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MEDI1TV Afrique : MEDI1 SOIR - 15/04/2026
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00:03Good evening everyone, I'm happy to see you in this new Carrefour d'Informations and with the title of this
00:10edition.
00:13Five years after his arrival at the head of the government, Aziz Arnosh dress the title of his mandat at
00:19the Parliament.
00:23The war is almost finished. Affirmations this mercredi of Donald Trump.
00:28The president of the United States evoke a possible reprise of the discussions with Téhéran since this week.
00:37The Iran menace to block the maritime traffic in Mer Rouge.
00:41Téhéran will not allow any export or export in the Gulf, in Mer d'Omane or in Mer Rouge, avertit
00:49Téhéran.
00:54Good evening everyone.
00:55Five years after his arrival at the head of the government, Aziz Arnosh a present this morning,
01:02devant the two chambers of the Parliament, the bill of his mandat.
01:06Protection social and large aid directe, project in health and education.
01:12The president of the government has put in advance the advancements in social matters.
01:16On the other hand, the chief of the executive revendique a stable croissance and important investment,
01:24despite an international context difficult.
01:26I invite you to listen to an excerpt of his exhibition this morning.
01:34Face to the regional and international environment,
01:37ainsi qu'aux multiples défis liés à des contexts difficiles, tant internes qu'externes,
01:43ce mandat gouvernemental a constitué un symbole de résilience et un point de départ
01:48pour une série d'acquis réalisés grâce à la mobilisation des efforts nationaux.
01:52Grâce également à la haute orientation royale qui témoigne de l'évolution de la relation entre l'Etat et le
01:58citoyen,
01:59un tournant qualitatif a été opéré, fondé sur le renforcement des principes de bonne gouvernance.
02:05Ainsi se dessinent les contours d'un Maroc moderne, bâti sur un pacte national responsable
02:11où il n'y a pas de place pour les promesses ou les slogans,
02:14mais plutôt pour une critique constructive et des actions concrètes.
02:25Aziz Arnoche est revenu également sur la dynamique qui a marqué le travail législatif sous ce mandat.
02:39Au-delà d'un important dynamisme législatif et réglementaire qui témoigne d'une véritable volonté politique
02:46qui s'est concrétisée par l'adoption effective de plus de 847 textes législatifs et réglementaires depuis le début du
02:55mandat.
02:55Ce bilan, qui a permis la mise en œuvre de plus de 110 lois et de 679 textes d'application,
03:03ne constitue pas un simple cumul quantitatif de textes,
03:07mais bien une refonte complète et globale du cadre juridique ayant un impact direct sur la vie des citoyens
03:13dans la perspective de renforcer l'action publique.
03:16Ces efforts ont été accompagnés par une dynamique soutenue d'ouverture aux initiatives législatives parlementaires.
03:23Nous avons concrétisé cette approche participative avec l'ensemble des composantes de la représentation nationale
03:30en consacrant des réunions intensives à l'étude d'un total de 873 propositions de loi.
03:42Ce processus a ainsi permis de réaliser un bond qualitatif notable,
03:46avec une augmentation de 146 propositions par rapport aux précédentes législatures.
03:59Nous restons au Maroc. L'ambassadeur de France, Christophe Lecourtier, s'est entretenu hier à Léon
04:07avec le wadi de la région Léon, Sakya al-Hmara.
04:11Des échanges qui ont porté sur les moyens d'accompagner la dynamique de développement
04:16que connaissent les provinces du Sud du Royaume.
04:19Lors de cette rencontre, l'ambassadeur a réaffirmé la position constante de Paris
04:25en faveur de l'intégrité territoriale du Royaume.
04:29Les discussions ont également porté sur l'évolution que connaissent les provinces du Sud
04:34et en particulier dans les énergies renouvelables et dans l'industrie.
04:41Place à l'actualité internationale. La guerre avec l'Iran est presque finie.
04:47Affirmation ce mercredi de Donald Trump.
04:50Le président américain a évoqué une possible reprise des discussions avec l'Iran cette semaine au Pakistan
04:57assurant que les autorités iraniennes veulent vraiment parvenir à un accord.
05:01Quelque chose pourrait arriver au cours des deux prochains jours, a affirmé Donald Trump, un journaliste du New York Post.
05:13Je pense que la guerre est presque finie, je le disais.
05:18Pour le président américain, les autorités iraniennes veulent conclure un accord.
05:23Or, cette sortie médiatique est scrutée de près par les puissances mondiales, la Chine notamment,
05:30qui redoute un blocus persistant dans le détroit d'Hormuz et la fragilité du cessez-le-feu au Moyen-Orient.
05:36Les détails dans ce récit de Papa Aliou Ansar.
05:41Donald Trump insuffle une nouvelle dynamique au conflit au Moyen-Orient.
05:45Sa récente sortie médiatique vise à apaiser les tensions entre les États-Unis et l'Iran.
05:51Les négociations pourraient se poursuivre.
05:53Le président américain est même convaincu que la fin de la guerre est à partir de main.
05:58Je considère la guerre comme presque terminée.
06:01Vous savez quoi ? Si je me retirais maintenant, il faudrait 20 ans pour reconstruire le pays et nous n
06:06'avons pas fini.
06:06Je pense qu'ils veulent vraiment conclure un accord.
06:09Mais pour le moment, les forces américaines envahissent le détroit d'Hormuz.
06:14Le commerce maritime de l'or noir est mis à l'arrêt.
06:17Une riposte qui vise à paralyser l'économie iranienne selon le chef des forces américaines de la région.
06:24Réaction de la Chine qui souhaite un cessez-le-feu complet.
06:29La Chine estime que seul un cessez-le-feu complet peut fondamentalement créer les conditions d'un apaisement de la
06:35situation.
06:35Nous exhortons les parties concernées à respecter l'accord de cessez-le-feu, à s'en tenir à la direction
06:41des pourparlers de paix
06:42et à prendre des mesures concrètes pour les amorcer la situation afin que le trafic normal via le détroit d
06:48'Hormuz puisse reprendre dès que possible.
06:50Les marchés restent toutefois attentistes guettant une possible reprise des discussions entre les Etats-Unis et l'Iran.
06:57Le gouvernement pakistanais a annoncé des coupures d'électricité d'environ deux heures chaque soir aux heures de pointe afin
07:05d'empêcher une forte hausse des tarifs.
07:10Et selon le vice-président J. Divin, la Maison-Blanche propose à Téhéran, je cite, un grand pacte trampien.
07:20Voilà le deal. Si vous vous engagez à ne pas avoir l'arme nucléaire, nous allons faire prospérer l'Iran.
07:27Pour rappel, c'est le vice-président J. Divin qui a mené la délégation américaine pour parler à Islamabad.
07:34La partie iranienne, elle, était menée par le président du Parlement, Mohamed Bagher-Ghalibaf.
07:39Les deux parties, en tout cas, se renvoient à la responsabilité de l'échec à trouver un accord.
07:50Et l'Iran a affirmé aujourd'hui que les échanges avec les Etats-Unis se poursuivaient par l'intermédiaire du
07:57Pakistan.
07:58Depuis dimanche, lorsque la délégation iranienne est rentrée à Téhéran, plusieurs messages ont été échangés via le Pakistan,
08:05a affirmé le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismail Bakhaï.
08:13L'Iran a aussi menacé de bloquer la mer Rouge en cas du maintien du blocus américain de ses ports,
08:20estimant que ce dernier pourrait mener à une violation du cessez-feu en vigueur depuis le 8 avril.
08:29Justement, une délégation pakistanaise de haut niveau s'est rendue à Téhéran aujourd'hui.
08:35Conduite par le chef de l'armée, Asim Mounir, la délégation est arrivée en Iran pour poursuivre la médiation d
08:43'Islamabad
08:43dans les tractations entre Téhéran et Washington en vœu d'un accord pour mettre fin à la guerre régionale.
08:50La délégation apporte un nouveau message de Washington à Téhéran et doit discuter des futures négociations
08:57avec les responsables iraniens après l'échec, je le disais, d'une première session de pourparlers le week-end dernier
09:04à Islamabad.
09:05L'Iran n'entrera dans aucune négociation pour accepter seulement les conditions américaines,
09:12a averti le ministre iranien des Affaires étrangères.
09:18Téhéran qui menace de bloquer le trafic maritime en mer Rouge si les États-Unis continuaient à exercer un blocus
09:27sur ses ports,
09:29réaffirmant simultanément sa volonté de continuer à négocier et d'ignorer les menaces de Donald Trump sur le terrain.
09:37L'Iran verrouille toujours le détroit d'Hormuz et Washington impose depuis lundi, pour rappel, un blocus en provenance ou
09:44à destination des ports iraniens.
09:47L'Iran ne permettra aucune exportation ou importation dans le Golfe, en mer de Man ou en mer Rouge, averti
09:54Téhéran.
09:59La Chine a accepté de ne pas fournir d'armes à l'Iran, c'est ce qu'affirme ce mercredi
10:04encore Donald Trump.
10:06Le président américain dit avoir reçu des garanties directes de la part de son homologue Xi Jinping.
10:12Donald Trump se rendra d'ailleurs à Pékin les 14 et 15 mai prochains.
10:16Il a évoqué plus tôt un échange avec le président chinois concernant la guerre au Moyen-Orient
10:23dans un entretien avec la chaîne Fox Business diffusée ce mercredi.
10:30Face à la guerre au Moyen-Orient, la Chine et la Russie affichent leur proximité.
10:36Moscou se dit prête à compenser le déficit énergétique de la Chine et offra Pékin donc la possibilité de compenser
10:43ce déficit des ressources énergétiques
10:46qu'elle subit à cause du conflit au Moyen-Orient, sachant que la Chine est le premier acheteur mondial de
10:53combustibles fossiles russes.
10:55Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, en visite de deux jours à Pékin,
11:02a affirmé et a confirmé la venue de Vladimir Poutine au cours du premier semestre 2026.
11:11Et puis le premier ministre pakistanais, Cheikh Basharif, a entamé aujourd'hui en Arabie Saoudite
11:18une tournée diplomatique qu'il doit poursuivre au Qatar et en Turquie
11:22avant une possible reprise des pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran.
11:27En Arabie Saoudite, il s'entretiendra de la situation régionale avec le prince héritier Mohamed Ben Salman,
11:34selon son cabinet. Il est accompagné à Jeddah par une délégation de haut niveau,
11:40dont le chef de la diplomatie pakistanaise, qui figure parmi les médiateurs
11:45lors des pourparlers irano-américains du week-end dernier à Islamabad.
11:53Toujours dans la région, israéliens et libanais ont renoué le dialogue pour la première fois depuis 1993,
12:02deux heures de face-à-face sous médiation américaine, à l'issue desquelles les deux camps ont évoqué
12:08des discussions productives et ont évoqué de futures négociations.
12:14Les détails avec Rachid Farhan.
12:17À Washington, Lima Gérard, diplomate israélien et libanais, réunis autour d'une même table,
12:23sous l'égide des Etats-Unis.
12:25Une rencontre qualifiée d'historique par le secrétaire d'État américain, Marco Robiot.
12:32Nous sommes honorés de réunir deux pays avec lesquels les Etats-Unis entretiennent des relations fortes.
12:38C'est une occasion historique, ne savant que des décennies de conflits et de complexités
12:42nous ont conduits à ce moment unique.
12:45Il ne s'agit pas seulement d'un cessez-le-feu.
12:50Derrière cette séquence diplomatique, des lignes rouges, très claires,
12:54Israël conditionne tout avancé au désarmement du Hezbollah.
12:57Tandis que le mouvement chiite, soutenu par l'Iran, rejette ces discussions et les qualifie de capitulation.
13:05Sur le terrain, la guerre se poursuit et les combats dans le sud du Liban se sont intensifiés,
13:10faisant plus de 2000 morts et plus d'un million de déplacés.
13:13Dans ce contexte, le président libanais, Joseph Aoun, espère arracher un cessez-le-feu,
13:19préalable à toute négociation politique.
13:22La pression internationale s'accentue, 17 pays dont la France et le Royaume-Uni appellent à saisir cette opportunité.
13:29Dans un communiqué commun, ils saluent l'ouverture de ces discussions et avertissent.
13:34La poursuite de la guerre au Liban met en péril la désescalade régionale actuelle,
13:38que nous avons saluée et qui doit être pleinement respectée par toutes les parties.
13:42Mais d'emblée, le temps est donné, il ne faut pas s'attendre à un accord rapide.
13:49Ce processus prendra du temps.
13:51Les choses ne seront pas réglées en quelques heures.
13:54Mais nous pouvons poser les bases d'une paix durable pour que les Israéliens vivent sans la peur des roquettes
13:59et que les Libanais retrouvent sécurité et prospérité.
14:08Malgré cette mobilisation diplomatique, les attentes restent faibles, car c'est pour parler ce heurta des décennies de conflits
14:14et à une réalité immédiate, c'est l'une guerre toujours en cours.
14:20Retour au Maroc pour parler du prix de la tomate qui a connu une forte hausse ces derniers jours.
14:26Et dans la région de Walidia, aux environs de Jdida, une situation inédite dans le marché de gros des fruits
14:33et légumes,
14:34l'absence totale des tomates, les maladies qui ont touché certaines cultures
14:40et l'interdiction de certains pesticides expliqueraient cette pénurie selon les commerçants.
14:45C'est un reportage de Jouns Mazir et Jouns Sreiri.
14:49Le récit est de Dinam Brini.
14:53Ici, au cœur du marché de gros de Walidia, la scène est inhabituelle.
14:58Etale presque vide, prise en hausse, la tomate se fait rare sur les marchés marocains.
15:03Les commerçants attribuent cette pénurie aiguë d'une part à l'orientation d'importantes quantités
15:08vers l'exportation et d'autres aux dégâts subis par les cultures locales.
15:13Même l'approvisionnement en provenance d'Agadir ne suffit plus à répondre à la demande.
15:21Une grande partie de la production de tomates est touchée par les maladies, y compris sous serre.
15:26Or, une serre représente un investissement important pour les agriculteurs.
15:30Entre 500 000 et 600 000 dirhams.
15:32Pour rentabiliser, la caisse de tomates devrait dépasser les 150 dirhams.
15:37Aujourd'hui, elle atteint parfois 300 à 350 dirhams, sans compter le coût élevé de l'emballage.
15:48La région de Dukala fait face actuellement à une forte pénurie de tomates.
15:53L'essentiel de l'approvisionnement provient d'Agadir, mais à des prix très élevés.
15:57La hausse du carburant renchérit le transport, tout comme les coûts d'emballage,
16:02ce qui impacte directement les prix.
16:09Les prix de la tomate ont fortement augmenté, aussi bien sur les marchés de gros qu'aux détails.
16:15Cette hausse s'explique notamment par le coût élevé des pesticides,
16:18dont le prix varie entre 2000 et 2500 dirhams de litre.
16:23Dans les exploitations de Ouladran, près d'El Jadida, le constat est alarmant.
16:29Les cultures de tomates sont ravagées par le milieu.
16:32Une maladie qui s'est rapidement propagée le long du littoral.
16:36Les agriculteurs pointent également du doigt la baisse d'efficacité des pesticides disponibles sur le marché,
16:42après les récentes décisions de l'ONSA.
16:46Résultat, une chute brutale de la production, passée de 100 à moins 40 tonnes par hectare.
16:59Actuellement, les cultures de tomates sont fortement touchées par les mildioux.
17:02Auparavant, des traitements efficaces permettaient de protéger les plantes en une quinzaine de jours.
17:07Mais ces produits ont été interdits par l'ONSA, qui propose aujourd'hui des alternatives moins efficaces.
17:13Résultat, la plante est devenue plus fragile et beaucoup plus vulnérable aux maladies.
17:21Une crise aux multiples causes, qui transforme aujourd'hui la tomate en denrées rares,
17:27en attendant une amélioration des récoltes pour sauver une saison agricole exceptionnelle.
17:34Rabat, capitale mondiale du livre, la capitale du Maroc,
17:38qui vient d'être officiellement désignée comme telle par l'UNESCO.
17:42Une distinction prestigieuse annoncée lors d'une conférence de presse
17:47consacrée à la 31e édition du Salon international de l'édition et du livre Le Ciel.
17:54Les détails avec Papa Al-Yonsar.
17:56C'est un printemps culturel d'exception qui s'annonce pour le Royaume.
18:02L'UNESCO a officiellement choisi Rabat comme capitale mondiale du livre,
18:07une désignation qui vient couronner l'engagement constant du Maroc
18:12en faveur de l'éducation et du rayonnement culturel.
18:17Je suis ravi d'assister à la cérémonie d'ouverture de cette nouvelle édition
18:21du Salon international du livre à Rabat.
18:23Je me réjouis également que notre capitale soit honorée par sa désignation
18:27comme capitale mondiale du livre 2026.
18:30C'est pour nous un devoir, car la lecture n'est pas un simple divertissement,
18:34c'est une nécessité.
18:36Elle est essentielle à toute civilisation et fondamentale
18:39pour l'éducation de nos générations futures.
18:44Dès le 24 avril, c'est plus de 300 activités qui vont transformer le Royaume
18:49en une bibliothèque à ciel ouvert.
18:52Rabat va devenir l'épicentre de la diplomatie culturelle,
18:55multipliant les espaces d'échange et de transmission du savoir.
19:00Priorité absolue, les jeunes.
19:02Nous voulons que pendant toute la durée du Salon,
19:06il y ait beaucoup d'activités, en particulier tournées vers la jeunesse.
19:09Il y a un grand défi qui est de continuer à intéresser la jeunesse à la lecture
19:13à un moment donné où les écrans, les téléphones, les iPads
19:21attirent davantage l'attention de la jeunesse.
19:24Et donc nous devons arriver à démontrer que le livre reste le principal moyen pour se parler.
19:30Le lancement a été ponctué par la signature hautement symbolique du manifeste de Rabat pour le livre,
19:37un engagement ratifié par le ministre de la Culture, de la Jeunesse et de la Communication,
19:42ainsi que par Asdine Almidaoui aux côtés des représentants des conseils communaux et régionaux.
19:50Voilà pour l'essentiel de l'actualité.
19:53Et tout de suite, on retrouve notre invité de la rédaction.
20:04L'Espagne relance le débat sur la question migratoire
20:09avec un vaste plan de régularisation des sans-papiers
20:12qui pourrait bénéficier à quelques 500 000 personnes
20:15entre impératifs économiques, pression politique et enjeux humanitaires.
20:20Cette initiative suscite autant d'espoir que d'interrogations.
20:25Et pour en décrypter les contours, les objectifs et les limites,
20:29nous avons le plaisir d'avoir avec nous Houdaïfa Amzian,
20:33ancien président de l'université Abdelmalek Saidi.
20:36Monsieur Houdaïfa Amzian, bonsoir.
20:38Merci d'avoir accepté notre invitation.
20:42Bonsoir et merci pour l'invitation.
20:44Alors peut-être pour commencer,
20:47que prévoit ce plan de régularisation annoncé officiellement aujourd'hui par Madrid
20:52et qui peut en bénéficier ?
20:56Écoutez, effectivement, le gouvernement espagnol a adopté un plan très ambitieux,
21:02un décret exceptionnel pour éviter les sous-brosseaux, disons,
21:07des débats parlementaires,
21:11et qui vise donc à régulariser environ 500 000 migrants sans papier.
21:17Alors, disons que les principaux dispositifs, c'est qu'à partir du 16,
21:22c'est-à-dire demain, nous avons l'ouverture des demandes en ligne,
21:31puis en fin avril, le dépôt commencera en présentiel des dossiers.
21:37Et donc, cela durera quelques trois mois pour permettre à tous ceux qui le désirent,
21:47évidemment, d'avoir une carte de séjour ou en tout cas un permis de séjour d'un an.
21:54Évidemment, il faut remplir un certain nombre de conditions.
21:57Tous les immigrants ne sont pas concernés.
22:01Ceux qui sont concernés, ce sont ceux qui sont en Espagne
22:06et qui peuvent faire valoir leur présence en Espagne avant le 31 décembre 2025.
22:14Avoir aussi un minimum de cinq mois de résidence minimale,
22:18et puis avoir un casier judiciaire vierge, j'allais dire,
22:23pour pouvoir postuler à ce titre de séjour.
22:30Donc, l'objectif en définitive, c'est de transformer une population déjà présente
22:35en travailleurs déclarés et intégrés.
22:39Et donc, je crois que ce projet qui est porté par le gouvernement de Pedro Sanchez,
22:47où cette initiative s'inscrit, j'allais dire, à contre-courant,
22:51il faut le rappeler, d'un contexte européen
22:55qui est dominé par le durcissement des politiques migratoires.
23:01Alors, justement, Hudaifa Amzian, justement, je rebondis sur cela.
23:06Pourquoi ce plan aujourd'hui en Espagne ?
23:10Est-ce qu'il y a une urgence ?
23:11Et qu'est-ce qui est attendu par ce plan ?
23:13Quel est l'objectif recherché par les autorités espagnoles ?
23:16Comme vous le disiez, c'est à contre-courant du reste de l'Europe
23:21en termes de politiques migratoires.
23:23Écoutez, le lancement de cette régularisation par le gouvernement espagnol,
23:30en fait, s'inscrit dans une conjoncture, effectivement,
23:34ou une conjonction de facteurs qui ont créé une véritable fenêtre d'opportunité
23:40pour le gouvernement espagnol.
23:41Sur le plan économique, d'abord, cette régularisation coïncide
23:46avec une phase de reprise économique,
23:48mais aussi avec des besoins urgents en main-d'œuvre.
23:51L'Espagne connaît une reprise économique importante,
23:53un taux de croissance contrairement à d'autres pays européens qui s'emballent.
23:58Et donc, il y a un certain nombre de besoins en main-d'œuvre,
24:04notamment dans un certain nombre de secteurs.
24:06Je pense au secteur de l'agriculture,
24:09je pense au secteur du tourisme,
24:14au secteur de transport,
24:17l'assistance des personnes âgées.
24:20Donc, voilà, il y a un certain nombre de métiers
24:23qui sont maintenant boudés par les Espagnols eux-mêmes,
24:25de souche, et où on retrouve essentiellement une population de migrants
24:31qui occupent ces postes.
24:33Mais, comme ils travaillent dans l'informel,
24:35cela fait une perte sèche pour l'économie espagnole
24:38en termes de rentrée sur le plan social,
24:41de sécurité sociale,
24:43en termes de rentrée fiscale.
24:48Donc, Houdaïf Hamzian,
24:50vous soutenez que c'est principalement un besoin économique aujourd'hui
24:54pour l'Espagne.
24:55Quelles pourraient être les contraintes administratives
24:59ou juridiques face à la mise en œuvre de ce plan ?
25:03Écoutez, avant de répondre à cet aspect des contraintes,
25:08il n'y a pas que le facteur économique,
25:10il y a aussi un facteur démographique.
25:12Nous savons que l'Europe, de manière générale,
25:14et l'Espagne en particulier,
25:16connaît un contexte de vieillissement de la population.
25:21Et donc, le gouvernement cherche ainsi,
25:23à travers cette politique de régularisation,
25:29à anticiper des déséquilibres structurels
25:32en agissant rapidement plutôt qu'en différant la réforme.
25:36Donc, le timing est également politique,
25:38j'allais dire, face à une polarisation croissante du débat migratoire,
25:42le gouvernement de Pedro Sánchez cherche à reprendre une initiative
25:46et à imposer son agenda et à consolider son électorat.
25:51Le recours à un dispositif exceptionnel permet en outre
25:54de contourner les blocages parlementaires
25:56et d'éviter l'enlisement institutionnel.
26:00Voilà.
26:00Maintenant, pour ce qui concerne les contraintes,
26:02effectivement, et les enjeux d'un plan qui est ambitieux,
26:08il y a une contrainte d'abord administrative,
26:10parce qu'accepter ou régulariser quelques 500 000 d'emblée en trois mois,
26:18ça va être un challenge très, très difficile à réaliser.
26:21À mon sens, la régularisation de centaines de milliers de personnes
26:25va constituer un défi logistique considérable
26:28et va impliquer le traitement massif de beaucoup de dossiers
26:31et la vérification de critères, la délivrance de titres, de séjour, etc.
26:35Donc, l'administration, espagnole en tout cas,
26:39si elle veut réussir, qui est déjà sous pression,
26:42devra renforcer ses moyens humains, techniques, logistiques
26:46et le principal risque, à mon sens,
26:49il réside dans un engouement, dans un engorgement bureaucratique
26:53qui est susceptible de retarder, en tout cas, les effets attendus.
26:57Il y a aussi des enjeux juridiques européens.
27:00Cette initiative peut générer des tensions avec certains partenaires européens
27:04qui sont très frileux vis-à-vis de la question immigratoire.
27:10Nous le voyons, nous le suivons dans des pays comme la France,
27:14l'Italie ou les pays nordiques.
27:16Et donc, elle soulève également des défis juridiques internes,
27:19notamment en cas de contestation des critères d'éligibilité.
27:22Donc, voilà, il y a, disons que le débat aussi sur l'appel d'aires migratoires,
27:29l'un des arguments sont trop des opposants,
27:32parce qu'il y a une opposition très importante de la droite
27:37et de l'extrême droite espagnole à ce projet de Sanchez,
27:41président du gouvernement espagnol.
27:44C'est de risque de voir persister des situations de précarité,
27:48de marginalisation, malgré cet effort de généralisation ou de régularisation
27:54qui ne va pas, même s'il est ouvert à 500 000,
27:58mais peut-être que les 500 000, tout ce qu'ils ont déposé,
28:01ils déposeront leur dossier, ne seront pas admis forcément
28:05parce que les conditions, peut-être, ne seront pas remplies par tout le monde.
28:10Et donc, voilà, je crois qu'il y a un problème à ce niveau-là.
28:16Oui, Houdaïfa Hamzen, vous avez parlé donc des risques qui existent aujourd'hui,
28:22des contraintes potentielles.
28:24Il y a aussi le coût financier.
28:26Quel est aujourd'hui le coût économique plutôt estimé
28:30de cette régularisation pour l'Espagne,
28:32sachant que, comme vous l'avez dit, pour le gouvernement de Pedro Sanchez,
28:36cette régularisation est plutôt nécessaire pour l'économie espagnole
28:40et qu'elle va apporter au contraire à la croissance espagnole.
28:46Tout à fait.
28:47Je crois que ceux qui disent que le gouvernement Sanchez
28:54cherche à élargir son électorat, en fait, ils sont dans l'erreur
28:59parce que cette régularisation, nous savons que le vote des migrants
29:04n'est pas automatique.
29:05Ce n'est pas parce qu'on a une carte de séjour d'une année
29:08ou de deux ans ou de trois ans que l'on peut voter
29:11et qu'on peut être, en tout cas, faire partie de l'électorat espagnol de gauche.
29:20Je crois que le vote dépend de la nationalité
29:25et la nationalité pour être acquise, il faut encore des années
29:29pour pouvoir l'avoir.
29:30Mais disons que s'il n'y a pas, à court terme,
29:33cette régularisation va engendrer des couliers à la gestion administrative
29:41des dossiers et à l'intégration des bénéficiaires,
29:43mais je crois que c'est à moyen et long terme
29:45qu'il devrait générer des gains importants,
29:48une augmentation notamment des recettes fiscales,
29:50parce que l'intégration, la sortie de cette population
29:53du secteur informel vers le secteur formel
29:59va pouvoir générer des recettes fiscales importantes,
30:02des recettes aussi des cotisations sociales
30:04et va réduire le travail informel
30:07et va soutenir de facto la croissance.
30:11Donc, c'est pourquoi le gouvernement adopte une logique,
30:15j'allais dire, d'investissement social à moyen et long terme
30:18et qui aura inévitablement, à mon sens,
30:21des bénéfices futurs et importants pour l'économie espagnole.
30:26Alors, Hudaïfa Hamzian, vous l'avez évoqué brièvement tout à l'heure,
30:29en quoi cette politique migratoire espagnole
30:31se distingue-t-elle de celle menée par d'autres pays européens
30:36et qu'est-ce qu'elle nous dit aujourd'hui de l'Espagne, de Madrid ?
30:41Écoutez, je crois que c'est une vision,
30:45c'est une politique qui contraste avec justement la peur
30:48que nous remarquons à l'échelle européenne du fait migratoire.
30:55Je crois que l'Espagne a été très sage et intelligente
30:59et a pesé le pour et le contre
31:02et anticipe un certain nombre de problèmes
31:04qui vont acculer les autres pays
31:07à prendre des décisions comme celles
31:09qu'a pris le gouvernement de Sanchez.
31:12D'abord, le vieillissement de la population,
31:15le fait démographique est là, il est inévitable,
31:17on n'y peut rien et donc de plus en plus de pays
31:22connaissent un vieillissement de la population
31:25et la pyramide des âges est en train de s'inverser.
31:30Et donc, pour soutenir la croissance à moyen,
31:33à court, moyen et long terme notamment,
31:35nous avons, en tout cas l'Europe,
31:37a besoin d'intégrer ces ressortissants
31:41qui sont de toute façon,
31:42on ne peut pas arrêter le flux migratoire.
31:45C'est quelque chose de naturel.
31:48Depuis que le monde existe,
31:52nous avons ces flux migratoires,
31:55ces mouvements, ces mobilités des populations,
31:57on ne peut pas les arrêter.
31:58Donc, autant être sage, être intelligent
32:03et intégrer ces gens-là.
32:06Évidemment, l'intégration ne se fera pas automatiquement.
32:09C'est le challenge auquel va faire face
32:13le gouvernement Sanchez et les gouvernements espagnols
32:16pour l'avenir,
32:17c'est de pouvoir accompagner ces gens-là,
32:19réussir, se donner les moyens humains, matériels
32:23et logistiques pour que cette intégration se fasse
32:27dans les règles de l'art
32:28et qu'elle puisse être un exemple pour les autres pays
32:31pour dissiper leur peur de ce fait migratoire
32:34qui, en définitive, est quelque chose,
32:36c'est une richesse, j'allais dire,
32:38c'est une chance pour l'Europe
32:41pour pouvoir pérenniser la croissance dans le temps.
32:47Houdaïfa Amzian,
32:48ancien président de l'université Abdelmalik Sedi,
32:52merci d'avoir accepté notre invitation aujourd'hui,
32:54d'avoir répondu à nos questions.
32:56Merci à vous.
32:59Et tout de suite, c'est votre capsule économique
33:03avec Younz Benzemi.
33:13À la une de l'actualité économique de ce mercredi au Maroc,
33:17l'approvisionnement du marché reste globalement maîtrisé.
33:21Le ministre de l'Industrie et du Commerce,
33:23Riyad Mezzur, se veut rassurant
33:25malgré un environnement international marqué par de fortes tensions.
33:28Selon lui, la situation demeure stable
33:31pour l'essentiel des produits de base.
33:33Le gouvernement suit de près l'évolution des stocks
33:35à travers une commission de veille
33:37couvrant aussi bien les produits énergétiques
33:39que les entrants alimentaires et industriels.
33:41Si quelques difficultés persistent,
33:43notamment sur les carburants
33:45et certaines denrées affectées par les conditions climatiques,
33:48des solutions sont en place pour en limiter l'impact.
33:51L'exécutif affirme maintenir sa mobilisation
33:54pour soutenir le pouvoir d'achat.
33:56Des mesures sont déployées pour rétablir l'équilibre
33:59entre production et approvisionnement,
34:01même si la hausse des prix continue de peser sur les ménages.
34:08Direction l'Europe à présent en France.
34:10L'inflation a nettement accéléré au mois de mars,
34:13portée principalement par la flambée des prix de l'énergie.
34:16Les prix à la consommation ont progressé de 1% sur un mois
34:19et de 1,7% sur un an,
34:22selon l'Institut national de la statistique et des études économiques.
34:25Cette hausse s'explique surtout par l'envolée des produits pétroliers,
34:30en lien avec les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
34:33Sur un an, la dynamique reste dominée par l'énergie,
34:36même si certains prix comme l'électricité ou le gaz reculent.
34:40L'inflation sous-jacente, elle, demeure contenue,
34:43signe d'une pression encore limitée hors éléments volatils.
34:49Toujours en France, le gouvernement revoit légèrement à la baisse
34:52ses perspectives économiques.
34:55La croissance est désormais attendue à 0,9% cette année,
34:58contre 1% auparavant,
35:00dans un contexte marqué par les incertitudes liées à la guerre au Moyen-Orient.
35:04Malgré ce léger ajustement,
35:06l'exécutif estime que l'impact sur l'activité reste modéré,
35:11grâce notamment à une meilleure indépendance énergétique.
35:14En revanche, l'inflation est revue à la hausse à 1,9%,
35:18sous l'effet de la hausse des prix de l'énergie.
35:20Dans ce contexte incertain,
35:22le gouvernement maintient son objectif de déficit en public à 5% du PIB cette année,
35:28tout en reconnaissant des risques élevés.
35:31La volatilité des prix de l'énergie pourrait en effet peser davantage
35:35sur la croissance et alourdir le coût de la dette.
35:40Cap sur les États-Unis.
35:42L'inflation à la production a poursuivi sa hausse en mars,
35:45atteignant 4% sur un an.
35:47Un niveau inédit depuis trois ans,
35:49même s'il reste inférieur aux attentes des analystes.
35:53Cette progression est largement tirée par l'énergie,
35:55avec une forte augmentation des prix des carburants.
35:58Le prix de l'essence à la pompe a nettement grimpé
36:01depuis le début du conflit au Moyen-Orient,
36:03contribuant à la hausse globale des coûts de production.
36:06En revanche, certains signaux sont plus modérés.
36:09Les prises alimentaires reculent,
36:11ce qui permet de contenir partiellement l'inflation.
36:14Sur un mois, la hausse reste stable à 0,5%,
36:18traduisant une pression toujours présente, mais maîtrisée.
36:24Enfin, en Asie, le FMI ajuste ses prévisions pour la Chine.
36:28La croissance est désormais attendue à 4,4% en 2026,
36:32un léger recul qui confirme le ralentissement
36:34de la deuxième économie mondiale.
36:36Malgré les mesures de relance et l'assouplissement
36:39des tensions commerciales avec les États-Unis,
36:42plusieurs facteurs structurels continuent de peser.
36:44Le secteur immobilier est toujours en difficulté
36:47et le ralentissement de la productivité
36:49freine la dynamique économique.
36:50Plus largement, le FMI souligne que le conflit au Moyen-Orient
36:54affecte l'ensemble des économies asiatiques émergentes.
36:58À l'échelle mondiale, la croissance pour cette année
37:00est revue à la baisse à 3,1% dans un contexte
37:04marqué par les incertitudes énergétiques.
37:10Et c'est le moment culture de ce carrefour
37:14avec Marine Premlitchi qui reçoit aujourd'hui Khalil Bouanani.
37:18Il est galériste.
37:30Mesdames et messieurs, bonsoir et bienvenue
37:32dans notre rendez-vous culture.
37:34Exposé Thibaré Cantor, c'est orchestrer une rencontre
37:38entre la matière brute et le sacré.
37:40Dans ses œuvres, le papier est travaillé comme une peau
37:43et devient le réceptacle de nos émotions les plus enfuies.
37:46On y retrouve cette alchimie unique, ce dialogue entre la fibre végétale
37:51et le pigment qui fait de chaque pièce une œuvre organique, vivante, presque vibrante.
37:57Mais pour que ses œuvres rencontrent leur public, il faut un regard, une passerelle, un complice.
38:04Et ce complice est aujourd'hui avec nous ici ce soir.
38:08Il connaît chaque nuance, les dessous de chaque exposition et la vision de l'artiste mieux que quiconque.
38:13Khalil Bouanani, galeriste, passionné.
38:16Vous êtes notre invité ce soir.
38:19C'est un plaisir de vous recevoir.
38:20Merci Madame Khamlechi pour cette invitation.
38:24C'est un grand honneur pour moi d'être parmi vous pour venir parler de culture,
38:31spécialement d'art plastique et surtout de l'exposition qui est en vue de cet artiste.
38:40Il y a un acteur majeur de la scène plastique en Maroc, Thibaré Cantor.
38:48Thibaré Cantor, on va parler de cette exposition qui débute le 16 avril.
38:57Une exposition dans laquelle il va y avoir un certain nombre d'œuvres de l'artiste en question.
39:04Comment s'est fait, s'est opérée la sélection ou le choix des œuvres qui vont être exposées ?
39:11Est-ce qu'il y a une thématique particulière ?
39:14Il faut savoir que la relation avec l'artiste est une relation très complexe.
39:20D'abord, c'est un partenariat qui se base sur une confiance mutuelle,
39:25parce qu'il s'agit de respect d'engagement, de délai.
39:29Et puis après, il faut respecter l'artiste.
39:32L'artiste n'est pas un créateur comme tout le monde.
39:35Ce n'est pas un automate.
39:37Ce n'est pas quelqu'un à qui on peut dire qu'il va falloir fabriquer telle chose.
39:41Et donc, en général, c'est un projet.
39:43C'est un projet de création comme pour un réalisateur de films.
39:48C'est un projet qui peut s'étendre sur un an et demi, sur deux ans.
39:53Donc d'abord, on va faire mûrir un peu l'idée.
39:57Puis après, souvent, il est très compliqué de parler de thématique dans ce genre d'exposition.
40:06Parce que l'artiste, il va créer à partir de ses inspirations.
40:12C'est l'élément moteur.
40:14Il faut justement attendre qu'il y ait cette bonne inspiration.
40:17C'est pour ça qu'en général, on ne fige pas trop le temps.
40:20Sinon, on va être un petit peu en face plutôt d'un artisan que d'un artiste.
40:26Il fut un temps, peut-être jusqu'à la fin du XXe siècle,
40:30où on pouvait commander des choses à un artiste.
40:33Aujourd'hui, l'artiste est un acteur de sa propre création.
40:37Donc en général, on discute suffisamment tôt, une année, une année et demie.
40:42Et plus le projet va avancer,
40:45puis après, on commence un petit peu à visualiser le projet lui-même
40:50et on commence à faire la planification.
40:53D'accord.
40:53Donc une exposition qui n'a pas forcément de thématique,
40:57mais il peut toujours y avoir un fil conducteur d'une œuvre à l'autre.
41:02Oui, souvent, les artistes, c'est des artistes qui sont engagés sur des sujets.
41:07On n'ose pas trop leur demander.
41:11En fait, une œuvre d'art, c'est chacun qui va la lire comme il le souhaite.
41:16C'est ce qui fait la magie, justement.
41:17C'est ce qui fait la magie.
41:18On peut bien sûr, s'il y a un événement important,
41:21par exemple pour un événement national ou un événement très particulier,
41:25on peut peut-être, l'artiste peut venir contribuer.
41:29Mais d'ici à venir parler totalement sur un sujet,
41:35ça peut arriver, mais ce n'était pas le cas ici.
41:37Ce n'est pas souvent le cas.
41:39On sait que les œuvres de Tibor et Cantor sont très organiques, presque fragiles.
41:46Mais comment avez-vous un petit peu agencé l'espace ou choisi l'espace ?
41:53C'est une très, très bonne question parce que ça aussi, ça fait partie du projet.
41:58D'abord, nous, on a un très grand espace.
42:01On a des hauteurs qui permettent de représenter des toiles qui font de grandes envergures,
42:06qui font jusqu'à 4 mètres de hauteur et jusqu'à 10 mètres de largeur.
42:11Donc déjà, on a cette contrainte de dimension qui est levée.
42:18Et par conséquent, compte tenu quand même de cet espace
42:22et du nombre de toiles qui vont être créées,
42:25en général, on se met plus ou moins d'accord,
42:29sans trop de limites, encore une fois, il ne faut pas trop limiter l'artiste,
42:32pour lui dire un petit peu quel genre de toiles, etc.,
42:35qui vont venir un petit peu habiller les murs de la galerie.
42:39En tout cas, en tant que galeriste, comment accompagnez-vous justement des artistes
42:44et des artistes comme Tibaré Cantor, qui a déjà une renommée immense ?
42:52Alma Art Gallery, qui a à peu près environ plus d'un an d'existence,
42:58elle a une mission principale.
42:59C'est celle de faire venir découvrir des artistes qui ont déjà une certaine légitimité
43:08et qui sont reconnus, mais que souvent, pour des raisons ou une autre qui leur sont propres,
43:14n'ont pas souvent été exposées dans des galeries existantes.
43:18Et donc nous, on va venir à côté de ces galeries,
43:20faire un petit peu briller ces artistes qui ont beaucoup de talents,
43:25qui souvent sont un petit peu avancées dans l'âge.
43:29On est sur des moyens d'âge de 70 ans et plus.
43:32Et mon souhait, c'est de les faire découvrir aux futures générations.
43:37On va tous partir demain.
43:39Peut-être que j'aimerais bien que les gens les rencontrent de leur vivant
43:42et de venir voir ce qu'ils font.
43:44Voilà, c'est un petit peu ça.
43:45Donc on a une liste d'artistes qu'on a déjà représentés,
43:50dont Bouchaïb le Hebbouli, Dibéji.
43:53Récemment, on a exposé neuf artistes des beaux-arts de Tchétouan,
43:59dont la première dame diplômée, dont l'âge dépasse 80 ans.
44:03Voilà, les gens sont venus pour découvrir ça.
44:04C'est un petit peu notre mission.
44:07Bien sûr…
44:08C'est un travail de toute une vie, en fait.
44:10Bien sûr, c'est un travail de…
44:11Vous pouvez exposer.
44:11Oui, exactement.
44:12C'est un travail d'une vie.
44:14Et je trouve quand même que c'est dommage que nous, les Marocains,
44:19on ne connaisse pas nos artistes,
44:21surtout quand ils ont globalement 60 ans, voire plus d'années d'expérience.
44:28Ils ont beaucoup de choses à apporter à cette jeunesse, justement.
44:32Voilà. Justement, la jeunesse n'est pas en reste.
44:35Elle n'est pas oubliée par la galerie.
44:37On essaie de faire un peu…
44:39On n'a pas encore commencé le programme,
44:41mais notre vision est de faire exposer, de temps à autre,
44:44à côté de chaque artiste, une toile ou deux,
44:47pour que ces jeunes viennent se frotter aux techniques de leurs seniors, etc.
44:54Mais aussi que les plus expérimentés puissent aussi être au courant,
45:01au courant de ce qui se pratique aujourd'hui.
45:03Il ne faut pas croire que la jeunesse n'est pas porteuse de créations exceptionnelles.
45:12Mais il faut quand même créer ce mélange.
45:15Il y a cet échange, en fait, ce partage.
45:17Cet échange, un petit peu, ça permet aussi de préserver le patrimoine national.
45:21Absolument.
45:21Qu'on imagine souvent le galeriste comme une personne qui est entourée d'œuvres d'art.
45:26Mais c'est aussi un métier à part entière.
45:29C'est un métier de terrain et de gestion.
45:32Parlez-nous de ce métier, de ce qu'on ne nous dit pas là-dessus.
45:35– Effectivement, c'est un métier.
45:38D'abord, une galerie d'art, il y a plusieurs types de galeries d'art.
45:44Essentiellement, on va parler d'une galerie d'art commerciale
45:47dont le rôle est de faire la promotion d'un certain nombre d'artistes qu'elle va choisir.
45:54Il faut savoir que le galeriste, comme le réalisateur de films,
45:59comme un éditeur, c'est quelqu'un qui prend des risques.
46:02Parce que de toute façon, il investit, il investit dans la phase…
46:05Des fois, il peut intervenir même dans la production.
46:09Il va investir dans la promotion, dans la logistique, dans le transport,
46:12dans l'assurance, dans l'équipement de la galerie, etc.
46:16Le coût de gestion qui…
46:18Et donc, tout ça, ça a des coûts.
46:20Et donc, en général, son objectif, c'est de rentabiliser,
46:24ne serait-ce que l'investissement.
46:26Non, parce que le premier est quand même concerné,
46:32c'est surtout l'artiste qui doit quand même être rémunéré.
46:34Il vit essentiellement de ça.
46:36C'est le cas aussi des galeristes qui restent un acteur de l'industrie culturelle de premier ordre.
46:44Et donc, le fonctionnement, c'est un fonctionnement de production
46:48qui est assuré par l'artiste
46:51et une activité de promotion, de distribution et de commercialisation
46:55qui est assurée par la galerie.
46:57Et comme tous les projets de ce genre,
47:01il y a des risques, il y a des coûts,
47:03il y a des risques de plusieurs natures.
47:06Il y a des risques financiers,
47:07mais il y a des risques de gestion de projet.
47:10On s'engage sur des délais, etc.
47:12Il y a des moments de doute, j'imagine.
47:14Il y a des moments de doute, il y a des relations.
47:16C'est pour ça que je parlais tout à l'heure,
47:17qu'il faut y avoir une relation de confiance,
47:19ne serait-ce que pour réduire ce genre de risque.
47:22– Dans un monde de plus en plus numérique, numérisé,
47:25quel est aujourd'hui le rôle d'un lieu, d'un espace physique
47:29comme une galerie pour la visibilité d'un artiste ?
47:33Et est-ce que ce passage est toujours obligé, on va dire ?
47:38– Le passage n'est pas obligé, rien n'est obligé.
47:42D'ailleurs, dans le monde de l'art, dans le monde entier…
47:44– Obligé pour exister, dans ce sens.
47:46Est-ce qu'on a besoin de…
47:48– Oui, j'ai très bien compris.
47:49En fait, les artistes, ils ont toujours existé,
47:51ils continueront d'exister, même s'il n'y a pas de galerie.
47:56Il n'y a pas qu'en Maroc, mais partout dans le monde,
47:59les artistes peuvent faire le travail eux-mêmes,
48:03de promotion, ils ont souvent leur atelier,
48:06les clients peuvent aller les rendre visite.
48:09Ce n'est pas tout à fait la même chose quand on a des métiers spécialisés
48:14où chacun a un rôle précis.
48:16Bien sûr, il y a la place des outils numériques,
48:23des réseaux sociaux ou bien d'autres ventes en ligne qui ont pris une place.
48:28Aujourd'hui, si on prend le dernier rapport de Bâle sur le marché de l'art,
48:32le numérique, il touche à peu près entre 15 et 20%, pas plus.
48:36Et ça, ça fait depuis des années.
48:39Parce que quand même, aller visiter une galerie, elle-même, c'est une sortie,
48:44c'est un moyen de discuter, c'est un espace d'échange.
48:47En plus, nous, par exemple, notre espace, on fait vivre les expositions,
48:51on organise des conférences, on a reçu Fouad l'Agroui,
48:55on a reçu Soumy en Amin Ksous, on a fait pas mal de conférences.
48:59C'est pour faire venir d'abord les amoureux des conférences,
49:03pour qu'ils découvrent l'étoile, ça permet un petit peu d'élargir
49:07le cercle des appréciateurs de l'art.
49:11Et puis, j'imagine qu'être en présence physique d'une œuvre d'art,
49:14ça n'a rien à voir que de regarder cela sur un écran,
49:17ce n'est pas la même émotion qui est suscitée…
49:20– Tout à fait, exactement, parce que d'abord, les acquéreurs,
49:25il y a plusieurs types, il y a les spéculateurs, il y a les investisseurs,
49:29mais il y a quand même ceux qui sont les amoureux de l'art, en fait, on ne peut pas…
49:33– Est-ce que vous avez aussi comme rôle le fait d'éduquer un public,
49:40justement, à la magnificence de l'art, aux différentes formes d'art qui existent ?
49:49– C'est déjà un lieu de rencontre entre un artiste et son public,
49:54mais aussi c'est une manière d'éduquer un petit peu la jeunesse actuelle ?
49:58– En fait, notre rôle, quand c'est un peu fixé,
50:03c'est de permettre, de contribuer un petit peu à cette dynamique qui existe…
50:08– Ce rayonnement, en fait…
50:09– Voilà, le Maroc connaît depuis, on va dire, depuis une vingtaine d'années,
50:13une dynamique très très forte dans le marché de l'art,
50:18par l'ouverture de plusieurs galeries,
50:21et donc notre rôle, c'est de venir un petit peu apporter notre contribution,
50:25minime soit-elle, en fait.
50:27Le but, c'est de ne plus rester dans l'état d'avant,
50:31et d'avancer même d'un millimètre, c'est déjà ça de gagner.
50:34– Et ça, on le fait en essayant de recevoir le maximum de gens,
50:39et de demander aux gens de venir visiter les galeries.
50:42On peut acheter comme on peut visiter, l'objectif n'est pas forcément…
50:46On ne peut pas développer le marché d'acquisition,
50:50si au préalable, on n'a pas développé un marché de regard, comme vous dites.
50:55C'est vrai qu'il faudrait que chacun éduque son regard,
50:58et le regard, ça se fait automatiquement,
51:00à force d'ouvrir la porte et de rentrer dans une galerie,
51:03de regarder des toiles.
51:05Un jour ou l'autre, on tombera sous le charme d'une toile,
51:08et on commencera à se poser des questions.
51:09– Un métier qui demande en tout cas beaucoup de passion,
51:11très rapidement, parce qu'on a terminé,
51:13mais est-ce que vous avez un événement à nous annoncer,
51:16un autre événement, un autre artiste,
51:18qui devrait prochainement exposer dans votre galerie ?
51:20– On a tout un agenda qui est arrêté jusqu'en 2028,
51:24et en général, on ne communique pas tout à fait,
51:28parce qu'on ne sait pas comment les choses peuvent évoluer.
51:31On vit sous un nuage de contraintes, comme n'importe quel projet.
51:35– Merci à vous, Khalil Bouhounani.
51:36C'était un plaisir de vous avoir comme invité ce soir.
51:38– Merci beaucoup.
51:39– C'est la fin de l'invité culture pour ce soir.
51:41Je vous souhaite une très bonne soirée.
51:47– Voilà ce qui marque la fin de ce carrefour d'informations.
51:51Merci de votre attention.
51:52– Sous-titrage ST' 501
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