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Un film ancien.
Une voix.
Une présence.
Et parfois… quelque chose bascule.
Ce texte explore cette zone étrange où une image devient presque réelle, où le désir s’installe malgré la distance, malgré le temps, malgré l’écran.
Entre sensualité et illusion, cette chanteuse des années 50 incarne bien plus qu’un souvenir : une projection, un manque, une présence.
À écouter au calme, au casque de préférence.
#poésie
#voixoff
#désir
#filmnoiretblanc
#écriture
#lacageinvisible
Transcription
00:00Un film en noir et blanc, bobine jaunie, ça craque, une pin-up des années 50, blonde platine, je suppose,
00:12donne de la voix, elle épouse son micro lentement, comme on apprivoise une peau froide.
00:23Ses doigts glissent sur le métal, il laisse une trace invisible, un pied posé là, nu presque, elle susurre, l
00:37'amour au creux des maracas, une chaleur qui ondule, scène étroite, son royaume, et pourtant, elle me regarde,
00:50Pas vraiment, mais assez, pour que j'y crois, que dit-on à une bouche qui promet sans dire ?
01:01La trompette se mêle à elle, souffle contre souffle, je vacille derrière mon tube cathodique.
01:13La surface bombée déforme ses courbes, les rend plus proches, presque atteignables, je tends presque la main, ce n'est
01:27pas une poupée, pas de cire, une présence, une vampire douce.
01:35Elle réchauffe tout, l'air, la pièce, ma nuque, l'orchestre s'efface, il sable, il la laisse faire, robe
01:51scintillante, collée à elle, comme un secret trop bien gardé.
01:58La distance devient physique, une tension, une brûlure, lente, elle aime, peut-être, mais son phrasé glisse en moi, comme
02:16une promesse qu'on ne tiendra pas.
02:19Et moi, immobile, derrière le verre, je comprends, ce n'est pas elle que je regarde, c'est ce qui
02:33me manque, qui me fixe.
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