00:00Un film en noir et blanc, bobine jaunie, ça craque, une pin-up des années 50, blonde platine, je suppose,
00:12donne de la voix, elle épouse son micro lentement, comme on apprivoise une peau froide.
00:23Ses doigts glissent sur le métal, il laisse une trace invisible, un pied posé là, nu presque, elle susurre, l
00:37'amour au creux des maracas, une chaleur qui ondule, scène étroite, son royaume, et pourtant, elle me regarde,
00:50Pas vraiment, mais assez, pour que j'y crois, que dit-on à une bouche qui promet sans dire ?
01:01La trompette se mêle à elle, souffle contre souffle, je vacille derrière mon tube cathodique.
01:13La surface bombée déforme ses courbes, les rend plus proches, presque atteignables, je tends presque la main, ce n'est
01:27pas une poupée, pas de cire, une présence, une vampire douce.
01:35Elle réchauffe tout, l'air, la pièce, ma nuque, l'orchestre s'efface, il sable, il la laisse faire, robe
01:51scintillante, collée à elle, comme un secret trop bien gardé.
01:58La distance devient physique, une tension, une brûlure, lente, elle aime, peut-être, mais son phrasé glisse en moi, comme
02:16une promesse qu'on ne tiendra pas.
02:19Et moi, immobile, derrière le verre, je comprends, ce n'est pas elle que je regarde, c'est ce qui
02:33me manque, qui me fixe.
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