'accord avec cette proposition de France Télévisions
10:10de quitter le groupe.
10:11Il se trouve qu'après cette rupture conventionnelle,
10:14le producteur Fremantel, qui, lui, avait toujours un contrat
10:17avec France Télévisions pour produire cette émission,
10:18m'a proposé de poursuivre,
10:22avec beaucoup moins d'émissions,
10:23parce que quelques semaines après mon départ,
10:25j'ai appris que Question pour un champion
10:28disparaissait de la semaine et ne passait qu'en week-end,
10:30donc le nombre d'enregistrements s'est réduit fortement,
10:32et donc Fremantel me propose,
10:35pour être encore plus précis,
10:36à chaque session d'enregistrement,
10:39donc à chaque semaine de travail,
10:40un contrat d'une semaine,
10:43que j'accepte ou je n'accepte pas,
10:44jusqu'à ce jour où je l'ai accepté,
10:46pour continuer à porter ce jeu que j'adore,
10:48puisque je m'en suis déjà exprimé dans la presse,
10:51même si j'ai beaucoup d'estime pour l'audiovisuel public,
10:54vous l'avez compris dans mon propos liminaire,
10:55et pour France Télévisions,
10:56parfois les directions prennent des mauvaises décisions,
10:59ce fut une mauvaise décision,
11:00de passer Question pour un champion uniquement au week-end,
11:04puisque c'est un jeu dont je pourrais parler pendant des heures,
11:06qui est extraordinaire,
11:06et qui est justement très service public,
11:10et donc voilà, j'ai un contrat,
11:14session par session,
11:15le prochain étant en mars,
11:17j'ai eu une semaine de travail, voilà.
11:19Merci pour cette précision,
11:19je laisse la parole au rapporteur,
11:21mais est-ce que vous pouvez comprendre,
11:22vous, que ça peut choquer,
11:23qu'une entreprise publique,
11:26licencie ses salariés,
11:27donc avec des indemnités de licenciement,
11:28des négociations,
11:30tout en maintenant,
11:31à travers une société de production,
11:33qui travaille avec France Télévisions,
11:34des contrats, vous voyez, c'est...
11:35C'est pas moi qui ai un contrat avec France Télévisions,
11:37je suis désolé, là où...
11:37Oui, oui, non, non, mais est-ce que vous trouvez...
11:40Alors, si la question m'est posée pour un autre cas,
11:42moi je ne veux pas répondre,
11:43je sais que vous avez interrogé certaines personnes,
11:45notamment Nathalie D'Arigrand.
11:47C'est pas la question,
11:48mais moi je n'ai pas de contrat avec France Télévisions.
11:51Qu'on soit clair,
11:52Free Mental vendrait question pour un champion
11:54à M6, TF1 et Canal+,
11:56ça me serait égal.
11:56Mais pour comprendre question pour un champion,
11:58vous le faisiez avant comme salarié de France Télévisions ?
12:00Oui.
12:01Enfin, est-ce que vous pouvez comprendre quand même
12:02que ça pose question,
12:03c'est-à-dire que vous animez France Télévisions...
12:05Juste deux secondes,
12:06et après je laisse à parler au rapporteur, monsieur.
12:08Vous présentez question pour un champion
12:09comme salarié de France Télévisions.
12:11France Télévisions, vous licenciez,
12:12vous donne des indemnités de licenciement,
12:14et ensuite vous présentez question pour un champion
12:16plus comme salarié de France Télévisions
12:17qui vous a licencié,
12:18mais comme salarié de société de production.
12:20Personnellement, je voulais rester au sein du groupe.
12:22Donc si la question qui m'est posée,
12:24c'est est-ce que vous souhaitiez rester dans votre régime
12:27qui a été celui d'être salarié de France Télévisions
12:28pendant 17 ans,
12:29ma réponse est oui.
12:30C'est ce que j'ai souhaité
12:31et c'est pour ça que nos discussions
12:33ont à choper pendant deux ans.
12:35Une dernière question sur cette partie,
12:37sur cette dimension budgétaire,
12:38question que l'on pose quasiment à chaque audition
12:40à des dirigeants,
12:42à des animateurs,
12:43notamment de l'audiovisuel public.
12:45C'est celle sur la transparence des rémunérations.
12:50Tous ceux qui vous ont précédé
12:51ont refusé de nous communiquer leur salaire,
12:53alors que ce sont des personnes
12:55qui sont payées par l'argent public.
12:58Certains invoquent le secret des affaires,
13:01qu'on a du mal à comprendre.
13:02D'autres invoquent la concurrence des chaînes privées,
13:05alors que tous nous expliquent
13:07qu'ils seraient davantage rémunérés
13:08sur des chaînes privées commerciales,
13:10ce que l'on veut davantage,
13:11enfin bien volontiers croire.
13:13Est-ce que vous pourriez dire aux Français
13:16combien vous percevez au titre de votre rôle,
13:19sachant que c'est de l'argent public,
13:21et peut-être que vous pourriez distinguer
13:22le contrat passé avec France Télévisions
13:24en tant que salarié,
13:26mais aussi celui au titre de votre,
13:28ou de vos sociétés de production.
13:30Pardon, monsieur Delhaousse,
13:31la pédagogie étant l'art de la répétition,
13:34je précise simplement que les personnes
13:35qui sont passées avant vous
13:36ont indiqué que la direction de France Télévisions
13:38leur avait demandé de ne pas communiquer,
13:39donc elles n'ont pas refusé.
13:41Elles ont indiqué...
13:42Ah, c'est M. Ballard qui a appelé
13:44pour un joint de télévisé.
13:45C'était F1.
13:47Plus sérieusement,
13:48elles n'ont pas refusé.
13:49En tout cas, France Télévisions leur a demandé,
13:51leur a donné une consigne
13:52de ne pas effectivement qu'elles communiquent là-dessus.
13:54Et donc voilà.
13:58Monsieur le rapporteur,
13:59depuis le premier jour,
14:01France Télévisions,
14:01je vous le disais,
14:02a souhaité,
14:03et à l'époque de mon recrutement France 2,
14:06pour assurer progressivement
14:07la présentation des journaux,
14:09avec le souhait de faire évoluer
14:10le format du journal.
14:11A la fois sa forme,
14:12sa diversité,
14:13et je vous l'ai dit,
14:15sa différenciation avec notre principale concurrence.
14:17C'était une offre complémentaire,
14:19ce que nous avons fait via le 20h30,
14:20proposant aux téléspectateurs
14:22des marqueurs du service public.
14:24France Télévisions m'a également accordé
14:26la possibilité de développer des documentaires,
14:28des récits,
14:29des séries historiques,
14:30des portraits de personnalités,
14:31ce que j'ai fait,
14:32avec un jour une histoire
14:34et un jour un destin,
14:34travaillant notamment le vendredi,
14:35le samedi et le dimanche,
14:37ce qui est un agenda,
14:37vous le savez,
14:38spécifique.
14:39Je dispose d'un contrat de travail
14:41à temps partiel.
14:43Je perçois dans le cadre
14:44de mon contrat de travail
14:45une rémunération
14:46qui englobe à la fois
14:47la rédaction en chef du journal,
14:49la présentation du journal,
14:50ainsi que le 13h15
14:52et les 20h30.
14:52Elle correspond à la grille salariale,
14:54de manière équivalente
14:55à celles et ceux
14:56qui exercent la même activité.
14:58Sur le temps non couvert
14:59par ce contrat de travail,
15:02effectivement,
15:04France Télévisions m'a accordé
15:06la possibilité d'avoir une activité
15:08au sein de sociétés de production,
15:09quelles qu'elles soient,
15:10à partir du moment où elles sont indépendantes,
15:12bien évidemment,
15:13dans lesquelles j'ai pu,
15:14en tant que salarié,
15:15en tant que journaliste,
15:15en tant que réalisateur,
15:16effectivement,
15:17développer des documentaires.
15:19Il n'y a donc aucun cumul
15:20de rémunération
15:22pour un même programme.
15:23Il y a deux activités
15:24qui sont en conformité
15:26avec le droit du travail.
15:27Sachez que,
15:28et c'est important de vous le préciser,
15:29que l'ensemble de ma rémunération
15:31depuis toujours
15:32est soumise à un contrôle régulier
15:34du contrôleur d'État
15:35et c'est bien normal.
15:37L'ensemble de ces projets
15:38sont normés,
15:39contrôlés depuis toujours
15:40par les services de France Télévisions.
15:42Dans un souci de transparence,
15:44vous disposez,
15:45comme M. le Président le disait,
15:46effectivement,
15:48de ma rémunération
15:49de tous les éléments
15:50fournis par France Télévisions.
15:54Merci, M. le rapporteur.
15:56Merci, M. Delahousse.
15:58Vous avez raison.
15:59Effectivement,
15:59je dispose de ces informations.
16:02Après,
16:02je ne me permettrai pas,
16:04en tout cas publiquement,
16:05de la révéler.
16:05C'est la raison aussi
16:06pour laquelle je me permets
16:07de vous poser la question.
16:09J'ai noté également
16:10dans les documents transmis
16:11par France Télévisions
16:11que vous percevez
16:13une part variable.
16:15Est-ce que vous pourriez peut-être
16:16nous préciser
16:17les critères d'obtention
16:19de cette part variable ?
16:20Est-ce que, par exemple,
16:22ils sont conditionnés
16:23à une éventuelle audience
16:24ou à d'autres critères
16:25de performance ?
16:26Non,
16:27ils ne sont pas conditionnés
16:28à des conditions d'audience.
16:29Cette part variable
16:30s'applique à tous les salariés
16:30de France Télévisions
16:31à partir du moment
16:32où des objectifs sont fixés.
16:34Cela passe par le management
16:35des équipes,
16:36par les objectifs
16:37qu'on se fixe,
16:38effectivement,
16:38dans le développement
16:39du journal,
16:40mais il n'y a aucune clause
16:41d'audience
16:41dans mon contrat de travail.
16:43C'est juste la même question
16:44que j'ai posée à Salamé
16:45ce matin,
16:46puisque vous ne précisez
16:47pas votre salaire,
16:48mais peut-être
16:49pour que nous puissions
16:50réaliser les différences
16:51entre le secteur public
16:52et le secteur privé.
16:53Vous nous avez indiqué
16:54que vous avez eu
16:54de nombreuses offres du privé
16:55tout au long de ces 19 ans
16:57dédiés aux services publics
16:59audiovisuels.
16:59Sans nous indiquer
17:00les montants ni actuels
17:02que vous percevez
17:02à France Télévisions,
17:03ni les offres précises
17:05qui vous ont été faites
17:05dans le privé,
17:06est-ce que vous pourriez
17:07nous indiquer
17:07les écarts de rémunération
17:09en termes de ratio ?
17:11Est-ce qu'on parle
17:11de 1 à 3,
17:12de 1 à 4,
17:12de 1 à 2,
17:13de 1 à 10 ?
17:14Monsieur le Président,
17:16effectivement,
17:17je pense que si,
17:18effectivement,
17:18j'ai accepté,
17:21je n'ai jamais accepté
17:22l'une de ces différentes
17:23propositions
17:24qui aurait,
17:25effectivement,
17:25qui m'aurait peut-être
17:26permis,
17:27probablement,
17:27et même sûrement,
17:29d'avoir une rémunération
17:31plus importante,
17:33j'ai du mal
17:34à vous dire comme ça
17:36à quelle hauteur
17:37elle aurait été,
17:38effectivement,
17:38mais la seule réponse
17:40que je peux vous donner,
17:41c'est que si j'avais
17:43accepté ces différentes
17:45propositions
17:45dans différents médias,
17:47que ce soit la radio,
17:48à la télévision,
17:49j'aurais probablement
17:50gagné ma vie
17:52de manière largement
17:53supérieure.
17:55Pour entrer dans le vif
17:56du sujet,
17:56c'est que pendant des années
17:57sur le service public,
17:59tout s'est merveilleusement
18:00passé.
18:00Et jusqu'à l'arrivée
18:01de Delphine Ernotte,
18:02on faisait tout
18:03pour que nos émissions
18:04marchent.
18:05Et quand Mme Ernotte
18:06est arrivée,
18:07on a tout fait
18:07pour qu'elle ne marche pas.
18:09C'est-à-dire que d'entrée,
18:10Mme Ernotte
18:11voulait me dégager,
18:12clairement.
18:13On ne partage pas
18:14du tout avec Michel,
18:15autant on a une amitié
18:18imperturbable
18:20et indéfectible,
18:20autant on ne partage pas
18:21le même avis
18:22sur Delphine Ernotte
18:23que moi j'estime,
18:24en plus moi j'ai été
18:25victime par la suite
18:27de...
18:28Ça continue pour moi,
18:29je veux dire,
18:31Michel,
18:31ça tombe bien
18:32qu'il soit là,
18:33Mme Ernotte,
18:34à la suite du fait
18:35que j'ai été virée
18:36de France 2,
18:37il faut que sachiez
18:38quand même
18:38qu'elle a interdit
18:39à tous les animateurs
18:41de me recevoir
18:42comme invité.
18:43J'étais interdit.
18:44Il n'y en a qu'un
18:45qui a résisté.
18:46J'ai dit à Michel
18:47quand il a voulu m'inviter,
18:48j'ai dit attention,
18:49on va te dire
18:49de ne pas me recevoir.
18:50C'était arrivé
18:51pour cet avou,
18:52etc.
18:53on leur a interdit
18:54de faire des reportages
18:56sur ce spectacle.
18:57Et Michel m'a reçu
18:58quand même
18:58sur France 3.
18:59Vous vous en confirmez,
19:00M. Drucker,
19:01qu'on vous a demandé
19:01de ne pas recevoir.
19:02Non, non,
19:02on ne lui a pas demandé.
19:03Ah, d'accord.
19:04Ce que je veux juste rajouter
19:06pour expliquer
19:07qu'il y a eu ça,
19:08il y a eu un interdit.
19:10La dernière fois
19:11que je suis passé
19:11chez Cyril Hanouna
19:12que j'ai un peu parlé de ça,
19:14dès le lendemain,
19:16mes contrats confidentiels
19:18se sont retrouvés
19:19sur un réseau social payant
19:20et ça ne peut venir
19:22que de France 2
19:22parce que ce n'est pas moi
19:23qui les ai donnés.
19:24Et je ne parle même pas
19:26du complément d'enquête
19:28où Mme Ernot
19:29s'est payé mon procès
19:30avec l'argent public,
19:31avec des mensonges
19:32et des délations incroyables.
19:33Voilà, ça commence
19:35à faire beaucoup.
19:36Voilà, c'est juste
19:37ce que je voulais dire
19:37et c'est pour ça
19:38que je n'ai pas
19:39d'animosité particulière
19:41mais cette dame
19:42me poursuit depuis le départ
19:45et je trouve
19:46que sur un service public
19:47elle n'y a pas sa place.
19:49Ça, c'est mon avis.
19:50En ce qui est de la violence,
19:51de la manière
19:52dont tu as été viré,
19:53je crois que Laurence Boccolini,
19:54plein d'autres,
19:55il n'y a pas d'humanité.
19:56Vous savez,
19:57j'ai travaillé sur TF1,
20:00le lait moujote,
20:01c'était des gens,
20:02tu te rappelles,
20:02qui étaient difficiles
20:04mais ça s'est toujours passé
20:05avec respect,
20:06avec humanité.
20:07Toujours.
20:07J'ai travaillé
20:08pour M. Berlusconi
20:09qui est très critiquable
20:10et je vous promets
20:11que sur la 5
20:12avec Berlusconi,
20:13il y avait 100 fois plus
20:14d'humanité
20:15et de respect du public
20:16que j'en ai trouvé
20:16sur le service public.
20:17Je continue à penser
20:18que Mme Berlusconi
20:19est intouchable.
20:20Je vais me venger
20:22avec une chanson.
20:24Très bien.
20:25Enfin, me venger,
20:26non, mais...
20:26Non, non, non.
20:28Non, non.
20:28Non, non.
20:29Non, non.
20:468 années bonheur,
20:478 plus grands
20:48cabarets du monde.
20:49Nagui,
20:50produit Banigy,
20:51en avait 3.
20:52L'année d'après,
20:53j'en avais plus que 10,
20:54il en avait 7.
20:55L'année d'après,
20:56j'en avais 0,
20:56il en avait 11.
20:58Voilà.
20:58Maintenant,
20:58vous tirez les conclusions
20:59que vous voulez.
21:00Est-ce qu'il y a un rapport
21:01de cause à effet
21:02entre le fait
21:02que M. Takis Kandilis,
21:04Banigy
21:05ait favorisé Nagui
21:07sur ses prime time
21:09par rapport à moi ?
21:10C'est à vous
21:10de le déterminer.
21:11Mais pour moi,
21:12je l'ai pris comme ça.
21:13Juste pour bien comprendre
21:14M. Célastien,
21:14parce que vous donnez
21:15finalement plusieurs raisons.
21:16D'un côté,
21:17vous dites peut-être
21:18parce que je suis un homme blanc
21:19de plus de 50 ans
21:19et puis en même temps,
21:20vous le minimisez.
21:21Finalement,
21:21vous dites que ce n'est pas ça.
21:22Oui, ça en fait partie.
21:24Là, vous dites
21:25qu'il y a du favoritiste,
21:26c'est-à-dire qu'on a voulu
21:28augmenter.
21:28Il y a plusieurs raisons.
21:30Et il y a une raison principale,
21:31c'est que Mme Ernotte
21:32ne m'aime pas
21:33et elle a envie de me dégager.
21:34Voilà, point.
21:35C'est tout.
21:36C'est aussi clair que ça.
21:37Et ce n'est pas la seule.
21:38Il y a plein de gens
21:38qui ne m'aime pas.
21:39Parce que vous,
21:39vous portez, M. Célastien,
21:40des accusations graves.
21:40Moi, je suis aussi garant
21:41de ce qu'on dit ici.
21:42On va auditionner Nagui.
21:43Oui, mais je le pense.
21:44Banidja,
21:45est-ce que vous avez
21:46des preuves de ce que vous avancez ?
21:47C'est-à-dire,
21:47est-ce que vous...
21:48La preuve que je vous ai donnée,
21:49c'est que j'avais 16 prime
21:53le samedi
21:54et que dès que M. Candide
21:55s'est arrivé,
21:56j'en ai eu plus que 10,
21:57j'en ai eu plus que 7.
21:57Après, j'en ai eu 0.
21:59Et entre-temps,
22:00Nagui, le samedi,
22:01il y en avait 3,
22:01il y en a eu 7,
22:02il y en a eu 11.
22:03Voilà.
22:04Il y a un...
22:05Pour vous, c'est mécanique.
22:06Donc, je ne vous dis pas
22:07que c'est fait exprès,
22:08mais je suis quand même
22:10obligé de reconnaître
22:11que venant avec M. Takis
22:14qui vient de Banidja
22:15et qui repart chez Banidja,
22:16on peut aussi se poser la question.
22:18Excusez-moi.
22:19Je ne suis pas...
22:20Je n'accuse pas formellement,
22:22mais je constate.
22:23Voilà.
22:23Je constate que j'ai dégagé.
22:25Renseignez-vous sur les...
22:26Mais Nagui sera devant nous.
22:27Il pourra répondre.
22:28Mais c'est vrai que j'ai dit
22:29moi, je n'en veux pas à Nagui
22:31et je n'en veux pas à Banidja.
22:33Je n'en veux pas à ceux qui acceptent.
22:36Je n'en veux à ceux qui proposent.
22:38Les responsables,
22:39c'est ceux qui laissent ça.
22:41C'est ceux qui font ces cadeaux-là.
22:42Ce n'est pas ceux qui acceptent.
22:43Il a bien fait, Nagui.
22:44Qu'est-ce que je te dise ?
22:45Si on lui propose ça
22:46et s'il peut l'avoir,
22:49le responsable,
22:50c'est celui qui propose.
22:51En l'occurrence,
22:52la direction de France Télévisions.
22:54Je suis désolé.
22:55J'en veux plus à eux
22:56qu'à l'animateur
22:58qui va profiter du système.
23:00Voilà.
23:00Moi, je trouve que
23:02les insultes contre Nagui sont déplacées.
23:04On peut avoir des diverses chances de vues.
23:06Il fait un travail.
23:06Il est au charbon tous les jours.
23:08En plus, voilà.
23:09Après, les marches,
23:10c'est une question d'accord avec...
23:12Si la chaîne ne lui proposait pas
23:14ces chiffres-là,
23:16il n'en profiterait pas.
23:17Mais il a raison d'en profiter
23:18pour qu'on les lui propose.
23:19Je vais citer notamment
23:20le rapport d'audit
23:21de cette émission
23:21« Chacun son tour »
23:22que vous coproduisez.
23:23C'est la rémunération
23:24que vous facturez à France Télévisions
23:26et l'écart
23:28par rapport à votre rémunération réelle
23:29à la fin.
23:30Le devis prévoit
23:31une rémunération totale
23:32de 170 000 euros
23:33pour vous rémunérer.
23:34Vous ainsi que M. Bleau
23:35dont vous avez parlé
23:36qui représente en démol.
23:37Or, après analyse des comptes,
23:38les auditeurs remarquent
23:40que M. Bleau
23:41et vous-même
23:41n'avez pas été rémunérés
23:42à hauteur de 170 000 euros
23:43prévus au devis
23:44mais à hauteur de 300 000 euros.
23:46100 000 euros
23:47pour Jean-Louis Bleau
23:48et 200 000 euros
23:48pour vous, Nagui.
23:50Pourquoi est-ce qu'il y a
23:50un tel écart de 75%
23:52entre la rémunération initiale
23:54alors que c'est une mission
23:54de service public
23:55et ce qui est empoché
23:56à la fin ?
23:58Premier élément,
23:59salaire ou pas salaire ?
24:00Vous nous avez dit pas salaire.
24:01Mais pas du tout.
24:02Mais c'est là
24:02où M. Aloncle
24:06est admirable.
24:10Le rapporteur nous indique
24:11que dans le rapport
24:12que je n'ai pas sous les yeux,
24:13il a précisé salaire.
24:14Donc c'est peut-être
24:15on vérifiera
24:15si c'est ton fait ou pas.
24:17Vous auditionnez
24:20des responsables
24:21qui jurent
24:23et sous serment
24:24vous disent
24:24ce ne sont pas
24:25des salaires.
24:26C'est pour ça
24:26que je vous interroge.
24:27C'est une société...
24:27C'est pour ça
24:28que je vous le demande.
24:28Oui.
24:30A quoi ça sert ?
24:32D'écouter...
24:35A quoi ça sert d'écouter
24:36des réponses
24:37pour ne pas les entendre ?
24:39C'est juste ma question.
24:40Donc je comprends.
24:41Donc c'est une prestation
24:41de société.
24:42C'est votre société
24:43qui a fourni une prestation
24:44en production déléguée.
24:47et qui englobe des dizaines
24:48de personnes.
25:16Très clair.
25:16On vous l'a déjà dit
25:18combien de fois
25:18que ce n'était pas des salaires ?
25:20Je ne suis pas salarié
25:21de France Télévisions.
25:22Et maintenant les écarts.
25:23Rémunération, d'accord.
25:24Non plus.
25:25Je n'ai pas de rémunération
25:26de France Télévisions.
25:26Une prestation,
25:28ce n'est pas une rémunération,
25:29ce n'est pas un salaire.
25:29On est d'accord.
25:30Je gagne mon argent
25:33et je gagne très bien ma vie.
25:35J'ai même entendu
25:36que je gagnais ma vie
25:37comme un footballeur
25:38mais je vais renégocier mon contrat
25:39parce que je dois apparemment
25:40jouer en Ligue 2
25:41plutôt qu'en Ligue 1.
25:43Mais j'entends
25:44et je vois les compliments
25:45de Stéphane Courby.
25:47J'ai négocié mon salaire
25:48avec Banidjé.
25:49Ensuite, mon boulot
25:50est de produire le plus possible,
25:52le mieux possible,
25:54de tenir des parts de marché,
25:55de tenir l'antenne
25:56et de respecter surtout
25:57ce que la chaîne me demande,
25:59c'est-à-dire une émission de qualité
26:00qui rassemble,
26:01qui reste numéro 1 à l'antenne
26:04et tant qu'on est numéro 1 à l'antenne,
26:06je pense qu'en effet,
26:07M. Alloncle,
26:08je suis désolé,
26:08mais cette émission restera
26:10jusqu'au jour
26:10où l'émission sera arrêtée.
26:12Le 14 septembre 2019,
26:13dans une interview au Paris 1,
26:15vous expliquez
26:15que dans un contexte budgétaire restreint
26:17pour France Télévisions,
26:18et c'est le cas,
26:19vous avez tout fait
26:19pour réduire le coût de vos programmes,
26:21pour ne pas impacter les emplois.
26:22Quand on s'intéresse
26:23à l'audit de production,
26:24N'oubliez pas les paroles
26:25pour la saison 2022-2023,
26:27on constate surtout
26:27que les efforts,
26:28vous ne les avez pas faits
26:29sur votre propre rémunération.
26:32On a entendu M. Patrice-Sébastien
26:34qui nous disait hier
26:34sous serment devant la commission
26:36que lui,
26:37ses marges tournaient
26:38autour de 8 à 10%.
26:39Vous, pour l'émission
26:40N'oubliez pas les paroles,
26:41c'est 25% de marge.
26:43Vous êtes très bien payé,
26:45c'est votre droit,
26:46vous avez beaucoup de talent,
26:47mais à nouveau,
26:48ce ne sont que des chiffres
26:49et que des faits.
26:50Mais vous percevez
26:512 500 euros
26:52par émission
26:53N'oubliez pas les paroles,
26:54ce qui est plus
26:55que le salaire
26:56médian des Français.
26:58Donc vous gagnez
26:59en 30 minutes d'émission
27:00plus que le salaire
27:01médian mensuel
27:03des Français,
27:04ce qui vous permet
27:04d'atteindre,
27:05pour cette émission
27:07N'oubliez pas les paroles,
27:081 500 000 euros
27:10uniquement
27:10sur cette émission
27:11payée par le service public.
27:13Et après tout,
27:14encore une fois,
27:15ce qui est rare
27:16peut être cher,
27:17et vous m'interrompez,
27:18je vous laisserai
27:19vraiment répondre.
27:20Mais ce qui m'a interpellé,
27:22dans le montant
27:23de la rémunération,
27:24vous pourrez y revenir,
27:25c'est que l'audit
27:26de production révèle
27:27noir sur blanc
27:28que vous êtes versé
27:29une rémunération supplémentaire
27:30de 378 000 euros
27:32sur cette seule saison.
27:34Comment est-ce que
27:34vous pouvez nous expliquer
27:35à la fois ces montants
27:36mais surtout cet écart,
27:37c'est surtout ça
27:38qui m'interroge,
27:38pourquoi à la fin
27:40vous percevez
27:41près de 400 000 euros
27:42supplémentaires de rémunération
27:43pour une émission
27:44qui devait en coûter moins
27:45alors que c'est
27:46de l'argent public.
27:47Alors, M. Femme,
27:48vous comptez sur ces chiffres,
27:49je vous laisse répondre.
27:50Non, mais ce qui est formidable,
27:51c'est qu'on a commencé
27:52en disant qu'il ne fallait
27:53placer aucune cible
27:55dans aucun dos
27:56d'aucun citoyen
27:57et de balancer des chiffres.
27:59Non, vous balancez,
28:00M. Deschiffres
28:01qui sont encore une fois
28:02des volumes,
28:03des chiffres d'affaires.
28:04Ce sont 10 000.
28:0610 000.
28:06Non, ce sont...
28:07Mais non, mais vous mélangez.
28:08Je voudrais vraiment
28:09avoir le temps
28:09de vous expliquer
28:10comment tout ça fonctionne.
28:12Lorsqu'on propose une émission,
28:13on nous demande un devis.
28:16Vous n'avez pas envie
28:16de m'écouter, j'ai l'impression.
28:18Lorsque...
28:18Ben si, écoutez-moi,
28:19si ça vous intéresse.
28:21On nous demande un devis.
28:22On propose ce devis.
28:23Généralement, il est discuté,
28:25très souvent,
28:26à la baisse,
28:27et on doit respecter ce devis.
28:28Qu'est-ce qu'il y a
28:29sur un devis ?
28:30Il y a des lignes,
28:31il y a des cases
28:31qui partent du principe
28:33qu'il y a des postes
28:34qui sont et qui méritent
28:35une rémunération.
28:37Ces postes-là
28:38sont au prix catalogue.
28:40Convenez que les prix
28:41que vous avez eus,
28:42la gentillesse de citer,
28:44mais je rejoins
28:45Virginie et Fiera
28:46dans les Happy Few,
28:48ces prix-là
28:49sont des prix catalogue.
28:50Regardez les prix
28:51des autres animateurs
28:52d'autres émissions
28:53et vous verrez
28:53que c'est même
28:53prix catalogue cheap.
28:55Pourquoi ?
28:56On est obligé
28:56de mettre une ligne
28:57en disant
28:58tant que c'est lui
28:59qui présente
28:59cet esprit-là
29:00et puis le jour où,
29:01et c'est déjà arrivé,
29:02un autre animateur
29:03devrait le présenter,
29:04il faut quand même
29:04que ce budget-là
29:05soit prévu.
29:06Vous n'avez pas répondu
29:07à la question du rapporteur.
29:07Il évoque,
29:08je l'ai dit déjà au rapporteur,
29:10je pense qu'ici,
29:12il faut parler
29:13en chiffres généraux
29:14et pas définir
29:15des sommes précises.
29:16Mais bon,
29:17il le sait,
29:17on va avancer.
29:18Maintenant,
29:18ce qui m'intéresse surtout,
29:19et c'est aussi
29:19la question du rapporteur,
29:20c'est quoi du coup
29:21le statut ?
29:22C'est une rémunération,
29:23c'est une facturation.
29:25Je suis salarié de Baniget.
29:26Donc ces sommes
29:26dans le contrat
29:27que le rapporteur évoque,
29:28c'est quand il y a marqué
29:29rémunération
29:30pour chaque émission.
29:31C'est la valorisation
29:31au catalogue
29:32de ce qu'un producteur
29:33ou de ce qu'un animateur
29:35sera en droit
29:35de réclamer.
29:36Au bout du compte,
29:38qu'est-ce qu'il y a
29:39de plus important ?
29:40Où va l'argent
29:41du contribuable ?
29:42Où va l'argent
29:44des Français ?
29:45Où va l'argent
29:46de l'actionnaire
29:47en l'occurrence
29:47de l'État ?
29:48J'ai fait un petit exercice
29:49pour vous expliquer
29:51le plus simplement
29:52du monde
29:53où allaient
29:55ces sommes.
29:56Fabriquer une émission,
29:58on nous commande
29:59quelque chose
30:00à 100 euros.
30:01À partir de ces
30:02100 euros
30:02de commande,
30:0450 euros
30:05vont dans
30:06les caisses
30:07de l'État.
30:08TVA,
30:09charge patronale,
30:11charge sociale,
30:12toutes les taxes.
30:13Il y a 50 euros
30:13sur les 100
30:14qui vont dans
30:15les caisses
30:15de l'État.
30:16Restent 50 autres euros.
30:18Sur ces 50 autres euros,
30:20il y en a,
30:20en fonction des émissions,
30:21entre 40 et 45 euros
30:23qui vont
30:24aux prestataires,
30:25aux salaires,
30:26aux dépenses,
30:27aux consommables,
30:28aux loyers,
30:29aux locations,
30:30aux décors,
30:31à la fabrication,
30:32à tout ce que vous voulez.
30:33Et il reste
30:33entre 5 et 10 euros
30:35pour Banijay.
30:37Vos marges nettes
30:38seraient entre 5 et 10 %
30:39si je le fais calculer.
30:40Absolument.
30:40Sans compter
30:42les émissions
30:43qui sont à moins 4,
30:44voire moins 20 %
30:45pour ce qui est
30:46de Taratata.
30:47Pardon,
30:48je finis simplement.
30:49Le produit,
30:50c'est 100 euros
30:51commandé par la chaîne,
30:53rapporte
30:53150 euros
30:55à l'actionnaire.
30:57Donc,
30:57150 euros
30:58à l'État
30:58par la publicité,
31:00le parrainage,
31:01le sponsoring.
31:02Ce qui veut donc dire,
31:03et là,
31:04j'ai fini,
31:04que lorsqu'il y a
31:05une commande
31:05de 100 euros,
31:07200 euros
31:08vont à l'État,
31:09à l'actionnaire
31:10et donc,
31:11si vous voulez,
31:11aux contribuables
31:13et entre 5 et 10 euros
31:14à Banijay.
31:15dans les documents
31:16que France Télévisions
31:17m'a transmis,
31:18l'émission,
31:18n'oubliez pas les paroles,
31:20c'est 25 % de marge
31:21pour vous.
31:22C'est une rémunération
31:23de 2 500 euros
31:24pour 30 000 d'émissions,
31:25ce qui fait une rémunération
31:27totale pour cette seule émission
31:28du service public
31:29d'un million 500 000 par an.
31:30Je n'inventerai un.
31:31Encore une fois,
31:33je pourrais vous fournir,
31:34parce que visiblement,
31:35vous n'avez pas les éléments.
31:36Tous ces éléments
31:37m'ont été fournis
31:37par France Télévisions
31:39et tout est factuel.
31:41Et vous ne m'avez pas répondu
31:42sur une question
31:42qui a été clé.
31:43Pourquoi un écart
31:43de 378 000 euros
31:45sur une seule saison,
31:47n'oubliez pas les paroles,
31:48entre la rémunération
31:49qui a été initialement prévue
31:50avec France Télévisions
31:51et ce que vous avez finalement
31:52empoché au titre
31:53de votre rémunération ?
31:54Pourquoi un tel écart
31:55aussi important ?
31:56Qui correspond d'ailleurs
31:57au salaire annuel
31:58de Delphine Ardine.
31:58Déjà,
31:59pourquoi le rapporteur
32:00dit 25 ?
32:00Vous nous dites entre 5 et 10 ?
32:01Je ne sais absolument pas
32:04à quoi correspond
32:05la somme dont vous parlez.
32:06et je veux bien avoir
32:07le document
32:07et vous répondre
32:08ultérieurement.
32:09Sur le reste,
32:10je vous le redis
32:11mais j'ai l'impression
32:11que c'est une notion
32:13que vous ne voulez pas entendre.
32:15Ce qui apparaît
32:16comme une ligne,
32:18monsieur le rapporteur,
32:19ce qui apparaît...
32:20En même temps,
32:21c'est vrai que si vous ne m'écoutez pas,
32:22on va avoir du mal
32:22à s'entendre.
32:23Ce qui est une ligne
32:25d'animateur,
32:27de producteur
32:29ou de direction artistique,
32:31c'est une ligne
32:32de valorisation,
32:33appelez ça un catalogue
32:35et après,
32:36on fait un travail
32:37pour mutualiser notre travail
32:38et en effet,
32:40cela va dans
32:41peut-être des dépenses.
32:42Il y a certaines émissions
32:43que l'on tourne
32:44et on passe du temps
32:44et on paye des gens
32:45et puis on ne les diffuse pas,
32:47on les jette.
32:47Il y a d'autres temps
32:48que l'on passe
32:49à développer des projets
32:50et des formats
32:50qui ne verront jamais le jour.
32:52Tout ça fait partie
32:54de la gestion
32:56d'une boîte de production.
32:58Pour moi
32:59et je pense
32:59pour beaucoup de personnes
33:00qui nous écoutent,
33:01qu'est-ce qui est important ?
33:02Combien coûte cette émission ?
33:04Qu'est-ce qu'elle rapporte à l'État
33:05et qu'est-ce qu'elle rapporte
33:07à Benidji ?
33:08De redire
33:09vous, monsieur Nagui,
33:11vous gagnez tant
33:12je vous ai dit 25 fois
33:13mais oui mais c'est faux
33:14mais répétez-le
33:15à l'envie,
33:16c'est faux.
33:17C'est faux,
33:18je suis désolé.
33:19Merci.
33:21Merci.
33:30Merci.
33:31Merci.
33:31Merci.
33:33Merci.
33:33Merci.
33:34Merci.
33:34Merci.
33:34Merci.
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