00:00Et voici, malheureusement, Julien Santini !
00:07Merci beaucoup, c'est la chronique de Julien Santini,
00:10aka le chroniqueur qui ne remplace jamais les collègues,
00:14aka l'homme qui a planté Jonathan Lambert comme mère !
00:18Bref, je suis énervé ce matin, vous l'avez compris,
00:21Enervado le Juliano, la semaine dernière j'ai joué à Marseille,
00:25la ville des fadas et des farfadets, en fait, je ne connais pas beaucoup.
00:28Et à Marseille, j'avais des personnes de ma famille que j'avais invitées,
00:33et je me rends compte que quand tu es invité, c'est la pire race.
00:36Alors, le terme est un peu maladroit, ce n'est pas vraiment ce que je voulais dire,
00:40je me rattrape, c'est juste qu'il y a des gens que j'invite
00:42qui sont capables de m'envoyer un message à 16h30 pour me dire,
00:46par exemple, mais Julien, c'est à quelle heure déjà ce soir ?
00:52Je peux avoir ça, ou Julien, c'est où le théâtre déjà ?
00:55J'ai droit à une flopée de questions comme, est-ce que ça commence alors ?
00:59Où dois-je retirer les invitations ? Ne me chauffez pas, j'établis des listes.
01:03En fait, je me dis, mais c'est comme en psychanalyse, il faut payer pour s'investir,
01:07et quand les choses sont du tout cuits, quand on vous les amène sur un plateau d'argent,
01:11il n'y a plus aucun effort, alors ça pose de véritables questions.
01:13Doit-on continuer à inviter des gens lorsque vous les aimez,
01:16mais que vous avez déjà envie, vers 16h35, un samedi après-midi, de leur ôter la vie ?
01:19Alors, Nagui, Leïla, vous aussi, vous avez des invités dans vos émissions,
01:24et je me faisais la réflexion.
01:25Alors, attention, aujourd'hui, avec Jonathan Lambert, c'est génial,
01:27mais on ne va pas se mentir, on a parfois des émissions moins performantes.
01:30Et je me demande donc, s'il ne faudrait pas faire payer les invités
01:34pour qu'ils aient le droit de venir faire leur promo dans l'émission,
01:39je peux vous dire qu'elle aurait une autre gueule, l'heure et demie.
01:42« Nagui, ne m'interromps jamais dans ma chronique ! »
01:46Je me rends compte, je me rends compte,
01:49puisque je me suis un peu égaré dans vos propos,
01:51et il y a des excuses que j'adresse aussitôt.
01:53Je vais me recentrer.
01:55Oh, les invités, sale race !
01:57Non, mais c'est juste un moyen de mnémothèque.
01:59On ne me pardonne rien, c'est fou.
02:00Jusqu'à présent, je parlais des gens que moi, j'ai décidé d'inviter,
02:03mais attention, il y a des gens à qui je n'ai rien demandé,
02:04qui, eux, me les demandent, les invités.
02:06Et c'est là que je me rends compte qu'on fait un métier
02:07qui, dans l'inconscient collectif, quelque part, n'a aucune valeur,
02:09puisqu'il peut être bradé à tel point qu'au final,
02:12ils finissent gratuits.
02:13Le pire, c'est quand je reçois des messages de gens que je connais
02:15qui me disent « je vais venir te voir au théâtre ».
02:17Et je sais très bien qu'ils attendent que je leur dise
02:19« mais attends, je te mets une invite ! »
02:21Parce que je rappelle que si on veut venir voir vraiment quelqu'un,
02:24on prend les places et on ferme sa gueule.
02:25Alors, moi, de toute façon, désormais, j'ai une technique.
02:28C'est que je dis « franchement, j'aurais adoré vous mettre ces invites,
02:30mais malheureusement, ma prod est horrible.
02:32Oh là là, ma production avec ça en ce moment,
02:33mais il faudrait vendre père et mère ! »
02:35Donc malheureusement, ce n'est pas possible.
02:36Je trouve ça extraordinaire et je me rends compte aussi
02:38que peut-être c'est un peu con ce que je viens de faire.
02:40Parce que maintenant, les gens connaissent cette technique.
02:42Alors, je m'adresse à toutes les personnes à qui j'ai déjà dit.
02:45Sachez, et je vous le jure,
02:46I swear, I can assure you,
02:47je ne vous ai pas menti.
02:50Du coup, Leila Nagui, pour le coup,
02:51par contre, vous, c'est vraiment avec ma prod qu'il faudra voir.
02:54Si vous souhaitez venir !
02:56J'ai essayé, j'ai essayé, s'il vous plaît,
02:59on n'est pas loin de la fin.
03:01J'ai essayé d'analyser,
03:06mais comme aujourd'hui, il ne manque 8 personnes,
03:07je vais quand même prendre mon temps.
03:08J'ai essayé, on sera payé, payé plus !
03:13Qui c'est qui va, qui va ?
03:15Je n'ai pas la fin de la fin.
03:17J'adore l'impro,
03:19mais je n'ai pas les moyens, mes ambitions.
03:21Jonathan, prends-tu du plaisir
03:22depuis le début de cette chronique ?
03:23En tout cas, je rappelle que le livre est payant.
03:26Bon, je ne sais pas si tu prends du plaisir,
03:28c'est ça la question à la base.
03:29Si tu en prends, montre-le, s'il te plaît.
03:31J'ai essayé d'analyser sociologiquement
03:34le sens des invitations.
03:35Et c'est passionnant, par contre,
03:36ça risque d'être chiant à mourir.
03:37Ce que je vais vous dire,
03:37je ne suis pas qu'une machine à blagues,
03:39auquel cas la machine,
03:39elle décide de se mettre sur pause.
03:41Une minute, et parler avec son cœur.
03:42Avec son cœur de machine,
03:43ce qui n'existe pas.
03:45Toutes les machines ont un cœur.
03:47Exactement.
03:47En réalité, lorsque l'on bénéficie de l'invitation,
03:50notre orgueil est découplé.
03:52On se dit, je suis l'élu.
03:53Je suis celui ou celle
03:54qui n'a pas besoin de payer.
03:55C'est important de savoir
03:56que les gens ne rigolent pas du tout
03:59contrairement à la masse
04:00qui est obligée de le faire.
04:01Donc, ce n'est pas une simple invitation,
04:02c'est un indicateur.
04:04L'invitation est un indicateur social
04:05de notre valeur
04:06qui est plus grande que la moyenne.
04:07C'est en tout cas mon explication,
04:09et je vois bien autour de la table,
04:10qu'il n'y a que mépris et médisance
04:11sur cette explication.
04:13Pour finir, je vais vous laisser
04:13sur un dernier exemple
04:14qui, je l'espère,
04:15servira de démonstration.
04:16La dernière fois, je parle
04:16avec un producteur de comédie musicale
04:18que j'aime beaucoup.
04:18C'est une comédie musicale
04:20qui a cartonné
04:20et qui revient en ce moment.
04:21Je ne peux pas faire la pub,
04:22je le sais,
04:22et je respecte cette règle,
04:23mais c'est une comédie musicale
04:25où il s'agit d'un roi
04:26et d'un soleil.
04:26Et le producteur me dit
04:29il faut absolument
04:29que tu viennes le voir.
04:30C'était une autoroute
04:31qui s'offrait à moi,
04:31vous l'avez compris.
04:32Cette autoroute,
04:32j'ai envie de la prendre fond de balle.
04:33Qu'est-ce que je fais ?
04:34Non.
04:34Parce que si moi,
04:35je ne donne pas l'exemple,
04:36qui le fait ?
04:36Surtout après l'argumentaire
04:37que j'ai sorti.
04:38Je suis allé sur le site de billetterie.
04:40Je regarde le prix des places
04:41et j'ai accepté les invites.
04:43Il n'y a pas longtemps,
04:45il n'y a pas longtemps,
04:47mon voisin du sixième étage
04:48m'a dit
04:49critiquer,
04:49c'est se reconnaître.
04:50Il me l'a dit en mandarin,
04:52mais j'ai traduit.
04:52Donc au final,
04:53vive les cultures,
04:54vive la culture.
04:55Et quelle que soit la façon
04:56d'obtenir une place,
04:57l'essentiel,
04:58c'est qu'on se retrouve
04:58dans une salle de spectacles.
05:00Génant !