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Catherine Vautrin, ministre des Armées, était l’invitée du Face-à-Face de ce jeudi 9 avril sur BFMTV et RMC. Elle a notamment été interrogée sur la trêve au Moyen-Orient, l'augmentation du budget des Armées ou encore le potentiel retrait de l'Otan des États-Unis, envisagé par Donald Trump.
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00:02Il est 8h28 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Catherine Vautrin.
00:06Bonjour Apolline de Valère.
00:07Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions ce matin dans ce contexte évidemment où on est sur un
00:12fil.
00:13Vous êtes la ministre des armées, la ministre des armées et des anciens combattants en France.
00:17De nombreuses questions après votre présentation hier de la loi de programmation militaire pour adapter précisément nos armées à la
00:25situation qui est la nôtre aujourd'hui.
00:27Mais hier à la même heure, à cette heure-ci, vous étiez en plein conseil de défense à l'Elysée
00:34dans le contexte de ce cessez-le-feu particulièrement fragile.
00:37Quel va être le rôle de la France lorsque l'on voit qu'hier il y a eu des frappes
00:43massives au Liban,
00:45lorsque l'on voit que le détroit d'Hormuz n'a en réalité pas véritablement été réouvert ?
00:50Est-ce qu'il faut que la France soit davantage active ?
00:53Alors vous l'avez compris, depuis le premier jour, le président de la République a été extrêmement clair.
00:58La position de la France, c'est évidemment la protection de nos ressortissants.
01:02400 000 personnes sur zone au Proche et Moyen-Orient.
01:06Le deuxième élément, c'est de respecter les accords de défense qui sont les nôtres avec des pays avec lesquels
01:12nous sommes engagés à une aide au moment où l'Inde est agressée
01:16et demande l'aide de la France, ce que nous avons scrupuleusement respecté.
01:20C'est vrai avec les Émirats Arabes Unis, c'est vrai par exemple avec le Qatar, c'est vrai avec
01:25l'Arabie Saoudite,
01:25enfin je peux citer comme ça différents pays avec lesquels nous sommes très présents.
01:29Je suis d'ailleurs moi-même allée sur zone il y a maintenant 20 jours.
01:32Parallèlement à ça, troisième élément, la voie diplomatique.
01:36Parce que le sujet, et vous citiez Hormuz, le sujet c'est évidemment la capacité de discuter avec l'ensemble
01:44des partis.
01:44Emmanuel Macron a eu au téléphone un certain nombre de responsables hier.
01:48Pas plus tard qu'hier et on voit que depuis le premier jour, la stratégie du président de la République
01:52c'est de dire ce conflit n'est pas le nôtre.
01:54En revanche, il faut ramener chacun à non seulement un discours de paix, mais surtout un discours diplomatique qui permet
02:01de réouvrir Hormuz.
02:02Mais lorsque l'on entend par exemple le président qui effectivement hier matin dit le cessez-le-feu doit être
02:08respecté, y compris au Liban,
02:10qu'est-ce qu'il va faire ? Prier ou agir ?
02:12Mais il va, ce qu'il a fait hier, avec qui a-t-il parlé hier ? Avec Donald Trump,
02:17il a parlé avec l'Iran, il a parlé avec l'ensemble des pays concernés
02:21parce que c'est cette capacité à discuter et à négocier.
02:24Quand on parle de négociation, cela veut dire que nous partons de feuilles de route qui sont en général différentes
02:29et l'objectif c'est de rapprocher les partis.
02:31Et pour la France, et ça c'est un enjeu absolument majeur, notre volonté c'est évidemment que tout le
02:38monde, tous les fronts soient concernés
02:39et bien sûr le Liban est concerné.
02:42Quand j'entends ce matin certains dire, ah mais non non, dans l'accord il n'y a pas le
02:46Liban.
02:46Mais bien sûr que le sujet du Liban, et notre question n'est pas de savoir si c'est un
02:51sujet de Saal ou un sujet Hezbollah,
02:53la question c'est de dire qu'il faut absolument inclure le Liban dans l'accord de paix.
02:57C'est-à-dire qu'est-ce que vous dites à Saal, c'est-à-dire à Israël ?
03:00Je veux dire qu'il faut cesser le feu sur le Liban.
03:04La journée d'hier est absolument dramatique pour le Liban.
03:07Et notre volonté c'est d'accompagner le Liban.
03:11Qu'est-ce que veut dire accompagner le Liban ?
03:13Je vous rappelle que malheureusement ça n'a pas pu avoir lieu,
03:16mais le 5 mars dernier nous devions avoir à Paris une conférence avec tous les pays qui accompagnent le Liban.
03:22Donc quel était le sujet ? Le sujet était le désarmement du Hezbollah
03:27et surtout le renforcement des forces armées libanaises de façon à permettre à ce pays d'avoir une armée
03:33et de retrouver la souveraineté qui doit être la sienne.
03:36Alors du côté du fait de réussir effectivement à désarmer le Hezbollah, on voit bien que c'est manqué.
03:41Du côté du soutien à l'armée libanaise, est-ce que vous nous confirmez que la France a livré la
03:45semaine dernière au Liban
03:4739 véhicules d'avant-blindés ?
03:49Bien sûr que je vous confirme et d'ailleurs la ministre déléguée s'est rendue au Liban à ce moment
03:54-là.
03:55Alice Ruffaut est allée, nous avons livré 39 véhicules avant-blindés pour être précise
04:00et de la même manière nous sommes au côté des forces armées libanaises
04:05parce que l'idée c'est d'aider ces forces armées libanaises.
04:07Mais la difficulté à laquelle nous...
04:09Mais vous les aidez activement ?
04:10En formation, mais bien sûr en formation parce que le Liban...
04:13Ces blindés ils ont été offerts au Liban, on est d'accord ?
04:16Ils ont été donnés tout à fait au Liban.
04:19Et l'objectif c'est d'aider le Liban à constituer cette armée pour que ce pays retrouve son autonomie.
04:25Y aura-t-il d'autres éléments matériels offerts au Liban dans les jours qui viennent ?
04:30Aujourd'hui nous sommes sur deux éléments.
04:32Le premier c'est l'aide humanitaire puisque vous avez vu le drame humanitaire qu'est le Liban.
04:37Et le deuxième élément c'est de continuer à discuter.
04:40Pas plus tard qu'hier le chef d'état-major français échangait avec le chef d'état-major libanais.
04:44L'objectif c'est de les accompagner dans la formation parce que le sujet c'est comment on a une
04:50capacité à ce que les forces armées libanaises puissent effectivement être correctement structurées.
04:54Catherine, votre un mot aussi sur ce que l'Iran affirme.
04:57Ils disent ce matin que le détroit d'Hormuz est miné.
05:00C'est d'ailleurs ce qui justifie à leurs yeux de demander aux éventuels bateaux qui peut-être un jour
05:05réussiront à sortir de ce détroit d'Hormuz
05:06de passer plus proche des côtes iraniennes.
05:11Est-ce qu'on a la confirmation que ce détroit d'Hormuz est miné ?
05:14Et quel doit être le rôle de la France sur cette question précise ?
05:17Alors très précisément je ne sais pas vous répondre si le détroit d'Hormuz est miné ou pas.
05:23En revanche ce qui est tout à fait juste c'est ce que vous venez de dire.
05:27C'est-à-dire qu'on voit bien que la route qui est proposée est une route tout à fait
05:30au nord du détroit d'Hormuz.
05:32En d'autres termes le long du continent iranien alors qu'on sait très bien qu'on aurait pu imaginer
05:38de passer plus au sud c'est-à-dire près d'Aumont.
05:40Et donc toute la question aujourd'hui, c'est toute la question, plus vous passez près du continent iranien, plus
05:47vous avez une capacité évidemment de voir ce qui se passe et quels sont les bateaux qui se passent.
05:52C'est une manière de contrôler davantage ?
05:54En tout cas vu, eu égard aux infos dont nous disposons au moment où je vous parle, on peut imaginer
06:00que c'est une manière de contrôler.
06:02Ce qui est certain c'est qu'aujourd'hui ce que fait la France c'est qu'elle travaille à
06:06une planification.
06:07Nous avons 17 pays qui aujourd'hui sont à nos côtés pour travailler à une planification de franchissement du détroit
06:15d'Hormuz.
06:15L'objectif quel est-il ? Il est que dès lors que le feu sera durable, que les négociations auront
06:22fonctionné, qu'aura été vérifié le fait d'avoir ou pas des mines,
06:27on puisse envisager qu'après avoir parlé avec les armateurs et les assureurs, qu'on puisse imaginer que des bateaux
06:32puissent traverser et que potentiellement ces bateaux puissent être escortés.
06:36Ça veut dire que pour l'instant vous estimez que ça n'est pas le moment ?
06:40C'est-à-dire que lorsqu'Emmanuel Macron avait au tout début de cette guerre dit que le rôle de
06:45la France serait important au moment de permettre que le commerce reprenne
06:49et que le détroit d'Hormuz soit à nouveau fluidifié, ça n'est pas le moment ?
06:53On ne va pas envoyer dans les heures qui viennent des frégates pour pouvoir sécuriser ?
06:56Au moment où je vous parle, nous ne parlons pas du tout d'envoyer des frégates.
06:59En revanche, nous préparons le travail.
07:02Là, nous sommes encore dans une phase, vous l'avez dit tout à l'heure au début de cet entretien,
07:05à juste titre, on est sur un cessez-le-feu qui est extrêmement précaire.
07:09Ce qui est important, c'est qu'on soit en capacité de préparer avec les planificateurs envoyés par les pays.
07:15Ça se passe à Paris, ça.
07:16L'objectif, c'est que très concrètement, il y ait un travail qui se fasse et qui soit opérationnel dès
07:21que cela est possible.
07:22Une question encore sur ces histoires de mines.
07:24Vous ne nous confirmez pas parce qu'au fond, personne n'a la confirmation réelle de savoir si oui ou
07:29non il y a des mines.
07:30On sait que la France est très en pointe sur la recherche des mines, le déminage de ces mines navales,
07:39mines marines.
07:40Est-ce qu'on pourrait, est-ce que vous vous dites, il faut se préparer aussi à jouer un rôle
07:43là-dessus ?
07:44Rien n'est à exclure.
07:46Nous sommes quelques pays et on sait très bien que ce qui concerne finalement les chasseurs de mines, ce sont
07:52plutôt des compétences européennes.
07:53Il y a la France, il y a les Pays-Bas, la Belgique, plusieurs pays.
07:56Bon, ça fait partie des sujets qu'il faudra probablement discuter.
07:59Mais au moment où je vous parle, nous ne sommes pas dans une situation où un chasseur de mines est
08:03en route pour aller dans l'étroit d'Hormuz.
08:05Nous sommes encore dans une phase de planification et de discussion.
08:09Le Charles de Gaulle, il bouge ?
08:10Le Charles de Gaulle ne bouge pas et le Charles de Gaulle n'a aucune vocation de chasseur de mines
08:14en l'espèce.
08:15Mais le Charles de Gaulle n'a pas vocation à rejoindre l'entrée du détroit d'Hormuz ?
08:17Aujourd'hui, pas du tout. Le Charles de Gaulle est toujours en Méditerranée orientale.
08:20Il reste en Méditerranée orientale.
08:21Il reste en Méditerranée orientale, mais c'est un élément important.
08:24Vous parliez tout à l'heure de la capacité de l'armée française.
08:27Vous avez vu combien, dès le début de la guerre, il y a maintenant 40 jours, la France est le
08:33seul pays qui a été en capacité d'avoir immédiatement des frégates, un groupe aéronaval, des avions qui sont allés
08:39sur zone de manière immédiate.
08:40Ce qui veut donc dire que nous avons non seulement les bâtiments, les avions, mais également tous les personnels formés.
08:46Et je pense qu'on peut souligner vraiment la force de l'armée française et la capacité opérationnelle de l
08:52'armée française.
08:52Et vous souhaitez qu'elle soit encore plus forte, puisque vous avez donc présenté hier cette nouvelle loi de programmation
08:57militaire, avec deux points en particulier sur lesquels j'aimerais qu'on s'arrête.
09:01Un, c'est l'augmentation du budget pour renforcer les capacités militaires.
09:06Et deux, c'est cette nouvelle notion que vous allez créer, qui est un état d'alerte de sécurité nationale.
09:14Là-dessus, je n'ai pas très bien compris. On avait déjà l'état d'urgence. Ça ne suffit pas
09:18?
09:19C'est, alors je vais peut-être commencer par ce premier point, si vous le voulez, cet état d'alerte
09:23de sécurité nationale, c'est une approche qui n'est pas une approche qui concerne les libertés individuelles.
09:30Quand vous parlez de l'état d'urgence, l'état d'urgence, c'est ce qu'on a utilisé, par
09:34exemple, au moment des attentats, où là, on a des éléments qui, évidemment, concernent les libertés individuelles.
09:41Là, on est beaucoup plus sur une démarche qui est une démarche administrative. Pour être très concrète, c'est déclenché
09:45en Conseil des ministres et c'est la capacité d'accélérer les procédures.
09:49Nous sommes dans le domaine militaire. Imaginez que demain, on ait un besoin, parce que nous sommes à un moment
09:55de conflit, on a un besoin que des chars circulent sur autoroutes.
09:58Vous voyez, c'est aussi basique que ça. C'est la capacité que le ministre des Transports, puis le préfet
10:03représentant de l'État dans le département puissent autoriser ce type de circulation.
10:07On a besoin de construire très vite un entrepôt logistique pour les armées. C'est la capacité que toutes les
10:14procédures administratives liées à la construction, donc les règles d'urbanisme, les règles environnementales, soient réglées dans un temps beaucoup
10:23plus court.
10:23Des règles assez contraignantes, plus vite. C'est pouvoir accélérer les procédures liées à une situation.
10:30Je fais quand même une parenthèse là-dessus, mais vous-même, vous avez aussi été ministre de la Santé.
10:34Il est quand même frappant qu'à chaque fois qu'au fond, on est face à une situation d'urgence
10:39ou particulièrement aiguë, que ce soit la crise du Covid, que ce soit la reconstruction de Notre-Dame ou aujourd
10:45'hui une éventualité de guerre,
10:47on se dit, dans ces moments-là, on va créer une exception qui nous permettra de nous extraire de toutes
10:51ces règles ultra contraignantes.
10:52Mais est-ce que vous ne vous dites pas, après l'expérience, Covid, Notre-Dame et là maintenant ce nouvel
10:59État d'alerte de sécurité nationale, qu'au fond, le problème, ce sont les normes ?
11:03Alors, vous savez que sur le sujet, nous avons plusieurs parlementaires, plusieurs élus qui ont fait des rapports sur ce
11:11sujet, des normes et du poids des normes et du coût des normes.
11:14Donc je pense que sur le fond, vous avez raison, il y a d'un côté, qu'est-ce qu
11:18'à long terme on est capable de faire ?
11:20En d'autres termes, quelles normes pouvons-nous simplifier, voire supprimer si elles n'ont plus de sens ?
11:25Je vais prendre l'exemple, il est un peu connu, mais ce n'est pas grave, l'exemple type, moi
11:28j'ai été très longtemps élu local, l'obligation de vider les piscines tous les ans.
11:31Si votre eau est propre et qu'elle est parfaitement agréée, je ne vois pas l'intérêt de vider la
11:37piscine.
11:38En fond, ce que vous êtes en train de faire pour l'armée, c'est en fait, face à cette
11:42situation dont vous estimez qu'en réalité elle empêche d'agir,
11:47vous allez créer des moments où on pourra s'en extraire.
11:50Des moments où en tout cas on pourra faire pire.
11:53Mais ce que ça dit de la France, pardonnez-moi de vous le dire, est quand même assez saisissant.
11:56Mais non mais c'est intéressant, et quelque part, ça procède d'une démarche peut-être plus longue, mais qui
12:01mérite d'être conduite,
12:02qui est de dire, oui il y a des règles, oui il y a des normes, et c'est normal.
12:05Je vais prendre un exemple.
12:06Mais il y en a trop quoi.
12:07Mais vous voyez, on sort des municipales.
12:08Un des sujets des débats des municipales, si vous l'avez vu, c'est la qualité de l'eau par
12:12exemple.
12:12Oui, les débats des municipales, j'ai bien vu.
12:14Donc typiquement, on ne va pas prendre de risques sur la qualité.
12:17Évidemment que c'est hyper important.
12:18Donc je ne voudrais surtout pas donner l'impression qu'on va s'asseoir sur des règles de sécurité publique.
12:23En revanche, on va faire plus vite parce que l'urgence nous conduit.
12:25Il sera déclenché quand cet état d'alerte de sécurité nationale et sur quels critères ?
12:29Sur des critères qui sont liés à la situation actuelle et à la gravité de la situation.
12:33Et il est déclenché en Conseil des ministres.
12:35Avec un contrôle du Parlement, il ne peut pas avoir lieu pendant plus de deux mois sans contrôle du Parlement.
12:41Et quelles conséquences ?
12:42C'est-à-dire, il y a effectivement la question de, comme vous donniez cet exemple,
12:46pouvoir faire rouler des chars, pour pouvoir faire peut-être des tests que l'on ne pourrait pas faire,
12:51si on devait créer des normes.
12:53Et combien de temps ?
12:54C'est-à-dire, une fois qu'il est déclenché, il l'est pour une période de combien de temps
12:57?
12:57Je ne vous dis pas plus de deux mois sans un contrôle du Parlement.
13:01Donc ce n'est pas quelque chose qui a vocation à être long.
13:04Augmentation du budget, j'ai l'impression que ça avait déjà été très largement le cas.
13:07Quelles sont les priorités ?
13:09Qu'est-ce qu'il faut absolument là renouveler ?
13:11On a quand même l'impression que régulièrement, on nous dit qu'il n'y a pas suffisamment de munitions,
13:15qu'on n'arriverait pas à tenir si on était vraiment face à un conflit.
13:18Est-ce que vous allez augmenter le nombre de munitions ?
13:20Alors oui, nous allons augmenter les munitions, mais nous n'allons pas augmenter que les munitions.
13:23D'abord, je rappelle que les armées ont beaucoup donné au moment de la RGPP.
13:27La RGPP, c'est la fameuse loi qui réorganisait l'État.
13:32Voilà, pour être clair, sur les années 2008-2017.
13:35Et qui avait notamment baissé le nombre de soldats.
13:38Les armées ont été les plus gros contributeurs.
13:41Une base sur deux fermée, un régiment sur deux fermé.
13:44Ça donne une idée.
13:45Quand le président de la République est élu, le budget des armées est à 32 milliards.
13:49L'année prochaine, le budget des armées sera à plus de 60 milliards.
13:53Ce qui veut dire qu'en dix ans, nous aurons doublé le budget des armées.
13:56Pourquoi on le fait ?
13:57Parce qu'on vient d'en parler au début de cet entretien.
13:59Le monde se durcit.
14:00Nous avons donc besoin d'une armée opérationnelle.
14:02Une armée opérationnelle, plus d'avions, plus de bateaux, plus d'heures de vol,
14:06plus d'heures de bateaux, c'est-à-dire de la capacité d'entretien.
14:09C'est comme une voiture, quand vous faites voler un avion au bout d'un nombre d'heures,
14:13il faut l'entretenir.
14:14Pareil pour un bateau, il faut entraîner nos forces.
14:16Sur les munitions, on voit bien que le combat a changé.
14:19Tous les jours, vos journaux ouvrent sur la défense du ciel, la fameuse défense sol-air.
14:24Typiquement, on voit bien qu'aujourd'hui, avec un drone à 50 000 euros,
14:28vous faites des destructions majeures.
14:30En face, on a besoin de s'équiper et d'avoir ce qu'on appelle des effecteurs
14:34qui permettent d'arrêter ces drones.
14:35On a donc besoin d'avoir des armements nouveaux.
14:38Ça fait partie de ce que l'on fait en matière de munitions.
14:41Pour être tout à fait concrète, nous allons avoir des drones,
14:44aussi bien du drone d'équipement du combattant.
14:47C'est-à-dire que chaque combattant aura son propre drone.
14:49Mais parallèlement à ça, on a aussi des drones qui sont de gros drones
14:52qui ressemblent à des hélicoptères, pour être précise,
14:54qui permettent d'entrer les premiers sur le sol.
14:57Et donc, tout ce budget de munitions,
14:59c'est un budget entre maintenant et 2030 de 25 milliards d'euros
15:03avec une souveraineté française.
15:05Vous allez faire l'effort très vite ?
15:06Ou est-ce que vous vous poussez un peu après 2027 ?
15:09On le fait dès cette année, la meilleure preuve.
15:10Est-ce qu'il y a un petit côté, c'est jusqu'en 2030 ?
15:12Sauf que vous ne savez pas très bien ce qui va se passer en 2027.
15:14Sauf que c'est 3,5 milliards dès cette année.
15:16Donc, c'est une somme considérable.
15:17Le budget des armées pour cette année est à 57,1 milliards d'euros,
15:21pour être précise, en termes de commandes.
15:23Parce que finalement, en plus, c'est des commandes dans des industries,
15:26pour l'immense majorité d'entre elles, françaises.
15:28Nous avons commandé l'année dernière, en 25, 20 milliards d'euros.
15:32Nous commanderons en 26, 31 milliards d'euros.
15:36Donc, c'est vous dire si effectivement, c'est une courbe ascendante
15:39qui donc permet non seulement d'équiper nos armées,
15:42mais permet aussi de garder cette souveraineté française
15:45qui est absolument majeure.
15:46Parce que nos avions sont français, nos frégates sont françaises.
15:50Et nous avons donc une capacité de souveraineté et d'autonomie qui est majeure.
15:54Deux questions encore, Catherine Vautrin.
15:55L'une, pour vous poser la question de l'OTAN.
15:59Caroline Levitt, qui est la porte-parole de la Maison-Blanche,
16:01a cité hier soir Donald Trump, qui aurait déclaré, je cite,
16:05que l'OTAN a été testée et a échoué,
16:08et que Donald Trump va discuter, notamment avec le patron de l'OTAN,
16:11sur un potentiel retrait de l'OTAN.
16:14Comment vous réagissez ?
16:15Moi, je dis simplement que Donald Trump est parti tout seul,
16:18sans échanger avec qui que ce soit.
16:21Mais il y aurait été ?
16:22La question est d'abord que si vous voulez que quelqu'un fasse quelque chose,
16:25vous lui parlez avant.
16:26Et Donald Trump est parti dans cette guerre sans échanger.
16:29Mais si vous avez parlé, il y aurait été ?
16:30La question n'est pas de savoir.
16:31Vous savez, si on refait le film, on peut voir toutes les opportunités.
16:35Le sujet, c'est de dire qu'il est parti seul, sans échanger avec qui que ce soit.
16:38Est-ce que vous prenez au sérieux sa menace de quitter l'OTAN ?
16:41Écoutez, nous écoutons les annonces de Donald Trump chaque jour.
16:45Et nous sommes là pour anticiper le plus possible
16:48et pour porter la parole de la France.
16:49Une dernière question, Catherine Vautrin, ministre des Armées.
16:52Est-ce que vous diriez que le temps de la paix est derrière nous ?
16:55Je dirais que notre pays a évidemment à être organisé, à être fort.
17:00Et c'est la raison pour laquelle nous avons souhaité renforcer le lien Armée-Nation.
17:04Ce lien Armée-Nation, c'est le service national qui permet aux jeunes
17:07de s'engager pour leur pays.
17:09Dix mois de leur vie, ils font une expérience avec nos armées.
17:12Ils acquièrent une formation.
17:13Ils ont entre 18 et 25 ans.
17:15Vous appelez tout le monde à s'engager ?
17:16Mais vous, la première, Apolline de Malherbe, vous savez la réserve opérationnelle.
17:2050 000 Français qui donnent de leur temps en fonction des talents.
17:23À 46 ans, on peut ?
17:24Jusqu'à 72, la marge.
17:26Et en plus, il y a 500 métiers dans les armées.
17:29Donc, vous pouvez faire ce que vous voulez.
17:31C'est ça, cette cohésion nationale.
17:33C'est l'engagement de l'ensemble de nos concitoyens pour leur pays.
17:36S'engager pour notre pays.
17:36Merci, Catherine Vautrin, d'avoir répondu à mes questions ce matin.
17:39Ministre des Armées avec nous sur RMC et BFM TV.
17:42Il est 8h46.
17:43Sous-titrage Société Radio-Canada
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