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  • il y a 23 heures
« On est venus dire qu’il reste encore un peu d’humanité parmi nous. » À Saint-Denis (93), plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées contre le racisme, samedi 4 avril, à l’appel du nouveau maire Bally Bagayoko, ciblé par une vague d’attaques racistes sans précédent depuis son élection au premier tour des municipales.

Une foule compacte a manifesté dans le calme devant la mairie de cette ville populaire de banlieue, la deuxième plus peuplée de région parisienne après la capitale, aux côtés de syndicats, d’associations et de nombreuses personnalités politiques de gauche.

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Transcription
00:00Le peuple vivant sort dans la rue.
00:02Des milliers de personnes se rassemblent devant la mairie de Saint-Denis aujourd'hui
00:05pour soutenir Bali Bagayoko.
00:07Depuis son élection le 15 mars dernier,
00:09l'élu insoumis est la cible d'une vague d'attaques racistes sans précédent,
00:13principalement venant de l'extrême droite,
00:14via les réseaux sociaux et les chaînes d'info.
00:16Alors face à tout cela, la population de Saint-Denis,
00:18mais aussi d'ailleurs, a décidé de montrer massivement son soutien aux maires.
00:23Nous regarderons toujours les loraciques dans les yeux,
00:25parce que nous n'avons pas peur.
00:27Nous sommes cette France qui résiste,
00:28nous sommes cette France qui reclame l'art, l'égalité.
00:32Quel message vous êtes venu envoyer au maire ?
00:35Un message de ce genre.
00:36Il reste encore un peu d'humanité parmi nous,
00:38et ce qu'on est venu montrer aujourd'hui.
00:40Dire stop à ce racisme décomplexé,
00:43et au fait qu'un élu de la République ne peut pas être traité comme ça.
00:47C'est la première fois que je participe à ça,
00:50et je trouvais important que je fasse son fils de présence,
00:53et pour moi, et pour mon psy.
00:56Et ça donne un peu d'espoir pour tout un chacun, je crois.
01:00Depuis trois semaines, rien n'a été épargné à Bali Bagayoko.
01:03Tout a commencé par la déformation de ses propos,
01:05la ville des rois et du peuple vivant,
01:07devenant pour certains la ville des noirs.
01:10Quand le nouveau maire de Saint-Denis,
01:11ça n'est pas la ville des rois,
01:12dit que ça n'est pas la ville des rois,
01:13c'est la ville des noirs.
01:14Non, ce n'est pas fait !
01:15Non, ce n'est pas fait !
01:16C'est très, très grave !
01:17Sur ce plateau, il y en a qui rappelaient que,
01:18évidemment, Saint-Denis, c'était la ville des rois.
01:21La ville des rois et du peuple vivant.
01:22Puis, toutes ces premières prises d'opposition politique,
01:25assez classiques pour un élu de gauche de banlieue,
01:27comme la valorisation de la diversité dans sa ville,
01:30la dénonciation des discriminations
01:31ou de la gentrification,
01:33ont donné lieu à toutes sortes de réactions outrancières.
01:36Voici quelques exemples.
01:37On a un chef politique qui nous dit
01:39« je suis séparatiste, en fait ».
01:41Il ne le dit pas tout à fait comme ça,
01:43mais c'est ça que ça veut dire.
01:44Je suis châtain, aux yeux verts,
01:46je ne suis pas racisé.
01:47Fautul.
01:48Est-ce que j'ai encore ma place dans ce pays ?
01:50Est-ce que vous répondez à ceux, effectivement,
01:52qui disent que dans la salle des fêtes de la mairie,
01:55lors de votre élection,
01:55il y avait de nombreux patrons de points de deal ?
01:59Alors, vous êtes dans la main de qui, monsieur le maire ?
02:01Où je peux aller, au fond ?
02:02Est-ce qu'il n'y a pas un peu de ça, finalement ?
02:05Sûrement qu'il y a un peu de ça.
02:06Maintenant, c'est important de rappeler que
02:07l'homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux
02:11et de la famille des grands singes.
02:13Il y a un chef qui a pour mission
02:17d'installer son autorité.
02:18On n'est pas dans une tribu primitive
02:21comme le décrit Darwin,
02:23en disant que vous avez le mal dominant
02:24qui est là qui décide et qui dit
02:25« c'est moi qui décide ».
02:26Quand on regarde ces news,
02:27quand on écoute toute la télé,
02:30on en rajoute encore plus.
02:31Saint-Denis est à la mode en ce moment.
02:33On ne parle que de nous.
02:34Ça commence à être un peu dur, quand même.
02:37La façon dont il parle, ce n'est pas possible.
02:38On ne peut pas laisser faire ça,
02:40mais personne ne fait rien.
02:41On est des êtres humains,
02:42donc on ne peut pas traiter les gens
02:44comme des singes.
02:45Ça, ce n'est pas normal.
02:46On vit ensemble, on est ensemble.
02:48Il faut qu'on reste aussi ensemble.
02:50C'est ça, le problème.
02:51Vous avez été très choqué
02:52par tout ce que vous avez entendu.
02:53Trop, trop choqué même.
02:54Ça fait trop mal.
02:55Ces news, je ne comprends pas
02:57qu'il a toujours la liberté d'émettre.
02:59Au vu des condamnations extrêmement nombreuses,
03:01extrêmement graves, dont il fait l'objet,
03:04à aucun moment, c'est une chaîne d'information,
03:06mais uniquement d'opinion
03:07qui charrie un lot d'idées réactionnaires racistes
03:10qui sont vraiment nuisibles
03:12et destructrices pour le vivre ensemble,
03:14pour la démocratie
03:15et pour les valeurs de la République.
03:16Aujourd'hui, il n'y a que la gauche
03:18qui est présente ici,
03:19surtout les élus communistes et insoumis.
03:21La droite et le centre
03:22ne sont pas représentés,
03:23ni le gouvernement.
03:24Voici ce que la ministre
03:25en charge des discriminations,
03:27Aurore Berger,
03:27en disait il y a quelques jours.
03:28Est-ce que vous,
03:29ministre de la lutte contre les discriminations,
03:31vous vous rendrez à cette marche ?
03:32Il a tout mon soutien.
03:34Il a le soutien de l'État.
03:35C'est une mobilisation citoyenne
03:37à l'appel de la mairie de Saint-Denis.
03:39Ce n'est pas la place de l'État
03:40que d'y être.
03:40Mais il y aura beaucoup
03:41de personnalités politiques de gauche.
03:43C'est le rôle de l'État
03:44de garantir la sécurité
03:45de cette manifestation
03:46et c'est évidemment
03:47ce que l'État fera.
03:48La ministre des discriminations
03:50disait que ce n'était pas
03:51la place de l'État.
03:52Qu'est-ce que vous en pensez ?
03:53Je suis en total désaccord.
03:56Cette position prouve
03:58qu'il banalise,
03:59qu'il cautionne finalement
04:01ce déchaînement.
04:02Je dis à toutes celles et ceux
04:03qui à un moment donné
04:04ont eu peur.
04:06La peur bien sûr est légitime.
04:08La peur parfois est nécessaire.
04:10Mais en aucun cas en fait
04:11la peur ne peut nous permettre
04:13de pouvoir affronter
04:14le combat des combats
04:16celui du racisme.
04:17Et c'est la raison pour laquelle
04:18nous devons être fiers
04:19de ce combat.
04:20Nous devons être fiers
04:21et bien sûr que
04:21celles et ceux
04:22qui nous ont précédés
04:23nous désignent
04:25par le fait que vous soyez ici
04:27aussi nombreux.
04:28Vous désignent
04:29quelle que soit votre couleur de peau.
04:31vous désigne
04:32quels que soient
04:33les quartiers d'où vous venez
04:34parce que vous venez
04:35de nos frères et sœurs
04:36en humanité.
04:37Nous avons l'obligation d'agir.
04:39Ce combat nous allons le gagner.
04:41Qu'est-ce qu'on peut faire ?
04:43Je crois que
04:44la démonstration qu'on fait aujourd'hui
04:46de dire que les populations
04:47sont soudées ensemble
04:49que nous
04:49c'est nous qui portons aujourd'hui
04:51la démocratie
04:52et les valeurs républicaines
04:53c'est je crois aujourd'hui
04:54le mieux qu'on puisse faire.
04:55C'est important
04:56qu'on se retrouve tous
04:57ensemble
04:59peu importe
05:00les origines
05:00peu importe les couleurs
05:01peu importe
05:02les pensions politiques
05:05ou quoi ce que soit
05:06on vit en France
05:07on est français
05:07on est tous là
05:09on est contents
05:09on est bien.
05:10Sous-titrage Société Radio-Canada
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