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  • il y a 4 mois
Plus de cinq mois après son lancement et après 67 auditions et 234 personnes interrogées, la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public touche à sa fin. Pour la toute dernière audition le 8 avril, Delphine Ernotte a de nouveau été reçue. La Présidente de France Télévisions avait déjà été entendue le 10 décembre.

Elle a répondu aux accusations faites par d’autres invités en commission, ainsi qu’aux questions du rapporteur Charles Alloncle. On fait le point.

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Transcription
00:00On a tous essayé de vous montrer ici qu'on respectait cette commission d'enquête.
00:04J'aurais attendu en retour un peu de respect.
00:07Plus de cinq mois après son lancement et après 67 auditions et 234 personnes interrogées,
00:13la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public touche à sa fin.
00:17Pour la toute dernière audition le 8 avril, Delphine Ernotte a de nouveau été reçue.
00:22La présidente de France Télévisions avait déjà été entendue le 10 décembre.
00:26Elle a répondu aux accusations faites par d'autres invités en commission
00:29ainsi qu'aux questions du rapporteur Charles Laloncle. On fait le point.
00:34Le 31 mars, Jacques Cardoz et Patrick Sébastien ont tous les deux fait des accusations sans preuve sous serment.
00:40Delphine Ernotte y a répondu fermement.
00:42Monsieur Cardoz ici, dans cette commission d'enquête, a évoqué des protocoles d'accord dans le cadre de licenciements.
00:50Et je le cite, il vaut mieux parfois partir avec un beau chèque après avoir eu une affaire qui a
00:55fait des gros titres,
00:56y compris les affaires de déviance sexuelle.
00:58Et dans la même audition, monsieur Sébastien, et je vais le citer précisément,
01:03c'est pas nouveau que dans un service public, il y a des sociétés privées qui fassent des cadeaux pour
01:07obtenir des marchés.
01:09Je suis désolé, on vous a parlé de favoritisme.
01:12Moi je crois, vous êtes une commission d'enquête tout autant que vous êtes là.
01:15Ça va peut-être vous faire grincer.
01:16Mais à un moment, il faudrait peut-être se poser la question si en échange de ce favoritisme, il y
01:20a eu des cadeaux.
01:21Je voudrais d'abord vous dire, monsieur le Président, que ce sont des accusations extrêmement graves.
01:25Elles sont de nature différente, donc je répondrai d'abord à la première et ensuite à la seconde.
01:29Je n'ai absolument aucune espèce de tolérance de quelque ordre que ce soit pour les pratiques de harcèlement,
01:40de harcèlement sexuel ou moral ou de toute dérive contraire à la loi.
01:44C'est quand même une interrogation.
01:46Monsieur Cardoz a été un cadre important de cette maison pendant longtemps.
01:50Il a été correspondant à Washington notamment, qui est une position très prestigieuse, c'est nous.
01:56Et ensuite, il a dirigé l'équipe de complément d'enquête.
02:02La dernière fois que j'ai vu monsieur Cardoz, c'est le jour où il avait décidé de quitter la
02:07maison.
02:08Il avait pris le plan de départ qui, à l'époque, était en vigueur pour, je crois, diriger la communication
02:15d'un club de foot.
02:16Enfin, je ne me souviens pas, mais en tout cas, c'était son choix.
02:19Il est venu dans mon bureau pour me dire à quel point il me remerciait de toutes ces années magnifiques.
02:24Alors, je vais vous dire un truc.
02:25Si un cadre de France Télévisions, à ce moment-là, ne m'a pas signalé un comportement aussi grave que
02:33celui que vous insinuez,
02:37ouais, en tout cas, que vous reportez, je dirais, mais qu'a fait monsieur Cardoz ?
02:42C'est sa responsabilité.
02:43C'est la responsabilité de tous dans l'entreprise de signaler ce type de comportements qui sont totalement contraires à
02:50la loi.
02:51Donc, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
02:53Les bras m'en tombent.
02:56Quant à monsieur Patrick Sébastien, les cadeaux, bon.
03:00Nous avons, et ça fait maintenant de longues années, au sein de France Télévisions,
03:05mis l'entreprise en totale conformité avec la loi Sapin 2.
03:09Nous avons nommé d'ailleurs une déontologue qui s'assure que tous les processus qui garantissent l'absence de corruption
03:18sont bien en place.
03:20Bon, je ne vais pas épiloguer là-dessus, je voudrais juste relever un point important,
03:25le satisfait site de la Cour des comptes sur la déontologie au sein de France Télévisions.
03:31Donc, bien sûr qu'il n'est pas possible, au sein de France Télévisions, de faire des cadeaux contre je
03:37ne sais trop quoi.
03:39Tous les cadeaux doivent être signalés, ils sont dûment répertoriés, tous les conflits d'intérêts sont signalés.
03:46Enfin bref, je ne vous fais pas le panorama complet de la déontologie au sein du groupe,
03:51mais je peux vous assurer qu'elle est stricte et ferme.
03:55Je crois que nous tous, ici, qui parlons devant vous, jurons de dire la vérité et toute la vérité.
04:02C'est mon seul commentaire.
04:04Le rapporteur a avancé un autre fait d'indemnité de licenciement d'une salariée pour acheter son silence suite à
04:10des violences sexuelles.
04:11La présidente de France Télévisions, qui n'était pas en poste au moment des faits présumés, a exigé des noms.
04:16Vous avez dit, il y a un cas en 2009, vous liez ça à des déviances sexuelles.
04:22Il y a un lien ou il n'y a pas de lien ?
04:23Ce sont des faits d'agression sexuelle qui sont dénoncés.
04:25Donc il y a des faits d'agression sexuelle qui sont liés au licenciement de cette dame ?
04:28Absolument, c'est ce qu'elle dénonce.
04:30Pour acheter son silence, elle s'en était plainte auprès d'un certain nombre de dirigeants de France Télévisions à
04:34l'époque.
04:35Elle souhaite désormais parler.
04:36Vous me dites qu'il y a encore des gens qui commettent des agressions sexuelles dont j'ignorerais la nocivité.
04:43Transmettez-moi les noms, transmettez-moi les faits.
04:48Madame la Présidente, je me permets de préciser.
04:49Saisissez-moi, saisissez-moi, moi je veux les noms, les faits.
04:53Aujourd'hui je suis présidente de France Télévisions.
04:55Donc s'il y a des gens aujourd'hui à France Télévisions qui sont concernés par cette affaire, ça m
05:00'importe.
05:01Donc c'est ma responsabilité.
05:04Donc je vous demande de me donner les éléments qui me permettront d'ouvrir une enquête.
05:11Même 16 ans ou 17 ans après, je pense que voilà, exactement, c'est la loi.
05:16Delphine Ernot a aussi été interrogée sur la transparence des salaires de France Télévisions.
05:21Elle a démenti avoir donné la consigne de ne pas révéler les salaires
05:24et a rappelé au rapporteur qu'il disposait bien de tous les salaires.
05:27Nous avons souhaité rappeler à chacun des salariés de France Télévisions
05:33qui a été convoqué dans cette salle même
05:37quels étaient les droits et devoirs qu'il nous incombait de parfaitement respecter.
05:44Donc nous n'avons pas donné de consignes, mais plus exactement des conseils.
05:50En tant que Présidente de France Télévisions,
05:53j'ai des limites dans ce que je peux moi-même révéler.
05:58Notamment, tout ce qui nuit au secret des affaires
06:01n'est pas dans l'intérêt social de France Télévisions de le révéler publiquement.
06:04Pour autant, vous avez tout dans la data room.
06:08Donc vous, vous avez toutes les informations que vous avez demandées.
06:13Dans le même esprit, je respecte l'avis privé des salariés qui travaillent à France Télévisions.
06:21Et donc, je leur ai rappelé qu'ils n'étaient absolument pas obligés de donner leur salaire.
06:26Pourtant, on a Léa Salamé qui nous a dit, devant cette commission,
06:30« Je la cite, s'agissant de ma rémunération, la direction de France Télévisions a demandé
06:33à toutes les personnes auditionnées de ne pas divulguer ces informations confidentielles.
06:37Je me conforme à cette consigne étant entendu que vous disposez de toutes ces informations. »
06:42Christian Wallach a également dit, « Je n'ai aucun problème à évoquer mon salaire,
06:46mais effectivement, il a été décidé collectivement de ne pas révéler publiquement nos salaires. »
06:51Madame la Présidente, qui dois-je croire ?
06:52Est-ce que c'est vous qui expliquez qu'il n'y a pas eu de consigne qui a été
06:55passée ?
06:56Ou est-ce que c'est Mme Salamé et M. Wallach qui nous expliquent
06:58qu'ils ne peuvent pas révéler leur salaire parce que consigne leur a été passée ?
07:04Alors, c'est drôle que vous parliez de Léa Salamé parce qu'il se trouve que son salaire est public.
07:08Donc, bon, voilà.
07:11Non, on a simplement expliqué qu'on avait le droit de ne pas révéler son salaire, en fait.
07:16C'est le respect de la vie privée.
07:19Néanmoins, on a répondu sur la data room à toutes vos questions.
07:23Donc, quel est le problème, M. le rapporteur ?
07:25Quel est le problème exactement de ne pas avoir donné publiquement les salaires ?
07:29Parce qu'on vous les a donnés, les salaires, en fait.
07:32Donc, c'est quoi ? C'est le spectacle manquant qui vous pose ce sujet ?
07:36Vous les avez, les salaires, M. le rapporteur ?
07:39Tout est dans la data room.
07:40Donc, où est le problème ?
07:41Est-ce que vous avez accès à toute l'information ?
07:43La réponse est oui.
07:45Concernant la fiche de paix de Nagui, qui n'est pas salariée de France Télévisions,
07:49mais produit et anime des émissions via une société de production externe,
07:53Delphine Ernot a répondu très directement.
07:55Vous me dites une chose exacte,
07:59que certains producteurs ne publient pas leur compte.
08:04Je préférerais, moi aussi, qu'ils les publient.
08:07Ça m'aiderait dans les audits de production que nous menons.
08:12Mais nous n'avons pas la possibilité de leur imposer de publier leur compte.
08:18Delphine Ernot a également dû revenir sur la rupture conventionnelle de Samuel Etienne.
08:22L'animateur de questions pour un champion,
08:24qui n'est plus salarié de France Télévisions depuis avril 2025,
08:28a révélé devant la commission le 24 février avoir été mis à la porte
08:32et être parti du groupe avec des indemnités.
08:34Donc comment est-ce qu'on peut considérer,
08:37dans la bonne gestion et la bonne utilisation des fonds publics,
08:40qu'une personne qui est animateur de questions pour un champion,
08:42qui prend un chèque pour son départ de France Télévisions,
08:45continue à animer la même émission de questions pour un champion
08:48après avoir empoché son chèque de départ ?
08:51Est-ce que ça ne pose pas des questions sur les largesses
08:53accordées sur fonds publics par la direction de France Télévisions
08:57à certains animateurs et parfois à certains animateurs producteurs ?
09:01Comment ça se passe quand on se sépare d'un collaborateur ?
09:03On applique en effet la loi et puis les dispositions conventionnelles
09:09qui sont dans l'accord collectif.
09:10Voilà.
09:11Et en effet, il y a aussi des transactions
09:14quand le litige peut être porté au prud'homme.
09:19On peut juger que la loi plus le dispositif conventionnel est trop élevé,
09:24mais on respecte ces principes-là.
09:26Vous noterez, monsieur le rapporteur, que dans le dernier rapport
09:32qui s'est clôt donc l'année dernière, la Cour des comptes ne relève de manière générale
09:39aucune irrégularité, mais en particulier sur ce sujet.
09:43Donc ça veut dire que toutes les transactions ont été validées par l'État.
09:48Néanmoins, on peut considérer en effet que certains dispositifs sont trop élevés.
09:53Il ne vous aura pas échappé, monsieur le rapporteur, que j'ai dénoncé l'accord collectif
09:58en juillet dernier et que nous sommes désormais en négociation de cet accord collectif
10:05qui précise notamment les montants en cas de rupture individuelle.
10:11Après plus d'une heure trente de questions du rapporteur qui avait initialement 45 minutes,
10:15la présidente de France Télévisions a signifié son agacement
10:18de voir des salariés jetés en pâture par Charles Lalongle.
10:21Je pense que ce souci tout à fait légitime de bien utiliser l'argent public
10:28n'oblige pas pour autant à jeter des gens en pâture.
10:32Que vous vous en preniez à moi, comme vous le faites sur vos réseaux,
10:36dans les articles de presse, après tout, je suis la présidente de France Télévisions.
10:42J'irais presque que c'est mon métier.
10:44Et que vous jetiez en pâture des salariés de France Télévisions,
10:48je trouve qu'on pourrait faire les choses autrement.
10:51On a tous essayé de vous montrer ici qu'on respectait cette commission d'enquête.
10:56Plus de 65 personnes sont venues.
10:58Nous avons répondu à vos multiples questions.
11:01Je ne crois pas que qui que ce soit se soit énervé
11:06dans les salariés de France Télévisions
11:08qui sont venus ici répondre à vos questions parfois exigeantes.
11:14J'aurais attendu en retour un peu de respect.
11:18L'audition s'est clôturée par les questions des députés,
11:21mais est enfin à cinq mois d'une commission d'enquête ultra médiatisée.
11:25Charles Aloncle publiera son rapport fin avril
11:27si la commission le vote à la majorité.
11:34Sous-titrage Société Radio-Canada
11:36Sous-titrage Société Radio-Canada
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