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MEDI1TV Afrique : "New Dawn" : Zoom sur le nouvel EP de Kali G - 12/04/2026

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00:00C'est avec un énorme plaisir que je vous retrouve sur Armédia TV pour notre escale culture au cœur de
00:17l'Afrique.
00:17Et bien sûr, comme à notre habitude, nous parlerons de tout ce qui fait l'actualité culturelle ou encore artistique
00:24sur notre continent cinéma, littérature.
00:27D'ailleurs, dans un instant, nous parlerons art, l'art du recyclage de la mémoire avec Romuald Hazoumé, mais pour
00:34l'heure, place à être invité du jour.
00:43Et aujourd'hui, nous allons parler musique, musique électro, plus précisément, avec un jeune talent incontournable de la scène électro
00:54marocaine,
00:56Khalil Bumallem, alias Khaliji. Il est avec nous. Bonjour Khalil.
01:01Bonjour Lala.
01:03Merci d'être avec nous. C'est un plaisir que de vous recevoir aujourd'hui dans l'Afrique en culture.
01:10Donc, on parle de musique électro.
01:14Et c'est vrai que vous avez sorti un nouvel EP, donc New Down.
01:21Et avant d'en parler dans quelques instants, plus en détail peut-être, comment a commencé pour vous cette aventure
01:29avec la musique électronique ?
01:31Et justement, pourquoi la musique électronique n'est pas un autre type de musique ?
01:36Bonjour, merci pour votre invitation, d'abord.
01:40En fait, c'est un album, c'est pas noté.
01:43Excusez-moi, je vais vous corriger.
01:45C'est un album qui est né d'un moment de transition.
01:49Et il est composé de neuf morceaux.
01:52Chaque morceau raconte une histoire.
01:55Et les neufs histoires sont liées par un pays du conducteur.
01:59C'est un album très émotionnel et très immersif, en fait.
02:04– Et c'est vrai que, voilà, quand on parle de musique électronique, parfois, nous, publics, spectateurs, auditeurs,
02:15eh bien, c'est vrai qu'on a du mal à savoir comment mener un morceau de musique électronique.
02:21C'est de la musique plus classique, entre guillemets, de la pop, bref, du harry-de-bu ou peu importe.
02:25On imagine un peu le processus.
02:28Mais c'est vrai que là, parfois, il n'y a pas de parole, souvent même.
02:31Et donc, comment ça se passe pour toi, en fait, ce processus, Relil ?
02:36– Exactement. Surtout sur cet album, à part un morceau, il n'y a pas de parole sur les créations.
02:45Et ça permet d'inviter la personne qui écoute le morceau à voyager.
02:55C'est pour ça que c'est un album vraiment très immersif.
02:57Par exemple, je commence par le premier morceau qui a été le morceau déclencheur de cet album.
03:05En fait, c'est un morceau que j'ai fait en hommage à mon papa, avec moi.
03:10Après son décès, j'ai eu vraiment du mal à me remettre en studio, à me remettre à la composition,
03:15puisque j'ai toujours associé la musique à la joie, à la célébration.
03:21Et ce morceau m'a permis de me réconcilier avec la musique, avec la création, en donnant hommage à mon
03:32papa.
03:33Et c'est le premier morceau de l'album qui s'appelle Astatia et le pré-papa.
03:37Donc, la vérité, le processus sur cet album a été purement émotionnel.
03:44Et chaque morceau décrit un état d'esprit, un moment.
03:49Un état d'esprit, et on parle de choses quand même très lourdes.
03:53On parle de deuil, on parle de pertes de personnes très chères.
03:58Ton papa l'album, justement, et tu le disais tout à l'heure, c'est un album de transition.
04:04C'est vrai qu'on a du mal à imaginer que la musique électronique peut aider à guérir, peut être
04:09une catharsis.
04:10Est-ce que ça a été un peu pour toi le point déclencheur ?
04:14Tout à fait.
04:15C'est pour ça que je l'ai appelé Nudon, qui veut dire Nouvelle Homme.
04:21C'est un album qui décrit un nouveau départ.
04:24D'ailleurs, le deuxième morceau de l'album parle de ça.
04:29C'est inspiré d'un catharsis, d'un catharsis, sauf il y a du 4e siècle, qui s'appelle Al
04:34-Munterija,
04:35qui a été chanté par Abed Ibriyat, la Rahman.
04:38Il y a une phrase là-dedans qui dit
04:40C'est-à-dire qu'après chaque moment difficile, il y a toujours la lumière qui sort.
04:51C'était le deuxième morceau déclencheur de la suite de cet album.
04:58Et on a l'impression, vous nous en parlez spontanément, c'est vrai qu'on rentre déjà dans le vif
05:05du sujet,
05:06on a l'impression que votre album, donc Nudon, Nouvelle, suit une sorte de chronologie.
05:13Est-ce que ça a été pour vous, est-ce que c'était nécessaire de suivre cette chronologie ?
05:19Est-ce que les morceaux sont venus dans l'ordre dans lequel ils sont proposés ?
05:24Je vais vous être très sincère, la vérité, je me suis rendu compte de la chronologie de l'album
05:31qu'à la fin, en voulant donner les noms aux morceaux.
05:36En fait, par exemple, le troisième morceau, c'est un morceau que j'ai fait avec mon fils,
05:43qui avait cinq ans, je l'ai mis au studio juste pour expérimenter un peu les machines et tout.
05:50Et après, j'en ai fait un morceau.
05:52Après, il y a deux autres morceaux que je fais quand ma femme était enceinte,
05:58un autre qui est Serenata Maria que je dédie à la naissance de ma fille.
06:05Donc, c'est après la conception de tout l'album et en voulant donner les noms à chaque morceau,
06:11et je me suis basé sur la chronologie, effectivement.
06:14Et c'est là que je me suis rendu compte, en fait, que tout était lié.
06:19C'est, comme vous le disiez, un album émotionnel, une catharsis, une réconciliation, peut-être,
06:28avec vous-même à travers cet album et vos émotions.
06:32Et je voudrais savoir, donc là, c'est vraiment sur le côté émotionnel,
06:35mais sur le côté technique, entre guillemets, est-ce qu'il y a une ligne directrice ?
06:41Est-ce que vous vouliez que les morceaux se répondent en écho ?
06:45Ou vraiment, il y a chaque morceau à son identité sonore propre ?
06:50Tout à fait.
06:51Chaque morceau a sa propre identité.
06:54Chaque morceau a été inspiré d'un moment ou bien d'une musique que j'aime ou que j'ai
07:03entendue sur la radio,
07:05ou à un moment que j'ai entendu comme ça, par hasard.
07:09Les inspirations sont vraiment différentes sur chaque morceau.
07:12Et en plus, même les styles musicaux sur tout l'album sont totalement différents.
07:20Il y a le premier morceau qui est vraiment organique, très spirituel, très down-tempo.
07:28Il y a le deuxième qui est très deep-tech, un peu mental et aussi un peu spirituel.
07:36Et après, par exemple, Serenata Maria, c'est un morceau inspiré de Malaguénia,
07:46un morceau qui a été créé dans les années 60 et qui a vraiment des influences très hispaniques.
07:54Donc, il n'y a pas eu de règle au moment de la production de chaque morceau.
08:02C'est le moment, c'est l'inspiration du moment qui a fait la différence.
08:09Voilà, merci.
08:11Je voudrais savoir, peut-être avant de nous quitter, Khalil,
08:16si vous deviez résumer l'entièreté de cet album, donc New Dawn,
08:21quels sont les mots, les phrases, les sensations qui vous viennent en tête ?
08:28En fait, c'est un projet très personnel qui parle de différentes situations ou d'émotions humaines.
08:37Donc, je pense que c'est un album vraiment, comme la musique qui est un langage universel,
08:43c'est un album qui peut toucher n'importe qui,
08:46parce que c'est des situations par lesquelles tout le monde peut passer,
08:49tous les êtres humains passant par des moments de deuil, de joie.
08:55Donc, je pense que tout le monde peut se sentir dedans.
09:04Dedans et toucher.
09:05En tout cas, c'est vrai que c'est un album très complet et très riche, très dense.
09:10On sent que ça vient du cœur et des tripes.
09:13En tout cas, merci d'avoir été avec nous, Khalil, alias Khalidji.
09:17Merci infiniment.
09:18Merci à vous, madame, pour l'invitation.
09:21Merci, bonne journée.
09:31Et tout de suite, nous parlons art dans l'Afrique en culture avec Romuald Azoumé
09:35qui s'impose aujourd'hui comme une voix singulière de l'art contemporain africain,
09:40un artiste dont le travail capte immédiatement le regard,
09:43tout en invitant, bien sûr, à une réflexion plus profonde.
09:46Alors, à première vue, ces œuvres intriguent peut-être des masques façonnés
09:50à partir de simples bidons en plastique.
09:52Mais derrière cette apparente simplicité se cache une démarche artistique puissante
09:57en transformant ces objets du quotidien liés,
09:59notamment au transport informel d'essence en Afrique de l'Ouest.
10:03Azoumé leur donne une seconde vie.
10:05Il ne s'agit pas seulement de recyclage, mais d'une véritable métamorphose.
10:09Le déchet devient chez l'artiste porteur d'identité presque humain
10:13et raconte déjà une histoire, son histoire.
10:17On écoute tout de suite Romuald Azoumé.
10:22Ma pièce que j'appelle non-retour, c'est les résidus de la société de consommation.
10:28Des tongs qui ont été ramassés sur les 160 kilomètres de plage au Bénin.
10:34Le tour redevenant un symbole très bien connu,
10:38des Hachwendo, des Baluba, des Loulouas, du Kassai, du Zaï, des Dogon,
10:45de tous ces peuples qui ont considéré ce symbole
10:48comme le mouvement de l'âme, le symbole premier,
10:53l'infiniment petit, l'infiniment grand,
10:55le symbole de fertilité, de fécondité, de créativité.
11:02Pour moi, ça montre aujourd'hui l'intrusion dans le monde
11:07de cette universalité qui vient de partout en réalité.
11:10On a toujours considéré l'immigration comme l'immigration de l'Afrique vers l'Occident
11:15qui est le grand sujet dont tout le monde parle, mais c'est faux.
11:19Regardons simplement l'immigration chez nous déjà en Afrique.
11:23Il n'y a pas de différence, on ne voit pas l'étranger.
11:25On voit que des Noirs qui circulent chez des Noirs.
11:28Et c'est ça, normalement, le monde aujourd'hui.
11:31Donc, c'est pour dire aujourd'hui que par cette pièce-là,
11:35non, pas le choix.
11:36Donc, c'est pour ça que cette pièce s'appelle « Non, on retourne ».
11:38Nous devons avancer.
11:43Est-Africa, pour moi, c'est à la fois le passé, le présent,
11:48et ça sera le futur.
11:50L'art africain existait bien avant beaucoup d'art.
11:57Si on considère que c'est nous qui sommes à l'origine de tous les autres peuples sur la Terre.
12:03Donc, nous sommes les premiers.
12:05Donc, l'art africain a sa place.
12:08Et c'est ça, aujourd'hui, est l'Africa.
12:12Il faut dire que cette transformation des matériaux chez Romuald Azoumé
12:16ouvre naturellement sur une dimension plus politique.
12:20Car chez Azoumé, rien n'est neutre, finalement.
12:22Les bidons qu'il utilise les matériaux évoquent des réalités économiques dures,
12:27marquées par la débrouille, les inégalités et les circuits informels.
12:32Alors, l'artiste va plus loin en établissant un parallèle troublant entre ces objets,
12:36donc, transportés en masse et l'histoire de la traite négrière,
12:39sans jamais, bien sûr, tomber dans la démonstration frontale.
12:42Il suggère, interpelle, pousse à faire le lien entre passé et présent.
12:45D'ailleurs, son œuvre devient alors un espace de mémoire,
12:48mais aussi de dénonciation ou des déséquilibres entre continents
12:53et les formes modernes d'exploitation sont subtilement mises en lumière.
12:57On écoute tout de suite.
12:59Les pièces que je fais en utilisant ces objets doivent nous permettre
13:03de plus faire face à notre responsabilité.
13:05Quel est le rôle que nous avons joué dans l'esclavage et dans l'immigration aussi ?
13:10Il faut savoir que ces matériaux, comme le bidon,
13:12sont des objets d'aujourd'hui qui font le lien métaphorique
13:16entre le passé et le présent.
13:18Et le bidon symbolise simplement le peuple, le visage du peuple,
13:22le vrai visage du peuple.
13:23Et ce bidon vient du trafic d'essence entre le Nigeria et le Bénin.
13:27Ils ont le courage d'aller chercher 520 litres d'essence sur une mobilette
13:32et ils savent que peut-être en 10 minutes, ils sont morts
13:35parce que la moto peut prendre feu.
13:39Quand vous avez envie de dire la vérité aux gens,
13:42il faudrait le moyen le plus drôle pour pouvoir faire comprendre
13:45cette vérité que vous avez envie de leur dire.
13:47J'ai simplement voulu dire que le dé, il est pipé d'avance.
13:52Ces tongs-là que nous ramassons tous les jours au bord de la mer
13:54peuvent bien représenter toute cette masse-là que nous avons perdue.
13:58Tout ce peu de personnes qui cherchent à s'en sortir
14:00en pensant que l'Occident, c'est la solution.
14:03Et tout le monde a vu ce gamin qui est mort sur une plage pendant l'immigration.
14:08Mais à l'intérieur de cette place, j'ai mis des miroirs
14:10pour que nous tous, nous arrivions à nous regarder
14:12par rapport à l'immigration et par rapport à ce que nous faisons.
14:15Bidon armé pour moi, c'est le totem de la frustration
14:18parce qu'on abuse du peuple
14:20et qu'il faudrait faire très attention à toutes les décisions que nous prenons
14:24parce que ce peuple peut se réveiller un jour.
14:28Il faut savoir que le travail de Revenu Aldazoumé ne se limite pas
14:33à un contexte local puisque ce qui frappe, c'est sa capacité
14:37à toucher un public universel.
14:39Ses œuvres parlent d'identité, de circulation, d'écologie, de survie,
14:43des thèmes qui dépassent bien sûr largement les frontières de l'Afrique
14:46ou encore du Bénin.
14:47Sur la scène internationale, il s'inscrit dans un dialogue dit global
14:50tout en affirmant une signature profondément ancrée dans son histoire
14:54et sa culture et c'est sans doute là que réside la force
14:58de Revenu Aldazoumé et de son art
15:00puisque dans cette tension entre le local et l'universel,
15:04entre l'objet simple et le message complexe,
15:06une œuvre accessible au premier regard
15:07mais qui finalement révèle peu à peu toute sa profondeur.
15:12C'est un processus de rencontre normalement,
15:16de rencontre entre un objet, de la vie de tous les jours,
15:20les objets que je croise qui me parlent,
15:22parce que si ces objets ne me parlent pas, ça ne m'intéresse pas
15:25et ça mûrit dans ma tête pendant...
15:28ça m'assère, les autres...
15:29ça mûrit pendant longtemps
15:31et du jour au lendemain, je crée.
15:35Il ne faut pas grand-chose.
15:37Il ne faut pas grand-chose.
15:39Et c'est ça la force de l'art.
15:44Moi, j'ai simplement mis cette voiture face à un mur,
15:49en train de rentrer dans un mur comme s'il est déjà rentré dans le mur
15:52pour dire aujourd'hui, si on regarde la plupart de ce qui se passe en Afrique aujourd'hui,
15:57est-ce qu'on n'en va pas dans un mur ?
15:59Depuis des années, l'Afrique va dans un mur malgré ses richesses,
16:03malgré son sous-sol, malgré son pétrole, malgré l'uranium, malgré la brosite,
16:10on ne doit tendre la main à personne.
16:12C'est-à-dire que nous devons commencer déjà par nous-mêmes
16:15à faire les choses clairement.
16:23Et tout de suite, nous parlons cinéma avec Memories of Love Return,
16:29un documentaire qui suit l'histoire aussi simple qu'extraordinaire.
16:32En 2022, le réalisateur Tare Gouma Mbao Mouine
16:36est en panne dans une petite ville d'Ouganda, Birizi.
16:41En attendant la réparation de sa voiture,
16:43il découvre le studio du photographe Kibaté Aloysius Salongo.
16:47Depuis les années 50, a immortalisé la vie quotidienne
16:50de toute une communauté.
16:52Cette rencontre accidentelle se transforme
16:55en une quête de plus de 20 ans, préserver ses milliers d'images,
16:58retrouver les personnes photographiées
17:00et redonner vie à une mémoire collective oubliée.
17:02Un film qui repose entièrement sur le hasard,
17:05est un élément presque fondateur dans sa symbolique.
17:07En fait, en découvrant les archives de Salongo Mouine,
17:10il prend conscience de leurs valeurs historiques,
17:13personnelles et émotionnelles.
17:14Il décide alors de consacrer plus de deux décennies,
17:1720 ans, à collecter, numériser et comprendre ses images,
17:21construisant progressivement une œuvre à la fois documentaire et personnelle.
17:25On regarde tout de suite un extrait de la bande-annonce.
17:28Ça, c'est un extrait de la bande-annonce.
17:32Ça, c'est un extrait de la bande-annonce.
17:56It takes some really wonderful portraits. This one is great.
18:04Yes.
18:23You've taken photographs, I think very important photographs, but the way they're being taken
18:29care of, they won't last.
18:52I have never seen anything like this. Nothing, nothing like this.
18:59Looking at all these pictures, it's something else. This guy took very, very many pictures.
19:12It's just incredible seeing how it has moved the entire community.
19:21Memories of Love, a return, a long processus qui donne au film profondeur rare.
19:26Il ne s'agit pas seulement de raconter une histoire, mais de l'accompagner dans le temps.
19:31Le documentaire devient ainsi un projet de vie, tout simplement.
19:34Le réalisateur s'implique lui-même, mais en son regard d'artiste, à celui de photographe.
19:40L'organisation d'une grande exposition en plein air dans le village, moment clé du film, marque l'aboutissement de
19:45cette démarche.
19:47Rendre des images à ceux à qui elles appartiennent.
19:51Ce qui fait la force de Memories of Love Returned, c'est d'abord sa réflexion sur la mémoire.
19:56Ici, la photographie n'est pas seulement un art visuel, elle devient une manière de lutter contre l'oubli.
20:03Une archive vivante, chaque image agit comme une preuve d'existence.
20:06Cela a été, semble dire, le film et permet de reconnecter le présent à un passé parfois effacé ou fragmenté.
20:15Mais le film ne va plus loin qu'un simple travail d'archives.
20:18En retrouvant les personnages photographiers ou leurs proches, il transforme la mémoire en expérience vivante.
20:23Les individus redécouvrent les moments oubliés, les visages disparus, parfois même des secrets familiaux.
20:28Le documentaire capte alors des réactions authentiques, mélange ou à nostalgie, parfois même le trouble.
20:33En tout cas, la mémoire n'est plus figée, elle redevient mouvement, émotion et confrontation.
20:39Memories of Love Returned dépasse largement le cadre du documentaire biographique.
20:43C'est une œuvre sur la mémoire, avant tout la transmission et la dignité des vies dites ordinaires.
20:49Et en redonnant une visibilité à des histoires anonymes, le film affirme une idée essentielle.
20:54Même les existences les plus discrètes méritent d'être vues, reconnues et transmissables.
21:06Et avant de nous quitter, place au bruissement des ailes de Jaïli Amado Amel,
21:11qui s'inscrit dans la continuité de l'œuvre de l'autrice connue pour dénoncer les conditions des femmes
21:18dans les sociétés sahéliennes marquées par le poids des traditions et du patriarcat.
21:22Et dans le bruissement des ailes, le texte fonctionne comme une sorte de métaphore centrale,
21:29puisqu'il évoque une aspiration discrète mais persistante à la liberté fidèle à son écriture engagée.
21:36Amel met en scène des personnages féminins confrontés à des contraintes sociales très fortes,
21:40mariage imposé, silence, domination, qui traduisent une réalité encore largement présente dans certaines sociétés.
21:47On l'écoute ensuite.
21:49Pour moi, tout cela s'est fait de façon naturelle et continue de se faire de façon naturelle.
21:54Parler des femmes, pour moi, c'est pratiquement un devoir, en fait.
21:59Je le prends comme ça, parce que si moi, je n'en parle pas en tant qu'écrivain,
22:04qui va le faire à notre place ?
22:06Donc, nous sommes obligés, nous les femmes, évidemment, de dire ce qu'on ressent, de dire ce qu'on pense,
22:13de dire les difficultés qu'on vit en espérant, justement, pouvoir faire en sorte que les choses puissent changer.
22:19Donc, je ne me force pas, en réalité, pour écrire des livres sur la condition des femmes,
22:24pour évoquer différentes conditions et différentes difficultés que vivent les femmes.
22:30Donc, pour moi, tout cela se fait de manière assez naturelle.
22:34J'aime écrire sur les femmes.
22:36Je me sens proche d'elles, évidemment, je suis une femme aussi.
22:39Et puis, pour le moment, c'est ça qui m'inspire.
22:42C'est un devoir et je suis fière de le porter, évidemment.
22:46Fière, tout simplement, d'avoir pu être cette femme qui libère la parole,
22:50cette femme qui peut également être un modèle pour les jeunes filles,
22:54mais surtout cette femme qui ose briser les tabous, qui ose dire les choses telles qu'elles sont
22:59et telles que pensent toutes les femmes, d'être finalement, comme l'a surnommé la presse africaine,
23:05la voix de toutes ces femmes qui n'ont pas de voix.
23:07Quelque part, il faut juste voir l'humain qui est en nous et l'humanité qui nous rassemble.
23:16Et de se dire que quand il y a des conflits quelque part, quand il y a des guerres et
23:21autres,
23:22eh bien, c'est tout simplement les femmes et les enfants qui souffrent d'abord.
23:28Ça, finalement, c'est une remarque même assez banale.
23:33C'est dommage de dire ça, mais c'est comme ça que ça se passe partout.
23:38Bruce Mandézel, le dernier livre de Jaïli Amadou Amel à lire d'urgence.
23:45On arrive à la fin de l'Afrique en culture.
23:47Merci d'avoir été avec nous.
23:49C'est toujours un plaisir que de vous accompagner.
23:50Et puis, on se donne rendez-vous dès la semaine prochaine.
23:53Bonne histoire de faux.
24:02Sous-titrage Société Radio-Canada
24:03Sous-titrage Société Radio-Canada
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