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  • il y a 2 jours
DB - 10-04-2026

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00:30...
01:16Le 31 octobre 1944, à 8 heures du matin, à la station de métro Saint-Mandé-Tourelle,
01:25un homme présente son ticket à la poinçonneuse.
01:30Il a 48 ans, il porte toute la barre.
01:40L'homme qu'on vient d'arrêter s'appelle Marcel Petiot.
01:45C'est le trop fameux docteur Petiot, assurément le plus grand criminel français du XXe siècle.
01:55Quand on est en face de son histoire, on est saisi d'abord d'effroi.
02:03Devant la démesure, on lui reproche 27 victimes, il en réclame 63.
02:10Et ensuite, on est frappé par un homme qui ne ressemble à aucun homme, heureusement.
02:20Un homme pour qui ne compte absolument pas la morale.
02:27Un homme qui tuera sans le moindre remords.
02:35Mais, ensuite, on se pose des questions.
02:40Il y a plusieurs mystères qui subsistent à propos du docteur Petiot.
02:45Le premier, c'est comment est-on le docteur Petiot ?
02:49Mystère psychologique.
02:51Le second, combien de gens a-t-il tué ?
02:54Comment les a-t-il tués ?
02:56Le troisième, enfin, sur lequel les historiens sont restés étrangement silencieux.
03:02C'est de savoir comment du 11 mars 1944 jusqu'au 31 octobre 1944,
03:11alors que le pourchassait toutes les polices,
03:15Petiot a pu échapper à l'arrestation.
03:19Alors que nous le savons, justement, aujourd'hui, seulement aujourd'hui,
03:24un grand nombre de gens, parfaitement honorables,
03:28savaient où il était et qui il était.
03:35Il y a un dernier mystère.
03:41Petiot a tué pour voler.
03:46Et la police a estimé à 200 millions de 1944
03:51les sommes qu'il a dérobées à ses victimes.
03:55200 millions, cela fait 140 millions d'aujourd'hui.
04:01Non pas 140 millions de centimes,
04:04comme disent encore aujourd'hui quelques attardés,
04:07140 millions de nos francs.
04:11On n'a jamais retrouvé
04:13le trésor du docteur Petiot.
04:18Mais peut-être aujourd'hui pouvons-nous savoir
04:20ce qu'il est devenu.
04:25Nait-on criminel ?
04:27Devient-on criminel ?
04:28C'est une question éternelle.
04:30Alors, regardons-le naître,
04:33grandir,
04:35vivre.
04:40Il est né en 1897 à Auxerre.
05:00Fils d'un fonctionnaire des postes.
05:04Tout petit,
05:07déjà bizarre,
05:09il plonge un chat dans l'eau bouillante
05:12à deux ans.
05:13Il étrangle,
05:14ce chat,
05:15à l'école.
05:18Dans la classe où il passe,
05:19on constate des vols.
05:23Un témoin m'a écrit.
05:25Il était au lycée avec Petiot.
05:31Il l'a vu
05:34apporter au lycée le revolver de son père
05:36qui l'avait dérobé.
05:38Il l'a vu tirer dans le plafond
05:40de la classe d'histoire.
05:42Il l'a vu tirer sur des chats dans la rue.
05:45Et nous savons qu'il volait dans les boîtes aux lettres
05:48à 15 ans.
05:49Alors,
05:50Petiot est en train de se former.
05:53Bachelier a 18 ans.
05:55Mais c'est la grande guerre,
05:57la guerre de 14,
05:57il s'engage.
06:07Et j'ai un autre témoignage
06:09d'un de ses camarades du front.
06:11Un dialogue étonnant.
06:15Là, au front,
06:16il est dans un secteur très exposé.
06:19Il y a des vols partout.
06:21Il passe encore.
06:23Et son camarade Lucien B
06:26l'interroge.
06:27Mais alors,
06:28tu n'as pas le scrupule ?
06:29Pas du tout.
06:30Mais la morale,
06:31ça n'existe pas la morale.
06:34Mais la religion,
06:35il n'y a pas de religion.
06:37Mais alors la police ?
06:40Quelqu'un d'intelligent
06:41échappe toujours à la police.
06:43Il est en train déjà
06:44de fixer son programme.
07:00Au bout d'un an,
07:01il est blessé grièvement.
07:02Un pied,
07:03une grenade qui a éclaté.
07:06Évacué,
07:06soigné.
07:08Il est guéri
07:09au bout de quatre mois.
07:10À cette époque-là,
07:11c'était la loi.
07:13Un blessé guéri
07:14était renvoyé
07:14au front.
07:15Mais lui,
07:16il n'a pas envie de rebâtir.
07:19Et alors qu'il
07:20plonge dans une sorte
07:23de dépression profonde,
07:24il n'entend plus
07:25ce qu'on lui dit.
07:26Son regard,
07:27son regard qui sera
07:28toujours étrange,
07:29son regard halluciné,
07:31son regard ne fixe plus rien.
07:35On l'examine.
07:37Les experts constatent
07:38un état de démence.
07:40On l'interne.
07:42Il passera des mois
07:43et des mois
07:44dans plusieurs asiles.
07:46réformé à 100%
07:49pour folie.
07:52Incapable,
07:53dit le rapport
07:53de tout effort
07:55physique
07:55ou intellectuel.
07:57Et pendant,
08:00qu'on le soigne,
08:01il refait sa médecine,
08:02il devient docteur
08:04en médecine
08:04avec la mention
08:05très bien.
08:06Alors,
08:06est-ce que c'est un fou
08:07qui devient docteur
08:08en médecine
08:08ou bien est-ce qu'il a
08:09trompé tout le monde ?
08:10Avec Petiot,
08:10on ne sait jamais.
08:14Il est médecin,
08:15il s'installe
08:15à Villeneuve-sur-Iron
08:16et tout de suite,
08:17il réussit.
08:18C'est un bon médecin,
08:19Petiot.
08:28Il est populaire,
08:29il soigne
08:30les pauvres
08:30pour rien.
08:42Il se présente aux élections,
08:43il est conseiller municipal,
08:45on l'aime bien.
08:46Il est maire,
08:48il est conseiller général.
08:53Pourquoi faut-il
08:54que la petite bonne
08:55qui l'a engagée,
08:56Louisette,
08:57qui est charmante,
08:58devienne enceinte
08:59et le dise à ses voisins ?
09:02Pourquoi faut-il
09:02que quelques jours plus tard,
09:03elle disparaisse ?
09:05On ne la reverra jamais.
09:06Pourquoi faut-il
09:07que cette semaine-là,
09:09le docteur Petiot
09:10éprouve le besoin
09:11de cimenter
09:12le sol de son garage ?
09:14Il y met 48 heures,
09:15il travaille seul.
09:20Une laiterie brûle,
09:22la laitière brûle
09:23avec la laiterie.
09:25On dit qu'elle avait
09:26de l'argent.
09:28Un cabartier raconte
09:29à ses clients,
09:30c'est curieux,
09:31je suis passé par là,
09:32j'ai vu le docteur Petiot
09:33sortir de la laiterie
09:34au moment de l'incendie.
09:36Il s'appelle Frasco
09:37et Petiot le croise
09:38dans la rue.
09:39Ça va Frasco ?
09:40Oui docteur,
09:41le dérhumatisme,
09:42c'est vraiment pénible.
09:44Ben venez avec moi,
09:45je vais vous faire une piqûre,
09:46ça va vous soulager.
09:47La piqûre,
09:47il rentre chez lui,
09:48Frasco,
09:49il meurt trois heures plus tard.
09:50Le permis d'inhumer
09:52est délivré
09:52par le docteur Petiot.
09:55Il se marie.
09:57Charmante jeune fille,
09:59fille d'un restaurateur parisien,
10:01il va avoir un enfant,
10:02un fils.
10:04Tout va bien pour lui,
10:05il gagne de l'argent,
10:06les clients sont nombreux,
10:07il est respecté.
10:11Pourquoi faut-il
10:13qu'on le surprenne
10:14en flagrant délit
10:15de vol de bidon d'huile
10:16sur le quai de la gare ?
10:18Pourquoi faut-il
10:20qu'on le convainque
10:21d'avoir volé l'argent
10:22des cartes d'étrangers
10:24à la mairie ?
10:24Pourquoi faut-il
10:26qu'on l'accuse
10:26de vol d'électricité ?
10:28Il a branché ses fils
10:29en dehors du compteur.
10:34Pourquoi faut-il
10:35qu'il ait trompé
10:37l'administration
10:38sur l'assistance médicale
10:41gratuite
10:41et qu'il ait touché
10:42des sommes indues ?
10:43Il sera poursuivi,
10:45condamné.
10:45Le préfet le révoque.
10:48Il n'est plus maire.
10:50Nouvelles élections,
10:51il se présente,
10:51il est réélu.
10:56Et il continue.
10:58Nouveaux vols
10:59de toutes sortes.
11:01Alors pourquoi,
11:02pourquoi c'est l'arsin
11:04inutile, dérisoire ?
11:06Il faut croire
11:07qu'il n'est pas
11:09maître de lui-même.
11:12Et il faut évoquer
11:14ces démons
11:18qui le hantent,
11:19qui le tiennent,
11:22qui le poussent.
11:23Mais maintenant,
11:24c'est fini,
11:25la population l'abandonne.
11:27Et il sent qu'il faut partir.
11:29Il faut aller ailleurs,
11:31en un lieu où on ne le connaît pas.
11:32Et ce lieu, bien sûr,
11:34c'est Paris.
11:35Il a repris le cabinet
11:37d'un docteur Valéry,
11:38rue Comartin.
11:41Et la clientèle,
11:42la cour,
11:42arrive,
11:43et au bout d'un certain temps,
11:45ça marche même tellement fort
11:47qu'il refuse des clients.
11:49À la veille de la Seconde Guerre mondiale,
11:51il gagne 500 000 francs par an.
11:53ce qui est considérable.
11:56Et il a tant d'argent
11:57qu'il faut bien qu'il le place,
11:59cet argent.
12:00Il achète un immeuble de rapport
12:01à rue de Reilly.
12:03Il achète 20 propriétés
12:05dans la région de Seigne-Lay,
12:07qui est la localité
12:09où est née sa femme.
12:10Il achète deux maisons
12:11à Villeneuve-sur-Yonne.
12:13une autre à Auxerre,
12:15rue des Lombards.
12:16Il est à l'abri du besoin.
12:18Et c'est son frère,
12:18Maurice Petiot,
12:19qui, à la fin du mois,
12:21touche les loyers,
12:22car tout cela est loué
12:24et rapporte des revenus
12:28intéressants.
12:53La guerre,
12:55l'occupation.
12:59Petiot ne quitte pas Paris,
13:01il envoie simplement
13:01son fils à Auxerre
13:03chez son frère
13:04et il continue à exercer son métier.
13:13Au mois de mai 1941,
13:17il achète un hôtel particulier
13:19au 21 de la rue Le Sueur,
13:22à Paris.
13:23Rue Le Sueur.
13:25Oui, les deux noms
13:27sont désormais associés.
13:28Rue Le Sueur,
13:29docteur Petiot.
13:30Ils le seront éternellement.
13:33Il se fait installer
13:34un cabinet de consultation.
13:38Quand on en sort,
13:40on est dans un couloir
13:41et dans ce couloir,
13:41il y a un débarras
13:43qu'il a fait aménager
13:44par les ouvriers.
13:47Quand on y pénètre,
13:49on voit devant soi
13:50une porte avec une poignée.
13:52Si on ouvre cette porte,
13:53elle donne sur un mur.
13:54Alors pourquoi cette porte ?
13:56Et si on veut sortir,
13:57on ne peut pas
13:58parce qu'il n'y a qu'une poignée
13:59à l'extérieur.
13:59Une fois qu'on est dedans,
14:00c'est fini,
14:01on ne peut pas sortir.
14:02À hauteur d'homme,
14:02il y a un trou
14:06auquel peut s'adopter
14:07un viseur
14:07que l'on retrouvera
14:08dans l'hôtel.
14:13On imagine le docteur Petiot
14:15l'œil vissé au viseur
14:18et regardant
14:19ce qui se passe
14:21dans le débarras
14:22triangulaire.
14:27Ce qui s'est passé
14:28dans ce débarras,
14:31je vous en parlerai
14:32dans un instant.
14:41C'est le temps
14:42où la menace
14:45se précise à Paris
14:47et en France
14:49sur les Juifs.
14:50À Paris,
14:51au Palais Berlitz,
14:52vient de s'ouvrir
14:52l'exposition
14:53Le Juif et la France.
14:5413 000 personnes
14:56ont visité
14:57cette remarquable exposition
14:58où se trouvent
14:59rassemblés
14:59les documents,
15:00les photographies
15:01démontrant le péril juif
15:03dans tous les domaines
15:04de l'activité nationale.
15:05Ces graphiques,
15:06ces tableaux,
15:07ces statistiques
15:08donnent véritablement
15:09le vertige.
15:10Ils prouvent
15:11combien la France,
15:12victime de sa générosité
15:14et de sa traditionnelle
15:15hospitalité,
15:16surtout depuis 1936,
15:18s'était enjuivée.
15:23Au début de 1942,
15:24tous les Juifs
15:25peuvent être très inquiets.
15:30Et en face
15:31de chez Petiot,
15:33rue Comartin,
15:33il y a un fourreur,
15:34M. Gushinov.
15:35Il est juif,
15:36il est très inquiet
15:38à juste titre.
15:39Il s'en ouvre
15:40à son ami Petiot
15:41et Petiot dit
15:43« J'ai une filière ».
15:45Une filière ?
15:46Oui,
15:48une filière
15:48pour l'Amérique du Sud.
15:49Je peux vous faire
15:50passer en Amérique du Sud.
15:52C'est cher,
15:5325 000 francs.
15:54Et Gushinov est convaincu
15:56« D'accord,
15:56je payerai.
15:57Qu'est-ce que je dois faire ? »
15:59Eh bien,
16:01à telle date,
16:02vous présentez
16:0221 Rue Le Soeur.
16:05Et puis,
16:07emportez ce que vous avez
16:08de plus précieux.
16:10Réalisez
16:12des bijoux,
16:13c'est ce qu'il y a de mieux.
16:14Des dollars,
16:15si vous pouvez.
16:17Et en effet,
16:18quand Gushinov se présente,
16:21il a les bijoux,
16:23les dollars,
16:23tout cela sur lui.
16:25Madame Gushinov
16:26ne reverra jamais
16:27son mari.
16:28Mais le système Petiot
16:30a commencé.
16:32Jusqu'ici,
16:33il a agi en amateur,
16:34si j'ose dire.
16:36Maintenant,
16:36il veut devenir professionnel.
16:38Pour cela,
16:39il faut qu'on sache
16:40partout
16:41qu'il a cette filière
16:43et il engage
16:43des rabatteurs
16:44qui vont travailler
16:45pour lui.
16:46Et ça marche tout de suite.
16:48Les rabatteurs
16:49sont de bonne foi.
16:51Ils ne connaissent pas
16:52le système Petiot
16:53et c'est ce qui fait
16:54la force de Petiot.
16:57Les premiers sont
16:58des truands,
16:59des gens qui
17:00travaillent pour
17:01le fameux
17:02Lafon,
17:03Rue Lhoriston,
17:04le fameux Bonny.
17:06Parmi eux,
17:07il y a
17:09Estebetegui,
17:09qu'on appelle
17:10le Basque
17:11pour les raisons
17:11évidentes.
17:13Et il y a
17:14trois de ses amis.
17:16Ils ont travaillé
17:17pour Lafon
17:18et ils travaillent
17:19beaucoup pour Lafon.
17:19Vous savez
17:20comment ça se passe.
17:21Il y a des Juifs.
17:23Alors,
17:23on va les arrêter
17:24et puis
17:25on fait main basse
17:26sur tout ce qu'on trouve.
17:28L'ennui,
17:29c'est que
17:30le Basque
17:31et ses amis
17:32se sont servis
17:33personnellement.
17:34Lafon n'aime pas ça.
17:35Il aime
17:36qu'on lui rapporte tout.
17:38Et il a dit
17:38aux Basques
17:39et aux autres
17:40qu'il les trouvait
17:42indélicats.
17:43C'est un mot
17:45qu'on n'entend jamais
17:46avec plaisir
17:46Rue Lhoriston.
17:48Et les autres
17:49n'ont qu'une envie
17:51mettre l'océan
17:52tout entier
17:53entre Lafon et eux.
17:55Alors,
17:56quand Francine
17:56et maquilleurs
17:58de cinéma
17:58leur disent
17:59il y a une filière,
18:00c'est cher,
18:01oui,
18:02parce que les prix montent.
18:03On passera
18:03à 50 000 francs
18:04et puis à 100 000 francs.
18:05C'est cher,
18:06mais ça vaut mieux
18:07que
18:08d'aller au cimetière.
18:10Eh bien,
18:11les trouvants
18:12vont directement
18:12où ils le sont
18:15et ils emmènent
18:16leur gagne-pain,
18:16c'est-à-dire
18:17leur femme.
18:19Ni les trouvants
18:20ni les femmes
18:23ne réapparaîtront,
18:24on ne les reverra
18:25plus jamais.
18:28un peu plus tard,
18:29il y aura
18:29un couple
18:31de juifs allemands,
18:33les knellers,
18:35avec leurs petits garçons.
18:38On ne les reverra plus.
18:41Mais l'étrange
18:42de l'affaire,
18:42voyez-vous,
18:43c'est que
18:43Petiot,
18:46qui fait disparaître
18:47les cadars,
18:49garde les vêtements
18:50et on retrouvera
18:53chez un ami
18:54à lui,
18:55en province,
18:5747 valises
18:58bourrées de vêtements
19:00et dans une de ses valises
19:01on trouvera
19:02un petit pyjama
19:08Vous savez,
19:08quand il y a
19:09des gens qui,
19:10dans les bars,
19:12parlent d'une filière
19:13et d'un certain
19:14docteur Eugène,
19:16ça finit par se savoir.
19:18Et la police allemande,
19:21qui a de grandes oreilles
19:23et ses oreilles
19:23traînent partout,
19:26se dit qu'il serait bien
19:27intéressant de mettre
19:28la main sur ce docteur Eugène.
19:31Alors,
19:32pour le prendre
19:33sur le fait,
19:34on lui envoie
19:35ce qu'on appelle
19:35un mouton.
19:38C'est un malheureux
19:39Israélite
19:40en partance
19:41pour les camps
19:42de la mort
19:42à qui on va raconter
19:43des choses
19:46affreusement fausses,
19:47à qui on va mentir
19:49honteusement.
19:51C'est cet Yvan
19:52dont on va se servir.
19:54Et Yvan est chargé,
19:55en sortant du camp
19:56de Compiègne,
19:57de prendre contact
19:57avec le docteur Eugène
19:59et de lui donner rendez-vous
20:00aux Champs-Elysées
20:01près de la Concorde.
20:02Et il y va.
20:03Petiot y va.
20:05Et les deux hommes
20:06parlent.
20:07Et la police allemande
20:08est derrière.
20:09Mais Petiot
20:10n'est pas tombé
20:11de la dernière pluie.
20:12Voyons, Petiot
20:13se rend compte
20:13qu'on les suit.
20:15Et il va réussir
20:16à semer les poursuivants.
20:17Il est fort, Petiot.
20:19Il emmène Yvan
20:2021 rue Le Sueur.
20:22On ne verra plus jamais Yvan.
20:28Mais les Allemands
20:29sont furieux.
20:31Alors ils s'en prennent
20:32au rabatteur.
20:32On en arrête deux.
20:33On les interroge.
20:34Oh, ils ne font pas
20:35beaucoup de manières.
20:35Ils disent tout de suite.
20:36Vous savez,
20:37le docteur Eugène,
20:37c'est le docteur Petiot,
20:38et on va arrêter, Petiot.
20:42Et on va l'interroger
20:43comme savait
20:45interroger la police allemande
20:46d'abord rue des Saussées,
20:47ensuite avenue Henri Martin.
20:49La baignoire,
20:50le fameux supplice
20:51de la baignoire,
20:51jusqu'à ce qu'on suffoque,
20:53on retire la tête,
20:54on replonge la tête,
20:56on croit mourir,
20:57et on parle.
20:58Et il ne parle pas, Petiot.
21:00Et puis on lui lime les dents.
21:03Il ne parle pas.
21:04On lui serre la tête
21:05dans un casque
21:06qui se referme.
21:07Il ne parle pas.
21:09On le ramène chaque soir
21:11dans sa cellule sanglant,
21:13brisée,
21:14et il fait l'admiration
21:15de ses compagnons de cellule
21:17qui, eux,
21:17sont de vrais résistants,
21:19des patriotes,
21:20des héros
21:20du combat dans l'ombre
21:21contre l'occupant.
21:23Il y a là des communistes.
21:25Et ces communistes
21:26admirent Petiot,
21:27admirent son courage.
21:29Et eux,
21:30qui sont des militants
21:31de leur parti,
21:34lui parlent de ce parti d'eux.
21:36Leur activité
21:37dans ce parti,
21:38et ils coûtent.
21:40Et ils emploient
21:41leur vocabulaire à eux.
21:43Par exemple,
21:43ils disent que
21:44un communiste
21:45doit faire sa biographie
21:46régulièrement
21:47et la présenter à ses chefs.
21:50Dans leur vocabulaire,
21:52c'est la bio.
21:53La bio.
21:54Ils notent.
21:56Intérieurement.
21:56Petiot.
21:59Et comme il est fort,
22:01il a réussi à persuader
22:02les allemands
22:02qu'il n'était rien.
22:03Il dit,
22:04je ne suis qu'un petit roi,
22:06je ne le vrai passeur,
22:06c'est Robert Martinetti.
22:08Mais où le rencontrez-vous,
22:10ce Martinetti ?
22:11Oh,
22:12quelquefois dans des cafés,
22:13vous savez,
22:13c'est toujours lui qui m'appelle,
22:14je n'ai jamais pu l'appeler.
22:16Bon,
22:16il n'existe pas,
22:16naturellement,
22:17Robert Martinetti.
22:19Et Jotkomm,
22:20le policier allemand
22:21qui l'a interrogé,
22:22finit au bout de huit mois
22:23par le libérer,
22:24tout en lui demandant
22:25de lui verser 100 000 francs.
22:26Vous voyez,
22:27la morale aussi est totale
22:29dans cette police allemande.
22:31Il verse les 100 000 francs.
22:32Il est épuisé,
22:34brisé,
22:34il se repose à Hausset
22:37et puis il revient à Paris.
22:46Le 9 mars 1944,
22:50les habitants de la rue Le Sueur
22:53sentent tout à coup
22:54une odeur
22:56nauséabonde,
22:57âcre,
22:58peu à peu insupportable.
23:00Il fait très beau
23:01au mois de mars 1944.
23:03C'est un printemps précoce.
23:06Alors les gens ont ouvert
23:07leurs fenêtres,
23:09mais l'odeur s'engouffre
23:10dans les appartements.
23:11On espère que cela va cesser,
23:13on regarde d'où elle peut venir
23:15et l'on voit que
23:16de la cheminée
23:17de l'hôtel particulier
23:18du 21 rue Le Sueur
23:19s'élève une épaisse fumée.
23:20C'est cela, on se dit
23:22ça va s'éteindre.
23:23Ben non, le 10, ça continue.
23:25Et l'odeur épouvantable,
23:27l'odeur horrible
23:28dont on parlait
23:29tous les gens
23:30qui habitaient là.
23:33Le 11, l'odeur toujours,
23:34la fumée toujours.
23:36Et à 18h,
23:37quand M. Marsé
23:37qui habite juste en face
23:39du 21,
23:40rentre chez lui,
23:41après son travail,
23:42il trouve sa femme en larmes
23:43qui lui dit
23:44je ne peux plus,
23:45je ne peux plus,
23:45fais quelque chose.
23:48et M. Marsé
23:49va téléphoner à la police.
23:52Quelques temps plus tard,
23:53arrivent deux agents cyclistes,
23:55ceux qu'on appelait
23:55les hirondelles,
23:56à cause de leur pèlerine.
23:58Ils descendent,
23:59ils sonnent,
24:00personne ne répond.
24:02Ils ne savent pas quoi faire.
24:05Et voilà que surgit
24:06la concierge du 23,
24:08l'immeuble voisin,
24:10qui dit
24:10moi je sais
24:13à qui appartient
24:14l'hôtel,
24:15c'est le docteur Petiot
24:16rue Comartin,
24:17j'ai même le numéro
24:18de téléphone,
24:18il me l'a donné
24:19au cas où il se passerait
24:20quelque chose
24:20pour que je le préviens.
24:22Ah, très bien,
24:23dit un des agents
24:24qui va téléphoner.
24:26Et
24:28il a au téléphone
24:29le docteur Petiot.
24:30Allô, le docteur Petiot,
24:31oui c'est moi.
24:32Il y a un feu de cheminée
24:33chez vous docteur.
24:35Silence,
24:36ça l'apparaît.
24:38Vous n'êtes pas entré.
24:39Ah non,
24:40on n'a pas les clés.
24:41Bien,
24:42attendez-moi,
24:42j'arrive,
24:43j'apporte les clés.
24:45Et les agents attendent.
24:46Il y a une petite foule
24:47maintenant autour d'eux,
24:49ce sont les gens de la rue
24:50qui attendent
24:51qu'on fasse quelque chose.
24:53Et les agents
24:54qui s'appellent Tessier
24:55et Fillon
24:56attendent aussi.
24:57Et puis le temps passe,
24:58il ne vient pas
24:58ce docteur Petiot.
24:59Et s'il leur avait posé
25:00un lapin,
25:01les gens s'impatientent.
25:02Il faut faire quelque chose.
25:04Bon,
25:05dit l'un d'eux,
25:05on va appeler les pompiers.
25:07On téléphone aux pompiers
25:08qui sont là
25:08quelques minutes après
25:11et immédiatement
25:13on déploie
25:13l'échelle traditionnelle.
25:16Monte un caporal
25:18avec deux hommes
25:19qui au premier étage
25:20brisent une vitre
25:21et rentrent dans une pièce.
25:23La nuit est tombée
25:24entre temps.
25:26Et c'est à la lueur
25:28de leur lampe-torche
25:29qu'ils voient
25:29des ordres étonnants
25:30des meubles
25:32hétéroclites
25:33couverts de poussière.
25:34Ils passent
25:35dans une seconde pièce,
25:37même désordre,
25:38même meubles
25:39couverts de poussière.
25:40Ils passent sur le palier
25:41et là,
25:41l'odeur
25:42leur saute au visage.
25:44Et c'est l'odeur
25:45qui va les guider.
25:46C'est de la cave
25:48que cela vient,
25:49ils s'engouffrent
25:49dans l'escalier,
25:50rentrent dans la chaufferie.
25:54Et là,
25:55ils voient
25:55deux chaudières
25:56qui ronflent.
25:58Et l'une d'elles,
26:00la chaudière principale,
26:02à sa porte
26:02entre-ouverte,
26:03c'était ça l'erreur.
26:04On n'avait pas
26:05refermé la porte.
26:06C'est pour ça
26:06qu'il y avait
26:07le cheminé.
26:09Et par cette porte
26:11ouverte
26:11pend un bras humain.
26:15Ils promènent
26:17épouvantés
26:17le faisceau
26:18de leur lampe-torche
26:19et partent.
26:20Des troncs
26:21ensanglantés,
26:21et des membres
26:22des crânes.
26:24Alors,
26:24ils s'enfuient.
26:26Ils remontent.
26:27Ils ouvrent
26:28la porte de la rue
26:29de l'intérieur.
26:30Ils le voient là-dehors.
26:30Ils disent aux agents,
26:32c'est vous que ça regarde,
26:33il y a plein de cadavres
26:34là-dedans.
26:36Et voilà les agents
26:37qui descendent,
26:37qui remontent
26:38à leur tour.
26:39L'un d'eux va téléphoner
26:40au Café Le Crocodile
26:41au coin de l'avenue
26:42de la Grande Armée
26:43au commissariat.
26:45Envoyez quelqu'un,
26:46il y a des cadavres.
26:49Et à ce moment-là,
26:51arrive un homme
26:52sur un vélo.
26:54Il entre
26:54dans l'hôtel,
26:56pose son vélo.
26:58Le caporal pompier
26:59lui dit
26:59« Qu'est-ce que vous venez
27:00faire ? »
27:00« Je suis le frère
27:01du propriétaire. »
27:17Il descend au sous-sol,
27:20considère avec un calme
27:21absolu les cadavres,
27:23remonte,
27:25dit aux pompiers
27:26« On est entre français,
27:27j'espère. »
27:28« Naturellement,
27:29dit le pompier. »
27:32Et aux policiers
27:32qui s'approchent
27:33à Tessier et Fillon,
27:35il dit
27:35« Je suis un chef
27:38de la Résistance.
27:40Tous ces cadavres
27:41sont des cadavres
27:42d'Allemands
27:42et de collaborateurs.
27:45Je sais que je puis
27:46avoir confiance en vous.
27:47Maintenant,
27:47il faut que je m'en aille.
27:49Il y a 300 dossiers
27:51à détruire.
27:51Il faut sauver
27:52des patriotes.
27:54Et
27:56les deux policiers,
27:58comme un seul homme,
28:01ils disent
28:02« Oui,
28:02filet,
28:03on n'a rien vu. »
28:06Extraordinaire
28:08présence d'esprit
28:09de Petiot.
28:11Il vient
28:11de tenir
28:12le langage
28:13qu'il fallait tenir
28:15au mois de mars
28:161944.
28:18À ce moment-là,
28:19à part
28:22une toute petite minorité,
28:26si l'on disait
28:27à des gens
28:27« Je suis de la Résistance »,
28:31immédiatement,
28:31l'interlocuteur
28:32fermait les yeux.
28:33Allez,
28:34allez,
28:34vite.
28:36Et il part
28:36dans la nuit.
28:39Et on ne le retrouvera
28:41que le 31 octobre 1944.
28:43Nous sommes
28:44le 11 mars 1944.
28:46L'enquête a été
28:47confiée
28:48au commissaire Massieu.
28:49On a poursuivi
28:49Petiot partout.
28:51On ne l'a pas trouvé.
28:51On a arrêté sa femme.
28:54On a arrêté
28:55Maurice Petiot
28:55parce que,
28:56en fouillant l'hôtel,
28:58on a trouvé
28:59une grande fosse
29:00dans la cour.
29:02pleine de cadavres,
29:05remplie de chaux-vives.
29:08Et l'on a découvert
29:10que c'était
29:11Maurice Petiot
29:13qui,
29:15avec une camionnette,
29:16avait apporté
29:17lui-même
29:17la chaux-vive
29:18rue Le Soin.
29:20Alors,
29:22on cherchait,
29:23on ne trouvait pas.
29:24Et Petiot s'amusait.
29:26Un jour,
29:27il a adressé un mot
29:28au commissaire Massieu.
29:29ainsi conçu.
29:32Il court,
29:33il court,
29:33le Petiot.
29:37Et puis,
29:38c'est le débarquement,
29:40la libération.
29:46Août 1944,
29:49l'insurrection de Paris.
30:03On voit un homme barbu
30:04sur les barricades
30:05qui se bat,
30:06qui se bat bien.
30:08Et cet homme-là,
30:09c'est Petiot.
30:12Et il le dit d'ailleurs
30:13à l'un de ceux
30:14qui se battent près de lui.
30:17Il dit,
30:19tu sais comment je m'appelle ?
30:20Je suis le docteur Petiot.
30:23Naturellement,
30:24j'espère que tu ne crois pas
30:25un mot de tout ce que la presse
30:26aux ordres des Boches
30:27a pu dire.
30:30Oui,
30:30j'ai fait le ménage.
30:32Mais tous ceux que j'ai tués,
30:33c'était des collabos.
30:35Et les Boches,
30:35et l'autre,
30:36elle s'est récriée
30:36d'admiration.
30:38Et puis,
30:39à quelque temps de là,
30:40le même Petiot,
30:41avec sa barbe,
30:43se présente
30:43à la caserne
30:44de Ruy.
30:47Il avait des papiers,
30:48des faux papiers,
30:49ou plutôt des vrais papiers
30:50parce que c'était ceux
30:51d'un prisonnier
30:52qu'il avait emprunté,
30:54un certain Wetterwald.
30:56Il est reçu
30:57par le colonel
30:59qui le renvoie
31:01à l'un de ses collaborateurs,
31:04à nommer R.
31:06Je ne prononce pas de nom
31:07parce qu'il est inutile
31:09de ranimer
31:10d'anciennes querelles.
31:14Et ce R qui est chef
31:15du deuxième bureau
31:20l'engage comme adjoint.
31:22Il est lieutenant
31:22dans l'après-midi même.
31:24Quelques jours après,
31:25il est capitaine.
31:27Et là,
31:27on se pose des questions.
31:29Tous ces gens
31:30à la caserne de Ruy
31:31ont-ils su
31:31que c'était Petiot
31:33qu'ils recevaient ?
31:35J'ai eu entre les mains
31:38le procès-verbal
31:39d'interrogatoire
31:40de Petiot,
31:40le premier,
31:42le jour même
31:42de son arrestation.
31:43On lui demande
31:44est-ce que vos chefs
31:45savaient qui vous étiez ?
31:46Oui, répond Petiot.
31:47Alors on peut se dire
31:47Petiot est un menteur,
31:48il a raconté n'importe quoi.
31:50Mais non,
31:51nous avons un autre témoignage
31:54d'un militaire
31:55qui était à la caserne de Ruy
31:56et qui raconte
31:58au bout de très peu de jours
32:02la plupart des officiers
32:04de la caserne de Ruy
32:05ont su
32:07que Vetterwald
32:07était Petiot.
32:09Mais alors comment
32:10ne l'ont-ils pas dénoncé
32:12à la police ?
32:13Pour répondre,
32:15il faut se souvenir
32:16du climat de l'époque.
32:35Après l'extraordinaire accueil de Paris,
32:39De Gaulle a dû se préoccuper
32:41de remettre la France en ordre.
32:44car c'est la tâche
32:45que s'est fixée
32:46le général De Gaulle
32:47et on ne peut
32:48qu'admirer
32:50ce qu'il a réussi
32:51pendant ce mois de septembre
32:53et pendant ce mois d'octobre.
32:54D'abord,
32:56son grand voyage
32:57à travers les provinces
33:01parce qu'il y a des régions
33:03qui n'acceptent pas
33:08le pouvoir central.
33:12Alors justement,
33:13tous ces groupes
33:14qui forment des états
33:16dans l'état de Gaulle
33:17veulent les convaincre d'abord,
33:19les persuader,
33:21mais aussi
33:22s'ils se rebifent,
33:25les mettre au pas,
33:26c'est dans son caractère.
33:28Les forces françaises
33:29de l'intérieur
33:31sont des forces militaires
33:32issues de la résistance,
33:34mais ce sont des forces militaires,
33:35on va donc
33:36les intégrer dans l'armée.
33:39Un problème pourtant
33:40avec ce qu'on appelle
33:42les milices patriotiques
33:43nées de la résistance,
33:46nées du Conseil National
33:47de la Résistance
33:48pour assurer l'ordre
33:49à la libération.
33:50Elles sont armées,
33:51ces milices patriotiques.
33:53Disons que
33:53les communistes
33:54y jouent un rôle prédominant.
33:57Sur le sol de la patrie,
33:59ni un bolche,
34:00ni un traîne.
34:03Et quand De Gaulle apprend
34:05le 23 octobre
34:061944,
34:09qu'un maubeuge,
34:10deux collaborateurs
34:11condamnés à mort
34:11et qui l'avaient gracié,
34:13viennent d'être exécutés
34:14par les milices patriotiques,
34:16il déclare
34:17ça n'est plus supportable.
34:19Il appelle Adrien Tixier,
34:21le ministre de l'Intérieur,
34:22dans la nuit
34:22et le lendemain
34:24au Conseil des ministres,
34:25on annonce la dissolution
34:27des milices patriotiques.
34:29Il y a deux ministres
34:30communistes au gouvernement,
34:32Thillon et Billou,
34:36et De Gaulle
34:37les regarde bien en face.
34:39Messieurs,
34:41avez-vous quelque chose
34:42à dire ?
34:43Et les deux ministres
34:45communistes
34:45n'ont rien à dire.
34:47En tout cas,
34:48ils ne disent rien.
34:49il faut dire que la priorité
34:51donnée par Jacques Duclos,
34:53qui dirige par intérim
34:54le parti communiste
34:55à cette époque,
34:57la priorité,
34:59c'est d'obtenir
35:00que Maurice Thorez,
35:02condamné pour désertion
35:03en 1939
35:04et qui est à Moscou,
35:06revienne en France
35:07et prenne,
35:08si faire se peut,
35:09sa place dans le gouvernement.
35:11Alors,
35:11on accepte la dissolution
35:13des milices patriotiques.
35:15Donnant,
35:15donnant,
35:15certains
35:16l'ont affirmé.
35:18En tout cas,
35:18Thorez reviendra
35:19et sera vice-président
35:21du Conseil.
35:23Mais Petiot,
35:27eh bien,
35:27Petiot,
35:31lui,
35:32quand on l'arrêtera,
35:35quand on le fouillera,
35:37on trouvera sur lui
35:39la carte du parti communiste,
35:43la carte de membres
35:44de France-URSS
35:46et la carte des milices
35:48patriotes.
35:51Comment a-t-il pu
35:53obtenir tout cela ?
35:57Nous savons par notre témoin
36:02que le premier jour,
36:05Petiot
36:06est entré très facilement
36:08dans cette caserne.
36:08Non,
36:08on n'y entrerait pas facilement.
36:11Et pourtant,
36:12Petiot rentre
36:12comme dans un moulin.
36:13Et nous savons
36:14qu'il est resté longtemps
36:15avec le commandant R.
36:18Le commandant R
36:19était membre du parti
36:20de France.
36:22Et c'est le commandant R
36:23qui fera de lui
36:24un lieutenant,
36:25puis un capitaine,
36:27et qui dans des délais
36:28extrêmement courts
36:30lui procurera
36:31la carte
36:32du parti communiste.
36:33Alors vous vous dites
36:34oui,
36:35à cette époque-là,
36:35le parti communiste
36:36recrute,
36:36comme on dit,
36:37à tout va.
36:37Mais non,
36:38pas du tout !
36:39C'est vrai que l'opinion
36:41est favorable
36:41au parti communiste.
36:42On se souvient
36:44d'abord
36:47des offensives
36:50magnifiques
36:50de l'armée soviétique
36:52et puis du travail
36:54indiscutable,
36:55accompli dans la résistance
36:56par les communistes.
36:57Se pénétrer du principe
36:59que le succès
37:00est fonction du nombre,
37:01qu'un recrutement massif
37:02doit être entrepris
37:03immédiatement.
37:04La mission des FFI
37:06de la région
37:06Île-de-France
37:07est ouvrir la route
37:08de Paris
37:09aux armées alliées
37:10victorieuses
37:10et les y accueillies.
37:11Le colonne-chef
37:12régional rôle.
37:14Mais ce n'est pas
37:15pour cela
37:15que le parti communiste
37:18a dévié
37:19de ses habitudes.
37:21Il est méfiant.
37:23Il est toujours
37:24obsédé par le fait
37:25que l'on pourrait
37:26s'infiltrer
37:27dans ce parti.
37:28Alors on fait
37:29toujours des enquêtes
37:30approfondies.
37:31On ne donne pas
37:32les cartes comme ça
37:32du jour au lendemain.
37:33Et pourquoi est-ce
37:34qu'il a sa carte tout de suite ?
37:35Alors maintenant
37:36que nous avons
37:37toutes les informations
37:37en main,
37:40je crois que nous
37:40pouvons reconstituer
37:43tout cela.
37:45Nous souvenir
37:46que Petiot
37:47passe huit mois
37:48en cellule
37:50avec des communistes.
37:53Qu'il parle
37:54devant lui.
37:55Qu'il apprend
37:56tout d'eux.
37:59Et s'il est si bien
38:00reçu à Ruey
38:01ou disons-le,
38:03la majorité des responsables
38:05sont communistes,
38:06c'est parce qu'il a
38:07l'habileté
38:08de se présenter
38:09comme un vieux
38:10militant.
38:11Il sait
38:12qu'il n'y a plus
38:13de fichier
38:13du parti communiste.
38:14Les Allemands
38:15l'ont détruit,
38:16emporté.
38:17Il ne risque rien.
38:20Il ne suffit pas
38:21de dire
38:21je suis un vieux militant,
38:22il faut parler
38:23comme un vieux militant.
38:24Or il parle
38:24comme un vieux militant.
38:28Et ces gens
38:29le croient.
38:31Et quand il ajoute
38:32et maintenant
38:33je dois tout vous dire,
38:34je ne m'appelle pas
38:35Deterbalt,
38:35je suis le docteur Petiot.
38:40Et c'est vrai,
38:41j'ai tué
38:41beaucoup de monde.
38:43Beaucoup plus
38:44que nous en ont dit
38:44les journaux des Boches,
38:46les journaux de Pétain.
38:48J'ai tué
38:50des ennemis de la France.
38:51On le croit aussi.
38:57Et c'est pour ça
38:58que très vite
38:59on lui donne sa carte
39:00du parti communiste
39:01et pour faire bonne mesure
39:02il demande à adhérer aussi
39:03aux milices patriotiques
39:05et à France-URSS.
39:07Il n'y a que
39:08de cette façon
39:10que l'on peut expliquer
39:11ce mystère-là.
39:14Mais Petiot
39:15est toujours Petiot,
39:16il est en place,
39:16chargé de l'épuration,
39:18ce qui est extravagant.
39:20Et comme tel,
39:22il envoie
39:24des commandos
39:25ici ou là
39:27chez des collaborateurs
39:28qu'on lui a dénoncés.
39:30Ils le sont
39:31ou ils ne le sont pas.
39:34Ce qui intéresse Petiot,
39:35c'est la situation sociale
39:37du collaborateur en question.
39:39Il voit d'après l'adresse,
39:40d'après la profession,
39:41si c'est intéressant,
39:43si ça peut être juteux,
39:44comme on dit.
39:46Exactement ce qu'on faisait
39:48pendant l'occupation
39:49avec les Juifs.
39:50Là, maintenant,
39:51sont les collaborateurs.
39:53Alors,
39:54ou bien on les passe à tabac,
39:56on les arrête.
39:59En tout cas,
40:00on vide leur appartement
40:01et on apporte tout ça
40:03à Petiot.
40:04et précisément,
40:05c'est cela
40:06qui va le perdre.
40:07On lui avait dénoncé
40:08le maire de Tassancourt,
40:10ni résistant,
40:11ni collaborateur,
40:12un homme âgé,
40:14riche,
40:15et qui possède
40:16une collection de timbres
40:17d'une grande valeur.
40:19Une nuit,
40:20trois hommes y arrivent,
40:21envoyés par Petiot.
40:24L'homme ne veut pas dire
40:25où est la collection de timbres.
40:26Alors, on le torture,
40:27on le torture.
40:27Ça dure des heures.
40:28Horrible.
40:30Il finit par dire
40:32où est la collection.
40:33On l'apprend,
40:34on s'en va,
40:35il va mourir
40:35quelques temps plus tard.
40:38C'est le temps
40:39où s'accumulent
40:41sur le bureau
40:42du général de Gaulle
40:42des plaintes,
40:43de plus en plus nombreuses.
40:45On parle
40:46sous le masque
40:47de la résistance,
40:48d'assassinat
40:48suivi de vols
40:49et de pillages.
40:50Le général de Gaulle
40:51n'est pas homme à supporter
40:53que l'on défigure
40:55la résistance.
40:56Il donne l'ordre
40:57au colonel Payol
40:58de faire cesser
41:00cette chianlée.
41:00Il aime bien le mot.
41:02Le colonel Payol
41:03est directeur
41:04de la sécurité militaire.
41:06Et justement,
41:09rapport est fait
41:09au colonel Payol
41:10de ce qui s'est passé
41:11à Tassancourt.
41:12On décide de faire
41:12un exemple
41:13et Payol
41:15confie l'affaire
41:16à un policier chevronné,
41:19commissaire,
41:19qui est resté en place
41:20pendant l'occupation,
41:22mais qui a adhéré
41:23à la résistance
41:24dès 1941
41:26et qui a travaillé
41:27notamment
41:27avec le colonel Rémy.
41:29Et c'est le colonel Rémy
41:31qui l'a réclamé
41:31en arrivant en France.
41:34Il a reçu
41:34le grade
41:35de capitaine
41:36par assimilation
41:37à ses fonctions
41:38de commissaire.
41:40Il est le capitaine
41:41Simonin.
41:43Simonin,
41:45réglez-moi cette affaire.
41:46Il faut arrêter
41:47ces gens-là,
41:47dit Payol.
41:49Simonin
41:50connaît bien son métier.
41:5124 heures suffisent.
41:53Les malfaiteurs
41:54sont identifiés
41:55et 2 sur les 3
41:57sont arrêtés.
41:58Écroués à la prison
41:59de la santé,
42:00haute surveillance.
42:02Dès le lendemain matin,
42:03Simonin se rend
42:03à la santé,
42:05veut interroger
42:06les 2 garçons.
42:08Quand il arrive
42:08à la santé,
42:09on lui dit
42:09ils sont partis.
42:10Comment partis ?
42:11Et le directeur
42:12lève les bras au ciel,
42:13le directeur de la prison,
42:14figurez-vous
42:15qu'à l'aube
42:15est arrivé un officier
42:17FFI
42:17avec une forte escorte
42:18et il a enlevé
42:20les 2 détenus.
42:22Je les ai vus
42:23aller prendre
42:24dans le café d'en face
42:25le petit déjeuner.
42:27Ça, c'est plus
42:27que ne peut en supporter
42:28le capitaine Simonin.
42:30Il se rend
42:31immédiatement
42:32boulevard Suché,
42:34siège
42:34de la sécurité militaire,
42:37entre dans le bureau
42:38du colonel Payol
42:39pour lui dire
42:39son indignation
42:40et la coude théâtre.
42:43Il trouve
42:43en face
42:44du colonel Payol,
42:46un certain
42:47caporal
42:48salvage,
42:50l'un des 2 détenus
42:52arrêté la veille
42:53pour l'affaire
42:54d'état sans coup.
42:58Qu'est-ce qui est venu
42:59faire ce garçon ?
43:01C'est un garçon
43:02de 20 ans,
43:03de bonne famille
43:06et il se trouve
43:06d'ailleurs
43:07que le commandant
43:08R
43:09de la caserne
43:10de Ruy,
43:11chauffeur routier,
43:12travaillait
43:13pour les parents
43:14de Salva.
43:16C'est comme ça
43:17qu'il est entré
43:17à la caserne de Ruy
43:20et il s'est rendu compte
43:21qu'il s'était mis
43:21dans un mauvais cas.
43:23d'après lui
43:24il n'a pas participé
43:25à la torture
43:26ni à l'assassinat,
43:27il était chauffeur
43:27de la voiture
43:29et il voudrait
43:30qu'on passe
43:30l'éponge.
43:32Il s'est donc rendu
43:33là,
43:33boulevard Sucher,
43:34a d'abord été reçu
43:35par un lieutenant
43:37Gabrielli,
43:38il lui a dit
43:38j'ai un marché
43:39à vous proposer,
43:40vous me laissez partir,
43:42on oublie tout
43:43et moi je vous dis
43:44où est le docteur Petiot ?
43:48Un ennui c'est que
43:49le lieutenant Gabrielli
43:50arrive directement
43:51de Londres
43:51et n'a jamais entendu
43:52parler de docteur Petiot
43:53mais quand on en parle
43:54à Payol il sait lui
43:55qui est Petiot
43:58et il dit à Simonin
44:00si vous trouvez Petiot
44:01prenez-le.
44:03Simonin
44:03interroge
44:04Salva
44:05et Salva
44:07lui dit
44:07c'est moi qui le loge
44:09je lui prête
44:10un studio
44:10qui appartient
44:11à mes parents
44:11près de la piscine
44:12des Tourelles
44:13et il donne
44:15les horaires
44:16de Petiot
44:16et il parle aussi
44:18de ses supérieurs
44:19de Rui
44:22révèle comme d'autres
44:23le diront
44:24qu'ils savent
44:25qui est Petiot
44:26et qu'ils le protègent
44:30alors Simonin
44:31décide
44:32que l'on n'ira
44:33certainement pas
44:34arrêter
44:35Petiot à Rui
44:36mais qu'on l'enlèvera
44:38et voilà pourquoi
44:40le lendemain
44:4031 octobre
44:42à 8h du matin
44:42trois hommes
44:44le soulier
44:45les lieutenants
44:46Vian
44:46les lieutenants
44:48Surville
44:48et Gabrielli
44:51ceinture
44:52et passe
44:52les menottes
44:53à Petiot
44:54Simonin est là
44:55qui l'emmène
44:56qui l'interroge
44:57et tout de suite
44:59Petiot le prend de haut
45:02vous n'avez pas
45:03honte
45:05alors vous vous permettez
45:06d'arrêter
45:07un héros
45:07de la résistance
45:10et il raconte
45:12que dès 41
45:13il était dans la résistance
45:14il parle du groupe
45:15arc-en-ciel
45:16auquel il a appartenu
45:18du groupe
45:19Flytox
45:20qu'il a créé lui-même
45:21avec des camarades
45:22pour exécuter
45:23les collaborateurs
45:24et les allemands
45:25il parle des 63
45:28allemands
45:29et collaborateurs
45:29qu'il a exécutés
45:33désormais
45:34c'est toujours
45:35la thèse
45:36qu'il soutiendra
45:36je suis un héros
45:39oui mais
45:40on le confrontera
45:42avec des résistes
45:44des vrais
45:46ils lui poseront
45:47des questions
45:50ils lui demanderont
45:51de démonter
45:52le mécanisme
45:53des groupes
45:54et des réseaux
45:56auquel il a appartenu
45:58de nommer
45:59certains camarades
46:04de démonter
46:05les liens
46:07qui réunissaient
46:08les réseaux
46:09et les groupes
46:09de résistance
46:10et là il est incapable
46:11de dire quoi que ce soit
46:12pas une adresse
46:13rien
46:15témoignage
46:15en conclusion
46:17des résistances
46:18et dans leur rapport
46:19il est évident
46:20que le surpetiot
46:21n'a jamais
46:22ni de près
46:23ou de loin
46:24appartenu
46:25à aucun mouvement
46:26de résistance
46:28et puis le 18 mars
46:301946
46:31son procès
46:32s'ouvre
46:35il faut croire
46:36que le crime
46:36garde une fascination
46:38dans le monde entier
46:39le docteur Petiot
46:40fait aujourd'hui
46:41autant de bruit
46:42que n'a guère
46:42le fameux Landru
46:43et qu'était Landru
46:44à côté de Petiot
46:45qui selon l'accusation
46:46compte 27 victimes
46:48et selon sa propre
46:49comptabilité
46:4963
46:50aux assises
46:52devant le décor
46:53des 72 valises
46:54volées aux morts
46:55l'avocat général
46:55monsieur Dupin
46:56l'accusé
46:57et son défenseur
46:59maître Floriot
46:59se dispute la tête
47:01de celui qui tour à tour
47:02violent, ironique
47:03amer, plaisant
47:04ou méprisant
47:05joue avec fureur
47:07son rôle
47:07de vedette du crime
47:12j'étais jeune
47:13mais
47:13j'ai eu la chance
47:15d'assister
47:15je dis la chance
47:16pourquoi pas
47:17d'assister
47:18à une des audiences
47:22et je revois encore
47:23Petiot arriver
47:24au début de l'audience
47:26il a rasé sa barbe
47:28il est de taille moyenne
47:30les cheveux sont bruns
47:32il arrive
47:33il y a un monde fou
47:35on se bat
47:35pour assister aux audiences
47:36il y a des vedettes
47:38il y a des écrivains
47:40il est debout
47:41les gens sont assis
47:42et il promène
47:44son regard
47:46sur cette foule
47:47qui est un regard
47:48de mépris
47:51de dédain
47:52suprême
47:53il enlève son imperméable
47:55il le plie soigneusement
47:56le pose
47:58sur le rebord
48:00du box des accusés
48:01il s'assied
48:05je revois les témoins
48:07qui défilaient
48:08et qui accablaient
48:10Petiot
48:10les informations
48:13succédées aux informations
48:14l'évidence du crime
48:16éclatait
48:17à chaque heure
48:20qui aurait pu douter
48:22mais voilà
48:23c'est qu'il y avait
48:23Florio
48:24maître Florio
48:25grand avocat
48:27et qui a saillé
48:29ces témoins de question
48:31parce que pour lui
48:33ceux qui accusaient
48:35Petiot
48:35étaient des amis
48:36de l'Allemagne
48:37c'était sa tactique
48:39je revois
48:41cette dame
48:42en noir
48:42la veuve
48:43d'une des victimes
48:44de Petiot
48:46une femme juive
48:50et cette femme
48:51à qui Florio
48:53lançait
48:54mais madame
48:55votre mari
48:57était juif
48:58mais il était
48:59également
49:00collaborateur
49:01et Petiot
49:03qui se dresse
49:03et qui dit
49:04il a tout
49:05trahi
49:06sa religion
49:07sa patrie
49:08sa race
49:09et les hurlements
49:10de la foule
49:10ce que faisait
49:12Florio
49:12était affreux
49:14mais c'était
49:15la seule possibilité
49:16pour lui
49:16de sauver
49:17son client
49:18c'était une stratégie
49:22extraordinaire
49:23et il arrivait
49:24à semer le trouble
49:27quelquefois
49:28on ne savait plus
49:28les jurés eux-mêmes
49:29ne savaient plus
49:30mais alors
49:30qui a fait quoi
49:33mais malgré tout
49:34c'était
49:37ingagnable
49:38cette cause-là
49:40et Petiot
49:41qui quelquefois
49:43ne sachant plus
49:45quoi répondre
49:45invectiver le président
49:47le procureur général
49:48en tout cas
49:49moi
49:49messieurs
49:50je n'ai pas prêté
49:51serment à Pétain
49:52comme vous
49:53et c'était vrai
49:54tous les magistrats
49:54avaient prêté serment
49:55au maréchal
49:58et arrive le jour
49:59
50:00Florio plaide
50:03six heures
50:04de plaidoiries
50:04sans un verre d'eau
50:05six heures
50:07d'affilé
50:08un chêneur
50:10n'on pouvait pas
50:12sauver Petiot
50:13avec un chêneur
50:15condamné à mort
50:41le 25 mai 1946
50:44à 4h45 du matin
50:46la porte de la cellule
50:48dans le quartier
50:49des condamnés à mort
50:50la cellule de Petiot
50:51s'ouvre
50:53entre le directeur
50:54de la prison
50:56monsieur Dupin
50:57avocat général
50:58qui a requis la mort
50:59le juge d'instruction
51:01Goletti
51:03maître Florio
51:06Dupin s'approche
51:07du lit
51:07où repose
51:08Petiot
51:10ayez du courage
51:11Petiot
51:11c'est l'heure
51:13l'autre se dresse
51:14il crache
51:15à la figure
51:16de l'avocat général
51:17tu me fais chier
51:20et sans se démonter
51:21monsieur Dupin
51:22dit avez-vous
51:24quelque chose à dire
51:25des révélations
51:26à faire
51:26Petiot
51:27je les ai faites
51:28tu me fais chier
51:31il se lève
51:32s'apaise
51:34regarde les hommes
51:36et avec en face
51:37les saluts
51:38messieurs
51:40un sourire
51:41pour maître Florio
51:44vous allez bien
51:45mon cher maître
51:47il s'habille
51:49et crée à sa femme
51:50à son fils
51:52l'aumônier
51:54je n'ai pas besoin de vous
51:55monsieur l'aumônier
51:55excusez-moi
51:58on l'emmène
52:00maître Florio
52:01un jour
52:01m'a raconté
52:03ce moment
52:04le long couloir
52:06où Petiot
52:07marche
52:11et maître Florio
52:12m'a dit
52:13en tant qu'avocat
52:14j'ai accompagné
52:15malheureusement
52:16un certain nombre
52:16de gens
52:18à la guillotine
52:22j'en ai vu
52:23qui tremblaient
52:25j'en ai vu
52:26qui étaient lâches
52:28j'en ai vu
52:29qui se forçaient
52:32pour être digne
52:35mais il y avait
52:36toujours quelque chose
52:38qui montrait
52:39justement
52:39qu'il se forçait
52:40une certaine raideur
52:41qui n'était pas naturelle
52:45avec Petiot
52:48j'ai vu un homme
52:50qui allait à la mort
52:53avec une tranquillité telle
52:55qu'on avait l'impression
52:56qu'il se promenait
52:56dans un jardin
52:58aucune forfanterie
52:59il était lui-même
53:01et il n'avait pas peur
53:04monsieur Défourneau
53:05l'attend
53:06le bourreau
53:08on échancre sa chemise
53:10on lui lit les mains
53:11et les pieds
53:12il dit à Florio
53:13tout à l'heure
53:14ne regardez pas maître
53:15j'aime autant
53:17on lui demande
53:20Petiot
53:22il faut dire la vérité maintenant
53:27parler
53:28il a un petit sourire
53:32il hausse les épaules
53:35et il dit
53:38je suis un voyageur
53:40qui emporte ses bagages
53:45il les emporte en effet
53:47parce qu'on ne sait toujours pas
53:49combien de gens il a tué
53:52on ne sait toujours pas
53:53comment il les tuait
53:54certains ont parlé
53:55d'un vaccin
53:56c'est possible
53:57il aurait dit à ces gens
54:01dans l'Amérique du Sud
54:02il y a des maladies
54:03je vais vous vacciner
54:05et bien sûr
54:06ce vaccin
54:06était un poison
54:08il nous aurait conduit
54:09ensuite pour se reposer
54:11dans
54:11le débarras triangulaire
54:13il aurait refermé
54:14la porte sur eux
54:15et par le viseur
54:17aurait assisté
54:18à leur agonie
54:20c'est possible
54:22c'est possible
54:22mais non démontré
54:23il y a autre chose
54:25la police a estimé
54:28à 200 millions
54:30l'ensemble des sommes
54:32dérobées aux victimes
54:34de Petiot
54:35par Petiot
54:36200 millions
54:38de 1944
54:40c'est énorme
54:42que sont devenus
54:43ces 200 millions
54:48quelqu'un a racheté
54:49l'hôtel particulier
54:50de la rue Le Sueur
54:52on l'a démonté
54:53pierre par pierre
54:55dans l'espoir
54:55de trouver le trésor
54:56de Petiot
54:58on n'a rien trouvé
55:01mais aujourd'hui
55:02que nous savons
55:03beaucoup plus de choses
55:05notamment sur ce qui s'est passé
55:07à la caserne de Roy
55:10est-ce que nous ne devons pas
55:12songer à ces commandos
55:14qu'envoyait Petiot
55:15dans Paris
55:16chez les collaborateurs
55:21est-ce que nous ne devons pas
55:22nous demander
55:22si un jour
55:23il n'a pas envoyé
55:24un commando
55:25rue Le Sueur
55:25en disant
55:26voilà les clés
55:28à tel endroit
55:29vous trouverez une boîte
55:30vous me la rapporterez
55:33puis le commando
55:34rentre
55:34à la caserne de Roy
55:37et apprend
55:38qu'on vient d'arrêter
55:38Petiot
55:41dans ce cas là
55:44le trésor
55:45du docteur Petiot
55:47n'aurait pas été perdu
55:48pour tout le monde
56:00la vie
56:02c'est la vie
56:07la vie
56:13la vie
56:14la vie
56:25est-ce que nous ne devons pas
56:27nous ne devons pas
56:27à la capitale
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