Passer au playerPasser au contenu principal
texte poétique sur une rencontre avec une pierre au bord d’un chemin, réflexion sur le temps, la solitude et les adieux


Un homme s’arrête au bord d’un chemin et fait une rencontre inattendue : une pierre.
Dans ce texte poétique et contemplatif, le banal devient profond, le silence devient dialogue, et la solitude se transforme en présence.
À travers une écriture sensible et imagée, ce récit explore le temps, la lenteur, l’attachement fugace et la difficulté des adieux.
Une méditation sur notre rapport au monde, aux choses simples, et à ces instants suspendus que l’on ne sait jamais vraiment quitter.
#poesie #textepoetique #contemplation #solitude #litterature #lacageinvisible
Transcription
00:00Une pierre sur le bord du chemin, et si nous faisions connaissance ?
00:07Je contemple le monde, l'océan posé sur des siècles muets.
00:13Les aspérités de la roche me racontent sa rude histoire.
00:18Elle parle de pluie, d'usure, de patience, de tout ce qui blesse sans abolir.
00:27Elle gît au bord du grand chemin de terre battue, modeste sentinelle d'un monde qui passe.
00:36Cheville discrète d'un mouvement dont elle ne partage pas l'empressement.
00:43Je lui adresse quelques questions, elle ne répond pas, mais son silence a la densité des choses sages.
00:53Une hirondelle fend l'air au-dessus de nous, oui, je dis nous, car cette masse, moitié ronde, trois quarts
01:05carrés,
01:06a pour moi sa respiration propre, sa présence, son humeur.
01:12L'oiseau, lancé comme une torpille, nous ignore, oui, je dis encore nous.
01:22Il me semble avoir pris place sur un ami bienveillant.
01:28Un ami taciturne, lourd, immobile, mais tout entier au fer, au calme.
01:37Mon regard bat l'horizon, le vent me frôle la joue.
01:42Une mèche de mes cheveux s'envole, puis revient s'accrocher à ma pauvre tête,
01:51comme si même l'air hésitait à me quitter.
01:54Mon ami, tout vêtu de gris, manque pourtant un peu de confort.
02:02Comment le lui avouer sans le peiner ?
02:07Partirais-je sans un mot, sans la moindre formule de politesse ?
02:14Mes fesses meurtries, crient grâce, je me lève avec cette lenteur respectueuse
02:24que l'on réserve aux séparations sincères.
02:30Je salue bien bas la bière figée là depuis une éternité.
02:38Ma main glisse, une dernière fois, sur le minéral,
02:48retrouvant ses creux, ses bosses,
02:52comme on retient un visage par le toucher,
02:57avant de le perdre au tournant d'un chemin.
03:02Mes pas se remettent en branle,
03:05Puis, je m'arrête, je me retourne,
03:10je lève la main.
03:12Cela se fait, lorsqu'on quitte un ami,
03:16oui, un ami,
03:19sur qui j'ai pu compter,
03:22au plus haut de ma fatigue.
03:25Je reviendrai.
03:28Cette parole menteuse m'a échappé.
03:31Les adieux ont parfois la forme polie
03:36des promesses impossibles.
03:40Adieu.
03:41Ma petite pause tranquille.
03:44Adieu.
03:46Ma soudaine amitié.
03:49Adieu.
03:50À cet instant de partage.
03:54Adieu.
03:55À la lenteur contemplative.
03:59Adieu.
04:01Adieu.
04:02Adieu.
04:03Adieu.
04:04Adieu.
04:05Adieu.
Commentaires

Recommandations