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  • il y a 11 minutes
Pour faire du skate faut être cool. Et Julien a toujours détesté les gens cool.

Retrouvez « La chronique de Julien Santini » dans La Bande originale sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-chronique-de-julien-santini

Catégorie

😹
Amusant
Transcription
00:00Voici Julien Santigny.
00:05Bonjour à toutes et à tous et un bonjour spécifique à vous Ludivine Sagné.
00:09Je suis très impressionné de vous rencontrer en vrai.
00:12Je vous trouve talentueuse, belle, magnétique.
00:14Vous êtes un peu mon pendant au féminin.
00:18J'avais lu une interview de vous il y a longtemps, je crois votre premier casting,
00:23où en fait vous accompagnez une amie et finalement c'est vous qui avez été prise.
00:29Et c'était pas ça en fait.
00:31Et en même temps dans le casque, on vient de me dire que c'est peut-être pas vrai ce
00:33que je raconte.
00:34C'est important de préciser, Ludivine je ne suis pas journaliste et vous semblez le confirmer.
00:38Elle te dit oui c'est ça, c'était sa soeur, c'était votre soeur, c'était pas une amie.
00:42Donc je suis en fait journaliste et vous semblez le confirmer.
00:46En tout cas moi cette anecdote de j'ai accompagné ma soeur, je n'ai pas de soeur,
00:51mais j'aurais jamais pu le dire parce que j'ai jamais accompagné personne en casting.
00:56Déjà j'essaye de m'accompagner moi et je peux vous dire que c'est un travail de tous les
01:00instants.
01:00Donc si Ludivine un jour, je n'en sais rien, vous écrivez un film dans lequel vous cherchez votre alter
01:05ego,
01:06sachez que je le ferai avec plaisir.
01:08Je passe le message également à Steven Spielberg parce que je ne vois pas pourquoi je ne me donnerai pas
01:12deux fois plus de chances de réussir,
01:14sachant que c'est très compliqué le cinéma.
01:16Parce que le problème c'est qui qui le dirige ?
01:19Et bien ce sont les professionnels du secteur.
01:22Sachez-le, la deuxième anecdote que je voulais vous raconter, elle me concerne,
01:25donc revenons à l'essentiel, parlons de moi.
01:27J'étais dans la rue, quelqu'un me reconnaît, comme cela peut m'arriver assez régulièrement.
01:31Je ne suis pas là pour me la péter, ni pour faire rire, je suis juste là pour rétablir les
01:35faits.
01:36Parce que j'en ai marre de passer pour le guignolo de service.
01:39Le guignolo, si tel est mon statut, il a un prénom, un cœur qui bat.
01:42Alors moi je m'adresse à l'état colonisateur en disant
01:45« Non, non, non, la terre de Pasquale-Bahou, Babou Jabba Adria, n'est pas à vendre. »
01:49Alors à bon entendeur, j'ai donc été reconnu dans la rue.
01:53Et je sais qu'en racontant cette anecdote, vous Ludivine, je sais que ça vous parle.
01:58Mais il y a plusieurs personnes autour de cette table pour qui c'est de la science-fiction.
02:02Je pense à mes collègues, Oldelaf, Lisa Delmoitier et Emma Beaujean,
02:06qui malheureusement ne sont pas souvent reconnues dans la rue.
02:09Il m'est arrivé de me promener avec chacune de ces personnes dans la vie.
02:13Je peux vous dire que rien ne se passe.
02:16C'est d'un ennui terrible.
02:17On peut avoir, mais j'allais dire de vraies conversations.
02:20On n'est jamais interrompus.
02:23Bref, tout ce que je déteste.
02:25Bref, la personne me reconnaît et me dit
02:28« Julien Santini, je vous adore. »
02:30Et moi j'ai répondu « Merci infiniment, belle journée à vous. »
02:32Je l'ai fait avec une légère voix de tête
02:34parce que la personne était déjà partie par pudeur.
02:36« Merci infiniment, belle journée à vous. »
02:39Et je me répète, parce que je n'étais pas sûr que ce soit compris.
02:42Et je me suis aussi fait la réflexion, mais rapide, en quelques secondes,
02:46parce que j'ai l'air d'un gogole, mais à l'intérieur ça turbine énormément.
02:48Ça va très très vite.
02:49Je me suis fait la réflexion, merci Daniel,
02:51ils sont tes premiers rires et ils sont les bienvenus.
02:52Je me suis fait la réflexion en quelques secondes
02:54que selon la réponse faite, on peut totalement changer d'avis à mon sujet.
02:58Là, en l'occurrence, je pense que la personne m'a trouvé sympa.
03:00Mais si elle m'avait dit
03:02« Je vous adore, Julien Santini. »
03:03Et que moi, j'avais répondu « Mais moi aussi, vous n'aimez de vous. »
03:06« Mais ça ne va pas. »
03:07Je pense que déjà, ça ne va pas.
03:11Non, ça ne va pas, Nagui, je te le confirme.
03:12Un traitement sous l'hichel mal configuré, je ne le souhaite à personne.
03:15Mais je pense que ça n'aurait pas été la même.
03:17C'est fou !
03:18Cette capacité qu'on a de décider ce qu'on renvoie.
03:21Ça pose la question de l'image.
03:23Les gens, pour moi, comme vis-à-vis d'autres, se font une image.
03:26Et il faut essayer de correspondre à cette image.
03:28À titre personnel, j'ai trouvé cette réflexion intéressante.
03:31Je vous rassure, c'est une réflexion que je n'ai absolument pas creusée.
03:34Parce que je l'ai vraiment eue hier soir.
03:35Et que j'ai préféré me poser devant la téloche.
03:37Et tout de suite, après cette rencontre furtive,
03:39je me suis rendu sous terre, dans un métro.
03:41Quand vous avez entendu « sous terre », Nagui, Harry.
03:44Et vous avez cru quoi ?
03:46Que j'étais un spéléologue ?
03:47Alors, je suis là.
03:48Ce n'est pas grave, c'est ma dernière chronique.
03:50Là, moi, je suis là à attendre mon métro.
03:53J'emploie le possessif, sachant qu'il ne m'appartient pas.
03:55Il me serait totalement impossible de pouvoir acquérir un métro rien que pour moi.
04:00Et quand bien même, quand bien même,
04:02je vais quand même poursuivre le résident.
04:03Merci Jean-Charles, c'est le prénom de mon frère.
04:05Et quand bien même j'aurai les moyens de le faire,
04:07je trouve que ce serait totalement débile.
04:09Vous imaginez l'ennui que ce serait.
04:10La situation quasi, dirais-je, ubuesque,
04:13d'être tout seul dans un métro et pouvoir se dire
04:16« Bon, ben là, je vais aller à la pyramide. »
04:18« Bon, ben non, je décide de changer de ligne. »
04:21Je voulais vous montrer, merci Ludivine,
04:23je voulais vous montrer que c'est totalement absurde de se lancer dans une telle démarche.
04:26Bref, je monte dans le métro, qui sûrement appartenait à quelqu'un d'autre,
04:30et je tape sur une personne,
04:32à peu près 55 ans, sur son skate.
04:36Je suis désolé, mais les deux ne vont pas de pair.
04:38On peut faire beaucoup de sport à 55 ans,
04:40mais pas de skate.
04:41Pour moi, faire du skate, il faut être cool.
04:43Alors, pour moi, c'est pas cool d'être cool.
04:45Attention, j'ai toujours détesté les gens cools.
04:47J'ai jamais trouvé la vie cool.
04:48La vie, c'est dur, putain.
04:49Je peux vous le dire, depuis le début, me concernant,
04:51un jour, je parle à ma mère,
04:52je lui demande de me raconter ma naissance, tout ça, tout ça.
04:54Et ma mère, elle me dit deux choses à ce sujet.
04:56Elle me dit premièrement,
04:57sache qu'une grossesse sur stérilet,
04:58c'est extrêmement rare.
05:00Et deuxièmement,
05:01quand tu es arrivé au monde,
05:03tu n'as pas pleuré.
05:03Tout le monde s'est inquiété.
05:04Du coup, le médecin t'a mis une rouste,
05:06tu as pleuré.
05:07Tout le monde était heureux.
05:09Mais c'est quoi la morale de cette histoire ?
05:11T'arrives, t'es cool,
05:12tout le monde s'inquiète.
05:13On te frappe, tu pleures,
05:14tout le monde est content.
05:15Ça n'a aucun sens.
05:16Et finalement, c'est peut-être cette anecdote
05:18que je raconterai la prochaine fois
05:19que l'on me reconnaîtra dans la rue,
05:20si ça arrive seulement encore.
05:22Voilà, c'était Julien Santini.
05:24Alors, merci de m'avoir écouté.
05:26Merci, Julien.
05:30Alors, figurez-vous que Julien Santini est sur scène.
05:32Vous pouvez le voir à Paris,
05:33à la gaieté Montparnasse toutes les semaines.
05:35Il sera à Nantes le 18 avril
05:36et à Cérisse le 16 mai.

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