00:00Le rideau s'écarte, la magie commence avant même d'exister.
00:07Un cinéma d'un autre temps, une ouvreuse guidait les corps dans l'ombre,
00:13des confiseuries circulaient comme des secrets.
00:18Tout débutait là, bien avant l'image, l'écran nous semblait immense.
00:25C'est que le monde alors tenait dans nos mains.
00:28Jean mineur surgissait, promesses familières, certaines choses ne meurent jamais,
00:35elles s'éloignent seulement.
00:38Pellicules vibrantes, grains vivants, son imparfait, donc vrai, puis le silence.
00:48Ce silence plein, celui qui avale une salle entière.
00:54Une brûlure dans le coin droit, changement de bobine, un clignement du réel.
01:01Le projectionniste là-haut était un artiste de lumière.
01:07Le mot fin, les strapontins se redressaient, comme si le lieu lui-même se réveillait.
01:15Cinquante sièges serrés, cinquante vies suspendues.
01:22Nous vivions dans un monde petit, et cela suffisait.
01:28À la sortie, l'ouvreuse offrait encore un sourire, un papier, une promesse de revenir.
01:36Un bel mondeau à l'affiche, et déjà, l'envie recommençait.
01:44Pas d'urgence, pas de flux.
01:47Le temps n'avait pas encore appris à courir.
01:51Deux affiches sur la gauche, silencieuses.
01:55Elles attendaient nos regards, comme on attend une visite.
01:59Nous rentrions à pied, parce que tout était proche, même la joie.
02:07Puis le rideau rouge s'est refermé.
02:12Pas d'un geste d'une époque.
02:15Les salles se sont multipliées, les écrans ont grandi.
02:21Le monde a explosé en images, mais quelque chose s'est rétréci.
02:30Et aujourd'hui, devant l'infini des écrans,
02:35nous cherchons encore la petite salle où tout semblait immense.
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